La relance du capitalisme est un mirage

Rien n'y fait ! Alors qu'on nous avoue officiellement une baisse brutale de notre PIB (-1,2% au dernier trimestre 2008), que la ministre Lagarde est contrainte, piteuse, de cracher le vilain mot de récession, voici que d'aucuns « spécialistes » laissent encore entendre sans rire qu'il s'agit d'une simple « phase d'adaptation de croissance ». Et que nombre d'acteurs économiques se contentent de serrer les fesses en attendant la sacro-sainte « reprise ».

Quel vice congénital nous fait si obstinément refuser la réalité telle qu'elle est, et nous précipiter tel des naufragés du désert possédés vers des mirages d'oasis ?

Les évidences éclatent pourtant à nos yeux, mais ceux-ci sont cillés. Les analyses lucides ne manquent pas, mais que nous refusons comme la peste. Ainsi du lumineux texte testamentaire laissé par le philosophe André Gorz avant de disparaître en septembre 2007.

Rue89 en fit état en son temps. Mais sans doute était-il alors trop tôt pour les consciences. Revenons-y puisque c'est manifestement la seule façon de faire entendre raison aux esprits obtus et fourvoyés :

« La question de la sortie du capitalisme n'a jamais été plus actuelle. Elle se pose en des termes et avec une urgence d'une radicale nouveauté. Par son développement même, le capitalisme a atteint une limite tant interne qu'externe qu'il est incapable de dépasser et qui en fait un système mort-vivant qui se survit en masquant par des subterfuges la crise de ses catégories fondamentales : le travail, la valeur, le capital. »

L'hystérie des puissances financières

Il y a plusieurs façons de mesurer la croissance : en volume, en indice de satisfaction, ou en valeur monétaire. Cahin-caha, tout pouvait à l'extrême rigueur coller quand production en volume, satisfaction des besoins essentiels ou du simple confort, allaient de pair avec la croissance financière.

Seulement voilà, « la production n'est plus assez rentable pour pouvoir valoriser des investissements productifs additionnels ». C'est pourquoi, on passa subrepticement d'un capitalisme de producteur au capitalisme financier.

On poussa les populations à s'endetter, « à consommer leurs revenus futurs, leurs gains boursiers futurs, la hausse future des entreprises, les achats futurs des ménages ». Comme fuite en avant imbécile, on ne faisait pas mieux !

Surendettés à l'intérieur comme à l'extérieur, les Etats finirent par abdiquer tout pouvoir aux puissances financières devenues hystériques.

« Les promesses et les objectifs mis en avant par les gouvernements et les partis apparaissent comme des diversions irréelles qui masquent le fait que le capitalisme n'offre aucune perspective d'avenir sinon celle d'une détérioration continue de vie, d'une aggravation de sa crise, d'un affaissement prolongé passant par des phases de dépression de plus en plus longues et de reprise de plus en plus faibles. »

On touche là un point essentiel de la perversion humaine. Un système mis en place pour atteindre un objectif précis (en l'occurrence, la satisfaction des besoins de la population) finit toujours par se figer, se stratifier, d'autant qu'il consacre des positions, des pouvoirs.

Une autre voie est possible

Ceux qui s'y accrochent comme des possédés, en dépit du bon sens et de la raison, tentent de faire survivre leur coucou au-delà des objectifs pour lequel il était prévu. Le désastreux capitalisme financier a naturellement fini le nez dans la poussière. Mais ses apôtres, embourbés dans leurs marigots, continuent désespérément d'en psalmodier les louanges.

Les bulles, qu'elles soient financières ou autres, valent ce qu'elles valent. Quand elles explosent, ce n'est plus que du vent. Et si nous ne tuons pas définitivement nous-mêmes notre propre univers de vie, nous serons forcément contraints un jour de rebâtir sur les décombres.

