
Est-ce au Parlement de ratifier le traité européen ?
Si son adoption paraît inéluctable, la minorité d'élus opposés au texte ne désarme pas pour autant.

Le calendrier est arrêté : le projet de loi modifiant la Constitution française, préalable à la ratification du Traité de Lisbonne, sera examiné le 15 janvier par les députés, le 28 par les sénateurs. Puis direction Versailles, où le Congrès sera réuni le 4 février.
A l'Assemblée, les élus sont divisés entre convictions et pragmatisme, au-delà du clivage gauche/droite. A chaque évocation de la question dans l'hémicycle, les « référendum, référendum » se mêlent aux sifflets. Il y a ceux qui sont favorables à la procédure et au texte, ceux qui réclamaient un référendum mais approuvent le traité, et ceux qui s'opposent à la fois sur le fond et la forme :
Le PS l'avait promis durant la campagne présidentielle : s'il accède aux responsabilités, il soumettra le Traité de Lisbonne à référendum. Le résultat de l'élection étant celui que l'on connaît, c'est la promesse de Nicolas Sarkozy qui s'appliquera : le « traité simplifié » passera par la case Congrès pour être ratifié.
L'UMP ayant une large majorité au Parlement, l'issue du vote ne fait aucun doute. La quasi totalité de ses élus devraient dire oui comme un seul homme. Même si certains grimacent à l'idée d'assumer le fait de passer outre la consultation populaire. François Goulard est de ceux-là. Pour lui, « ce n'est pas entièrement satisfaisant », mais « l'Europe a besoin réellement d'avoir des règles de fonctionnement qui changent ».
L'opposition réclame pour la forme un référendum
« Il faut être pragmatique. » Le mot d'ordre est identique du côté des socialistes. Le Bureau national du parti l'a acté en novembre : la position officielle du PS est le oui au Traité de Lisbonne. Quant à la procédure d'adoption, « la question est légitimement posée », reconnaît Gaëtan Gorce, mais question légitimité, le Parlement l'est tout autant pour « ratifier les traités portant sur l'Union européenne ».
Pour faire respecter leur promesse de campagne, les socialistes déposeront pour la forme le 15 janvier, avec les Verts et les communistes, une proposition de loi demandant la tenue d'un référendum. Pour la forme, car la majorité UMP-Nouveau Centre y est hostile, de même qu'un certain nombre de députés PS.
Insuffisant pour faire échouer la ratification parlementaire
La démarche de Gauche Avenir n'a de fait pas plus de chances d'aboutir. Le club de réflexion, qui rassemble politiques et penseurs de gauche, milite pour réunir la minorité de blocage nécessaire au Congrès -2/5e des suffrages- et faire échouer la révision de la Constitution française. Nicolas Sarkozy serait alors contraint de faire ratifier le traité européen par la voie référendaire. Or, il faudrait que l'ensemble de l'opposition plus quelques élus de droite votent non à Versailles, ce qui semble loin d'être acquis.
Devraient donc principalement s'opposer à la modification constitutionnelle, puis à la ratification du traité, les députés de la droite souverainiste, Nicolas Dupont-Aignan en tête, pour qui le passage du texte devant le Congrès est un « viol », ainsi que les élus de la gauche antilibérale, dont le communiste Maxime Gremetz, qui martèle : « Ce que le peuple a décidé, il n'y a que le peuple qui peut le défaire. » Insuffisant pour contrarier la volonté présidentielle.
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De File moi une clope
gauloise brune | 15H42 | 21/12/2007 |
Non.
à File moi une clope
De napakatbrax
16H00 | 21/12/2007 |
Ce qui est marrant, enfin…, c'est qu'au moment où Chirac a décidé de soumettre la constitution a référendum, tout le monde a applaudi des quatre mains, ovation générale…
(ah oui, un détail, c'était à l'époque où les sondages donnaient 70% de OUI)
http://lesmots.freelatitude.net
à File moi une clope
De Bosco 13
17H15 | 21/12/2007 |
La majorité des français a refusé la constitution européenne, que fait notre démocrate président il va tout simplement la faire adopter par le congré, car nos députés et sénateurs vont ratifier le traité de Lisbonne on a changé le titre mais pas le contenu.Et dire que nos hommes et femmes politique osent dire qu'ils nous représentent.Le seul qui fut un peu honnete c'est De Gaulle battu lors du référendum en 1969 il est parti lui.
