02/07/2009 à 16h01

Les 184 collages secrets de Max Ernst enfin exposés

Zoomart"

En 1933, Max Ernst part en Italie pour trois semaines, au cours desquelles il réalisera 184 collages à partir de gravures sur bois issues de romans populaires illustrés, de journaux de sciences naturelles et même de catalogues de vente publiés au XIXe siècle. (Voir le zoomorama)

Ces collages vont composer le roman « Une semaine de bonté », publié à Paris en 1934 et dont les thèmes des catastrophes, de la violence et du pouvoir se mélangent à des allégories mythologiques, des contes de fées, des légendes et des rêves.

Ils sont considérés comme l'un des secrets les mieux gardés de l'art du XXe siècle. Jusqu'à présent, ils n'ont été exposés qu'une fois, en 1936 à Madrid. C'est donc l'occasion d'apprécier cette œuvre fascinante de Max Ernst, figure incontournable du dadaïsme et du mouvement surréaliste, artiste majeur du XXe siècle.

► Max Ernst : une semaine de beauté au Musée d'Orsay, 1, rue de la Légion-d'honneur Paris VIIe - du mar. au dim., de 9h30 à 18h - 5,50€/8€ - jusqu'au 13 septembre.

Rectifié le 2/7 à 18h26. « Une semaine de bonté » et non « Une semaine de beauté ».

Publié initialement sur
Zoomart
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  • nono le simplet
    nono le simplet
    bidochon
    • Posté à 16h31 le 02/07/2009
    • Internaute
      bidochon

    j'adore max Ernst mais le musée d'Orsay c'est loin ...
    enfin je peux quand même les voir sur le net ...
    surprenants ces collages ...
    par contre je crois que c'est une semaine de bonté et non de beauté !

    • nono le simplet
      nono le simplet répond à nono le simplet
      bidochon
      • Posté à 16h51 le 02/07/2009
      • Internaute
        bidochon

      je me plonge dans l'univers de max ...
      je rajoute, merci pour le zoorama et quel bon goût !

  • Chris939
    Chris939
    Travailleur précaire
    • Posté à 16h36 le 02/07/2009
    • Internaute
      Travailleur précaire

    Une semaine de BONTÉ ou une semaine de BEAUTÉ ? ...

    ( Corriger la coquille ) -

    Je pensais pour ma part que la série s'intitulait « La Femme 100 têtes “ , cela aurait été bien de replacer celle-ci au sein de l'autre. Sachant que la série ‘ La Femme 100 têtes’ existe, je m'interroge.
    Peut-être en direz-vous plus.

    Merci pour l'info, on a envie effectivement d'y aller voir.

    • Yann Guégan
      Yann Guégan répond à Chris939
      Du nouveau bientôt Rue89
      • Posté à 18h28 le 02/07/2009
        éditeur
      • Journaliste
        Du nouveau bientôt

      C'est corrigé, merci pour votre vigilance.

  • Pictulo
    • Posté à 16h37 le 02/07/2009

    Apparemment, ces collages sont de petite taille si j'en juge par la photo prise dans le musée. Cela signifie qu'avec l'outil en flash proposé, on obtient une définition des détails qui nécessiteraient une loupe à l'œil nu. Méga-confortable donc.
    Sacré Max Ernst, il avait un goût pour le bondage alors ? Son amitié avec Duchamp s'explique peut-être aussi comme ça.
    Merci pour la visite.

  • freakfeatherfall
    • Posté à 16h45 le 02/07/2009

    génial !

  • skalpa
    skalpa
    actif et militant ?
    • Posté à 17h44 le 02/07/2009
    • Internaute
      actif et militant ?

    Ah les collages....

    Sans les surréalistes, rien de tout cela :

    Papier :

    Numérique :

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  • annece59
    annece59
    directrice des opérations
    • Posté à 17h36 le 02/07/2009
    • Internaute
      directrice des opérations

    OUAH, et bien moi qui ne ne connaissait pas bien l'œuvre de Ernst ! ça accroche pas mal !
    Merci une fois de plus Cristianne de nous offrir de si belles images, on a qu'une envie aller voir le reste de l'expo

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h42 le 02/07/2009
    • Internaute
      Now future & karpe diem

    C'est chelou ces trucs, c'est bien trash, bien malsain, bref c'est cool

    Pour une fois qu'un musée expose pas des trucs qui ressemble à rien, je crois que je vais y faire un tour.

  • leo s
    • Posté à 19h11 le 02/07/2009

    Merci de tirer hors du prosaisme potentiellement mortel.

