
Ethique et raison façon Jorion, deux notions qui nous manquent tant
De quelques côtés que nous nous tournions, la débandade prend des allures si vertigineuses que nous avons du mal à nous arrêter sur un de ses soubresauts sans qu'il soit illico balayé par le suivant.
Derniers en date, la tentative grotesque, aussitôt avortée, de promotion népotique d'un rejeton présidentiel insignifiant ; puis le relais saisi par le traître de basse cour, ce Besson et son idée tordue aux troubles relents de « grand débat » sur l'identité nationale.
En dehors, la machine continue à se disloquer, avec sa pelletée mensuelle charriant son lot ininterrompu de nouveaux chômeurs (encore 44 900 personnes de plus en septembre) ; ses entreprises à la ramasse échappant à l'infamant dépôt de bilan que par la commisération contrainte de chambres de commerce, soucieuses de ne pas assombrir un peu plus les statistiques.
« Les miens, comme tous en France, se trouvent confrontés à l'effondrement, la disqualification, la disparition pure et simple, dans le champ du réel, de tout ce qui structurait la société. La classe politique abdique et se dissout elle-même en votant les pleins pouvoirs à un “chef”. »
Ces mots tirés de l'admirable autobiographie de François Maspéro (« Les Abeilles et la guêpe », éd. du Seuil 2002), s'applique à la France des années 40. Mais qui désormais n'y verrait pas une triste actualité ? L'« identité nationale » à la sauce sarko-bessonienne ne fait-elle pas écho à la « révolution nationale » de feu notre Maréchal-nous-voilà ?
Ethique, raison, des termes vivifiants, rafraîchissants
Ma petite fille Julia court devant moi, ivre de ses premiers pas. Et j'ai la gorge qui se serre devant le lamentable paysage que nous lui léguons.
Vendredi, je suis tombé sur le dernier « Temps qu'il fait » de Paul Jorion, cette chronique vidéo qu'il nous laisse chaque semaine sur son blog. Il y parlait, quasiment sans respirer, d'éthique et de raison.
Ethique, raison, sentez-vous combien ces deux tout petits termes sont vivifiants, rafraîchissants ? Comme les mistrals gagnants si chers à notre enfance et au chanteur Renaud.
L'éthique, la raison, je mets ma main à couper que chacun en saisit immédiatement le sens et la portée. Ceux qui argumentent, contestent, pinaillent à n'en plus finir sur ces deux vocables, cherchent juste à les contourner, à les mettre au service de leurs propres intérêts, à les cadenasser. Il faut tenir à distance ces dangereux individus et leurs mentors.
Ce qui caractérise l'espèce humaine, c'est sa capacité (parfois) à brider sa sauvagerie naturelle de conquérante prédatrice par les filtres de l'éthique et de la raison. Ceux-ci sont aujourd'hui en charpie.
Le désespérant édito de Joffrin dans Libération, « La nation, parlons-en »
Nous savons tous confusément que plus rien désormais ne viendra du collectif. Ni de ses sommets consacrés. Ni de ses opposants institutionnels mollement déclarés (titre de l'éditorial de Laurent Joffrin dans Libération du 27 octobre : « La nation, parlons-en » ; suivi immédiatement d'un désespérant : « Faut-il laisser à la droite le monopole du débat ? »)
Le collectif, ses sommets, et ses satellites onctueux, sont définitivement emportés par les vagues de l'hébétude et de la stupéfaction.
Chacun d'entre nous va donc se retrouver face à lui-même et à sa conscience. D'elle seule et de son obstiné comportement au quotidien peut sortir ces deux petites flammes d'éthique et de raison qui nous font tant défaut depuis que nous avons plongé du côté des ténèbres et de la honte.
L'éthique & la raison (avec ce « & » pour signer leur indéfectible union) ne sont pas seulement de grandes idées à la discrétion des penseurs et des philosophes. Mais des armes de poing à dégainer au jour le jour contre la bêtise et l'ignominieux.
« Quand tout est dévasté et que pourtant… »
L'aurore salvatrice à laquelle nous aspirons ne peut éclore que par leur mise en capillarité progressive avec notre voisinage.
