Mais je connais (et apprécie) les cinéastes que vous citez ! De même que je connais et apprécie Cassavetes ou Orson Welles. Sauf que tous ceux-ci ne me paraissent pas vraiment représentatifs de la grosse machinerie hollywoodienne dont je voulais parler, comme ces films où sévit Will Smith et tous ceux qui figurent au box-office US (cf. le tout dernier, éclairant, sur AlloCiné).
D’autre part, faut-il préciser que j’apprécie aussi énormément certains films et cinéastes de ce cinéma « archétypal » que j’essayais d’analyser Autant en emporte le vent », les films de Capra, de John Ford, de Mankievicz, Cukor, Coppola…
« C’est un gars qui n’a pas envie d’être Super-héros … et qui le devient malgré lui. »
Proprement interminable la liste des films américains traitant de ce sujet. Les héros américains le sont toujours « malgré eux », contraints par les évènements et/ou le devoir. Manière de bien signifier que les « héros » sont avant tout de braves humains qui ne demandaient rien à personne, mais toujours bien conscients au final de leurs devoirs (de super justiciers ? d’Américains ?)
Contrairement au cinéma européen, par exemple, le cinéma américain fonctionne à fond sur le principe des archétypes (personnages) et des schéma-type (scénarios.)
Les personnages sont toujours « représentatifs », jusque dans ses excès caricaturaux. Aujourd’hui la plupart des acteurs « vedettes » américains en vogue ressemblent à s’y méprendre à ces mannequins glacés des magazines que des scénaristes essaient désespérément d’animer (Brad Pitt, Angelina Jolie…) Et ceux des années soixante-dix, quatre-vingt, un peu plus typés, s’abandonnent aujourd’hui à la commercialisation éhontée de leur image (Robert de Niro). Et que dire de Will Smith ? …
Pareil pour les scenarios. Toujours les mêmes trames archi-prévisibles (une dizaine de modèles tout au plus). Sauf qu’au lieu de nous les servir dans des westerns (Ford) ou dans des comédies hollywoodiennes, on nous les balance dans des fantaisies aéro-spatiales et dans des comédies toujours holywoodiennes mais « modernes ».
Quand on lit un tel témoignage (celui de Mr Greed) ce qui surprend, ce n’est pas ce qu’il révèle, mais le fait que certains soient encore surpris par ce qui aurait dû sauter aux yeux de tous ceux qui voulaient bien les ouvrir. C’est-à-dire finalement pas grand-monde, à commencer par ces inénarrables « spécialistes » qui ne passent pas un jour sans essayer de nous convaincre que la crise est derrière nous.
Décidément, le syndrome de l’autruche est solidement implanté dans les consciences. Et même pire, au-delà, dans les tréfonds de notre stupidité congénitale.
M’est avis qu’avec ses conneries, l’ « élite » (dont fait partie le pauvre Val) va réussir d’un coup idiot de trop ce que ni la raide Laguiller, ni la fourmillante Buffet, ni le gentil Besancenot, ne réussiront jamais : fédérer les mécontentements autour d’un canard et d’un presque nonagénaire ricanant. Et rompre les ponts d’un coup d’un seul et sans nuance (enfin !) avec les cons aux manettes et leurs larbins.
Je vois de ci de là que d’aucuns font déjà la fine bouche sur certains membres de l’équipe du bon vieux Siné, distribuant à l’envie bons et mauvais points. D’autres qui émettent des doutes sur la pérennité du projet anti bégonia.
Franchement, on s’en fout ! Si on doit commencer à mégoter sur tous les membres de cette « masse populaire » qu’on rêve de voir un jour s’ébranler, ou tergiverser sur la durée d’un « mouvement révolutionnaire », autant rester sous la couette tout seul à ruminer ses aigreurs. Rappelons tout de même qu’en un petit mois, Mai 68 a réussi à durablement bouleverser les mœurs. Et qu’un canard comme Charlie-Hebdo (le vrai, celui d’avant-PV) a plus fait pour ce gigantesque balayage soixante-huitard que tous les emmerdants théoriciens « révolutionnaires » de l’époque ou même d’aujourd’hui.
Alors moi, le 10 septembre, j’achète Siné Hebdo et advienne que pourra !
Arrêtons ces fadaises ! Ni la Géorgie, ni l’Afghanistan, ni le Moyen-Orient ; ni même la situation dans le neuf-trois, ou le neuf-cinq, ou la Vendée profonde, ou le Liban, ou l’Iran, ne sont le moins du monde des « tests de la politique étrangère (ou intérieure) de Sarkozy ».
Foutriquet s’agite sur des terrains, intérieurs ou extérieurs, qui le dépassent totalement. Il s’agite pour s’agiter, pour se donner l’impression qu’il a une importance. Il fait de la politique extérieure (ou intérieure) comme il faisait, au début de son désolant quinquennat, du jogging en tenue immaculée devant ces lèche-cul de caméras télé (avec ce crétin de Kouchner paradant servilement à ses côtés), pour capter désespérément l’attention, comme un vulgaire et inutile fort-en-gueule de cours de récré.
La seule conséquence de sa foutriquerie ? Mettre de l’huile sur le feu partout où il passe, par son incommensurable suffisance. Et sa soumission flagorneuse à l’Empire.
Ces gens, Foutriquet en tête, sont définitivement nuls à chier. Mais tant qu’on parle d’eux, ils ont l’impression d’exister. Ajoutons une pincée de quelques nouilles à dents carnassières genre Carla Bruni, et les voilà qui se prennent pour des soleils ! Lamentable.
Puis-je suggérer à ma chère Rue 89 (et à Pierre Haski) d’arrêter de donner dans ce grossier et fatiguant panneau ? D’essayer de décrypter le monde tel qu’il est, et non de relayer, même en la critiquant, l’image que ces bouffis imbéciles cherchent à donner de leur agitation.
L’hypocrisie occidentale, dénoncée à juste titre par Jacques Sapir, dissimule bien mal la totale impéritie de ceux qui prétendent la défendre.
En témoignent ces déclarations ahurissantes d’un général venu de je ne sais quel diable-vauvert, à propos des évènements en Afghanistan (je veux dire, cette embuscade qui a coûté la vie à une dizaine de nos infortunés pioupous) : « L’adversaire (dit notre ganache qui désigne ainsi les Talibans embusqués) a été repoussé, il a pris une sacrée raclée. »
Ce qui frappe le plus dans les propos désopilants de notre ineffable baderne, c’est le cruel aveu de capilotade et d’incurie dont ils témoignent.
D’ailleurs les répliques n’ont évidemment pas tardées. Outre de multiples témoignages sur les manquements de l’État-major qui ont déjà fait les choux gras du ricanant Canard Enchaîné, voici qu’une aimable feuille de chou locale de Vendée (« Le Journal du Pays yonnais » à La Roche-sur-Yon, daté du jeudi 28 août 2008) publie le coup de sang d’un engagé natif du crû, récemment expédié sur l’histrionnant théâtre des opérations où pataugent nos « défenseurs de la liberté ».
Selon l’irascible engagé vendéen, on en serait revenu, en Afghanistan, à la bouffonnerie épique des années quarante, quand de pauvres recrues dépareillés étaient censés s’opposer au rouleau compresseur nazi, et pallier aux étourderies de la ligne Maginot, avec des cartouches qui ne correspondaient pas aux fusils dont ils étaient dotés !
Quoi de changé aujourd’hui ? « Nous avons été obligé (assassine notre chouan déconfit) de dépenser entre 500 et 1000 euros pour s’acheter du matériel opérationnel. » Et de poursuivre, désabusé : « Nous attendons toujours des gilets pare-balles mieux adaptés (…). Nous manquons de logistique. »
Pour finir, le voilà qui cogne sur les copains de mess du général sus-cité : « Planqués à Kaboul, ils sont quatre-vingt-deux colonels et lieutenants à s’être inventé des missions pour toucher du pognon. » La conclusion de cette véritable exécution tient du coup de grâce : « Nous n’avons pas le droit de dire qu’on n’a pas assez à manger, qu’on a peur et qu’on est épuisé. »
Ouf, n’en jetez plus ! Cette pathétique déconfiture, cette profération imbécile et insensée de cris de victoire totalement irréels est une caractéristique hélas redondante des organisations humaines quand elles ont coulé leurs bielles. Nulle doute que l’épopée tragi-comique du président Saakachvili en Ossétie du Sud, poussé par des forces occidentales frappées du syndrome dégénératif de Peter (« avec le temps, tout poste sera occupé par un incompétent incapable d’en assumer la responsabilité »), tient lui aussi de cette lamentable farce (ce qui n’excuse en rien la brutalité du camp d’en face.)
De là, il est difficile de partager la conclusion de Jacques Sapir pour ce qui est de la nécessité de « stabiliser la situation en Afghanistan ». Car le camp capitaliste occidental est lancé sur tous les fronts dans des batailles perdues, celles qui sont en train de sanctionner l’incroyable arrogance, l’insupportable mépris, l’égocentrisme forcené dont il a fait preuve à l’égard du reste du monde depuis la reconstruction de l’après Seconde guerre mondiale.
« L’adversaire a été repoussé, il a pris une sacrée raclée »
Ben tiens ! Sauf que… sauf que le Monde de ce 29 aout publie encore un article qui va complètement à l’encontre des cris de victoire, totalement gratuits et invraisemblables, de ce pauvre général : Un soldat critique la désorganisation de l’armée française.
Vous avez lu le rapport, Monsieur ? Quelle différence en tout cas entre vos affirmations totalement dépourvues de preuves et d’arguments (le troisième paragraphe, notamment) et l’intervention d’Amilcar, étayée et nuancée dans ses conclusions.
Gémir, certainement pas. C’est ici, « chez nous » que nous allons les accueillir, s’ils le souhaitent, que vous le vouliez ou non. RESF, vous connaissez ?
[Je ne réponds jamais à vos posts, monsieur pedro76. Ils me sortent par le nez. Au-delà de la liberté d’expression que vous n’allez pas manquer d’invoquer, c’est des tribunaux dont vos propos relèvent. Pour incitation à la haine. Et bêtise.
Mais puisque je suis occasionnellement (et presque accidentellement) de passage, permettez-moi de vous dire ce que je pense de vos commentaires. Comme ceux de plusieurs autres intervenants ici, ils sont parfaitement sinistres. Des parangons boursouflés d’égoïsmes et de suffisance médiocre. De ce qu’il y a de plus exécrable dans la nature humaine. De ce que je souhaite que mes filles fuient comme la peste en se pinçant le nez. Je me fous que vous vous foutiez de ce que je pense (ce qui n’est même pas si sûr). Je n’ai et ne veux strictement rien à voir, à échanger avec des gens qui osent cracher de telles paroles. D’ailleurs, je regrette déjà l’inutilité de cette intervention, comme celles de tous ceux qui s’efforcent de discuter avec vous. C’est pourquoi je change illico de trottoir.]