à Bosco 13
De lamichael
23H11 | 21/12/2007 |
la « majorité des Français » a voté pour sarkozy.
que va faire « sarkozy » ? tout simplement ce qu'il a toujours fait.manipuler autrui.
eh oui ! dire que nos politiciens se disent du peuple ? ? ?
c'est poussé,non ?
mais il parait aussi, que nous avons les politiques que l'ont méritent.
53% on dit oui àààààà…qui vous savez.
le presque même score a dit non à l'europe de qui vous savez.
(ce comploliticiens avait dit« AU REVOIR » et pas adieu.)
nicolas de nazareth va accomplir les paroles de son dieu.qui n'est autre que lui-même.
de notre statut de moutons,nous sommes entrains de passer à celui de povcon !
ps : tous a versailles le 4 février
à Bosco 13
De Valéry-Xavier Lentz
www.taurillon.org | 08H13 | 22/12/2007 |
Le traité constitutionnel n'entrera pas en vigueur en effet en dépit du fait qu'il avait été adopté par une large majorité des Etats membres (18 contre deux qui ne l'ont pas fait).
Il fallait donc la renégocier et prendre en compte les critiques formulées. Ces dernières étant souvent contradictoires (une opposition à la gauche de la gauche était combinée en France à une opposition veant de la droite de la droite). Il fallait en outre renégocier avec des gouvernements (Pologne, Royaume-Uni) qui ne partagent pas ls options politiques de la gauche du no, avec 18 gouvernements qui doivetn faire respecter le voet d leurs citoyens, et renégocier avec un gouvernement français fraichement et largement élu dirigé par des partisans du traité. Le plan B ne pouvait donc être qu'une renégociation à la marge et non pas sur l'ensemble du texte. En outre personne ne souhaite revenir sur les traités antérieurs à la différence par exemple de l'extrême gauche fraçaise qui remet tout simplement en cause l'économie de marché. La priorité pour ceux qui souhaitent des réformes plus radicales est de prendre le pouvoir. Je constate que l'électorat ne leur confie pas et a voté à 80% pour des partisans de la construction européenne.
Il n'est donc guère surprenant que le nouveau traité reprennent une partie importante des avancées obtenues lors de la Convention sur l'avenir de l'Europe dont les travaux avaient aboutis au traité signé en 2004. Il est en revanche parfaitement erroné de dire que les deux traités sont identiques. Le traité de Lisbonne fait montre de bien moins d'ambitions dans le domaine politique et avant tout ne comporte pas la dimension cnstitutionnelle du précédent traité.
Or c'est précisément en raison de cette vocation constitutionnelle que le traité de 2004 avait été soumis à référendum. Cet aspect avait été jugé par certain sufisament important pour justifier une procédure de ratification extraordinaire, comme on avait tenu en 1992 un référendum sur le traité dit de Maastricht qui portat notamment sur la monnaie unique.
En revanche des traités qui ne comportaient pas d'innovation particulière tels les traités d'Amsterdam ou de Nice ont donné lieu à une retification parlementaire comme c'est le cas pour la plupart des traités internationaux et comme le prévoir la cnstitution française.
L'abandon - malheureuse - de l'ambition constitutionnelle par les gouvernements européens chaneg profondément la nature du texte qui deviens - avec plusieurs autres modifications comme le chagement de statut dela charte des droits fondamentaux par exemple - une simple complilation d'amendements mineurs - mais utiles - aux traités existants.
Cette différence essentielle a pour conséquence qu'une grande partie des élus politiques issus des partis démocratiques qui s'étaient prononcés contre la ratification du traité constitutionnel se prononcent désormais différemment sur le nouveau traité de Lisbonne.
Ce qui est frappant dans les débats actuels sur le web c'est que les adversaires de l'Europe ont renoncés à débattre du fond et se contentent de mener une campagne sur le thème de la procédure de ratification sans nous dire en quoi le nouveau traité serait pire ou meilleur que les traité existants.
Le traité de Lisbonne est avant tout un traité de sortie de crise : l'Union fonctionne au ralenti depuis deux ans. Il faut pourtant aujourd'hui de consacrer à des chantiers urgents : croissance, changement climatique, action externe, promotion de nos valeurs et de nos intérêts… Il apporte des outis institutionnels pour permettre à l'Union d'agir plus efficacement tout en renforçant son fonctionnement démocratique : les Parlements nationaux sont mieux associés et peuvent réexaminer une proposition de la Commission, les pouvoirs du Parlement européen sont renforcés à nouveau.
