Chrysler, ou la faillite « positive » selon Barack Obama

On l'attendait. Nous y sommes. Jeudi 30 avril 2009, Chrysler, 3e constructeur automobile américain, 9e constructeur mondial, s'est mis sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine et se déclare par conséquent en faillite. Nouveau pas capital (car il s'agit d'une première, lourde de conséquences, pour une multinationale de l'économie réelle) dans la débandade d'un système vérolé en son cœur.

Or, que lit-on dans le communiqué AFP annonçant cet évènement historique ? « Obama sauve Chrysler en le mariant à Fiat. »

On notera que l'AFP préfère le terme de « dépôt de bilan » à celui beaucoup plus infamant de « faillite » (bankrupcy). On remarquera qu'aucun des grands médias français n'a daigné traiter cette information, en catimini, sans relayer l'optimisme un tantinet forcé de l'agence de presse.

On s'amusera de l'argumentation spécieuse du résident de la Maison Blanche pour qui cette faillite n'est pas « un signe de faiblesse, mais bien plus un pas supplémentaire sur la voie clairement tracée menant à la survie de Chrysler ».

Faut-il enfin préciser que cet accord Chrysler/Fiat tient surtout du mariage de raison de dernière minute tiré par des cheveux de circonstance. Que ces épousailles s'accompagnent d'une nouvelle dot significative de la part du gouvernement américain (jusqu'à 8 milliards dollars supplémentaires, après les 4 milliards impuissants de décembre 2008).

Chrysler a toutes les chances de connaître le sort funeste de feu Pontiac

Bien évidemment, rien n'adviendra de ces fantaisistes vœux pieux. Bien peu d'entreprises se sont relevées de ce brutal régime (des faillites). Chrysler a toutes les chances de connaître le sort funeste de feu Pontiac.

Fiat se contentera tout au plus de s'appuyer sur les infrastructures survivantes du moribond pour pénétrer un peu plus le territoire américain. Et quel nouveau nigaud s'aventurerait à parader dans un 4x4 Voyager d'un constructeur aussi déficient ?

La culbute de ce fleuron de l'industrie impériale américaine qu'est Chrysler (en attendant celle, très probable, de General Motors), toutes ces tentatives désespérées et vaines des puissants pour en masquer la gravité, illustrent de façon terrible les efforts tragicomiques de nos pontifes pour sauver la face et gagner du temps.

Nous sommes peu à peu rentrés dans cette ère agonisante où les réactions fantasmatiques et irrationnelles prennent le pas sur la raison et la lucidité. Pour cacher le fond, maquillons les formes !

Même en restant à un niveau très bas, les places boursières mondiales se sont offertes ces derniers jours un sursaut d'euphorie au seul prétexte que les résultats étaient « moins mauvais que prévus ». Mais mauvais tout de même !

Les banques qui hurlent d'un enthousiasme renaissant, croulent sous les actifs toxiques, ces bombes à retardements dévastatrices qu'elles refusent encore d'avouer en profitant de nouvelles normes comptables offertes pour l'occasion par les pouvoirs publics. Mais qui leur reviendront en boomerang.

Les PIB de tous les grands pays industriels continuent de s'effondrer comme des soufflés, à l'image pétrifiée de celui du maître américain, en recul de 6,1% en rythme annuel au premier trimestre 2009.

La consommation des ménages reste en berne, les revenus s'effritent et les flots de chômeurs (plus de 77 000 en France en mars) n'en finissent pas d'inonder les malheureux « pôles emploi » de tous les pays.

Telle une désopilante ministre Lagarde des grands jours allumés, nos importants proclament en dépit du bon sens et des évidences que la crise touche à son plus profond ! Et chacun d'annoncer une reprise déjà fringante dans les starting-blocks de ses ultimes illusions ! La politique des autruches a encore un boulevard grand-ouvert devant elle.

Un baroud d'honneur plus inquiétant que rassurant

Ce brusque accès d'euphorie boursière, cet optimisme médiatique surjoué de nos responsables politiques, économiques et financiers, sonnent comme un baroud d'honneur plus inquiétant que rassurant. Ils témoignent de leur désolante inaptitude à comprendre, à vouloir comprendre, et à trouver les moyens de sortir du bourbier.