« Je ne sais pourquoi j’ai survécu, moi précisément, quand le bateau a coulé et que les gens enfermés dans le noir essayaient de sortir de la cale avec leurs ongles. Mais je sais que le pont que nous avons tous cru voir, sur cette plage tout au nord de l’Afrique, ce continent que nous fuyions et que nous regrettions déjà — ce pont sera construit un jour. Un jour, la montagne des corps entassés au fond de la mer s’élèvera si haut que le sommet émergera hors des vagues comme une nouvelle terre, et ce pont de crânes et de tibias fera le lien entre les continents, un lien qu’aucun garde-côte, aucun chien, aucun marin ivre-mort, aucun passeur ne pourra détruire. Alors seulement cette folie cruelle cessera, cette folie où des gens innombrables qui fuient pour leur vie sont contraints de s’enterrer dans des sous-sols et d’être les hommes des cavernes de l’ère nouvelle. »
(Extrait du livre de Henning Mankell, Tea-bag, Points-poche, 7 euros. À lire d’extrême urgence.)
« On vit au dessus de nos moyens. »
Au-dessus de quels moyens, s’il vous plaît ? Les « moyens » (l’argent) sont censés nous permettre de partager les biens et services que nous produisons et qui sont censés satisfaire nos besoins. Si ces biens et services existent, mais qu’on nous prive des moyens de nous les procurer, c’est donc qu’il y a un coup tordu quelque part, non ?
« La France a perdu sa compétitivité. »
Compétitivité de quoi, s’il vous plaît ? La compétitivité n’est-elle pas un amuse-couillon commode pour faire croire au quidam de base que la vie consiste à foutre sur la gueule du voisin, comme ça, pour le fun ?
« Les Allemands ne se plaignent pas d’un euro fort. Eux ont su REFORMER courageusement et drastiquement à l’instar d’autres pays européens, comme l’Espagne. »
Sauf erreur, les Allemands sont aussi rentrés en récession lors du second trimestre 2008. Et M. Zapatero, chef du gouvernement espagnol, vient d’interrompre brutalement ses vacances pour analyser la situation très grave que traverse l’économie de son pays. Alors quoi, cher beerhotfr, encore de la poudre de perlimpinpin pour nous embrumer ?
Vous voyez, même vos hochets habituels pour essayer de nous embrouiller et de justifier le système qui vous est cher, sont en train de se manger grave la poussière.
« Aux États-Unis, lorsque le pays menace d’entrer en récession, les autorités appuient vigoureusement sur ces deux leviers: la Réserve fédérale (la banque centrale) baisse ses taux d’intérêt hardiment pour faciliter les emprunts (donc les investissements, l’esprit d’entreprise, le logement, etc.); de son côté, le gouvernement fédéral n’hésite pas à creuser le déficit […] pour distribuer du pouvoir d’achat dans l’économie sous forme de dépenses publiques et/ou de réductions d’impôts. »
M’ouais. Sauf que ce petit jeu en apparence volontariste a ses limites et qu’on les voit nettement aujourd’hui, aux États-Unis même.
1/ favoriser l’emprunt, c’est bien jusqu’au moment où vous vous trouvez en état de sur-endettement carabiné. Et là, ça coince drôlement pour les remboursements. À la base, la crise des sub-primes, c’est exactement ça : des ménages tellement sur-endettés qu’ils ne peuvent plus rembourser leurs emprunts immobiliers.
2/ creuser les déficits, c’est pareil. Les réductions d’impôts ne bénéficient qu’aux ménages les plus imposés, ceux-là même qui ont déjà tout et peuvent difficilement consommer encore plus ; ceux-là qui sont plus soucieux de protéger leurs surplus financiers dans des paradis fiscaux que de participer à relancer la machine économique de leur pays.
D’ailleurs, aucune de ses deux mesures, dont le gouvernement étatsunien a largement abusé pour éviter le pire depuis le début de l’année, n’a donné le moindre résultat. L’entrée en récession se concrétise de jour en jour et il en va de même dans la vieille Europe et en France où aucun des bons vieux remèdes traditionnels n’a le moindre effet. Ne peut plus avoir le moindre effet tant est flagrante l’absurdité suicidaire d’un système basé sur la croissance à tout va et le profit imbécile.
La vérité est que la machine économique capitaliste (il n’y en a plus d’autres) est aujourd’hui à bout de souffle, et qu’elle ne tardera plus désormais à toucher le fond (fin 2008/juin 2009 au plus tard, je pense). Comme dans les années trente, avec toutes les graves incertitudes et conséquences qui accompagnent généralement ces périodes de dépression.
Outre le cliché lourdingue qu’elle représente, on peut se demander À QUI cette expression de « vieux démons » s’adresse. Les « vieux démons » DEQUI ? Des Russes ?
Je crains plutôt qu’il ne s’agisse des nôtres. De notre incommensurable trouille de l’autre (le Russe, le Chinois, l’islamiste pervers…) et de notre besoin irrépressible de trouver des boucs émissaires à nos trouilles. En même temps que des alibis commodes à nos propres agissements sournois pour la dominance mondiale.
Car enfin, en cette gravissime période de crise, je vous fiche mon billet que tout le monde, y compris notre petit bloc occidental si vertueux, est dans les starting-blocks pour ce qui est de la maîtrise des sources énergétiques, des territoires, du commerce…
D’ailleurs, qui a commencé à céder à ses vieux démons, sinon NOUS ? En Afghanistan, en Irak, au Moyen-Orient avec notre tête de pont israélienne, en Afrique avec notre politique post-coloniale jamais abandonnée. Cela n’excuse en rien les agissements des « autres », mais a au moins le mérite de mettre la situation au clair.
Car quand tout vacille, les « vieux démons » ont tôt fait de se répandre comme la poudre. Et d’être goulument partagés.
Dans les années 60, courait la légende du suicide des lemmings. Pris d’une incontrôlable pulsion de mort suicidaire, ces petits rongeurs de Norvège se précipitaient en masse, nous racontait-on, du haut des falaises qui dominaient les fjords. C’est un mythe que ce suicide collectif, démenti depuis par toutes les études scientifiques - les lemmings ne sont pas si fous ! Mais il éclaire sur l’esprit échauffé des humains qui l’ont propagé.
Et si Israël était devenu le propre artisan de sa future destruction, se ruant tête baissée, tels les lemmings de la légende, vers le néant, l’anéantissement ?
Saisi de la même fureur que celle prêtée aux minuscules campagnols nordiques, Israël continue d’humilier ses voisins, ses opposants palestiniens comme le Hamas ou le Hezbollah, par son attitude arrogante.
Israël est né de la volonté des nations victorieuses de la Seconde guerre mondiale. C’est un État artificiel résolument colonialiste, ne reposant sur aucune réalité historique, sinon celle d’une communauté religieuse. A-t-on jamais vu autre pays fondé sur une appartenance religieuse ? Israël est bâti sur du sable. Dès 1948, dans une lettre au New-York Times, des Juifs aussi peu suspects que Hannah Arendt et Albert Einstein s’inquiétaient déjà des dérives « fascistes » (je cite) qui accompagnaient la création de cet État, avec la complicité des États-Unis.
En multipliant les exactions meurtrières, en poursuivant sa politique de colonisation arrogante, en humiliant ces infortunés villageois palestiniens, Israël n’éradique pas le Hezbollah ou le Hamas, il les renforce et les légitime comme résistants uniques à sa démence. Car c’est bien de démence dont il s’agit. De celle qui conduit un forcené à massacrer tout ce qui l’entoure avant de disparaître à son tour. De cette rage meurtrière et froide qui s’empare des puissants quand ils se rendent compte que leur puissance a atteint ses limites. Tous ces morts civils, ces gens humiliés, c’est autant de kamikazes en gestation pour les temps à venir.
Quelle différence entre un kamikaze islamique et Tsahal ? La disproportion des moyens logistiques et c’est tout.
Cela en est fini de tout espoir de paix pour des générations dans cette région du monde. Envolée la perspective ne serait-ce que d’une simple coexistence de raison. Israël va jusqu’à décourager ceux qui, à défaut de le soutenir, admettait son existence comme un fait accompli incontournable de l’Histoire.
Alors quoi ? Que reste-t-il à Israël et à ses formidables moyens logistiques pour aboutir à ses fins, éradiquer ces « terroristes » toujours plus nombreux qui l’entourent et le menacent ? Quelle autre solution trouveront-ils, poussés au cul par le monstre états-unien, sinon la …
La solution finale ?
Combien doit être douloureux pour des Juifs d’entendre cette expression terrible ! Pourtant, elle court désormais dans tous les esprits. J’essaie d’imaginer les sentiments qu’aurait éprouvés aujourd’hui le vieil ami juif auquel je dois tant, lui qui passa son adolescence à Auschwitz et ses premières années d’adulte dans les prisons staliniennes : un terrible sentiment de douleur, de colère et de honte devant cette barbarie prétendument « civilisée », ce gâchis humain irrémédiable, ce suicide collectif qui n’est plus un mythe.
Au-delà des ébranlements économiques, politiques, énergétiques et climatiques actuels, voici que viennent de nous sauter à la figure les premiers sombres craquements, souvent annonciateurs des tragédies qui ponctuent par cycle l’histoire de l’humanité.
Au-delà des forfanteries de la ganache qui préside aux destinées géorgiennes et de la réaction disproportionnée de l’ogre russe, ce qui se trame actuellement, c’est bien l’affrontement entre blocs pour la maîtrise des indispensables sources énergétiques : en l’occurrence, la voie d’accès à la mer Noire et à l’acheminement du précieux gaz.
Comparaison avec la bonne vieille « guerre froide » d’antan ne vaut pas. Ce qui se jouait alors relevait du superficiel, du combat de coqs entre deux super-puissances pour la prééminence mondiale. Mais chacun de ces coqs avait alors trop à perdre en sa basse-cour pour se risquer à des choses plus sérieuses et plus graves que quelques cris de bravaches.
Il en va autrement aujourd’hui, c’est de la survie des puissances en péril dont il s’agit. La maîtrise des ressources énergétiques en est un moyen incontournable. Sans celles-ci, les coqs sont déplumés. Voilà pourquoi ils n’ont plus rien à perdre et n’ont plus que l’énergie du désespoir. D’où la gravité gravissime de ces craquements qui se font entendre aux portes même de cette vieille Europe que nous croyions protégée par sa pourtant si illusoire union.
1/ Sauf erreur, Siné s’est excusé pour ses propos, pas d’ « avoir été bourré » (je doute que dans ce cas, la Licra aurait retiré sa plainte).
2/ « Doit-on considérer également que c’est du vieux linge sale qu’il est inopportun de ressortir quand cet individu dérape de nouveau sur le même thème? » Siné n’a pas « dérapé sur le même thème » dans le récent article incriminé de Charlie-Hebdo. Et vous le savez parfaitement.
Encore une fois, vous cherchez à travestir les faits pour les faire coller à vos conclusions pré-jugées. D’où mes insultes et mon mépris renouvelés.