En s'accrochant à leur mirage, les tenants de l'ordre déjà ancien ne font que reculer dangereusement les échéances de cette période de transition et multiplient les risques de déflagrations dramatiques. Pour André Gorz :

« Pourtant une tout autre voie de sortie s'ébauche. Elle mène à l'extinction du marché et du salariat par l'essor de l'autoproduction, de la mise en commun et de la gratuité. »

Chimères ? Non, poursuit Gorz :

« On trouve les explorateurs et éclaireurs de cette voie dans le mouvement des logiciels libres, du réseau libre, de la culture libre, de l'ensemble des biens culturels -connaissances, logiciels, textes, musique, films, etc.- reproductibles en un nombre illimité de copies pour un coût négligeable. »

« Produire ce que nous consommons »

Cette évolution concrète touche aujourd'hui les biens culturels. André Gorz cite l'encyclopédie Wikipédia. On pourrait aussi parler de ces nouveaux médias (Mediapart, Rue89, Bakchich, etc.) qui peinent à trouver leur modèle économique dans le système obsolète actuel, qui ont pourtant toute leur raison d'être mais ne pourront pleinement la réaliser que dans une autre organisation.

André Gorz précise que les biens matériels pourraient eux aussi être concernés du fait de « la baisse du coût des moyens de production et (de) la diffusion des savoirs techniques requis pour leur utilisation ». Il donne en exemple la création au Brésil de nouvelles coopératives (« dans les favelas mais pas seulement » qui ont permis en 2004/2005 de recycler et d'autoproduire trois quarts de tout le parc d'ordinateurs.

Plus près de nous, on pourrait citer le développement des AMAP, ces associations pour le maintien d'une agriculture solidaire. Ou encore les recherches, et même déjà les réalisations, en matière d'immobilier à faible consommation d'énergie et visant à l'autonomie (la maison passive).

André Gorz conclut :

« Produire ce que nous consommons et consommer ce que nous produisons est la voie royale de la sortie du marché. »

Utopie ? Sans doute moins désormais que l'illusion d'un retour à la croissance des temps passées. Manque seulement un réveil des consciences pour qu'elle se réalise. Et qu'enfin nous vivions plutôt que de mourir à petit feu.

A lire aussi sur Rue89 :
Document : le dernier texte d'André Gorz
Le philosophe André Gorz et sa femme unis jusque dans la mort

Ailleurs sur le Web :
► La biographie d'André Gorz sur Wikipédia

51 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Prisonnier dans le village global | 11H43 | 18/02/2009 | Permalien

Je ne connais pas ces gens qui font ce site de laboratoire européen d » Anticipation Politique , mais je l » avais lu a l » époque en Mai ou Juin 2008 ( repèré par rezo.net) et c'est ceux qui prévoyaient A COUP SUR une crise mondiale globale géante pour le deuxième semestre 2008 ( 4 ou 5 mois avant , donc )

http://www.europe2020.org/spip.php ? article587&lang=fr#nb5

La , ils ont une conclusion super fun :

« A l'issue de cette phase de dislocation géopolitique, le monde risque de ressembler à l'Europe de 1913 plus qu'à la planète de 2007 »

Note : merci Lohiel .

Portrait de Lohiel

à Numerosix Portrait de Numerosix De Lohiel

non-officiel89.forumactif.net | 12H46 | 18/02/2009 | Permalien

Coucou N°6, coucou Yeti et les autres…

En voyant le titre du Yeti, j'ai aussi pensé tout de suite à cet article que j'ai découvert hier, en cliquant sur un lien donné par quelqu'un ici (merci à lui, je ne sais plus qui c'était)

4° trimestre 2009 - Début de la phase 5 de la crise systémique globale : la phase de dislocation géopolitique mondiale
- Communiqué public GEAB N°32 (15 février 2009) -
15/02/2009

par le « Le laboratoire européen d'anticipation politique »

et toi et d'autres me disent que ce sont des gens sérieux… qui ont prévu les développements de la crise telle qu'elle se déroule aujourd'hui.

