
Avec la fin du manuel scolaire, l'édition va perdre sa vache à lait

Une récente déclaration de Luc Chatel, présentement ministre de l'Education nationale, est passée relativement inaperçue : la volonté manifestée par les pouvoirs publics de parvenir au tout-numérique en guise de manuels scolaires à l'horizon 2012.
Une révolution majeure, peut-être pas aussi rapide que ne le prétend le ministre en question, mais bel et bien déjà ouverte sur trois fronts :
- une révolution du monde de l'édition
- une révolution du monde de l'éducation
- un nouveau coin enfoncé dans les flancs de l'économie monétarisée
Une révolution du monde de l'édition
Quand on parle d'édition, le grand-public entend avant tout édition littéraire. Mais pour les grands groupes éditoriaux (Hachette, Editis-Planeta, Albin Michel…), la littérature est une danseuse qui n'existerait guère sans l'apport financier de trois vaches à lait séculaires : le livre pratique (cuisine, tourisme…), les ouvrages encyclopédiques et les manuels scolaires. (J'omets ici, c'est vrai, le domaine de l'édition jeunesse et celui, juteux, de la bande dessinée.)
Or les deux premiers sont déjà mis à mal par la concurrence « gratuite » d'Internet. Les livres de recette cèdent devant Marmiton.org. Et le glorieux Larousse est à l'agonie sous le rouleau compresseur des Wikipedia and co.
Seul le manuel scolaire s'accroche encore vaillamment. Mais voilà que les établissements scolaires sont aujourd'hui de mieux en mieux équipés d'une arme fatale : le vidéo-projecteur, relié qui plus est, dans chaque classe, à Internet.
Et le ministère d'en rajouter une couche avec son plan de numérisation des ressources éducatives.
Si, comme c'est plus que probable, dans les cinq années à venir, les outils pédagogiques mis gracieusement à disposition sur le web parviennent à tailler des croupières aux bons vieux manuels scolaires, cela risque de bouleverser très fort tout le paysage éditorial traditionnel qui en vivait, littérature comprise.
Une révolution du monde de l'éducation
Les enseignants ont découvert très vite les bienfaits presque mirifiques de l'outil numérique : il est plus facile de concentrer une bande de trente zozos excités sur un écran, que chacun sur un livre dont on ne sait jamais s'il est ouvert à la bonne page.
D'autant que fleurissent des dizaines de sites où les profs peuvent échanger leurs cours et se procurer des documents en ligne (Weblettres, E-Teach, CultureMATH…). Sans compter les innombrables pages-ressources fournies par les sites académiques officiels.
Un clic et le tour est joué. « Qu'est-ce que c'est, un “glaïeul”, Monsieur ? » Pouf, un clic sur Google et voilà la fleur inconnue projetée instantanément sur l'écran de la classe sans qu'il soit nécessaire d'aller débusquer au centre de documentation pédagogique (CDI), ou pire, d'acheter le bon vieux bouquin d'antan sur les « fleurs de nos jardins ».
Révolution que l'on peut aussi qualifier de « démocratique », sinon de « populaire » : si un manuel scolaire papier ne peut être conçu que par un éditeur chevronné, souvent sous l'impériale autorité d'un membre éminent de la hiérarchie inspectorale, la fabrication de documents pédagogiques numériques, elle, est à la portée de n'importe quel enseignant de base. Pourvu qu'il soit un tout petit peu familiarisé au traitement de texte. Et à celui des blogs sur Internet.
D'ici à ce que les « résistants pédagogiques » balancent des brûlots éducatifs en ligne, tremblez chaumières académiques !
Un nouveau coin enfoncé dans les flancs de l'économie monétarisée
Plus largement, cette nouvelle révolution numérique est un nouveau coup porté à la toute-puissance de l'argent-roi dans les échanges économiques.
Car les échanges sur Internet, c'est bien connu, sont gra-tuits (« libres », dit-on, dans un savoureux euphémisme). Et les quelques tentatives des grands groupes éditoriaux pour capter l'évolution technologique à leur profit ont fait long feu.
