Avant les manifs, le pétard mouillé du PS à l'Assemblée

Le PS tente de revenir dans l'arène politique, après la longue bataille interne de Reims. C'est en ce sens que le principal parti d'opposition a tenté, et sans surprise échoué, de faire voter une motion de censure ce mardi à l'Assemblée nationale. Motion, dont le tempo et la pertinence ont été critiqués par la droite, mais aussi par certains de ces alliés à gauche. (Voir la vidéo)



Maxime Gremetz a voté en faveur de cette motion de censure, mais uniquement pour ne pas être accusé de « faire le jeu de la droite ». Le député apparenté communiste la juge « à contresens et à contretemps », avant les grèves de jeudi :

« La motion de censure, il ne faut pas en abuser. Je trouve que le moment est mal choisi. Parce ce que, d'une part, ça permet de voir l'image de la droite unie alors qu'elle est complètement divisée -c'est un bon cadeau que l'on fait à la droite.

Et, d'autre part, c'est avant un mouvement qui se prépare, unitaire, très large, (…) pas seulement contre la politique du gouvernement mais sur une plateforme plus générale. »

« Les blessures du congrès de Reims »

Les députés de la majorité ont offert une standing ovation à leur Premier ministre, qui répondait au discours de Jean-Marc Ayrault, le chef de file des députés socialistes, dont les propos avaient déjà été maintes fois répétés (suppression du paquet fiscal, insuffisance du plan de relance…). Encore, lors d'une conférence de presse donnée par Martine Aubry, un peu plus tôt.

François Fillon a compris le bénéfice qu'il pourrait en retirer et s'est engouffré dans la brèche, pour mieux mettre en avant son camp et insister sur les divisions au PS concernant le contre-plan de relance présenté la semaine dernière, qui sert de base à ladite motion de censure :

« Il ne m'appartient pas de juger d'une motion de censure dont l'opportunité et le contenu devraient peu convaincre les Français. “Le contre-plan de la gauche a le mérite d'exister”, vous a concédé Ségolène Royal. On ne pourrait être plus cruel ! (…)

Cette motion de censure n'est qu'un pansement pour masquer les blessures du congrès de Reims. Elle n'est qu'un paravent pour dissimuler vos contradictions idéologiques. Elle laissera sur leur faim tous ceux qui espèrent une gauche plus moderne et moins systématique. »

« C'est la rue qui dépasse le PS »

Une attaque « politique » immédiatement dénoncée par Arnaud Montebourg. Le député socialiste pour qui cette motion a été « longuement préparée » et n'est que le pendant logique des manifestations qui se profilent :

« C'est tout à fait complémentaire, il n'y a pas de compétition entre un mouvement social et une expression politique. La démocratie marche sur deux pieds. »

Quand ils ne comparent pas les cortèges de grévistes à de « grands happenings collectifs » ou à une « manif-pride », à l'image du député UMP Lionnel Luca, les élus de la majorité craignent davantage ce mouvement social qu'une telle motion de censure, comme le reconnaît son collègue Benoist Apparu :

« Aujourd'hui, ce qui peut d'ailleurs nous gêner, c'est que l'opposition est malheureusement plus dans la rue qu'ici [à l'Assemblée nationale, ndlr]. Et qu'on a un PS tellement faible, tellement affaibli, tellement pathétique qu'effectivement c'est la rue qui dépasse le PS. »

Dans la rue, le PS a pourtant prévu d'y faire son retour. Invisible depuis longtemps sous les banderoles, la nouvelle première secrétaire entend y figurer de nouveau, mais de manière « statique », en regardant « passer le cortège ». Initiative originale. Espérons pour les socialistes qu'elle sera plus efficace que cette motion de censure.

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4 commentaires sélectionnés

Portrait de Prestonite

De Prestonite

floue | 23H39 | 27/01/2009 | Permalien

« Dans la rue, le PS a pourtant prévu d'y faire son retour. Invisible depuis longtemps sous les banderoles, la nouvelle première secrétaire entend y figurer de nouveau, mais de manière “statique”, en regardant “passer le cortège”.

Ah ! Ah ! Ah !

J'aimerais tellement que cela soit une blague…

Mais non ! ! Ils vont le faire ! !

A bien y réfléchir, c'est peut-être le début d'une prise de conscience : “On se contente de regarder passer les gens parce que c'est ce qu'on fait de mieux en fait”

J'en rigole mais c'est vraiment triste.

Portrait de Airinys

De Airinys

ailleurs | 11H22 | 28/01/2009 | Permalien

Ces gesticulations parlementaires et syndicales sont totalement stériles.

Le récit de cet article démontre très bien l'incapacité des dirigeants du PS à analyser la panne dont souffre la gauche. Pourtant François Fillon leur pointe le problème (« C'est la rue qui dépasse le PS »), et Arnaud Montebourg de se précipiter avec la fougue qu'on lui connaît pour affirmer avec la fierté imbécile qui le caractérise, que, non, le PS n'agit pas en concertation avec le mouvement syndical … « Lorsque le sage montre la Lune, l'imbécile regarde le doigt ».