je redonne le lien que tu viens de citer, ça vaut vraiment la peine de s'y intéresser :
http://www.europe2020.org/spip.php ? article587&lang=fr#nb5

il y a aussi une note bas de page qui sent le vécu, je trouve :

Barak Obama comme Nicolas Sarkozy ou Gordon Brown passent leur temps à invoquer la dimension historique de la crise pour mieux cacher leur incompréhension de sa nature et tenter de se dédouaner à l'avance de l'échec de leurs politiques. Quant aux autres, ils préfèrent se persuader que tout cela se règlera comme un problème technique un peu plus grave que d'habitude. Et tout ce petit monde continue à jouer selon les règles qu'ils connaissent depuis des décennies, sans se rendre compte que le jeu est en train de disparaître sous leurs yeux.

Nos amis d'Eco89 seraient bien inspirés d'y faire un tour…

Portrait de pablico

à Lohiel Portrait de Lohiel De pablico

14H07 | 18/02/2009 | Permalien

« syndicats caca », « politique caca »
ils sont tous et nous avec dans le caca.
on ne sait pas comment s'en sortir.
ils appliquent donc de veilles recettes, mais personne ne sait …
car cela devient vraiment une crise de société.

on a vécu dans des bulles virtuelles…elles ont éclaté par endroit, d'autres se dégonflent dangereusement..

Personne, même le président n'y comprend rien… les économistes qui sont perdus de chez perdu avec leurs modèles qui s'effilochent..

vu de loin , cela fait penser à des gens qui perdent l'équilibre sur le verglas, et qui essayent de ne pas tomber. Ça gesticule, ça essaye de s'accrocher, ça fait n'importe quoi, pour garder l'équilibre qui se dérobe.

mais on pourra dire à nos petits enfants : J'y étais, j « ai vu, j'ai vécu l'énorme chose qu'on appelle la crise(pour le moment)….

il va falloir trouver un nom à cette “soit disant crise'

Portrait de Numerosix

à Lohiel Portrait de Lohiel De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 14H41 | 18/02/2009 | Permalien

Ouais , moi leurs prévision de la crise economique totale pour le deuxiéme semestre 2008 ,alerté par rezo.net , je l » ai lu de mes yeux 4 mois avant , parole de Numerosix .

Y avait aussi un documentaire d » Arte sur les crises de bulles de bourses depuis les années 80 qui arrivait au meme conclusion futorologiques par ailleurs .

Et Lohiel , t'as raison , que ECo89 fasse une enquete sur ces gens la , je crois que ce serait vraiment interressant .

Eco89 , si vous nous lisez …

Portrait de dulconte

à Numerosix Portrait de Numerosix De dulconte

Mordu par un fachogarou | 15H48 | 18/02/2009 | Permalien

Sur la crise des subprime, je me souviens d'un reportage de 2002 qui expliquait parfaitement les rouages et les risques du système.

La conclusion du reportage était que de toute façon ça péterai et que les ravages risquaient d'être très important…………….

Enfin bon hein c'était de l'absurde politique fiction.

Portrait de Chansommairus

à Numerosix Portrait de Numerosix De Chansommairus

bipède | 15H09 | 18/02/2009 | Permalien

depuis 2005, europe 2020 ne cesse de tirer les sonnettes d'alarmes ! ! !

Seulement voilà, nous sommes tous responsable car nous aimons tous la facilité et le crédit c'est facile…
La seule réalité c'est qu'il ne faut pas dépenser 100 lorsque l'on a 40.
Le crédit pour débloquer une demande d'investissement et permet de gagner un peu de temps, mais le coût de ce gain de temps est-il toujours justifié ?
Le crédit à la consommation, quitte à me faire lyncher, c'est le plus souvent de la démagogie, un bon moyen de détourner l'attention des exploités qui, sublime vertige, rapporte gros aux exploiteurs…vacances à crédit, bateau à crédit (300 jours au port) home cinéma à crédit, etc.

