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La charge est bien menée. Mais la Bordurie est-elle pour autant dans son droit ?
Qu’est ce qu’on a fait pour mériter cela ? Il est vrai qu’après Klarsfeld, la doublette Cavada-Lagarde est un incroyable signe de mépris ou de désarroi… Il me semble que Klarsfeld avait profondément blessé Pernin durant la campagne législative, en faisant allusion à son père de manière détestable. Espérons qu’il en gardera un peu de mémoire et ne rentrera pas dans le rang. Quant à Gérard Rey… Je lui souhaite un oubli durable à la mesure de sa petitesse.
Et je voudrais un droit de vie ou de mort sur les retraités qui n’ont pas su mettre leur vie à profit pour apprendre l’orthographe, aussi. Vive la République !
« Fist lady, ça me rase » disait-elle avant l’élection de son mari.
S’il vous plait, la vie privée c’est déjà pénible, mais des allusions si peu subtiles sur les pratiques intimes du couple présidentiel, c’est beaucoup trop… « First lady », peut-être ?
Je ne suis pas d’accord, je les trouve plutôt intéressantes toutes les deux. Ce que dit la première, c’est qu’elle ne prétend pas posséder la martingale universelle qui soignerait tout, simplement, et qu’elle admet que le champs de la dépression échappe en grande partie à sa compétence. C’est déjà beaucoup, et c’est plus sans doute que ce que dirait Jacques-Alain Miller (et pas Léger, pauvre de moi).
Maintenant, on peut aussi entendre que le choix des médicaments, quels que soient ses ressorts, est aussi le choix de ne pas plonger dans les racines de son expérience, mais de s’en couper, et d’une certaine manière de la nier, quitte après, à choisir de revenir dessus. Le problème de ces querelles, c’est aussi qu’elles placent les patients en situation d’être jugés sur leurs choix thérapeutiques. Quand on entend cela de la bouche de cette belle femme, avec ses yeux un peu trop ronds et ses belles manières, on entend forcément aussi l’idée que c’est mal de se couper ainsi de soi, que c’est une faute. Je ne crois pas qu’elle le pense comme ça, et je suis certain qu’elle ne le formulerait pas ainsi, mais c’est vrai qu’on l’entend quand même.
Même si c’est particulièrement difficile, il revient aussi à chaque patient de prendre la responsabilité de ses choix, sans se laisser culpabiliser par les tenants des écoles. Mais ça, c’est déjà être très avancé, finalement…
D’accord par contre sur la difficulté à reconnaître qu’une dépression est un état « anormal » et qu’elle n’est pas une fatalité indépassable. Là aussi, théoriquement, le médecin devrait faire correctement son travail et aider à la prise de conscience du patient avant de lui prescrire des médicaments. Ils font, effectivement, ressentir l’incongruité du mal-être précédent par comparaison avec le nouvel équilibre chimique qu’ils produisent, mais dans le même temps, il est déjà trop tard pour plonger, et plus difficile encore d’admettre que l’état d’équilibre chimique que l’on vit est tout aussi « anormal » que l’état de dépression précédent.
Le papier est intéressant, les réactions aussi (et surtout, en réalité). En particulier, ce qui me semble y résonner et que personne ne souligne vraiment, c’est le contenu idéologique très fort du verbe « soigner », en particulier en matière de troubles psychiques. Il me semble que de ce point de vue, le coeur de la divergence entre psychiatres et psychothérapeutes se trouve là, dans le sens à donner à ce verbe. On aura beau jeu de tenter de le réduire à un sens « objectif », c’est en réalité non seulement impossible, mais furieusement dangereux. Entre soulager la souffrance intime et normaliser le rapport à la société, il y a une multitude d’états, de possibilités, de modes d’appréhension, sur lesquels il est extrèmement risqué de porter un jugement extérieur. Bien malin qui saurait généraliser le « bon état » synonyme de « soin réussi » sans apparaître comme le pire des totalitaristes. Il est donc évident qu’aucun des choix de l’Etat, en matière d’évaluation des thérapies comme de mise en place d’infrastructures n’est neutre, et que, du point de vue des idées, la plus grande vigilance s’impose, ne serait-ce que pour défendre à tout prix le droit de chacun à se considérer « soigné » comme il l’entend. Cela pour le débat d’idées.
