
Retraites : 41 ans de cotisation, la seule solution ?
Xavier Bertrand jure qu'il ne fléchira pas sur ce point de la réforme des retraites, mais opposition et syndicats n'ont pas désarmé.

Xavier Bertrand le clame depuis des semaines : oui il va négocier avec les syndicats la réforme des retraites en préparation, mais non il ne cèdera pas sur le point principal qu'est l'allongement progressif de 40 à 41 ans d'ici 2012 de la durée de cotisation pour une retraite à taux plein. Une mesure inévitable, selon le ministre du Travail :
« Si nous ne faisons rien, une retraite sur dix ne sera pas financée et le déficit des retraites atteindra 11 milliards d'euros pour la seule année 2012. »
Le texte en est encore au stade des pourparlers, mais déjà il agite la sphère politique et sociale, notamment dans les couloirs de l'Assemblée nationale. Une occasion en or pour l'opposition de montrer les dents et de faire des contre-propositions. Mais les députés UMP demeurent sûrs du bien-fondé de la réforme :
Au premier rang de la majorité, le député Benoist Apparu estime que « c'est indispensable parce qu'on n'a pas cinquante leviers d'action » et « dès lors que les Français vivent plus longtemps, qu'ils travaillent un peu plus longtemps, c'est cohérent ». D'autant que le gouvernement accompagne la mesure de revalorisations :
► Augmentées de seulement 1,1% le 1er janvier, les pensions de retraite bénéficieront d'une nouvelle hausse -non encore fixée- au 1er septembre.► La pension de réversion pour les veufs et veuves augmentera par étapes d'actuellement 54% de la retraite du conjoint disparu à 60% début 2011.
► Le minimum vieillesse sera revalorisé de 5% par an d'ici 2012.
Pour le PS, l'urgence du moment n'est pas d'augmenter la durée de cotisation. « Le problème [du financement des retraites, ndlr] ne se posera vraiment qu'à partir de 2015/2020 », selon le député socialiste André Vallini. « D'ici là, il y a d'autres urgences » et particulièrement « le problème de l'emploi des séniors ».
L'échec de la réforme Fillon de 2003 ?
Seuls 38,1% des 55-64 ans travaillent en effet en France, selon les derniers chiffres de 2006, contre 43,5% dans l'ensemble de l'Union européenne, et « 6 millions de personnes âgées vivent avec des pensions largement inférieures au Smic ». Dès lors, a conclu le bureau national du Parti socialiste dans un communiqué :
« Nous récusons, en l'état actuel, tout allongement de la durée de cotisations qui réduirait encore davantage la proportion des salariés parvenant dans l'avenir à une retraite à taux plein. »
Et aux syndicats d'emboîter le pas au PS en dénonçant l'échec de la loi Fillon sur les retraites adoptée en 2003 et qui devait remédier au sous-emploi des séniors. Une loi sur laquelle ils se basent également pour contester l'allongement à 41 annuités. La réforme Fillon prévoyait cet allongement, sauf si le taux d'activité des personnes de plus de 50 ans n'évoluait pas. Ce qui est le cas. D'où la promesse des syndicats d'émailler le mois de mai de « mobilisations d'ampleur ».
Et le système de retraite par points ?
Si un mouvement majeur venait à bloquer l'action gouvernementale, plusieurs personnalités du centre et de la droite proposent de réfléchir à une troisième voie. Le député UMP François Goulard est de ceux-là :
« L'allongement de la durée de cotisation n'est pas le système idéal. Le système idéal est celui de la retraite par points qui est le seul à assurer durablement l'équilibre des retraites. Mais au sein de la majorité, au sein du gouvernement, les esprits ne sont pas mûrs pour adopter ce système intelligent. »
Un système déjà défendu par François Bayrou durant la campagne présidentielle. Le président du MoDem proposait de « remettre à plat tout le système des retraites » et expliquait la réforme qu'il voulait mettre en oeuvre :
« Dans ce système de retraite par points, où le montant augmente avec le temps de cotisation, les salariés conserveront le droit de partir à la retraite à 55 ans, mais leur retraite sera plus importante s'ils partent plus tard. Cette retraite à la carte aura pour principe le droit pour chacun de définir son temps de travail et son niveau de retraite. »
Une réforme « fondée sur l'égalité », argumente François Bayrou, mais aussi plus « libérale », précise François Goulard. Pas de quoi, certainement, rassurer les syndicats.
