Avec la fin du manuel scolaire, l'édition va perdre sa vache à lait

Dans une classe équipée d'un tableau électronique tactile expérimenté à l'école René-Cassin, près de Nice (Eric Gaillard/Reuters)

Une récente déclaration de Luc Chatel, présentement ministre de l'Education nationale, est passée relativement inaperçue : la volonté manifestée par les pouvoirs publics de parvenir au tout-numérique en guise de manuels scolaires à l'horizon 2012.

Une révolution majeure, peut-être pas aussi rapide que ne le prétend le ministre en question, mais bel et bien déjà ouverte sur trois fronts :

  • une révolution du monde de l'édition
  • une révolution du monde de l'éducation
  • un nouveau coin enfoncé dans les flancs de l'économie monétarisée

Une révolution du monde de l'édition

Quand on parle d'édition, le grand-public entend avant tout édition littéraire. Mais pour les grands groupes éditoriaux (Hachette, Editis-Planeta, Albin Michel…), la littérature est une danseuse qui n'existerait guère sans l'apport financier de trois vaches à lait séculaires : le livre pratique (cuisine, tourisme…), les ouvrages encyclopédiques et les manuels scolaires. (J'omets ici, c'est vrai, le domaine de l'édition jeunesse et celui, juteux, de la bande dessinée.)

Or les deux premiers sont déjà mis à mal par la concurrence « gratuite » d'Internet. Les livres de recette cèdent devant Marmiton.org. Et le glorieux Larousse est à l'agonie sous le rouleau compresseur des Wikipedia and co.

Seul le manuel scolaire s'accroche encore vaillamment. Mais voilà que les établissements scolaires sont aujourd'hui de mieux en mieux équipés d'une arme fatale : le vidéo-projecteur, relié qui plus est, dans chaque classe, à Internet.

Et le ministère d'en rajouter une couche avec son plan de numérisation des ressources éducatives.

Si, comme c'est plus que probable, dans les cinq années à venir, les outils pédagogiques mis gracieusement à disposition sur le web parviennent à tailler des croupières aux bons vieux manuels scolaires, cela risque de bouleverser très fort tout le paysage éditorial traditionnel qui en vivait, littérature comprise.

Une révolution du monde de l'éducation

Les enseignants ont découvert très vite les bienfaits presque mirifiques de l'outil numérique : il est plus facile de concentrer une bande de trente zozos excités sur un écran, que chacun sur un livre dont on ne sait jamais s'il est ouvert à la bonne page.

D'autant que fleurissent des dizaines de sites où les profs peuvent échanger leurs cours et se procurer des documents en ligne (Weblettres, E-Teach, CultureMATH…). Sans compter les innombrables pages-ressources fournies par les sites académiques officiels.

Un clic et le tour est joué. « Qu'est-ce que c'est, un “glaïeul”, Monsieur ? » Pouf, un clic sur Google et voilà la fleur inconnue projetée instantanément sur l'écran de la classe sans qu'il soit nécessaire d'aller débusquer au centre de documentation pédagogique (CDI), ou pire, d'acheter le bon vieux bouquin d'antan sur les « fleurs de nos jardins ».

Révolution que l'on peut aussi qualifier de « démocratique », sinon de « populaire » : si un manuel scolaire papier ne peut être conçu que par un éditeur chevronné, souvent sous l'impériale autorité d'un membre éminent de la hiérarchie inspectorale, la fabrication de documents pédagogiques numériques, elle, est à la portée de n'importe quel enseignant de base. Pourvu qu'il soit un tout petit peu familiarisé au traitement de texte. Et à celui des blogs sur Internet.

D'ici à ce que les « résistants pédagogiques » balancent des brûlots éducatifs en ligne, tremblez chaumières académiques !

Un nouveau coin enfoncé dans les flancs de l'économie monétarisée

Plus largement, cette nouvelle révolution numérique est un nouveau coup porté à la toute-puissance de l'argent-roi dans les échanges économiques.

Car les échanges sur Internet, c'est bien connu, sont gra-tuits (« libres », dit-on, dans un savoureux euphémisme). Et les quelques tentatives des grands groupes éditoriaux pour capter l'évolution technologique à leur profit ont fait long feu.

Le cartable électronique s'est révélé objet lourdingue à l'expérience. Et les versions numériques payantes, que les éditeurs scolaires croyaient pouvoir tirer de leurs manuels papier, sont devenues gratuites en moins de deux ans. Sous pression de la concurrence, d'une part ; et parce que personne n'était disposée à les acheter, d'autre part. Internet, puisqu'on vous le dit, c'est gra-tuit !

