
Les 184 collages secrets de Max Ernst enfin exposés
En 1933, Max Ernst part en Italie pour trois semaines, au cours desquelles il réalisera 184 collages à partir de gravures sur bois issues de romans populaires illustrés, de journaux de sciences naturelles et même de catalogues de vente publiés au XIXe siècle. (Voir le zoomorama)
Ces collages vont composer le roman « Une semaine de bonté », publié à Paris en 1934 et dont les thèmes des catastrophes, de la violence et du pouvoir se mélangent à des allégories mythologiques, des contes de fées, des légendes et des rêves.
Ils sont considérés comme l'un des secrets les mieux gardés de l'art du XXe siècle. Jusqu'à présent, ils n'ont été exposés qu'une fois, en 1936 à Madrid. C'est donc l'occasion d'apprécier cette œuvre fascinante de Max Ernst, figure incontournable du dadaïsme et du mouvement surréaliste, artiste majeur du XXe siècle.
► Max Ernst : une semaine de beauté au Musée d'Orsay, 1, rue de la Légion-d'honneur Paris VIIe - du mar. au dim., de 9h30 à 18h - 5,50€/8€ - jusqu'au 13 septembre.
► Rectifié le 2/7 à 18h26. « Une semaine de bonté » et non « Une semaine de beauté ».
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De nono le simplet
ceinture noire de pétanque | 15H31 | 02/07/2009 |
j'adore max Ernst mais le musée d'Orsay c'est loin …

enfin je peux quand même les voir sur le net …
surprenants ces collages …
par contre je crois que c'est une semaine de bonté et non de beauté !
à nono le simplet
De nono le simplet
ceinture noire de pétanque | 15H51 | 02/07/2009 |
je me plonge dans l'univers de max …
je rajoute, merci pour le zoorama et quel bon goût !
De Chris939
Travailleur précaire | 15H36 | 02/07/2009 |
Une semaine de BONTÉ ou une semaine de BEAUTÉ ? …
( Corriger la coquille ) -
Je pensais pour ma part que la série s'intitulait « La Femme 100 têtes “ , cela aurait été bien de replacer celle-ci au sein de l'autre. Sachant que la série ‘ La Femme 100 têtes’ existe, je m'interroge.
Peut-être en direz-vous plus.
Merci pour l'info, on a envie effectivement d'y aller voir.
à Chris939
De Yann Guégan
Rue89 | 17H28 | 02/07/2009 |
C'est corrigé, merci pour votre vigilance.
De Pictulo 23785
15H37 | 02/07/2009 |
Apparemment, ces collages sont de petite taille si j'en juge par la photo prise dans le musée. Cela signifie qu'avec l'outil en flash proposé, on obtient une définition des détails qui nécessiteraient une loupe à l'œil nu. Méga-confortable donc.
Sacré Max Ernst, il avait un goût pour le bondage alors ? Son amitié avec Duchamp s'explique peut-être aussi comme ça.
Merci pour la visite.
De freakfeatherfall
loin de la rue | 15H45 | 02/07/2009 |
génial !
De skalpa
actif et militant ? | 16H44 | 02/07/2009 |
Ah les collages….
Sans les surréalistes, rien de tout cela :
Papier :

Numérique :

http://kprodukt.blogspot.com
De annece59
directrice des opérations | 16H36 | 02/07/2009 |
OUAH, et bien moi qui ne ne connaissait pas bien l'œuvre de Ernst ! ça accroche pas mal !
Merci une fois de plus Cristianne de nous offrir de si belles images, on a qu'une envie aller voir le reste de l'expo
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 17H42 | 02/07/2009 |
C'est chelou ces trucs, c'est bien trash, bien malsain, bref c'est cool
Pour une fois qu'un musée expose pas des trucs qui ressemble à rien, je crois que je vais y faire un tour.
à Keldan
De A.V.
tamagotchi89 | 22H27 | 02/07/2009 |
Ouais, trash.
De leo s
noyaudecondensationdanslanébuleused... | 18H11 | 02/07/2009 |
Merci de tirer hors du prosaisme potentiellement mortel.
De pikasso02
18H19 | 02/07/2009 |
Max Ernst aura osé des « rencontres fortuites » que la majorité des peintres non surréalistes n'osaient pas faire. N'oublions pas, que ce furent Braque et Picasso qui commencèrent à jouer à ce jeu en peinture mais moins narrative. Les collages de Ernst sont à classer dans la poésie : ils sont à lire plus qu'à voir.