Le cartable électronique s'est révélé objet lourdingue à l'expérience. Et les versions numériques payantes, que les éditeurs scolaires croyaient pouvoir tirer de leurs manuels papier, sont devenues gratuites en moins de deux ans. Sous pression de la concurrence, d'une part ; et parce que personne n'était disposée à les acheter, d'autre part. Internet, puisqu'on vous le dit, c'est gra-tuit !
Après le domaine audiovisuel de la musique et du cinéma, ceux des ouvrages pratiques et des encyclopédies, celui des logiciels libres ou encore des médias d'information, c'est un nouveau territoire qui se prépare à échapper à la colonisation de l'argent. Avec la bénédiction des pouvoirs publics de plus en plus en mal de finances fraiches par ces temps de crise.
Nul doute que cette période de transition est encore bien bâtarde, incertaine. Nul doute que vont commencer les grandes manœuvres pour récupérer ces aguichants marchés à la valeur indubitable, mais « scandaleusement » démonétarisée.
Rien n'indique qu'ils tomberont entre les mêmes mains que celles d'avant.
Photo : dans une classe équipée d'un tableau électronique tactile expérimenté à l'école René-Cassin, près de Nice (Eric Gaillard/Reuters)
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à Fald
De Apassionata
Mort latente | 16H59 | 08/11/2009 |
Ces cas ne sont pas comparable, les remplacements des tablettes de cire et des rouleaux de papyrus correspondent à des besoins pratiques comme la simplification de la lecture, la conservation etc...
Le support immatériel n'en satisfait aucun mis à part le gain de place mais vus la consommation moyenne de livres par personnes il n'y pas trop de problème a ce faire là-dessus, alors qu'il est très loin loin d'être exempt
de défauts.
En définitive il me semble donc hautement préjudiciable de laisser nos enfants en continu devant un écran de PC pour de simples raisons d'ordre économiques.
à Fald
De alaixih
21H23 | 10/11/2009 |
Oui et en l'an 2000 les voitures voleront et seront toutes electriques.
De amilcar
peureux célèbre | 14H16 | 08/11/2009 |
mon cher yéti, la seule chose qui ne tient pas debout dans ton article, c'est de supposer que luc chatel soit animé de bonnes intentions, plus grotesque encore, de supposer que luc chatel soit révolutionnaire, ou hypothèse comique ultime, que luc chatel oeuvre pour la gratuité de quoi que ce soit, c'est exactement le contraire.
ce qui tient debout c'est que si l'on prive l'édition des ressources de l'édition scolaire, une grande partie va se casser la gueule, on aurait quand même aimé avoir les chiffres d'affaire de l'édition de livres scolaires, quelle somme cela représente t-il au total en france, combien de milliards?
que luc chatel décide de s'attaquer à ce gâteau c'est évidemment avec des arrières pensées, refiler le pactole à des potes à lui pour dire les choses crument, on aimerait que tu nous indiquasses les heureux futurs bénéficiaires de la manne, fabriquants d'ordi? fabriquants de logiciels? éleveurs en plein air?
l'argent soyons en surs ne sera pas perdu pour tout le monde, et que l'édition de papa bouffe la grenouille ne me verra pas verser de larmes de crocodile, comme on dire encore vulgairement : c'est bien fait pour eux, mais qui vilipenderons nous ensuite en leurs places?
à amilcar
De Le Yéti
(auteur)
yetiblog.org | 14H35 | 08/11/2009 |
Cher Amilcar,
Je ne suppose rien de ce que tu dis concernant Luc Chatel [rires] !
Par contre, tu as tort de penser que ce pauvre ministre manœuvre en faveur des éditeurs scolaires ou de je ne sais quels autres "copains" privilégiés. (Va faire un tour chez les éditeurs scolaires en question, parle-leur des déclarations du ministre, et tu vas voir leurs bobines !)