« Mon ami » aurait à coup sûr tenu compte des excuses que Siné présenta en 1985 à la suite de ses propos effectivement imbéciles. Excuses qui suffirent alors à entraîner le retrait de la plainte de la Licra.
« Mon ami » aurait eu comme moi, j’en suis persuadé, la même réaction de mépris pour ceux qui feignent, comme vous, d’ignorer ces excuses. Et qui ressortent fort opportunément ce vieux linge sale pour tenter de justifier un acte de censure récent qui n’a STRICTEMENT rien à voir avec eux.
Voilà plus d’un an que vous êtes au gouvernement. Haut Commissaire aux Solidarités Actives contre la Pauvreté. Fichtre !
Dites-nous donc, en plus d’un an, ce que vous avez obtenu en matière de « solidarités actives » ? RIEN ! Pendant que vous nous brandissez à plus soif votre promesse mirifique, cette obsession sans cesse repoussée, de Revenu de Solidarité Active (sic), tout ce qui faisait l’originalité de notre tissu de solidarités sociales est tragiquement démantelé : sécurité sociale, droit du travail, trente-cinq heures…
Plus d’un an après votre nomination, vous ne pouvez vous targuer de la surprise ou de l’ignorance. De deux choses l’une, Monsieur : ou vous êtes un naïf d’un ridicule consommé ; ou vous êtes un faux-jeton de la pire espèce des méprisables.
Ce mot, à force d’avoir été galvaudé à tort et à travers, sur-exploité à propos de tout et de n’importe quoi, ce mot-rempart, ce mot-caution, ce mot qui tente de cantonner le champ de l’intolérance et du rejet à une seule communauté, à l’exclusion de toutes les autres, ce mot qui devrait être employé avec la plus infinie des pudeurs, à l’inverse de l’utilisation nauséabonde et inquisitoriale qu’en fait ce M. Policar dans sa tribune, est en train de s’effondrer comme un fruit trop mûr, un légume blet, vidé de sa substance et de son sens.
Pour ma part, plus jamais je n’emploierai ce qualificatif. Plus jamais, je ne m’y attarderai. J’en ai quelques autres dans ma besace, du même tonneau, qui ont le mérite d’inclure dans le même champ, à part égal, tous les exclus, tous les persécutés, tous les suppliciés : les juifs, les roms, les noirs, les métèques, les bougnoules, les sans-papiers… Des mots âcres qui, au moins, ont gardé tous leurs sucs et leur signification : exclusion, rejet, racisme, intolérance, sectarisme, haine, bêtise…
Le Yéti (dont la femme et les enfants sont juifs par leur grand-père, mon ami si cher qui porta toute sa vie durant, sur son avant-bras, le numéro infamant de son passage à Auschwitz).
Hého Pollo, personnellement je ne ferme jamais un billet, mais sur les 40 premières réactions à cette tribune, vous en avez publié exactement 12 à vous tout seul (30 %). Alors forcément, à la longue, ça doit finir par lasser !
Quoi, que lis-je, que découvre-je ? ONVEUTMEFICHER ??? Mais allez-y, ne vous gênez pas, continuez, faites comme chez vous ou comme Hillary au sommet de l’Everest en 1953 ! En 53, j’avais trois ans et déjà le monde à me courir le poil ! J’en tiens des tas d’autres à votre disposition, des (mauvais) poils, si vous y tenez !
Parce que dans l’affaire, le problème n’est pas Siné. Ni son passé (sauf erreur, il s’était excusé pour ses propos stupides de 1982, raison pour laquelle la LICRA retira sa plainte). Encore moins son billet tout à fait à fait anodin qui motiva son licenciement.
C’est ce licenciement qui est le cœur du problème. Et lui seul. Un licenciement survenu dans un hebdomadaire satirique qui récemment encore en appelait à la liberté d’expression et de caricature en publiant les fameuses caricatures anti-islamistes. Oui, une très triste affaire, avec en prime une tentative concertée de diffamation par l’ « élite » officielle (BHL, Joffrin, SOS racisme, et maintenant Chloé Leprince) volant au secours d’un chefaillon malmené avec des procédés assez déplaisants.
Cet article visant à la diversion en fouillant le passé d’un humoriste pour faire oublier les raisons lamentables de son licenciement, avec des arguments frôlant la sournoiserie assez pesante (rappel de la femme juive de Drieu-La Rochelle, entre beaucoup d’autres), me paraît d’un gout fort douteux. Indigne de ce que je pensais de Rue 89, d’autant qu’il ne figure même pas dans la rubrique « Tribune »
Hé hé, chère Rue 89, il y a des sujets si brûlants (comme celui-ci sur les frasques de Siné et la pathétique déconfiture de ceux qui prétendaient le faire taire) qu’il me semble bien que tu sélectionnes un peu précipitamment quelques commentaires dans le seul but d’éteindre ou de colmater les incendies qui menacent de t’échapper ! Me trompe-je ?
PS : vu le nombre de commentaires du « Yéti » que tu m’as fait l’honneur de sélectionner précédemment jusqu’à présent, tu voudras bien considérer ce commentaire de sélection de commentaires comme purement gratuit et charitable.
Dans les pages Rebonds de Libération du 25 juillet 2008, celles où Laurent Joffrin illustra son insigne maladresse en collant l’étiquette de « race » à la communauté juive, il y avait une autre intervention qui retint mon attention. Celle de l’association SOS Racisme qui prenait elle aussi fait et cause pour le directeur malmené de Charlie Hebdo.
On y lisait une phrase significative et terrible : « la violence des réactions antisémites qui pullulent désormais sur les forums, blogs ou sites Internet est bien évidemment (…) intolérable - fussent-elles cachées sous le voile pudique d’un antisionisme de circonstance. »
Ainsi, par un douteux amalgame langagier, SOS Racisme étend officiellement la notion d’antisémitisme à toute critique de la politique (sioniste) d’un État (Israël). Excommuniant de fait et d’avance tous ceux qui ne respecteraient pas cet interdit prononcé par eux-mêmes. Cette simple et malheureuse phrase disqualifie évidemment d’un coup toute la fastidieuse argumentation de l’honorable association pour voler au secours de l’inénarrable directeur de Charlie-Hebdo.
L’affaire actuelle n’a strictement rien à voir, je pense, avec la personnalité et le talent de tel ou tel, qu’il ne nous fasse « pas rire » , ou que nous apprécions « tant comme journaliste et comme auteur ». Elle tient à la symbolique de ce licenciement sec d’un collaborateur historique d’un hebdomadaire satirique historique.
Le problème, l’unique problème, c’est la censure imbécile d’un acte qui ne méritait pas tant d’égards, comme le souligne très bien Mme Benbassa dans son article. Surtout venant de ceux qui, il y a peu, avaient pris fait et cause avec tambours et trompettes médiatiques pour les fameux dessins anti-islamiques au nom de la liberté d’expression.
Le problème vient de ces intolérables barrières dressés et multipliées par une petite élite de chiens de garde officiels contre toute critiques de leurs positions officielles.
Face à cette forteresse « cachée sous le voile pudique » de la bienséance et des convenances, ne restent que l’impertinence et l’irrespect de l’humour, qu’il nous fasse rire ou non.
Tout ce que Charlie-Hebdo sut un temps si bien incarner (juste avant que Mai 68 ne balaya une bonne partie des forteresses d’alors). Et que le triste Val, « salaud » sartrien par excellence, essaie désespérément d’étouffer, avec la complicité si maladroite et cynique de ses compères, un peu aux abois en ce moment (Joffrin, SOS Racisme, Bernard Henri-Lévy…)
« Le Yéti » est un pseudonyme utilisé uniquement pour raisons professionnelles. Certainement pas par souci d’anonymat. Qui me cherche me trouve facilement, même sans technologies flicardes sophistiquées.
Tu as raison : je ferai « moins le fiérot ». Les résistants aussi, probablement, ne faisaient pas les fiérots quand la milice venaient les arrêter. N’empêche qu’AVANT, ils existaient et n’avaient pas peur, ou l’avaient surmontée. La seule chose qui nous reste à faire aujourd’hui, c’est de nous occuper de notre peur, pour la surmonter. Pas de l’alimenter avec quelques sinistres exemples comme tu le fais. La force des salauds, c’est la peur qu’ils parviennent à faire régner. Je ne suis pas sûr qu’il soit bon de les y aider.
On s’en fout de la multiplication maladive de leurs sales fichiers.
On s’en fout de leur paranoïa d’encartage.
On s’en tape de leurs manies d’archivage, de filmage, d’écoutage.
Qui, oui qui va les exploiter, leurs misérables infos ?
Même dans l’armée, ils virent à tour de bras les scrutateurs.
Leur manie de l’enfichage à tout va ne témoigne pas de leur puissance, mais de leur incommensurable trouille.
À leur encontre, N’AYONSPASPEUR !
Tout ce que peuvent faire ces crétins, ce sont quelques misérables exemples sans conséquences.
Aussi insignifiant que de prétendre traquer les pirates du téléchargement illégal (sic aux éclats !)
Pour ma part, je signe sans problème, le Yéti, et persiste en goguenardise à l’endroit de ces imbéciles.
« Pour avoir grâce à vos yeux il faut bien entendu marteler la pensée unique : les États-Unis sont le Grand Satan ! »
Manichéisme lamentable habituel ! C’en est risible ! En plus renforcé par la foudroyante comparaison avec Pétain. Comme si la saloperie de l’un (le régime pétainiste) justifiait ou atténuait la saloperie des autres (le système impérial et dictatorial américain ; oui, « dictatorial », je pèse mes mots ; pour avoir une chance d’être élu aux États-Unis, il faut d’abord être entièrement sponsorisé donc « sélectionné » par les forces du fric privé. Comme Obama et TOUS les autres candidats américains à la présidence. Sans fric, pas de campagne électorale. C’est aussi simple que ça).
« Sinon, vous nous donnerez aussi votre opinion sur les Espagnols (fiers), les Italiens (voleurs, comme les Arabes), les Allemands (les Boches ?), etc… Ca m’intéresse. »
Qu’est-ce que viendrait foutre ici mon opinion sur les autres populations, espagnoles, italiennes… D’ailleurs, dans votre précipitation outragée, vous faites les questions ET les réponses. Quelle triste bouillie que votre argumentation ! Le désespoir de cause ?
Qu’est-ce que ces comparaisons ont à voir entre elles ? En quoi le fait de critiquer Mme Rice, M. Powell et M. Mugabe dans le présent contexte serait-il une circonstance atténuante ou un détournement d’attention pour tous les actes odieux commis par les salauds blancs de peau que vous citez (à juste titre) ?
« c’est votre droit de ne pas aimer Obama et de ne pas aimer des leaders noirs faisant preuve de probité. »
Obama ? Probité ? Amalgame un peu précipité et facile, non ?
Quant à mes « amours » pour la probité (vraie, celle-là) de certains leaders noirs, vous en trouverez quelques preuves et quelques noms dans mon commentaire suivant : Martin Luther King, Angela Davis… Auxquels, si vous le voulez bien, je me permettrai d’ajouter Nelson Mandela.