Le but de l'art est-il de « garder des secrets » ? Les connaître serait-il un handicap pour le plaisir visuel ? Je ne le crois pas ! Qui pensait avant les expositions sur Picasso et ses maîtres, l'exposition d'Aix, ou celle du « Cézanne and Beyond » du Museum of Art de Philadelphie qu'il était interprète des oeuvres des autres ? Qu'il avait besoin de modèles, pour concevoir ses interprétations néanmoins géniales. Les temps changent ! Et les historiens de l'art devront accepter d'éviter de répéter ce que leurs devanciers ont écrit.
http://pikasso02.skyrock.com/
à pikasso02
De brogilo
in angulo | 20H49 | 02/07/2009 |
« Les collages de Ernst sont à classer dans la poésie : ils sont à lire plus qu'à voir. »
Excellent, pikasso02, on ne saurait mieux dire.
Tu ne trouves pas qu'il y a comme une « parenté » entre le collage « Oedipe 25 », que nous présente Christianne rodrigues, et « La Vierge corrigeant l'Enfant Jésus en présence d'André Breton, de Paul Eluard et de l'artiste ».
à brogilo
De pikasso02
21H17 | 02/07/2009 |
cher brogilo je vois que ton regard s'est pris au jeu des emprunts cachés. Je suis comme toi étonné par la ressemblance forme et contenu (la composition et le thème) Si ce collage a été conçu d'après une de ses peintures, il y a de fortes chances que les autres soient liées à d'autres oeuvres. Ma manie des ressemblances a commencé ainsi pour aboutir à qui tu sais. A+
à pikasso02
De brogilo
in angulo | 19H24 | 03/07/2009 |
Bonsoir, pikasso02,
Tu sais, le jeu des emprunts cachés, je le pratique depuis très longtemps et même souvent « à l'insu de mon plein gré » : -).
Depuis bien avant de venir sur la Rue.
Te lire me donne envie de continuer.
Par exemple, ce collage de Ernst…
…n'est pas sans m'évoquer cette série d'oeuvres (même si je reconnais que c'est tout à fait subjectif) :
« Le verrou » de Fragonard, 1776.
Ingres.
« La chambre » de Balthus, 1952-1954.
Une linogravure de Picasso dont j'ignore le titre.
à brogilo
De brogilo
in angulo | 19H56 | 03/07/2009 |
Et aussi, pourquoi pas, la gravure de Quentin illustrant le « Double assassinat dans la rue Morgue », d'Edgar Allan Poe :
à brogilo
De pikasso02
21H37 | 03/07/2009 |
Le titre de la linogravure de Picasso : « Femme regardant par la fenêtre », 1959, 62 x 75cm. Page 199 de l'exposition PICASSO la pièce à musique de Mougins. Centre Culturel du Marais, 1982.
à brogilo
De Avril
10H55 | 04/07/2009 |
épatant. bravo !
à brogilo
De A.V.
tamagotchi89 | 21H29 | 02/07/2009 |
Et à lire - interpréter au sens de la psychanalyse - il y a aussi la technique du frottage, ou décalcomanie. Ernst applique sur la toile des surfaces diversement texturées préalablement enduites d'huile. En exerçant une pression aléatoire, il obtient des formes animales ou végétales qui évoquent pour moi le test que Hermann Rorschach introduit justement dans la psychanalyse au début des années 1920.
« Totem et Tabou », 1941.
« La ville entière », 1934.
« La ville entière », 1936.
Test de Rorschach
P.S. Ernst, Breton et Eluard qui regardent « leur » surréaliste Marie, c'est marrant. Salut Brogilo.
à A.V.
De brogilo
in angulo | 16H51 | 03/07/2009 |
« Ernst, Breton et Eluard qui regardent “ leur ” surréaliste Marie, c'est marrant. »
Ouais, Popaul à la fenêtre, ce n'est que routine pour Eluard le candauliste : -)…
Salut, A.V., heureux de te savoir rentré à bon port et, qui plus est, en grande forme ( ai été aussi te lire sur d'autre fils).
à brogilo
De Atacama
sur terre | 17H20 | 03/07/2009 |
Popaul ? Tenez, pour la peine, vous aurez un poème dans le sujet.
« Max Ernst »
Dans un coin l'inceste agile
Tourne autour de la virginité d'une petite robe.
Dans un coin le ciel délivré
Aux épines de l'orage laisse des boules blanches.