Tu prêtes à ces "importantes" personnalités ministérielles plus de duplicité qu'ils n'en sont (financièrement) capables. En réalité, ils sont juste en train de sauver en catastrophe les miettes qui restent dans leurs coffres désespérément vides !
Tu parles de "fabriquants d'ordi", de "fabriquants de logiciels" dans les futurs "bénéficiaires" de la mutation technologique ? Les "fabriquants d'ordi" peut-être, mais sache que plusieurs académies ont adressé à leurs établissements des instructions pour privilégier les logiciels gratuits.
C'est que, vois-tu, malgré toute leur réelle duplicité, ces potentats publics ont aussi des budgets à défendre. Et les leurs sont très très mal en point. Alors, les "copains", dans ces conditions...
De gesualdo1
Zicos | 14H46 | 08/11/2009 |
On bosse énormément sur les logiciels gratuits dans l'éducation nationale. Par exemple, OpenOffice est sur tous les ordis que j'ai croisés dans les nombreuses salles des profs que j'ai croisées (8 collèges en 4 ans...).
Les réseaux de communication entre collègues et élèves sont les LCS (Linus Communication Server).
à amilcar
De Sara-Marie
professeur | 17H32 | 09/11/2009 |
Comme l'ensemble de l'édition française représente un milliard de chiffre d'affaires (avec tous les Marc Lévy, livres de régime et autres conneries), je ne pense pas que l'édition scolaire représente "des milliards"...
alors se réjouir de la disparition du livre dans les écoles sous prétexte que "c'est louche, il y a de l'argent qui circule", c'est vraiment n'importe quoi: attaquez-vous aux vrais milliards, ceux des ventes d'armes etc.!
Et pour rester dans le délirium économique qui anime les propos du Monsieur Yéti, de vous et bien d'autres, prétendre que l'informatique coûte moins cher qu'un livre, là on rêve complètement: un bouquin de classe coûte 12 euros, et passe dans les mains de 7 ou 8 généraltions d'élèves. Faites le calcul: 1,5 euros par an.
Un ordinateur, la maintenance informatique, l'achet des logiciels etc, c'est combien? 1000 fois plus ! Et Monsieur Chatel va faire payer tout ça à la collectivité.
Quant à l'écologie, on n'en parle même pas, bonjour la facture EDF des écoles numériques.
Quant à la pédagogie, on parle de 0,002% de profs ayant le temps, la formation, le courage et les capacités de "fabriquer leurs ressources" et d'animer un cours numérique... On est dans le n'importe quoi. Moi je me sers de mes bouquins comme tout le monde, en picorant à droite à gauche, mais l'important, c'est que mes ÉLÈVES ont des bouquins.
Et ce qui m'inquiète, c'est que tout le monde a l'air de se réjouir que ça ne soit plus pour longtemps
De SiDi
Kitten ! | 14H22 | 08/11/2009 |
"gra-tuits (« libres », dit-on, dans un savoureux euphémisme)"
Libre n'est certainement pas un euphémisme de gratuit, bien au contraire... nombre de contenus sont gratuits, mais certainement pas Libres.
http://en.wikipedia.org/wiki/Gratis_versus_Libre
De Francois Toulouse
14H36 | 08/11/2009 |
Votre article est pertinent dans la mesure où il souligne un risque réel pour l'édition scolaire traditionnelle en passant au tout numérique, je suis en revanche plus mesuré sur l'issue, qui ne me paraît pas gagnée d'avance pour ce que l'on pourrait appeler l'édition libre, spontanée, fruit du travail d'enseignants sur de nombreux sites.
En effet, il existe l'exemple de l'édition des journaux scientifique, où le passage, largement effectué, au numérique n'a même pas écorné les bénéfices des multinationales de l'édition, malgré de nombreuses tentatives d'auto-éditions. La raison ? d'une part, la frilosité des institutions publiques à se transformer en éditeurs, aussi le poids de la réputation des éditeurs traditionnels, et leur capacité marketing à rester l'intermédiaire obligé même dans le monde nyumérique.
