CNRS : politique scientifique ou république bananière ?

Dans son discours du 22 janvier à l'occasion de la mise en place du comité chargé de la « stratégie nationale de la recherche et de l'innovation », Nicolas Sarkozy dénonce dans le système actuel « une organisation désastreuse ». Il est vrai que la façon dont la présidente et le directeur général du CNRS gèrent un des domaines clés de la recherche, les sciences humaines et sociales (SHS), apporte une contribution significative au désastre, présent et futur, de nos institutions scientifiques.

Soyons concret.

Le 3 septembre dernier, le CNRS fait paraître dans Le Monde une annonce, dont le contenu apparait aussi, plus développé, sur son site. Il s« agit de pourvoir au poste de directeur scientifique des SHS, et le texte évoque la “réflexion prospective stratégique” d'un futur Institut SHS “à mission nationale”. Il en appelle à un “projet ambitieux”, à “une double ambition, la pluridisciplinarité et l'ouverture internationale”. La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 30 septembre 2008, il est demandé aux candidats de présenter un projet et un CV, l'ensemble des candidatures devant être examiné par un comité de sélection pour une prise de fonction “au plus tard le 5 janvier 2009”.

Je dépose la mienne dans les délais, pensant qu'elle correspond assez largement aux ambitions internationales et pluridisciplinaires affichées, et aux critères de sélection mis en avant.

Ne pas considérer ma candidature en raison de mes 62 ans

Le comité de sélection est constitué bien après que les candidats se soient déclarés, ce qui laisse déjà planer un doute. Une procédure correcte aurait voulu qu'il soit installé avant ; elle aurait peut-être permis d'éviter la suspicion qui s'impose du fait que parmi les dix membres de ce comité (la liste figure sur le site du CNRS) figure l'époux d'une adjointe au directeur actuel par intérim, qui est lui-même candidat.

J'apprends fin novembre qu'à la suite d'une première réunion, le comité m'a retenu, ainsi que deux autres candidats, dont ce directeur par intérim, sur une “short list”. Je suis convoqué le 17 janvier 2009 à 13h30 –douze jours après la date ultime fixée pour la prise de fonction. Arrivé à l'heure prévue, je croise devant l'immeuble où il doit se tenir la plupart des membres du Comité, qui vont au café et m'invitent à les suivre. L'une d'entre eux m'indique qu'une majorité d'entre eux s'est concertée et a décidé de ne pas prendre en compte en considération ma candidature en raison de mon âge -62 ans.

J'apprends aussi que des candidatures supplémentaires ont été examinées le matin même, portées par des candidats qui ne se sont manifestés qu'en janvier 2009, soit plus de trois mois après la date limite de dépôt des dossiers.

J'hésite à me livrer au jeu de cette audition inutile, mais décide finalement d'aller au bout de l'expérience. Au cours de l'audition, le comité consacre un bon moment à discuter au-dessus de ma tête.

Calculs et procédés irréguliers

Classement final : en premier, un candidat qui n'a remis son dossier qu'en janvier 2009, hors délais, en second l'actuel directeur par intérim. Je ne suis pas même classé.

S'il s'agit, comme le souhaite le Chef de l'Etat, d'installer la France dans le peloton de tête de la science mondiale, c'est plutôt mal parti pour les SHS, alors que mon dossier apportait de solides garanties ; par exemple, si je préside aujourd'hui l'International Sociological Association, c'est parce qu'un véritable “search committee” est venu me chercher, et c'est à la suite d'une élection où votaient les présidents de 53 comités de recherche et de près d'une centaine d'associations nationales.

Les procès verbaux du comité de sélection mis en place par la direction du CNRS, s'ils existent (ce dont je doute), devraient permettre d'établir que j'ai été discriminé pour âge -ce qui est cocasse si l'on songe que pour le gouvernement l'âge de la retraite doit être porté à 70 ans.

Il est de bon ton d'accuser le milieu des SHS d'incapacité à contribuer à une organisation saine de la recherche. Mais ici, ce n'est pas ce milieu qui a fait du CNRS une institution digne d'une république bananière : c'est la présidente du CNRS, son directeur général et une bonne partie de leur comité de sélection, avec leur lenteur, leurs calculs et leurs procédés irréguliers dont on peut penser qu'ils comportent des dimensions politiciennes.

