Pour le PS, trois raisons de ne pas désespérer
Le résultat de l'élection européenne est très mauvais pour le PS. Pourtant, il lui apporte aussi quelques éléments encourageants, du moins dans l'optique du rebond annoncé par Martine Aubry ces derniers jours -un rebond qui, pour être couronné de succès, devra non pas tant être organisationnel ou stratégique que porter sur le fond, sur la démarche, sur les idées, sur la construction d'une vision d'ensemble à l'horizon 2012, et au-delà.
Dans cette perspective, qui seule permettra au PS de relativiser et de dépasser l'effet négatif de son score aux européennes, trois points méritent examen.
Le premier est la confirmation de l'affaiblissement du Front National. Une idée fausse s'effondre, du moins pour la France : en temps de crise, le discours raciste et xénophobe ne s'impose pas directement ou nécessairement, comme on pouvait le craindre. Il est vrai que les résultats des Pays-Bas, où le Parti de la liberté (le PVV) de Geert Wilders, un parti populiste xénophobe, réalise un score impressionnant, nous montrent qu'il ne s'agit pas là d'une règle générale.
Mais puisqu'il s'agit ici de notre pays, notons que les difficultés sociales et économiques ne se traduisent pas par le vote en faveur d'un parti raciste recherchant un bouc-émissaire du côté des immigrés. L'ancien électorat du FN continue donc de faire assez largement confiance à Nicolas Sarkozy, et le réservoir de voix qu'il pouvait constituer s'amenuise. Le succès de l'UMP ne doit pas masquer cette dimension, qui sera cruciale pour l'avenir.
Le deuxième point porte sur la question des alliances futures pour la gauche. Lors du dernier grand débat télévisé (sur France 2, le 4 juin, à trois jours de l'élection), François Bayrou s'en est pris à Dany Cohn-Bendit, pour le frapper en dessous de la ceinture, et en s'y étant préparé à l'avance -ce n'était pas une simple réaction.
Ce soir-là, un fait nouveau est apparu, la proximité du leader du Modem avec Marine Le Pen, tous deux communiant, comme elle l'a lourdement souligné, pour soupçonner et dénoncer les médias et surtout les instituts de sondage et leur supposée collusion avec le pouvoir. Dany Cohn Bendit a su répondre sur ce point avec intelligence, en indiquant que son mouvement était à la hausse dans toute l'Europe, ce qui interdisait d'en appeler à la manipulation des sondages par l'Elysée.
A cette occasion, François Bayrou n'a pas seulement montré ses limites, et il ne suffit pas de constater qu'il est en perte de vitesse. Car il s'est aussi positionné nettement du côté de l'ordre moral, en reprenant de vieilles accusations relatives aux mœurs de Cohn Bendit, qui s'était expliqué depuis longtemps sur ce point. Le leader du MoDem prétend se démarquer constamment du chef de l'Etat : il n'a pas vu qu'en s'en prenant bassement au leader des Verts pour des écrits qui datent des années 70, il attaquait aussi le symbole du mouvement de mai 68. Dès lors, il s'alignait sur la posture de Nicolas Sarkozy faisant de la critique de mai 68 un de ses thèmes de campagne en 2007.
François Bayrou s'est installé plus nettement que jamais du côté du populisme, et de la démagogie, et avec un positionnement où il se retrouve utiliser les arguments et les procédés de la droite. Il devient dès lors un problème moins aigu pour le PS, qui aura moins qu'avant à se poser la question de ses alliances avec le MODEM : le « centre » n'en est pas un, il est clairement orienté à droite. Et on peut penser que les discussions ultérieures de la gauche avec les Verts seront moins source ou prétexte de tensions internes, que celles relatives à François Bayrou.