Cela pour dire que si les éditeurs scolaires investissent dans des campagnes pour prétendre être les seuls à pouvoir faire des manuels fiables (peu importe que ce soit vrai ou non) et si les institutions, organisations publiques renoncent à leur faire concurrence, il est possible que les "marques" bien connues de manuels scolaires gardent leurs prérogatives même dans le numérique.
De nicogé
le colporteur | 14H40 | 08/11/2009 |
"le vidéo-projecteur, relié qui plus est, dans chaque classe, à Internet".
c'est une plaisanterie!!!
il faut vérifier avant d'écrire de telles... choses!
internet dans chaque classe de France?
que ce soit dans les établissements en zone urbaine non ZEP (et il n'y a pas beaucoup de ZEP par rapport aux quartiers qui en auraient réellement besoin!), dans des grosses villes qui ont des dizaines d'école, ou dans les zones rurales, il y a parfois un seul ordinateur relié à internet: celui du directeur, et en général il y a une salle "informatique" avec de vieux ordinateurs moisis.
quant au vidéoprojecteur, pardon... il n'y en a pas un école (par réseau, quand ça existe, et encore).
que le ministre fasse sa com', passons, mais que les média(s) et blogs prennent ça pour argent comptant ou presque c'est vraiment dommage.
on est au tout début du processus, et ce n'est pas gagné. et il faudrait encore voir l'intérêt pédagogique du tout numérique!
"Les enseignants ont découvert très vite les bienfaits presque mirifiques de l'outil numérique : il est plus facile de concentrer une bande de trente zozos excités sur un écran, que chacun sur un livre dont on ne sait jamais s'il est ouvert à la bonne page."
ça, c'est une insulte faite aux enseignants et aux élèves. du n'importe quoi, sous couvert d'être "sympa"?
copie ,numérique peut-être, mais à revoir quand même...
bien @ vous,
nicogé
www.lecolporteur.wordpress.com
à nicogé
De Le Yéti
(auteur)
yetiblog.org | 14H59 | 08/11/2009 |
"il faut vérifier avant d'écrire de telles... choses!"
C'est fait, Monsieur. Tous les établissements sont loin d'être équipés à ce niveau. Mais ils sont de plus en plus nombreux.
Avez-vous entendu parler de l'expérience ENT (espace numérique de travail). Lisez donc ça par exemple.
Il s'agit d'une information, et d'une expérience, officielle. Elle concerne 12 académies et 21 départements.
à Le Yéti
De nicogé
le colporteur | 15H34 | 08/11/2009 |
entre l'expérimentation et la réalité qui vous décrivez, il y a un pas, quand même...
il y a aussi l'école numérique rurale.
et c'est vrai que les collèges sont bien mieux équipés que les écoles.
voilà. c'est peut-être un détail pour vous, mais je crois que ça a de l'importance dans le contexte politique et le débat sur les moyens de l'école, qui n'est certes pas le sujet de votre article.
enfin, sur le fait que l'informatisation des établissements scolaires est en marche et est inéluctable, je suis bien d'accord, croyez-le bien.
cordialement,
nicogé
De Toto Lharicot
(en balade...) | 15H00 | 08/11/2009 |
Non, ce n'est pas une plaisanterie... Mais il ne faut pas globaliser trop vite !
Enseignant dans un collège moyen (500 élèves) de campagne, pas forcément très bien doté, en Charente-maritime (pas à Neuilly !), nous avons un vidéo-projecteur dans CHAQUE salle de classe !
C'est un choix d'établissement qui peut paraître coûteux au départ mais par ailleurs, nous n'avons plus de mallette d'appel, de cahier de textes à transporter à chaque heure de cours... Et les parents ont accès, pour ceux qui peuvent, au cahier de note de leur enfant et au cahier de texte de la classe de chez eux !