Dans un coin plus clair de tous les yeux
On attend les poissons d'angoisse
Dans un coin la voiture de verdure de l'été
Immobile glorieuse et pour toujours.
A la lueur de la jeunesse
Des lampes allumées très tard
La première montre ses seins que tuent des insectes rouges.
Paul Eluard, Capitale de la douleur
à Atacama
De brogilo
in angulo | 18H58 | 03/07/2009 |
Très beau choix, Atacama, merci.
Quatre ans après la « semaine de bonté », en 37, Balthus peint « La victime » :
« La victime (1937) , allongée sur un lit recouvert d'un drap blanc non encore maculé, attend son heure. “ Tout était prêt, et le couteau avait été acheté ”. Ce même drap lui servira peut-être de linceul une fois le sacrifice accompli. “ Est-ce un délire de ma raison malade, est-ce un instinct secret qui ne dépend pas de mes raisonnements, pareil à celui de l'aigle déchirant sa proie, qui m'a poussé à commettre ce crime ; et pourtant, autant que ma victime, je souffrais ” (Les Chants de Maldoror). »
à A.V.
De brogilo
in angulo | 18H07 | 03/07/2009 |
« Ernst, Breton et Eluard qui regardent “ leur ” surréaliste Marie, c'est marrant. »
Bien sûr, il y a l'histoire « officielle » autour de ce tableau…
« Inspiré de la Vierge au long cou, 1535, du Parmigiano,
cette œuvre anticléricale, de facture presque académique, est liée au surréalisme mais également à un souvenir d'enfance.
La Vierge, d'allure masculine et autoritaire, renvoie aux relations complexes de Max Ernst avec son père, qui était artiste.
L'identification à l'enfant Jésus, confirmée par la présence de la signature dans l'auréole, tombée à terre, fait référence au jeune Ernst, qui à sept ans s'était échappé de chez lui en chemise de nuit et était apparu à des passants comme l'“Enfant-Jésus”. Son père, une fois sa colère passée, avait ensuite peint son fils sous les traits de celui-ci. »
Mais la position d'Eluard à la fenêtre, considérant Marie « de dos »,
n'est pas sans me faire penser aux nombreuses peintures « de dos » que fit Dali de Gala, comme celles-ci :
A candauliste, candauliste et demi ?
à brogilo
De pikasso02
21H49 | 02/07/2009 |
Ta remarque m'a donné envie de retourner voir les collages de Max Ernst. Et ma surprise, en voyant écrit au bas de chaque image ; Isidore Ducasse. Le jeu de Ernst fait sans doute référence aux Chants de Maldoror, ne serait-ce par la présence de l'eau et le rôle que joua ce texte pour les surréalistes. Pour ceux qui auraient oublié, Isidore Ducasse avait pris comme pseudonyme Comte de Lautréamont, l'auteur des Chants.« Les oeuvres ne naissent pas de rien ». J'ai oublié l'auteur. Sorry ! A++
De aimable
plasticien | 21H54 | 02/07/2009 |
Hélas un peu trop oublier le père Ernst, de loin l'un des meilleurs de la bande à Breton, ce surrélalisme trop souvent associé à l'unique et dégoulinant fasciste de Dali ( ouah que c'est bien peint .. ! ), qu'au passage le « Pape “ avait à juste raison viré.
Retour à Max camarade.
1/ initiative formidable que cette expo ; de par son contenue original et plus globalement pour sortir du trou Maxou.
2/ à l'acif des romans-collages de Ernst : La Femme 100 têtes, Rêve d'une petite fille qui voulait entrer au Carmel, puis enfin Une semaine de bonté, dite aussi Les sept éléments capitaux.
3/ et m'enfin, Maxo pour réaliser ces collages, pique les illutrations qui accompagnent les romans populaires très en vogue dans la presse fin XIXe siècles
Une fois de plus Cricri t'est la meilleur, surtout pour les appaches comme moi qui vivent dans le trou du cul du monde.
Merci encore Cricri Bise
De nono le simplet
ceinture noire de pétanque | 05H40 | 03/07/2009 |
deux de mes préférées de max

à nono le simplet
De brogilo
in angulo | 20H01 | 03/07/2009 |
Bonsoir nono,
Au jeu des réminiscences, des deux que tu as choisi, celle du haut me fait penser à Albrecht Dürer.
Le même soucis du « fini ».
Tu demanderas à ta chèvre Lili laquelle elle préfère… : -)