Le troisième point renvoie à la « gauche de la gauche », dont le score, là encore, n'est pas un succès. La crise n'a pas, pour l'instant en tous cas, renforcé ce camp de façon significative, et les licenciements, présents ou à venir, les délocalisations d'entreprise, les injustices et les inégalités sociales massives n'ont pas suscité de forte poussée des votes de protestation en sa faveur. Ce qui minimise pour le PS les oppositions entre, pour reprendre un vieux vocabulaire, « réformistes » et « révolutionnaires », et qui réduit l'espace de ceux qui sont tentés, en son sein, de courir après le gauchisme.
Le PS n'est pas remis de la crise profonde qui l'a affectée depuis 2002 et l'échec électoral de Lionel Jospin. Mais ses dirigeants savent maintenant ce qu'ils ont à faire en priorité : construire un projet. Ils auront pour faire valoir ce projet de forts arguments à mettre en avant : la capacité de tenir les promesses ; le souci de reconstruire les médiations politiques et institutionnelles que l'action du chef de l'Etat tend à affaiblir ou à supprimer entre le pouvoir et la population ; la cohérence intellectuelle face à ceux qui ont incarné le néo-libéralisme triomphant, et qui, sous la bannière du « retour de l'Etat », se parent maintenant de vertus qu'ils combattaient ouvertement hier encore.
Le paysage politique que viennent de mettre à nu les élections européennes n'est donc pas entièrement défavorable au PS. Au lendemain de Roland Garros, disons-le : la balle est dans la raquette de Martine Aubry.
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De I.P
Flat4 | 19H46 | 07/06/2009 |
Le PS ?
Ésperons que ce soir sera le dernier soir de ce parti mort qui détruit tout espoir à gauche au fur et à mesure qu'il s'écroule.
à I.P
De A.V.
tamagotchi89 | 22H47 | 07/06/2009 |
Code d'honneur japonais :
Code d'honneur du PS :
à A.V.
De Corsaire du Peuple et de la Raison
ingénieur | 06H33 | 08/06/2009 |
Tuer le PS ou l'assister dans son suicide (ce qui peut un peu revenir au même) est ridicule, il renaitra sous une autre forme plus tard avec les mêmes problèmes, on aura juste perdu dix ans à trouver un nouveau leader, un nouveau nom…Soit dix ans de plus de droite…
à I.P
De eskimo
09H27 | 08/06/2009 |
quelle phrase pleine du vide de la pensée qui l'a sécrétée : )
à eskimo
De I.P
Flat4 | 12H47 | 08/06/2009 |
Alors que votre analyse est tellement détaillée qu'on en reste sans voix.
Seriez vous un socialiste frustré ?
De nicogé
le colporteur | 19H24 | 07/06/2009 |
le pire serait que les dirigeants du PS restent en place après une telle défaite.
et c'est évidemment l'hypothèse la plus probable.
bien à vous,
nicogé
www.lecolporteur.tk
De Ariane Deume
19H29 | 07/06/2009 |
M. Vieworka, pour lequel j'ai la plus grande estime, voit le verre à moitié plein, moi je le vois à moitié vide.
Le PS est vraiment dans l'incapacité de se remettre en question, sa campagne a été invisible et inaudible malgré la forte mobilisation de ses militants de base, auxquels je pense ce soir.
Sans un renouvellement complet de ses cadres, il sera dans l'incapacité de proposer un projet alternatif.
La Jospinie doit disparaître une fois pour toutes.
à Ariane Deume
De Ariane Deume
20H17 | 07/06/2009 |
…et pas au bénéfice de la madone de Charentes, bien sûr ! ! !
(ceci au cas où il y aurait une mauvaise interprétation de mes propos)
De The last Puppet
Etudiant | 19H30 | 07/06/2009 |
Pour ma part ce ne sont pas « trois raisons de ne pas désespérer » pour le PS mais bien trois constats totalement différent et à part qui ne sont en aucun cas encourageant pour la sortie de crise du PS.
Le simple constat de l'immense bond d'Europe Ecologie détruit ces « trois raisons de ne pas désespérer », montrant la faiblesse structurelle d'un partie qui n'aura réussi qu'à montrer ses divisions depuis mai 2007.