La farce, vraisemblablement passible des tribunaux, est d'autant plus désobligeante à mon égard que je n'ai reçu aucun signe, aucune information, même informelle, du CNRS depuis mon audition. Elle est surtout catastrophique pour un vaste ensemble de disciplines qui ont dans le passé assuré une haute image de la France et qui contribuent à éclairer nos citoyens comme nos acteurs politiques sur des enjeux majeurs du monde contemporain : bien au-delà de ma personne, mais aussi à travers elle, la recherche en SHS a été traitée dans cette affaire avec un rare mépris, inconcevable dans d'autres domaines de la production du savoir, y compris au CNRS.

Le Chef de l'Etat annonce une politique de recherche qui replacerait la France au meilleur rang : le CNRS, dirigé de cette manière, est à l'évidence défaillant. Mais peut-être s'agit-il précisément, avec ce type de mascarade, de créer les conditions du dénigrement de ses SHS, avant de procéder à leur démantèlement ?

156 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

  • Téléchargez votre photo sur votre page perso. Elle apparaitra à côté de vos réactions.
  • Merci de respecter la charte des commentaires, sans quoi nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
  • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
Portrait de Gilles31

à marsh Portrait de marsh De Gilles31

Mec | 18H29 | 24/01/2009 | Permalien

De plus la recherche française en sociologie est particulièrement réputée mondialement

Pour une fois que l'on sert (encore) d « exemple, il reste des abrutis pour minimiser nos sucés et chier sur la France en continu

Portrait de Au sud de nul part

à marsh Portrait de marsh De Au sud de nul part

Situation | 19H00 | 24/01/2009 | Permalien

Bonjour. Vous avez raison. La sociologie fait bien partie des sciences. Cependant, le sujet qui consisterait à déterrminer ce qu » « est » une science ou à partir de « quoi » et « comment » « il y a » science est très délicat et complexe. Cela concerne l'épistémologie. En ce sens, la sociologie dispose de critères pour la vérification de ses hypothèses, et se sert aussi d'outils de type mathématique. Elle ne déroge en rien -la plupart du temps- aux critères permettant de parvenir à l'objectivité.

A.S.D.N.P

Portrait de titeso

à désinscrit à sa demande Portrait de désinscrit à sa demande De titeso

en marge d'un monde que je ne compr... | 14H28 | 24/01/2009 | Permalien

par pitié, quand vous commencez une phrase par il parait ne la terminez pas par une affirmation non vérifiée…
vous parlez de chose que vous ne connaissez pas…

Portrait de ismet222

à désinscrit à sa demande Portrait de désinscrit à sa demande De ismet222

democrate | 22H21 | 24/01/2009 | Permalien

pas une science ? décidément tu es vraiment trop con ! et l'UMP c'est la « SCIENCE » occulte sans doute.

Portrait de ismet222

à jexiste Portrait de jexiste De ismet222

democrate | 22H19 | 24/01/2009 | Permalien

Certes mais si on commençait par ne pas confondre « MDC » et « chercheurs CNRS ».
Les contraintes ne sont pas les mêmes et nous savons que bon nombres de MDC, souhaitent être chercheurs CNRS, les places sont rares et du coups beaucoup de MDC totalement frustrès et très en « colères » lancent des rockets contre le CNRS.
Mais une question pourquoi tant chercher à y entrer alors ?

On confond trop souvent gestion Universitaire, une catastrophe et un bordel sans nom et celle du CNRS beaucoup plus sérieuse et innovante (loin d'être parfaite).

Si un MDC et un chercheur CNRS, peuvent bosser ensemble, il y à quand même une différence notoire, les MDC ne peuvent être sur poste sans le copinage et une petite carte syndicale.
Beaucoup passent plus de temps en réunions syndicales « obligatoires pour la carrière » et à des stratégies de coups d'état que réellement à la recherche, il suffit d'observer les conditions de recrutements ou l'élu est connu avant même la publication des postes.
On convoque les meilleurs amis pour décider qui sera sur poste ? qui convoque ? devinez ! qui décide ? devinez !
Mais bon c'est un système ancien, archaïque et bien connu. Il serait hypocrite d'en nier l'existence.
C'est dommage, regrettable pour la recherche universitaire, d'où sans doute sa situation actuelle et son peu de crédibilité contrairement au CNRS, respecté partout dans le monde.
Le CNRS utilise, heureusement d'autres règles, moins opaques mais tout aussi étranges parfois.
Dire que l'on est vieux pour être recruté à 33 ans, c'est débile, c'est lamentable et une profonde réforme est à faire.
Peut-être aussi virer pour commencer les mandarins qui gouvernent plus ou moins directement depuis des décennies et ouvrir le monde de la recherche au plus jeunes.
Reformer en changeant les hauts fonctionnaires du siège et des délégations régionales, et enfin dépendre moins des politiques, là ce serait une réelle avancée.
redonner envie aux plus jeunes de venir travailler dans la recherche, c'est avant tout t rendre plus lisible les concours. Bref réformer en profondeur et abolir le copinage.
tout ceci est arguments pour le roi-fou pour démanteler le CNRS, chercheurs gênants, ils pensent et dans une démocratie comme celle de ce président-fou on commence par éliminer les penseurs, les chercheurs et après ?