- « Comment cela s'appelle-t-il, quand tout est dévasté et que pourtant…
- Un très beau nom, femme Narsès : cela s'appelle l'aurore. » (Giraudoux, dernière réplique d'« Electre », cité par François Maspéro)
Espoir ténu, fragile. Mais trouvez m'en un autre !
Je termine ces quelques lignes étranglées de colère en laissant la parole à l'ami Paul Jorion. Treize minutes et quarante-et-une secondes d'air frais. (Voir la vidéo)
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De clive
18H24 | 29/10/2009 |
Ne pas oublier que la très grande majorité est tenue à l'écart de ces interrogations...
Entendu sur Europe 1 hier dans les infos (de mémoire):
"Christophe (!!) Noyer est reconduit dans son poste de directeur (!!) de la banque de France en raison de son action pendant la crise qui a permis aux banques française de sortir pratiquement indemnes de celle-ci..."
ethique et raison
dans un monde réel
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 18H31 | 29/10/2009 |
Merci, le Yéti, d'avoir repris cette vidéo particulièrement prégnante, au message de laquelle je souscris autant que toi.
Le souci d'éthique et de raison qui sous-tend toutes les grandes avancées de l'esprit suppose un bouleversement total des mentalités, et il y a donc du pain sur la planche!
S'il existe apparemment un processus de percolation des idées de Paul Jorion ici et là (j'en veux pour preuve l'article du Monde d'aujourd'hui, consacré à une sorte de réhabilitation du Glass-Steagall Act de 1933 établissant une coupure entre banques de dépôt et banques d'investissement, et qui a été abrogé par les libéraux sous Clinton), on peut s'interroger quant au poids des intellectuels susceptibles de porter le message à un point tel que des membres influents de la classe politique (de tous pays) s'en emparent pour restaurer leur primauté aux dépens des financiers. Or, ces intellectuels, sur lesquels Jorion compte comme si nous étions à l'époque des Lumières (il l'a dit à une université d'été en Belgique il y a quelques mois), manquent quand même beaucoup à l'appel. Et nous sommes dans une situation d'extrême urgence.
C'est ma seule réserve au sujet des idées de Paul Jorion, dont on devrait en effet tous s'inspirer.
à Jaycib
De Le Yéti
(auteur)
yetiblog.org | 19H25 | 29/10/2009 |
Et si nous devenions, NOUS, ces intellectuels ?
à Le Yéti
De Bardamu
difficile | 19H30 | 29/10/2009 |
Y a du boulot...
De Bardamu
difficile | 19H30 | 29/10/2009 |
Le problème, c'est que l'"éthique" dont nous parle M. Jorion (en bon disciple d'Aristote...), ce n'est guère plus que le bon vieux collectivisme à peine aménagé... Si tant est qu'il faille trouver un sens bien précis à ce mot ronflant... Curieux d'ailleurs ce recours à un vocabulaire moral à gauche. Grattez le bolchevique, vous trouverez toujours un curé, grattez le curé, vous trouverez un inquisiteur....
Or, il ya quelque chose d'amusant à affirmer, péremptoirement que le "système" est mort en 2007 (!), réfuté expérimentalement (!!) et qu'il faut le remplacer par ce collectivisme qui, partout et toujours, a stérilisé l'effort humain et produit des sociétés totalitaires...
Pas la peine de déranger Smith, Hayek ou Nozick, il suffit de relire Mandeville et "la fable des abeilles"... Vices privés vertus publiques. Tout est dit, et il s'agit bien de raison.
Robespierre et Saint-Just aussi n'avaient que le mot de vertu à la bouche. On sait ce que ça a donné, quels effets produisent dans le réel les "professeurs de but de vie" comme disait Nietzsche!
à Bardamu
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 19H47 | 29/10/2009 |
Jorion n'est pas partisan du collectivisme, mais d'une inclusion de la "science économique", de l'économie en général et de la pratique des économistes et des financiers en particulier, dans le champ de la raison et de l'éthique, cette inclusion étant vraie de toutes les autres activités humaines, sans exception! Tout individualisme non assujetti à la règle de l'éthique collective est proscrit dans n'importe quelle société non "première" (Jorion refuse d'utiliser le mot primitif)... sauf aujourd'hui l'activité des financiers. Pourquoi cette exception?
A cause de l'hégémonie intellectuelle de von Hayek, von Mieses, etc., affirmée depuis, grosso modo, 1975, et plus précisément sous la direction de Thatcher, Reagan, et de leurs épigones.
