La révolution « peas & love » ou les « Incroyables comestibles »

  • Publié le :
    11/05/2012 à 18h12

C’est d’une petite ville grise du nord de l’Angleterre qu’est parti le mouvement des « Incredible Edible », les « incroyables comestibles » dans sa traduction française. En 2008, dans la ville de Todmorden ravagée par la crise des subprimes, une poignée d’activistes ont envahi le bitume de bacs de plantation : sur les trottoirs, dans la cour du collège, sur le parterre de l’hôpital... Todmorden est devenu un potager géant, et gratuit.

Chaque citoyen cultive un carré de terre et quand sa récolte est mûre, il laisse les passants se servir librement. Une « peas & love revolution », qui peut avoir des conséquences gigantesques : « les gens se réapproporient la nourriture, puis les magasins, puis l’énergie... » remarque Mike Perry de la Plunkett Foundation, dans le Guardian de Londres.

« L’autosuffisance alimentaire des territoires, ça marche », en conclut François Rouillay, un Alsacien qui cherche à implanter ce mouvement en France, et a mis au point un guide pratique. Pour l’instant, deux initiatives françaises sont recensées sur la google map mondiale des Incredible Edible. François, conseiller en développement territorial, estime que c’est la réponse à toutes les questions qu’il se pose depuis vingt ans : « comment se libérer d’une économie basée sur la compétition, faire bouger la notion de propriété sur la base d’un élan du coeur ». « Un changement de paradigme », selon lui, qui rappelle la pensée de Pierre Rabhi et du mouvement des Colibris.

François Rouillay dit recevoir « trois appels par jour » pour relayer ce mouvement « naissant mais exponentiel ».

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  • James Andros
    James Andros
    Bouffeur de pommes
    • Posté à 09h43 le 12/05/2012
    • 179324
      Bouffeur de pommes

    Juste excellent ! !

    Mais je me pose quand même une petite question il doit bien y avoir de véritables marchands de légumes dans cette ville ce genre d’initiative ne leur cause-t-elle pas de tort ? ?

    • Léopoldys
      Léopoldys répond à James Andros
      Rossignol
      • Posté à 00h31 le 13/05/2012
      • Internaute 161655
        Rossignol

      On parle ici de ville où la prospérité a disparu. La crise des subprime de 2008 (déjà ? 2009 ?) mit pas mal de monde à la porte de chez soi. Il faudrait s’imaginer une sortie de guerre mais sans rien de physiquement détruit… Si l’on n’a pas de quoi s’acheter du pain (s’il reste du pain) on n’a pas de quoi se payer des légumes. A partir de ce moment là, si l’on considère que le phénomène s’est étendu naturellement à la ville entière, c’est soit les gens n’ont pas de quoi payer, ce qui n’est pas bon pas le marchand de légumes, soit il n’y a déjà plus de marchand de légumes, auquel cas aucun tort ne peut lui être fait. CQFD.
      Personnellement, je n’y ait jamais foutu les pieds et avance cet argument de manière purement logique et anticipatoire. Ce n’est peut-être pas le cas, mais ça semble le plus plausible. Cette réponse vous convient-elle, cher James ?

      • James Andros
        James Andros répond à Léopoldys
        Bouffeur de pommes
        • Posté à 12h59 le 13/05/2012
        • 179324
          Bouffeur de pommes

        Merci beaucoup, ça à l’air convaincant !

        Mais j’ai quand même beaucoup de mal à m’imaginer une ville sans marchands de légumes, mais bon après tout ils sont anglais.

         
        • Léopoldys
          Léopoldys répond à James Andros
          Rossignol
          • Posté à 00h42 le 14/05/2012
          • Internaute 161655
            Rossignol

          En effet, si c’est pour tout manger bouilli, ça ne vaut pas vraiment le coup… :)

        1 autres commentaires
    • Sophie Caillat
      Sophie Caillat répond à James Andros
      Journaliste Rue89
      • Posté à 10h22 le 14/05/2012
        rédacteur
      • Journaliste 50753
        Journaliste

      D’après ce qu’explique François Rouillay sur le site des Incredible Edible, les producteurs vont relocaliser leurs ventes et ainsi obtenir de meilleures marges. Il y a assez de fruits et légumes gratuits et produits par les maraichers pour qu’il y ait de la place pour tous. Ce qui interpelle dans cette histoire, aussi c’est que les gens ne volent pas les légumes dans la rue. Comme si la nature humaine était différente à Todmorden...

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable absolument
    • Posté à 11h13 le 12/05/2012
    • Internaute 53186
      inconsolable absolument

    Ce n’est pas pour une « France de péri-urbains propriétaires » qui écrasent des pommes rustiques sur le bitume moyen-oriental de la DDE avec leur 4x4 diesel pour se ruer sur les promotions de pommes du Cap, du Brésil ou du Chili, au « Super Grand Distributeur » du champs de colza industriel d’à côté.

  • Moby Dick37
    Moby Dick37
    Se jouer des tempêtes ...
    • Posté à 11h03 le 12/05/2012
    • Internaute 114534
      Se jouer des tempêtes ...