Portrait de Romain Jammes

De Romain Jammes

12H21 | 24/01/2009 | Permalien

Je comprends la remarque Julio en effet, cependant ce qu'on peut tirer de l'article c'est que les méthodes sont assez douteuses et absolument pas rigoureuse. Le CNRS se tire une balle dans le pied.

Quand vous voulez abattre votre chien dite qu'il a la rage. Je pense que c'est dans l'intérêt du gouvernement actuelle que le CNRS soit bancale, c'est un argument à mettre pour sa privatisation ^^

Portrait de Julio973

à Romain Jammes Portrait de Romain Jammes De Julio973

orpailleur | 12H23 | 24/01/2009 | Permalien

Oui mais une seule opinion, qui plus est concernée, pour dénoncer cela, c'est du militantisme et c'est forcément suspect

A part ça, Charles De Gaulle était-il le nègre de Jacques Tati ?

Portrait de Eugène C

à Julio973 Portrait de Julio973 De Eugène C

12H52 | 24/01/2009 | Permalien

Ce n'est pas une opinion, c'est un témoignage par un témoin direct. Il est assorti d'un commentaire dont le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il émane d'une personne qui a fait ses preuves dans le domaines des SHS. On peut ne pas goûter ce commentaire, mais il n'y a aucune légitimité à le discréditer au prétexte qu'il vient d'une personne concernée.

Portrait de Boduacus

à Romain Jammes Portrait de Romain Jammes De Boduacus

12H48 | 24/01/2009 | Permalien

Encore un coup : ne confondez pas la direction de l'organisme, essentiellement politique et, à ce titre, prête à toutes les compromissions, et la réalité vécue par les chercheurs et les techniciens dans les laboratotoires.

Portrait de Jean_Pierre_T

à Boduacus Portrait de Boduacus De Jean_Pierre_T

Chercheur | 13H23 | 24/01/2009 | Permalien

Mais c'est excatement la même chose pour les recrutements CR2 ou Maître de Conférence.

Portrait de Boduacus

à Jean_Pierre_T Portrait de Jean_Pierre_T De Boduacus

15H44 | 24/01/2009 | Permalien

Bien sûr, c'est la même chose. Comment pourrait-il en être autrement quand l'exemple vient du sommet, même si beaucoup estiment que ce sommet renifle les bas-fonds ?

Portrait de Jean_Pierre_T

De Jean_Pierre_T

Chercheur | 12H53 | 24/01/2009 | Permalien

Cher Michel,
ne me dites pas que découvrez ces pratiques à 62 ans.
Nombre de mes amis et moi-même les ont découvertes à 30 ans.

Portrait de kevangel

à Jean_Pierre_T Portrait de Jean_Pierre_T De kevangel

Chercheur | 13H11 | 24/01/2009 | Permalien

Je suis d'accord avec vous. J'ai l'impression que l'auteur a bien profité du système toute sa carrière, et une fois que ca lui profite plus il le dénonce. Je vois ça tous les jours au labo, c'est l'individualisme qui prime dans ce monde de la recherche. Dès qu'on met les pieds plus d'1 semaine au CNRS, toutes ses magouilles politiciennes sautent aux yeux.
Pour ma part, j'espère continuer ma carrière dans le privé parce que tout me dégoûte dans ce système. Et je ne veux pas être de ceux qui l'entretiennent.

Portrait de Jean_Pierre_T

à Jean_Pierre_T Portrait de Jean_Pierre_T De Jean_Pierre_T

Chercheur | 16H14 | 25/01/2009 | Permalien

« les avons » désolé pour l'erreur.

Portrait de PetitPiteux

De PetitPiteux

12H59 | 24/01/2009 | Permalien

Dénoncer, a travers un cas particulier, les travers de la gestion des SHS au cnrs, pourquoi pas (même si, avec tout le respect, et pour quelqu'un extérieur a l'affaire, il y a aussi un coté « ego blessé').