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De pedro66
informaticien bon à rien | 12H56 | 01/05/2008 |
« Pour le PS, l'urgence du moment n'est pas d'augmenter la durée de cotisation. “Le problème [du financement des retraites, ndlr] ne se posera vraiment qu'à partir de 2015/2020” “
Autrement dit et comme toujours, le parti socialiste attends d'être dans le mur pour chercher les freins .
Et ils s'étonnent de ne pas gagner les présidentielles .
Devant une telle clairvoyance, je ne peux que rester dubitatif …
à pedro66
De SiDi
Kitten ! | 13H39 | 01/05/2008 |
Le PS sous Jospin a mis en place, me semble-t-il, des caisses prévues pour compenser le déficit de la sécurité sociale le temps de trouver une véritable solution (sous-entendu après débat public). Où est cet argent ?
Or aujourd'hui, le clientélisme de l'UMP et ses mesures « sociales » et fiscales stupides (TEPA entre autres) font perdre des milliards, via les suppressions de cotisations sociales, sans parler de la corruption de certaines caisses de retraite gérées par le patronat (BTP notamment).
Plutôt que de supprimer ces incohérences et de compenser le « trou » restant par une augmentation proportionnelle de la cotisation (et une augmentation du temps de cotisation indexé sur le ratio temps de travail/durée de vie actuel, sans changer les dates de départ à la retraite, qui pénalisent les ouvriers), l'UMP nous propose donc des mesurettes et des sacrifices uniquement destinés à financer les cadeaux aux copains.
Et on devrait les applaudir, et critiquer le PS qui pourtant défend, pour une fois, une position pleine de bon sens ?
à SiDi
De dragon29
invalide a douarnenez | 17H41 | 01/05/2008 |
ces caisses ont déjà sibient une perte de 3 milliards (mauvais placements ) et oui on joue avec notre fric , quand a abonder ces caisses c'est passer aux oubliettes .
De toutes façon si on réfléchit un peut les jeunes commencent leur carrière au plus tôt a 22 ans car ils commencent après leurs études par une période de chômage , donc rajoutons a cela les inévitables 41 ans
de travail nous arrivons a une retraite a 63 ans , par contre les jeunes auront intéret a placer de l'argent pour leur retraite parcequ'on ne sais comment celles ci seront payées .
Bravo aux 53% de français qui ont voté pour le président actuel . ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
à dragon29
De kestiontoi
travailleur forcé | 19H40 | 01/05/2008 |
« La réforme Fillon prévoyait cet allongement, sauf si le taux d'activité des personnes de plus de 50 ans n'évoluait pas. Ce qui est le cas. »
Comment se fait-il que le premier ministre n'est pas capable de tenir ses ebgagements ?
De ce cas pourquoi leur faire confiance ?
« par contre les jeunes auront intéret a placer de l'argent pour leur retraite parcequ'on ne sais comment celles ci seront payées “. (dragon29)
Placer son argent ? ? ?
Quelle confiance peut-on avoir dans les placements boursiers ?
N'entendons-nous pas que les banques et autres organismes ont perdu dernièrement des milliards en bourse ?
Quant aux petits boussicoteurs ? ? ?
Des salariés ne sont-ils pas licenciés afin que les actionnaires empochent des bénéfices plus importants ?
Que penser des fonds de pensions qui achètent nos cliniques en prévoyant de les revendre dans 4 ou 5 ans ?
L'avenir des retraites est-il vraiment dans le Bourse ?
La Bourse n'est-elle pas un casino où les gens parient sur les bébéfices futurs d'une entreprise ?
Combien de petits actionnaires y ont-ils perdu toutes leurs économies ?
Demandez aux petits actionnaires Eurotunnel ? ?
Et l'emprunt russe au début du XXe siècle ? ….
à kestiontoi
De DBL8
Retraité | 12H12 | 02/05/2008 |
« Comment se fait-il que le premier ministre n'est pas capable de tenir ses engagements »
Il est comme des élus dans les communes, il pourrait dire :
les temps ont changés !
Propos entendu lorsque des habitants ont fait la remarque du non respect des engagements lors de la campagne municipale ! !
Bien sûr c'est à un autre niveau, mais lorsque des élus de l'opposition au gouvernement font comme lui… Comment donner des leçons ? !
à SiDi
De KAOUED
06H14 | 02/05/2008 |
Le fond spécial pour les retraites à été dilapidé par les socialistes pour financer les 35 heures , cette loi formidable de gauche qui a appauvri la classe moyenne.
