
Au programme du Yéti (1), revenu minimum et partage des profits
Rien n'y fait ! Face à une situation de plus en plus catastrophique, les tenants du système néolibéral continuent de ressasser à l'envie leur vieilles lunes désormais périmées. Et, par l'indigence de leurs propositions, voire leur absence totale de projet, « les oppositions » montrent qu'elles sont plus enclines à s'opposer à un ancien monde défait qu'à en proposer un nouveau.
Mais baste, la chienlit dans laquelle nous sommes irrémédiablement plongés permet toutes les audaces ! Dans ces conditions, pourquoi ne pas mettre soi-même la main à la pâte ? Voici donc le programme du Yéti avec un premier volet de choix : le partage des revenus et du travail.
La révision de l'échelle des revenus
Il est évident qu'une des mesures les plus urgentes à exiger est la révision drastique de l'échelle des revenus (salaires, mais aussi revenus non salariaux). Pourquoi ne pas se calquer sur les proportions adoptées en 1942 par le président Roosevelt dans des circonstances quasi similaires, et évoquées tout récemment par le président Obama : une échelle de 1 à 20 ou de 1 à 25. Elle est actuellement de 1 à 300 et même beaucoup plus !
Certains diront que le rapport de 1 à 20 est encore énorme. Mais prenons en considération deux facteurs incontournables : le facteur humain et le facteur moral.
Le premier facteur prend en compte la nature humaine et lie le sort des hauts revenus à celui des revenus du bas de l'échelle pour limiter les appétits des dominants. Vous voulez un revenu maximum plus élevé ? Compte-tenu de l'échelle adoptée (1 à 20 ou 25), vous devez augmenter les revenus d'en bas.
Le rapport jusqu'à 20 ou 25, pour exorbitant qu'il paraisse à certains, sert juste à calmer la voracité des goulus, un os pour les amuser, pendant qu'on s'occupe du second facteur. Le but d'une bonne politique économique et sociale n'est pas de vouloir changer la nature humaine, mais d'en réguler les excès.
Le second facteur, moral, impose qu'on prenne le revenu minimum garanti comme base de calcul. Le revenu minimum garanti du travail (actuel Smic pour les salaires) devrait être lui-même basé sur un revenu vital décent.
Le revenu vital décent (minimum versé à chaque citoyen majeur pour lui permettre de vivre décemment, qu'il travaille ou non) repose sur le calcul de trois critères : il doit permettre à chaque citoyen, travaillant ou non…
- de pouvoir se loger (calcul de cette part en fonction des loyers basiques du moment)
- de se nourrir et de s'entretenir correctement (calcul de cette part en fonction d'un panier mensuel de produits alimentaires et d'entretiens basiques)
- de s'offrir un minimum de confort et de loisirs (suggestion pour le calcul de cette part : part confort = part loyer + part entretien divisée par deux). A titre d'exemple, un minimum vital décent pourrait aujourd'hui se situer aux alentours de 1 000 à 1 200 euros net (3 parts à 400 euros)
Le revenu minimum garanti du travail (salaires, mais aussi revenus non salariaux, car il y a quantité de travailleurs indépendants qui perçoivent aujourd'hui moins que le SMIC) peut alors se déterminer de la façon suivante :
revenu minimum du travail = revenu vital décent + part de rétribution minimum de l'effort-travail.
Cette dernière part serait évidemment à négocier entre les différents partenaires sociaux. Gageons que la contrainte de l'échelle des revenus favoriserait la bonne tenue de ces négociations.
Le partage équitable des profits de l'entreprise privée
La seconde tâche à laquelle s'atteler est le partage équitable des profits de l'entreprise privée.
Pourquoi ne pas reprendre à la lettre les suggestions de notre président ? Un tiers pour le travail, un tiers pour les dividendes, un tiers pour l'investissement. Bien évidemment, il s'agit d'une proportion de base susceptible d'évoluer en fonction de la conjoncture spécifique à chaque entreprise et à chaque époque (je pense notamment à l'investissement).
