
Les images de Pelez ou la face moche de la Belle Epoque
« Il y a de la boue dans son pinceau », écrit Emile Henriot en 1913 lors de l'exposition de Fernand Pelez à Paris. C'était l'apogée d'une période marquée par le progrès technique, l'expansion économique et par une effervescence artistique qu'on appellera avec nostalgie, après la Première Guerre mondiale, La Belle Epoque.
Pourtant l'industrialisation et les tensions d'une ville moderne en transformation avaient façonné à Paris une nouvelle pauvreté qui touchait particulièrement une main-d'œuvre peu qualifiée, les malades et les accidentés du travail, les vieux, les femmes et les enfants des rues que Fernand Pelez, à travers le courant naturaliste, a dépeint magistralement à partir des années 1880.
Une œuvre centrée sur les fractures sociales d'un Paris des exclus, des anonymes, des miséreux, bien à l'envers de l'image idéalisée de lépoque. Une œuvre frappante, en exposition au Petit Palais jusqu'au 17 janvier 2010. (Voir le zoomorama)
► Fernand Pelez : La parade des humbles exposition au Petit Palais, avenue Winston-Churchill, Paris VIIIe - jusqu'au 17 janvier - du mardi au dimanche - 10h-18h - 9€/7€/4,50€.
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De lombric777
Entité terrestre | 18H32 | 01/10/2009 |
Belle vision de l'humanité…On se rend bien compte que nous partageons 99% de nos gènes avec la merde.
à lombric777
De VoisinDuQuartier
oui, mais quelle civilisation ? | 00H44 | 02/10/2009 |
Puis-je humblement vous demander quel sens vous donnez au mot « espoir » ?
De einna
18H53 | 01/10/2009 |
Je ne connais pas l'auteur de ces oeuvres mais il a su aller au delà des apparences sociales et montrer que la beauté ne dépend pas du milieu social. Ces oeuvres semblent à la fois belles et tragiques - la libellule en particulier, réalistes et magnifiques.
à einna
De Gibert Because-Youno
Kaléïdoscopique | 11H16 | 02/10/2009 |
Vous voulez rire ? Vous croyez vraiment que la misère des faubourgs parisiens du début XXe ressemblaient à ces jolies images idéalisées, bien léchées, avec des poses de tableaux classiques ?
De Nord-Ouest
220m | 19H41 | 01/10/2009 |
Merci beaucoup.
De VoisinDuQuartier
oui, mais quelle civilisation ? | 00H21 | 02/10/2009 |
Bonsoir Cristianne : o)
Merci pour cet article qui nous change un peu des sujets habituels (quoique ? )
J'ai été très touché par ces photos, en particulier par « Un martyr - le marchand de violettes ».
Et je ne peux n'empêcher de penser à ce conte (triste) d'Andersen (et à un film muet de je ne sais plus qui) d'une petite marchande d'allumettes : http://www.joyeux-noel.com/allumettes.html
Quel sorte de passant ser(i)ons-nous en voyant cela dans la rue en 2009 ?
à VoisinDuQuartier
De Cristianne Rodrigues
(auteur)
NC | 09H33 | 02/10/2009 |
Bonjour Voisin du Quartier, merci pour le lien. Le conte d'Andersen illustre bien cette réalité dramatique des enfants des rues que Pelez a su représenter avec une force expressive extraordinaire. Et pour répondre à votre question, depuis longtemps et jusqu'à présent dans les grandes villes du Brésil on est confronté à la réalité avilissante des enfants des rues, c'est vraiment révoltant.
De egide
Littéral | 05H48 | 02/10/2009 |
1879-1914.
La glorieuse période du Franc Germinal, monnaie forte s'il en fut en France, adossée sur l'or s'il vous plait et des déficits publics abyssaux.
Un franc de cette belle époque équivaut aujourd'hui à 12 €.
L'économie mondiale est en forte croissance.
Beaucoup moins l'économie française à cause d'un sous-investissement chronique, d'un endettement alarmant de l'état et d'une corruption rampante mais généralisée des élites sociales.
La misère est répandue surtout à cause du manque de formation, une nombreuse main d'œuvre peu qualifiée ne trouve pas à s'embaucher autrement que pour des petits boulots précaires et très mal rémunérés.
Paradoxalement, la masse salariale est très élevée et grève la capacité d'investissements des entreprises.
Le crédit est cher et donc ne joue pas de rôle positif pour l'expansion économique.
La bourse est attractive car les dividendes sont importants. C'est aussi le seul mode de financements des entreprises faute de véritables banques d'affaires.
C'est l'âge d'or des politiciens conservateurs.
Toute ressemblance de la période que nous vivons actuellement avec celle de la Belle Époque est purement fortuite et les rapprochement qu'on pourrait faire sont hasardeux et sans fondements.
Circulez, Mesdames et Messieurs, il n'y a rien à voir.
Rien à voir du tout !