Ah et puis, pendant qu’on y est, à propos d’ « agressivité », il y a une autre petite chose qui me dérange dans votre tribune : cette obsession de vouloir nous vendre à tout prix les USA comme modèle idéal d’émancipation, comme précurseur lumineux de l’avenir du monde. Alors qu’on a affaire au pays du puritanisme le plus étriqué, au pays du sénateur McCarthy, de la peine de mort triomphante, des armes à feu en libre service, des inégalités sociales les plus criantes. Essayez donc de vous faire soigner aujourd’hui encore aux USA si vous n’avez pas un sou !
Faut-il rappeler que la ségrégation raciale sévissait encore aux États-Unis jusque dans les années 60. Et qu’il a fallu l’action courageuse de gens comme Martin Luther King, Angela Davis, le mouvement des Black Panthers pour que les jeunes bronzés puissent s’assoir sur les mêmes sièges d’autobus que les « visages pâles », pour que les petites blacks aient accès aux mêmes cuvettes de chiottes que leurs congénères rougissantes.
Ah, c’est facile de rebâtir les réalités au gré de ses fantasmes et de ses illusions !
(PS pour Thomas Tribout, « Il faut rappeler également que les sociétés multiraciales américaines ont plusieurs siècles. En France, le phénomène a 50 ans à peine… »
Êtes-vous sûr de ne pas avoir fait une inversion, là ? Parce que votre affirmation va à l’encontre de votre introduction et de votre conclusion.)
« Non roublard… l’archétype de ce que ne produit jamais la classe politique française… »
Hého, c’est pas fini les conneries ! Obama change d’avis comme de chemises, cherche à coller au plus près de ce qui, sur le moment, lui paraît devoir favoriser son élection, ENVERSETCONTRETOUT ce qui peut ressembler à une conviction.
Pour se faire élire, Obama fait ouvertement appel à des fonds exclusivement privés. Croyez-vous que l’octroi de ces fonds va être exclusivement gracieux ? Arrêtons le délire et les fantasmes, vous voulez bien ?
Faut-il vous rappeler les déclarations précipitées et contradictoires d’Obama sur Israël, sur l’Irak, sur la peine de mort…
Noir, dites-vous ? Et alors, est-ce un gage d’angélisme et d’émancipation ? Quelques noms pour vous faire une idée : Condoleezza Rice, le général Colin Powell, Mugabe… Des vertus, peut-être ?
Je suis la campagne d’Obama depuis le début. Rarement vu quelqu’un d’aussi glaçant et carapaçonné dans la glu marketing d’un plan de carrière pré-programmé.
Qu’est-ce qui vous passionne dans la vie, AdamPollo ?
Qu’est-ce que c’est, pour vous, un entretien pas « nul, sur un sujet asymptomatiquement » jubilatoire ?
Qu’est-ce que vous faites là maintenant, présentement, vous, pour « réparer le nombre incalculable de conneries qu’ont faites [vos] valeureux anciens » et enthousiasmer, enfin, les foules ?
Très bel article pour un évènement bien pénible. Je ne sais pas pourquoi la première chose qui me vient en apprenant cette mort est de souhaiter longue vie à ce qui reste du formidable Massilia Sound System.
« Le langage ne contribue ainsi qu’à cacher la cause des dominances sociales, les mécanismes d’établissement de ces dominances. Et à faire croire à l’individu qu’en œuvrant pour l’ensemble du social, il réalise son propre plaisir. Alors qu’il ne fait en général que maintenir des situations hiérarchiques qui se cachent sous des alibis langagiers, des alibis fournis par le langage, qui lui servent en quelque sorte d’excuse. »
Ces propos extraits du film d’Alain Resnais, Mon oncle d’Amérique, et tenus par Henri Laborit (1914-1995), chirurgien et biologiste français spécialiste du comportement animal et humain, éclairent à merveille, hélas, la terrible sauvagerie de notre situation sociale actuelle. Et celles de ces bêtes de somme que sont devenus les travailleurs sans papier de notre pays. Et tous les déclassés de ce monde en folie qui se pressent à nos portes de riches.
Chez certains, ce sinistre châtelain du Maine et Loire par exemple, les pulsions de dominance que dénonçait Laborit ont eu raison de toutes les barrières de protections sociales que nous avions su un temps établir. Et sous l’onctuosité anesthésiante du verbe officiel (« travailler plus pour gagner plus », « moderniser (sic) le droit du travail »…), se dissimule un incroyable retour à la barbarie primale.
« Et tout cela (dit Laborit) dans un mécanisme inconscient. C’est-à-dire que nos pulsions et nos automatismes culturels seront masqués par un discours logique. Le langage ne contribue ainsi qu’à cacher la cause des dominances sociales, les mécanismes d’établissement de ces dominances. Et à faire croire à l’individu qu’en œuvrant pour l’ensemble du social, il réalise son propre plaisir. Alors qu’il ne fait en général que maintenir des situations hiérarchiques qui se cachent sous des alibis langagiers, des alibis fournis par le langage, qui lui servent en quelque sorte d’excuse. »
Face à ce cul-de-sac, trois comportements possibles, toujours selon le professeur Laborit : un comportement de fuite, un comportement de lutte ou un comportement quasi pathologique d’inhibition de l’action. Tandis qu’une bonne partie de nos concitoyens semblent frappés par ce dernier syndrome de frileuse paralysie, d’autres enfin, comme ces serfs des déchèteries, recourent à la lutte. Enfin !
Et Laborit de conclure :
« Tant que l’on n’aura pas diffusé à travers les hommes de cette planète, la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l’utilisent, et tant qu’on n’aura pas dit que jusqu’ici ça a toujours été pour dominer l’autre, il y a peu de chance qu’il y ait quelque chose qui change. »
Je ne vois pas pourquoi le fait que le dopage entache d’autres sports (tennis, foot, athlétisme…) diminuerait la responsabilité du monde du cyclisme, au prétexte que pour l’instant il est le seul à avoir été pincé.
Je vois trop pourquoi on jette son ire sur le cas du seul cyclisme en fermant « pudiquement » les yeux sur les problèmes de dopage dans d’autres sports plus friqués.
Je me demande pourquoi on continue à s’illusionner sur la lutte contre le dopage. Le dopage est inhérent à la quête de performance à tout prix qui sous-entend toute compétition sportive professionnelle de haut niveau. D’ailleurs, les foules d’aficionados qui se pressent sur les routes ou dans les gradins s’en foutent totalement. Le problème n’est pas de savoir QUAND le dopage va être éradiqué, mais COMMENT, par quel biais alambiqué, il va finir par être institutionnalisé.
Juste faire un pas en arrière pour essayer de comprendre à tête un peu moins échauffée le pourquoi du comment de ce spectacle affligeant : tous les représentants de la « fière nation » bientôt cérémonieusement réunis pour un tripatouillage éhontée de la Constitution. Que restera-t-il bientôt de la Constitution de ce pauvre vieux De Gaulle ? Que reste-t-il de ce qui faisait notre ciment politique, même imparfait ? Cette lamentable bouillie ? Ce brouet écœurant ?
Non, non, ce n’est pas possible ! Faire encore un pas en arrière. Se frotter les yeux. Mais non, non, vraiment rien de rien ! Nous continuons juste à barboter dans le grotesque et l’odieux. « Je ne sais plus » (le député Lang, hagard).
Fuir, prendre les jambes à son cou, vite ! Puis libérer notre rire et désarmer notre désarroi par un solide bras d’honneur. Au point d’ignominie où nous en sommes arrivés, tout ça n’a finalement que bien peu d’importance.
Ha ha, c’est drôle, moi aussi, j’ai fait mes classes à François-Villon. De 1965 à … Mai 1968. À l’époque, ce bahut était considéré comme un lycée d’avant-garde ! Bien qu’il se situait à l’autre bout de Paris, je l’ai rejoint parce qu’il était alors un des rares établissements parisiens à offrir l’enseignement de trois langues vivantes. Classe théâtre avec Monsieur Cavalier, lycée mixte à mort (un privilège en ces temps figés pré soixante-huitards), des profs pas possibles, dans le bon sens du terme comme ce Monsieur Ternat en anglais ou ce prof de lettres totalement dingue dont j’ai oublié le nom et qui nous enchantait.
Ah oui, Tout change, tout s’en va, ma bonne dame, mon bon monsieur. Mais attention, arrêtons un peu de pleurnicher, les yeux rougis rivés sur les classements médiatiques de « performance ». Après tout votre lycée sera ce que vous en faites. C’est un peu pénible cette quête pathétique d’une « performance » qui de toute façon ne mène désormais plus personne nul part (d’enthousiasmant, je veux dire).
Bien sûr qu’on peut la comprendre l’attitude du papa de Lucie. N’empêche qu’on ne peut pas mieux tomber dans le piège tendu par ceux qui ont rayé la carte scolaire de la géographie éducative. La foire d’empoigne que ça promet ! Retour à la sauvagerie au nom de la « modernité ».
Ceci dit, j’en profite pour saluer tous mes anciens copains et copines et profs. Hello, vous allez bien tous après tout ce temps ?
@ Pascal Riché
Mais je connais (et apprécie) les cinéastes que vous citez ! De même que je connais et apprécie Cassavetes ou Orson Welles. Sauf que tous ceux-ci ne me paraissent pas vraiment représentatifs de la grosse machinerie hollywoodienne dont je voulais parler, comme ces films où sévit Will Smith et tous ceux qui figurent au box-office US (cf. le tout dernier, éclairant, sur AlloCiné).
D’autre part, faut-il préciser que j’apprécie aussi énormément certains films et cinéastes de ce cinéma « archétypal » que j’essayais d’analyser Autant en emporte le vent », les films de Capra, de John Ford, de Mankievicz, Cukor, Coppola…
HÉROS MALGRÉ EUX
« C’est un gars qui n’a pas envie d’être Super-héros … et qui le devient malgré lui. »
Proprement interminable la liste des films américains traitant de ce sujet. Les héros américains le sont toujours « malgré eux », contraints par les évènements et/ou le devoir. Manière de bien signifier que les « héros » sont avant tout de braves humains qui ne demandaient rien à personne, mais toujours bien conscients au final de leurs devoirs (de super justiciers ? d’Américains ?)
Contrairement au cinéma européen, par exemple, le cinéma américain fonctionne à fond sur le principe des archétypes (personnages) et des schéma-type (scénarios.)
Les personnages sont toujours « représentatifs », jusque dans ses excès caricaturaux. Aujourd’hui la plupart des acteurs « vedettes » américains en vogue ressemblent à s’y méprendre à ces mannequins glacés des magazines que des scénaristes essaient désespérément d’animer (Brad Pitt, Angelina Jolie…) Et ceux des années soixante-dix, quatre-vingt, un peu plus typés, s’abandonnent aujourd’hui à la commercialisation éhontée de leur image (Robert de Niro). Et que dire de Will Smith ? …
Pareil pour les scenarios. Toujours les mêmes trames archi-prévisibles (une dizaine de modèles tout au plus). Sauf qu’au lieu de nous les servir dans des westerns (Ford) ou dans des comédies hollywoodiennes, on nous les balance dans des fantaisies aéro-spatiales et dans des comédies toujours holywoodiennes mais « modernes ».