Mais vous (rue89) êtes sur de ne pas vouloir parler du cas général ? De ce discours méprisant, pour ne pas dire haineux, qui est une véritable déclaration de guerre de Sarko aux chercheurs ? De ces propositions irréalistes au timing ubuesque ? De la grève générale prévu, etc…

Plus d'info :
http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2009/01/nicolas-sarkozy.html

http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2009/01/les-8-milliards-de-nico…

Je comprend que les annonces concernant la presse, et qui en l'occurence vous concerne directement passe avant les autres, mais le monde continue de tourner…

Portrait de kastorrr

De kastorrr

étudiant | 13H14 | 24/01/2009 | Permalien

Ce type me fait bien rigoler, et je trouve qu'il ne se prend pas trop pour de la merde.

Quand bien même on soit un président par intérim ou le mari de je ne sais qui, cela ne veut pas dire qu'on sera incompétent dans son travail. J'ai un peu l'impression en lisant cet article que Monsieur Wieviorka aurait dû de toute façon avoir ce titre de Président. Il y a comme un petit brun de jalousie qui flotte dans l'air.

Quant au « trop agé » bienvenue dans le monde réel du trop noir, trop moche, trop jeune, trop femme même, ça arrive tous les jours mais vous avez encore votre poste à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) vous, ce qui ne devrait pas poser trop de problème pour votre avenir, pas comme la majorité des gens de 60 ans qui ont des postes où la difficulté de trouver un boulot est énorme ; du coup…je ne vous plains pas du tout.

Enfin, si les manières du CNRS ne vous conviennent pas, ça tombe bien puisque vous n'y serez plus confronté.

Portrait de Jean_Pierre_T

à kastorrr Portrait de kastorrr De Jean_Pierre_T

Chercheur | 13H19 | 24/01/2009 | Permalien

Oui, il n'a vraiment pas de chance ce pauvre chou.

Portrait de marc44

à kastorrr Portrait de kastorrr De marc44

16H04 | 24/01/2009 | Permalien

Quelle que soit la valeur de M.Wieviorka pour le poste, ce qu'il dénonce ici sont des irrégularités indépendantes des particularités de sa candidatures : formation du comité de sélection, candidatures arrivées après l'heure, auditions bâclées.

M. Wieviorka postule plus par la volonté de servir que par ambition personnelle, je pense. Si c'était par ambition, il aurait saisi le tribunal administratif plutôt que rue89.

Portrait de vol19

De vol19

awash | 13H20 | 24/01/2009 | Permalien

Banal. Moins, le découvrir seulement maintenant.

Portrait de Gimli

De Gimli

Maître de Conférences (Biologie) | 13H26 | 24/01/2009 | Permalien

J'abonde dans le sens de Jean-Pierre et de ceux qui trouvent Michel Wieviorka juge et partie.
Difficile de croire que ce Monsieur ne découvre qu'à 62 ans ce qui est le quotidien de tous les jeunes candidats au recrutement !
Si de bons articles reconnus internationalement ne sont pas suffisants pour être recruté au bas de l'échelle, pourquoi un siège de président d'une association (toute internationale soit-elle) serait-il suffisant pour diriger tout l'édifice ?
Oui, le système de recrutement marche sur la tête mais, non cet article n'en est pas la meilleure démonstration…

Et aux « entrepreneurs » qui se plaignent des chercheurs grassement payés sur leur dos, je signalerai que je ne suis en effet ni RMIste ni SMICard mais que j'ai été recruté avec un doctorat et une expérience de 5 ans à l'étranger pour 1780€ mensuels.
Inutile, je suppose, d'ajouter que ce sont les brevets déposés par les chercheurs qui lui permettent « d'entreprendre » (l'histoire ne dit d'ailleurs pas entreprendre quoi).

Portrait de ker

De ker

13H55 | 24/01/2009 | Permalien

A 34 ans on me dit que je suis deja trop vieux pour de la recherche en physique. Je ne vous dit pas a 62 ans.
Ce qu'il faut c'est un sang toujours renouvelle, corveable. manipulant les produits chimiques sans peur ni instruction, s'en allant rapidement avant que les symptomes apparaissent.