Mais on est « branché » c'est à dire esclave du virtuel.

Portrait de in girum

De in girum

11H56 | 18/02/2009 | Permalien

génial ! merci Y

Portrait de PauLo anarcho-patriote

à in girum Portrait de in girum De PauLo anarcho-patriote

18H29 | 19/02/2009 | Permalien

« Convocation des États Généraux »… la situation est donc bien grave !

Outre Mer seulement … Pourquoi pas aussi… en France et en Corse ?

Louis XVI déjà… (« paix à son âme'…) avait convoqué les “ États Généraux ”… juste avant la… 1ère.… Révolution française !

Les “ privilégiés de l'époque ” (noblesse et clergé) ont fait… capoter ces “ États Généraux ”… et ç'a été la fin du régime !

Les “ privilégiés de nos jours ”… les Fonctionnaires et Élus… vont-ils accepter “ l'ABROGATION de leurs PRIVILÈGES ” ?

Ces “ États Généraux ”… certes limités à l'Outre-mer… annoncent-ils la fin du socialogaullisme… la fin du “ régime totalitaire de la Vème ” ? .. Lueur d'espoir !

Portrait de Blaise11

De Blaise11

I'm hard, but I'm fair. | 12H04 | 18/02/2009 | Permalien

Salut le Yéti,

je venais de finir la lecture d'un dossier de l'ONG Grain quand je cliquais sur ton article. Ce dossier porte sur la culture du riz en Afrique subsaharienne et pose cette question simple :

Que choisir ?
- un énième hybride de la fumeuse Révolution Verte, dit le Nerica (« nécronyme » qui vient de l'anglais « New Rice for Africa ») fabriqué dans la pénombre des laboratoires ultra-sophistiqué de l'empire agri-business,
- ou la poursuite des cultures ancestrales d'une multitude de variétés de riz.

La réponse est très simple : cette question n'a tout simplement pas été posée.

On assiste aujourd'hui à l'embourbement de tout les acteurs de cette culture dans l'imposition brutale de cette variété, le Nerica. Tous les investissements, les brevets, la distribution sont entre les mains de l'agri-business, bien que l'organisme sensé définir les orientations, l'ADRAO, relève, dans ses termes majoritaires, de la souveraineté nationale des pays la composant. Mais voilà, la puissance financière sera toujours plus forte alors qu'elle est la plus ignorante sur les tenants et aboutissants d'une culture, quelle qu'elle soit. Rappelons-nous cette phrase d'Audiard : « On est gouvernés par des lascars qui fixent le prix de la betterave et qui ne sauraient pas faire pousser des radis. »
Pour exemple, ils n'ont pas pris en compte un élément de taille : la terre qui fait pousser le riz alors que les paysans ne cesse de clamer : « Chaque semence de riz a son sol. »

Pour revenir à l'essence de ta tribune, voici un extrait de la conclusion de ce dossier :

« La place accordée à ce “ Nouveau riz pour l'Afrique ” par tous les ministères de l'agriculture en général, et les instituts de recherche agronomique nationaux et internationaux en Afrique, indique, s'il en était encore besoin, l'important soutien politique dont il bénéficie, au détriment du riz traditionnel adapté aux conditions environnementales africaines. C'est ainsi que, pendant des millénaires, il a contribué à la survie des populations guinéennes, maliennes, libériennes et ivoiriennes, pour ne citer que celles-là. Dans ces conditions, et dans l'intérêt des peuples et des générations futures, l'on est en droit de se demander comment aller vers la souveraineté alimentaire, c'est-à-dire produire ce que l'on consomme, et consommer ce que l'on produit, comme du temps de nos ancêtres ? Ce qui ne signifie absolument pas que l'on est rétrograde comme certains se plaisent à le dire. Bien au contraire, comme le dit un proverbe béninois, “ c'est au bout de l'ancienne corde qu'il faut tisser la nouvelle ”, en valorisant le travail multiséculaire des agriculteurs sur le riz africain. »

Portrait de karlM

De karlM

12H05 | 18/02/2009 | Permalien

C'est un changement de paradigme…Hélas quand les syndicats sont dans la rue pour réclamer de percer des petits trous toutes les nuits dans la feraille « avec de meilleurs conditions de travail et une juste rémunération », on est loin de la prise de conscience.
L'humain, singe d'habitude et d'imitation, aura beaucoup de mal à pour évoluer sans avoir la tête dans le mur.
Votre article est un moyen pour une transition en douceur.

