
Le RSA est-il une mesure de gauche ?

Au programme du PS en 2007, le Revenu de solidarité active est porté par le haut commissaire de Nicolas Sarkozy, Martin Hirsch. Une mesure de gauche mise en musique par la droite, voilà qui aurait dû faire consensus.
Pourtant, le RSA divise de plus en plus. A l'intérieur de la majorité, comme dans l'opposition. Des divisions qui portent autant sur le mode de financement que sur la mesure elle-même. Elles ont été mises en exergue cette semaine avec le début de l'examen à l'Assemblée nationale des quelque 550 amendements déposés sur la vingtaine d'articles que compte le projet de loi. (Voir la vidéo)
Porte-parole du groupe UMP de l'Assemblée nationale sur le RSA, Bruno Le Maire ne se serait « jamais posé la question une seule fois de savoir si la mesure était de gauche ou de droite ». La seule chose qui l'intéresse, dit-il, est l'efficacité du dispositif qui permettra d'aider des personnes « à revenir au travail dans de bonnes conditions », c'est-à-dire sans perdre d'argent.
« La gestion de notre pays est mal barrée »
Sauf que cette opinion n'est pas partagée par tous au sein du groupe UMP. Les libéraux de la majorité, ajoutant leur voix à celle du Medef, s'alertent d'une pression fiscale qui augmenterait encore avec le mode de financement du RSA choisi par le gouvernement : une taxe de 1,1% sur les revenus de l'épargne. Hervé Mariton dénonce :
« Je ne dis pas que c'est une mesure de gauche, je dis simplement que c'est une mesure immature. (…) Si chaque fois qu'on a une idée nouvelle, on va chercher un impôt supplémentaire parce qu'on est incapable de choisir les dépenses à ne plus poursuivre, je crois que la gestion de notre pays est mal barrée. »
Le député UMP l'affirme, même « si ce n'est pas forcément politiquement correct » : il est favorable à un financement du RSA par « un recentrage de la prime pour l'emploi », piste d'abord évoquée par Nicolas Sarkozy avant d'être abandonnée.
Il est toutefois une dimension du financement du RSA que les libéraux de l'UMP devraient parvenir à faire adopter : la taxe ne dérogera pas au bouclier fiscal. Ainsi, les bénéficiaires de ce bouclier ne devront pas payer. D'où le courroux de toute l'opposition, et notamment de la députée socialiste Sandrine Mazetier :
« Certes, on tape sur le patrimoine, mais pas sur le patrimoine des plus fortunés. (…) Ce sont encore les grandes fortunes qui participent le moins à la solidarité nationale. »
« Une mesure qui peut se révéler dangereuse »
Sur le fond de la mesure, en revanche, la position officielle du groupe PS de l'Assemblée nationale n'est pas partagée par tous. Une position rappelée par Sandrine Mazetier : « Nous avions l'équivalent dans nos propositions, donc en un an et demi on n'a pas changé d'avis. »
Mais nombre de députés, représentants généralement l'aile gauche du PS, doutent de la pertinence du RSA. Pour Gaëtan Gorce, qui craint un encouragement au développement du travail précaire, c'est même loin d'être la « panacée » :
« Le RSA n'est pas en soi une mauvaise mesure s'il améliore le revenu de ceux qui travaillent à temps partiel, mais c'est une mesure qui peut se révéler dangereuse si elle ne s'accompagne pas d'un soutien très actif à une insertion professionnelle durable. “
L'occasion était cependant trop belle pour que le Parti socialiste ne s'embarrasse des réserves d'une partie de ses troupes. A La Rochelle fin août, lors de l'université d'été du PS, François Hollande s'est évertué à revendiquer la paternité de la mesure :
‘Soyons en plutôt fiers. Nous sommes une opposition qui fait des propositions, c'est bien pour qu'elles soient reprises. Certains disent : C'est affreux, il a repris une proposition de la gauche.’ Mais, nous en avons d'autres, nous pouvons leur donner l'ensemble du programme ! ”
► A lire aussi : le blog de Martin Hirsch “Tout sur le RSA”
Photo : Martin Hirsch explique le RSA à l'université d'été de l'UMP (Audrey Cerdan/Rue89)
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De Milarepa-voyageurdanslespace
retraité | 11H19 | 03/10/2008 |
Personnellement, je pense, qu'une mesure qui veut se dire de gauche, doit être une mesure qui tient compte de la solidarité ; apparemment, tous solidaires, sauf les plus nantis : c'est bien une mesure qui n'est pas une mesure de gauche, mais que certains socialistes auraient pu mettre en oeuvre ! Pareil pour le renflouement des banques, l'état trouve de l'argent, plus facilement que pour le RSA, mais au bout, c'est nous qui paieront ! par exemple, une mesure, qui me semblerait être plus juste, c'est de taxer les mouvements boursiers et de plus d'exiger le remboursement des prets que l'état vient de faire pour venir en aide aux banques. En fait ce sont toujours les mêmes qui payent, on fait vivre les banques avec notre argent, et lorsque elles coulent, c'est encore notre fric qui est la pour les aider !
De graindesable
citoyen écologiste | 04H06 | 03/10/2008 |
on marche sur la tête dans ce pays
plus de 60 milliards de deficit de l'etat ,merci qui ?
une grise grave,dont les français benoitement ne mesure pas encore l'étendu des dégâts sociales sur leur quotidien ,
et les mesures types RSA (plus de 1 milliards €) ne sont que la voiture balai comme le CMU assurance maladie de base pour s'assurer que oui on ne laissera personne mourir de faim,on est humain ,non ,mais a quel prix socialement parlant.
emploi au rabais ,santé au rabais pour ceux qui gagne le minimum et même pour ceux aux Smic et plus aussi aujourd'hui.
et les français hébétés par tout cela vont ils réagir ?