Il n'y avait nul collectivisme dans la pratique des Etats-Unis d'Amérique ou d'autres sociétés occidentales avant 1975. Cette pratique a été celle de de Gaulle, d'Adenauer, de la démocratie chrétienne ou de la social-démocratie en général. Où est le collectivisme?
P.S. Jorion prend bien soin d'éviter l'usage du mot "vertu"; il ne parle que de REGLES. C'est vous, Bardamu, qui interpolez cette notion de vertu là où elle n'a que faire.
à Jaycib
De Bardamu
difficile | 20H19 | 29/10/2009 |
"Tout individualisme non assujetti à la règle de l'éthique collective est proscrit dans n'importe quelle société non "première" (Jorion refuse d'utiliser le mot primitif)"
Oui, Jorion a les pudeurs de rosière habituelles à gauche pour éviter d'appeler un chat un chat, et des sociétés de chasseurs-cueilleurs des sociétés primitives. Du Lévi-Strauss mal digéré, une fois de plus... Mais passons :
Je récuse totalement l'idée d'être "assujetti à la règle de l'éthique collective". C'est très exactement la formule du collectivisme.
Je peux comprendre l'idée d'intérêt général, et m'y soumettre, par un calcul rationnel d'individu libre, mais pas celle d'éthique collective. Encore une fois, c'est un vocabulaire de curé, rouge ou blanc peu importe.
L'hégémonie intellectuelle de Hayek et Von Mises, en tout cas pas en France! Quand on voit qu'un Raymond Boudon est victime depuis des décennies d'une conspiration du silence alors qu'on se gargarise des pauvretés d'un Bourdieu, ça fait sourire!
Même aux USA ou en Angleterre, le "libéralisme sauvage" a été beaucoup plus fantasmé qu'expérimenté réellement... Et le collectivisme a toujours été une tentation : avant 1975, il faut imaginer une France ou un PCF faisait 20% des votes!
Jorion prend soin d'éviter le mot vertu ( je ne l'emploie qu'au sens aristotélicien de juste milieu), mais qu'est-ce donc que l'exigence de suivre des règles d'éthique si ce n'est un appel à la vertu?
On ne peut pas s'abriter indéfiniment sous des concepts-chapeaux comme "raison" ou "éthique"! Il faut indiquer comment on compte les introduire dans le réel!
à Bardamu
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 15H08 | 30/10/2009 |
Vous jouez sur les mots! Si vous préférez "intérêt général" à "éthique collective", c'est bien parce que "intérêt" prime chez vous sur "éthique". Qu'y a-t-il de si effrayant dans ce dernier terme, sinon les fantasmes que vous lui attachez ("vocabulaire de curé"... ou de bolchevique)? En revanche, on voit bien comment la notion d'intérêt général peut être pervertie: à partir du moment où l'on accepte l'idée qu'une collection d'intérêts particuliers peut déboucher par leur action effrénée sur la satisfaction de l'intérêt général, ce dont précisément la présente crise démontre avec éclat toute la vanité!
En ce qui concerne la finance, il est démontré que les banques ont introduit la pratique de l'endettement de la population comme substitut à l'augmentation des salaires depuis, en gros, la fin des années 70. Que la population soit tombée dans le panneau du consumérisme à crédit ne change rien à l'affaire: l'achat à crédit n'enrichit finalement que le prêteur, ce que ce dernier a bien compris puisqu'il a concocté la notion de crédit subprime au bout du compte et entend bien recommencer ses petites (ou grosses) opérations fondée sur celle-ci. L'idée de base est bien de faire payer ceux qui n'ont pas les moyens de le faire. Je ne vois pas comment l'intérêt général est servi par ce genre de manipulation, dont il faut tôt ou tard payer les pots cassés en renflouant les institutions financières insolvables (cf. le plan Paulson) avec des fonds publics.
