18/07/2009 à 12h05

Aux Arts déco, Madeleine Vionnet à la mode avant-gardiste

Zoomart"

Il y a à peu près un siècle, une jeune couturière française scandalisait en proposant à ses mannequins de défiler vêtues de robes sans corset, l’incontournable sous-vêtement qu’on portait depuis la Renaissance et qui dans le sens commun était indissociable de l’idée d’élégance et même de droiture. Cette jeune couturière était Madeleine Vionnet, qui deviendrait une figure phare de la haute couture parisienne de l’entre-deux-guerres, considérée comme « le couturier des couturiers ».

En 1912, Madeleine Vionnet ouvre modestement sa maison de couture, où elle va démarrer une transformation radicale du concept du vêtement à travers la coupe en biais, une technique qui permet au tissu de flotter naturellement sur le corps, le moulant souplement. Entrepreneuse, elle atteindra un tel succès qu’elle emploiera 1 200 ouvrières dans les années 1930.

Avec cent trente modèles conçus de 1912 à 1939, le musée des Arts décoratifs retrace la carrière de ce personnage avant-gardiste dont la marque a été essentiellement la recherche de liberté, à travers des créations raffinées magistralement conçues qui libéraient le corps et mettaient en valeur ses formes naturelles, marquant ainsi l’évolution de l’émancipation du corps féminin. Une très belle exposition, à visiter jusqu’au 31 janvier 2010.


Pour voir le zoomorama en plein écran, cliquer ici

► Madeleine Vionnet, puriste de la mode - du 24 juin 2009 au 31 janvier 2010, fermé le lundi - au Arts Décoratifs, 107 rue de Rivoli, 75001 Paris. Tél. : 01 44 55 57 50. Métro : Palais-Royal, Pyramides ou Tuileries

Publié initialement sur
Zoomart
  • 5462 visites
  • 10 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • ysengrimus
    • Posté à 12h30 le 18/07/2009
    • Internaute 12674

    Preuve indubitable que les normes de beauté des femmes n’échappent pas aux forces du changement historique...

    Lien

    Vive la beauté qui fluctue comme une rivière.
    Paul Laurendeau

  • Juanita Pablo de Tagéno
    Juanita Pablo de Tagéno
    Epouse virtuelle de Tagada
    • Posté à 13h22 le 18/07/2009
    • Internaute 65591
      Epouse virtuelle de Tagada

    Un autre avantage de la coupe en biais est qu’on peut couper le tissu au minimum.
    Mme Vionnet contribua à l’émancipation de la femme puisque ses robes, conçues sans glissière ni fermeture, s’enfilaient par la tête : il n’y avait donc plus besoin de personne pour les agrafer ou les défaire.

    • virginie78
      virginie78 répond à Juanita Pablo de Tagéno
      Éteignez votre TV et apprenez à (...)
      • Posté à 13h59 le 18/07/2009
      • Internaute 25883
        Éteignez votre TV et apprenez à (...)

      mais j’espère que une main friponne pouvait toujours défaire l’habit pour suite coquine !

  • Mandoline
    Mandoline
    demain peut-être...
    • Posté à 13h52 le 18/07/2009
    • Internaute 69328
      demain peut-être...

    Ce n’est donc pas Coco Chanel qui libéra le corps des femmes ?

    • Juanita Pablo de Tagéno
      Juanita Pablo de Tagéno répond à Mandoline
      Epouse virtuelle de Tagada
      • Posté à 16h57 le 18/07/2009
      • Internaute 65591
        Epouse virtuelle de Tagada

      Melle Chanel a supprimé les fanfreluches et révolutionné la robe en lançant la mode du « tailleur » en étudiant sans relâche la formule pour en faire un habit ingénieux (par exemple : en changeant la blouse en dessous ça en changeait l’allure, veste sans col, encolure qui s’évase our libérer le cou, pas d’ourlet mais un galon, manche du tailleur sur mesure, gros-grain au lieu de ceinture pour la jupe elle-même ajustée non pas sur le ventre mais sur les hanches afin que l’estomac puisse gonfler lors du repas ...)

      Mme Vionnet fut la première à accorder des congés de maternité à ses ouvrières et installa dans ses ateliers un cabinet pour un gynéco, un dentiste, un médecin, créa une crèche, et organisa.des cours du soir pour ses apprenties.

  • Vuedechezmoi
    Vuedechezmoi
    utopiste
    • Posté à 15h46 le 18/07/2009
    • Internaute 63037
      utopiste

    Un exemple de plus qui démontre qu’en général, ce sont les femmes qui innovent en bousculant les immobilismes pseudo-révolutionnaires des hommes qui ont (en général..) cette manie pariculièrement égotique de se croire « créateurs ».

    C’est ainsi que les hommes se sont approprié les domaines curieusement réservés ( ?) aux femmes : cuisine, couture, santé, enseignement.... pour en faire des numéros de performance (ils adooooorent performer !). Des performances qui, en matière de « haute couture » (haute couture ? mais au fait, où est alors la basse couture ? ?) relève systématiquement du n’importe quoi.