Après le domaine audiovisuel de la musique et du cinéma, ceux des ouvrages pratiques et des encyclopédies, celui des logiciels libres ou encore des médias d'information, c'est un nouveau territoire qui se prépare à échapper à la colonisation de l'argent. Avec la bénédiction des pouvoirs publics de plus en plus en mal de finances fraiches par ces temps de crise.

Nul doute que cette période de transition est encore bien bâtarde, incertaine. Nul doute que vont commencer les grandes manœuvres pour récupérer ces aguichants marchés à la valeur indubitable, mais « scandaleusement » démonétarisée.

Rien n'indique qu'ils tomberont entre les mêmes mains que celles d'avant.

Photo : dans une classe équipée d'un tableau électronique tactile expérimenté à l'école René-Cassin, près de Nice (Eric Gaillard/Reuters)

196 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de framboise92

à Béatrice1 Portrait de Béatrice1 De framboise92

Je refleurirai un jour ! | 08H05 | 09/11/2009 | Permalien

Je n'ai pas besoins de voiture et cela m'étonnerait que l'achat de mon vieil ordi mon ordi et le temps que j'ai passé dessus à me former de façon autodidacte sot remboursé !Je vis avec un seul salaire et les jeunes arrivantes en bavent, à moins qu'elles soient mariées avec un cadre !

Portrait de Béatrice1

à framboise92 Portrait de framboise92 De Béatrice1

| 15H00 | 09/11/2009 | Permalien

Tout le monde (ou presque) s'est formé de façon autodidacte à l'informatique. Ce n'est pas une mauvaise façon d'apprendre.

Portrait de sabrina

De sabrina

instit qui y croit! | 21H07 | 08/11/2009 | Permalien

Point de vue d'une instit:

1) mon école n'a malheureusement pas les moyens d'avoir un ouvrage/matière/élève.
J'ai un livre en français par élève, et c'est tout. Ceux de sciences sont complètement obsolète, ceux d'histoire datent des années 80... et en maths, y'en a pas!
Le dictionnaire, c'est grand luxe: 1 pour 2!
En plus dans l'absolu, tout est à changer dès qu'un ministre nous "pond" de nouveaux programmes, en gros tous les 4 ans...
De plus, il n'y a aucun livre "complet", satisfaisant et suffisant pour une matière.

2) Il y a un vidéoprojecteur dans l'école, il reste en salle d'info car il sert pour l'informatique (12 ordi pour des classe de 30 en moyenne)
Donc, le cartable numérique on en est loin! Et pourtant on n'est pas les plus mal lotis, j'ai vu des école où c'était pire.

Bref, je "bricole" entre les documents issus de différents manuels achetés de ma poche, des documents échangés avec mes collègues et ceux que je trouvent sur le net (il existe de très bons sites). On a pris l'habitude de mutualiser. Quand je pense avoir fabriqué quelque chose de correct, je le met à disposition de qui veut, qui pourra à son tour l'améliorer, le transformer...
Pour limiter le nombre de photocopie (on a le droit à un certain nombre par an, quotas vite atteint), mes élèves redécouvrent les vertus de l'écriture...

Portrait de framboise92

à sabrina Portrait de sabrina De framboise92

Je refleurirai un jour ! | 21H16 | 08/11/2009 | Permalien

Exactement. Il faut relayer ces infos et dire aussi que nous payons beaucoup de notre poche !Y compris le tirage de photos pour travailler, l'encre, les cartouches, les disques durs, les feuilles (à cause des quotas).
Personnellement, j'en ai marre et je dis NIET !
Je garde le moindre ticket !
J'écris à la main. Et finalement, ce n'est pas plus mal !
Docs à télécharger et à imprimer, nos papiers administratifs aussi...
Heures de soutien le soir, ce qui fait qu'on passe la bonne partie de la soirée à travailler chez soi et à payer !(et quand l'ordi est en panne, je ne vous dis pas !)

Perso. j'en ai ras la ramette !!

J'en profite pour dire qu'une grève est prévue pour le 25 novembre.

Portrait de Béatrice1

à sabrina Portrait de sabrina De Béatrice1

| 00H20 | 09/11/2009 | Permalien

"mes élèves redécouvrent les vertus de l'écriture..."

Bravo ! C'est un gros souci, ça, à force de leur distribuer des photocopies à tour de bras... Photocopies tristounettes parce qu'en noir et blanc, et parfois peu lisibles.