Leur ultime recours est désormais de masquer leur misère, de reculer les échéances fatales par quelques tours d'assez grossiers passe-passe. En espérant qu'un divin miracle, sur lequel ils n'ont plus prise, et que rien ne permet d'annoncer, viendra les tirer de ce mauvais pas.

La faillite de Chrysler et la façon dont le président américain tente de l'emballer dans un improbable papier de soie, entrent tout naturellement dans ce triste processus de décomposition.

Devant l'incompréhensible et la fatalité, nos aïeux s'en remettaient à Dieu en psalmodiant leurs cantiques. Nous en sommes toujours là.

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De Di

mère déchlorurée (papotable) | 15H51 | 01/05/2009 | Permalien

Possible que nous ne voyions maintenant que le « calme » avant la vraie tempête. Et quand il n'y aura plus de milliards pour renflouer, ça va se passer comment ?

Portrait de Servais-Jean

De Servais-Jean 4591

alpha-béta | 15H42 | 01/05/2009 | Permalien

« On s'amusera de l'argumentation spécieuse du résident de la Maison Blanche pour qui …. »

Qualifier de spécieuse cette argumentation me semble un peu exagéré. Ne connaissant pas les lois américaines sur les faillites il est impossible de porter un jugement, d'autant plus qu'il semble que chez eux les administrateurs judiciaires n'existent pas et qu'ils ont donc d'autres voies pour résoudre les difficultés des entreprises.
Les voies du Seigneur peut-être, mais comme elles sont impénétrables…….

Portrait de tlaloc

à Servais-Jean Portrait de Servais-Jean De tlaloc

Retraité | 19H21 | 02/05/2009 | Permalien

Protection de la loi sur les faillites 2 points importants les créanciers doivent négocier et ne peuvent pas mettre l'entreprise en faillite totale et renégociation les accrds salariaux dont les assurances dédicales et les retraites

Portrait de Servais-Jean

à tlaloc Portrait de tlaloc De Servais-Jean 4591

alpha-béta | 20H04 | 02/05/2009 | Permalien

Merci pour les précisions

Portrait de jyeden

De jyeden

khmer vert ( age des caverne, bougi... | 15H49 | 01/05/2009 | Permalien

Pontiac ce n'est pas une firme, c'est une marque

là, il n'y a pas faillite mais arret d'une production d'une marque donné
les 3 geants de l'automobiles US détiennent de nombreuses marques
la n'est pas le problème

ce qui est symptomatique c'est que ce soit une firme automobile qui est en liquidation.
Mais une liquidation à l'américaine qui permet de continuer l'activité
ce n'est pas comme si renault était en faillitte
cependant aux states l'automobile est un symbole
et dans le monde occidental les gens commencent à ne plus vouloir acheter d'automobiles
la prime à la casse en France et en Allemagne a déclenché un effet d'aubaine
il faudra voir dans les mois qui suivent ce qui va se passer en europe quand cet effet disparaitra

les chinois et les indiens qui découvrent l'automobile vont vite déchanter
peut etre la crise les protégera t elle de la bagnole
car l'automobile nécessite des infrastructures telles que ça serait une catastrophe pour ces pays si ils se mettaient au tout bagnole

Portrait de Le Yéti

à jyeden Portrait de jyeden De Le Yéti (auteur)

yetiblog.org | 18H28 | 01/05/2009 | Permalien

« une liquidation à l'américaine qui permet de continuer l'activité »

Chrysler a décidé de fermer ses usines et d'arrêter sa production le temps du « régime de protection ».
Cette mise en faillite ne limitera donc pas les mises au chomâge, qu'elles soient « techniques » ou non.

« Pontiac ce n'est pas une firme, c'est une marque. »

Pontiac est un constructeur automobile fondé en 1926. Il est devenu une marque quand General Motors l'a reprise. Il n'est plus rien du tout depuis le 27 avril 2009, date à laquelle GM annonça l'arrêt de ses activités et la fermeture de 40 % des concessionnaires automobiles du groupe.

Portrait de Lemmy_Nothor

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De Lemmy_Nothor

The Emmett Grogan Memorial Barbecue | 20H43 | 01/05/2009 | Permalien

General motors avait acheté une vingtaine de marques indépendantes, dont Cadillac,Oldsmobile, Elmore, Oakland (Pontiac) Reliance Motor Truck Company, Rapid Motor Vehicle Company….toutes étaient effectivement des marques distinctes.