Quant à Internet, désolé, mais là-aussi, tous les élèves y ont accès au CDI ou en salle informatique (ouverte parfois entre midi et deux...)
Quant à ma matière, les élèves n'ont plus à apporter leur manuel car tous les livres ont été numérisés (accord avec un éditeur et choix du manuel Sesamath sinon !), d'où un allégement (enfin !) des cartables élèves. En permanence, les élèves ont accès à quelques exemplaires des manuels...
Voilà, pour la plaisanterie...
Après en école primaire, il reste toujours de très grandes disparités... Et quant à la comm de notre ministre, que dire, que dire...
à Toto Lharicot
De flixp
15H09 | 08/11/2009 |
Les élèves ont-ils les manuels chez eux?
De bulldog
14H44 | 08/11/2009 |
L'usage des TICE progresse dans l'E.N., c'est indéniable, mais ce n'est pas la panacée pédagogique.
En particulier, le manuel numérique pose plusieurs problèmes pratiques :
- la distance entre les élèves et l'écran (fonction de la taille des classes, de leur effectif et de la taille de l'écran)
- l'usage de reproduction du document projeté si la distance est trop grande, en particulier pour les textes (vous ne pouvez pas demander de travailler un texte projeté à l'écran ; un texte dans un manuel, si ; un document iconographique en couleur ne peut être reproduit en couleur en version papier pour les élèves, parce que les établissements ne sont pas équipés en photocopie couleur)
- la consultation à domicile du manuel numérisé par les élèves : cela suppose que chaque foyer est équipé en lecteur de formats informatiques : attention aux inégalités sociales. Le même problème se pose actuellement pour les Environnements Numériques de Travail : Cartable en ligne, Livret scolaire en ligne, Relevé d'absences en ligne, etc.
Je n'aborderai pas les problèmes pédagogiques, mais ils sont nombreux aussi.
à bulldog
De nicogé
le colporteur | 14H47 | 08/11/2009 |
voilà qui pose bien les choses!!!
merci bulldog.
De Etoile polaire
Bipolaire | 14H46 | 08/11/2009 |
Voilà bien une discussion de 2009...
D'ici 10 ou 20 ans grand maximum, le kindle, ou un de ses avatars, aura gagné la partie!!
Il suffira de tenir compte des exigences liées à l'économie de papier (je vous rappelle que des tonnes de livres sont broyées et que bientôt l'idée et le coût deviendront insupportables!), du poids (que l'on trouvera de plus en plus inconfortable) des livres pour les écoliers, les voyageurs, les lecteurs de plus en plus nomades...
Demandez à la génération des ados actuels ce qu'ils en pensent...
L'amour du livre, et Dieu sait si je fais partie des amoureux du parfum d'imprimerie, de la texture du papier etc., tout cela sera bientôt balayé pour des raisons pratiques, comme l'ont été les moyens de transmission plus anciens.
De toute façon, les maisons d'édition s'y préparent...
Et que vous le vouliez ou non, je pense personnellement que le livre est condamné à petite échéance. Cela commence par les revues scientifiques en ligne, ensuite les livres scolaires... bientôt les classiques... la suite, vous pouvez l'imaginer.
Intéressez-vous de plus près à la question. Il se passe des choses -révolutionnaires- en sous-sol.
à Etoile polaire
De nicogé
le colporteur | 14H57 | 08/11/2009 |
la fin du manuel scolaire (entre autre), effectivement, est loin de relever de la science fiction.
mais comme le dit bulldog, de nombreuses interrogations demeurent, malgré tout...
je ne crois pas à la dématérialisation totale de tout.
les livres se vendent encore (pour l'instant, moi, je ne peux pas lire un roman sur écran, et je ne suis pas le seul... pourtant j'ai un ordinateur chez moi depuis tout petit), on nous prédit la mort du CD mais les vinyles existent encore... bien sûr, les choses et les gens évoluent...
un livre, ça se range sur une étagère, mais combien de temps on le gardera sur un disque dur ou une clef USB, pour quelle durée de vie? (ou on l'emprunte à la bibliothèque, il y a du lien social... autre débat).
enfin ne l'oublions pas: chaque clic sur le net à un coût carbone, évalué par certains à 7 grammes!!!