Comme souvent l'Europe avance par des négociations complexes et à petits pas. Je serais intéressé que l'on me cite une seule mesure nouvelle dont l'importance serait telle qu'elle justifie une procédure de ratification extraordinaire.
à Valéry-Xavier Lentz
De Gotch
ancien ouvrier de la banque | 11H39 | 22/12/2007 |
Il faut que vous compreniez une évidence, qui vous a sans doute échappé. L'économie de marché est adaptée à une situation de sources d'énergie abondantes et bon marché, de ressources minières sans limites, de conditions climatiques optimales…. tous ces facteurs sont désormais révolus à plus ou moins long terme, donc une telle présomption de croissance sans frein, source de profits pour certains, est devenue inadéquate !
Il va falloir limiter les transports de marchandises le plus possible. Il va falloir économiser les stocks de matières premières qui s'épuisent. Il va falloir tenir compte de plus en plus de l'exagération en rejets divers, qui pèse de plus en plus sur le climat, sur la pollution de l'air, de l'eau et de la terre, et menace de tout empoisonner. Cela devient vital, et c'est absolument contraire à cet axiome qu'est l'économie de marché, basée sur l'expansion de tous les facteurs de risque.
Voilà pourquoi ratifier ce nouveau traité est tout simplement criminel : nos enfants en mourront à coup sûr, et la Terre entière avec eux. Est-ce bien ce que vous souhaitez ?
à Gotch
De Valéry-Xavier Lentz
www.taurillon.org | 15H51 | 22/12/2007 |
L'économie de marché est le système économique en vigeur dans la plupart des pays du monde et en toute hypothèse dans tous les pays démocratiques.
Elle doit bien sur être adaptée, évoluer, réglementée mais ses fondamentaux restent là. Le degrés et l'orientation de cette réglementation fait l'objet du débat politique mais ceux qui souhaitent tout simplement un système économique colectiviste ou étatistes ne recueillent tout simplement pas de nombreux votes chez les citoyens.
En toute hypothèse c'est le système économique de notre pays et le traité européen n'a strictement rien à vior dans toute cette histoire.
Tout au contraire il permet le commerce entre les États-membres de l'Union mais il permet aussi sa réglementations.
Les politiques européennes dans le domaine de l'environnement existent. Le Parlement européen agit pour les renforcer. Si vous voulez des réglementations plus sévères, élisez plus d'écologistes au Parlement européen et cela y contribuera.
Pour mémoire, je vous confirme que je ne souhaite pas le décès de mes enfants pas plus que de la terre entière, tout au cntraire c'est pourquoi il me semble nécessaire de ratifier ce traité afin que l'Union puisse bénéficier d'institutions plus efficaces et démiocratiques et donc de meilleures politiques.
à Valéry-Xavier Lentz
De P2P
16H11 | 22/12/2007 |
-----
« Il est en revanche parfaitement erroné de dire que les deux traités sont identiques »
-----
C'est le même traité que nous avons rejetté en 2005.
Giscard le confirme ainsi que la plupart des réponsables Européens. « Tout y est », « rien ne manque », « l'essentiel est préservé », etc etc…
Si vous n'êtes pas capable de comprendre l'insulte suprême, qui consiste a nier le vote de 55% des français…
Ce qui a été fait par référendum doit être défait par référendum.
Nous prenons nos responsabilités.
Voulez vous une Europe d'experts qui prétend faire notre bien, malgrés nous ? Ou voulez vous des citoyens résponsables ?
Ce coup d'état va être une catastrophe : la carte d'électeur n'a plus de sens, puisque nos élites s'en contre foutent de ce que nous votons..
Ha ça ira, ça ira…
à P2P
De Valéry-Xavier Lentz
www.taurillon.org | 15H23 | 23/12/2007 |
« C'est le même traité que nous avons rejetté en 2005. »
Ce que vous dites serait intéressant s'il s'agissait de la vérité.
Giscard a identifié neufs points qu'il considérait comme importants. Ces poinst figurent dans le nouveau traité : il s'estime donc satisfait. C'est son droit. Il est d'autant plus satisfait que si la thèse selon laquelle les traités seraient identiques était avérée, il pourrait se prévaloir d'en être le père comme il s'est prévalu d'êtrele père du traité de Rome de 2004, alors qu'il n'était que le président de scéance des réunions de la Convention sur l'avenir de l'Europe (un organe ad hoc rassemblant des élus représentant les parlements nationaux, le Parlement européen et des représentants des gouvernements des Etats-membres).