Mais il y a une garantie indispensable à apporter à tous les acteurs économiques : la part du profit réservé au travail (primes, participation…) doit être strictement égale à celle réservée aux actionnaires.
Enfin la répartition des primes au sein des différentes catégories de personnel devrait respecter les proportions établies par l'échelle des revenus. Le plus haut revenu global (salaire + part du profit) ne doit pas excéder de 20 ou de 25 fois le revenu global le plus bas.
Le traitement des dépassements
Nul n'étant parfait, il faut prévoir le cas où le seuil maximum fixé pour les revenus serait franchi par quelques inévitables malins ; ou dans des professions spécifiques limitées dans le temps (sportifs professionnels, danseurs…), cycliques (artistes, écrivains…) ou encore à risques (entrepreneurs indépendants).
Ceux-là comme les autres seront assujettis à la nouvelle échelle des revenus.
En cas de dépassement du seuil maximum des revenus une année donnée, l'excédent perçu serait immobilisé sur un compte spécial géré par la banque d'État (cf. volet 2 de ce programme). Avec possibilité les années suivantes, de compenser les manques éventuelles jusqu'à concurrence, bien évidemment, du montant maximum de l'année en cours.
Un seuil maximum de ces dépassements pourraient être lui aussi fixé, notamment concernant les droits de successions.
La question éventuelle d'une fuite à l'étranger de hauts revenus sera traitée dans un volet à venir sur la « politique étrangère ».
Le gendarme fiscal
Dans maints succédanés de programmes d'opposition, le fisc est souvent considéré comme le seul moyen de corriger les inégalités de répartition des revenus. Mais en intervenant après la réalisation de ces fossés inégalitaires, placé devant une sorte de fait accompli, il entérine de fait l'existence de ces inégalités.
Dans notre nouveau système, le fisc n'intervient qu'en ultime recours, après la barrière des mesures citées ci-dessus.
Les principaux domaines d'actions du fisc se situeront alors sur le patrimoine accumulé, sur les droits de succession, qui devront accompagner un transfert, certainement pas contribuer à creuser les inégalités de génération en génération.
A suivre : la « moralisation » du système financier
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De yoruk
au fil de l'eau | 17H18 | 23/03/2009 |
« A-t-on besoin d'encager des salariés mal payés dans des guérites de péage sur les autoroutes »
Salut
Je pense que l'objection est mal formulée. Le problème n'est pas la présence de salariés affectés à des tâches sans intérêts.
Le problème est que l'on a rendu ces tâches sans intérêts.Et sans intérêts parce que soumis à la loi de la productivité financière.
On a eu tort de privatiser les autoroutes. Et dans le cadre d'un service public bien conçu, la présence d'une personne à l'accueil, ne couterait pas grand chose (guère plus cher que le cout global d'unchômage)
tout en facilitant les conditions de circulation.
Il va falloir changer de façon de penser, et bien comprendre que personne n'arrivera à minuit avant tout le monde…
De padiran
Chroniqueur mondain | 21H17 | 23/03/2009 |
Salut le YETI. Ta proposition de redistribution des richesses crées entre 1 à 20 ou 25 me convient parfaitement, néanmoins il y a deux ppints que je souhaiteria voir éclaircir deux points
1) Je te cite
-salaire minimum vital = revenu vital décent + part de rétribution minimum de l'effort-travail. »
Comment peut on évaluer le minimum de l'effort -travail dans une entreprise ?
2) » L'homme », par cupidité, avidité ou simplement désir de s'accomplir est doué d'imagination. Il a entre autre le besoin de créer des « objets » ou « services » qui n'ont, au début, pour finalité, que de répondre à des besoins personnels et se révèlent être des machine à cash.
Exemples : entre le téléphone filaire etl e portable, puis internet et ses applications, les exemples de la créativité sont nombreux
Comment réfrèner l'imagination de tous ces « inventeurs » qui créent le besoin de millions d'individus ?