VÉRITÉS DE LA PALICE
Quand on lit un tel témoignage (celui de Mr Greed) ce qui surprend, ce n’est pas ce qu’il révèle, mais le fait que certains soient encore surpris par ce qui aurait dû sauter aux yeux de tous ceux qui voulaient bien les ouvrir. C’est-à-dire finalement pas grand-monde, à commencer par ces inénarrables « spécialistes » qui ne passent pas un jour sans essayer de nous convaincre que la crise est derrière nous.
Décidément, le syndrome de l’autruche est solidement implanté dans les consciences. Et même pire, au-delà, dans les tréfonds de notre stupidité congénitale.
ERREUR DE CIBLE
M’est avis qu’avec ses conneries, l’ « élite » (dont fait partie le pauvre Val) va réussir d’un coup idiot de trop ce que ni la raide Laguiller, ni la fourmillante Buffet, ni le gentil Besancenot, ne réussiront jamais : fédérer les mécontentements autour d’un canard et d’un presque nonagénaire ricanant. Et rompre les ponts d’un coup d’un seul et sans nuance (enfin !) avec les cons aux manettes et leurs larbins.
Je vois de ci de là que d’aucuns font déjà la fine bouche sur certains membres de l’équipe du bon vieux Siné, distribuant à l’envie bons et mauvais points. D’autres qui émettent des doutes sur la pérennité du projet anti bégonia.
Franchement, on s’en fout ! Si on doit commencer à mégoter sur tous les membres de cette « masse populaire » qu’on rêve de voir un jour s’ébranler, ou tergiverser sur la durée d’un « mouvement révolutionnaire », autant rester sous la couette tout seul à ruminer ses aigreurs. Rappelons tout de même qu’en un petit mois, Mai 68 a réussi à durablement bouleverser les mœurs. Et qu’un canard comme Charlie-Hebdo (le vrai, celui d’avant-PV) a plus fait pour ce gigantesque balayage soixante-huitard que tous les emmerdants théoriciens « révolutionnaires » de l’époque ou même d’aujourd’hui.
Alors moi, le 10 septembre, j’achète Siné Hebdo et advienne que pourra !
FADAISES
Arrêtons ces fadaises ! Ni la Géorgie, ni l’Afghanistan, ni le Moyen-Orient ; ni même la situation dans le neuf-trois, ou le neuf-cinq, ou la Vendée profonde, ou le Liban, ou l’Iran, ne sont le moins du monde des « tests de la politique étrangère (ou intérieure) de Sarkozy ».
Foutriquet s’agite sur des terrains, intérieurs ou extérieurs, qui le dépassent totalement. Il s’agite pour s’agiter, pour se donner l’impression qu’il a une importance. Il fait de la politique extérieure (ou intérieure) comme il faisait, au début de son désolant quinquennat, du jogging en tenue immaculée devant ces lèche-cul de caméras télé (avec ce crétin de Kouchner paradant servilement à ses côtés), pour capter désespérément l’attention, comme un vulgaire et inutile fort-en-gueule de cours de récré.
La seule conséquence de sa foutriquerie ? Mettre de l’huile sur le feu partout où il passe, par son incommensurable suffisance. Et sa soumission flagorneuse à l’Empire.
Ces gens, Foutriquet en tête, sont définitivement nuls à chier. Mais tant qu’on parle d’eux, ils ont l’impression d’exister. Ajoutons une pincée de quelques nouilles à dents carnassières genre Carla Bruni, et les voilà qui se prennent pour des soleils ! Lamentable.
Puis-je suggérer à ma chère Rue 89 (et à Pierre Haski) d’arrêter de donner dans ce grossier et fatiguant panneau ? D’essayer de décrypter le monde tel qu’il est, et non de relayer, même en la critiquant, l’image que ces bouffis imbéciles cherchent à donner de leur agitation.
LES TOCARDS
L’hypocrisie occidentale, dénoncée à juste titre par Jacques Sapir, dissimule bien mal la totale impéritie de ceux qui prétendent la défendre.
En témoignent ces déclarations ahurissantes d’un général venu de je ne sais quel diable-vauvert, à propos des évènements en Afghanistan (je veux dire, cette embuscade qui a coûté la vie à une dizaine de nos infortunés pioupous) : « L’adversaire (dit notre ganache qui désigne ainsi les Talibans embusqués) a été repoussé, il a pris une sacrée raclée. »
Ce qui frappe le plus dans les propos désopilants de notre ineffable baderne, c’est le cruel aveu de capilotade et d’incurie dont ils témoignent.
D’ailleurs les répliques n’ont évidemment pas tardées. Outre de multiples témoignages sur les manquements de l’État-major qui ont déjà fait les choux gras du ricanant Canard Enchaîné, voici qu’une aimable feuille de chou locale de Vendée (« Le Journal du Pays yonnais » à La Roche-sur-Yon, daté du jeudi 28 août 2008) publie le coup de sang d’un engagé natif du crû, récemment expédié sur l’histrionnant théâtre des opérations où pataugent nos « défenseurs de la liberté ».
Selon l’irascible engagé vendéen, on en serait revenu, en Afghanistan, à la bouffonnerie épique des années quarante, quand de pauvres recrues dépareillés étaient censés s’opposer au rouleau compresseur nazi, et pallier aux étourderies de la ligne Maginot, avec des cartouches qui ne correspondaient pas aux fusils dont ils étaient dotés !
Quoi de changé aujourd’hui ? « Nous avons été obligé (assassine notre chouan déconfit) de dépenser entre 500 et 1000 euros pour s’acheter du matériel opérationnel. » Et de poursuivre, désabusé : « Nous attendons toujours des gilets pare-balles mieux adaptés (…). Nous manquons de logistique. »
Pour finir, le voilà qui cogne sur les copains de mess du général sus-cité : « Planqués à Kaboul, ils sont quatre-vingt-deux colonels et lieutenants à s’être inventé des missions pour toucher du pognon. » La conclusion de cette véritable exécution tient du coup de grâce : « Nous n’avons pas le droit de dire qu’on n’a pas assez à manger, qu’on a peur et qu’on est épuisé. »
Ouf, n’en jetez plus ! Cette pathétique déconfiture, cette profération imbécile et insensée de cris de victoire totalement irréels est une caractéristique hélas redondante des organisations humaines quand elles ont coulé leurs bielles. Nulle doute que l’épopée tragi-comique du président Saakachvili en Ossétie du Sud, poussé par des forces occidentales frappées du syndrome dégénératif de Peter (« avec le temps, tout poste sera occupé par un incompétent incapable d’en assumer la responsabilité »), tient lui aussi de cette lamentable farce (ce qui n’excuse en rien la brutalité du camp d’en face.)
De là, il est difficile de partager la conclusion de Jacques Sapir pour ce qui est de la nécessité de « stabiliser la situation en Afghanistan ». Car le camp capitaliste occidental est lancé sur tous les fronts dans des batailles perdues, celles qui sont en train de sanctionner l’incroyable arrogance, l’insupportable mépris, l’égocentrisme forcené dont il a fait preuve à l’égard du reste du monde depuis la reconstruction de l’après Seconde guerre mondiale.
DÉSINFORMATION GROTESQUE COUSUE DE FIL BLANC
« L’adversaire a été repoussé, il a pris une sacrée raclée »
Ben tiens ! Sauf que… sauf que le Monde de ce 29 aout publie encore un article qui va complètement à l’encontre des cris de victoire, totalement gratuits et invraisemblables, de ce pauvre général : Un soldat critique la désorganisation de l’armée française.
Vous avez lu le rapport, Monsieur ? Quelle différence en tout cas entre vos affirmations totalement dépourvues de preuves et d’arguments (le troisième paragraphe, notamment) et l’intervention d’Amilcar, étayée et nuancée dans ses conclusions.
Gémir, certainement pas. C’est ici, « chez nous » que nous allons les accueillir, s’ils le souhaitent, que vous le vouliez ou non. RESF, vous connaissez ?
[Je ne réponds jamais à vos posts, monsieur pedro76. Ils me sortent par le nez. Au-delà de la liberté d’expression que vous n’allez pas manquer d’invoquer, c’est des tribunaux dont vos propos relèvent. Pour incitation à la haine. Et bêtise.
Mais puisque je suis occasionnellement (et presque accidentellement) de passage, permettez-moi de vous dire ce que je pense de vos commentaires. Comme ceux de plusieurs autres intervenants ici, ils sont parfaitement sinistres. Des parangons boursouflés d’égoïsmes et de suffisance médiocre. De ce qu’il y a de plus exécrable dans la nature humaine. De ce que je souhaite que mes filles fuient comme la peste en se pinçant le nez. Je me fous que vous vous foutiez de ce que je pense (ce qui n’est même pas si sûr). Je n’ai et ne veux strictement rien à voir, à échanger avec des gens qui osent cracher de telles paroles. D’ailleurs, je regrette déjà l’inutilité de cette intervention, comme celles de tous ceux qui s’efforcent de discuter avec vous. C’est pourquoi je change illico de trottoir.]
L’horreur à notre porte.
Celle que nous avons semée. Et qui nous mène à coup sûr à notre perte.
Mais pleurer ou gémir n’est plus de mise.
Tout juste pouvons-nous écarquiller les yeux,
Pour mesurer l’infernale tragédie que nous avons déclenchée,
Et tenter autant que faire se peut d’en atténuer les douleurs,
Envers et contre toutes leurs sales lois d’exceptions,
Et leurs agissements criminels.
LE PONT DES SANS-RIEN
« Je ne sais pourquoi j’ai survécu, moi précisément, quand le bateau a coulé et que les gens enfermés dans le noir essayaient de sortir de la cale avec leurs ongles. Mais je sais que le pont que nous avons tous cru voir, sur cette plage tout au nord de l’Afrique, ce continent que nous fuyions et que nous regrettions déjà — ce pont sera construit un jour. Un jour, la montagne des corps entassés au fond de la mer s’élèvera si haut que le sommet émergera hors des vagues comme une nouvelle terre, et ce pont de crânes et de tibias fera le lien entre les continents, un lien qu’aucun garde-côte, aucun chien, aucun marin ivre-mort, aucun passeur ne pourra détruire. Alors seulement cette folie cruelle cessera, cette folie où des gens innombrables qui fuient pour leur vie sont contraints de s’enterrer dans des sous-sols et d’être les hommes des cavernes de l’ère nouvelle. »
(Extrait du livre de Henning Mankell, Tea-bag, Points-poche, 7 euros. À lire d’extrême urgence.)
