LKP : Monsieur Domota, venez « coloniser » les syndicats métros !

La grève en Guadeloupe ne se terminera pas comme souvent, par épuisement des acteurs et pourrissement d'une situation. Mais, quoi qu'il advienne désormais, par une victoire sans équivoque, sur bien des tableaux, d'un drôle de zinzin : le LKP (Liyannaj Kont Pwofitasyon -vous remarquerez qu'il n'est même plus la peine d'en donner la traduction pour que chacun sache de quoi il retourne). Un modèle du genre à inscrire dans le livre d'or des luttes syndicales.
Le LKP, c'est un collectif de quarante-huit organisations syndicales, associatives, politiques et culturelles de Guadeloupe. Quarante-huit ! Emmenées par le principal syndicat de l'île, l'UGTG, mais représentant toutes tendances, toutes professions, tous milieux sociaux.

Songez qu'après plus de six semaines de mouvement très dur, malgré les habituelles tentatives des médias du microcosme pour distiller les petits venins de discorde et de doute -interviews d'usagers mécontents, allusions sournoises à une volonté cachée d'indépendantisme, titres perfides genre « Les Guadeloupéens attendent la fin de la crise » (Le Monde du 3 mars)-, aucune de ces organisations ne s'est retirée du collectif, aucune n'a affiché la moindre tergiversation, le moindre embarras. Aucune.

La détermination est la première clé du succès du LKP. Il suffit de s'être entretenu une seule fois avec son porte-parole, Élie Domota, pour la mesurer. Cette façon de rester d'un calme olympien, d'une précision d'horloger dans ses explications, de ne pas se perdre en vaines indignations ou en digressions interminables…

L'autre élément d'efficacité du LKP, c'est la précision détaillée de ses revendications : 146 au total. Ce qui au début fut un sujet d'ironie de la part des autorités et des parties adverses (« Comment voulez-vous qu'on traite 146 points de revendications ? ») devint par la suite une force redoutable. Ils furent tous contraints de les passer une à une en revue. Et d'y répondre.

Cerise sur le gâteau, le LKP manifeste une redoutable intelligence politique. Il ne se contente pas d'un vague accord basé sur de vagues promesses à tenir plus tard, forcément plus tard. Le LKP demande un protocole dûment paraphé par toutes les parties et exige une application immédiate des mesures convenues.

Sacrilège, le voilà parti faire du porte-à-porte dans les entreprises pour achever de convaincre les ultimes entrepreneurs récalcitrants.

Une leçon d'efficacité syndicale

« Achever », c'est le cas de le dire ! Car en face, l'adversaire est comme un boxeur sonné de coups. Du ministre Jégo dansant une pathétique valse de Saint-Guy, à un président de la République soudain volatilisé, en passant par des responsables Medef KO debout, à qui il ne reste plus comme seule défense que des cris d'orfraies : « Je me suis mis en position de défense et… » (Willy Angèle, président du Medef guadeloupéen, entendu sur France Inter à la suite d'une altercation verbale avec Élie Domota restée celèbre, mais qui fit sourire jusqu'au préfet).

Il y a une dernière caractéristique d'importance dans le mouvement conduit par le LKP : l'esprit de solidarité sans faille du peuple guadeloupéen réuni derrière lui. Alors que le patronat hurle aux risques de faillites et de catastrophes économiques, avez-vous une seule fois entendu gémir le collectif des manifestants ?

Les avez-vous entendus une seule fois en implorer à une quelconque solidarité venue d'ailleurs ? Vous êtes-vous demandé une seule fois comment, eux qui sont confinés pour la plupart au bas de l'échelle sociale, pour environ un quart au chômage, parviennent à survivre dans la galère de plus de six semaines de grève totale ? Sinon par une entraide de tous les instants et de tous les participants.

Sans même présager de leur avenir et des risques de retournement de situation encore possibles, c'est bien une véritable leçon d'efficacité syndicale que le LKP et les Guadeloupéens viennent de donner à leurs frères de métropole.