Les differentes marques regroupées sous le sigle GM qui furent abandonnées sont :
# Acadian (1962-1971, Canada)
# Asüna (1993, Canada)
# Beaumont (1966-1969, Canada)
# Bedford Vehicles (1930–1987, UK)
# Elmore (1909-1912)
# Envoy (1960-1970, Canada)
# Geo (1989–1997)
# LaSalle (1927–1940)
# Marquette (1930)
# Oakland (1907–1931)
# Oldsmobile (1897-2004)
# Rapid Truck (1909–1912)
# Reliance Truck (1909–1912)
# Samson Tractor (tractor) (1917-1922)
# Viking (1929–1931)

(EDIT) Quand je parle de marques, je veux dire des compagnies indépendantes…ils étaient des centaines à faire des voitures au début de l'automobile, très souvent des toutes petites entreprises, anciens fabricants de carosses, reconvertis en fabricants automobiles.

Portrait de Blaise11

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De Blaise11

I'm hard, but I'm fair. | 11H32 | 02/05/2009 | Permalien

« Cette mise en faillite ne limitera donc pas les mises au chomâge, qu'elles soient “ techniques ” ou non. »

Cette mise en faillite limitera les licenciements car elle permet un chômage technique le temps d'écouler les stocks. Après cela, les ouvriers reprennent le travail pour la production des nouveaux modèles.

Nuance, le Yéti.

« Et quel nouveau nigaud s'aventurerait à parader dans un 4x4 Voyager d'un constructeur aussi déficient. »

Un peu plus de temps pour s'informer avant de rédiger ton article…
mais c'est vrai, et comme tu t'en excuses habilement, les médias français, auxquels désormais tu appartiens, n'ont pas bien fait leur travail !
Fiat est spécialiste en petite voiture. Par le passé, plusieurs constructeurs automobile ont échoué à pénétrer le marché américain avec des petits modèles. Voilà le pari tenté par Fiat.
Donc on est loin des fantasmes du Yéti où les nigauds paradent en 4x4.

Portrait de Le Yéti

à Blaise11 Portrait de Blaise11 De Le Yéti (auteur)

yetiblog.org | 12H08 | 02/05/2009 | Permalien

« le temps d'écouler les stocks »
- Ils (les dirigeants de Chrysler) se sont donnés deux mois. On attend les deux mois pour voir où en sont les stocks, d'accord ?

« Voilà le pari tenté par Fiat »
- En quoi pénétrer le marché américain avec les « petits modèles » Fiat sauvera-t-il Chrysler ?

« Taper, ok. Mais par la suite, proposez… » (votre commentaire d'en dessous, ndlr)
- J'ai proposé… avant ! Cf. mon petit programme en 7 volets. On attend tous, avec une impatience non dissimulée, les contre-propositions détaillées de M. Blaise11, le sagace.

Portrait de Blaise11

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De Blaise11

I'm hard, but I'm fair. | 12H27 | 02/05/2009 | Permalien

Ah, je n'avais pas vu, pardon. J'ai toujours eu du mal à trouver les lexiques dans les bouquins…

Bref.

Pour les stocks et le chômage technique et tout ça, le Yéti : tu n'avais qu'une seule réponse à faire, celle que tu as faite, celle de la spéculation.

Je me contrefiche de la forme. Je croyais que ta famille politique défendait l'emploi des salariés et donc les salariés. Tu descends en flèche une mesure qui vise à sauver des milliers d'emploi, sans rien proposer d'autre sur ce thème précis. Voilà ce que j'ai trouvé bête.

Pour mes contrepropositions (souvent agacées et non sagaces), j'essayerai de faire un programme en 8 volets, le temps que je regroupe mes 2000 et quelques commentaires.

Et je n'ai pas de contre-propositions à faire sur quelque chose avec lequel je suis d'accord.

Portrait de Le Yéti

à Blaise11 Portrait de Blaise11 De Le Yéti (auteur)

yetiblog.org | 13H05 | 02/05/2009 | Permalien

Sauf erreur de ma part, l'article 11 américain sur la mise sous protection du régime des faillites ne vise pas à sauver des emplois, mais à assurer le remboursement des créanciers.

