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Curieux ces spectateurs qui se vengent de leur déception/frustration par des commentaires outranciers. Vous vous êtes ennuyés ? c’est votre droit le plus strict mais pensez-vous que Woody Allen ait cherché un seul instant à faire un film ennuyeux ? Non ? Alors plutôt que de déclarer de façon méprisante (pour ceux qui ont aimé) que c’est un film raté, demandez-vous si par hasard vous n’auriez pas, vous, raté quelque chose. Du côté d’un certain second degré par exemple, dont Woody est friand…
Je suis passé par ici hier mais bien qu’ayant vu le film le matin même, je me suis abstenu de commenter devant la demie-douzaine de réactions plus affligeantes les unes que les autres (à une ou deux exceptions près).
Je repasse donc et je suis soulagé : il y a tout de même
un rééquilibrage net en faveur du film.
Il reste à de fins cinéphiles comme homemade (que je traduis par « homme fou » si l’on ne tient pas compte de l’orthographe approximative bien sûr) à apprendre à orthographier le mot « esthétique » (l’orthographe toujours…) pour être entièrement convaincant dans sa critique de cette « daube » comme il dit (ah le fin gourmet que voilà !)
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Depuis longtemps Woody explore l’espace de jeu que nous pressentons tous exister entre principe de plaisir et principe de réalité. Il faut une virtuosité inouïe pour ne pas lasser l’auditoire lorsqu’on choisit, de film en film, d’exploiter ce filon, basique certes mais tellement fondateur.
Mais Woody est musicien aussi, fan de jazz notamment, ne l’oublions pas. Il sait produire une infinité de développements mélodiques à partir de quelques notes.
L’une sait ce qu’elle ne veut pas mais ne sait pas ce qu’elle veut, l’autre croit savoir ce qu’elle veut… jusqu’au moment où être désirée par un autre homme fait vaciller son propre désir ; et l’homme en question tente de fuir la femme « fatale » en séduisant l’une puis l’autre, puis toutes. Car il lui les faut toutes, à celui-là ! Séducteur, artiste-peintre mais complètement paumé sur le plan affectif !
Barcelone, c’est aussi le principe de plaisir, tandis que l’Amérique, en arrière-plan, serait le principe de réalité (cf le matérialisme affiché par le futur mari de Cristina).
La présence des trois femmes autour de l’hidalgo fait sans doute de ce film l’un des plus sexy de l’oeuvre allénienne mais ça reste une tragi-comédie où c’est encore une fois l’humour qui sauve du désespoir.
Pour vous aider à comprendre, hagalma, il faut peut-être faire un détour historique et faire tomber quelques illusions. Lors d’une discussion sur un autre forum, à propos de l’égalité des chances, j’ai fait quelques recherches et proposé le texte d’une conférence de Jean Vogler, inspecteur général de l’éducation(*). En voici un extrait particulièrement édifiant, me semble-t-il :
…[« Jules Ferry se rapporte beaucoup à Condorcet. Discours devant l’assemblée : « Je vous défie de faire jamais de ces 2 classes (instruits/non instruits) une nation égalitaire, une nation animée de cet esprit d’ensemble et de cette confraternité d’idées qui font la force des vraies démocraties, si entre ces 2 classes, il n’y a pas eu le premier rapprochement, la première fusion qui résultent du mélange des riches et des pauvres sur les bancs de quelque école »
En fait, Jules Ferry a tout simplement créé à côté de l’enseignement pour les bourgeois (le lycée), une école du peuple séparée du lycée et qui ne devait pas y déboucher. L’intention de Jules Ferry (républicain) n’était pas de promouvoir le peuple « trop loin » = certificat d’études, système dual lycée/école primaire. Même l’école normale supérieure n’était pas conçue pour la bourgeoisie mais pour l’élite du système primaire qui pouvait poursuivre ses études, mais sans rejoindre la voie royale du lycée et des universités.
- 1er point : le mélange des riches et des pauvres sur les bancs de l’école ne s’est jamais fait.
- 2ème point : l’enseignement populaire a pris dès ses origines un caractère élitiste.