Remarquons au passage que les points qui préoccupent Giscard ne sont pas ceux qui ont fait débat pendant la campagne de 2005.
Je remarque aussi pour ma part que même les opposants les plus farouches au traité comme la nationaliste Pourhiet parlent de similarités et non pas de traités identiques.
La nature constitutionnelle du traité a été retirée, des dispositions ont été modifiées, ajoutées, ou retirées. Il s'agit donc d'un texte différet, quoi que vous puissiez en penser.
Pour l'anecdote, en droit même si le texte était strictement identique rien n'empêche qu'il soit soumis à nouveau.
La carte d'électeur a un sens : elle a permis au français de se doter d'un gouvernement et d'un parlement qui considèrent que la construction européenne est une bonne chose pour notre pays et pour ses citoyens. Je comprend que vous soyez frustré d'être minoritaire mais cessez donc de crier au scandale.
à Valéry-Xavier Lentz
De P2P
20H23 | 23/12/2007 |
oui un ti coup de peinture sur le titre, et on estime que c'est bon.
J'ai déja dit ce que je pensais de ce texte. Angela Merkel est rassurée c'est le même texte. Sarko à échoué. Il n'y a pas eu de mini traité. C'est le TCE prétendement « modifié ». L'ensemble de ce que nous avons rejetté est dans ce texte.
Tous vos copains UMP et PS sont au gouvernement. Tous vos copains disent oui. Ca va dans votre sens.
avec un référendum, je peux dire non. Vous pouvez également vous exprimer et dire oui. On serait a égalité.
Là je ne peux rien faire. Je n'ai plus la parole.
C'est un baillons sur le vote du 29 mai.
Je n'ai plus qu'a subir la violence du déni démocratique auquel vous participez. Mais c'est ça le PS. L'allié objectif de sarko. Vous allez tous dire oui et vous êtes encore plus écoeurant a essayer de justifier cette insulte aux citoyens privés de référendum.
Assumez votre déni démocratique, assumez votre trahison.
à Bosco 13
De Alice77
19H31 | 22/12/2007 |
Le parlement français n'a pas à se substituer ausx citoyens français.
PAr aillerus il y a tnt de mensonges dans cette législature qu'il faut s'en tenir aux français. J'ai sgignalé un MENSONGE dans le Lettre Européenne de l'Assemblée Nationale. Ils sont prêts à tout et à n'importe quoi donc, pour faire passer leur texte qui concerne le pays de façon profonde et irréversible. Hors de question de lâcher la bride à ces fous dingues.
Si le gouvernement le fait passer en force, par l'Assemblée, il sera de toutes façons fragile, peu légitime, controversé, et ce sera la pire façon d'entrer dans un contexte européen, dans une réalité européenne.
Nous avons quelques mois pour résister et porter plainte auprès de la Cour de Justice.
à File moi une clope
De lutin
22H10 | 21/12/2007 |
Silvia Cattori : Lors du Rassemblement du Comité national pour le Référendum qui a réuni à la tribune Jean-Pierre Chevènement et Nicolas Dupont-Aignan [1], vous avez prononcé des mots forts, des mots surprenants. Vous avez qualifié de « haute trahison, de coup d'Etat » le fait que le président Sarkozy veuille ratifier le « traité modificatif » par voie parlementaire. N'est-ce pas excessif ?
Anne-Marie Le Pourhiet : Il s'agit d'un acte très grave qui prouve bien que les références incessantes des traités européens aux valeurs démocratiques sont une tartufferie car cette Europe technocratique et confiscatoire ne peut se faire que contre la volonté des peuples.
L'Europe est consubstantiellement anti-démocratique, on veut nous l'imposer de gré ou de force. Nous ne sommes pas le premier peuple dont on aura bafoué la volonté, les Irlandais et les Danois ont aussi été contraints à revoter jusqu'à ce qu'ils disent oui.
Mais chez nous le cynisme est bien pire puisque l'on nous refuse même le droit de revoter en nous imposant une ratification parlementaire. Tout démocrate, qu'il soit souverainiste ou fédéraliste, devrait s'insurger contre une telle forfaiture.