Portrait de yann@thil

De yann@thil

Enseignant (français) | 21H37 | 08/11/2009 | Permalien

@ Sabrina

" On a pris l'habitude de mutualiser. Quand je pense avoir fabriqué quelque chose de correct, je le met à disposition de qui veut, qui pourra à son tour l'améliorer, le transformer..."

Excellent !

J'applaudis des deux mains. C'est ce qu'il faut faire. Mutualiser.

Dans le cas contraire, chacun travaille de son côté, quitte à réinventer la roue à chaque fois.
Au reste, je suis persuadé qu'on peut se passer des manuels.

Portrait de hershellgordon

De hershellgordon

21H45 | 08/11/2009 | Permalien

il me semble que les éditeurs, même timidement, commencent à refourguer des cdroms avec leurs manuels...les installations de vidéo-projecteurs mettent du temps à arriver (enfin l'outil, tout est là dans mon bahut depuis l'an dernier, réseau, plafond équipé pour recevoir "l'objet", manque juste la touche finale...le vidéo)...en matière de littérature, il est savoureux de noter que les fameux chèques de tant d'euros octroyés pour l'achat de livres ne concernent que les manuels scolaires..et pas le livre de poche (pas grave, je fais acheter un bouquin par an, sinon je fais la lecture...ou je fais faire la lecture...ça marche pas trop mal...en lp)
dernier constat, les nouveaux programmes de bac pro 3 ans nous incitent à suivre des manuels conçus par de vrais pros (entre autres des inspecteurs de l'en), ce qui m'amène à penser que les manuels scolaires ont encore un avenir...
je parlais juste de ce qui se passe en lycée professionnel, vous savez, là où ceux de peu d'importance continuent vaille que vaille une scolarité obligatoire...
cocasse de voir que les équipements varient en fonction de la richesse des départements ou des régions...étonnant non ?
éducation nationale ?

Portrait de Pierre Eudes

De Pierre Eudes

émigrant potentiel | 21H52 | 08/11/2009 | Permalien

Comment imaginer que ces grands éditeurs, propriétés à peu de choses près, des mêmes que les majors de l'audiovisuel, laisseront leurs actionnaires sans le sou ?

Avec une taxe sur les video-projecteurs on pourrait rémunérer la non-projection en classe de non-œuvres, non produites par les éditeurs. Exactement comme on le fait pour chaque support CD/DVD ou disque dur acheté. N'est-ce pas la modernité économique absolue ? Une rente de situation sans rien produire ? Sans prendre de risque ?
L'article est très optimiste sur l'intérêt de l'utilisation de ces tableaux. Regardez aux Etats-Unis à quoi servent les réseaux de TV installés dans les écoles. Alors ?
L'édition perd mais la publicité et la propagande gagnent...

Portrait de tregnirutuf

De tregnirutuf

? | 23H30 | 08/11/2009 | Permalien

Ah !

La France n'est déjà pas capable de supporter la charge que provoque les grands froid. Alors s'il fallait que les élèves allument leurs ordinateurs pas cher mais super consommateur en électricité, ce n'est pas des centrales nucléaires qu'il nous faudrait, mais le double des centrales actuellement en France.

Pas très intelligent et surtout, en ces temps d'écologies, là ou les voitures électriques entrent en jeu, devinez ce que devra supporter le vieux réseau électrique de France ?

Vous étiez au courant que EDF prévoit de faire des coupures choisis durant cet hivers ?

Les livres papiers ont encore de beaux jours devant eux.

Portrait de fightanyevil

à tregnirutuf Portrait de tregnirutuf De fightanyevil

Chomeur | 00H19 | 09/11/2009 | Permalien

y a des portables qui consomment pas bocoup.
même y a le laptop spécial pays pauvres qui marche avec manivelle je crois

Portrait de LirisFR

De LirisFR

étudiant | 00H14 | 09/11/2009 | Permalien

Imaginez le pauvre prof qui en cherchant le glaïeul tombe sur un site de boules, le choc, internet ne laisse pas de place au doute.
Donc la technologie dans ce cas est à prendre avec des pincettes
De plus je verrais mal comment remplacer les manuels au niveau des devoirs qui portent souvent sur des documents qui en sont issus.

Portrait de nono le simplet

à LirisFR Portrait de LirisFR De nono le simplet

dilétante adèle | 06H50 | 09/11/2009 | Permalien

rue 89 est un site de boules et je n'y trouve rien de choquant !