Une éthique qui l'interdirait (comme ce fut le cas pendant les années de reconstruction après la guerre) suppose un retour au statu quo ante: césure franche entre banques de dépôt et banques d'investissement (ce qui rétrograderait la part de la finance dans le PIB de +/- 40-50% à +/-10%, ce qui est proche de sa part réelle dans l'économie globale), distribution équitable des gains de la croissance entre les divers participants à sa création, et donc augmentation des salaires. A cet argument, que nous répond-on? Que ce retour au stade antérieur réduirait le taux de liquidité(s) sur le marché! La belle affaire! N'importe quel salarié sous-payé ne voit pas la couleur des liquidités ainsi "mises à disposition". Les propriétaires immobiliers (particuliers ET entreprises endettés) en font aujourd'hui l'amère expérience.
Vous feriez bien de lire Paul Jorion plutôt que de le diffamer à bon compte dans les commentaires de riverains sur Rue89.
à Jaycib
De Bardamu
difficile | 08H39 | 31/10/2009 |
Je ne joue pas du tout sur les mots. l'"intérêt" prime chez moi chez l'"éthique" pour des raisons évidentes : il n'y a plus d'éthique collective qui puisse faire référence.
Max Weber en avait fat le constat, en montrant l'émergence d'un "polythéisme des valeurs" et d'une "guerre des dieux" dans le domaine axiologique...
Rawls, plus récemment, a montré qu'on ne peut plus exiger des membres d'une même société qu'ils aient une même conception du "bien".
Conclusion : la seule organisaion de la société qui soit assez souple pour admettre ces différences éthiques, c'est le libéralisme.
On assiste de nos jours à deux phénomènes liés : un néo-millénarisme (il suffit de lire les lamentations comiques du Yéti pour sen convaincre : On dirait le prophète Jérémie! Et votre Jorion n'est guère mieux...) qui se nourrit de la crise financière et du réchauffementr climatique pour exiger la destruction du système (alors que le libéralisme n'est justement pas un système, d'alleurs), et une poussée de la vieille fièvre collectiviste, portée par tous les nostalgiques mités du Grand Soir et autres fariboles sanglantes.
Sinon, pour les banques, nous sommes d'accord, ce n'est pas vraiment le problème...
à Bardamu
De Le Yéti
(auteur)
yetiblog.org | 09H06 | 31/10/2009 |
"L'éthique, la raison, je mets ma main à couper que chacun en saisit immédiatement le sens et la portée. Ceux qui argumentent, contestent, pinaillent à n'en plus finir sur ces deux vocables, cherchent juste à les contourner, à les mettre au service de leurs propres intérêts, à les cadenasser."
Excusez-moi de me citer. C'est pour faire plus court.
à Le Yéti
De Bardamu
difficile | 11H35 | 31/10/2009 |
Vous faites court parce que votre pensée est courte.
Penser que la "raison" et l'"éthique" sont des évidences en 2009 est assez amusant. Ca nous renvoie intellectuellement deux siècles en arrière, mais je comprends que vous préfériez le confort de pseudo-évidences à la complexité d'un réel qui vous échappe.
Tenez, rien que pour rire, je modifie juste un peu votre belle citation :
"L'identité nationale, je mets ma main à couper que chacun en saisit immédiatement le sens et la portée. Ceux qui argumentent, contestent, pinaillent à n'en plus finir sur ce vocable, cherchent juste à le contourner, à le mettre au service de leurs propres intérêts, à le cadenasser."
On peut faire le coup à propos de n'importe quel concept, et verrouiller péremptoirement le débat.
Ca s'appelle le sectarisme.
à Bardamu
De zénon denon 84
Bonne | 20H11 | 30/10/2009 |
Vos sociétes totalitaires n'ont _elles _
q'une bonne centaine d'années .
C'est quand même peu ,croyez pas comme expériences ?
Même si ça n'a pas été la joie .
Mais la joie est-elle de l'autre côté -il n'y a que deux côtés-
avec qq 10 ou 20 siècles d'exploitation
du brave quidam qui courbait l'échine jusqu'à 35 ans
avant de "crever " de misère pour lui et les siens !!!
à zénon denon 84
De Bardamu
difficile | 08H40 | 31/10/2009 |
Non, merci, je n'ai pas envie de continuer l'expérience totalitaire.
De Autist Reading
Plombier/Electricien | 19H57 | 29/10/2009 |
On se demande ce que vient foutre l'éthique (n'ayant pas fait mon cathéchisme, je ne maîtrise pas bien le concept), là-dedans !
Sommes-nous encore dans un état de droit ?