De VinceDeg
étudiant | vincedeg.nolizard.org | 23H13 | 23/03/2009 |
Salut la grosse bête poilue,
Une petite question : et les autres, là, ceux qui sont en dehors de l'hexagone, t'en fais quoi ? De nos poteaux européens aux nicaraguens en passant par les chinois ? Enfin, c'était pas très clair, mais j'ai bien l'impression que ton programme est destiné à la France (ou je me trompe), et donc il faut voir comment ces changements de notre économie interne affecte notre relation avec les autres, cette bande de **** qui seront encore restés à l'heure du capitalisme débridé mais avec qui il faudra bien continuer à commercer.
Dans ce cas, faut bien faire face au fait que y'à d'autres peuples qui n'auront pas eu notre lucidité politique et qui continueront malheureusement à se faire exploiter pour produire des biens et services à bas coûts. Nan, pasque faut pas déconner, j'ai bien l'impression que ta redistribution des salaires, vu la quantité de gens gagnant peu, va plutôt consister en une augmentation globale des salaires pour arriver à un revenu décent, ce qui va se traduire en une augmentation des coûts, et bref, en une moindre compétitivité mondiale. Donc les produits étrangers seront encore moins chers sur notre marché (et les gens achètent bizarement souvent au moins cher possible), et les notres pas compétitifs sur le leur. Ça fait chier mais c'est comme ça, faut avoir les yeux en face des trous, c'est déja le cas et c'est pour ça que nos industries délocalisent à tout va. T'y réponds quoi, à cet argument ? Une solution serait de devenir plus protectionnistes, mais quelque chose me dit que ce serait un plan foireux, au moins pour la France toute seule…
D'où ma proposition, parce que je trouve sur le fond je suis d'accord avec toi, mais faut voir comment mettre ton programme en application. Ça ne pourra marcher que sur un territoire suffisamment vaste pour avoir un poids économique et politique conséquent, j'ai nommé l'Europe. Ce truc juste en France, je sens bien que ça donnerait la classique « 1) youpi c'est niquel on vit mieux, 2) puis on se fait rattraper par la mondialisation, 3) puis la droite revient en force, encore plus bête et méchante ». Donc ce programme serait pour l'Europe. T'en penses quoi ?
De Tyrian
Informaticien | 11H12 | 24/03/2009 |
J'ai déjà commencé, je n'aurais pas d'enfants.
Dans tous les cas, la réduction de population se fera, de manière brutale désormais. On aurait probablement put l'éviter il y a près de 50 ans, en contrôlant juste la natalité, pas besoins de massacre. Mais à l'époque, comme aujourd'hui, la population constitue une force dans les luttes entre nation. De plus, plus il y a de monde, plus il y a de pauvre, donc une plus grosse masse de population corvéable à merci. Car en favorisant la natalité excessive, on favorise de fait la mise en place d'élites entourées d'esclaves.
De Le Yéti (auteur)
yetiblog.org | 16H42 | 31/03/2009 |
Note importante
Un programme politique et économique ne sort pas tout cru d'un chapeau. En tout cas pas de celui d'un modeste citoyen comme je le suis. Bien des réflexions a posteriori, des remarques de lecteurs conduisent à l'amender, le corriger, l'améliorer.
Contrairement à d'autres supports comme le papier d'imprimerie, Internet permet une souplesse d'intervention, des possibilités de corrections « sur le motif », comme disaient les peintres impressionistes.
C'est ce que je me suis permis de faire sur ce tout premier volet.
Le paragraphe sur la « rationalisation de l'économie » a été supprimé et sera traité dans un volet plus général sur « l'éthique de l'économie ».
Ont été par contre rajoutés, deux paragraphes qui semblaient s'imposer et qui ont fait l'objet de plusieurs questions dans les commentaires :
- le traitement des dépassements du seuil maximum des revenus (sportifs, artistes, etc…)
- le gendarme fiscal, pour ce qui est de la correction des ultimes inégalités de revenus.