Portrait de Riboulbo

De Riboulbo

etudiant | 01H08 | 09/11/2009 | Permalien

Pas sûr que la numérisation des livres (qu'ils soient scolaires ou non d'ailleurs) soit une bonne chose.
Le tout numérique, c'est beau, ça claque, ça fait progrès, m'enfin je sais pas, ça me ferait bizarre de pas bosser sur un bouquin.

Et pi ça habitue les nouvelles générations au numérique, à ne plus utiliser de livres, car n'oublions pas que c'est à l'âge du collège, du lycée qu'on se forme. Ne plus bosser sur des livres, ou en tout cas sur des supports papiers, ça deviendra une habitude et à terme on va assister à une disparition progressive du bouquin au profit du numérique.
Et pour avoir étudier là-dedans, je pense être bien placé pour dire qu'il est beaucoup plus sûr en terme de sécurité d'avoir une version papier plutôt qu'une version numérique!
Bref, j'ai tendance à m'étaler là, mais on est pas à l'abri de problèmes informatiques d'envergure, ou d'autres trucs improbables de ce genre-là, ainsi je suis pas trop pour faire confiance aux ordinateurs au point d'y confier l'éducation des gamins.

M'enfin bon, moi j'aime bien les livres aussi, c'est probablement pour ça que j'suis réticent.

Portrait de mec   de banlieue

De mec de banlieue

un martien sur cette planete | 01H46 | 09/11/2009 | Permalien

je vais etre con c'est surement pas la premiere fois , mais je me dis c'est pas le contenus mais le contenant qui est important , un bon professeur sera toujours bon avec ou sans internet et un mauvais sera toujours mauvais meme si il peut ameliorer sa pedagogie ou son manque d'experience , je pense pas que l'outil internet peu ameliorer la pedagogie ,l'envis de donner son savoir , je me rappel de tres bon prof qui m'ont fait aimer des choses qui au debut me donnait de l'urticaire ne rigoler pas svp(exemple cours cuisine , cours de couture )j'ai beaucoup apprecie parceque je faisais quelque chose de mes mains avec un cahier des charges .je pense que l'education nationale devrait donner des cours de pedagogie au prof pour trouver le moyen de faire aimer leur cours, je pense pas que l'outil informatique et internet ne soit la solution a tout .je trouvais aussi beaucoup d'interet avec l'intervention de personne exterieur a l'ecole , une intervenant qui n'etait pas du systeme scolaire arrivait a nous faire decouvrir des choses avec un regard different d'un professeur je ne sais pas comment l'expliquer peut etre etait il tellement passioner et que nous l'avons vu et c'est de la que notre curiosite a decider de comprendre ce qu'il aimait vraiment et pourquoi ca le rendait ainsi .je me rappel du college , ou nous avons fait du theatre c'etait bien c'est le moment ou j'ai compris que nous pouvions construire une chose ensemble et le vivre ensemble , ce qui nous a permis de vivre toute notre scolarite dans une ambiance assez exceptionnel avec des personnes avec qui au depart je n'avais rien en commun et je pense pas qu'un pc ou internet pourra faire ce travail .

Portrait de Béatrice1

à mec de banlieue Portrait de mec   de banlieue De Béatrice1

| 02H00 | 09/11/2009 | Permalien

Entièrement d'accord : internet et l'ordinateur ne sont pas l'alpha et l'omega, ce ne sont que des outils. Des outils auquels l'école doit impérativement familiariser les élèves, mais attention au recul pédagogique qui s'ensuit parfois parce que c'est "nouveau".

Portrait de dufoli

De dufoli

Région parisienne | 03H08 | 09/11/2009 | Permalien

L'avantage des manuels est que cela fournit une base construite et structuré à l'enseignant sur lequel s'appuyer (exercices, exemples, documents,...).
En effet, bien souvent les profs préfère construire leur propre cours.
Je pense qu'à l'heure du numérique mettre en place un wiki/site de travail collaboratif ou différent profs puissent construire/enrichir une base de cours, d'exemples permettrait d'éviter l'école à 2 vitesse car les manuels ne sont pas toujours donnée... Cependant, il faut centraliser cela et éviter l'éparpillement...

Brèf, si cela permet de mettre les forces en commun pour avoir un programme construit qui soit un fil rouge pour tous et qui réduisent les écarts entre les professeurs et évitent aux élèves "pauvres" de devoir débourser beaucoup dans des manuelles qui restent parfois au fond du placard...