Au niveau des expériences individuelles, pour pratiquer, côté patient, la psychothérapie, je suis très sensible à l’importance et la fragilité du lien qui se crée entre deux individus « compatibles » dans le cadre restreint de la thérapie. Et de ce point de vue, il me semble que chacun peut trouver le type de lien et le type d’individu qui lui sera profitable, abstraction faite des querelles de chapelles. L’échange avec un psychiatre humain, ouvert et compréhensif pourra être infiniment plus profitable qu’une psychanalyse dogmatique avec un lacanien silencieux. Et vice-versa. Là encore, priorité au choix individuel, à la quête de l’équilibre de chacun. En gardant les yeux ouverts, évidemment, en particulier sur le rôle des labos. N’empêche : l’essentiel c’est la relation entre le thérapeute, quelle que soit son « étiquette » et le patient.
Enfin, je trouve dommage que les porte-parole de la parole en thérapie soient les plus obtus des psychanalystes intégristes. Jacques-Alain Miller est globalement inaudible, il est arc-bouté sur son héritage, et dans ce débat, il sert de repoussoir commode aux psychiatres, qui partagent pourtant avec lui la pure mauvaise foi, en particulier, là encore, sur la notion « d’efficacité » et en arrière-plan le sens de « soigner ». Les deux psychanalystes citées dans le papier sont intéressantes, et ce qu’elles disent mérite d’être entendu. Je trouve un peu dommage de ne pas avoir fait parler un thérapeute jungien, qui aurait pu, peut-être, prendre un peu de hauteur par rapport à ce débat.
Ouais Gossipator, vous avez raison. Une bonne camisole chimique sur le bon peuple, et il arrêtera peut-être d’essayer de comprendre. On pourra loghorréer tant qu’on veut sur les forums, entre machines bioniques. C’est trop chiant, les sentiments, c’est comme l’intellligence du monde, ça fait mal au cerveau. Mais tant de haine, et si peu articulée, c’est presque inquiétant. On mesure à vous lire le bonheur qui vous a saisi quand un être compétent, mieux, quarante êtres compétents, ont enfin su mettre des mots sur tout ce fatras que vous n’arriviez pas à lire et que vous ne saviez pas dire. Ouf.
Guerre des polices ? Dasquier joue depuis longtemps avec la limite entre journalisme et renseignement, et c’est un jeu fructueux, utile mais dangereux. Ses informateurs émargent aux services et leurs fuites ne sont ni innocentes ni anodines.
Il m’est arrivé, à Beyrouth, de passer dans une rue commerçante où à chaque boutique on me présentait quelqu’un qui allait partir. Celui-là avait son visa, canadien, français, australien, l’autre en cherchait un, le suivant avait dealé avec des passeurs, un autre rejoignait sa famille en Afrique… Et le reste du moyen-orient ne va pas mieux.
Cela dit, si la réalité libanaise est bien triste, en effet, les collègues de La Liberté m’ont donné un coup de bonne vieille nostalgie. C’est du journalisme à l’ancienne comme j’aime : un coup dans les chawarma de Zokak el-Blatt, le soir au Torino, le seul bar de Gemmayzeh vraiment sympa… Peut-être pas totalement exhaustif comme tableau, mais ça nous change des papiers compassés de notre presse quotidienne à nous. Merci pour ça.
« Enfin, l’arrivée au pouvoir d’un président aux origines et aux affinités que l’on connaît »
Du diable si je comprends ce que vous voulez dire par là. Pourriez-vous faire comme vos amis Libyens et assumer, de sorte que nous puissions vous comprendre ? Merci d’avance.