Portrait de Sexus Empiricus

Sexus Empiricus

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    Sexus Empiricus
    13H12 28/08/2008

    Il y a démence et démence. Un clinicien saurait discerner entre toutes (Poutine et Pinochet, Bush et Pol Pot, font d’autres césars fous), et affiner le diagnostic (celle du « Petit père des peuple » n’était pas moins terrible: il ne fait pas partie de la cohorte des doux dingues!).

    Par ailleurs, l’idée d’une démence « de naissance » est une pure fiction, sans doute utile aux génético-eugénistes, mais une fiction ravageuse pour les esprits névrosés, comme ils le sont tous dès qu’ils ont des vues bio-politiques.

    Je veux dire qu’il est fort probable que Thatcher-Reagan ont été atteints d’une démence sénile, non pas dès leur plus jeune âge, mais dès qu’ils eurent les moyens de leur politique.
    On demande: quel est le point commun entre Ronald et Maggie?
    La réponse chauvine serait, en dépit de la « taxe RSA »: bon sens, c’est l’actuel président de notre République! Et cette réponse n’est pas fausse. Mais elle est incomplète: il faudrait citer le formidable Milton Friedman (1912-2006), qui reste en 2008 le plus sinistre dealer de « produits » de consommation courante dans nos démocraties hautement comptables.

    Quelqu’un sait-il, à propos de Friedman, si son capitalisme boule à zéro et son anti-libéralisme politique échevelé, font désormais partie d’un tableau nosologique reconnu?

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    Sexus Empiricus
    23H34 27/08/2008

    Il s’agit donc d’une éducation?

    Mme de Saint-Ange: Eh bien! mon cher amour, pour récompenser aujourd’hui ta délicate complaisance, je vais livrer à tes ardeurs une jeune fille vierge, et plus belle que l’amour.
    Le Chevalier: Comment, avec Dolmancé… tu fais venir une femme chez toi ?
    Mme de Saint-Ange: Il s’agit d’une éducation, c’est une petite fille que j’ai connue au couvent l’automne dernier, pendant que mon mari était aux eaux.

    Virginie78 et sans doute quelques autres auront reconnu une conversation entre Mme de Saint-Ange et le Chevalier de Mirvel (La Philosophie dans le boudoir, ou Les instituteurs immoraux: dialogues destinés à l’éducation des jeunes demoiselles, 1795). Deux siècles après, le monde a peu vieilli: à l’âge du papy-mamy-boom, combien de jeunes demoiselles parmi tous nos vertueux censeurs et nouveaux pépères la pudeur?

    Dans la langue de Sade, ce sempiternel enfermé, l’éducation est une affaire de liberté et de corps: une initiation aux plaisirs. On dirait aussi bien déniaiser.
    C’est en ce sens que Virginie Despentes reste une grande éducatrice.
    (Si on colle à « éducation " le mot " libertine », on donne dans le pléonasme, mais par temps d’inquisition et de mouvement rétrograde dans les bonnes moeurs, cette redondance n’est peut-être pas inutile.)

    À propos de XVIIIe s., de Gaspard qui arrive de Bretagne à Paris, voilà longtemps que je n’ai pas lu les fameux mémoires de Monsieur Nicolas, qui n’est pas celui qu’on croit. Je songe à Rétif de la Bretonne: avec lui, au moins, et dès les premiers chapitres, on trouve très vite son assiette: c’est gai, c’est enlevé, ça trotte et ça saute bien mieux que les pesants bourrins du divin marquis.

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    Sexus Empiricus
    20H26 21/08/2008

    Si vous permettez un hors-sujet, les démographes ont observé, en particulier dans les pays où l’éducation était au plus bas (on dirait le Sud), les cours d’éducation ne sont pas très bons pour le taux de fécondité.
    (Pour augmenter ce taux, mieux vaut que les filles n’aillent jamais à l’école.)

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    Sexus Empiricus
    20H21 21/08/2008

    Heureux événement! Lorsqu’on lit: « le taux de fécondité, indice stratégique de la vitalité d’une nation », on ne peut s’empêcher de sourire. C’est sensationnel!

    Un bémol, qui prouve qu’il est possible de faire encore mieux: au sud du Sahara, dans de nombreux pays, on toise le score de France de plusieurs têtes (le taux de fécondité y dépasse allègrement ce poussif 2 enfants par femme, jusqu’à atteindre des 6 ou 7 enfants par femme). Aussi, on trouverait en Somalie, par exemple, un beau modèle pour illustrer l’impayable adage: « le taux de fécondité, indice stratégique de la vitalité d’une nation ».

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    Sexus Empiricus
    11H59 21/08/2008

    Le bleu plaît beaucoup, on en met de partout et plein les écrans, mais moi non plus je ne comprends pas pourquoi on a choisi d’affubler l’économie d‘« habits bleus ». Des goûts et des couleurs?

    Le vert aurait permis de faire de l’Eco89 une hésitation prolongée entre la « nomie " des Grandes Lois et la " logie » des discours sur les vraies richesses. La preuve, même le dollard (je crois) est vert! Mais on dira: non, vert, c’est trop connoté, trop Verts. Dommage, car dans le cercle chromatique de Chevreul, c’est le complément-Terre du rouge.

    En faisant le choix du bleu, on objectera: mais c’est le poète qui l’a dit, la Terre est une o(…) bleue, ne soyez pas si prosaïques, ne pensez pas qu’aux cartes! Pourquoi bouder votre plaisir? Il y a bel et bien « l’or bleu », alors de quoi vous plaignez vous? Et puis, l’ange, la peur et les fleurs; les mots et les cordons; les bas et les barbes. Picasso lui-même a eu sa période bleue. Vous voyez qu’il n’y a pas que la flicaille bleuâtre qui envahit nos écrans et nos vies.