Cependant, il faut arrêter de vouloir solutionner le malêtre des enseignants par toujours plus de matériel qui ne résout rien. ==> exit l'accès a internet dans chaque classe qui coute chère et dont une simple impression du polycopier suffit.

Portrait de le_mainate

De le_mainate

libre-penseur | 06H05 | 09/11/2009 | Permalien

Pragmatique mais jamais vulgaire, le mainate s'interroge : avec la réforme de la taxe professionnelle, qui va financer l'achat et la maintenance des beaux tableaux blancs interactifs et de tout le matériel numérique dans les écoles de France ? Les collectivités locales ou les GC (Gentils Contribuables) qui ont vu les impôts locaux exploser cette année ? à suivre ...

Portrait de nono le simplet

De nono le simplet

dilétante adèle | 06H48 | 09/11/2009 | Permalien

je ne sais pas pourquoi mais 2012 s'avére être l'année de tous changements extraordinaires , merveilleux ...
Nôtre scientologue à nous annonce que 2012 va être l'année de la résurrection ! allez louya !
vivement 2012 où tout va s'arranger ! :))))

Portrait de tchavolo

De tchavolo

07H16 | 09/11/2009 | Permalien

C'est ça et les élèves de ZEP pourront télécharger les manuels sur leur Iphone... Arf, arf, arf. Il y en a vraiment qui ne vivent pas dans le même monde que nous.

Portrait de Béatrice1

à tchavolo Portrait de tchavolo De Béatrice1

| 15H02 | 09/11/2009 | Permalien

Les élèves de ZEP ne sont pas les moins pourvus en portables - vous seriez étonné.

Portrait de franck179

De franck179

07H22 | 09/11/2009 | Permalien

Attention néanmoins au fait que dans le domaine du logiciel le mot "libre" n'est en rien un euphémisme pour gratuit mais a une définition bien précise qui peut se révéler ... payante !

Portrait de DIOPZO

De DIOPZO

08H43 | 09/11/2009 | Permalien

Oui mais: Un livre imprimé ne tombe pas en panne.
Il faudra donc le garder en ressource.

Portrait de jmc06

De jmc06

retraite | 09H00 | 09/11/2009 | Permalien

d'ici que tous les instits, sont remplacés par windows , y a pas loin

Portrait de jma14

De jma14

09H45 | 09/11/2009 | Permalien

"c'est un nouveau territoire qui se prépare à échapper à la colonisation de l'argent." C'est ne pas bien connaître internet. Les modèles économiques sont différents mais ils existent.

Le gratuit est souvent un leurre, le chiffre se faisant en arrière.

Si jusqu'à maintenant, un chef d'entreprise avait pour objectif de capitaliser et transmettre, l'entreprise sur internet est complètement différente.

L'objectif d'un petit entrepreneurde est de revendre à un grand groupe, sous les 3 à 5 ans. Parce que s'il est facile pour une personne sans moyen de créer un site par une idée originale. Les années prises d'avance se veront vite absorber par une nouvelle société avec de gros capitaux. En effet l'accélération d'un marché ne se fait pas sur l'idée mais par le nombre d'e-mail.

Les gros se feront toujours la part belle du marché.

Vous ne parlez pas des bienfaits et méfaits de ce nouveau outil d'apprentissage, dommage.

Portrait de seg

De seg

assistante | 10H15 | 09/11/2009 | Permalien

Juste une question, il existe encore beaucoup de familles sans ordi, ou sans internet, ou avec un vieux pc et 4 enfants... pour les devoirs, comment ça se passe ? la super bibliothèque avec pc où ils font la queue pour faire des exposés est fermée bien souvent... ua xheures où ils font les devoirs, ce qui est normal, les soirs, les dimanches... pour un exposé, possible de s'organiser, mais pour des devoirs quotidiens ? pas tous égaux on le savait, mais là... sans manuel scolaire... ils seront vite largués... a t'on trouvé un accélérateur pour les plomber un peu plus ? tout ça pour que les parents consoment encore et encore des ordi et que l'Etat se défosse un peu plus ? et ceux qui auront la possibilité de payer un ordi par enfant pourront suivre, les autres iront direct à la casse...

Portrait de iFFLYG

De iFFLYG

10H21 | 09/11/2009 | Permalien

Ne vous en faites pas, d'ici là il y aura une directive européenne qui intedira tout ce qui est gratuit au non de la distorsion de concurrence. Et les éditeurs, aidés en cela par le Gouvernement, auront mis en place en système pour utiliser une expression typiquement française 'pay per view' (sans doute en partie financé par l'industrie optique) qui fera qu'au bout du compte utiliser des manuels scolaires en ligne reviendra beaucoup plus cher.

