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Je suis né en 1963, je suis politologue, et oui, je l'avoue humblement, mon vice (entre autres) est d'aimer parler de la politique. J'en ai même fait mon métier, puisque j'exerce les fonctions de maître de conférences de science politique à l'Université François-Rabelais de Tours. Comment ça m'est venu: tout bêtement, en fait. Très jeune j'ai commencé à entendre parler de politique, à tous les repas, même à la télévision. Je ne me rappelle plus pourquoi, mais en 1969, Alain Krivine et Michel Rocard me faisaient beaucoup rire. Ensuite c'est devenu plus compliqué, donc plus intéressant: comment est ce possible que tout le monde ne soit pas d'accord? Comment est ce possible que dans un univers familial très conservateur, on entretienne la mémoire d'un oncle communiste fusillé pendant la seconde guerre mondiale? Comment est ce possible de pressentir l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 comme un événement heureux et démocratique, alors que, dans un univers proche on évoque sans rire l'arrivée probable des chars soviétiques? Comment ça aurait pu ne pas me venir: en 1983, après avoir fait beaucoup de choses de travers, je décide de faire du droit, et ça marche plutôt bien, notamment le droit public. Au fur et à mesure je trouve passionnante notamment la théorie du droit, les querelles entre les tenants de la puissance publique et ceux qui défendent la notion de service public. Bref, thèse ou concours de la fonction publique, une voie semblait tracée. 1986, un tournant: deux événements vont tout précipiter, l'expérience de la grève et l'arrivée d'un professeur de science politique. Partant de là, une sorte d'évidence s'est révélée, j'ai voulu comprendre pourquoi les gens votent, ou ne votent pas, ce qui gouverne l'acte citoyen qui permet de distinguer l'élu du peuple. Un contexte aussi a joué: le développement impressionnant, devant notre impuissance, du vote d'extrême-droite en France. J'ai donc consacré ma thèse à cette question. Et depuis? Quatre grandes questions me passionnent et structurent mon travail de recherche: l'analyse du comportement électoral, la communication politique, la sociologie des élites politiques et les théories de la démocratie.


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Euh, pardonnez moi, mais essayez de relire ce que j’ai écrit. Amitiés riveraines!
Mais vous avez raison, et vous allez dans le sens de ma réflexion. On ne peut prétendre être un parti qui modèle une forme de militantisme citoyen, réflexif, critique, et en même temps être tout simplement devenu, au mieux un parti d’électeur, ou un « catch all party », au pire un pur système clientélaire entretenant son capital militant par des rétributions symboliques (pas toujours seulement symboliques d’ailleurs).
Le sens de ma proposition, certes un peu hardie en fin de papier, était de dire: mieux vaut faire tomber le masque et affirmer ce que l’on est en réalité. Au moins, l’hypocrisie formelle tombant, je fais le pari qu’un regain d’intérêt serait possible, car, alors le PS serait acculé à inventer autre chose!
Je fais amende honorable, j’aurai du dire, à propos de Bush et Mac Cain, « crise du discours néolibéral ». Je ne parlais pas de la politique effectivement menée, qui comme toujours aux USA est marquée par un très fort protectionnisme. Constante qui permet de comprendre effectivement ces interventions massives de l’Etat.
Je réponds à vous deux: il me semble qu’il y a eu deux tournants dans le socialisme français. Tout d’abord au lendemain de la seconde guerre mondiale, où le PS (la SFIO), au delà du discours, a tiré un trait sur la révolution pour pouvoir effectivement gouverner. Blum s’est souvenu qu’après 36, il y a eu 38 et que c’est sur cette question que l’alliance avec les radicaux a explosé.
Ensuite, il y a eu un deuxième tournant, le moment où les socialistes se sont rendus compte que les électeurs, même de gauche et même populaires, étaient devenus des consommateurs. C’est là que le lent travail d’acculturation, puis d’intégration à l’économie de marché s’est faites. Notamment sous Mitterrand, au moment du « tournant de la rigueur ».
Du coup, tout se passe comme si cette acculturation au marché anesthésiait l’intégralité des discours de gauche, y compris les plus radicaux.
Pour s’en rendre compte, prenons un peu de recul, au moins au niveau des discours: entre les 110 propositions de 1981 et même ce que propose O. Besancenot et son NPA: quel discours est le plus radical?
Je précise ici, qu’il s’agit d’une analyse et non d’une prise de position politique. Simplement ma posture d’analyste me permet de prendre distance et de tenir un discours décalé.
Cher ami et cher(e)s ami(e)s,
Tout d’abord je suis heureux de reprendre nos échanges après un moment personnel un peu difficile.
