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Je quitte ce blog. J’ai rarement lu autant de conneries!
Rama Yade, tout comme Martin Hirsch fait partie d’un gouvernement de droite (d’extrême droite pour certains aspects de sa politique comme l’immigration, l’enseignement, la laïcité…) qui fait une politique anti-sociale musclée à l’intérieur et atlantiste à l’extérieur. Elle peut nous raconter tout ce qu’elle veut, rien que par sa présence elle le cautionne.
Il faut vraiment arrêter de prendre les français pour des imbéciles.
C’est ça le vrai libéralisme, on spécule, on prend des risques insensés, en refusant toute intervention et régulation de l’Etat au nom du marché qui régule tout (paraît-il) à long terme, on paie le moins d’impôts possible, et quand ça va mal on demande à l’état d’intervenir, non pour réguler et empêcher que cela recommence, mais pour colmater les brèches, jusqu’au jour où il n’y a plus d’argent disponible, car les classes qui produisent de la plus-value sont exangues… Pour faire repartir le cycle, on détruit massivement les forces productives, c’est la guerre, des dizaines de millions de morts (parmi les plus défavorisés) puis on reconstruit et on recommence la spéculation, les jeux de hasard…
Quand l’être humain comprendra-t-il que cela ne pourra pas durer éternellement?
Et Delanoë qui nous dit que seule l’économie de marché produit des richesses…
Demande aux retraité d’ENRON ce qu’ils pensent des fonds de pension, mon pauv’gars!
Eux z’ont plus de retraite du tout, et pourant ils ont travaillé dur!!!!
Ce qui prouve que nos manifs à répétition (comme en 2003, que j’avais qualifié dans une réunion de « processions », je dirai aujourd’hui « enterrements ») ne servent plus à rien. Le gouvernement s’en fout, et il nous le montre! Pour lui les salariés c’est de la piétaille!
Quand les patrons de l’Unostra vont bloquer la circulation à partir du 2 juin, alors le gouvernement va réagir et satisfaire leurs exigences, aux frais du contribuable.
Ce qu’il nous faut donc, nous les salariés, c’est faire comme les petits patrons (pêcheurs, taxis, routiers, paysans, ambulanciers…), bloquer l’économie avec nos véhicules ou à pied selon les endroits. Ras le bol des manifs « responsables », des grèves qui finissent dans des défaites amères et démobilisatrices. Les syndicats ménagent leur « respectabilité » dans une hypothétique perspective de négociation. Seulement Fillon et Sarkozy n’ont rien à négocier.
Sauf que Delanoë, c’est à droite toute. En plus il sème la confusion en parlant de liébralisme dans un sens positif. Comme cela le débat est encore plus confus.
Delanoë, Mme Royale, DSK, sont en train de saborder le dernier grand parti de gauche en le tirant vers le centre mou.
Bientôt on aura le choix entre le libéralisme et le libéralisme.
Ca tombe bien, il ne reste que le libéralisme.
Comment être aussi obtus(e)!
On va passer à 41 ans, soit, puis à 63,5 ans d’age légal de départ, et à chaque fois le patronat en demandera plus. Mais la moyenne réelle de départ sera toujours autour de 58 ans.
Résultat : les gentils retraités partiront avec une retraite incomplète qui seront soit, s’ils ont eu des revenus, compensé par un fond de pension (privatisation des retraites), soit, ce qui sera la majorité des cas, ils compenseront par un petit boulot jusqu’à temps qu’il en crèvent comme en Angleterre ou aux USA…
Bien entendu ces petits boulots ne seront plus disponibles pour des jeunes ou des étudiants.
Mais pendant ce temps on n’aura pas touché aux Stock-Options, aux revenus des placements financiers et spéculatifs, on n’aura pas sanctionné les entreprises qui refusent d’embaucher les plus de 55 ans, qui ont recours massivement aux intérimaires, etc…
Les (super) profits des actionnaires seront sauvés, et la rémunération du travail diminuée.