Ce qui m'inquiète c'est qu'Olivier Besancenot a lui très bien compris : l'articulation entre le politique et le syndical est une des clé du succès. Evidemment, il n'arrivera jamais au pouvoir, mais grâce à la fulgurance de sa progression et de son syndicat affilié (SUD), il va rapidement arriver en position de force face au PS.

Je suspecte une forme de snobisme de la part des dirigeants du PS qui mépriseraient le mouvement syndical, dans ce cas il est toujours bon de rappeler la règle inscrite aux statuts du PS :
« Art. 2.4 Obligations syndicales et associatives des adhérents

Les membres du Parti doivent appartenir à une organisation syndicale de leur profession et au moins à une association, notamment de défense des droits de l'homme, de solidarité, de consommateurs, d'éducation populaire, de parents d'élèves ou d'animation de la vie locale. »

C'est pourtant clair, pour être socialiste, il faut être dans l'action, et non pas « statique » à regarder passer les cortèges, comme les vaches regardent passer les TGV.

Portrait de AlfredoGarcia

De AlfredoGarcia

Rien | 09H52 | 28/01/2009 | Permalien

à Julien Martin,

les Socialistes non pas « échoué », tout simplement parce qu'il savaient depuis le départ qui la motion de censure ne passerait pas (c'est cela cette drôle de Ve République) ; par contre ils ont réussi à faire François Fillon réagir, et de façon caricaturale, aux propositions de relance du PS, ce qui était leur but principal (sortir la majorité de son silence, de cette tentative d'enterrement sans discussion des propositions).
Les propositions Socialistes étant très proches de ce qui se fait dans des autres pays (RU, Allemagne, Japon et USA) qui ne cherchent pas à « réhabiliter le socialisme d'hier », il est évident que, à la bourra, ce gouvernement sera obligé à adopter certaines des mesures proposées par les Socialistes, et la « réussite » de la « motion de censure » sera à ce moment-là.
Autre point positif pour les Socialistes a été de faire François Bayrou voter la motion et se positionner comme « suiviste ».
De mon point de vu c'était une réussite des Socialistes, et du point de vu du gouvernement aussi, on voit la batterie de petites phrases qui lancent les ministres sarkozyistes depuis hier soir, pour créer du brouillard .

Portrait de ismet222

De ismet222

democrate | 10H25 | 28/01/2009 | Permalien

Je sais qu'il est de bon ton de taper sur le PS qui certes est loin d'être blanc dans la politique menée durant les périodes « roses, rouges ». Mais avec des discours de casse permanente, je crois que le retour au pouvoir n'est pas pour demain mais ça on s'en doutait.
J'adhère pas, mais pas du tout sur cette stratégie qui est de vomir en permanence sur des parties de gauches, pour la simple raison que l'on éprouve des désaccords.
Préférer les politique du pire sous prétexte de « haine » contre le PS c'est pas mon choix et trop de gens crient misèrent pour cette « rancoeur » permanente.
Tu peux encore dormir tranquille SARKO, notre éternelle opposition ne t'offre pas seulement le lit, mais même le Baldaquin cousu d'or pour les années à venir.
La motion de censure ne pouvait pas passer, et nous le savions tous. Elle à le mérite d'exister, bien que je reconnais que cela ne sert pas à grand chose.
Pour la manif, c'est la réunion qu'il faut et pas sans cesse vomir sur celui qui manifeste à coté. On est pas d'accord, on a des rancoeurs, pourquoi pas. ais c'est justement là qu'il faudrait avoir une pointe de solidarité contre celui qui est en face et pas son voisin.
l'opposition permanente n'a jamais été une garantie et je ne pense pas qu'elle puisse ouvrir des portes. Je pense avant tout aux millions de français qui crèvent et désespèrent. Ils se foutent de savoir que le PS sera ou non dans les cortèges, ils doivent avoir d'autres préoccupations, des vrais, des réelles et quotidiennes.
Si le PS est un atout supplémentaire c'est tant mieux, qu'on le veuille ou non c'est un parti représentatif d'une opposition, pas la mienne, peut-être pas la votre mais moi je prend.
Je sais, timoré, vendu etc..c'est le qualificatif pour cette position quand ce n'est pas d'autres choses.
Nous ne sommes pas et plus en 81, ni même il y à 25 ans. on peut tout dire sur cette période et à juste titre très souvent.
Mais Les seuls réels « ennemis » là c'est SARKO et son UMP et pas ceux qui seront à nos cotés demain.
Aucun de nous ici manifestera pour les mêmes raisons alors ou est la différence ?
Je lis « ha n n pas à coté du PS, je vire à coups de pieds dans le cul. Cool c'est la droite qui doit être contente.

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