D'ailleurs, on ne les a guère entendus sur le sujet, nos syndicats à nous. Sans doute étaient-ils trop occupés à mitonner leur traditionnelle journée de protestation trimestrielle du 19 mars prochain.

Ceux qui attendaient ici en conclusion une inévitable comparaison du mouvement guadeloupéen avec la situation en France, vont être déçus. Il n'y a pas de comparaison possible ! Pas encore pour l'instant du moins. Quoi de commun entre des godillots empesés qui dégainent le stylo à signatures plus vite que leur ombre pour tout et n'importe quoi, et de solides chaussures de marche en marche ?

Monsieur Domota, si ça vous chante un jour, vous et les vôtres, de venir « coloniser » les syndicats « métros », vous êtes les bienvenus !

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11H42 | 05/03/2009 | Permalien

Je ne peux plus supporter ces syndicats qui nous organise des grèves en pointillé pour ne pas gêner.
Je suis dégouté de manifester au son de Madonna qui hurle dans la voiture de la CFDT.

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... | 11H47 | 05/03/2009 | Permalien

Est-ce que les métropolitains sont prêts à endurer 44 jours de grèves ?

- Si oui, nous aurons bien un Elie Domota, quelque part en Corrèze ou à Rungis…

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retraité | 15H42 | 05/03/2009 | Permalien

Pas trés constructif cet article, plutot réac ; dans ma vie professionnelle j'ai fait pas mal de grève et normalement nous attendions la signature du protocole avant de reprendre le travail ; je ne sais si le Yéti a fait beaucoup d'actions dans sa vie, mais il semble oublier que les syndicats ne sont que le reflet des travailleurs et de leurs revendications. Qui, en france est capable de soutenir une grève aussi longue ? Qui en a vraiment le désir ? Ne préfère t « on pas croire-ou faire croire - qu'en votant les choses vont s'améliorer ? Non, monsieur le Yéti, donneur de leçons, même si les syndicats ont leur lot de trahison au cours de l'histoire ouvrière, ils n'ont qu'une infime partie de responsabilité dans la torpeur de la classe ouvrière ; de plus, chaque fois que des travailleurs se battent, ils sont aussitôt mis au banc des accusés par la vindicte populaire ; c'est vrai, aucune solidarité, en métropole, avec les travailleurs en lutte. Ne pas oublier l'adage : on a les syndicats qu'on se mérite, on a le gouvernement qu'on se mérite, on a les journalistes qu'on se mérite…..

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menuisier | 17H18 | 05/03/2009 | Permalien

Pas très constructif… ?

Et les syndicats métros, le sont-ils ?

Qu'avons-nous ?

Des jaunes et mi-jaunes comme la CFDT de Nottat (reconvertie en « consulting social ») ou de Chérèque (toujours en avance d'une signature avec le MEDEF).

FO qui s'interdit de faire de la politique comme si c'était sale, moyennant quoi elle se cantonne à des défenses catégorielles sans action d'ensemble qui nécessite un projet global, autrement dit une vision politique.

Et la CGT, en perte de vitesse, péniblement désacouplé d'un PCF moribond.

Ajoutez à celà une représentation aux négociations soigneusement verrouillée par les syndicats ouvriers et le medef, qui exclue de la table SUD et les représentants des PME/ artisans et vous obtenez un taux d'adhésion ridiculement faible, ainsi que des luttes parcellaires là où il faudrait un front unis.

A l'instar d'un parlement godillot, nous avons globalement un système syndical godillot.

Imaginons un instant que ces syndicats soient porteurs d'un vrai projet social, global et porteur d'espoir, comme il semble être le cas aux Antilles (je ne sais jamais si il faut dire Guadeloupe ou Antilles pour désigner l'archipel), ne croyez vous pas que les grêves et les actions en métropole seraient moins massives et longues ?