à Autist Reading
De Lohiel
non-officiel89.forumactif.net | 09H45 | 30/10/2009 |
l'éthique, ce n'est pas la morale... dans son acception moderne elle n'est pas liée à la religion...
il y a un gars qui le définit bien, là, sur un forum :
http://forums.futura-sciences.com/epistemologie-logique/49913-morale-eth...
"Du point de vue de l'origine des règles de bonne conduite, la morale résulte principalement de considérations religieuses qui elles-mêmes prétendent être "révélées", alors qu'en fait elles sont élaborées par les humains. L'éthique reconnaît ses origines humaines et le souci de garantir à la fois les libertés essentielles et la coexistence harmonieuse des hommes.
Du point de vue historique, la morale est beaucoup plus ancienne que l'éthique qui, depuis un demi-siècle tend à occuper le terrain au détriment de la morale.
Du point de vue de la persistance, la morale est beaucoup plus rigide que l'éthique, car la première est basée sur un certain dogmatisme, alors que la seconde suit l'évolution des nécessités sociales et des aspirations de liberté et d'égalité des hommes.
Du point de vue de la rigueur de leur application, la morale est beaucoup moins tolérante que l'éthique, qui est limitée par le refus croissant de l'intolérance.
Du point de vue de leur appréciation par la société, la morale est considérée comme dépassée, l'éthique comme moderne."
à Lohiel
De Bardamu
difficile | 11H05 | 30/10/2009 |
Ces définitions de la morale et de l'éthique sont parfaitement arbitraires, en gros, c'est la même chose, mais "éthique" fait plus sérieux, plus pensé.
Quelqu'un qui viendrait vous donner des leçons de "morale", vous l'enverriez s'occuper de ses oignons. En revanche, des leçons d'"éthique", tout de suite ça impressionne...
La seule vraie nuance qui existe est que l'éthique désigne un système de valeurs qui prétend former un ensemble cohérent, être fondé rationnellement, alors que la morale peut être plus empirique.
Tout ça, c'est l'éternelle "moraline" nietzschéenne.
à Bardamu
De tlaloc
Retraité | 18H00 | 30/10/2009 |
L'individualisme total, l'homme n'a que des droits; les penseurs libéraux anglo-saxons de la fin du XVIII et début XIX siècles ont bien vus que cela ne pouvaient pas marcher. Donc ils ont inventé la notion de devoir pour justement une société puisse fonctionner; les droits de chacun sont limités par ceux de L'Autre donc de tous les autres. IL a donc fallu définir des règles qui ne pouvaient n'être que collectives. Par exemple la socièté américaine est très réglementé sur le plan individuel. L'éthique c'est le respect d'une règle définie, même si mon ami ou quelqu'un de ma famille y contrevient.
à Autist Reading
De Le Yéti
(auteur)
yetiblog.org | 10H25 | 30/10/2009 |
Éthique - du grec êthos "mœurs"
1. Science et théorie de la Morale.
2. Ensemble des valeurs, des règles morales propre à un milieu, une culture, un groupe.
[extraits du Petit Robert]
à Le Yéti
De Autist Reading
Plombier/Electricien | 13H22 | 30/10/2009 |
Ce que je voulais dire, c'est que l'éthique part du postulat de la bonne volonté, alors que nous avons affaire à de la mauvaise volonté, pour ne pas dire de la mauvaise foi.
Les garnements qui croient qu'on peut pisser au cul des gens, on leur colle des baffes, on leur propose pas une éthique.
C'est pourquoi des lois définissent ce qui est "pisser au cul" et le nombre de coups de pied au cul que çà mérite.
Le problème c'est que les lois n'expriment pas la volonté générale, et que les intellectuels se refusent à demander à la population d'exprimer sa volonté directement, là où ils trouvent, sans passer par la lois, la justice et la police, qui sont manifestement de mauvaise volonté.
De framboise92
Je refleurirai un jour ! | 21H40 | 29/10/2009 |
Cette vidéo est extrêmement passionnante .
Merci !
J'espère que ce genre de média sera plus souvent diffusé car il est certain que nous avons besoin d'homme comme celui-ci pour prendre du recul et de s'entendre dire ce qu'on pense en désespérant de ne pouvoir presque rien faire.