Idée à part aussi : la soit disant instrumentalisation du NPA de Besancennot par l'Elysée pour flinguer le PS tombe à l'eau vu son faible score de 5,3 %.
Il ne suffit pas (même pas du tout) de taper sur Sarkozy (NPA, Modem, PS) ni de profiter d'une situation de crise économique et sociale (FN, NPA, …) pour récupérer le plus de vote. Europe Ecologie, avec un discours totalement différent, anti-démago, pas anti-sarko, aura réussi à tirer son épingle du jeu tandis que l'UMP aura réussi l'exploit de faire presque 30% alors qu'il est au pouvoir.
Bien sur, l'abstention record est à prendre en compte. Mais comme on dit, les absents on toujours tort.
à The last Puppet
De jyeden
khmer vert ( age des caverne, bougi... | 19H37 | 07/06/2009 |
je crois qu'il faut tout de meme tenir compte de l'abstention
il doit y avoir un effet classe d'age dans ces elections
de plus, a force de ne plus etre a gauche le ps ne devrait pas s'etonner qu'il perd les voix de gauche
à jyeden
De lancetre
23H20 | 07/06/2009 |
Votre dernière phrase est marquée au coin du bon sens ! ! !
à The last Puppet
De Emmanuel M
Commentateur | 19H59 | 07/06/2009 |
En tant que sympathisant UMP, je ne peux qu'applaudir à votre analyse
Et féliciter Europe Ecologie pour leur scccès
à The last Puppet
De lancetre
23H19 | 07/06/2009 |
« Bien sûr, l'abstention est à prendre en compte… »
Merci beaucoup, on est quand même 60 pour cent d'abstentionnistes ! ! !
« mais ils ont toujours tort ».
Bon, eh bien, continuez à nous « prendre en compte » de manière aussi fine, et la prochaine fois, on sera 70 pour cent !
REFERENDUM SUR LE TRAITE DE LISBONNE ! ! !
De Yvon le Zébulon
L'homme d'esprit n'est jamais seul ... | 19H39 | 07/06/2009 |
PS = C'est Quoi, les trois raisons de ne pas désespérer… ?
* Le NPA, le Modem et un autre petit Parti de rien du tout ?
à Yvon le Zébulon
De Oeillet rouge
rêve générale | 19H58 | 07/06/2009 |
Non, c'est le score d'Europe-Ecologie !
Le message est clair, ce n'est plus avec le centriste Bayrou que le PS doit s'allier mais avec le centriste D.Cohn-Bendit…
Le PS a tiré les enseignements du scrutin…
à Oeillet rouge
De maboul
infirmier | 21H03 | 07/06/2009 |
Cohn-Bendit : passé du maoisme au libéralisme sans oublier de passer a la caisse
à maboul
De Oeillet rouge
rêve générale | 21H13 | 07/06/2009 |
Quant au NPA et aux abstentionistes de gauche, ils doivent (oui ils le doivent) mesurer ce soir les conséquences de leur stratégie de désunion…
C'est le Yéti qui doit être content : 60% d'abstentions !
Et 28% des suffrages exprimés pour l'UMP, 38% pour les centristes - PS, Verts/'Europe-Ecologie, Modem -, 8,5% pour l'extrème-droite !
Le monde va changer de base camarades abstentionistes !
à Oeillet rouge
De I.P
Flat4 | 22H05 | 07/06/2009 |
Ce qui serait bien avec le PS c'est qu'ils n'envisagent pas les alliances en fonction de qui est le 3e parti du jour, mais plutôt qu'ils aient un projet et qu'ils s'allient avec ceux qui le partagent.
à I.P
De Utilisateur désinscrit à sa demande 2
nc | 22H19 | 07/06/2009 |
Tant qu'ils n'auront pas un Sarkozy à eux qui unifiera tout le bordel et imposera la discipline et une doctrine majoritaire, à grands coups de semelles cloutées dans la gueule si nécessaire, ils n'y arriveront pas.