Ne croyez-vous pas que le terrain est sec de désespoirs multiples, prêts à s'enflamer ?

Je crois que nos syndicats métros, d'une manière ou d'une autre, par lâcheté, opportunisme ou aveuglement, sont complices des classes possédantes et de leurs agents.

Alors oui, je suis également pour que le LKP vienne donner des leçons ici.
En tous cas il n'est pas interdit d'en prendre.

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retraité | 18H08 | 05/03/2009 | Permalien

C'est bien ce que je dis, vous n'avez pas bien lu ! ! Si la cgt est en perte de vitesse a qui la faute ? au syndicat ou aux travailleurs qui n » adhèrent plus ? vous allez me dire que la cgt s'est discréditée, mais alors pourquoi ces adhésions aux syndicats jaunes ou mi-jaunes ? Je crois que la réponse est simple, les gens ne veulent plus de luttes et préfèrent des pétitions ou des négociations sans rapport de force ; en 68 les syndicats étaient débordés n'empêche que les grèves ont continuées, sans eux, avec la volonté, la même que celle des guadeloupéens . Qui est ce qui a voulu, a la dernière grève de janvier, s'assoir la et refuser de quitter la rue ? Qui ? vous, moi, les autres ? non personne, a part une poignée d'étudiants qui ont occupés la sorbonne jusqu'a ce que les crs les en chassent ; ils ont même recommencés dernièrement devant l'indifférence générale ; alors, c'est tellement plus facile d'accuser les autres plutôt que d'avoir le courage de se regarder, oui, les français, depuis une trentaine d'années courbent l'échine, acceptent la perte de leurs avantages, perdent un a un tous les acquis sociaux, sont jaloux les uns des autres et crachent sur ceux qui se battent. Quand ils sont dans la merde jusqu'au cou, alors la, ils commencent a réagir, mais c'est trop tard. Ils ont votés en majorité Sarko et maintenant on se le mange ; alors si on doit jeter la pierre a quelqu'un, faisont bien attention a qui….
Que serait Monsieur Domota sans la population derrière lui ? la cgt ou sud de la métropole ; ni plus ni moins.

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menuisier | 18H21 | 05/03/2009 | Permalien

Je ne suis pas d'accord avec vous sur l'abscence de résponsabilité des syndicats sur l'état d'apatie de la population.

Comme le PS, ces syndicats ont oubliés d'avoir un projet.

La défense du pouvoir d'achat est leur seul horizon, la défense du service public une rengaine vide de sens dans leur bouche.

Porteraient-ils des valeurs clairement assumées, un projet de société qui aille avec, Et les actions pour le promouvoir (et éventuèlement l'installer) que les choses seraient différentes.

Il n'y a pas de lisibilité, il n'y a pas de souffle.

Et cela est de leur responsabilité.

Alors, bien sur, la population courbe l'échine et se laisse plumer.
Mais le lavage de cerveau auquel elle a été soumis (les nécessaires adaptations à la mondialisation, l'archaïsme du modèle français, etc) n'y est pas étranger non plus.
La démission idéologique du PS y est pour beaucoup.
Mais je ne pense pas, j'espère, que ce soit définitif.

Que les syndicats ouvriers en appellent à la lutte frontale avec le patronnat sur des points précis (rémunérations bien sur, mais aussi pacte de société, solidarités, justice) avec pugnacité et en plaçant dirrectement le problème sous l'angle du rapport de force, à l'ancienne, et on verrait si le peuple ne réagirait pas.

Là, ils ont peur de leur ombre.

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retraité | 18H36 | 05/03/2009 | Permalien

Bien sur, vous avez en parti raison - selon mon point de vue , évidemment - mais, lorsqu'on parle de la gauche, on parle toujours du PS, pourquoi ? il y a, a gauche des partis qui prennent en compte les revendications sociales et sociétales dont vous parlé, mais ces partis n'ont pas l'approbation de la société, ni des travailleurs, alors, encore une fois, je pose la question ; la faute a qui ? Vous parlez du rapport de force a l'ancienne, mais ça ce n'est plus que du passé et du rêve de militant….