Il est vrai que la « gauche caviar » a toujours oeuvré pour la classe moyenne : 35 Heures pour les non cadres,
defiscalisation des oeuvres d'art, » (eh oui, c'est la gauche qui a voté cela)
La politique économique de N Sarkosy peut etre criticable a bien des égards , cependant la gauche caviar néo colonial n'a pas le background nécessaire pour avoir une critique de cette politique économique crédible.
à KAOUED
De le _grand_clown_malade
if 6 was 9 | 10H03 | 02/05/2008 |
ah les 35h ! ce bouc-émissaire facile et pratique.
Rassurez-vous, Sarkozy compte bien les tailler en charpie. Plus de temps de travail légal, plus d'heures supp », ah la bonne blague, et lui qui se vante de son système d'heure supp » justement.
à SiDi
De le _grand_clown_malade
if 6 was 9 | 09H57 | 02/05/2008 |
+1 pour toi SiDi !
Trop facile de rejeter en bloc les arguments sous prétexte qu'ils viennent en partie du PS…
Quand au fond prévu par Jospin pour se prémunir du déficit de la sécurité sociale, il n'est pas impossible qu'il ai été utilisé à autre chose ; Cela ne donne que plus de crédibilité aux détracteurs de la sécurité sociale > plus rien pour éponger !
Toujours pareil, cette solution des 41 ans et de décote -qui me semble rapide et injuste- nous habitue un peu plus à vivre pour travailler… Et même à vivre plus pour travailler plus !
à pedro66
De lilialbazar
travailleure sociale à Toulouse | 13H54 | 01/05/2008 |
b jour,
je ne sais qu'elle est l'urgence du ps. mais pour le ps et l'ump une question : Que fait-on pour les retraites des députés qui touchent pour 5 ans de députation 1500 euros pour 10 ans 3000 pour 15 ans 4500 etc ? Ces retraites ne sont pas incompatibles avec les autres retraites : celles présidentielles, celles de président d'agglomération, celles de maires.. ; Nous comprenons pourquoi le cumul des mandats.. ; Alors à quand La REFORME des retraites des députés. Et celles des militaires ?
Des hauts fonctionnaires de l'administration ? Y aurait-il deux sortes de fonctionnaires ? D'un côté des infirmières, des policiers, des enseignants et de l'autre des intouchables. Ceux-là même qui nous disent qu'il faut travailler plus pour toucher moins. By
à lilialbazar
De JJD
16H26 | 01/05/2008 |
tout à fait d'accord, et en plus il faut rajouter qu'avec des 1/4 temps de ce type (voir la vidéo de Rachida Dati), sans compter les jetons de présences dans les conseils d'administration… on peut cumuler plusieurs emplois, donc plusieurs retraites ! ! !
à lilialbazar
De kestiontoi
travailleur forcé | 19H49 | 01/05/2008 |
« Alors à quand La REFORME des retraites des députés. Et celles des militaires ? » (lilialbazar)
Rappelez-moi qui votent les lois ?
Pourtant le gouvernement, n'at-il pas mis les régimes spéciaux en cause ?
Pas le leur ? Tiens comme c'est étonnant ? ? ? ? ? ?
Et les syndicats, qu'attendent-ils pour demander que leurs privilèges soient abolis afin que tout le monde participe aux économies ? et quelles économies ce ne sont pas des petites retraites ? ! ! ! ! ?
à kestiontoi
De DBL8
Retraité | 12H15 | 02/05/2008 |
N'en demandez pas trop ! !
Ils sont C..s mais pas à se point !
Savez-vous que les maires ont aussi été augmentés il y a peu et ce après une augmentation qui n'était pas ancienne pour la dernière ?
Leurs augm. est elle aussi très importante, mais pourquoi ne pas en parler ?
Dites-nous de combien nos maires et adjoints ont été augmentés ses dernières années ! ! « M'sieur rue 89 ! »
à lilialbazar
De voxpopuli
08H45 | 02/05/2008 |
Dans les autres fonctionnaires, vous oubliez de mentionner que les retraites sont calculées sur les 6 derniers mois d'exercices. Alors que dans le privé c'est sur les 25 derniéres années. Comme d'habitude le privé finance le service publique (59 fonctionnaires pour 1000 habitants, le niveau le plus élevé d'Europe). Il va falloir comprendre que l'on ne peut plus avoir le beurre et l'argent du beurre », la sécurité d'emploi du fonctionnaire et l'assurance d'une retraite paisible » Bizarrement, on en parle pas ? On met toujours un point d'honneur a incriminé le chômeur, la personne agée qui consomme des médicaments, bref les bouc émissaire habituels. Alors à quant les décisions courageuses ! Dans ce débat, gauche ou droite ne font pas mieux. Comme disais coluche, « pour l'augmentation des retraites des députés Gauche et droite ont voté à l'unanimité le projet de loi, Je me demande si ce n'est pas un peu ca, LA LOI DU MILIEU ».