à nicogé
De flixp
15H18 | 08/11/2009 |
ha ha
et vu comme je suis organisé, je mets deux fois moins de temps à trouver un livre sur une étagère qu'un fichier dans mon ordinateur.
Mon étagère elle, ne plante pas, et pour peu qu'elle s'effondre mon livre est toujours là. Pour l'ouvrir je ne suis pas obligé de mettre à jour le logiciel ou de déclarer que j'ai les droits pour l'ouvrir.
De flixp
15H01 | 08/11/2009 |
Pour Luc Chatel la réforme de l'éducation c'est la dématérialisation des outils pédagogiques!
A vouloir être le premier et le meilleur au monde on est pas à l'abri d'un gros paquet de conneries.
De abcd
retraitée | 15H09 | 08/11/2009 |
Chaque ministre fait pipi pour marquer son territoire,c'est archiconnu;mais trêve de plaisanteries,il faut bien cadrer ce dont on parle;dans les écoles primaires cela parait irréaliste,bcp moins dans les collèges et lycées etc..;certains manuels (scientifiques entre autres) sont très vite obsolètes et leur remplacement n'est pas facile budgétairement parlant;aussi l'idée des cours réservés aux profs et que ceux ci fournissent imprimés par leur soins ne serait pas idiote.Par contre vous pouvez lire les mêmes la Fontaine ou la Princesse de Clèves des années durant,et même les relire une fois bien assis dans ses fonctions.... les profs de faculté et les même directeurs des gdes écoles d'ingénieurs reviennent aux fondamentaux que sont la lecture,l'orthographe,l'écriture, les étudiants qui leur arrivent étant totalement ignares.Les écrans d'ordinateurs n'arrangeront rien, rien ne vaut un livre imprimé que l'on ouvre ,ferme, selon ses envies.Mais cela n'engage que moi....
De Bernard Collot
15H32 | 08/11/2009 |
Je ne vois pas en quoi l'édition électronique sera une "révolution dans l'éducation" : au lieu de dire, "prenez votre manuel page 18", les profs diront à leur troupeau bien rassemblé devant leurs écrans, "cliquez sur la 3ème icone en haut à droite, cliquez sur "suite", etc."
à Bernard Collot
De flixp
15H46 | 08/11/2009 |
la révolution est plutôt que Luc Chatel aura fait de la France un précurseur un exemple à suivre pour tous.... Enfin c'est comme ça qu'il le voit.
De J.N.
Enseignant | 15H36 | 08/11/2009 |
Je voudrais apporter le point de vue d'un enseignant de français en collège.
Bien qu'il existe de très nombreux manuels de français, une même maison d'édition en proposant généralement plusieurs, ceux-ci se ressemblent tous : ils proposent des documents (textes, images...) assortis d'une batterie de questions qui n'en révèlent jamais ou presque le sens profond, mais se contentent de demander aux élèves de repérer un certain nombre de choses. Or le repérage est une des activités les plus ennuyantes, le degré zéro de la pédagogie. Les manuels existent depuis assez longtemps pour qu'il soit légitime d'en attendre autre chose, et la recherche en didactique aussi bien que les innovations de certains professeurs ont depuis longtemps abouti à des activités variées qui impliquent davantage l'enfant.
De plus, les progressions qui sont présentées dans les manuels sont souvent artificielles, les points de langue étant abordés de façon non pertinente, au gré de textes dont ils n'éclairent pas la signification, apparaissant par conséquent eux-mêmes dénués de sens.
On ne devrait donc au mieux considérer les manuels que comme des anthologies, leurs auteurs ayant tout de même, au cours de leur carrière, amassé un corpus riche et intéressant de documents textuels ou iconographiques que chaque enseignant n'a pas forcément croisés durant sa vie.