Portrait de DBL8

à karlM Portrait de karlM De DBL8

Retraité | 13H27 | 18/02/2009 | Permalien

Transition en douceur ? !
C'est pas gagné de ce que nous pouvons constater !

Les financiers s'accrochent comme des teignes à leurs profits.
Essayez de les faire lâcher prises…

Portrait de tlaloc

De tlaloc

Retraité | 12H23 | 18/02/2009 | Permalien

L'analyse de la crise est très bonne les solutions je ne sais pas le capitalisme financier a encore plusieurs tours dans son sac.

Portrait de ginkoland

De ginkoland

Ginkologue | 12H25 | 18/02/2009 | Permalien

très bon article, pour ce qui est des AMAP, ça marche, meme trop bien. Toutes celles qui sont crées sont prises d'assaut. On ne parvient pas à satisfaire la demande. Petite pub en passant : demain soir à le thor (84), diffusion du film « nos enfants nous accuserons » à 20 heures, avec le réalisateur du film, le maire de barjac + le président de Unplusbio.

Portrait de DBL8

à ginkoland Portrait de ginkoland De DBL8

Retraité | 13H29 | 18/02/2009 | Permalien

Nos enfants nous accuserons ?
N'est-ce pas déjà fait pour certains qui ce rende-compte de la merde & emmerdes que nous leurs laissons ? !

C'est quoi, précisément, les AMAP ?

Portrait de Blaise11

à supprimé à la demande du riverain 27.02.09 Portrait de supprimé à la demande du riverain 27.02.09 De Blaise11

I'm hard, but I'm fair. | 14H39 | 18/02/2009 | Permalien

L'Amical des Meurtriers Anti-Patriotiques.

Zavez du temps libre, Tagada ?

Portrait de Banana ex de juanitoto

à Blaise11 Portrait de Blaise11 De Banana ex de juanitoto

Je déteste rue89, tous les riverain... | 20H40 | 18/02/2009 | Permalien

« Zavez du temps libre, Tagada ? »

si vous saviez
sur d'autres fils
où il se répandait
il racontait
ne dormir
que six heures par nuit.
Et la journée
de rien glander
que de poster
ses grandes idées.
Olé !

Portrait de ginkoland

à supprimé à la demande du riverain 27.02.09 Portrait de supprimé à la demande du riverain 27.02.09 De ginkoland

Ginkologue | 16H27 | 18/02/2009 | Permalien

Une AMAP c'est une association pour le maintien d'une agriculture paysanne : C'est un partenariat de proximité entre un groupe de consommateurs et une ferme locale, basé sur un système de distribution hebdomadaire composée des produits de la ferme. C'est un contrat solidaire, basé sur un engagement financier des consommateurs, qui payent à l'avance la totalité de leur consommation sur une période définie par le type de production et le lieu géographique. Ce système fonctionne donc sur le principe de la confiance et de la responsabilité du consommateur. Chez nous le « panier » de légumes pour une semaines est à 11 euros, (en bio of course), et il ya possibilité d'obtenir fruits, oeufs, viande, miel, lait de chèvre, fromage. Ce sont des contrats de six mois renouvelables

Merci pour l'explication. C'est très clair et sur le fond, intéressant.

Portrait de 101.7

De 101.7

Promeneur | 13H13 | 18/02/2009 | Permalien

AVANT :

Poussé par le besoin de débouchés toujours nouveaux, le capitalisme envahit le globe entier. Il lui faut s'implanter partout, exploiter partout, établir partout des relations.