à pedro66
De maka
14H46 | 01/05/2008 |
droite ou gauche c est kif kif bouricot.
je suis a la retraite taux plein ,je viens de creer une micro artisan depuis juin 2007 et figurez vous que je repaye une retraite que je ne toucherait jamais et je recotise pour la santé et tout le reste : ON CROIT REVER ; ; ; ; ; ;
à maka
De Tophee
en haut a gauche | 16H15 | 01/05/2008 |
On ne cotise pas pour soi meme, mais par solidarite.
Maintenant, si ceux qui vivent du revenu d'action, de stock option ou percoivent des loyer pouvait etre solidaire, cela nous eviterais peut etre de toucher mons /cotiser plus.
à maka
De christan
appareilleur | 17H26 | 01/05/2008 |
Entierement d'accord,ma femme a eleve nos 3 enfants,puis à repris un tavail de secretaire medicale 23 ans et a liquide,comme ils disent sa retraite,une misere360 euros mensuels.
Ensuite,elle s'est occupee,en etant declaree, d'une femme malade,là aussi, elle a cotise pour la secu en sachant que cela ne lui apporterait rien.
Cest la justice sociale vue par les politicards,qui eux ne cotisent jamais en vain ;
à christan
De kestiontoi
travailleur forcé | 19H54 | 01/05/2008 |
« Cest la justice sociale vue par les politicards,qui eux ne cotisent jamais en vain »
Et que dire de la décote si vous voulez partir à la retraite avant d'avoir atteint les 40 années de cotisation ?
Pourtant cette décote ne s'apparente-t-elle pas à du RACKET ?
à kestiontoi
De DBL8
Retraité | 08H22 | 02/05/2008 |
Et ceux qui ont cotisés plus de 40 ans (pour moi 43 sans compter les 3 années d'apprentissage) ne touche pas plus, pas un centime ! !
De François Doutriaux
Juriste et enseignant chercheur | 16H54 | 01/05/2008 |
Amusant.
Lionel Jospin a créé un fonds de prévoyance qui doit permettre de faire face aux évolutions démographiques en matière de retraite.
Ce fonds était abondé à hauteur de 30 milliards d'euros. Il aurait du en comporter 300 en 2007 mais…aucun des gouvernements UMPs successifs n'a effectué l'abondement prévu.
Encore plus fort, la CDC a réussi a dévaloriser le fonds de 10%…et a dilapider ainsi 3 milliards (certe virtuellement, la perte ne deviendra effective que lors de la réalisation des arbitrages, et le fonds peut d'ici là se revaloriser).
Le gouvernement actuel n'envisage nullement d'abonder.
Au contraire, il cherche le moyen de récupérer les 27 milliards en question pour combler les trous budgétaires actuels.
Vous parliez d'imprévoyance ?
Vous devriez mieux vous renseigner…
Quant à l'allongement des durées de cotisations, il est tout à fait souhaitable…à la condition express que le taux d'emploi des séniors augmente considérablement. La France présente toujours à cet égard l'un des taux les plus faibles d'Europe (35 à 38% selon les sources). Allonger la durée de cotisation préalablement au redressement de l'emploi des séniors est simplement une stupidité : réduction du pouvoir d'achat d'une part croissante de la population, et partant de notre croissance. Sans même évoquer l'injustice sociale criante de cette façon de procéder, qui va une fois encore peser sur les plus modestes, l'orientation choisie est économiquement contreproductive.
A l'heure actuelle, il ne s'agit pas de réforme : le but (tout comme l'augmentation des départs en préretraites avec la loi Fillon 2003, en apparence contradictoire avec la volonté de la réforme Fillon 2008 de « mettre les séniors au travail ») exclusif de ces textes est d'augmenter le nombre des retraites avec décote.
1° Autant de gagné pour l'état jusqu'au décés du salarié concerné.
2° Incitation forte des salariés actuels à se tourner vers la retraite par capitalisation pour compenser la perte prévisible de revenus.