L’idée était l’égalité par l’offre c’est-à-dire qu’il faut que tous les enfants puissent aller à l’école, donc il faut des écoles partout, et des maîtres (formés à l’école normale) dispensant le même enseignement. D’où cette idée de programmes extrêmement précis, et emploi du temps fixe contrôlé par les inspecteurs. Sur l’ensemble du territoire, le même enseignement pour tout le monde est une idée républicaine de cette époque. En revanche, le fait qu’un élève puisse échouer ou ne pas suivre, n’est pas le problème de l’école mais celui de l’élève. »]…
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La gauche au pouvoir (de 1981 à … quelques années plus tard) a eu bien du mal à incarner cette idée d’une démocratisation de la formation ; la droite, elle, s’emploie méthodiquement a redétricoter le peu qui avait été acquis,pour renouer avec la tradition des deux filières : la noble (pour les élites) et l’autre (pour la masse). de ce point de vue Darcos est plutôt « un bon élève » avec pour principal credo « l’école pour les pauvres coûte décidément trop cher ; déjà que ça ne nous attire que des emmerdes ! économisons,économisons…;-((
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(*) le lien vers le texte intégral :
http://www.creteil.iufm.fr/fileadmin/documents/siteFFO/Service/Productio…
Il est bien peu question des élèves dans les commentaires. Ces élèves/comédiens sont des adolescents, ils sont sensés être en classe de 4e dans le film, âgés donc de 14/15 ans.
Que nous disent les neurosciences sur le cerveau de ces jeunes gens ?
Le Nouvels Obs a consacré un article à cette question. En voici les 1ères lignes ci-dessous, les plus curieux trouveront l’intégralité à cette adresse :
http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p20050915/dossier/a276503-les_…
[« Un « âge bête», l’adolescence ? Quelle erreur! La science établit aujourd’hui qu’à 12 ans les ados disposent d’un maximum de matière grise… Hélas, encore en friche! L’adolescence, c’est la période clé où le capital de neurones disponibles s’organise et se spécialise. Et cela ne va pas sans turbulences… Sous la conduite du grand neurologue, Jay Giedd, Michel de Pracontal est parti à la découverte de ce continent si mal connu : la tête de nos enfants… »]…
Môssieur The Buffalo vous êtes un grand homme !
Je me retrouve complètement dans votre texte, que ce soit à propos de ce fumeux concept de « bobo » (qui, après avoir été une insulte va devenir bientôt un cliché)ou sur votre appréciation du film des JaBac. Personnellement, la scène que je préfère c’est celle des moutons je crois ; il y a tout dans cette séquence ! Quand je lis certains commentaires qui trouve ça consternant, je ne comprends pas. Mais bon … Le goût des uns, le goût… des autres, n’est-il pas ?!
Je reviens sur la sociologie des bobos, pour finir. Si je me prends comme échantillon restreint, j’observe que :
1- j’aime les films des JaBac… mais « je suis aussi curieux » de Woody Allen, Scorcese, Coppola, Resnais, les Dardenne etc…
2- je suis abonné à télérama… mais « je suis aussi curieux » des critiques des Inrocks, de Libé, de rue89 etc…
3- je suis francilien (pas vraiment parisien donc…désolé)serais-je malgré tout un (sale petit) bobo… de banlieue ? Une racaille en quelque sorte !
4- pourtant je suis né en Bretagne, j’ai vécu en Anjou, puis dans la Sarthe avant de venir en région parisienne.Mon papa était ouvrier-mécano, ma maman couturière, mon grand-père cantonnier.
5-aussi, avec un tel CV je me vois difficilement mépriser tout à la fois, les ruraux, ouvriers et paysans… à moins que je ne sois un bobo « à l’insu de mon plein gré » ça s’est déjà vu des trucs pareils !!!
;-))
Comme dans toute caricature il y a du vrai dans ce que vous décrivez, sauf qu’une caricature n’est pas la réalité des choses. Et comme vous généralisez à partir de cette image grossie on ne vous suit pas bien longtemps.