    C’est curieux , ça me rappelle les cultures de mil au Niger ou les terres cultivables étaient (déjà) si rares et la saison si courte que les moindre petits bouts de terre-plain , les espaces entre deux villas dans la capitale étaient mis en culture pour essayer de récolter un petit peu, particulièrement par les populations périphériques qui avaient été chassées de brousse par les sécheresses

  • big némo
    big némo
    charcutier- coiffeur et je m'en (...)
    • Posté à 13h00 le 12/05/2012
    • Internaute 86763
      charcutier- coiffeur et je m'en (...)

    Comment je trouve ça bien ! Je m’y met demain dans mon bled avec mes pieds de tomates...

  • J.Nimbusa
    J.Nimbusa
    Voyageur
    • Posté à 14h10 le 12/05/2012
    • 184909
      Voyageur

    A Barcelone, à Rome, les arbres fruitiers remplacent les platane... Il y a des orangers en pleine rue. Une quantité non négligeable de la nourriture peut être produite en ville. ce qu’il faut avant tout c’est de l’imagination, et oser prendre un peu de liberté
    Maison des Villes
    Jardin et potagers

    • Lionel06
      Lionel06 répond à J.Nimbusa
      Dessoucheur
      • Posté à 14h14 le 12/05/2012
      • Internaute 30683
        Dessoucheur

      Ce sont généralement des oranges amères, qui ne peuvent être consommées qu’en marmelade.

      • J.Nimbusa
        J.Nimbusa répond à Lionel06
        Voyageur
        • Posté à 14h20 le 12/05/2012
        • 184909
          Voyageur

        C’est bien dommage !

        Mais si c’est des oranges amères, pourquoi pas en mettre des comestibles ? ( En dehors de la marmelade...)

        Mais en même temps, c’est bon la marmelade....

    • Lemmy_Nothor
      Lemmy_Nothor répond à J.Nimbusa
      Aintgonnaworkformaggiesfarm
      • Posté à 10h30 le 13/05/2012
      • Internaute 12434
        Aintgonnaworkformaggiesfarm

      Le problème des arbres fruitiers en ville, enfin, ceux plantés par la ville, c’est le manque d’entretien. Les fruits pourrissent , les arbres sont envahis par une myriades d’insectes, et de maladies.

      Et comme dit Lionel06, ce sont des oranges excessivement amères...uniquement bonnes pour de la marmelade.

      Mais il est vrai que ceux qui possèdent une terrasse, ou au moins un accès à un toit, font pousser de plus en plus de potagers. Et les terrains vagues, sont aussi mis a contribution.

    • Autodéfense_Intellectuelle
      Autodéfense_Intellectuelle répond à J.Nimbusa
      ingénieur
      • Posté à 20h35 le 14/05/2012
      • Internaute 87535
        ingénieur

      J’ai rencontré parfois, au cours de mes emménagements successifs, des villes où la municipalité avait planté des arbres fruitiers. Les fruits tombaient et pourrissaient, sans que jamais personne vienne les ramasser (à part les équipes municipales pour nettoyer). De la même façon, personne n’ose toucher aux mûriers qui poussent sur les sentiers en bordure de ville. Je ne parle même pas de toutes les autres plantes comestibles qu’on peut trouver, mais que la population locale ne connaît pas.

      Donc il me semble que la question principale est celle de l’appropriation de ces espaces cultivés par les communautés locales. Si l’initiative vient d’un conseil municipal, cela ne marchera pas. Démocratie directe, sinon rien, en quelque sorte.

      • J.Nimbusa
        • Posté à 20h52 le 14/05/2012
        • 184909
          Voyageur

        Tout a fait d’accord avec le dernier point. Je faisait juste observer qu’il est concrètement possible de faire pousser des fruitiers en ville. Mais cela nécessite aussi un autre mode de vivre la ville, et cet autre mode ne peut que passer par la démocratie directe, ou participative. Mais ceci est aussi le sujet de l’article....

  • J.Nimbusa
    J.Nimbusa
    Voyageur
    • Posté à 14h11 le 12/05/2012
    • 184909
      Voyageur

    Vive les chèvres !

    La ferme du Bonheur...

  • HSEHNAMAP
    HSEHNAMAP
    Sale con.
    • Posté à 21h35 le 12/05/2012
    • Internaute 132226
      Sale con.

    Les actionnaires ne laisseront pas une telle horreur se propager...

  • Ploutopia
    Ploutopia
    (CiTerrien)
    • Posté à 18h26 le 15/05/2012
    • Internaute 56249
      (CiTerrien)

    Formidable cette réappropriation citoyenne ! A nous tous d’en faire autant et surtout en politique.

    Comme le dit si bien Nimbusa, les initiatives ne prennent qu’en venant d’en bas, quand les gens se sentent impliqués et responsables. N’en déplaise au discours ambiant, c’est ça la vraie démocratie ! Et non les phrases chocs (Yes, we can), la croissance ou les sirènes des lobbies financiers. La démocratie n’a rien à voir avec ce que nous connaissons... Elle est bien plus ! Plus noble, plus digne, la vraie démocratie, telle qu’initialement définie par Solon et Clisthène dans la Grèce Antique commençait à se hisser à la hauteur des idéaux dont l’homme est prodigue. Malheureusement le capitalisme ultra-libéral traine aujourd’hui ses racines Helléniques émancipatrices dans la boue ! Honte à nos gouvernements et à leur dogmatisme et place a la vraie démocratie !
    Cfr. Ploutopia ou Etienne Chouard !

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