Par le rapide perfectionnement des instruments de production et l'amélioration infinie des moyens de communication, le capitalisme entraîne dans le courant de la civilisation jusqu'aux nations les plus barbares. Le bon marché de ses produits est la grosse artillerie qui bat en brèche toutes les murailles de Chine et contraint à la capitulation les barbares les plus opiniâtrement hostiles aux étrangers. Sous peine de mort, il force toutes les nations à adopter le mode bourgeois de production ; il les force à introduire chez elle la prétendue civilisation, c'est-à-dire à devenir bourgeoises. En un mot, il se façonne un monde à son image.

Le capitalisme supprime de plus en plus l'émiettement des moyens de production, de la propriété et de la population. Il a aggloméré la population, centralisé les moyens de production et concentré la propriété dans un petit nombre de mains. La conséquence totale de ces changements a été la centralisation politique.

AUJOURD'HUI :
Nous assistons aujourd'hui à un processus analogue. Les conditions capitalistes de production et d'échange, le régime bourgeois de la propriété, la société bourgeoise moderne, qui a fait surgir de si puissants moyens de production et d'échange, ressemblent au magicien qui ne sait plus dominer les puissances infernales qu'il a évoquées.

Je n'ai rien inventé, je n'ai fait qu'un copier-coller de quelques extraits du manifeste communiste, Karl Marx 1847, en remplaçant le mot bourgeoisie par capitalisme.

On peut constater qu'il y a une forte ressemblance avec notre époque avec ce dernier extrait dernier extrait :

L'ouvrier moderne au contraire, loin de s'élever avec le progrès de l'industrie, descend toujours plus bas, au-dessous même des conditions de vie de sa propre classe. Le travailleur devient un pauvre, et le paupérisme s'accroît plus rapidement encore que la population et la richesse. Il est donc manifeste que la bourgeoisie est incapable de remplir plus longtemps son rôle de classe dirigeante et d'imposer à la société, comme loi régulatrice, les conditions d'existence de sa classe. Elle ne peut plus régner, parce qu'elle est incapable d'assurer l'existence de son esclave dans le cadre de son esclavage, parce qu'elle est obligée de le laisser déchoir au point de devoir le nourrir au lieu de se faire nourrir par lui. La société ne peut plus vivre sous sa domination, ce qui revient à dire que l'existence de la bourgeoisie n'est plus compatible avec celle de la société.

Ensuite chacun peut penser ce qu'il veut.

Le lien d'où sont tirés ces extraits :
http://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/00/kmfe18470000a.htm

Portrait de DBL8

à 101.7 Portrait de 101.7 De DBL8

Retraité | 13H31 | 18/02/2009 | Permalien

A constater ce que certains ont fait, & font encore, de cette idéologie… attire-t-elle encore ?

Portrait de 101.7

à DBL8 Portrait de DBL8 De 101.7

Promeneur | 13H50 | 18/02/2009 | Permalien

« A constater ce que certains ont fait, & font encore, de cette idéologie… attire-t-elle encore ? »

Je mentionnais un constat fait il y a plus de 150 ans et la situation est pareille aujourd'hui, mais enrobée de sucrerie médiatique.
Il n'y a pas d'idéologie juste un constat.

Maintenant vu que les solutions qui ont été appliquées, d'un côté la fuite en avant du capitalisme, de capitalisme sauvage, le colonialisme, les dictatures, le libéralisme le plus cynique et d'un autre côté l'utilisation détournée du communisme qui n'a été qu'une caricature de cet idéal, utilisé par une poignée d'oligarques repliés sur eux-mêmes et répressifs rejoignant ainsi les dictatures du premier volet de ma phrase…
Ces prétendues solutions ont donc toutes échoué.

