Pas nostalgique de Mitterrand, l'homme qui s'est tant de fois trompé

Couverutre d’« Une jeunesse française »
J’étais trop jeune pour voter en 1981, mais assez âgé pour faire la fiesta le soir du 10 mai. François Mitterrand président, pour un ado progressiste de l’époque, c’était un peu comme Nicolas Sarkozy à l’Elysée pour un vieux schnock en 2007 : ça donnait l’impression de tout rendre possible.
Je suis donc devenu membre du PS et mitterrandolâtre, jusqu’à ce que je réalise à quel point il y avait erreur sur la marchandise.
Pour les gens comme moi, au final, et même si je dis « pour les gens comme moi » sans savoir s’il y a des gens vraiment comme moi, Mitterrand a quelque chose de Sartre : un type qui s’est régulièrement gouré. A la décharge de Sartre, il était parfois sincère. Au passif de Mitterrand, il ne croyait sans doute à rien de précis.
- Il s’est gouré en rejoignant Vichy quand d’autres partaient pour Londres.
- Il s’est gouré sur l’indépendance de l’Algérie à l’heure de Frantz Fanon.
- Il s’est gouré en cherchant à construire le socialisme dans un seul pays jusqu’au fameux « tournant de la rigueur ».
- Il s’est gouré en berlusconisant la télé pour la libérer.
- Il s’est gouré en croyant qu’il était possible de mettre tout Paris sur écoutes sans que ça ne fasse de vague.
- Il s’est gouré en affirmant qu’il était de bonne guerre de stimuler la croissance du FN pour embarrasser la droite.
- Il s’est gouré en pensant qu’il était raisonnable de régler la question Greenpeace à coups d’explosifs sous-marins.
- Il s’est gouré en s’imaginant qu’il allait empêcher la réunification allemande.
- Il s’est gouré en s’imaginant qu’il allait stopper l’éclatement de la Yougoslavie…
Le pire pourtant, c’est lorsqu’il ne s’est pas gouré. Je veux dire, lorsqu’il a fait des choix informés qu’il n’aurait pas lui-même qualifiés d’erreurs rétrospectivement. Les gerbes à Pétain, l’amitié avec Bousquet, il les a revendiquées jusqu’à la fin.
Avec Pierre Péan, avec Serge Moati, on peut sans doute attribuer son intérêt pour le Maréchal & consorts à une erreur de jeunesse, à une étape dans le parcours complexe d’un fils de bourgeois s’apprêtant à jeter son héritage ultra-droitier aux orties. Les gerbes à Pétain, l’amitié avec Bousquet, aujourd’hui, c’est pourtant tout ce qui reste vraiment du bonhomme.

Dessin de Chimulus
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Ingénieur
Ingénieur
Ok, la provoc, c’est un style qui fait rire, et qui remue les neurones. Pour certains, c’est même un art de vivre, et tant mieux, faut de tout.
Mais le problème avec les bébés qui se baignent, c’est que si on jette le bébé avec l’eau du bain, on fait une connerie monumentale. Dommage, d’ailleurs, parce que j’aime bien les vaticinations, en général, et que je n’aime effectivement pas les aspects sombres du Tonton.
N’oublions donc pas la peine de mort (ce qu’elle représente), les lois Auroux (débiles, OK, mais qui ont juste fait changer la culture des boites en essayant de donner des responsabilité aux salariés, les radios libres, le renouveau dans le personnel politique...
C’est vrai, si on avait 12 ans en 1981, on doit avoir du mal à se souvenir qu’un ministre s’est suicidé en se tirant une balle dans le dos au milieu d’un marais, qu’il y avait un ministére de l’information, que ce que nous vivons aujourd’hui en matiére de mainmise de l’économique sur le politique n’est qu’un début de retour des choses...
Alors OK, il n’était pas parfait, Tonton. Mais entre lui et Sarko, pour moi, il n’y a pas débat. Même pas question.
Ce dont nous souffrons, en fait, ça me parait juste que nous n’avons plus de personnel politique avec des idéaux. Juste des gestionnaires de carrières qui ressemble aux trucs sensés dire s’il va pleuvoir : roses ou bleu en fonction de l’air du temps.
Bien à vous




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