Cette « évolution » qui ne tient pas compte de plus de l'allongement actuel de la durée des études, n'aura qu'une seule conséquence : limiter les déficits publics au détriment des revenus modestes et moyens, ceux qui - sauf exception (PERCO par exemple) n'ont pas les ressources d'une retraite complémentaire.
La cohérence et le sens de la justice de l'UMP en pleine action…
L'un des principaux problémes actuels de la France ressort par ailleurs de la pénurie de main d'oeuvre pour les hauts dîplomés.
Dans le systéme actuel (où dîplome n'est pas synonyme de rémunération élevée), cette « réforme » constitue également une forte pénalisation pour les entrées tardives sur le marché du travail.
Un post-doctorant qui rentre dans un laboratoire de recherche à 28 ans sera, en France, trés mal payé et devra travailler jusqu'à 69 ans pour toucher une (maigre) retraite à taux plein.
Parrallément, l'UMP hurle depuis dix ans sur la fuite des cerveaux (trés relative) et la nécessité de préserver notre compétititivité.
Tout cela est géré avec beaucoup d'intelligence et de compétence…
Rapellons enfin que les déficits publics ne sont pas liés à l'augmentation des dépenses (stable en % du PIB depuis 1974) mais à la réduction constante des recettes, liées à la politique d'exonération fiscale clientéliste de l'UMP (Les seules entreprises coûtent désormais 60 à 65 milliards par an de pertes de recettes ou de subventions directes…pour 55 milliards de recettes de l'IS ! ! ! ).
Il est effarant de constater que l'augmentation prévisible des retraites à l'horizon 2012, telle que présentée par le ministre, est d'un coût trés inférieur au paquet fiscal (dont 70%, selon l'OCDE, profite à moins de 20% de la population française).
Effarant également de constater que la pression continue s'exerce systématiquement sur les mêmes catégories socioprofessionnelles.
Une contribution des grandes entreprises (100 milliards de bénéfice pour les entreprises du CAC 40, dont le taux d'imposition est trés inférieur aux 33,33% de principe, 85% des entreprises françaises imposées à 15%, ce qui place le taux réel au plus bas niveau d'europe, niches fiscales diverses, etc..) ou encore des 10% des foyers fiscaux les plus riches dont les revenus ont augmenté sur la période 1998/2007 2 à 10 fois plus vite que ceux de 90% de la population, alors même que les cadeaux fiscaux se multiplient(exonérations fiscales mutipliées en matière de donations, de successions, boucleir fiscal, etc..) pourrait être envisagée.
Lentement mais sûrement, la France se transforme en paradis fiscal pour hauts revenus. A la même vitesse, à vrai dire, que s'accélére la paupérisation de la population et la pression fiscale exercée sur l'essentiel de la population.
Si l'ambition de l'UMP était de transformer notre pays en un Lichtenstein de 64 millions d'habitants, qu'il se félicite, on en approche rapidement…
Les voies alternatives (abondement du fonds « Jospin », taxation des plus value de la rente et de la spéculation, systéme d'incitation par majoration des années supplémentaires, etc…) sont nombreuses.
Aucune n'a l'avantage (apparent) de permettre une présentation simplificatrice et démagogique de la situation des retraites.
L'argument même de l'évolution de l'espérance de vie est une vaste fumisterie : à se fonder sur cet aspect, la durée de cotisation devrait être indexée, ou à tout le moins augmenter de manière beaucoup plus importante. Avec un gain d'espérance de vie de 1 mois tous les 3 mois, la durée de cotisation devrait augmenter de 1 ans tous les 3 ans. De 3 ans au moins par décade.
Nous en sommes trés loin.
Une réforme aberrante sur le fonds, stupide sur la forme, et qui ne résoud rien : la même problématique se reposera selon les mêmes termes dans cinq ans.
Et c'est peut-être sur cela que l'UMP table : à terme, avec une préparation adéquate, il est tout à fait probable que la retraite par répartition soit au moins partiellement abandonnée, au « profit » d'une retraite par capitalisation sur le modéle anglosaxon.
Avec les résultats que l'on sait…
à François Doutriaux
De le _grand_clown_malade
if 6 was 9 | 10H15 | 02/05/2008 |
Très intéressant et très fourni !
Je souhaite aux 45% de gens qui ont voté Sarkozy de méditer sur votre témoignage.
Je doute que le système que vous décrivez avec précision profite à tant de personnes.