à egide
De kri
citoyen | 13H38 | 02/10/2009 |
C'est épouvantable que vous puissiez comparer l'incomparable ! Aujourd'hui, le monde est beaucoup plus beau, juste et bon qu'à cette époque, sans compter que l'avenir est plus prometteur que jamais de partout ! Vous ne pensez pas assez positif, sans doute parce que vous êtes mauvais, peut être même gauchiste, raciste ou chômeur ? Vous devriez suivre un stage d'éveil au nouvel âge de la sainte pensée libérale (certifiée bio) afin que les éléments polluants de votre mental soient recyclés des vibrations négatives qu'ils émettent. N'oubliez pas, une seule chose compte : sauver notre jolie petite planète bleue !
à kri
De egide
Littéral | 16H17 | 02/10/2009 |
Mea culpa !
Pourtant je fais des efforts et je lis régulièrement les maximes du père béatifié, Jose Maria Escriva le bienheureux imbécile fondateur de l'Opus Dei, mais je suis tellement acédiste que la sanctification par le travail, j'ai beaucoup de mal !
Je sais, je n'y mets pas assez de volonté, de bonne volonté.
C'est çà, vous avez raison, c'est l'effet délétère d'une pensée pessimiste.
J'ai dû lire trop Schopenhauer. Et je l'avoue, je suis fasciné par les textes de Walter Benjamin. Son Baudelaire est une pure merveille de l'esprit.
C'est pas bien non plus, je suppose ?
De TonyMo 22269
Athée in Heaven | 10H36 | 02/10/2009 |
Ceux qui dise « avant c'était mieux », oublie les barons, la pauvreté, les femmes interdit de voter ou de travailler.
En plus cette époque à négligé un homme qui mourra inconnu en 1890 « Van Gogh ».
La meilleur époque c'est quand même aujourd'hui.
De Gibert Because-Youno
Kaléïdoscopique | 10H53 | 02/10/2009 |
Un mélange écœurant d'art nouveau (les femmes fleurs, les formes étirées), de classicisme, avec des corps bien léchés (surtout, la misère en tableau, faut que ça reste touchant, faut que ça fasse jolie image d'Epinal) une petite touche d'érotisme juste ce qu'il faut pour émoustiller le bourgeois.
« Bien à l'inverse de l'image idéalisée de l'époque », dit l'auteur. C'est tout l'inverse. Il s'agit là du classicisme le plus éhonté, d'un académisme total : c'est exactement l'image idéalisée de l'époque. Le naturalisme bête - pas la version de Zola ou de Courbet, analytique, puissante, anti-pleurnicheuse - non, la version classique.
Et puis, je ne sais pas, en 1913, il se passait des choses autrement plus intéressante, dans l'art, que ces pseudos photographies (Oh ! que c'est bien fait, s'exclamera le chaland) pseudo sociales…
De pikasso02
08H34 | 03/10/2009 |
ces images sont l'ambiguité même. Photographie ou peinture ? Si le monde de l'art, l'histoire de l'art étaient inscrites dans nos têtes, la tête de tous, ce zoomorama serait vilipendé. Alors que là, il devient un moyen de nous parler du temps passé qui n'est pas je pense la fonction, l'essence des oeuvres d'art. Car il serait bon de dire, d'oser dire que ces images sont art pompier réaliste, c'est à dire l'art au ras des paquerettes. L'art que tout le monde adorait, l'époque où le monde riche achetait des fortunes ces oeuvres, trouvait de la jouissance dans l'horreur (une exception pour la lavandière endormie, une bien belle photo) Le monde d'aujourd'hui n'a pas changé. Ce sont ces images qui lui parlent, et qu'il accroche sur ses murs. La peinture, l'art que nous ont livré les maîtres du passé (en disant cela je ne dis pas c'était mieux avant, puisqu'il n'y a pas eu d'après ! ) est resté dans les oeuvres. C'est un espoir pour le futur. C'est « lourd, lourd, lourd, “ disait Céline. Qui lui était sans espoir.
De egide
Littéral | 21H43 | 03/10/2009 |
Étienne Souriau dans un beau texte en introduction à une étude sur les formes esthétiques de l'œuvre d'art à la veille de la première guerre mondiale (L'année 1913, édition Klincksieck, 1971) dit ceci :
« … tout ce qui nous parait périmé, lointain,presque étranger et marqué dès lors d'une mort prochaine. Ainsi du côté vivace nous mettrions Appolinaire, Kandinski, Bonnard, Joyce, Freud et Husserl ; et du côté marqué pour la mort :
Edmond Rostand, Anna de Noailles, Bonnat, Lachelier, tous encore en vie à cet aurore du XXe siècle mais qui pourtant ont une terrible odeur de XIXe »
Les images de Pelez nous montrent une part de l'esthétique, datée certes, mais qui est l'époque même, une façon de représentation de la réalité, ce regard de l'autre de ce temps, de son temps.
Ainsi voyait-il, c'est tout le prix pour nous en regardant ces photographies, nous avons l'occasion de voir comme on voyait en 1913.