Silvia Cattori : Le 29 mai 2005, le peuple français avait rejeté le projet de Constitution européenne à 55 % des voix. Depuis lors, ce projet n'a-t-il pas été amélioré ? N'a-t-on pas supprimé les dispositions de la Constitution européenne qui faisaient l'objet de contestation ?
Anne-Marie Le Pourhiet : Bien sûr que non. On nous a seulement enlevé les termes de Constitution et de loi ainsi que les symboles (hymne, drapeau). Ce n'est pas anodin car cela prouve que les eurocrates ont compris la motivation anti-fédéraliste des citoyens français, mais tout le reste du traité constitutionnel se trouve dans le nouveau texte.
Le procédé consistant à ne plus intégrer la Charte des droits fondamentaux dans le traité lui même mais à lui conférer cependant une valeur contraignante ou encore le remplacement de la référence expresse à la primauté du droit européen par une mention de la jurisprudence de la Cour qui pose cette primauté, constituent autant de supercheries destinées à tromper les citoyens et à se moquer d'eux.
La version consolidée des traités, telle qu'elle a été rédigée sous la direction d'un député français, et qui fait 281 pages, montre à quel point le Traité constitutionnel est intégralement recopié. Même la disposition ridicule de l'article III-121 du TCE sur le « bien-être des animaux en tant qu'êtres sensibles » se retrouve à l'article 13 du nouveau traité sur le fonctionnement de l'Union !
Comme toutes les dispositions du TCE avaient été critiquées à un titre ou à un autre et que le « non » français s'adressait à l'intégralité du texte, on ne voit pas comment le président Sarkozy pouvait prétendre conserver les éléments « non contestés », c'est totalement arbitraire et dictatorial.
Silvia Cattori : Quels sont les dispositions les plus importantes qui se trouveraient ainsi imposées aux Français par ce « mini-traité », contre la volonté qu'ils avaient exprimée ?
Anne-Marie Le Pourhiet : Tout, dans ce traité est très important. Le président de l'Union désigné pour deux ans, la politique étrangère et son ministre désormais déguisé en « haut représentant », la Charte des droits fondamentaux, si éloignée de l'esprit de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, et surtout l'extension sans précédent de la règle de la majorité qualifiée accompagnant la suppression des « piliers ». Le transfert de souveraineté est colossal.
Silvia Cattori : N'est-il pas vrai que le Parlement verrait ses pouvoirs renforcés ?
Anne-Marie Le Pourhiet : C'est un bien mince avantage dans un système où une commission indépendante des gouvernements, et donc des Parlements devant lesquels ces gouvernements sont responsables, monopolise l'initiative législative.
Le Conseil constitutionnel français ne s'y est pas trompé en affirmant que le Parlement européen n'est pas « l'émanation de la souveraineté nationale ». Quand on connaît de surcroît la composition médiocre et l'organisation ubuesque de cette assemblée, on n'est pas vraiment rassuré par le renforcement de son pouvoir.
Silvia Cattori : Comment expliquer que cette majorité de Français qui avaient voté « non » au projet de Constitution en 2005, aient voté « oui » à l'élection de M. Sarkozy tout en sachant qu'il ne prendrait pas en compte le non de ceux qui avaient rejeté ce projet ?
Anne-Marie Le Pourhiet : D'une part M. Sarkozy avait simplement annoncé un « mini-traité » qui se bornerait à « permettre à l'Union de fonctionner » de telle sorte qu'on pouvait imaginer une simple amélioration des règles de vote au Conseil, d'autre part on ne peut pas confondre la réponse à une question référendaire et le choix d'un candidat à une élection.
Comment voulez-vous qu'un électeur de droite, de surcroît convaincu que Mme Royal est une parfaite incompétente, puisse voter pour elle simplement parce qu'elle promet (du bout des lèvres) un nouveau référendum et alors qu'elle a aussi prôné le « oui » à la Constitution européenne ? Les socialistes français ont fait depuis longtemps de l'Europe leur fond de commerce et le moins que l'on puisse dire est que ni Ségolène Royal, ni François Bayrou, ne pouvaient constituer une alternative crédible sur ce point. Le vote Sarkozy a été pour beaucoup un vote par défaut.