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menuisier | 20H56 | 05/03/2009 | Permalien

Oui mais non. : -)

Les partis dont vous parlez portent la critique du système effectivement.

Mais le projet ?

Confusément, et dans leur refus de s'impliquer dans une participation au pouvoir, les citoyens n'y voient, à raison, qu'un pôle contestataire, voué à faire témoignage.

Pour le réel, malheureusement, le ps est en position hégémonique après qu'il eut rejeté l'électorat pcf en partie vers le fn tandis que l'alternative verte mourait dans le ridicule de son fonctionnement interne.

Autrement dit, dans les faits, ne reste plus comme alternative que le choix entre un ps acquis aux thèses libérales (les soupoudrant d'un peu de social) et l'ump clairement vainqueur de la bataille des idées.

Comment voulez-vous dans ces conditions soulever l'enthousiasme populaire ?

C'est trop facile de rejeter la faute au peuple lorsque les élites ont faillis !

Car les élites de gauche ont faillis.

Elles ont cessés de penser et pire ont enfilé les chaussons de l'adversaire !

Mais je persiste : Que l'on se remette à penser une alternative cohérente, sincère et juste et l'électorat, le peuple (qui n'est ni stupide et encore moins maso) se mobilisera.

Et pour en revenir au sujet, que les syndicats redeviennent porteurs d'un projet, d'un espoir de mieux-être collectif et la coagulation des individualités se fera.

Pour cela, il faut fédérer, se réapproprier le langage, parler de lutte de classe, dire aux téléopérateurs « vous êtes les mineurs du 21ème siècle », aux caissières « rappellez-vous les sufragettes », bref resituer le nécessaire combat dans le long court des luttes des plus pauvres contre les plus riches.

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Petit joueur de ukulélé. | 18H23 | 05/03/2009 | Permalien

D'accord avec toi Milarepa, il nous appartient de créer notre « LKP ». Attendre sans être partie prenante individuellement et collectivement ne mènera à rien, au mieux à être déçu. Il est trop facile de déléguer pour ensuite critiquer. Il s'agit de notre avenir, de celui de nos enfants. Laisser autrui décider de cet avenir c'est faire preuve d'un optimisme niais.
Ne rendons pas les syndicats responsables, c'est notre passivité qui conduit à ces compromis que l'on dénonce sans arrêt. Alors de l'intérieur des centrales ou en créant une coordination éphémère, il nous faut être acteurs, ACTEURS ! !

Portrait de liberationdelevangilepopulaire

à .fr Portrait de .fr De liberationdelevangilepopulaire

sans mandat du ciel ni de quiconque | 08H35 | 08/03/2009 | Permalien

Le journaliste Claude ASKOLOVITCH tient un discours d'un réalisme rare :

http://www.youtube.com/watch ? v=PWt0mS7tBCQ&feature=email

(posté par
http://anarchieevangelique.wordpress.com/2009/02/16/guadeloupe-le-principe-d'esperance/#comment-401)

Portrait de Numerosix

De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 12H02 | 05/03/2009 | Permalien

D'accord et pas d » accord , mon cher Yéti . Vous savez bien que , par exemple , on ne peut pas du tout appliquer les memes regles dans une civilisation et dans une société tribale .
Ce n'est pas une question de culture inférieure ou supérieure ( la Guadeloupe n'est bien sur pas « tribale » et la Metropole n'est pas une « civilisation » ), c'est juste une question de taille critique et du fait que dans une petite société , personne n'est anonyme et tout le monde se surveille, peut discuter et se soutenir plus ou moins .

Portrait de philipp

à Numerosix Portrait de Numerosix De philipp

retraité | 12H18 | 05/03/2009 | Permalien

Si « la Guadeloupe n'est pas bien sûr tribale » (quelle condescendance ! ! ) à quoi sert le premier paragraphe. .« Tout le monde se surveille » la proximité de Cuba je suppose ! Umbéketable ce post et étonnant de votre part !