Les "Guignols de l' Info" ont shématisé et caricaturé cette économie. Pourquoi nos gouvernants ne trouvent-ils pas de solutions en parlant plus simplement ? Etre accessible à tout le monde, crédible et donner des objectifs percutants pour y remédier.
Comment faire face à ce genre de société dictée par des cartels ?
J'avoue que je suis découragée. J' espérais avec Europe Ecologie unie avec d'autres partis démocrates, au moins un changement de ligne de conduite. J'ai bien peur que cette économie libérale ne puisse être combattue sans qu'on s'y insère pour la transformer.INTRODUIRE DANS LE RÉEL en s'y insérant avec intelligence..Peut-être une solution à condition que les français suivent.
A regarder les autres pays d'Europe, le pli est déjà bien formé vers l'individualisme.
---"l'homme est un loup pour l'homme". Ce débat aurait été préférable à celui sur la notion d'identité .
Le loup tue par faim. Les hommes qui font partie de cette "poignée qui possède" le font par cupidité, sans vergogne. Ce sont des assassins.
Pourquoi les médias ne relaient pas plus des questions posées et des réponses comme ce genre de vidéos ?
Je dois sans doute être naïve. A mon échelle, je fais ce que je peux, je communique, j'agis. Je pense qu'il faut s'adapter en s'insérant avec ruse.
Merci !
à framboise92
De padiran
Chroniqueur mondain | 23H36 | 29/10/2009 |
L'ethique et la raison, question presque freudienne où la "morale" contredit ou conforte le factuel. Vaste débat ou P. Jorion arrive, malgré les eceuils à conceptualiser la différence entre individialisme, ethique et morale.
Si effectivement, sorti de notre état foetal, nous arrivons à nous retrouver " face à nous même et à notre conscience", de "notre obstiné quotidien", alors viendra quelques espoirs ténus, la conscience d'exister et de partager au moins la raison à défaut de l'ethique
"L'aurore salvatrice à laquelle nous aspirons ne peut éclore que par leur mise en capillarité progressive avec notre voisinage "
à framboise92
De zénon denon 84
Bonne | 10H03 | 30/10/2009 |
Bien faire et laisser dire !
Vous faites ce qu'il faut _
Le reste tout le reste suivra .
Il ya deux sortes d'hommes (et de femmes) .
Celui qui avance et qui crée ;
Celui qui suit ...
Je dois dire que le second est bcp plus nombreux que le 1èr .
C'est pas une raison pour abdiquer ...
Pas de soucis .
aujourd'hui est unique _encore heureux _
à zénon denon 84
De framboise92
Je refleurirai un jour ! | 10H48 | 30/10/2009 |
Donc, continuons !
Pour toutes les petites filles (et petits garçons) qui commencent à marcher, par exemple...
merci !
à framboise92
De zénon denon 84
Bonne | 19H29 | 30/10/2009 |
Continuons à nous informer _à voir _
d'abord ...comme vous le faite !
De pikasso02
23H55 | 29/10/2009 |
Merci
De mauser
10H22 | 30/10/2009 |
Bien belle déclaration mais ne pouvait il pas résumer par une citation latine l’homme est un loup pour l’homme. Ou grecque je crois les dieux rendent fous ceux qu’ils veulent perdre.
L’homme étant la race la plus exécrable de la création inutile de s’appesantir sur ses bourdes Comment s’en sortir Ha ça ira , ça ira Restant attaché à mes traditions l’appareil de monsieur Guillotin me parait parfait pour réduire la taille du problème
Maintenant l’éthique s’enseigne certes mais sans censeurs qui décide de ce qui est bien ou mal vous n’irez pas loin devant l’appétit de lucre des hommes Remarquez sans eux nous serions peut être une espèce de chasseurs cueilleurs traqué par les tigres à dents de sabres.
Pour la fin des humains je suis plus pessimistes Les profiteurs de la chose et tous ne sont pas des capitalistes occidentaux Ils ne connaissent qu’une sortie de crise déjà utilisée deux fois au cours du siècle dernier , mais avec Nuremberg et les bombinettes il n’est pas dur de deviner la suite
De Le Yéti (auteur)
yetiblog.org | 10H36 | 30/10/2009 |
[Note du Yéti : reçu sur mon blog, à propos du billet sur l'éthique et la déraison, le commentaire ci-dessous d'un certain Luigi.]