Silvia Cattori : Le traité a été signé jeudi 13 décembre à Lisbonne par les chefs d'Etat et de gouvernement des vingt-sept pays membres de l'Union européenne. M. Sarkozy est déterminé à le faire ratifier par voie parlementaire avant fin février. Qu'est-ce qui pourrait encore déjouer, d'après-vous, ce « coup d'Etat » ? Quels moyens le peuple français a-t-il d'imposer la voie du référendum ? Le droit constitutionnel peut-il encore remettre tout cela en cause ?
Anne-Marie Le Pourhiet : Nous n'avons aucun recours juridique car la Constitution française n'interdit pas, comme la Constitution californienne, de modifier une loi référendaire par une loi parlementaire. Le Conseil constitutionnel français n'a pas non plus fait sienne la jurisprudence de la Cour constitutionnelle italienne qui impose un nouveau référendum pour contourner la volonté populaire. Le Conseil constitutionnel pourrait éventuellement « constater » que les deux traités sont quasiment identiques et « regretter » la méconnaissance de la volonté populaire mais il ne peut pas la sanctionner.
Il ne nous reste donc plus qu'à compter soit sur la mobilisation populaire, soit sur un rejet parlementaire de la révision constitutionnelle préalable à la ratification. Le projet de révision doit, en effet, être adopté à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés au Congrès [réunion de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, Ndlr.].
Silvia Cattori : Si, après avoir été mis en discussion à l'Assemblée nationale puis au Sénat, la révision constitutionnelle est approuvée par les trois-cinquièmes des suffrages exprimés des parlementaires, plus rien ne pourra plus s'opposer à la mise en œuvre de ce traité ?
Anne-Marie Le Pourhiet : Non. 60 députés ou 60 sénateurs pourront encore déférer au Conseil constitutionnel la loi autorisant la ratification du traité, mais il n'y a aucune chance pour que le recours aboutisse.
Silvia Cattori : L'Irlande est tenue par sa propre constitution de consulter son peuple par référendum. En cas de rejet, comment sortira-t-on de cette impasse ?
Anne-Marie Le Pourhiet : Sûrement de faire voter de nouveau les Irlandais ! Ainsi va l'Europe !
Silvia Cattori : Si ce traité est finalement imposé, et si, comme vous l'affirmez il y a dans la manière de procéder un « double coup d'État », M. Sarkozy, mais également les chefs d'État et de gouvernement des vingt-sept États membres de l'Union européenne, ne vont-ils pas devoir, tôt ou tard, s'expliquer quant à leur « trahison » ?
Anne-Marie Le Pourhiet : Pour ce qui est de la France, le président Sarkozy aura à s'expliquer de beaucoup de choses. Mais la sanction électorale ne peut jouer que lorsqu'il y a un candidat alternatif crédible, ce n'est pas encore le cas chez nous. Pour les élections municipales et législatives, nous saurons en tous cas nous souvenir des votes de nos parlementaires !
Silvia Cattori : 75 % des citoyens européens sont favorables à un référendum. Reste donc à ses partisans d'obtenir que le débat s'ouvre et s'élargisse au plus vite à tous les pays de l'Union européenne ?
Anne-Marie Le Pourhiet : La mobilisation citoyenne me semble indispensable, ne serait-ce que pour faire honte aux traîtres.
http://www.voltairenet.org/article153768.html
à File moi une clope
De g-e. d.
17H56 | 22/12/2007 |
En fait, voilà le type de conférence à laquelle les européens risquent de ne même plus se voir convier, une fois pour toutes bafoué le vote du peuple français, une fois pour toutes imposée cette Europe anti-démocratique, centralisée, technocratique, aux mains des puissances économiques transnationales.
Conférence donnée en octobre dernier par Naomi Wolf, ancienne conseillère de Bill Clinton puis d'Al Gore.
Elle indentifie les « dix étapes pour tuer la démocratie ». Nous ferions bien de nous sentir concerné.
Elle parle en anglais.
à File moi une clope
De virginie78
Éteignez votre TV et apprenez à lir... | 08H59 | 24/12/2007 |
Moi aussi j'ai dit « NON »
Mais bon, la valeur du vote semble aléatoire.
Un, nous somme une république démocratique, laïque, pas une royauté maquée avec une église comme dans d'autres pays d'Europe
Deux, les droits de l'homme font partis des fondements de mes valeurs.
Trois, je ne me sens pas beaucoup concernée par les délires économiques européens.
De Gudlok
15H47 | 21/12/2007 |
Ce genre de question pose la vrai problematique de la Démocratie, tiraillée entre la démocratie réprésentative et la démocratie directe…
Le peuple a largement montré son opinion défavorable sur le Traité européen, et fut-elle une erreur, les gouvernants n'en tiennent pas compte.