Ceux précisément qui ont refusé la proposition gouvernementale de geler, voire d'abandonner purement et simplement une partie de leurs créances. (Cf. dépêche Reuter du 30/04/2009).

Je parie que si, pour rembourser ses créanciers récalcitrants, Chrysler doit sacrifier des postes, ce sera fait sans barguigner.

Portrait de Blaise11

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De Blaise11

I'm hard, but I'm fair. | 13H58 | 02/05/2009 | Permalien

Parier dans ces cas-là n'est pas un risque démesuré.

Dans les créanciers, il y a les fonds d'investissement et les banques. Ceux qui ont « précisément » refusé sont principalement les fonds d'investissement. En effet, le Trésor leur refile 32 cents pour 1 dollar de dette. Ils s'en remettront donc au juge qui, lui, regardera les actifs de Chrysler pour déterminer la valeur de la dette. Ils pensent qu'ils y gagneront.
Les banques ont, quant à elle, majoritairement accepté.

Alors Obama assure le remboursement (non intégral) des créanciers et tente de sauver le maximum d'emploi. On jette la pierre à celle qui, d'une, fait deux coups ?

Et là où l'on est entièrement d'accord, je pense, c'est sur la durée prévue de cette faillite. 2 mois disent-ils, je les trouve beaucoup trop ambitieux vu le nombre de cas que le juge aura à traiter, entre les 3 200 concessionnaires et les fonds d'investissement. M'enfin, n'oublions pas, ils sont américains.

Portrait de Blaise11

De Blaise11

I'm hard, but I'm fair. | 16H28 | 01/05/2009 | Permalien

Article en dehors des réalités.
Sauver Chrysler le fut aussi pour sauver des emplois, je présume.
Alors taper sur la forme comme vous l'avez fait là, c'est foncièrement bête.

Taper, ok. Mais par la suite, proposez….

Portrait de Jaycib

De Jaycib

Désagrégé de l'Université | 16H55 | 01/05/2009 | Permalien

Yéti, je reproduis ci-dessous un commentaire concernant Chrysler posté ce matin sur un autre fil :

« L'aspect le plus intéressant de cette affaire est la proposition de participation minimale de l'Etat fédéral. Fiat prend finalement 20% et le syndicat de l'automobile UAW… 55%, afin de préserver le capital retraite des salariés de Chrysler. Ca ne fait pas de l'UAW l'actionnaire de référence, curieusement. Pas question d'autogestion, mais d'une sorte de portage temporaire d'une partie des actifs de Chrysler par les salariés. Cette solution transitoire suppose que les obligataires (des fonds spéculatifs, pour la plupart) finiront par accepter la conversion de leurs titres en actions. On est en plein délire, mais on comprend pourquoi Obama veut éviter que des milliers de salariés de Chrysler soient mis immédiatement sur la paille. En même temps, il se refuse à toute prise de participation majoritaire de l'Etat fédéral pour empêcher que les Républicains l'accusent de “ socialisme étatique ”. Ce qui est politiquement possible au Royaume-Uni, ou, à l'extrême rigueur, en France, ne l'est pas aux USA.

La solution de la faillite de Chrysler n'en est évidemment pas une ; Il est permis d'anticiper la disparition du constructeur, avec des licenciements massifs à la clé, mais Obama veut à tout prix retarder une telle échéance. »

Je ne pense pas du tout qu'Obama soit dupe et qu'il croie lui-même en ses bonnes paroles. Mais les travailleurs de l'automobile font partie de sa base électorale…

Portrait de Sylvain85

à Jaycib Portrait de Jaycib De Sylvain85

Jeune diplômé | 18H02 | 01/05/2009 | Permalien

Je pense que plus que les licenciements massifs, c'est du problème des retraités qu'ont peur les dirigeants américains.

En effet, une partie du problèmes des « big three » est qu'ils ont à leur passif toutes les retraites et assurance maladie de leurs anciens employés. Il y a quelques années, on disait que ça représentait 1000 $ par voiture, à confirmer et/ou actualiser.
Avec la disparition de l'un des constructeurs, ce n'est pas seulement des milliers de chômeurs que vous créez mais aussi des milliers de retraités qui se retrouvent eux-aussi à la rue.