Re bj’our à tutti,
Je reviens sur la déraison. Une information m’a fait bondir : tous les partis d’extrême droite européenne se sont constitués en groupe à l’UE. Cet appendice naissant m’a ramené illico presto aux années 20/30. Cherchez l’erreur. Montée de l’extrême droite, faiblesse (ou renoncement) de la social démocratie, guerre totale entre les partis de gauche (PC, NPA, Verts -si on les classe à gauche hein-, Alternatifs, etc…). Tous les ingrédients pour que la bête renaisse et …. Et quoi ?
Dans le même temps, je me suis coltiné les différentes déclarations des têtes de pont du PC, Front de Gauche, NPA et de leurs afficionado. Pas un jour sans qu’ils ne se déchirent sur l’étal du boucher. Et pendant ce temps, suicides à France Télécom (et ailleurs), licenciement, criminalisation du mouvement social, désespoir, révoltes matées, jeunes muselés.
Et pendant ce temps-là, l’omniprésident se lâche dans ses dépenses, dans ses outrances, dans ses mépris avec des second couteaux qui rivalisent d’audace dans l’horreur (charter, flicage, etc…).
La bête ne supporte pas l’éthique et la raison. Le pire c’est qu’une majorité d’hommes et de femmes dans ce pays font comme si la bête n’existait pas. Comme si les murs (contre la pensée, contre les libertés, contre l’espoir) n’étaient en somme qu’une mesure de sécurité pour les protéger. Les protéger ?
La situation est grave parce qu’elle prépare un avenir où le passé sombre entend reprendre toute sa place, totalement, autoritairement, méthodiquement. Ca ne vous rappelle rien. Et nos valeureuses notoriétés de gauche (ne parlons pas des pseudos intellectuels) de tourner en rond sur leur propre insuffisance, sur leur aveuglement (tiens ferait mieux de lire le livre de Saramago du même nom). Bon sang, c’est pourtant aussi gros que le nez au milieu de la figure. Non, ne sentent rien, ne veulent pas sentir, ne veulent pas voir, plus voir, ne rien entendre, plus rien entendre… que le film de leur aveuglement.
Ça me fout les boules.
Bien à vous tutti
Luigi
à Le Yéti
De mauser
10H59 | 30/10/2009 |
Vous vous attendiez à quoi Il leur faut une guerre pour redresser le système.
à Le Yéti
De Fathergreed
Observateur | 18H29 | 30/10/2009 |
Bonjour;
Je découvre rue 89, je viens du site de Mr Jorion que je suis depuis 2 ans. Il parle de vous dans son dernier billet (en bien).
C'est dommage les quelques critiques absolument non fondées qui lui sont adressées dans certains courriers.
Sinon : "Le pire c’est qu’une majorité d’hommes et de femmes dans ce pays font comme si la bête n’existait pas.".
C'est effectivement terrible mais je crois avoir compris une chose, beaucoup ne préfère pas regarder de peur de se rendre compte que tous cela est vrai.C'est mon ressenti.
Aux états unis le braquage commis par les banksters c'est du Goebbels dans le texte. Les foules se sont faites violer en pleine lumière, derrière le mental refuse d'admettre. C'est si gros que cela n'est pas possible.
"La bête ne supporte pas l’éthique et la raison." Je suis en desaccocrd avec Mr Jorion, la bête a sa raison. Sa raison qui est toujours la meilleur.
Une autre "raison" ne peut passer que par une inversion du rapport de force. Ou mieux, une absence de rapport de force. Ce système ne marche que parceque chacun veut bien jouer leurs jeu, il suffit que chacun s'arrête de jouer.
C'est un rêve et il aurait des conséquences catastrophiques à très court terme mais moins que les conséquences d'une espèce de status quo qui laisserait s'accumuler toute cette violence latente qui finira quoiqu'il arrive par ressortir.
Cordialement et tout le tremblement ..
à Fathergreed
De zénon denon 84
Bonne | 19H36 | 30/10/2009 |
"ce système ne marche que parce que
chacun veut bien jouer leurs jeu "
_____________________________________
Tout à fait ___inversons les rapports de force _
C'est aussi la thèse d'un grande canadienne
Dr Guylaine Lanctôt _
Qu'on a rien trouvé de mieux que la mettre en prison il y a peu !!!
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