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Je suis moins gêné par la confusion entre le participe passé et l’infinitif que par l’ignorance de l’esclavage.
Cela ne revient pas à faire des classes de niveau. A l’école élémentaire, un enseignant peut avoir polusieurs niveaux et dans chaque niveau, des parcours différents pour les élèves.
Tous les enfants ne font pas la même chose au même moment.
C’est parfaitement gérable, mais c’est fonction des moyens. Quel effectif pour un seul enseignant ? Quels moyens matériels ?
Cela s’appelle la pédagogie différenciée.
C’est inscrit dans les textes depuis de nombreuses années. Et les enseignants sont souvent grévistes en réclamant les moyens de cette différenciation.
La compétition est naturelle, instictive et spontanée - pour reprendre ces mots qui sont les nouvelles valeurs.
Mais voulons-nous retourner au naturel de la survie dans la jungle ou bien au contraire promouvoir une civilisation ?
« Vous dites apprécier la découverte de cerveaux quand vous recevez les verges. Je dois être d’une autre planète. Le pluriel ne me vaut rien comme disait Georges Brassens ; et en ce moment, il ne me dit rien mais rien du tout. Il est possible que je ne puisse apporter aucune réponse au questionnaire présenté par l’article. Aucune case. »
« Moi, je ne suis pas comme les autres » !
C’est un copier-coller d’un dialogue meeticien ? Parce que cela y ressemble… ampoulé, visqueux, collant…
La colle, si cela vous rappelle quelque chose…
ça ne s’appelle pas lire, mais déchiffrer.
Lire, c’est mettre du sens.
« le concept de souveraineté territoriale n’est pas près de disparaitre de la planète. »
Par contre, l’homme est peut-être très près de disparaître de la planète…
Partout, dans toutes les classes, on utilise une méthode mixte, dite aussi « semi-globale », depuis plus de 20 ans.
Et, n’en déplaise aux fâcheux, c’est ce qui donne le meilleur résultat, les enfants choisissant ce qui leur convient dans chaque système. Tel enfant démarre de manière fulgurante en global, puis a du mal en syllabique et continue longtemps à s’appuyer sur ses connaissances globales, tel autre au contraire ne commence à lire qu’en syllabique.
En général, le syllabique commence au plus tard à la Toussaint dans un CP. Mais on l’aborde déjà en maternelle.
La « méthode naturelle », défendue par Freinet, qui semble ici confondue avec la méthode globale, consiste à utiliser des textes libres, fournis parfois par les enfants, parfois par l’actualité, parfois par l’enseignant, comme supports d’apprentissage. Ces textes sont plus motivants, parce qu’ils viennent de la vie et non d’un livre, mais ils sont souvent aussi plus pauvres, avantages et inconvénients se valant, à mon avis. On peut travailler tout autant en « globale » qu’en « syllabique » à partir d’un texte obtenu en méthode naturelle.
La « meilleure » méthode que j’aie vue était « Boule et Bill », éditée chez Magnard. Elle partait de vrais textes : les B.D. de Boule et Bill puis utilisait des textes réécrits pour un apprentissage raisonné. Elle avait un avantage incommensurable : les enfants, tout autant que les parents, avaient le sourire jusqu’en juin…
Les dernières I.O (Instructions Officielles) interdisaient les leçons strictement techniques de grammaire, conjugaison, orthographe (de calcul, aussi…). Cela devait se faire uniquement « au fil des textes ». De nombreux enseignants se sont élevés contre cela. Mais ce sont les I.O.. On a bien du les appliquer.
http://www.education.gouv.fr/bo/2002/hs1/default.htm
Elles viennent de changer :
http://www.education.gouv.fr/bo/2007/hs5/default.htm
Et si les parents lisaient les I.O. au lieu d’errer entre les mythes ? Celui du « bon-instit », du « fonctionnaire-corporatiste », du « syndicaliste-gauchiste » et j’en passe…
Cela ne semble pas souhaité par le Monsieur le Ministre puisque la page grand-public (http://www.education.gouv.fr/cid4901/nouveaux-programmes-de-l-ecole-prim…) annonçant ces nouvelles Instructions Officielles ne donne pas le lien vers elles… Soyons honnêtes, les 159 pages demandent des compétences de lecture qui vont au-delà du B.A.BA dont le retour est prôné par certains dans une mouvance réactionnaire qui s’étend.
« On n’enseigne pas ce que l’on veut ; je dirais même que l’on n’enseigne pas ce que l’on sait ou ce que l’on croit savoir : on n’enseigne et on ne peut enseigner que ce que l’on est. »
> Jean Jaurès
(L’Esprit du socialisme, Idéalisme et Matérialisme dans la conception de l’histoire - Pour la laïque - P.U.F.)
L’enseignenment est réduit depuis des années à une conception mécaniciste. Mais la pédagogie est un rapport de personne, plus qu’une question de méthode.
Les Héritiers de Bourdieu et Passeron, peut-être ?
A moins que ce ne soit trop long à lire…
Je me souviens d’un professeur (de math…) d’Ecole Normale qui disait « Apprendre quelque chose à un seul enfant, c’est à la portée de n’importe qui. Le travail d’un enseignant, c’est d’apprendre à toute une classe et ça n’a rien à voir ».
Environ 1/3 des enfants d’une classe de CP savent lire à Noël.
Cela n’a pas grand-chose à voir avec le « bon instit ».