  • pikasso02
    • Posté à 19h19 le 02/07/2009

    Max Ernst aura osé des « rencontres fortuites » que la majorité des peintres non surréalistes n'osaient pas faire. N'oublions pas, que ce furent Braque et Picasso qui commencèrent à jouer à ce jeu en peinture mais moins narrative. Les collages de Ernst sont à classer dans la poésie : ils sont à lire plus qu'à voir.
    Le but de l'art est-il de « garder des secrets » ? Les connaître serait-il un handicap pour le plaisir visuel ? Je ne le crois pas ! Qui pensait avant les expositions sur Picasso et ses maîtres, l'exposition d'Aix, ou celle du « Cézanne and Beyond » du Museum of Art de Philadelphie qu'il était interprète des oeuvres des autres ? Qu'il avait besoin de modèles, pour concevoir ses interprétations néanmoins géniales. Les temps changent ! Et les historiens de l'art devront accepter d'éviter de répéter ce que leurs devanciers ont écrit.

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    • Compte supprimé le 3 janvier 3
      • Posté à 21h49 le 02/07/2009

      « Les collages de Ernst sont à classer dans la poésie : ils sont à lire plus qu'à voir. »

      Excellent, pikasso02, on ne saurait mieux dire.

      Tu ne trouves pas qu'il y a comme une « parenté » entre le collage « Oedipe 25 », que nous présente Christianne rodrigues, et « La Vierge corrigeant l'Enfant Jésus en présence d'André Breton, de Paul Eluard et de l'artiste ».

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      • pikasso02
        • Posté à 22h17 le 02/07/2009

        cher brogilo je vois que ton regard s'est pris au jeu des emprunts cachés. Je suis comme toi étonné par la ressemblance forme et contenu (la composition et le thème) Si ce collage a été conçu d'après une de ses peintures, il y a de fortes chances que les autres soient liées à d'autres oeuvres. Ma manie des ressemblances a commencé ainsi pour aboutir à qui tu sais. A+

         
        • Compte supprimé le 3 janvier 3
          • Posté à 20h24 le 03/07/2009

          Bonsoir, pikasso02,

          Tu sais, le jeu des emprunts cachés, je le pratique depuis très longtemps et même souvent « à l'insu de mon plein gré » : -).
          Depuis bien avant de venir sur la Rue.
          Te lire me donne envie de continuer.

          Par exemple, ce collage de Ernst...

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          ...n'est pas sans m'évoquer cette série d'oeuvres (même si je reconnais que c'est tout à fait subjectif) :

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          « Le verrou » de Fragonard, 1776.

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          Ingres.

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          « La chambre » de Balthus, 1952-1954.

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          Une linogravure de Picasso dont j'ignore le titre.

        4 autres commentaires
      • A.V.
        • Posté à 22h29 le 02/07/2009

        Et à lire - interpréter au sens de la psychanalyse - il y a aussi la technique du frottage, ou décalcomanie. Ernst applique sur la toile des surfaces diversement texturées préalablement enduites d'huile. En exerçant une pression aléatoire, il obtient des formes animales ou végétales qui évoquent pour moi le test que Hermann Rorschach introduit justement dans la psychanalyse au début des années 1920.

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        « Totem et Tabou », 1941.

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        « La ville entière », 1934.

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        « La ville entière », 1936.

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        Test de Rorschach

        P.S. Ernst, Breton et Eluard qui regardent « leur » surréaliste Marie, c'est marrant. Salut Brogilo.

         
        • Compte supprimé le 3 janvier 3
          • Posté à 17h51 le 03/07/2009

          « Ernst, Breton et Eluard qui regardent “ leur ” surréaliste Marie, c'est marrant. »

          Ouais, Popaul à la fenêtre, ce n'est que routine pour Eluard le candauliste : -)...

          Salut, A.V., heureux de te savoir rentré à bon port et, qui plus est, en grande forme ( ai été aussi te lire sur d'autre fils).

          • Atacama-
            • Posté à 18h20 le 03/07/2009
            • Internaute
              sur terre

            Popaul ? Tenez, pour la peine, vous aurez un poème dans le sujet.

            « Max Ernst »

            Dans un coin l'inceste agile
            Tourne autour de la virginité d'une petite robe.
            Dans un coin le ciel délivré
            Aux épines de l'orage laisse des boules blanches.

            Dans un coin plus clair de tous les yeux
            On attend les poissons d'angoisse
            Dans un coin la voiture de verdure de l'été
            Immobile glorieuse et pour toujours.