Tous ceux qui continuent à dire qu'il faut d'abord un projet, puis on verra bien pour le leader, sont responsables de la suite de désastres. Il faut au PS un vrai leader, qui fera le projet.
Il n'y a guère que Fabius qui aurait cette envergure, mais il est carbonisé. Il reste donc à attendre qu'un requin émerge de la jeune génération et prenne le pouvoir. D'ici-là, ils sont foutus.
à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
De philipp
retraité | 22H27 | 07/06/2009 |
Il y a DSK, le problème c'est qu'il n'est pas plus socialiste que toi ! ! !
à philipp
De lancetre
23H23 | 07/06/2009 |
Je crois même qu'HULK est plus socialiste que DSK, sans vouloir lui faire offense…
à philipp
De -Candide-
Jardinateur | 23H45 | 07/06/2009 |
et alors, où est le problème ? Mitterand l'était ?
à -Candide-
De philipp
retraité | 23H56 | 07/06/2009 |
A la mode Mitterand….
à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
De lancetre
23H25 | 07/06/2009 |
« imposer la discipline et une doctrine majoritaire (en russe, majoritaire se dit bolchevik…) à grands coups de semelles cloutées dans la gueule… »
HULK nostalgique de Staline ?
Qui l'eût cru ?
à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
De Atlantis
Etudiant apolitique | 06H35 | 08/06/2009 |
Pour un « gros con de droite », vous avez une meilleure analyse de la situation du PS que bien des gens de gauche^^
à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
De bidonleon
baltringue | 08H10 | 08/06/2009 |
Pas sûr ! Et si l'un des enseignements de cette élection était qu'on convainc mieux en équipe ? Le trio Eva Joly, Dany Cohn-Bendit et José Bové, remarquablement équilibré n'est sans doute pas poour rien dans le succès de leurs listes.
à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
De la panthère verte
09H02 | 08/06/2009 |
Imposer la discipline ; doctrine majoritaire ; à grands coups de semelles dans la gueule….
c'est pas en se comportant comme la droite que la gauche fera revenir son électorat aux urnes.
De Suhrkamp
19H54 | 07/06/2009 |
C'est la méthode Couet Mr Wieviorka !
C'est la catastrophe pour le PS. Ridiculisé !
A un moment il faudra arrêter de se raconter des histoires !
Et faire enfin cette non de dieu de rénovation au PS, au lieu de courir derrière l'extrême gauche et les vieilles lunes de la révolution… Au défilé du 1er Mai, ils chantaient encore l'Internationale ! ! ! même die Linke en Allemagne ne le fait plus, alors 17 % pour le PS c'est encore Byzance…
à Suhrkamp
De Suhrkamp
19H57 | 07/06/2009 |
lire : méthode Coué et nom de Dieu.
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 19H56 | 07/06/2009 |
Difficile de vous en vouloir, Wieviorka : vous prêchez pour votre paroisse.
Je passe sur la convergence, un poil audacieuse tout de même, que vous voyez entre Bayrou et Le Pen : ni l'un, ni l'autre ne sont ma tasse de thé.
En revanche, ce que vous avancez sur la « gauche de la gauche » (pour laquelle j'ai voté), vous me paraissez faire preuve d'un optimisme qui pourrait bien endolorir prochainement le PS. Parmi les multiples raisons qui font que je me détourne avec de plus en plus de détermination du PS, il y a le fait que ce dernier me semble loucher vers le centre avec un peu trop d'insistance. Tant que le PS continuera, je ne vois aucune raison, du moins pour les gens comme moi, de venir à son secours, pas même au second tour.
J'attends que le PS en revienne à une gauche décomplexée, comme dirait l'autre. C'est à Aubry de jouer, et je lui souhaite (sans aucune arrière-pensée, croyez-moi) d'y parvenir. Mais quand il y sera revenu, il faudra se rappeler que le PS livré à lui-même penchera toujours sur sa droite : autrement dit, je n'ai pas fini de voter pour la « gauche de la gauche ».