Et puis pourquoi ne précisez-vous pas que vous avez lu le pamphlet de cet IEN qui veut faire croire qu’il faut brûler les écoles maternelles ? Darcos a dû le lire aussi car, comme chez vous, on y retrouve les mêmes exemples, les mêmes critiques, les mêmes arguments :
http://www.20minutes.fr/article/223429/France-Je-condamne-l-esprit-mater…
Comme quoi on a beau avoir l’intelligence animale et rusée on peut passer totalement à côté d’un film dont les rares effets spéciaux sont des effets de sens.
Ce film (pas le plus réussi des JaBac) nous parle de nos propres insuffisances que l’on masque par nos suffisances ; il est vrai qu’il y a plus de vitrines et de miroirs où l’on peut se regarder marcher, dans les grandes villes. Ah ces pauvres hères de nos campagnes qui n’ont que le rétro de leur tracteur pour s’introspecter au détour d’un sillon !
Et si l’on arrêtait de s’humilier mutuellement (y compris sur rue89 bien sûr) ? C’est le principal message de « Parlez-moi de la pluie ». Manifestement, c’est encore trop pour certains.
« De quel don divin vous prétendez-vous détenteur pour croire pouvoir décider que tout ce qui a trait de près ou de loin à la pédagogie doit rester le domaine exclusif de réflexion, d’expertise et de parole des enseignants ? »
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Mais qui dit ça ? A part vous, affreux Jojo !
Vous affirmez dans votre commentaire qu’il n’y a pas de pédagogues, en estimant que les profs ne le sont pas assez ou ne font pas assez acte de pédagogie dans leur enseignement. Et moi, qui connaît un peu ce domaine, je vous dis que vous vous trompez et que vous parlez sans savoir. D’ailleurs, vous avez l’air de confondre « éducation » et « pédagogie ». Personne ne demande aux parents d’être pédagogues dans leur façon d’éduquer leurs enfants. Par contre, s’ils veulent aider leur enfant à apprendre à nager, ou à skier, il vaut mieux qu’ils s’y prennent avec pédagogie. Le prof, lui, quand il enseigne, c’est son savoir-faire, la pédagogie. Par contre, ce n’est pas son job, a priori, d’éduquer ses élèves.
Moi, les enseignants pédagogues que je connais ils sont tous pour une collaboration école/famille. Là aussi je ne sais pas où vous avez entendu dire que les enseignants demandaient que les parents se taisent sur les questions pédagogiques. Seriez pas un peu parano des fois ?
« Jojo1er, …j’emmerde tout expert proclamé, auto ou non. »
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Ben dites donc qu’est-ce que vous devez vous auto-emmerder alors !
Dites-moi Jojo (l’affreux ?) seriez-vous avant tout le …1er à vous précipiter pour affirmer des choses que manifestement vous maîtrisez mal (quelle expertise !)
Des experts en pédagogie je vous garantis que ça existe, encore faut-il avoir fait l’effort de les rencontrer (en chair et en os, dans leurs classes ou dans leurs écrits). Simplement, on les écoute peu ou pas du tout ! Le mot « pédagogue » est même devenu dans la bouche de certains comme une insulte !
Alors de grâce, faites un petit effort et lisez l’analyse que fait P. Meirieu du livre et du film « Entre les murs » sur son site :
http://www.meirieu.com/nouveautesblocnotes.htm
Pour le reste, la décision d’aller voir le film (et de lire le livre éponyme ?) vous appartient.
Je suis à votre disposition pour en discuter après…
Vous le faites exprès ou bien faut-il vous mettre les points sur les nombreux « i » de votre illisible pseudo Mister OuiOui ?
1- Nous parlons de gamins, de gosses, d’ados de 16/17 ans !
C’est trop abstrait pour vous un ado ?
2- Nous évoquons un contexte de peur, de panique, une ambiance de chasse à l’homme.
Ça aussi c’est trop abstrait ?
Vous pensez vraiment que ces gosses voulaient se suicider ?
Quel point de vue défendez-vous lorsque vous suggérez qu’après tout ils l’ont bien cherché ? Vous êtes de la police ? Vous êtes sarkoziste ? Sûrement pas un humaniste en tout cas.
Avez-vous seulement pris la peine de visionner le docu ou même de lire l’article du lien ? J’en doute, tellement vous m’avez l’air de parler sans savoir.