Portrait de nemo3637

à Jaycib Portrait de Jaycib De nemo3637

Déchoukeur | 19H45 | 01/05/2009 | Permalien

« Je ne pense pas du tout qu'Obama soit dupe… »

Non seulement Obama n'est pas dupe mais il est thaumaturge, avec son complice Geitner, de l'entreprise de mystification engagée depuis plusieurs semaines concernant les comptabilités des grandes entreprises, notamment les banques.
C'est une politique internationale mise en place systématiquement à l'issue de la réunion du G20 qui permet même de faire croire à des bénéfices.
Avec une certaine candeur, la presse d'outre-Rhin, évoquant le naufrage de la Deutsche Bank, s'en rend compte :
« Les gouvernements européens ont significativement assoupli les normes comptables pour briser le cercle vicieux entre des besoins de réaliser des amortissements pour dépréciation des actifs et entre des parapluies de sauvetage toujours plus grands pour les banques. » Frankfurter Allgemeine Zeitung du 26 avril 2009.
Quant à ce brave Obama comment ne pas résister à quelques citations comme celle-là qui n'est cependant pas de lui :
 » Ces mesures - il s'agit, dans un discours d'Obama, de la prétendue limite mise aux revenus des entrepreneurs US -, si elles entrent vraiment dans les faits, n'ont pas qu'une portée financière. Elles sont aussi d'une haute valeur symbolique. Elles annoncent la reprise en main volontaire de l'Etat sur les dérèglements suicidaires d'un système insupportable. Un coin redoutable dans les pratiques mafieuses qui conduisent le monde à sa perte. »
Obama dit n'importe quoi. Comme par exemple équiper le pays d'infrastructures « écologiques »….Ce qui revient, non pas à développer la production nationale mais, à dans un premier temps acheter au principal fournisseur dans ce domaine qu'est L'Allemagne. Mais, sans bruit, il fait ce que lui disent Geitner et Bernanke.

Portrait de Avril

à nemo3637 Portrait de nemo3637 De Avril

20H23 | 01/05/2009 | Permalien

« If you are considering buying a car, I hope it will be an American car » (Barrack Obama). C'est visiblement le principal outil sur lequel il compte.

Portrait de Jaycib

à nemo3637 Portrait de nemo3637 De Jaycib

Désagrégé de l'Université | 12H38 | 03/05/2009 | Permalien

Obama ne dit pas n'importe quoi. C'est un social-démocrate pur jus, et, en tant que tel, il est pris dans des contradictions typiques de ce genre de posture politique en période de crise. Il n'y a pas de raison de douter de ses intentions : (1) de faire revenir les USA à un modèle de société plus équilibré ; son projet de refonte du système d'assurance maladie le montre ; (2) d'amoindrir la puissance (relative) des banques dans son pays.

Mais il doit s'appuyer politiquement sur une gauche libérale-radicale minoritaire, et en même temps, sur un « mainstream » démocrate allié historiquement à Wall Street. On retrouve cette double orientation dans la composition de son cabinet, avec un ministre de la justice (Holder) très marqué à gauche et un secrétaire au Trésor (Geithner) inféodé aux banques. La gauche Démocrate est très critique de Geithner et de son plan de sauvetage des banques, mais Obama ne peut pas gouverner sans les forces représentant Wall Street. Voilà le hic. Cette dualité a toujours été caractéristique du parti Démocrate.

Il est faux de prétendre que les USA n'ont pas la capacité industrielle de refonder leurs infrastructures en les orientant vers une production « verte ». L'industrie nationale a toujours préservé les moyens matériels et surtout humains de le faire. Ce n'est pas comme si les Etats-Unis étaient dépourvus des capacités de production et d'innovation nécessaires. Ce qui faisait la force de ce pays n'a pas disparu du jour au lendemain.

Le problème est que les budgets d'infrastructure sont insuffisants et le resteront encore longtemps à cause de la crise. Par ailleurs, si les USA peuvent réorienter leur production dans le sens voulu par le président (il existe des milliers de PME qui y travaillent), ça ne veut pas dire qu'ils le feront, car l'argent est monopolisé par les banques, qu'Obama ne peut pas laisser tomber sous peine de liquider les avoirs de millions de petites et moyens épargnants. Il transige sur la question des banques car il ne pense pas avoir le choix.