Est-il plus democratique de laisser le peuple « souverain » se tromper éventuellement, ou alors de laisser les gouvernants prendre les grandes décisions pour le peuple en allant à l'encontre de celui-ci ? … la question est posée !
à Gudlok
De CBC
15H54 | 21/12/2007 |
et si le peuple se plantait… le vrai probleme c'est celui de la responsabilité.
qu'est-ce qui est mieux ?
« souvenez vous en 2007 le peuple c'etait trompé à propos du referendum c'est vraiment une buse le peuple »
ou
« souvenez vous en 2007 le gouvernement un tel c'etait trompé à propos du referendum c'est vraiment une bille un tel »
je prefere la 2.. on sait sur qui gueuler ensuite.
à CBC
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 16H02 | 21/12/2007 |
Excepté si l'on veut vider la pratique démocratique de sa substance, il me semble qu'il appartient au peuple de prendre ses responsabilités. En outre, je ne suis pas certain qu'en matière politique les catégories « avoir raison » et « avoir tort » soient si pertinentes que cela. La politique est, de mon point de vue, essentiellement une affaire de choix. (Cela posé, vous avez raison : le peuple peut faire de mauvais choix.)
C'est précisément ce qui me paraît dangereux dans le gouvernenement d'experts ou dans l'invocation de la compétence (réelle ou supposée) par des responsables politiques. La compétence, les fonctionnaires sont censés être là pour l'exercer en fonction des choix.
à thierry reboud
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 05H02 | 22/12/2007 |
Il me semble dangereux, d'aller contre la volonté populaire clairement exprimée par référendum, justifiant une remise en question pérenne que rien ne viendra jamais couvrir de la légitimité de cette décision.
Concrètement, tout gouvernement à venir pourra toujours dénoncer la ratification de ce traité et en appeler à un référendum pour la déclarer nulle et non avenue.
On va donc vivre dans une Europe sous condition résolutoire, ce qui semble une alternative assez cynique à ce qui devrait être une volonté ferme des peuples de s'unir.
http://nouvellesociete.org/5119.html
Pierre JC Allard
à CBC
De Avril
16H25 | 21/12/2007 |
« Laissons les faire et trouvons déjà sur qui on gueulera après ! » : D
Mais ce sera trop tard, CBC ! Vous essayez de trouver une raison pour à cette ratification parlementaire, mais dans vos propos vous reconnaissez implicitement qu'il y a un vrai problème de démocratie.
à CBC
De jp.bessin89
17H14 | 21/12/2007 |
Dernier référendum sur la constitution européenne le Peuple se trompe d'après certains éléphants du PS.
Dernièr « référendum » pour l'élection d'une Présidente de la République. Le Peuple se trompe d'après certains éléphants du PS en faisant élire Mickey.
Un éléphant ça trompe énormément.
Jean-Pierre BESSIN
à CBC
De gérare
photographe | 19H33 | 21/12/2007 |
Oui le peuple se trompe .
Il a voté sarkoland et pourtant sarko est toujours en place .
Faudrait savoir si l'on doit aller voter ou regarder la télé .
Ceci dit , ça ne change pas grand chose .
Les veaux ingurgitent les infos officielles comme si ils ingurgitaient un feuilleton officiel .
C'est important de mettre une princesse dans ce cirque , et un méchant dictateur , et un chamoine en robe pourpre , et bientôt…… ? ? ? ? ? ? ?
Le suite du feuilleton .
Attendons avec impatience mes amis .
Les veaux que nous sommes vont continuer à ingurgiter en silence .
à Gudlok
De Mal Lu
16H06 | 21/12/2007 |
Voilà en réel, la publicité actuelle des magasins.. :
avant il y avait la bouteille à demi vide, voir à demi pleine, c'était selon.
Désormais il y aura la bouteille à moitié prix… et ça contentera tout les convives une fois achetée !
à Gudlok
De pablico
17H29 | 21/12/2007 |
La définition du mot « démocratie » est une définition variable, on lui fait dire ce qu'on a envie de faire.
Souvenons nous des états communistes qui se disaient démocrates.
Donc après un référendum raté pour le oui, on va trouver qu'au fait on est dans une démocratie représentative, et pas directe, donc on va se servir du parlement asservi. Bonjour les faux cul.