De cronos
hestia | 07H54 | 03/10/2008 |
Le RSA est basé sur l'idéologie suivante.
Les personnes au RMI préféreraient rester au RMI pour conserver des droits plutot que d'aller travailler.
Alors que faire ?
les inciter à aller travailler !
vi vous lisez bien !
L'Observatoire français de conjonctures économiques(OFCE) déclare : « le RSA ne peut avoir un effet incitatif à la reprise à l'emploi que dans la mesure où le non emploi des minima sociaux est volontaire »
Or etre dans le non emploi est ce volontaire pour les personnes au RMI et au chomage ? ? ? ?
NON
Alors Monsieur Hirsch votre gadget pour endormir les gens, votre mépris , votre désignation des rmistes comme étant paresseux : vous les reprenez.
De phil40
insertion professionnelle | 08H14 | 03/10/2008 |
Le RSA est une mesure de gauche inscrite dans le programme de la campagne présidentielle en 2007.
Pourquoi ? ? ? ?
Tout d'abord parce que c'est une mesure d'urgence, beaucoup des actifs c'est à dire en emploi ou en recherche d'emplois sont en situation de pauvreté, ont des revenus inférieur à 882 € pour une personne seule et 1147 pour une famille mono parentale et 1323 pour un couple sans enfants.Un tiers de ces travailleurs pauvres travaillent à temps complet et sont rémunérés au Smic ou un peu au dessus alors qu'ils ont des personnes à charge.
Le plus souvent ce sont des personnes qui alternent des périodes de temps complet, de temps partiels, de chômage.
30 % des salariés au Smic sont à temps partiel.
Donc URGENCE.
Le principe du RSA est de compléter tout revenu d'activité insuffisant au sein d'un ménage par un revenu social complémentaire (qui bien souvent est déjà présent), son montant devant diminuer au fur et à mesure que le revenu d'activité augmente.
Son objectif est aussi de favoriser le fait que les gens puissent et c'est ce qu'ils demandent, gagner leur vie eux-mêmes que rester dans un système d'aide sociale. Le travail ouvre des droits sociaux, retraite, assurance chômage…, augmente l'expérience professionnelle, permet de renouer des liens sociaux ce qui est très important.
Le RSA va remplacer le RMI et l'API et certainement l'ASS, ce qui sera budgétairement neutre.
L'aide sera de 390 €, ce qui est le montant du RMI actuellement pour une personne seule, la personne qui reprendra une activité par exemple à 100 €/mois (temps partiel ménage) verra son allocation diminuer de 40 % soit de 40 € et le RSA prendra fin à 1 100 € de revenu, toujours pour une personne seule.
5 millions de ménages seraient concernées.
Mais il faut impérativement mettre en place un accompagnement renforcé vers l'emploi, mettre le paquet sur la formation, la validation des acquis, la qualification, travailler sur la reprise de confiance, les problèmes de garde d'enfants, de déplacements…tous ces problèmes que nous connaissons parfaitement dans le cadre de l'insertion professionnelle.
Parce que le risque majeur de ce dispositif est que sous le prétexte de retour à l'emploi on « pousse » ces personnes vers des petits boulots qui restent des impasses et qu'il faut combattre en même temps.
Il faut que cette mesure soit accompagnée d'une volonté politique forte pour conditionner les réductions de charges patronales qui sont actuellement accordées de façon automatique en fonction du seul niveau de salaire, à des engagements concrets de réduction des emplois à temps partiel et des emplois temporaires.
Si cela n'est pas fait, ce sera un échec à mon avis.
De plus, les grands perdants de ce dispositif sont les jeunes de 18/25 ans qui sont écartés des minimas sociaux et les chômeurs qui sont mal indemnisés.
J'ai peur aussi que ce dispositif s'inscrivant dans une politique libérale et dans un manque flagrant de moyens, pour les raisons que l'on connaît tous, limitent fortement la portée de ce dispositif qui va dans la bonne direction.
De Michel G
Carcassonne | 08H39 | 03/10/2008 |
Le RSA est une mesure « technique » qui doit inciter les titulaires d'un RMI a prendre un emploie mal remuneré. En effet le niveau des bas salaires, est tel qu'il est proche du montant des « minimas sociaux » auquel il faut rajouter les conditions d'emploi, comme le temps partiel, qui tirent les revenus du travail vers le bas. Cette mesure va transmormer un « RMiste » en « travailleur pauvre », et Je ne pense pas que les conditions de vie en soit ameliorées. Il sagit là d'une mesure plus inspirée par la charité que par la justice sociale. Ce n'est donc pas une mesure de « gauche » et encore moins une mesure socialiste.
Une politique de gauche, consiste a prendre en compte la valeur du travail, et de sa juste remuneration par rapport a la remuneration du capital, et est inspirée par le souci de la juste repartition des revenus dans la société. Ce probleme de la repartition mis en evidence par les philosophes de la Grece antique, est toujours d'actualité malgré 2500 ans de civilisation, et ce ne sont pas les « mesurettes » de Mr Hirsch qui vont y changer quelque chose.
Je suis désolé, mais Mr Hirsch est membre d'un gouvernement tres autoritaire, tres a droite ; il nous montre là qu'il est tres en phase avec cette gouvernance.