A nous de trouver une voie qui irait vers un avenir plus humain, respectueux du monde que nous allons laisser et où l'exploitation des biens et des personnes par une petite partie de privilégiés serait bannie.
On peut au moins se mettre d'accord là-dessus, ce n'est plus une question de conviction politique mais de survie.

Portrait de yoye-2000

De yoye-2000

se leve tard et travaille mou | 13H29 | 18/02/2009 | Permalien

Le truc dans tous ces exemples d'autres voie, (du AMAP aux logiciels libres), c'est que d'une part, ils sont très marginaux, et d'autre part, qu'ils s'adressent à un élite (pas au sens économique, mais au sens savoir et sensibilisation) suffisamment solide et impliquée pour tenir sur ses positions. A côté de ça, on a un tas de courants contraires conservateurs puissants qui nous font croire que si on ripoline la machine un peu, elle va pouvoir repartir de plus belle et que chacun va à nouveau pouvoir trouver le bonheur (ou même, ne soyons pas trop ambitieux, un but) en consommant à gogo.
Et j'ai bien l'impression que la majorité y croit…
En résume, y'a encore du boulot !
Surtout que je ne suis pas persuadé à 100% que, du AMAP aux logiciels libres, ces « solutions » ne fassent pas elles même partie du ripolinnage

bref, une réflexion pas super positive comme ça en passant… ce commentaire surtout pour dire que j'aime bien ta façon de voir, Yeti, sur Rur89 ou sur ton blogue, que je n'avais pas pris le temps de te le dire. Je saisis donc l'occasion ici…

http://ma.vie.a.nantes.over-blog.com/

Portrait de Les Grands Champs

à yoye-2000 Portrait de yoye-2000 De Les Grands Champs

Retraité, le doigt là où ça fait m... | 13H38 | 18/02/2009 | Permalien

NON, ils ne s'adressent pas à une élite (les AMAP, log. libres & autres), mais à tous, ce qui ne va pas ce sont les médias qui le font croire !
Combien de fois a-t-on entendu les propos que vous tenez ?
Ce sont justement ceux-là qui donne le résultat que vous dites.
Le citoyen n'a pas envie après avoir entendu ou lu de tel propos de ce lancer vers eux. C'est ça qui ne va pas ! !

Portrait de yoye-2000

à Les Grands Champs Portrait de Les Grands Champs De yoye-2000

se leve tard et travaille mou | 14H44 | 18/02/2009 | Permalien

en théorie d'accord avec toi…. Mais en pratique : si on prend les AMAP : comment on nourrit une ville via des AMAP ? A Nantes, où j'habite, ça marche tellement bien qu'il y a des mois d'attente pour être inscrit, et ils ne concerne qu'une poignée de personne. Le système a dàjà atteint sa taille critique.
C'est en ce sens que je dis qu'il ne concerne qu'une minorité (le terme élite étant peut être trop polémique)
Il y a une organisation totale à repenser, mais surtout, nos modes de vie à revoir de fond en comble. Le succès de ces solutions, qui restent marginales et très cosmétiques, sont la preuve qu'il y a du potentiel.
Mais à l'heure actuelle, seulement du potentiel.

Portrait de ysengrimus

De ysengrimus

13H48 | 18/02/2009 | Permalien

Le capitalisme est fini

http://ysengrimus.wordpress.com/2008/05/01/le-capitalisme-se-deploie-sur…

Il est donc voué à finir.

Paul Laurendeau

Portrait de didier1

à ysengrimus Portrait de ysengrimus De didier1

retraité | 15H11 | 18/02/2009 | Permalien

Le capitalisme est une idéologie mortifère et je crains bien qu'en tant que tel, il ne corresponde que trop bien avec l'inconscient et la vision de la vie de beaucoup de gens, désir de mort, de servitude volontaire, incapacité à décider de son existence de façon autonome…

Le capitalisme, c'est la loi de la nature appliquée à l'espèce humaine… pour en sortir, il n'est qu'une solution…la culture, c'est à dire la capacité à imaginer d'autres rapports de production que ceux fondés sur l'exploitation. Ca risque de prendre encore très longtemps.