Tel est le dilemme auquel Obama fait face. Ce n'est pas un socialiste qui va précipiter l'avènement d'une révolution dans son pays, quelles que soient ses intentions, sans doute beaucoup plus progressistes que celles de ses homologues européens. Il est tiraillé entre une tendance de la société américaine à revenir au statu quo ante et une autre qui voit au-delà de la crise, et qui fait preuve à bien des égards d'une clairvoyance qui fait défaut à une bonne partie de la gauche européenne. Potentiellement, Obama est une figure tragique. Pris entre deux feux, il ne pourra pas mener à bien ses programmes sociaux et économiques sans affronter les foudres de Wall Street. Alors qu'il sait pertinemment que les banques ne lui veulent aucun bien, il n'a pas les moyens de les défier et est même contraint de les soutenir dans les conditions qu'elles lui dictent par l'intermédiaire du plan Geithner.

En conclusion, il ne sert à rien de dénoncer Obama comme s'il était le porte-parole de Wall Street. CE N'EST PAS VRAI. Son engagement en faveur des couches sociales défavorisées et des salariés est réel. Mais c'est comme s'il n'avait pas d'autre choix que celui de se fourvoyer. Obama est une figure shakespearienne, guidée par des idéaux qui ne peuvent sans doute pas être concrétisés, en tout cas pas pendant son présent mandat présidentiel.

Portrait de tooms4444

à Jaycib Portrait de Jaycib De tooms4444

p'tit con | 11H41 | 05/05/2009 | Permalien

« Obama est une figure shakespearienne »

Il est facile, le coup d'Otello, mais assez esthétique, je dois l'avouer.

Portrait de nemo3637

De nemo3637

Déchoukeur | 17H48 | 01/05/2009 | Permalien

J'avais entendu dire qu'Obama allait donner un nouveau souffle, que c'était autre chose que notre Pinocchio national, qu'on allait voir ce qu'on allait voir….C'est pas comme ça que ça devait se passer ?

Portrait de pomme53

De pomme53

Médiation | 18H29 | 01/05/2009 | Permalien

Finalement cette crise a du bon ; elle a permis de mettre en lumière ce modèle libéral américain que Nicolas SARKOZY s'est efforcé de nous vendre durant toute sa campagne présidentielle et même il y a peu rappelez-vous : -« les français ne sont pas suffisamment endettés » !
la liste innombrable des faiblesses supposées où inventées de cette vieille france aux valeurs profondément enracinées, qui selon le président, était vouée à l'échec économique si elle ne se raccrochait pas au wagon sauveur de la toute puissante amérique ! Il semble qu'aujourd'hui, chacun ait constaté ce qu'il en était du rêve américain et surtout du rêve Sarkozyien !

Portrait de nemo3637

à pomme53 Portrait de pomme53 De nemo3637

Déchoukeur | 04H16 | 02/05/2009 | Permalien

Le modèle libéral américain n'était pas seulement vendu par Sarkozy mais aussi par la gauche qui finalement s'était résignée au crédo libéral.
Le président français a du ravaler son drapeau jusqu'à la hampe lors du G20. Et il n'est pas parti en claquant la porte, malgré ses rodomontades.
Une des « valeurs enfouies » de « cette vieille France » est celle du travail. La productivité y est une des meilleures du monde ! (Alternatives Economiques). Mais cela est nié, foulé aux pieds par ceux, encore tournés vers les fondamentaux du libéralisme, qui cherchent à licencier le plus possible.

Portrait de jyeden

à pomme53 Portrait de pomme53 De jyeden

khmer vert ( age des caverne, bougi... | 08H00 | 02/05/2009 | Permalien

hé oui en ce moment c'est notre « ringardise », c'est a dire « l'exception française » qui nous sauve (un peu)
meme la droite parle « d'amortisseur social “ de la crise
alors ?