            A la lueur de la jeunesse
            Des lampes allumées très tard
            La première montre ses seins que tuent des insectes rouges.

            Paul Eluard, Capitale de la douleur

            • Compte supprimé le 3 janvier 3
              • Posté à 19h58 le 03/07/2009

              Très beau choix, Atacama, merci.

              Quatre ans après la « semaine de bonté », en 37, Balthus peint « La victime » :

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              « La victime (1937) , allongée sur un lit recouvert d'un drap blanc non encore maculé, attend son heure. “ Tout était prêt, et le couteau avait été acheté ”. Ce même drap lui servira peut-être de linceul une fois le sacrifice accompli. “ Est-ce un délire de ma raison malade, est-ce un instinct secret qui ne dépend pas de mes raisonnements, pareil à celui de l'aigle déchirant sa proie, qui m'a poussé à commettre ce crime ; et pourtant, autant que ma victime, je souffrais ” (Les Chants de Maldoror). »

        • Compte supprimé le 3 janvier 3
          • Posté à 19h07 le 03/07/2009

          « Ernst, Breton et Eluard qui regardent “ leur ” surréaliste Marie, c'est marrant. »

          Bien sûr, il y a l'histoire « officielle » autour de ce tableau...

          « Inspiré de la Vierge au long cou, 1535, du Parmigiano,

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          cette œuvre anticléricale, de facture presque académique, est liée au surréalisme mais également à un souvenir d'enfance.

          La Vierge, d'allure masculine et autoritaire, renvoie aux relations complexes de Max Ernst avec son père, qui était artiste.
          L'identification à l'enfant Jésus, confirmée par la présence de la signature dans l'auréole, tombée à terre, fait référence au jeune Ernst, qui à sept ans s'était échappé de chez lui en chemise de nuit et était apparu à des passants comme l'“Enfant-Jésus”. Son père, une fois sa colère passée, avait ensuite peint son fils sous les traits de celui-ci. »

          Mais la position d'Eluard à la fenêtre, considérant Marie « de dos »,

          Lien

          n'est pas sans me faire penser aux nombreuses peintures « de dos » que fit Dali de Gala, comme celles-ci :

          Lien Lien Lien

          A candauliste, candauliste et demi ?

        4 autres commentaires
      • pikasso02
        • Posté à 22h49 le 02/07/2009

        Ta remarque m'a donné envie de retourner voir les collages de Max Ernst. Et ma surprise, en voyant écrit au bas de chaque image ; Isidore Ducasse. Le jeu de Ernst fait sans doute référence aux Chants de Maldoror, ne serait-ce par la présence de l'eau et le rôle que joua ce texte pour les surréalistes. Pour ceux qui auraient oublié, Isidore Ducasse avait pris comme pseudonyme Comte de Lautréamont, l'auteur des Chants.« Les oeuvres ne naissent pas de rien ». J'ai oublié l'auteur. Sorry ! A++

  • aimable
    aimable
    plasticien
    • Posté à 22h54 le 02/07/2009
    • Internaute
      plasticien

    Hélas un peu trop oublier le père Ernst, de loin l'un des meilleurs de la bande à Breton, ce surrélalisme trop souvent associé à l'unique et dégoulinant fasciste de Dali ( ouah que c'est bien peint .. ! ), qu'au passage le « Pape “ avait à juste raison viré.
    Retour à Max camarade.
    1/ initiative formidable que cette expo ; de par son contenue original et plus globalement pour sortir du trou Maxou.
    2/ à l'acif des romans-collages de Ernst : La Femme 100 têtes, Rêve d'une petite fille qui voulait entrer au Carmel, puis enfin Une semaine de bonté, dite aussi Les sept éléments capitaux.
    3/ et m'enfin, Maxo pour réaliser ces collages, pique les illutrations qui accompagnent les romans populaires très en vogue dans la presse fin XIXe siècles
    Une fois de plus Cricri t'est la meilleur, surtout pour les appaches comme moi qui vivent dans le trou du cul du monde.
    Merci encore Cricri Bise

  • nono le simplet
    nono le simplet
    bidochon
    • Posté à 06h40 le 03/07/2009
    • Internaute
      bidochon

    deux de mes préférées de max

    • Compte supprimé le 3 janvier 3
      • Posté à 21h01 le 03/07/2009

      Bonsoir nono,

      Au jeu des réminiscences, des deux que tu as choisi, celle du haut me fait penser à Albrecht Dürer.
      Le même soucis du « fini ».

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      Tu demanderas à ta chèvre Lili laquelle elle préfère... : -)