C'est pourquoi les manuels numériques qui fleurissent un peu partout présentent finalement peu d'intérêt. Ils sont fondés sur le même modèle que les manuels papier, leur seule valeur ajoutée résidant dans des documents cette fois multimédias (vidéos, sons...). Ils n'apportent aucune nouveauté didactique, si ce n'est une mise à jour des formes de la connaissance. Et les manipulations que rendent possibles les tableaux interactifs le sont tout autant avec des documents élaborés par l'enseignant lui-même.
De gillain46
enseignante belge | 18H33 | 09/11/2009 |
Enseignante belge, je tiens à vous signaler qu'en Belgique, les manuels scolaires ont disparu depuis plus de vingt ans et qu'on y revient en masse aujourd'hui. Pourquoi ?
Les notes polycopiées distribuées par les profs se sont révélées truffées de fautes (orthographe) mais aussi d'erreurs de matière.
Tout comme en France, le niveau de connaissances des jeunes profs a dégringolé de manière souvent dramatique.
Le métier d'enseignant, mal rémunéré et devenu de plus en plus difficile à gérer fait que les "jeunes" étudiants des écoles normales n'ont plus 18 ans mais souvent 25 et même plus. L'enseignement n'est pour eux qu'un deuxième si pas un troisième choix après des échecs universitaires ou autres. Leur culture est souvent proche de zéro et ils enseignent donc des contre vérités.
Le manuel présente donc toute son utilité comme ouvrage "de référence" exempt lui des erreurs dont question. les ministres de l'éducation (4 !) en Belgique ont donc demandé un retour urgent des manuels scolaires dans les classes.
De dendir
secretaire médicale en invalidité | 16H25 | 08/11/2009 |
Et comment ça se passe pour les familles qui n'ont pas internet ??
à dendir
De Badgud
Athée | 17H14 | 08/11/2009 |
Dans les études supérieurs, internet est déjà obligatoire, le lycée et le collège suivront un jour ou l'autre, c'est inéluctable.
Et c'est vrai que ça risque de poser de sacrés problèmes pour les familles ne disposant pas d'internet. L'absence d'internet au foyer s'ajoutera à la longue liste des inégalités des élèves issus de familles pauvres.
De papoupapapou
prof des écoles | 17H16 | 08/11/2009 |
"Le cartable numérique s'est révélé lourdingue", cette affirmation est faite sur l'observation de quelle expérience ? Il me semble qu'avec les nouveaux netbooks, très peu encombrants, cela peut se révéler bénéfique (cartables moins lourds, prise en compte de certaines difficultés comme la dyslexie, aides personnalisées disponibles sur internet...).
Les éditeurs sont déjà sur le coup avec le projet d'Ecoles Numériques Rurales (50 millions d'euros de l'Etat) qui impose l'achat de ressources pédagogiques numériques (soit 10% du budget). Les grandes maisons d'édition sont déjà présentes :
http://www.catalogue-ecolenumerique.education.fr/catalogue/viewCatalog.h...
De batoivre
artiste-peintre | 17H46 | 08/11/2009 |
Lagarde et Michard, meurent,mais ne se rendent pas? du coup j'en ai oublié l'orthographe de ce "couple" de français,qui ponctuait mes années Lycées...
à batoivre
De framboise92
Je refleurirai un jour ! | 22H21 | 08/11/2009 |
Ces livres sont toujours dans ma bibliothèque et je les consulte parfois. De vrais trésors !
De Aloïs
Etudiant | 17H55 | 08/11/2009 |
Avant de numériser les manuels scolaires, il va falloir que les profs apprennent à se servir du matériel informatique, audiovisuel...
Le point commun entre mes profs qui a marqué ma scolarité, c'est leur nullité totale vis à vis du matériel audiovisuel, numérique, informatique .
Très récemment un prof de fac nous a demandé comment fonctionnait une télécommande ^^ !