Portrait de Numerosix

à philipp Portrait de philipp De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 12H25 | 05/03/2009 | Permalien

Vous avez raison , je me suis mal exprimé , malgré les precautions d » usage .
Disons que c'est simplement une question de taille et que j » ai un doute serieux sur l » application du particulier au général , voila .

Portrait de philipp

à Numerosix Portrait de Numerosix De philipp

retraité | 12H51 | 05/03/2009 | Permalien

Identité de lieu ,d'histoire, de culture, homogénéité de la population hors béké et hors fonctionnaires métro, les guadeloupéens à travers plus de 150 revendications se sont battus « dans leur village global » pour un projet de civilisation .C'est leur mai 1968 et semble t il « ce n'est qu'un début… ». C'est plus mobilisateurs que les revendications catégorielles voire corpo ! ! .

Portrait de 98euro

à philipp Portrait de philipp De 98euro

technicien | 16H17 | 05/03/2009 | Permalien

Je trouve votre message à double sens. Il semble défendre ce mouvement mais la description pourrait être la même dans la bouche d'un métro qui voudrait montrer le caractère raciste anti blanc du mouvement.

Je crois que ces gens se défendent. Tout simplement. La couleur qu'ils ont en commun nous induit en erreur. A nous mais à eux aussi. Des gens qui manifestent sont visibles. Et comme ils sont visibles on recherche inconsciemment leur points communs.

Ils sont noirs. Nous sommes blancs. Donc c'est un combat entre noirs et blancs. Non et non ! c'est archi-faux. Et si certains d'entre le pensent aussi et bien ils se trompent aussi.

La bêtise comme l'intelligence est uniformément répartie. Ce serait les prendre tous pour des imbéciles que de prétendre qu'il n'y aucun imbécile parmi eux.

Portrait de philipp

à 98euro Portrait de 98euro De philipp

retraité | 18H40 | 05/03/2009 | Permalien

Loin de moi cette idée de faire des luttes aux Antilles un mouvement anti blanc .Je dis simplement que le corps social de la Guadeloupe est d'une grande homogéénité dans ses composantes ethniques ,culturelles,historiques, territoriales, de csp, minorité béké et fonctionnaires métros mis à part qui sont il est vrai à majorité blancs. Ce n'est pas la couleurs mais le pouvoir qu'ils détiennent qui a du être un facteur d'unité syndicale et de revendications .J'espère que si ambiguité il y avait la voici levée.

Portrait de 98euro

à philipp Portrait de philipp De 98euro

technicien | 09H43 | 06/03/2009 | Permalien

Je ne doute pas de votre bonne intention.
Je ne débats que sur les idées. Le débat c'est la remise en cause des idées.
Ce n'est pas inutile de le rappeler tant il y a de gens qui en restent à ce comportement primaire de confondre l'affrontement des idées et celui des humains.

« le corps social de la Guadeloupe est d'une grande homogénéité »

oui mais c'est grâce à une certaine distance que nous voyons cette homogénéité.

c'est la même logique de réflexion que j'utilise en permanence.

Le contraire de ce que font beaucoup de gens. Pour réfléchir, je m'éloigne toujours du sujet. Ainsi avec suffisamment de recul on voit toute l'humanité avec une grande homogénéité.

Le contraire du recul c'est la logique de l'affrontement. Et plus on s'en rapproche, plus on voit de différence entre les groupes d'individus. Et on recherche les raisons de l'affrontement dans ces différences. Alors que l'affrontement est la cause de l'importance donnée à ces différences.

Prendre du recul peut être caricaturé comme une fuite. C'est absolument faux. Au recul où j'en suis je distingue parfaitement une opposition entre deux notions qui sont floues dans l'affrontement.
Ce sont les notions d'honnêteté et de mal-honnêteté. Dans l'affrontement chaque camp se croit l'honnêteté agressé par le mal-honnête.