Il faut aussi qu'ils n'interviennent pas dans le procesus de decision des projets scientifiques et laisse faire les pros, permanents. Eux ils ont l'experience : ils manipent sur windows comme pas deux pour pondre des « grants proposals ». Leurs anticipatins futuristiques, qu'ils abandonneront ensuite a un malheureux thesard, feront bander les comites presider par de vieux pros qui ont passe 80 % de leur vie a faire de la recherche par procuration (ie par post doc et thesards interpose).

C'est ca la science de l'excellence ajourd'hui. Fini les mecs passionnes travailant sur un projet fou. Fini la liberte, bonjour la fraude et la bidouille des resultats, l'exageration et l'a peu pres reproductible une seule fois (par l'auteur).

La science devrait etre comme le reste : un organisme impregne de democratie, respectant ceux qui la finance : les travailleurs- Elle est aujourd'hui le lieu de l'arbitraire et de la propagande (tous les gands projets sont tous magnifiques, sans aucune evaluation critique publique a posteriori).

resultats : Depuis 20 ans on nous promet un vaccin contre le sida, depuis 50 ans on nous promet d'eradiquer le cancer. Dans mon domaine cela fait 20 ans qu'on nous chante les vertus du transistor moleculaire, avec des reproductibilite atteinte de l'ordre de 10 % max. Mal barre pour l'industrie….Et de joli fraude qui emaille sans arret la vie scientifique (affaire schon).
Tout cela parce que probablement nous ne travaillons pas sur de bonnes piste et que le tout ne favorise pas l'emergence de nouveau paadigme.

Mais le public y croit et paie. La jolie berceuse des pontes de la science se fait delier les bourses. Et soudain l'argent coule a flot, on nomme de nouveaux professeurs, on oublie que l'on en avait plus assez hier pour donner une rallonge a tel ou tel pour finir son projet ou le virer un peu plu dignement. Plus c'est gros, plus ca passe.Vive iter !

Portrait de ricasse

De ricasse

Etudiant | 15H17 | 24/01/2009 | Permalien

Vous mettez des mots sur mes pensées. Au début de mon doctorat, je pensais que si j'en avais les capacité, je tenterai une carrière universitaire, car là se faisait la recherche noble, loin de la recherche au profit se pratiquant dans les compagnies privées.
Ben voyons. Si l'on veut réussir une carrière académique (tout au moins en science, le reste je ne connais pas), il faut être soit malhonnête, soit très intelligent. Le pire étant que les intelligents sont bien plus représentés parmis les professeurs proches de la soixantaine, tandis que les malhonnêtes sont légions parmis les jeunes professeurs. Je ne parle pas des nouveaux étudiants que je vois débarquer chaque années, et au bout de trois mois passés dans un labo, parlent déjà de publier des résultats insignifiants.
Mais comment être malhonnête en sciences me demande maman ? Comme cela a déjà été dit, on annonce dans des proposals des buts qui ne seront jamais atteints. On publie des résultats qui ne sont valables que dans certaines conditions, on sait qu'ils ne sont pas valables dans d'autres mais on ne le dit pas. On ne parle que de l'expérience sur 100 qui marche, pas des autres.On pique les idées des voisins. On fait une participation mineure à un article et on demande à avoir son nom dessus. On veut du pognon alors on fait de la recherche « à la mode », genre nanotube. On publie un peu vite, on cherche un peu plus et on découvre que l'on avait écrit n'importe quoi, mais l'on écrit pas noir sur blanc que l'on s'était trompé. En suivant une démarche scientifique, on fait un raisonnement basé sur des hypothèses un peu foireuses, pourquoi pas, mais lors de la conclusion, on oublie de rappeler ces hypothèses et on généralise ce résultat.
Les gens en mahts me semblent un peu différents, au dessus de tout ça. Dans les autres domaines, sait-on si il existe encore des comités de relecture ?
Résultat, j'irai trouver du travail dans l'industrie, là où j'ai vu des gens compétents, honnêtes, intéressé par leur métier… Dur à dire.

Portrait de Boduacus

à ricasse Portrait de ricasse De Boduacus

15H50 | 24/01/2009 | Permalien

« dans l'industrie, là où j'ai vu des gens compétents, honnêtes, intéressé par leur métier ».
Imaginez qu'il y a des gens bien partout, dans l'industrie comme au CNRS.
Bonne chance pour votre recherche dan le privé.