CRÉTINERIE DU FANTASME
« On vit au dessus de nos moyens. »
Au-dessus de quels moyens, s’il vous plaît ? Les « moyens » (l’argent) sont censés nous permettre de partager les biens et services que nous produisons et qui sont censés satisfaire nos besoins. Si ces biens et services existent, mais qu’on nous prive des moyens de nous les procurer, c’est donc qu’il y a un coup tordu quelque part, non ?
« La France a perdu sa compétitivité. »
Compétitivité de quoi, s’il vous plaît ? La compétitivité n’est-elle pas un amuse-couillon commode pour faire croire au quidam de base que la vie consiste à foutre sur la gueule du voisin, comme ça, pour le fun ?
« Les Allemands ne se plaignent pas d’un euro fort. Eux ont su REFORMER courageusement et drastiquement à l’instar d’autres pays européens, comme l’Espagne. »
Sauf erreur, les Allemands sont aussi rentrés en récession lors du second trimestre 2008. Et M. Zapatero, chef du gouvernement espagnol, vient d’interrompre brutalement ses vacances pour analyser la situation très grave que traverse l’économie de son pays. Alors quoi, cher beerhotfr, encore de la poudre de perlimpinpin pour nous embrumer ?
Vous voyez, même vos hochets habituels pour essayer de nous embrouiller et de justifier le système qui vous est cher, sont en train de se manger grave la poussière.
[Doublon étourdi à supprimer, SVP.]
À BOUT DE SOUFFLE
« Aux États-Unis, lorsque le pays menace d’entrer en récession, les autorités appuient vigoureusement sur ces deux leviers: la Réserve fédérale (la banque centrale) baisse ses taux d’intérêt hardiment pour faciliter les emprunts (donc les investissements, l’esprit d’entreprise, le logement, etc.); de son côté, le gouvernement fédéral n’hésite pas à creuser le déficit […] pour distribuer du pouvoir d’achat dans l’économie sous forme de dépenses publiques et/ou de réductions d’impôts. »
M’ouais. Sauf que ce petit jeu en apparence volontariste a ses limites et qu’on les voit nettement aujourd’hui, aux États-Unis même.
1/ favoriser l’emprunt, c’est bien jusqu’au moment où vous vous trouvez en état de sur-endettement carabiné. Et là, ça coince drôlement pour les remboursements. À la base, la crise des sub-primes, c’est exactement ça : des ménages tellement sur-endettés qu’ils ne peuvent plus rembourser leurs emprunts immobiliers.
2/ creuser les déficits, c’est pareil. Les réductions d’impôts ne bénéficient qu’aux ménages les plus imposés, ceux-là même qui ont déjà tout et peuvent difficilement consommer encore plus ; ceux-là qui sont plus soucieux de protéger leurs surplus financiers dans des paradis fiscaux que de participer à relancer la machine économique de leur pays.
D’ailleurs, aucune de ses deux mesures, dont le gouvernement étatsunien a largement abusé pour éviter le pire depuis le début de l’année, n’a donné le moindre résultat. L’entrée en récession se concrétise de jour en jour et il en va de même dans la vieille Europe et en France où aucun des bons vieux remèdes traditionnels n’a le moindre effet. Ne peut plus avoir le moindre effet tant est flagrante l’absurdité suicidaire d’un système basé sur la croissance à tout va et le profit imbécile.
La vérité est que la machine économique capitaliste (il n’y en a plus d’autres) est aujourd’hui à bout de souffle, et qu’elle ne tardera plus désormais à toucher le fond (fin 2008/juin 2009 au plus tard, je pense). Comme dans les années trente, avec toutes les graves incertitudes et conséquences qui accompagnent généralement ces périodes de dépression.
VIEUX DÉMONS
« … réveille ses vieux démons. »
Outre le cliché lourdingue qu’elle représente, on peut se demander À QUI cette expression de « vieux démons » s’adresse. Les « vieux démons » DE QUI ? Des Russes ?
Je crains plutôt qu’il ne s’agisse des nôtres. De notre incommensurable trouille de l’autre (le Russe, le Chinois, l’islamiste pervers…) et de notre besoin irrépressible de trouver des boucs émissaires à nos trouilles. En même temps que des alibis commodes à nos propres agissements sournois pour la dominance mondiale.
Car enfin, en cette gravissime période de crise, je vous fiche mon billet que tout le monde, y compris notre petit bloc occidental si vertueux, est dans les starting-blocks pour ce qui est de la maîtrise des sources énergétiques, des territoires, du commerce…
D’ailleurs, qui a commencé à céder à ses vieux démons, sinon NOUS ? En Afghanistan, en Irak, au Moyen-Orient avec notre tête de pont israélienne, en Afrique avec notre politique post-coloniale jamais abandonnée. Cela n’excuse en rien les agissements des « autres », mais a au moins le mérite de mettre la situation au clair.
Car quand tout vacille, les « vieux démons » ont tôt fait de se répandre comme la poudre. Et d’être goulument partagés.
LE SYNDROME DU LEMMING
Dans les années 60, courait la légende du suicide des lemmings. Pris d’une incontrôlable pulsion de mort suicidaire, ces petits rongeurs de Norvège se précipitaient en masse, nous racontait-on, du haut des falaises qui dominaient les fjords. C’est un mythe que ce suicide collectif, démenti depuis par toutes les études scientifiques - les lemmings ne sont pas si fous ! Mais il éclaire sur l’esprit échauffé des humains qui l’ont propagé.
Et si Israël était devenu le propre artisan de sa future destruction, se ruant tête baissée, tels les lemmings de la légende, vers le néant, l’anéantissement ?
Saisi de la même fureur que celle prêtée aux minuscules campagnols nordiques, Israël continue d’humilier ses voisins, ses opposants palestiniens comme le Hamas ou le Hezbollah, par son attitude arrogante.
Israël est né de la volonté des nations victorieuses de la Seconde guerre mondiale. C’est un État artificiel résolument colonialiste, ne reposant sur aucune réalité historique, sinon celle d’une communauté religieuse. A-t-on jamais vu autre pays fondé sur une appartenance religieuse ? Israël est bâti sur du sable. Dès 1948, dans une lettre au New-York Times, des Juifs aussi peu suspects que Hannah Arendt et Albert Einstein s’inquiétaient déjà des dérives « fascistes » (je cite) qui accompagnaient la création de cet État, avec la complicité des États-Unis.
En multipliant les exactions meurtrières, en poursuivant sa politique de colonisation arrogante, en humiliant ces infortunés villageois palestiniens, Israël n’éradique pas le Hezbollah ou le Hamas, il les renforce et les légitime comme résistants uniques à sa démence. Car c’est bien de démence dont il s’agit. De celle qui conduit un forcené à massacrer tout ce qui l’entoure avant de disparaître à son tour. De cette rage meurtrière et froide qui s’empare des puissants quand ils se rendent compte que leur puissance a atteint ses limites. Tous ces morts civils, ces gens humiliés, c’est autant de kamikazes en gestation pour les temps à venir.
Quelle différence entre un kamikaze islamique et Tsahal ? La disproportion des moyens logistiques et c’est tout.
Cela en est fini de tout espoir de paix pour des générations dans cette région du monde. Envolée la perspective ne serait-ce que d’une simple coexistence de raison. Israël va jusqu’à décourager ceux qui, à défaut de le soutenir, admettait son existence comme un fait accompli incontournable de l’Histoire.
Alors quoi ? Que reste-t-il à Israël et à ses formidables moyens logistiques pour aboutir à ses fins, éradiquer ces « terroristes » toujours plus nombreux qui l’entourent et le menacent ? Quelle autre solution trouveront-ils, poussés au cul par le monstre états-unien, sinon la …
La solution finale ?
Combien doit être douloureux pour des Juifs d’entendre cette expression terrible ! Pourtant, elle court désormais dans tous les esprits. J’essaie d’imaginer les sentiments qu’aurait éprouvés aujourd’hui le vieil ami juif auquel je dois tant, lui qui passa son adolescence à Auschwitz et ses premières années d’adulte dans les prisons staliniennes : un terrible sentiment de douleur, de colère et de honte devant cette barbarie prétendument « civilisée », ce gâchis humain irrémédiable, ce suicide collectif qui n’est plus un mythe.
CRAQUEMENTS
Au-delà des ébranlements économiques, politiques, énergétiques et climatiques actuels, voici que viennent de nous sauter à la figure les premiers sombres craquements, souvent annonciateurs des tragédies qui ponctuent par cycle l’histoire de l’humanité.
Au-delà des forfanteries de la ganache qui préside aux destinées géorgiennes et de la réaction disproportionnée de l’ogre russe, ce qui se trame actuellement, c’est bien l’affrontement entre blocs pour la maîtrise des indispensables sources énergétiques : en l’occurrence, la voie d’accès à la mer Noire et à l’acheminement du précieux gaz.
Comparaison avec la bonne vieille « guerre froide » d’antan ne vaut pas. Ce qui se jouait alors relevait du superficiel, du combat de coqs entre deux super-puissances pour la prééminence mondiale. Mais chacun de ces coqs avait alors trop à perdre en sa basse-cour pour se risquer à des choses plus sérieuses et plus graves que quelques cris de bravaches.
Il en va autrement aujourd’hui, c’est de la survie des puissances en péril dont il s’agit. La maîtrise des ressources énergétiques en est un moyen incontournable. Sans celles-ci, les coqs sont déplumés. Voilà pourquoi ils n’ont plus rien à perdre et n’ont plus que l’énergie du désespoir. D’où la gravité gravissime de ces craquements qui se font entendre aux portes même de cette vieille Europe que nous croyions protégée par sa pourtant si illusoire union.
DERNIÈRE INTERVENTION
1/ Sauf erreur, Siné s’est excusé pour ses propos, pas d’ « avoir été bourré » (je doute que dans ce cas, la Licra aurait retiré sa plainte).
2/ « Doit-on considérer également que c’est du vieux linge sale qu’il est inopportun de ressortir quand cet individu dérape de nouveau sur le même thème? » Siné n’a pas « dérapé sur le même thème » dans le récent article incriminé de Charlie-Hebdo. Et vous le savez parfaitement.
Encore une fois, vous cherchez à travestir les faits pour les faire coller à vos conclusions pré-jugées. D’où mes insultes et mon mépris renouvelés.
« Mon ami » aurait à coup sûr tenu compte des excuses que Siné présenta en 1985 à la suite de ses propos effectivement imbéciles. Excuses qui suffirent alors à entraîner le retrait de la plainte de la Licra.
« Mon ami » aurait eu comme moi, j’en suis persuadé, la même réaction de mépris pour ceux qui feignent, comme vous, d’ignorer ces excuses. Et qui ressortent fort opportunément ce vieux linge sale pour tenter de justifier un acte de censure récent qui n’a STRICTEMENT rien à voir avec eux.
No comment. J’en reste à l’insulte et au mépris. Prenez-le comme vous voulez.
COMMENTAIRE OUVERT A MARTIN HIRSCH
Cher Monsieur,
Voilà plus d’un an que vous êtes au gouvernement. Haut Commissaire aux Solidarités Actives contre la Pauvreté. Fichtre !