Dans la logique du recul on distingue parfaiement l'existence de l'honnêteté dans les deux camp.

Le tragique de la condition humaine n'est pas qu'il y ait des mal-honnêtes mais qu'il y ait des honnêtes qui s'affrontent. S'ils s'affrontent c'est forcément qu'il y en a qui se trompent. Puisque leur honnêteté ne peut être remise en cause.

Le débat le plus démocratique possible nous fera un jour sortir de ette tragédie.

Si nous utilisions ce clivage comme point de départ d'une future action, nous serions confronté à une évidence : il faut mettre les honnêtes dans le même camp.

Biensûr ce que je dis est théorique. Parce que le monde ne se partage pas entre les gens 100 % honnêtes et ceux 100 % mal-honnêtes.

Cette difficulté supplémentaire ne fait que rendre les débats plus compliqués. Raison de plus pour développer à l'extrême les échanges d'idées.

Alors le recul n'aura pas été une fuite mais une prise d'élan ! …

Portrait de 98euro

à Numerosix Portrait de Numerosix De 98euro

technicien | 15H24 | 05/03/2009 | Permalien

L'anonymat serait-il un inconvénient ?

Portrait de Numerosix

à 98euro Portrait de 98euro De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 15H42 | 05/03/2009 | Permalien

Ca a des avantages et des inconvénients …

Thése, anti-thése , synthése ..je ramasse les copies dans une heure .

Portrait de 98euro

à Numerosix Portrait de Numerosix De 98euro

technicien | 15H59 | 05/03/2009 | Permalien

voici ma copie :

dans le camp des inconvénients il y a les mauvais usages du passé qui font de l'anonymat une chose négative : la délation, la lettre anonyme, le corbeau.

dans le camp des avantages il y a tout le reste :
-libération des contraintes qui nous réduisent à réagir au lieu de réfléchir
-libération vis à vis des autres (on ne craint pas les railleries, les pressions, provocations, condamnations, etc…)
-libération vis à vis de soi (on n'est plus tenté de se laisser aller à la satisfaction de son égo)

ces libérations permettent la franchise, la sincérité, la confidence donc le vrai débat destiné à progresser.

En l'absence de contrainte on ne recherche plus les indispensables complicités. On peut s'exprimer dans le contexte de la fraternité. Fraternité certes virtuelle mais c'est déjà un début.

Mais évidemment pour penser cela il faut partir de la conviction que la solution est en nous. Et que les difficultés pour la trouver viennent des contraintes qui pèsent sur nous, nous réduisant à n'être que les plus intelligents des animaux. Au lieu d'être des humains à part entière.

Mais nous allons les devenir. Foi d'humaniste !

Portrait de philipp

De philipp

retraité | 12H06 | 05/03/2009 | Permalien

Ils ont fait mai 68.Bravo. Les syndicats métros nous proposent en tout et pour tout le 19 mars . Et pourquoi pas le 29 février ! !

Portrait de supprimé à la demande du riverain24mars

De supprimé à la demande du riverain24mars

Sarkozyste de gauche | 12H12 | 05/03/2009 | Permalien

Le 19 mars, la Mère des manifs, ça va être la Mère des cagades !

Portrait de Numerosix

à supprimé à la demande du riverain24mars Portrait de supprimé à la demande du riverain24mars De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 12H21 | 05/03/2009 | Permalien

C'est de TOUTES FACONS la cagade totale en 2009 , Moneygasque . Vous n » avez pas compris, ça ?

Portrait de yoruk

à supprimé à la demande du riverain24mars Portrait de supprimé à la demande du riverain24mars De yoruk

au fil de l'eau | 12H23 | 05/03/2009 | Permalien

Rahhh… degages tout de suite…

ou tu vas ramassez des baffes…

Yoruk

Portrait de supprimé à la demande du riverain24mars

De supprimé à la demande du riverain24mars

Sarkozyste de gauche | 12H22 | 05/03/2009 | Permalien

Ce qui est bien dans ce conflit, c'est qu'il n'y a pas de cocus, ni nos glorieux compatriotes Guadeloupéens, ni les cons de contribuables métropolitains. C'est merveilleux !

