04/04/2010 à 13h06

Trève printanière (Tokyo, le 1er avril)

Thierry Ribault | Economiste au CNRS


Un SDF dans le parc de Yoyogi, au Japon (Thierry Ribault)

(De Tokyo) Dans le parc de Yoyogi, en plein cœur de Tokyo se trouve un village de tentes bleues construites par les sans-bris. Ces derniers attendent le « hanami » [pique-niques et danses organisées chaque printemps sous les cerisiers en fleurs, ndlr] avec impatience, car c’est pour eux une opportunité de collecter des milliers de canettes de bière abandonnées au cours des festivités, canettes qu’ils pourront revendre aux sociétés de recyclage pour quelques yens.

Envoyez-nous les photos de ces petites choses que vous avez vues dans la rue, qui vous ont plu (ou déplu) et que vous voulez voir affichées sur votre Rue. N’oubliez pas de nous indiquer votre nom, la ville où la photo a été prise et la date.

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  • Désinscrit le 19 avril
    • Posté à 19h40 le 04/04/2010
    • Internaute 39070

    la patience dans le temps... Image qui dit tout... Lien

  • deserteur
    deserteur
    Service Athée
    • Posté à 20h20 le 04/04/2010
    • Internaute 62084
      Service Athée

    les sans-bris

    spécialité japonaise ?

  • ZhongArt
    ZhongArt
    art de Chine sur ZhongArt.com
    • Posté à 22h52 le 04/04/2010
    • Internaute 93124
      art de Chine sur ZhongArt.com
  • Mr. Tanaka
    Mr. Tanaka
    Salaryman
    • Posté à 04h46 le 05/04/2010
    • Internaute 97995
      Salaryman

    des danses organisées ? ? ? ?

    Je n’ai jamais vu la moindre danse sous les cerisiers.
    Parfois quelques clubs de Flamenco qui se réunissaient sous les arbres et improvisaient 2, 3 pas, mais aucune danse à proprement parlé.

  • Enki
    Enki
    alchimiste
    • Posté à 12h23 le 05/04/2010
    • Internaute 9562
      alchimiste

    Sakura, la floraison des cerisiers.
    Les cerisiers japonais ne donnent pas de cerises, ils donnent sakura, et je ne connaissais ce symbole de beauté éphémère que par les films de samuraï...

    Dans le mini-van qui est venu me chercher à l’aéroport de Nagoya, je ne vois pas grand-chose qui me semble plus exotique que des signalisations en japonais sur des routes qui pourraient être européennes, jusqu’à ce que mon chauffeur s’exclame, excité : « Look ! Sakura ! ».

    Mon premier après-midi là, une des deux seuls Français de la ville m’emmène sous les cerisiers pour m’introduire à ce que je dois savoir ici. Les autochtones mitraillent les arbres de photos, les mêmes que l’année précédente, qu’ils posteront sur leurs blogs. Çà et là, des tonnelles sont dressées, des tables de camping dépliées, les barbecues fument à coté des glacières, pour les piques niques rituellement annuels.

    Le soir, je suis convié à mon premier hanami, nocturne. Après être grimpés le long des anciennes murailles du chateau de Matsusaka, nous rejoignons un groupe de gaijins et leurs amis japonais. « Hi guys, a frenchie ! ». Regroupés autour d’un banc sous les cerisiers illuminés, ils sont la plupart américains, anglais ou australiens, tous profs d’anglais, on me tend ma première canette de bière Asahi. Précieuse, elle me permet de décliner un verre de l’infâme piquette très chère, étiquettée « Bon ami » qui représente honteusement le vin français dans les supermarchés, aux cotés de vins chiliens ou australiens bien meilleurs.

    On parle américain, les quelques Japonais sont aussi intimidés que moi et parlent un anglais presque aussi mauvais, cela nous rapproche. « Paris, la tour Eiffel, mon look... » : on ne dépassera pas beaucoup les clichés ce soir, mais le contact est sincère, les Japonais qui sont avec nous sont là pour voyager un peu aussi.

    Marronnier national, pendant des semaines, les JT montreront la progression de la floraison du sud au nord du territoire, tout le monde l’attend, les tonnelles, tables et chaises pliables, barbecues et glacières sont prêts à charger dans les voitures.

    Les bâches bleues aussi, ces fameuses bâches universelles qui tapissent parfois les installations agricoles, que l’on déploie sur l’herbe pour pique-niquer, il y en a partout. Déployées sur le gazon pour les hanami de sakura, elle répondent au ciel tandis que la neige grâcieuse des pétales de fleurs donne au rendez-vous la lumière du printemps.

    Sakura, hanami, les bâches bleues, rien qui ne soit pas rassurant de sa récurrence ponctuelle pour les Japonais, sauf cette nouveauté : les exclus.

    • Georges D.-
      Georges D.- répond à Enki
      ok
      • Posté à 14h36 le 05/04/2010
      • Internaute 104005
        ok

      Très jolie description. Je n’en ai connu que la version américaine du « National Cherry Blossom Festival » de Washington (Festival national des fleurs de cerisiers) sous les milliers de cerisiers offerts par le Japon aux Etats-Unis au début du XXè siècle, tous répartis autour du « Tidal Basin ». Là aussi toutes les radios et télés locales informent de l’état d’avancement de la floraison, et l’excitation générale monte avant la grande parade.

      PS : on ne parle pas plus « américain » que « mexicain », « brésilien », « autrichien » ou « belge » : on parle anglais, espagnol, portugais, allemand ou français. La langue officielle des Etats-Unis est l’anglais.

      • Enki
        Enki répond à Georges D.-
        alchimiste
        • Posté à 16h36 le 05/04/2010
        • Internaute 9562
          alchimiste

        Aligato, Georges D. ... Ok, I ain’t that dumb, je sais bien que la langue officielle des EU est l’anglais, c’était une petite boutade pour marquer le désarroi dans lequel le manuel british english me laissât alors. Vous ne me contredirez pas si je dis qu’il y a des Américains qui parlent plus anglais que d’autres (outre le vocabulaire), ce qui vaut pour les Aussies aussi... Les ressortissants US trouvaient étrange le british « cheers » à toutes les sauces, tandis que les sujets de sa majesté étaient accablés par da f#g ponctuation !
        Alleï, à tantôt eune fouè, hehe...

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