à François Doutriaux
De perlin et pinpin
02H16 | 03/05/2008 |
Développement intéressant mais j'ai quelques doutes sur vos chiffres (citer davantage vos sources aurait été une bonne idée). Même si l'écart se creuse entre riches et pauvres, il me semble que vous en rajoutez un peu.
Sur l'allongement de la durée de vie, j'en étais resté à un trimestre par an, ce qui fait un an tous les 4 ans et non pas tous les 3 ans.
Vous concluez un peu rapidement il me semble, qu'on ne va pas aligner la durée de cotisation sur la durée de vie. Rien n'est moins sûr. Si l'on passe à 41 ans en 2012, pourquoi pas à 42 ans en 2016, 43 ans en 2020, etc ?
Il existe beaucoup de pays où le départ en retraite est supérieur au nôtre (en particulier les pays ou la retraite par capitalisation domine, car la capitalisation c'est aussi la précarité, je ne vous fais pas un dessin avec la crise financière actuelle). Il existe encore plus de pays où il n'y a pas de retraite… mais là n'est pas le sujet.
La niche fiscale française que vous évoquez fait aussi partie d'une certaine exagération, au moins par rapport aux autres pays riches qui favorisent tous leurs classes dominantes, on peut aisément l'imaginer sans connaître dans le détail le fonctionnement de chacun d'eux. Ce n'est pas joli-joli mais c'est une réalité humaine.
Enfin et pour mettre un peu de perspective sur vos propos, il ne faut pas oublier qu'il y a encore moins de trente ans, l'âge légal de la retraite était de 65 ans, à une époque ou de surcroit on travaillait entre 40 et 45 heures par semaine et dans des conditions de pénibilité plus grande qu'aujourd'hui.
Alors qu'un ouvrier prenne sa retraite à 61 ou 63 ans et qu'un ingénieur la prenne 4 ans plus tard, ne me choque guère. N'oublions pas que le nombre de septuagénaires actifs voire suractifs est aussi en constante évolution et c'est tant mieux pour leur santé, après tout.
Vous me direz peut-être qu'on ne peut pas comparer l'activité d'un septuagénaire à un travail, car son activité à lui c'est un loisir (en général). He bien pourquoi ne pas inventer le travail-loisir ? Pourquoi ne pas imaginer que la fin de carrière des travailleurs soit davantage orientée selon leurs souhaits ? Pourquoi ne pas profiter de cette aubaine d'avoir des gens expérimentés encore dans le circuit pour leur confier des tâches de transmission du savoir, de projection d'avenir, de conseil dans le lancement de nouveaux produits ou processus, de tutorat des juniors, de dialogue avec les enseignants, de benchmarking…
à perlin et pinpin
De François Doutriaux
Juriste et enseignant chercheur | 10H31 | 03/05/2008 |
Pour l'espérance de vie : ce chiffre provenait d'un article de Science et vie. Aprés vérification, le gain précis sur la période 1997/2007 est, d'aprés l'INSEE, de 3,33 mois par an. 1 mois tous les 3,6 mois. Nous avons donc tous les deux raisons ^^. Ceci étant, l'ordre de grandeur reste le même. De plus, ce chiffre progresse sans cesse. Il va vraisemblablement continuer à augmenter sur la prochaine décénnie.
Pour l'évolution : imaginons 41 années de cotisations en 2012, puis 42 en 2016, puis 43 en 2020. D'une part le probléme des retraites est essentiellement conjoncturel et va particuliérement peser sur la période 2010/2030. D'autre part, il ne me paraît pas souhaitable de devoir réformer ce point tous les quatre ans : l'évocation de l'allongement des durées de cotisations remonte, en France, à 1993. Il aura fallu 15 ans pour que cette réforme aboutisse (probablement). Je maintiens que la portée de la réforme est minime, et ne régle rien pour le futur. La loi fillon de 2003 prévoyait d'ailleurs une indexation sur l'espérance de vie…
Pour le fonds de réserve des retraites : créé en 2002 par Lionel Jospin avec le produit de la « cagnotte » fiscale, il devait être abondé par le produit des privatisations ultérieures (rapellons que l'UMP avait ultérieurement « promis » que lesdites privatisations seraient uniquement employées pour réduire le déficit, ce qui n'a pas une seule fois été respecté). Le fonds devait contenir 300 milliards en 2008. Il en comptait 34,5 essentiellement du fait de sa valarisation. Le 9 avril, le canard enchainé a révélé que la CDC avait « perdu » 3,1 milliards d'euros sur ce fonds du fait de la crise finançière. L'article évoquait également les manoeuvres actuelles du gouvernement pour faire main basse sur ce trésor de guerre (Xavier BErtrand indiquait voulait l'exploiter avant la date prévue de 2020 : le projet prévu est de le fusionner avec la caisse d'amortissement de la dette sociale). Un autre exemple de la « gabégie » de la gestion socialiste et de la « rigueur » de la gestion UMP : l'explosion des dettes publiques actuelle va donc selon toute probabilité être
finançée grâce au détournement d'un fonds de prévoyance mis en place par les socialistes, au détriment des retraités futurs…
Pour la retraite par capitalisation : sauf erreur flagrante de gestion ou fraude, un fonds par capitalisation ne se dévalorise pas. L'exmple du fonds jospin est parlant : avec la « crise actuelle », comme vous dites, le fonds a perdu 3 milliards…moins que sa valorisation depuis sa création en 2002. Et encore cette perte est-elle virtuelle. Sur des marchés à long ou trés long terme, perdre de l'argent est normalement impossible.