    Les hommes, après s’être donc approprié une activité sommes toutes plutôt discrète et bien faite par les femmes, l’ont carrément transformée en un délire totalement personnel de pseudo créations souvent importables, avec matières et tissus. Du coup, cette tendance exclusivement événementielle a fini par façonner la mode dite pour femme en un truc souvent grotesque. Nous mettrons à part quelques inspirés comme Lanvin, Dior ou St Laurent. Quoi que même chez ces esthètes de salon, la jupe droite à taille super ajustée, assortie de ces bas couture et escarpins à la betty boop n’a jamais été une tenue confort... que les hommes qui n’ont jamais passé une journée complète habillés de la sorte s’abstiennent de commentaires intellectuels sur l’élégance de « l’éternel féminin »...

    Transformant la femme en une porte fringue souvent ridicule, ces « grands » ( ? ?) couturiers rivalisent en n’importe quoi immettable. Lorsqu’on connaît les motivations d’une Coco Chanel ou d’une Madeleine Vionnet (sans citer bien d’autres restées dans l’anonymat), on réalise une fois de plus qu’il serait souvent utile que les hommes dessinent et coupent pour eux et non pour une femme qui n’existe que dans leur délire et fantasme personnel.

    Discours féministe ? Non, pas besoin ! Il suffit juste d’observer le monde dit « moderne » pour vérifier dans bon nombre de domaines l’obsession des hommes à briller, exister, s’agiter (tiens tiens, ça ne vous rappelle personne ?) en tous sens pour pailletter à donf. Des petites garçons qui jouent, qui avec les molécules chimiques en se targuant de faire de la... cuisine, qui en affublant les femmes de barbotteuses accompagnée d’un boléro sans rien en dessous (super confort et pas grotesque, hein ?), qui en dessinant des pompes à talons de 15 cm pour, paraît-il, faire « une belle jambe » ! ! Sans compter tous ceux qui n’en peuvent plus de vouloir jouer au soldat partout.

    Merci donc aux organisteurs de cette expo qui remet... les coutures à l’endroit et rappelle que la couture, qu’elle soit « haute » ou pas, doit avant tout rendre les mouvements de la vie aisés et non pas à servir l’égo déstructuré d’une poignée d’hommes en mal de reconnaissance « artistique ».

    Et pan ! c’est dit.

  • Anna Gonda_bloque
    Anna Gonda_bloque
    consultante en ressources (...)
    • Posté à 20h59 le 18/07/2009
    • Internaute 84576
      consultante en ressources (...)

    Et qui libérera les femmes islamistes de la burqa : un homme ou une femme ?
    Bravo à Madame Vionnet d’avoir été un précurseur ; encore un nom emprunté au masculin et non féminisable...
    Maintenant, nous, les femmes, pour avoir la taille de guêpe, il ne nous reste plus qu’à ne plus manger (selon notre gourmandise).
    Quel couturier génial inventera le corset pour hommes, pour ceux qui, bedonnant à force d’agapes et de manques d’abdominaux, laissent leur panse dépasser de leurs pantalons jusqu’à ne plus voir leurs pieds ?
    Heureusement que nous sommes dans une génération de métrosexuels où les hommes se font épiler, masser, « masquer », bronzer... et sacrifient eux aussi aux engins de torture dans les salles de muscu.
    Les femmes doivent être belles, intelligentes, minces, élégantes, mais aussi savoir se taire et ne pas la « ramener ». Heureusement que nous avons conquis l’usage de la carte bancaire pour nous doter de parures qui nous donnent dans le miroir une image de nous-même qui nous ravit, à défaut de ravir tous les hommes.
    Le diktat de la mode ne doit pas non plus être suivi à la lettre, et la véritable beauté d’une femme s’apprécie de l’intérieur.
    Le sujet m’a inspiré : j’ai fait une petite « entorse » à ma vie de recluse, je repars dans mon couvent.

    • Juanita Pablo de Tagéno
      Juanita Pablo de Tagéno répond à Anna Gonda_bloque
      Epouse virtuelle de Tagada
      • Posté à 10h16 le 19/07/2009
      • Internaute 65591
        Epouse virtuelle de Tagada

      Qui inventera le corset pour homme ? Karl Lagerfeld bien sûr !
      Depuis qu’il a maigri et pour parfaire sa silhouette, il porte des cols-minerve amidonnés et ajuste sur lui un corset très serré. Triple mérite : le corset gomme le ventre, coupe la faim, et conforte l’illusion qu’il accomplit des miracles (d’après le livre « Merci Karl » aux éditions Calmann-Lévy)

      • Anna Gonda_bloque
        Anna Gonda_bloque répond à Juanita Pablo de Tagéno
        consultante en ressources (...)
        • Posté à 11h30 le 19/07/2009
        • Internaute 84576
          consultante en ressources (...)

        Bravo, je l’ignorais.. Cependant, un corset donne une illusion et rien de mieux qu’une ceinture abdominale avec de vrais muscles, car elle évite les problèmes de dos.

        Quant à se couper la faim, en se corsetant, nous avons l’anneau gastrique, quelles autres tortures imposera-t-on au corps humain pour se conformer à des schémas ?

        Le seul vrai intérêt d’éviter le surpoids, c’est tous les problèmes qu’il pose sur les articulations, l’équilibre et la mort prématurée.

        En plus, désormais, même une femme « ronde » peut s’habiller de façon très séduisante et s’assumer ainsi. Et ces mannequins qui défilent montrant leurs genoux cagneux par manque de chair, font-ils vraiment fantasmer la gent masculine ?