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EXTRAITS : les indigènes du Chiapas.
Une autre voie, sans parti ni Etat, pour changer le monde
Cette expérience étonnante offre une critique en acte des traditions révolutionnaires du XXe siècle, qui considéraient l’Etat comme l’instrument déterminant de la transformation sociale. C’est une autre voie, non étatique, que suggèrent les zapatistes, en prétendant que l’on peut changer le monde sans prendre le pouvoir et en refusant toute idée d’un parti ou d’une organisation d’avant-garde.
Or, le binôme parti d’avant-garde et pouvoir d’Etat est probablement à la source des dérives dictatoriales des révolutions manquées du XXè siècle. Il y a par conséquent quelque sagesse, si l’on veut raviver le projet d’un monde libéré de la tyrannie de la marchandise, sans retomber dans un asservissement tout aussi barbare, à rechercher la voie d’une transformation sociale non pas imposée d’en haut, mais s’organisant par en bas.
Il faut pour cela -principe aussi simple que scandaleux- admettre que les gens ordinaires sont capables de se gouverner eux-mêmes. Quelle ingénuité!, dira-t-on, au temps de la confiscation professionnelle de la politique et de la fossilisation de la démocratie représentative. Au temps où le supposé bon sens s’ingénie à nous convaincre de l’irrémédiable écart entre l’incapacité du tout venant (vous et moi) et la science éclairée des « experts » et autres « spécialistes ».
Ni volonté d’éclater le Mexique, ni rejet de toute autorité
L’autonomie revendiquée par les indigènes du Chiapas n’a aucun caractère séparatiste; elle s’appuie sur le droit à la libre-détermination reconnue par la Convention 169 de l’OIT et la Déclaration des droits des peuples indigènes, récemment approuvée par l’ONU.
Quiconque s’est frotté au vigoureux patriotisme des zapatistes ne saurait, de bonne foi, les accuser de vouloir balkaniser le Mexique. Il s’agit bien plutôt pour eux de refonder la nation. Par ailleurs, la pratique politique des zapatistes ne postule nullement la négation de toute autorité.
Les indigènes du Chiapas ont une haute idée de la fonction de ceux qu’ils nomment justement « les autorités »; mais leur charge est conçue comme un service rendu. Ils doivent « commander en obéissant », en respectant les accords nés des assemblées, en se soumettant à la volonté collective et sous son contrôle effectif.
Bien sûr, il ne s’agit pas de succomber à une idéalisation du peuple en soi, car on observe d’abondance, de par le monde, les effets du manque d’éducation, du consentement à l’ordre existant et à sa propre oppression. Il s’agit seulement d’admettre que les gens ordinaires, s’ils rompent avec la passivité et le conformisme, peuvent aisément faire l’apprentissage des tâches de gouvernement, avec tous les tâtonnements que cela suppose.
Les zapatistes ont ouvert une petite fenêtre. Absolument modeste, terriblement imparfaite
La commune de Paris a résisté deux mois et demi; les communes rurales du Chiapas émanent d’une rébellion qui fête son quatorzième anniversaire. Au milieu d’un désastre planétaire de plus en plus difficile à occulter (crise financière latente, désastres militaires et humanitaires, changement climatique et destructions écologiques, pathologies intimes de la marchandisation de la vie), certains ont l’audace de croire qu’un autre monde est possible.
Ce qui est plus sûr encore, c’est que le monde existant, qui met en péril la survie de l’humanité ou du moins la condamne à survivre en niant sa dignité, n’est plus possible.
Les zapatistes ont ouvert une petite fenêtre. Absolument modeste, terriblement imparfaite. On peut l’ignorer, s’en gausser, ou savoir gré aux indigènes du Chiapas de leur humble héroïsme. Et porter au crédit des zapatistes le mérite d’une pensée politique neuve, où se mêlent la poésie et le goût de la fête, l’humour et l’auto-dérision.
Une pratique rebelle, qui sait que les choses les plus sérieuses exigent qu’on se défie de l’esprit de sérieux, qui aime à inventer des récits où s’entrelacent le quotidien et l’imaginaire. Parce qu’elle en appelle aux énergies vitales et créatrices des individualités. « Si ta révolution ne sait pas danser, ne m’invite pas à ta révolution », disent-ils… Jerôme Baschet (chercheur à l’EHESS)
l’inflation raisonnable est positif pour la population, pas pour les banques.
la propagande pour les vaccins, le lait, le fluor, l’iode du sel me répugne
Quelques profs comme « entre les murs » sont une respiration, mais attention à l’hyperventilation
« L’Argent Dette de Paul Grignon »…merci, excellent, pédagogique, IMPLACABLE !!
Tu parles d’une ribambelle d’incompétants. faire travailler plus ceux qui ont déjà du boulot…ça fait quoi pour les autres.
Ce mode de pensée productiviste est d’un ringard…
Bavardage techno-scientifique, comme le vaccin sur le sida…PREVENTION, EDUCATION, RESPONSABILITE
despotique et bientôt fasciste
L’étymologie de travail est torture, le labeur qui voulait dire « oeuvre » est réservé à queques uns.
Quand à « Rue 89 », ils doivent plus hiérarchisé les infos, je suis ok avec Marie !!!
ben suffit de lire
non, un tirage au sort ça pourrait être que mieux