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    Sexus Empiricus
    11H13 21/08/2008

    Une curiosité, votre formule - ni vraie ni fausse - mais évidemment polémique.

    « Le » discours, dites-vous, comme si on parlait du Dieu unique: mais n’y en a-t-il qu’un?
    Et puis, l’étiquette « idéologie » a sans doute eu de beaux jours, mais aujourd’hui, c’est une façon demi-habile de taxer d’infamie telle ou telle opinion qu’on exprime. Qui remarquait que l’idéologie, c’est les idées des autres?

    Admettons que «le discours économiste est une idéologie». Voyons alors ce qui se dit, et comment on le contredit sans tourner à vide.

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    Sexus Empiricus
    22H26 17/08/2008

    Ah ça…! Chasseur sachant chasser, en voilà un qui s’y connaît.

    La titraille, j’ai essayé de l’insinuer, est-elle un pied de nez aux pratiques nationales? Les chiens de garde ne sont pas seulement de sinistre mémoire; par-dessus Môcquet, ils se sont remis à aboyer depuis peu sans remuer la queue.
    Aidez-nous à faire la chasse… - Aux indésirables? Aux Sans? Aux surnuméraires?

    Les happy few s’en tiendront, en fait de chasse, à celle du bonheur.

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    Sexus Empiricus
    12H52 17/08/2008

    En France, aujourd’hui, la grosse part des clichés - que ceux-ci soient flagrants ou peu soupçonnés - est en fait et en effet fournie par des anglicismes fondus-enchaînés (on peut ranger le discours économique du parti politique au pouvoir dans cette rubrique: c’est du thatchérisme en bleu-blanc-rouge).
    Le médialecte en regorge, mais aussi le jargon issu des écoles de management ou de commerce: en gros, nos conversations « sérieuses » en sont pleines aux trois quarts, et le plus difficile, dans le quotidien, serait de trouver ce qui n’est pas un « cliché ».

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    Sexus Empiricus
    12H32 17/08/2008

    Que le PS ne s’oppose pas suffisamment au gouvernement?

    Deux questions conséquentes à poser aux sondé(e)s:
    1. votre désir est-il qu’il s’y oppose? [Oui/Non/Nesaispas/Menfous]
    2. seriez-vous prêt à acheter un produit concurrent à celui qui a été vendu au printemps 2007? [Oui/Non/Nesaispas/Menfous]

    QCM (subsidiaire).
    Dans la situation actuelle: sur quel terrain est-il possible de s’opposer à ce gouvernement (sorti des urnes, faut-il le rappeler, il y a quelques mois seulement)?
    Réponse au choix:
    - à l’Assemblée.
    - dans les médias autorisés.
    - au ciel.
    - à la rue.

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    Sexus Empiricus
    21H40 15/08/2008

    Il faudrait d’abord s’entendre sur ce qu’on appelle « un cliché ". (On voit des braves Homais tonner contre, en confondant tout bonnement " cliché » et mot « à la mode ».)

    Où commence le « cliché »? J’ai longtemps cru à une métaphore de photographe. Jusqu’au jour où, dans un métalogue de Bateson, j’ai lu ceci.
    «LA FILLE: C’est quoi, un cliché ?
    LERE: Un cliché? C’est un mot français, et je crois qu’à l’origine c’était un mot utilisé par les imprimeurs. Pour imprimer un texte, ils devaient prendre des lettres séparées et les mettre une par une sur une espèce de règle cannelée, afin de former la phrase. Mais, pour les mots et les phrases qu’on emploie souvent, l’imprimeur a des petites règles toutes prêtes. Ce sont ces phrases toutes faites qu’on appelle clichés.
    LA FILLE : Bon, du coup, j’ai oublié comment on en était arrivé là.
    LERE : C’était à propos des embrouillaminis dans lesquels nous plongent nos conversations et de l’espèce de sens que cela amène. Si nous n’y tombions pas, se parler serait comme jouer au rummy sans avoir d’abord battu les cartes.
    LA FILLE : Et, en résumé, ces trucs-là…, ces règles avec des lettres, toutes prêtes…
    LERE : Tu veux dire les clichés ? Oui, c’est la même chose. Nous avons tous des tas d’expressions et d’idées toutes faites, comme l’imprimeur qui a des règles de lettres toutes faites, classées en expressions. S’il désire imprimer quelque chose de nouveau – dans une nouvelle langue, par exemple –, il devra briser tout ce vieux classement de lettres. De même, si nous voulons avoir des pensées originales et dire des choses nouvelles, nous devons briser toutes nos idées préconçues et en “battre” les morceaux.
    LA FILLE : Mais, l’imprimeur, il n’aurait pas à mélanger toutes les lettres. Il ne va pas les secouer dans un sac. Il les rangerait plutôt, une par une, chacun à sa place : les « a " dans une boîte, les " b » dans une autre, les virgules dans une troisième, etc.
    LERE : Exact. Sinon, il deviendrait fou, rien qu’à essayer de trouver un « a », quand il en aurait besoin. »

    *

    À l’ère des JT et du « copier-coller ", quel est l’intérêt de traquer les clichés? Et pourquoi " faire la chasse » à iceux?
    Si l’actuel président de notre République a bâti sa fortune politique sur un ramassis de clichés, ce n’est pas le tout; il a capturé les clichés; il les a traqués; il les a collectionnés - et 53% de nos concitoyens ont dit amen.

    Aussi il est peu probable que ce soit en tirant la chasse (ce cor là n’est pas si excitant) que le populisme médiatique se prenne bientôt les pieds dans le tapis. Il faut plus, et le temps fera l’affaire, mais les repérer - sans tonner contre - est sans doute la continuation de la politique par les mêmes moyens.