Voilà ce qui est en jeu.
Plus on recule l’age de la retraite et on augmente le nombre d’annuités, plus on met en péril le système par répartition.
En France il y a de l’argent, beaucoup, et il faut aller le chercher là où il est au nom de la solidarité.
La seule différence est qu’un élève énarque est payé comme fonctionnaire durant ses études et à ce titre il a un contrat avec l’état, du à sa réussite au concours d’entrée et à son acceptation des conditions d’intégration.
En échange l’état lui offre un poste à sa sortie de l’école, en fonction de son rang.
Ceci est aussi le cas pour toutes les écoles de la fonction publique (Magistrature, Police, Polytechnique, Navale, St Cyr, INSEE, IUFM…).
Si on ne veut pas jouer le jeu, alors on rompt le contrat (et on rembourse les frais).
En d’autres termes, il faut, si on a de l’ambition, savoir jouer le jeu.
C’est méritant de vouloir se mettre en marge mais le prix à payer est en général assez élevé, même dans la fonction publique, qui, contrairement à ce que l’on pense est assez tolérante (cela dépend tout de même des ministères).
Quant à la méritocratie, il faut tout relativiser. Je suis pour l’accès à la fonction publique par le concours car c’est encore le moins mauvais moyen pour garantir un recrutement non-tributaire de l’origine sociale.
Cependant, il faut se rappeler les thèses de Bourdieu et Passeron (De la reproduction, les Héritiers) qui mettaient, il y a 35 ans, en lumière la capacité des élites à se reproduire entre elles - Cf aussi le livre de Kosciusko-Moriset « la Mafia Polytechnicienne ». En d’autres termes, quand on voit le parcours type d’un jeune énarque, c’est l’IEP (bac +5) puis le concours. Un formatage type déjà très orienté juriste, et une façon d’envisager les problèmes d’une seule façon (ce qui souvent a comme conséquence une absence d’imagination affligeante).
Si un étudiant brillant d’origine modeste arrive à franchir les étapes (ne serait-ce que financières, pour des études préléminaires de 5 ans), il sortira de l’ENA, brillant, mais sans appui aucun. Par contre s’il sort d’une famille de hauts fonctionnaires, ou appartenant à la moyenne ou haute bourgeoisie, sa carrière sera toute tracée, sans effort, dans les cabinets ministériels. Au premier il appartiendra de faire constamment ses preuves, au second, il faudra faire jouer les relations.
C’est comme cela que la classe dirigeante protège ses intérêts au plus haut niveau de l’Etat. C’est tout le système qui veut ça. Et dans le cas d’un énarque, sauf à rester en marge, on ne peut s’affranchir seul des règles bien établies.
Une dernière remarque, je trouve triste que les énarques aient souvent comme ambition les cabinets ministériels (c’est à dire politique) alors que leur mission et leur formation (payée par le contribuable) est de faire fonctionner correctement l’administration. La confusion est très regrettable, notamment par le fait qu’ils sont tous formatés de la même manière.
@ Mouloud
Faut quand même pas pousser :
Sortir de l’ENA, ça n’est pas équivalent à essayer de trouver un job avec un BEP de couturière. Une personne qui sort de l’ENA, dont les études sont payées par l’Etat il faut le rappeler, a une place de cadre supérieur réservée dans l’administration. Encore faut-il être assez humble si on n’a pas de réseau à sa disposition pour accepter un poste forcément pas assez glorieux au lieu de vouloir faire carrière tout de suite dans les cabinets ministériels. De la même façon pour une couturière, ça arrange bien les choses d’avoir un oncle qui est tailleur.
Il y a plein d’énarques qui sont administrateurs civils, DGS dans les collectivités, etc. Ils ne sont pas tous super-brillants, mais ils ont un travail intéressant et bien rénuméré.
Cet article a eu au moins le don de montrer que beaucoup de personnes ne connaissent rien à la haute fonction publique.