Portrait de Venezuela

De Venezuela

vit aux Pays-Bas | 14H00 | 18/02/2009 | Permalien

Greenspan backs bank nationalisation
By Krishna Guha and Edward Luce in Washington (« FT » and « Financial Times » are trademarks of the Financial Times)
Published : February 18 2009 00 : 06 | Last updated : February 18 2009 00 : 06
The US government may have to nationalise some banks on a temporary basis to fix the financial system and restore the flow of credit, Alan Greenspan, the former Federal Reserve chairman, has told the Financial Times.
In an interview, Mr Greenspan, who for decades was regarded as the high priest of laisser-faire capitalism, said nationalisation could be the least bad option left for policymakers.
 »It may be necessary to temporarily nationalise some banks in order to facilitate a swift and orderly restructuring, » he said. « I understand that once in a hundred years this is what you do. »
Mr Greenspan's comments capped a frenetic day in which policymakers across the political spectrum appeared to be moving towards accepting some form of bank nationalisation.
« We should be focusing on what works, » Lindsey Graham, a Republican senator from South Carolina, told the FT. « We cannot keep pouring good money after bad. » He added, « If nationalisation is what works, then we should do it. »
Speaking to the FT ahead of a speech to the Economic Club of New York on Tuesday, Mr Greenspan said that « in some cases, the least bad solution is for the government to take temporary control » of troubled banks either through the Federal Deposit Insurance Corporation or some other mechanism.
The former Fed chairman said temporary government ownership would »allow the government to transfer toxic assets to a bad bank without the problem of how to price them. »
But he cautioned that holders of senior debt – bonds that would be paid off before other claims – might have to be protected even in the event of nationalisation.
 »You would have to be very careful about imposing any loss on senior creditors of any bank taken under government control because it could impact the senior debt of all other banks, » he said. « This is a credit crisis and it is essential to preserve an anchor for the financing of the system. That anchor is the senior debt. »
Mr Greenspan's comments came as President Barack Obama signed into law the $787bn fiscal stimulus in Denver, Colorado. Mr Obama will announce on Wednesday a $50bn programme for home foreclosure relief in Phoenix, Arizona. Meanwhile, the White House was working last night on the latest phase of the bailout for two of the big three US carmakers.
In his speech after signing the stimulus, which he called the « most sweeping recovery package in our history », Mr Obama set out a vertiginous timetable of federal decisions in the coming weeks that included fixing the US banking system, submission next week of the 2009 budget and a bipartisan White House meeting to address longer-term fiscal discipline.
« We need to end a culture where we ignore problems until they become full-blown crises, » said Mr Obama. « Today does not mark the end of our economic troubles… but it does mark the beginning of the end. »
Copyright The Financial Times Limited 2009

Il n'y a d'alternative au capitalisme que la MISERE, garantie pour tous, à l'exception d'une Nomenklatura de salopards qui se partagent les bons morceaux. Soljenitsyne a bien portraituré ces bourgeois rouges dans plusieurs de ses romans. Mais le capitalisme existe-t-il ? N'est-ce pas un fantasme de parano ? Les plus pauvres d'entre nous ont plus à attendre du capitalisme que du socialisme !

Portrait de didier1

à supprimé à la demande du riverain 27.02.09 Portrait de supprimé à la demande du riverain 27.02.09 De didier1

retraité | 14H25 | 18/02/2009 | Permalien

Tu fais partie des plus pauvres toi, le sectateur de Monseigneur Mayol de lupé l'homme capable de remettre en cause des documents d'archives ?

Laisses-donc les plus pauvres se démerder, ils ont des idées sur la question sociale ( je le sais, les pauvres, j'en sors). Tu risques d'ailleurs de le constater s'ils continuent à avoir l'impression qu'on se fout de leur gueule.

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