Portrait de PhilB21

De PhilB21

informaticien | 10H44 | 09/11/2009 | Permalien

Le "gratuit" nous appauvrit

Cet article évoque un point essentiel: la démonétarisation du travail et du savoir.
Depuis les années 70, on est passé dans les pays développés
à une économie dans laquelle les services ont largement gagné du terrain au détriment de l'industrie (l'automobile, les acieries, les manufactures...). A l'inverse des biens matériels qu'on peut voir, toucher, pour lesquels leur valeur est sous nos yeux, les services sont par définition immatériels, invisibles. Et de là, on a pris l'habitude de se demander pourquoi on devrait payer pour des services.
Personne ne veut payer pour du contenu en ligne. C'est pourtant ignorer qu'un contenu pédagogique a une valeur : celle de nombreuses années d'étude, d'un savoir, d'une expérience, du temps passé à la conception et à la réalisation de l'oeuvre etc... Vouloir des ressources gratuites, c'est nier l'importance des valeurs immatérielles (le temps, l'expérience, le savoir) d'autrui.
Lorsqu'on ne rémunère pas autrui en échange de ses services, on gagne sur le court-terme, mais il en résulte un appauvrissement général sur sur le long terme. En effet, le travailleur non rémunéré pour son oeuvre sera appauvri, et dépensera donc moins, et ne fera donc pas tourner les entreprises, qui n'emploieront pas, ce qui favorisera le chômage, ce qui appauvrira la population, qui cherchera toujours plus de "gratuit". Et la boucle est bouclée. Ou plutôt la spirale de l'appauvrissement se met à tourner. Je vous invite à lire à ce sujet "Travailler plus pour gagner moins : La menace Wal-Mart" de Gilles Biassette et Lisiane Baudu (ISBN-13: 978-2283023396).

Pensez-y: sur le long terme, tout le monde perd à vouloir payer toujours moins cher.

Portrait de Monard

De Monard

10H54 | 09/11/2009 | Permalien

Il y a un paradoxe : "les manuels scolaires on été les vaches à lait de l'édition", et les allocations fournitures scolaires fournies par les mairies n'ont pas évolué...Celles-ci varient de 60 à 600 euros par élève , mais je pense 80 euros en moyenne...

Difficile avec ça d'acheter des manuels plus les fournitures aux fournisseurs patentés, d'ailleurs souvent bien plus chers que les hypers...

D'autre part , ces manuels sont de qualités bien inégales....Et le choix ne dépend pas que de l'enseignant...Investir pour un livre de français étique et prétentieux, c'est une catastrophe...

Perso , je préférais des livres relativement anciens qui avaient fait leurs preuves , mais pas forcément bien vus par les autorités académiques...

Où l'on voit que la liberté pédagogique est très encadrée....

Dernière chose : avant le livre était respecté : les familles le recouvraient pour qu'ils puissent resservir quelques années...

Actuellement sa durée de vie est de 2 ou 3 ans ?

Le tout gratos aujourd'hui a ses inconvénients....Il est dévalué...

Et pourtant je défends le livre comme élément structurant ,avec sa table des matières, ses glossaires , ses possibilités de revenir en arrière, rattraper, approfondir , etc...

Je sais que la plupart des élèves ne peuvent gérer un classeur....De même pour l'usage de la photocopieuse...Mais quand l'enseignant n'a rien a sa disposition...Scandaleux , mais ça arrive....

Quand au tout pédago via les écrans télé ou informatique , je n'y crois absolument pas: les élèves sont saturés d'images, d'infos , ce qui ne veut pas dire qu'ils savent...Ils croient savoir....

Mais sur ce plan , je ne peux affirmer : j'appartiens à la génération de l'écrit et du livre....

Donc le yéti , tu aurais des soucis concrets ? Tu n'es pas le seul.

Portrait de Béatrice1

à Monard Portrait de Monard De Béatrice1

| 15H05 | 09/11/2009 | Permalien

"Et le choix ne dépend pas que de l'enseignant..."

Ah si. Nous sommes entièrement libres du choix du manuel - heureusement.

Portrait de ON M RSA2012

De ON M RSA2012

Vive le tiers-état | 10H57 | 09/11/2009 | Permalien

Hachette, Bordas, Hatier ou les joies de la discrimination éducative
http://interim.over-blog.com/article-24509504.html

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