Dites-nous donc, en plus d’un an, ce que vous avez obtenu en matière de « solidarités actives » ? RIEN ! Pendant que vous nous brandissez à plus soif votre promesse mirifique, cette obsession sans cesse repoussée, de Revenu de Solidarité Active (sic), tout ce qui faisait l’originalité de notre tissu de solidarités sociales est tragiquement démantelé : sécurité sociale, droit du travail, trente-cinq heures…
Plus d’un an après votre nomination, vous ne pouvez vous targuer de la surprise ou de l’ignorance. De deux choses l’une, Monsieur : ou vous êtes un naïf d’un ridicule consommé ; ou vous êtes un faux-jeton de la pire espèce des méprisables.
Pauvre type !
Pour tout vous dire, je m’en fous.
« ANTISÉMITISME »
Ce mot, à force d’avoir été galvaudé à tort et à travers, sur-exploité à propos de tout et de n’importe quoi, ce mot-rempart, ce mot-caution, ce mot qui tente de cantonner le champ de l’intolérance et du rejet à une seule communauté, à l’exclusion de toutes les autres, ce mot qui devrait être employé avec la plus infinie des pudeurs, à l’inverse de l’utilisation nauséabonde et inquisitoriale qu’en fait ce M. Policar dans sa tribune, est en train de s’effondrer comme un fruit trop mûr, un légume blet, vidé de sa substance et de son sens.
Pour ma part, plus jamais je n’emploierai ce qualificatif. Plus jamais, je ne m’y attarderai. J’en ai quelques autres dans ma besace, du même tonneau, qui ont le mérite d’inclure dans le même champ, à part égal, tous les exclus, tous les persécutés, tous les suppliciés : les juifs, les roms, les noirs, les métèques, les bougnoules, les sans-papiers… Des mots âcres qui, au moins, ont gardé tous leurs sucs et leur signification : exclusion, rejet, racisme, intolérance, sectarisme, haine, bêtise…
Le Yéti (dont la femme et les enfants sont juifs par leur grand-père, mon ami si cher qui porta toute sa vie durant, sur son avant-bras, le numéro infamant de son passage à Auschwitz).
Hého Pollo, personnellement je ne ferme jamais un billet, mais sur les 40 premières réactions à cette tribune, vous en avez publié exactement 12 à vous tout seul (30 %). Alors forcément, à la longue, ça doit finir par lasser !
À POIL !
Quoi, que lis-je, que découvre-je ? ON VEUT ME FICHER ??? Mais allez-y, ne vous gênez pas, continuez, faites comme chez vous ou comme Hillary au sommet de l’Everest en 1953 ! En 53, j’avais trois ans et déjà le monde à me courir le poil ! J’en tiens des tas d’autres à votre disposition, des (mauvais) poils, si vous y tenez !
@ FabiendeM.
Pour t’aider, mon vieux :
(Ho ho, qu’est-ce qu’ils se prennent, tous ces béni-oui-oui !)
VOUS NE CONNAISSEZ PAS LA DERNIÈRE ?
Selon l’AFP, la ministre de la Culture et de la Communication, Christine Albanel, a déclaré lundi souhaiter « apporter son soutien » à Philippe Val.
Ha ha ha, à quand la Légion d’Honneur pour Val, le « roi de l’impertinence » ?
QUAND SINÉ APPELAIT LA FRANCE À RECONNAÎTRE SON RÔLE DANS LA SHOAH
Allez tiens, pour foutre la merde dans le concert hululant des bien-pensants indignés, voici un petit article à lire d’urgence : Quand Siné appelait la France à reconnaître son rôle dans la Shoah.
UN ARTICLE DE GOUT DOUTEUX
À quand un article sur Val ?
Parce que dans l’affaire, le problème n’est pas Siné. Ni son passé (sauf erreur, il s’était excusé pour ses propos stupides de 1982, raison pour laquelle la LICRA retira sa plainte). Encore moins son billet tout à fait à fait anodin qui motiva son licenciement.
C’est ce licenciement qui est le cœur du problème. Et lui seul. Un licenciement survenu dans un hebdomadaire satirique qui récemment encore en appelait à la liberté d’expression et de caricature en publiant les fameuses caricatures anti-islamistes. Oui, une très triste affaire, avec en prime une tentative concertée de diffamation par l’ « élite » officielle (BHL, Joffrin, SOS racisme, et maintenant Chloé Leprince) volant au secours d’un chefaillon malmené avec des procédés assez déplaisants.
Cet article visant à la diversion en fouillant le passé d’un humoriste pour faire oublier les raisons lamentables de son licenciement, avec des arguments frôlant la sournoiserie assez pesante (rappel de la femme juive de Drieu-La Rochelle, entre beaucoup d’autres), me paraît d’un gout fort douteux. Indigne de ce que je pensais de Rue 89, d’autant qu’il ne figure même pas dans la rubrique « Tribune »
EXTINCTEUR
Hé hé, chère Rue 89, il y a des sujets si brûlants (comme celui-ci sur les frasques de Siné et la pathétique déconfiture de ceux qui prétendaient le faire taire) qu’il me semble bien que tu sélectionnes un peu précipitamment quelques commentaires dans le seul but d’éteindre ou de colmater les incendies qui menacent de t’échapper ! Me trompe-je ?
PS : vu le nombre de commentaires du « Yéti » que tu m’as fait l’honneur de sélectionner précédemment jusqu’à présent, tu voudras bien considérer ce commentaire de sélection de commentaires comme purement gratuit et charitable.
CHIENS DE GARDE
Dans les pages Rebonds de Libération du 25 juillet 2008, celles où Laurent Joffrin illustra son insigne maladresse en collant l’étiquette de « race » à la communauté juive, il y avait une autre intervention qui retint mon attention. Celle de l’association SOS Racisme qui prenait elle aussi fait et cause pour le directeur malmené de Charlie Hebdo.
On y lisait une phrase significative et terrible : « la violence des réactions antisémites qui pullulent désormais sur les forums, blogs ou sites Internet est bien évidemment (…) intolérable - fussent-elles cachées sous le voile pudique d’un antisionisme de circonstance. »
Ainsi, par un douteux amalgame langagier, SOS Racisme étend officiellement la notion d’antisémitisme à toute critique de la politique (sioniste) d’un État (Israël). Excommuniant de fait et d’avance tous ceux qui ne respecteraient pas cet interdit prononcé par eux-mêmes. Cette simple et malheureuse phrase disqualifie évidemment d’un coup toute la fastidieuse argumentation de l’honorable association pour voler au secours de l’inénarrable directeur de Charlie-Hebdo.
L’affaire actuelle n’a strictement rien à voir, je pense, avec la personnalité et le talent de tel ou tel, qu’il ne nous fasse « pas rire » , ou que nous apprécions « tant comme journaliste et comme auteur ». Elle tient à la symbolique de ce licenciement sec d’un collaborateur historique d’un hebdomadaire satirique historique.
Le problème, l’unique problème, c’est la censure imbécile d’un acte qui ne méritait pas tant d’égards, comme le souligne très bien Mme Benbassa dans son article. Surtout venant de ceux qui, il y a peu, avaient pris fait et cause avec tambours et trompettes médiatiques pour les fameux dessins anti-islamiques au nom de la liberté d’expression.
Le problème vient de ces intolérables barrières dressés et multipliées par une petite élite de chiens de garde officiels contre toute critiques de leurs positions officielles.
Face à cette forteresse « cachée sous le voile pudique » de la bienséance et des convenances, ne restent que l’impertinence et l’irrespect de l’humour, qu’il nous fasse rire ou non.
Tout ce que Charlie-Hebdo sut un temps si bien incarner (juste avant que Mai 68 ne balaya une bonne partie des forteresses d’alors). Et que le triste Val, « salaud » sartrien par excellence, essaie désespérément d’étouffer, avec la complicité si maladroite et cynique de ses compères, un peu aux abois en ce moment (Joffrin, SOS Racisme, Bernard Henri-Lévy…)
@Blaise 11
« Le Yéti » est un pseudonyme utilisé uniquement pour raisons professionnelles. Certainement pas par souci d’anonymat. Qui me cherche me trouve facilement, même sans technologies flicardes sophistiquées.
BOTTER LE CUL À LA PEUR
Tu as raison : je ferai « moins le fiérot ». Les résistants aussi, probablement, ne faisaient pas les fiérots quand la milice venaient les arrêter. N’empêche qu’AVANT, ils existaient et n’avaient pas peur, ou l’avaient surmontée. La seule chose qui nous reste à faire aujourd’hui, c’est de nous occuper de notre peur, pour la surmonter. Pas de l’alimenter avec quelques sinistres exemples comme tu le fais. La force des salauds, c’est la peur qu’ils parviennent à faire régner. Je ne suis pas sûr qu’il soit bon de les y aider.
ON S’EN FOUT !
On s’en fout de la multiplication maladive de leurs sales fichiers.
On s’en fout de leur paranoïa d’encartage.
On s’en tape de leurs manies d’archivage, de filmage, d’écoutage.
Qui, oui qui va les exploiter, leurs misérables infos ?
Même dans l’armée, ils virent à tour de bras les scrutateurs.
Leur manie de l’enfichage à tout va ne témoigne pas de leur puissance, mais de leur incommensurable trouille.
À leur encontre, N’AYONS PAS PEUR !
Tout ce que peuvent faire ces crétins, ce sont quelques misérables exemples sans conséquences.
Aussi insignifiant que de prétendre traquer les pirates du téléchargement illégal (sic aux éclats !)
Pour ma part, je signe sans problème, le Yéti, et persiste en goguenardise à l’endroit de ces imbéciles.
Rien à cacher : je les emmerde !
Même réflexion que plus haut sur la bouillie. Vous faites les questions ET les réponses. (Remarquez, c’est pratique.)
En France, il n’y a pas eu de candidat noir, c’est vrai, mais au moins il y a eu des candidats de GAUCHE.
« Pour avoir grâce à vos yeux il faut bien entendu marteler la pensée unique : les États-Unis sont le Grand Satan ! »
Manichéisme lamentable habituel ! C’en est risible ! En plus renforcé par la foudroyante comparaison avec Pétain. Comme si la saloperie de l’un (le régime pétainiste) justifiait ou atténuait la saloperie des autres (le système impérial et dictatorial américain ; oui, « dictatorial », je pèse mes mots ; pour avoir une chance d’être élu aux États-Unis, il faut d’abord être entièrement sponsorisé donc « sélectionné » par les forces du fric privé. Comme Obama et TOUS les autres candidats américains à la présidence. Sans fric, pas de campagne électorale. C’est aussi simple que ça).
« il faut aller dans un hôpital public où tout le monde est soigné, assurance ou pas, c’est la loi. »
Eh bien, je ne vous souhaite pas de vous retrouver aux urgences dans un hôpital public aux USA (cf. ce petit film tourné par la caméra de surveillance d’un hôpital public de Brooklyn et récemment diffusé par France Info).