Portrait de Bebert Cassandre

De Bebert Cassandre

19H00 | 01/05/2009 | Permalien

Salut le Yéti….
Il ne faut pas tout dire….
Les gens pourraient s'inquiéter…
Ils sont un peu sous anesthésie… Des fois qu'ils se réveilleraient… Et mesureraient l'ampleur du sinistre… Je n'ose y penser… Imaginez un instant qu'ils descendent dans la rue…
Je vous en prie, laissez les dormir, on a bien assez d'emmerdes comme ça…

Portrait de Jean-Jacques Louis

à Bebert Cassandre Portrait de Bebert Cassandre De Jean-Jacques Louis

20H25 | 01/05/2009 | Permalien

 »Le peuple n'a pas la résistance psychologique suffisante pour accepter la réalité de situations trop catastrophiques. Le peuple a besoin de mensonges rassurants. » Je n'en suis pas certain mais je crois que c'est de Joseph Goebels qui, soit dit en passant, était quand même drôlement plus compétent que nos actuels spécialistes de la communication, ce nouveau nom donné à la propagande. Lui, au moins, les Allemands le croyaient.

Portrait de sinclair

De sinclair

20H00 | 01/05/2009 | Permalien

Mettre tout sur le dos de la cris actuelle en occultant le passe est contre productif.
Chrysler bat de l'aile depuis des années. Daimler s'est retirée depuis 2007 avec des licenciement a la clé depuis des années. Ce n'est donc que l'aboutissement d'un processus ancien.
Ici Obama paie les dégâts et se couvre comme il peut. Le pouvoir d'achat en berne des USA a précipite la faillite et Obama a subventionne pour s'en débarrasser. Fiat compte y trouver une infrastructure sur ce continent a bon prix.
Comme pour beaucoup de société on constate que la crise est le moyen et l'opportunité de licencier, dégraisser, délocaliser en somme de virer tout ce qui n'est plus ou pas assez rentable. Si possible avec l'aide de l'état bien sur.
Seul hic ils n'ont pas encore compris que leurs bénéfices dépendaient de la consommation intérieure principalement et non de celle des pays émergeant qui n'est qu'accessoire et dépend de celles des pays développés.
Tant qu'a M Obama malgré toutes ses qualités il est un démocrate américain dont la différence avec les républicains est purement académique. Il est entre autre inféodé aux mêmes lobbys.

Portrait de Jean-Jacques Louis

De Jean-Jacques Louis

20H15 | 01/05/2009 | Permalien

Cher Yéti, comme d'habitude votre article est très pertinent. Je me permets seulement de douter de vos connaissances en algèbre quand vous semblez contester le caractère positif de la faillite de Chrysler et, faut-il l'ajouter, du système économique actuel.

Voyons cela mathématiquement : la croissance des ventes est négative. Celle de l'emploi également. Donc le produit des deux est positif. Soyons justes, Barack n'a pas menti.

Cinq sur cinq quand même ! (pour le Yéti, pas pour Barack)

Portrait de Le Yéti

De Le Yéti (auteur)

yetiblog.org | 20H58 | 01/05/2009 | Permalien

DERNIERE MINUTE

Chiffres des ventes automobiles US en avril 2009 :

- Chrysler : - 48 %
- General Motors : - 34 %
- Ford : - 31,6 %
- Toyota Motor : - 42 %
- Nissan Motor : - 38 %
- Honda Motor : - 25 %
- Mercedes US : - 31 %
- Porsche : - 35 %

« Moins mauvais que prévu » ? Eh bien, je vous le donne en mille : OUI !

La direction de Chrysler (- 48 %) a jugé que ses parts de marché étaient « bien au-dessus de ses attentes » [rires], ce qui donne au groupe « une raison d'être optimiste ».
Mieux encore, toujours selon la direction de notre constructeur faillitaire, le marché « semble s'être stabilisé si l'on regarde le niveau des quatre derniers mois ».

Comme vous le voyez, on n'arrête pas le progrès !

(Source : AFP & Challenges)

Portrait de pomme53

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De pomme53

Médiation | 07H20 | 02/05/2009 | Permalien

- »…bien au dessus de ses attentes ! … » « …une raison d'être optimiste ! »… Cet optimisme bon tein c'est du Christine LA GARDE dans le texte !
Bref, tout va mieux que bien pour la Chrysler Company !
On sent bien l'influence de « not'ministre » Christine quand elle brandit le bérêt frenchy du siècle dernier (sans la baguette tout de même) dans le premier talk-show venu, et soliloque sur ses chimères de croissance à la française !

Portrait de jyeden

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De jyeden

khmer vert ( age des caverne, bougi... | 08H02 | 02/05/2009 | Permalien

un jour on ne s'étonnera plus de la baisse de la production automobile ; on s'étonnera de ce que l'on produise encore des voitures

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