Sur l'âge de départ en retraite : revenir trente ans en arrière ne me paraît pas un extraordinaire progrés social. Il y a à peine trente cinq ans, la femme était juridiquement la fille de son mari pour ne prendre que cet exemple… Ceci étant, comme je le précisais, je ne suis pas du tout hostle à l'allongement de la durée de cotisation…à condition que le taux d'emploi des seniors soit PREALABLEMENT ramené à un niveau acceptable.
Dans les conditions actuelles (35 à 38%), on ne peut réellement parler d'allongement de la durée de cotisation, mais plutôt d'augmentation des retraites prises avec décôtes.
Je concluerai en reprenant les propos de monsieur Dutreuil, récemment rapportés par Charlie Hebdo :
« Le problème que nous avons en France, c'est que les gens sont contents des services publics. L'hôpital fonctionne bien, l'école fonctionne bien, la police fonctionne bien. Alors il faut tenir un discours, expliquer que nous sommes à deux doigts d'une crise majeure - c'est ce que fait très bien Michel Camdessus , mais sans paniquer les gens, car à ce moment-là, ils se recroquevillent comme des tortues. »
Cette explication de texte sur la « stratégie » gouvernementale, totalement adaptée au probléme des retraites, se passe de tout commentaire…
à François Doutriaux
De perlin et pinpin
07H31 | 04/05/2008 |
Vous êtes décidément très convaincant, je retourne donc dans le scepticisme que j'affectionne sur la question de la stratégie du gouvernement actuel sur l'âge de la retraite.
Je retiens notemment votre point de vue sur la capitalisation à long terme qui ne se dévalorise pas.
La caractère PREALABLE de l'emploi des seniors est également là pour nous montrer que le problème ne sera pas résolu par un décret allongeant la durée du travail.
2 bémols toutefois :
- la comparaison à une situation antérieure ne me parait pas antinomique du progrès social a priori. La plupart du temps ce n'est en effet pas une bonne référence, mais il existe quelques exemples pour contredire cette vérité : la montée nécessaire des bonnes pratiques écologiques nous le rappelle : rouler dans des voitures plus petites et plus sobres, économiser l'eau, récupérer et valoriser ses déchets, respecter les cycles naturels de consommation des légumes… Même chose pour les bonnes pratiques alimentaires pour luter contre l'obésité : revenir à de la cuisine familiale plus traditionnelle, s'astreindre à des heures de repas régulières, limiter les sucreries pour les enfants…
- votre citation de conclusion sur la satisfaction que procurent les services publics peut tout de même souffrir quelques contradictions : la lenteur de la justice, l'incapacité de l'école à transmettre certains savoirs basiques, la gabegie de certaines administrations (Sécurité Sociale, ASSEDIC vs ANPE, impôts vs trésor public), les disfonctionnements et insuffisances des transports en commun…
Sur l'utilisation des fonds de réserve, je rappelle quelques éléments qui pourraient ouvrir la question : la dette de la sécurité est en voie de résorbtion grâce à la CRDS (ce dont personne ne parle plus d'ailleurs). Le fameux trou de plus de 100 mds€ est actuellement passé à 70 est sera proche de 0 dès les années 2020 (les chiffres précis sont consutables sur le site de la CADES : http://www.cades.fr). La CRDS est une charge sociale qui a l'avantage de ne pas se limiter aux revenus salariés. Dès lors pourquoi ne pas utiliser ces fonds au financement des retraites après 2020 ?