Je place une réaction ici, mais elle s’adresse à toutes les réactions en cours.
En fait je pense que le PS se trouve face à deux crises emboitées: la crise générale de la sociale - démocratie et la crise du néolibéralisme. Cette dernière est manifeste quand on voit que Bush, néolibéral s’il en est, n’hésite pas à utiliser les ingrédients de l’interventionnisme étatique pour résoudre la crise financière aux USA. Or qui aurait pu imaginer que le champion du néolibéralisme eût pu commettre ce blasphème? Les faits sont têtus, ils démontrent les limites du système néolibéral, et les difficultés actuelles de Mac Cain à justifier d’une analyse et d’une politique économique le montrent.
Mais les victimes politiques de cette crise sont essentiellement les partis socio - démocrates (cf. actuellement les difficultés du SPD avec Die Linke en Allemagne, même chose en Hollande, voire même au Danemark et en Autriche). En réalité, ils se sont tous, en terme de doctrine, convertis aux règle de l’économie libérale. Et comme, structurellement, un parti de gauche a besoin de doctrine, ils souffrent d’une doctrine globalement en crise qui les affaiblit.
D’où, en France, comme partout ailleurs en Europe, des partis socio - démocrates qui se rétractent dans leur créneau politique ouvrant des opportunités à leur droite et à leur gauche.
En face, les partis de droite qui, eux sont pragmatiques, se sont adaptés depuis bien longtemps à cette crise du néolibéralisme. Il suffit de voir comment, depuis près de 10 ans, les libéraux sont marginalisés au seins de l’UMP: la quasi disparition de M. Madelin et les tentatives désespérées actuelles d’H. Novelli en direction du Nouveau Centre d’H. Morin.
Joli, félicitations, ça c’est du slogan!
Vous avez raison pour les 400 mots, au point que, cette observation ayant été réalisée par des psychologues dans les années 60, il en reste une trace dans les fameux « trainings de communication » que l’on propose aux femmes et hommes politiques: on parle des 400 mots de la concierge, car c’est sur une population de concierges parisiennes que l’expérience initiale avait été réalisée. Malheureusement pour l’emploi, la sérénité et la chaleur humaine, cette corporation est bien mise à mal aujourd’hui.
Je ne sais pas quel est l’ampleur du vocabulaire d’un digicode! Si vous avez une idée….
Ok, mais je n’ai pas écrit que Guesdes avait voté la motion cachin - Frossard, j’ai parlé des guesdistes. En revanche, j’ai été évasif sur le fait que Guesdes ait été leader de la SFIC, précisément parce qu’il me semblait bien qu’in fine, il avait choisi la « SFIO maintenue ».
Quant aux « sous entendus », ne mélangeons formule de politesse (et de tolérance) et hypocrisie, svp!
Bien à vous.
Merci de prendre en charge ces éléments de précision dont toute la conversation pourra profiter.
Je suis, bien évidemment d’accord sur l’ensemble, mais j’ai un petit doute sur un point précis. Je ne suis pas sur que Guesdes ait pris la tête de la SFIC (Section française de l’internationale communiste, ancien nom du PCF). En effet, la mise en route de la SFIC, au plan organisationnel, s’est faites d’une manière beaucoup plus progressive qu’on le dit. Ainsi, si on prend le cas des sections SFIO de la région de Tours au lendemain du fameux congrès, certes, l’adhésion à la troisième internationale a été majoritaire, mais, par exemple la section de Saint Pierre des Corps, majoritairement Guesdiste, a voté l’adhésion, puis est rentrée dans ses foyers, ce n’est que huit mois plus tard que la scission de fait avec la SFIO s’est réalisée.
En second lieu, le premier dirigeant officiel de la SFIC est, à ma connaissance Marcel Cachin est non Jules Guesdes (mais cela mériterait une vérification sérieuse)!
En réalité l’organisation communiste de la SFIC ne débute qu’à partir de la phase dite de bolchévisation ordonnée par Lénine au Komintern et qui débute, en France, en fin 1921, début 1922.
Je fais chorus avec votre dépit. Mais ceux qui entendent la comm de cette manière ne font pas honneur au très beau mot de « communication » qui peut être aussi entendu comme le moyen de mettre en harmonie le fond et la forme de manière à permettre un meilleur partage. Il y a aussi une acception humaniste (et en fait sérieuse moralement) du terme. En ce sens, on peut aussi le défendre, car sans communication pas d’humanité! Ce n’est sans doute pas pour rien que Jaurès avait dénommé son organe de communication « L’Humanité » (c’était bien avant qu’il devienne l’organe du PCF, cette précision étant exempte de sous entendu idéologique).