Portrait de yoruk

à supprimé à la demande du riverain24mars Portrait de supprimé à la demande du riverain24mars De yoruk

au fil de l'eau | 12H41 | 05/03/2009 | Permalien

Ce que j'aime bien chez ce Monsieur Domota, c'est qu'il a des paluches d'une taille à vachement bien lubrifier le dialogue social.

Yoruk balèze

Portrait de Banana ex de juanitoto

à supprimé à la demande du riverain24mars Portrait de supprimé à la demande du riverain24mars De Banana ex de juanitoto

Je déteste rue89, tous les riverain... | 14H30 | 05/03/2009 | Permalien

paul marie gaétan, miguel juan
depuis que tu vogues les flots fendant
te rends -tu compte que tes propos
-est-ce l'effet du fil de l'eau ? -
sont, tagada, très insultants pour toi
car, n'es-tu , ture lu tutu- un con tribuable pas ?

Portrait de gaius

à supprimé à la demande du riverain24mars Portrait de supprimé à la demande du riverain24mars De gaius

18H26 | 05/03/2009 | Permalien

Les contribuables métropolitains sont évidemment cocus…..lorsque l'Etat paie les augmentations de salaires prévues……ceux qui s'en tirent bien ce sont les Béké…..augmentations des salaires= augmentation de la consommation= augmentation des profits.
Le Patronat local aura vite fait de récupérer ses billes ! !

Portrait de bydxhm

De bydxhm

abonné au gaz | 19H38 | 05/03/2009 | Permalien

La lutte, la détermination et la solidarité entre les gens payent. Le fait que les leaders du mouvement connaissaient très bien le droit du travail aussi. Le système qui perdurait depuis 1635 a été mis en lumière et il a été bien secoué. Les esprits vont nécessairement évoluer sur place : les relation dominants - dominés ne seront plus tout à fait comme avant. Et dans l'hexagone un plus grand nombre de gens savent désormais qu'au delà des clichés des tropiques, de la compagnie créole, des plages paradisiaques etc., il y a aussi dans ces iles tous les travers du capitalisme concentrés sur 1.700 Km2 : patronat extrêmement rétrograde et conservateur, oligarchie qui contrôle la majorité de l'économie guadeloupéennne et qui pratique des marges honteuses, les relations incestueuses entre la classe dominante, le gouvernement et ses représentants, le scandale écologique et sanitaire du chlordécone, les évènements de 1967 qui ont fait 87 morts [officiellement, estimation probablement basse] lorsque le gouvernement français a fait tirer sur la foule etc. etc. Tout cela maintenant les gens le savent et ils ne sont pas prêts de l'oublier.

Portrait de liberationdelevangilepopulaire

De liberationdelevangilepopulaire

sans mandat du ciel ni de quiconque | 12H39 | 05/03/2009 | Permalien

[Bakchich] avait rencontré Elie Domota, il y a peu.

« Pensez-vous être une “ maladie ” qui se transmet ? »

- On l'espère.

Les négociations reprennent. Si vous n'êtes pas satisfait de ses résultats, combien de temps pensez-vous tenir encore ?

La grève est dure, certains grévistes ne touchent pas leur salaire, il est difficile de circuler, par moment difficile aussi de trouver de quoi manger.

Mais nous sommes dans l'impossibilité de revenir en arrière. Je crois que tout le monde a bien compris que le but était de changer la vie des Guadeloupéens.

La vie ne sera jamais plus comme avant. « 

Je me permets de signaler, venus des îles, quelques appels novateurs et témoignages splendides recueillis (non-exhaustivement) sur
http://anarchieevangelique.wordpress.com/

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