« Sinon, vous nous donnerez aussi votre opinion sur les Espagnols (fiers), les Italiens (voleurs, comme les Arabes), les Allemands (les Boches ?), etc… Ca m’intéresse. »
Qu’est-ce que viendrait foutre ici mon opinion sur les autres populations, espagnoles, italiennes… D’ailleurs, dans votre précipitation outragée, vous faites les questions ET les réponses. Quelle triste bouillie que votre argumentation ! Le désespoir de cause ?
Qu’est-ce que ces comparaisons ont à voir entre elles ? En quoi le fait de critiquer Mme Rice, M. Powell et M. Mugabe dans le présent contexte serait-il une circonstance atténuante ou un détournement d’attention pour tous les actes odieux commis par les salauds blancs de peau que vous citez (à juste titre) ?
« c’est votre droit de ne pas aimer Obama et de ne pas aimer des leaders noirs faisant preuve de probité. »
Obama ? Probité ? Amalgame un peu précipité et facile, non ?
Quant à mes « amours » pour la probité (vraie, celle-là) de certains leaders noirs, vous en trouverez quelques preuves et quelques noms dans mon commentaire suivant : Martin Luther King, Angela Davis… Auxquels, si vous le voulez bien, je me permettrai d’ajouter Nelson Mandela.
Ah et puis, pendant qu’on y est, à propos d’ « agressivité », il y a une autre petite chose qui me dérange dans votre tribune : cette obsession de vouloir nous vendre à tout prix les USA comme modèle idéal d’émancipation, comme précurseur lumineux de l’avenir du monde. Alors qu’on a affaire au pays du puritanisme le plus étriqué, au pays du sénateur McCarthy, de la peine de mort triomphante, des armes à feu en libre service, des inégalités sociales les plus criantes. Essayez donc de vous faire soigner aujourd’hui encore aux USA si vous n’avez pas un sou !
Faut-il rappeler que la ségrégation raciale sévissait encore aux États-Unis jusque dans les années 60. Et qu’il a fallu l’action courageuse de gens comme Martin Luther King, Angela Davis, le mouvement des Black Panthers pour que les jeunes bronzés puissent s’assoir sur les mêmes sièges d’autobus que les « visages pâles », pour que les petites blacks aient accès aux mêmes cuvettes de chiottes que leurs congénères rougissantes.
Ah, c’est facile de rebâtir les réalités au gré de ses fantasmes et de ses illusions !
(PS pour Thomas Tribout,
« Il faut rappeler également que les sociétés multiraciales américaines ont plusieurs siècles. En France, le phénomène a 50 ans à peine… »
Êtes-vous sûr de ne pas avoir fait une inversion, là ? Parce que votre affirmation va à l’encontre de votre introduction et de votre conclusion.)
« Non roublard… l’archétype de ce que ne produit jamais la classe politique française… »
Hého, c’est pas fini les conneries ! Obama change d’avis comme de chemises, cherche à coller au plus près de ce qui, sur le moment, lui paraît devoir favoriser son élection, ENVERS ET CONTRE TOUT ce qui peut ressembler à une conviction.
Pour se faire élire, Obama fait ouvertement appel à des fonds exclusivement privés. Croyez-vous que l’octroi de ces fonds va être exclusivement gracieux ? Arrêtons le délire et les fantasmes, vous voulez bien ?
Faut-il vous rappeler les déclarations précipitées et contradictoires d’Obama sur Israël, sur l’Irak, sur la peine de mort…
Noir, dites-vous ? Et alors, est-ce un gage d’angélisme et d’émancipation ? Quelques noms pour vous faire une idée : Condoleezza Rice, le général Colin Powell, Mugabe… Des vertus, peut-être ?
Je suis la campagne d’Obama depuis le début. Rarement vu quelqu’un d’aussi glaçant et carapaçonné dans la glu marketing d’un plan de carrière pré-programmé.
« qu’est-ce qui me passionne dans la vie? Plein de choses »
C’est vague :-D
Qu’est-ce qui vous passionne dans la vie, AdamPollo ?
Qu’est-ce que c’est, pour vous, un entretien pas « nul, sur un sujet asymptomatiquement » jubilatoire ?
Qu’est-ce que vous faites là maintenant, présentement, vous, pour « réparer le nombre incalculable de conneries qu’ont faites [vos] valeureux anciens » et enthousiasmer, enfin, les foules ?
Très bel article pour un évènement bien pénible. Je ne sais pas pourquoi la première chose qui me vient en apprenant cette mort est de souhaiter longue vie à ce qui reste du formidable Massilia Sound System.
RETOUR À LA SAUVAGERIE
« Le langage ne contribue ainsi qu’à cacher la cause des dominances sociales, les mécanismes d’établissement de ces dominances. Et à faire croire à l’individu qu’en œuvrant pour l’ensemble du social, il réalise son propre plaisir. Alors qu’il ne fait en général que maintenir des situations hiérarchiques qui se cachent sous des alibis langagiers, des alibis fournis par le langage, qui lui servent en quelque sorte d’excuse. »
Ces propos extraits du film d’Alain Resnais, Mon oncle d’Amérique, et tenus par Henri Laborit (1914-1995), chirurgien et biologiste français spécialiste du comportement animal et humain, éclairent à merveille, hélas, la terrible sauvagerie de notre situation sociale actuelle. Et celles de ces bêtes de somme que sont devenus les travailleurs sans papier de notre pays. Et tous les déclassés de ce monde en folie qui se pressent à nos portes de riches.
Chez certains, ce sinistre châtelain du Maine et Loire par exemple, les pulsions de dominance que dénonçait Laborit ont eu raison de toutes les barrières de protections sociales que nous avions su un temps établir. Et sous l’onctuosité anesthésiante du verbe officiel (« travailler plus pour gagner plus », « moderniser (sic) le droit du travail »…), se dissimule un incroyable retour à la barbarie primale.
« Et tout cela (dit Laborit) dans un mécanisme inconscient. C’est-à-dire que nos pulsions et nos automatismes culturels seront masqués par un discours logique. Le langage ne contribue ainsi qu’à cacher la cause des dominances sociales, les mécanismes d’établissement de ces dominances. Et à faire croire à l’individu qu’en œuvrant pour l’ensemble du social, il réalise son propre plaisir. Alors qu’il ne fait en général que maintenir des situations hiérarchiques qui se cachent sous des alibis langagiers, des alibis fournis par le langage, qui lui servent en quelque sorte d’excuse. »
Face à ce cul-de-sac, trois comportements possibles, toujours selon le professeur Laborit : un comportement de fuite, un comportement de lutte ou un comportement quasi pathologique d’inhibition de l’action. Tandis qu’une bonne partie de nos concitoyens semblent frappés par ce dernier syndrome de frileuse paralysie, d’autres enfin, comme ces serfs des déchèteries, recourent à la lutte. Enfin !
Et Laborit de conclure :
« Tant que l’on n’aura pas diffusé à travers les hommes de cette planète, la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l’utilisent, et tant qu’on n’aura pas dit que jusqu’ici ça a toujours été pour dominer l’autre, il y a peu de chance qu’il y ait quelque chose qui change. »
POURQUOI
Je ne vois pas pourquoi le fait que le dopage entache d’autres sports (tennis, foot, athlétisme…) diminuerait la responsabilité du monde du cyclisme, au prétexte que pour l’instant il est le seul à avoir été pincé.
Je vois trop pourquoi on jette son ire sur le cas du seul cyclisme en fermant « pudiquement » les yeux sur les problèmes de dopage dans d’autres sports plus friqués.
Je me demande pourquoi on continue à s’illusionner sur la lutte contre le dopage. Le dopage est inhérent à la quête de performance à tout prix qui sous-entend toute compétition sportive professionnelle de haut niveau. D’ailleurs, les foules d’aficionados qui se pressent sur les routes ou dans les gradins s’en foutent totalement. Le problème n’est pas de savoir QUAND le dopage va être éradiqué, mais COMMENT, par quel biais alambiqué, il va finir par être institutionnalisé.
RECUL
Juste faire un pas en arrière pour essayer de comprendre à tête un peu moins échauffée le pourquoi du comment de ce spectacle affligeant : tous les représentants de la « fière nation » bientôt cérémonieusement réunis pour un tripatouillage éhontée de la Constitution. Que restera-t-il bientôt de la Constitution de ce pauvre vieux De Gaulle ? Que reste-t-il de ce qui faisait notre ciment politique, même imparfait ? Cette lamentable bouillie ? Ce brouet écœurant ?
Non, non, ce n’est pas possible ! Faire encore un pas en arrière. Se frotter les yeux. Mais non, non, vraiment rien de rien ! Nous continuons juste à barboter dans le grotesque et l’odieux. « Je ne sais plus » (le député Lang, hagard).
Fuir, prendre les jambes à son cou, vite ! Puis libérer notre rire et désarmer notre désarroi par un solide bras d’honneur. Au point d’ignominie où nous en sommes arrivés, tout ça n’a finalement que bien peu d’importance.
SARTRE, LE RETOUR
Philippe Val, le prototype même du salaud sartrien.
« Et si Nicolas Sarkozy se fichait royalement de sa popularité ? »
Et si on se fichait royalement, nous aussi, de la « popularité » de ce con ? Un con populaire vaut-il mieux qu’un con honni ?
(Alors, petite Rue, tu le supprimes, ce commentaire-là ? Tu remarqueras que j’ai soigneusement évité d’écrire « petit » con.)
Ha ha, c’est drôle, moi aussi, j’ai fait mes classes à François-Villon. De 1965 à … Mai 1968. À l’époque, ce bahut était considéré comme un lycée d’avant-garde ! Bien qu’il se situait à l’autre bout de Paris, je l’ai rejoint parce qu’il était alors un des rares établissements parisiens à offrir l’enseignement de trois langues vivantes. Classe théâtre avec Monsieur Cavalier, lycée mixte à mort (un privilège en ces temps figés pré soixante-huitards), des profs pas possibles, dans le bon sens du terme comme ce Monsieur Ternat en anglais ou ce prof de lettres totalement dingue dont j’ai oublié le nom et qui nous enchantait.
Ah oui, Tout change, tout s’en va, ma bonne dame, mon bon monsieur. Mais attention, arrêtons un peu de pleurnicher, les yeux rougis rivés sur les classements médiatiques de « performance ». Après tout votre lycée sera ce que vous en faites. C’est un peu pénible cette quête pathétique d’une « performance » qui de toute façon ne mène désormais plus personne nul part (d’enthousiasmant, je veux dire).
Bien sûr qu’on peut la comprendre l’attitude du papa de Lucie. N’empêche qu’on ne peut pas mieux tomber dans le piège tendu par ceux qui ont rayé la carte scolaire de la géographie éducative. La foire d’empoigne que ça promet ! Retour à la sauvagerie au nom de la « modernité ».
Ceci dit, j’en profite pour saluer tous mes anciens copains et copines et profs. Hello, vous allez bien tous après tout ce temps ?