Ce n'est pas ma conception de la démocratie,et pourtant j'avais voté oui.
à pablico
De gérare
photographe | 21H38 | 21/12/2007 |
Bah moi j'avais pas voté .
Et je me dis que j'ai bien fait .
Je pensais à l'époque …………….. que voter c'était faire croire aux politiques que je m'intéressais à la mascarade .
Il y a confirmation de la mascarade mais le vote des autres n'a même pas été retenu .
Double mascarade .
De Hervé Torchet
15H45 | 21/12/2007 |
J'avoue que j'ai voté oui sans regret en 2005 et que je suis très choqué que ce texte qui reprend plus que l'essentiel du précédent soi ratifié par le parlement après avoir été rejeté par le peuple.
à Hervé Torchet
De jyeden
khmer vert ( age des caverne, bougi... | 20H19 | 21/12/2007 |
idem pour moi
j'ai voté oui au référendum, parce qu'il me semblait que ce qui allait en sortir était mieux que le traité de Nice qui ne réglait rien
certais disent que le peuple se trompe. et bien dans la démocraties c'est son droit ! ! !
la démocratie ne suppose pas que le peuple soit infaillible.
Mais du moment que le peuple a refusé la constitution européenne en votant non au referendum je ne pense pas qu'en droit on puisse faire accepter un traité peu différent par le parlement.
s'il n'y a pas de référendum c'est un déni de démocratie
le pire c'est de voir la gauche acceper cel.
La gauche devrait d'abord défendre l'idée du referendum puis appeler éventuellement a voter oui, ça serait logique et ça serait son honneur
à jyeden
De Sacha25
23H39 | 21/12/2007 |
Fabius, Emmanuelli (le corrompu de l'affaire Urba), Mélenchon et d'autres nous ont déjà montré ce qu'était pour la gauche l'honneur de respecter un vote
De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
15H46 | 21/12/2007 |
Non.
Et pourtant la gauche qui s'était engagée s'est dédite et c'est une grosse déception pour moi je l'avoue.
Je lisais à l'instant que le conseil de l'europe se plaint d'un afflux de demandes d'annulation de la ratification française et annonce qu'elle n'y donnera aucune suite.
Je trouve assez marrant de nous demander de cautionner l'UE, ce que nous avons refusé, puis ensuite de nous imposer d'y adhérer sachant que les instances les plus haut placées se foutent éperdûment de ce que les citoyens veulent pour leur avenir. Voilà qui en dit long sur l'UE.
à Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
De Mal Lu
16H21 | 21/12/2007 |
Il n'a jamais été question de « caution à l'UE », nous sommes et resterons dépandants de cette entité régionnale dans le monde qui nous entoure.
Le NON était pour une « constitution régissant les 27 états à l'identique et les particularitées et droit de Véto de chaque état pour ne pas bloquer les autres ».
Il est important de se rappeler que le référendum socialiste auprès de ses militants avait donné le résultat du OUI, donc il ne se déjuge pas.
A Barcelone, le concensus des Etats à écris sur le papier que partout (sauf 1 ou la constitution interne le permet pas) ce serait les parlements représentant légitimement les peuples qui entérineraient ce mini traité (chat échaudé craint l'eau chaude).
Ceci dit, 1 seul parlement vote NON et tout est remis parterre, donc il ne faut pas désespèrer pour ceux qui tiennent à ce résultat, l'avantage sera que ce ne sera pas la France qui aura fait capoter l'équipage pour la seconde fois.
à Mal Lu
De Avril
17H59 | 21/12/2007 |
Cher Mal Lu (la constitution européenne ? Ouarf*), le débat porte sur le type de ratification, pas sur son résultat. Une ratification référendaire pourrait donner raison au oui, il n'en aurait que plus de force. Ne lit on pas partout que Sarkozy a le vent en poupe ?
C'est pour cela que le programme du PS d'il y a 6 mois --pas 2 ans-- voulait un référendum. Rappelez-vous « il n'y a que le peuple qui peut refaire ce qu'il a défait ».
Faites-vous allusion au référendum anglais ? Les libéraux qui veulent imposer cette constitution et qui vantent à longueur de temps le blairisme, font semblant de ne pas constater que l'Angleterre dit toujours non à tous ce qui est européen. N'est ce pas contradictoire ?
Je suis européen. Par idéal, pas par intérêt libéral.
* désolé, pas pu m'en empêcher.