Portrait de Eugène 49

à Boduacus Portrait de Boduacus De Eugène 49

chercheur indépendant | 13H26 | 26/01/2009 | Permalien

Ricasse & Boduacus,

R&D appliquée ds le privé, pourquoi pas mais j'ai du mal à être aussi positifs que vous…du fait de l'orientation exclusivement financière toutes ces dernières années.
R fondamentale ds le privé ? Il va falloir que je me pince pour arrêter de rire…

Portrait de barbouille

à Eugène 49 Portrait de Eugène 49 De barbouille

surfeuse | 14H59 | 26/01/2009 | Permalien

pas forcèment en France.
Mais ca se trouve.

Portrait de kevangel

à ricasse Portrait de ricasse De kevangel

Chercheur | 19H27 | 24/01/2009 | Permalien

Moi aussi je suis en doctorat. Et je suis rassuré de voir qu'il n'y a pas que dans mon domaine, la chimie, où tous les thésards sont dégoûtés de la recherche publique. La plupart d'entre nous veut entrer dans l'industrie, voire pour certains et c'est malheureux, ne plus faire de science du tout. Mais la carrière académique ne fait envie à personne, et c'est certainement pas les salaires qui aident.
Comment en arrive-t-on là alors qu'on est tous extrêmement motivés par la science au départ ? Parce que, contrairement à l'opinion des beaufs de base (voir certains commentaires ici), les chercheurs ne sont pas des glandeurs qui ne servent à rien. Au contraire, ce sont pour la plupart des individualistes très ambitieux qui utilisent les étudiants (en majorité les thésards et post-docs) pour promouvoir leur carrière. Après 3 ans, on est dégoûtés des magouilles politiques, du mépris qui règne partout (en général des plus anciens vers les plus jeunes, les étudiants étant considérés comme des moins-que-rien, même à bac+8 ! ) et du non-respect des lois. En effet, les entreprises sont obligées de respecter le droit du travail, les normes sanitaires et de santé,… En revanche, dans l'université, c'est le règne de l'exploitation des salariés et de ses droits. Et celui qui oserait dénoncer le système a la garantie de rester au chômage toute sa vie, parce que les dirigeants de laboratoire sont extrêmements puissants, à la fois dans le public et le privé. Et c'est pour ça que le système continue sans être menacé, c'est un cercle vicieux.

Portrait de alaixih

à kevangel Portrait de kevangel De alaixih

20H37 | 24/01/2009 | Permalien

Pour avoir des sous et plus de sous encore il faut publier. Quitte à publier un peu trop tôt il faut publier quitte à bidouiller un peu. Alors forcément…. Et comme les places sont chères c'est la guerre… Alors les hommes et femmes de troupes en font les frais c'est certain.

Portrait de alaixih

à kevangel Portrait de kevangel De alaixih

20H37 | 24/01/2009 | Permalien

Pour avoir des sous et plus de sous encore il faut publier. Quitte à publier un peu trop tôt il faut publier quitte à bidouiller un peu. Alors forcément…. Et comme les places sont chères c'est la guerre… Alors les hommes et femmes de troupes en font les frais c'est certain.

Portrait de Cornegidouille

à ker Portrait de ker De Cornegidouille

ingénieur études à Arles | 17H36 | 24/01/2009 | Permalien

Ma fille qu vient de s'arrêter au master2 (mention très bien) en Archéologie (MMSH Aix, LAM) a déjà pu constater – pour elle ou pour de ses amis - en seulement deux ans : la triche dans les notes, l« exploitation des thésards, les petits mensonges et les dérobades des profs, les biais et le nivellement par le bas dans le recrutement …
Cela ne donne malheureusement pas trop envie de défendre les chercheurs face au gouvernement.
Ou plutôt, il faudrait qu'ils présentent un contre-projet qui permette de réduire l'incurie actuelle.
Heureusement, il y avait les chantiers où l'ambiance est tout autre.

Portrait de GastonLagaffe

à Cornegidouille Portrait de Cornegidouille De GastonLagaffe

flâneur | 20H57 | 24/01/2009 | Permalien

Pour le contre projet que les chercheurs devraient présenter, il faut savoir qu'il existe déjà, depuis 2005 (ou 2004).
Il résulte du travail de Sauvons La Recherche et il est ignoré par les différents gouvernements depuis cette date.

À mon avis il se passe la même chose au niveau de la recherche et au niveau de l'hôpital (et dans plein d'autres secteurs publics) : On étouffe petit à petit en réduisant les moyens et on laisse (ou on met en place) ainsi se développer une culture des petits chefs. Après on arrive et on dit « Oulala mais cette corporation de privilégiés fait n'importe quoi ! On va tout réformer et privatiser une bonne partie pour que ça aille mieux »

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code