à perlin et pinpin
De François Doutriaux
Juriste et enseignant chercheur | 14H35 | 05/05/2008 |
Un point essentiel doit être précisé :
la dette de la sécurité sociale est improprement nommée.
La sécurité sociale n'a quasiment jamais été déficitaire.
En revanche, une part trés importante des contributions à la sécurité sociale de l'état (notamment sous la forme de remboursement d'exonérations), de nombreux versements sur taxes diverses, certains versements des entreprises et des collectivités locales ne sont jamais effectués.
S'ajoute à cette pratique courante l'habitude de transférer dans les lois de programmation budgétaire des dettes de l'état afin de limiter la violation des critères de Maastricht. Chaque année présente son lot de « nouveautés » à cet égard.
Quelques exemples pour 2003 :
Non reversement partiel des taxes sur l'alcool, le tabac et les primes d'assurances automobiles : 12,9 milliards.
Retards de paiement des entreprises et pour les contrats aidés : 4 milliards.
Part de la TVA et de la taxe sur les industries polluantes destinée à la Secu non reversée : 3,2 milliards.
Et encore ne tient-on pas compte des transferts indus des dettes de l'état dans la loi de finançe…
D'aprés le rapport des comptes de la sécu (source de ces chiffres), la sécu française 2003 est donc excédentaire de 9 milliards, et non déficitaire de 11 milliards.
Pour 2006, elle est déficitaire de 9 milliards…et le seul état central lui doit…9 milliards.
Cependant, comment dissimuler les déficits publics (ces 20 milliards ne sont pas perdus pour tout le monde) et justifier une pression accrue sur les particuliers (déremboursement, diminution des prises en charge, franchise médicale,etc…) si la sécu n'est pas terriblement déficitaire ?
Rappel de la « stratégie » Dutreuil : tenir un « discours » sur une catastrophe imminente afin de justifier l'injustifiable…
C.Q.F.D
à pedro66
De pablico
16H51 | 01/05/2008 |
pour résoudre ce problème de retraite, il peut y avoir pléthore de solutions.
Notre gouvernement lui, pense qu'il faut rallonger le temps de travail (c'est son paradigme).
allez faire de la haute technologie (qui change tout le temps) avec des petits « vieux'…même et surtout les employeurs connaissent bien le problème.
Nous avons encore de la chance, imaginez qu'il ait choisi une distribution gratuite de tisane de cigüe à 70 ans.
ouf on l'a échappé belle au niveau des idées fixes. : -(
à pedro66
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 06H40 | 02/05/2008 |
Quels imbéciles ont fermé le commentaire précédent ? Les mêmes qui fermeront sans doute celui-ci. La volonté des lecteurs de ce site de ne pas vouloir lire ce qu'ils n'approuvent pas est révoltante. La démocratie ça se mérite, et plus le temps passe plus je pense qu'on ne la mérite pas. Les retraites ? Mais faites les calculs N.de D. !
Pierre JC Allard http://nouvellesociete.org/5164.html
à pierrejcallard
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 06H44 | 02/05/2008 |
Je faisais allusion au post de pedro66. Les commentaires se placent avec une amusante spontanéité, ce qui contribue à l'impression générale de totale anarcjie du débat
PJCA
De déluge
menuisier | 12H59 | 01/05/2008 |
Il n » y a pas plus de problème de retraite que de Sécurité Sociale.
Il y a un simple, mais gros problème de répartition des richesses et des fruits du travail.
Le déficit de la sécu et des caisses de retraite est un problème POLITIQUE.
Ou est inscrit dans les lois naturelles (si elles existent) que ces différentes caisses doivent être équilibrées comptablement ? Par les seuls futurs bénéficiaires ?
Arrêtons de regarder les choses uniquement sous l'angle d'une comptabilité d'entreprise où l'équilibre est indispensable pour des raisons d'équité.
On parle là d'instruments VITAUX pour la population.
à déluge
De Le Yéti
yetiblog.org | 14H52 | 01/05/2008 |
Je m'apprêtais à y aller moi aussi de mon petit commentaire, mais celui de déluge|menuisier suffit largement à exprimer mon point de vue. Merci, M. Déluge.
à déluge
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 06H50 | 02/05/2008 |
@ deluge menuisier : je suis bien d'accord avec vous que toute la société est à refaire, mais on n'arrivera à rien si on ne peut pas discuter des problemes un à un. ON FAIT QUOI ?
Pierre JC Allard http://nouvellesociete.org/701.html