Suppression de l'histoire- géo en terminale S : « J'accuse ! »
Robert Solé, l’inégal billettiste du Monde, se moquait récemment de cette « armée d’oisifs qui, chaque jour sur Internet, s’empare d’une nouvelle affaire Dreyfus ». L’image est plaisante, mais elle est surtout incroyablement pertinente. Plus un jour ne se passe sans qu’un « J’accuse ! » tonitruant ne vienne en effet nous expliquer que telle mesurette sans conséquence ou, au mieux, tel dispositif sans doute discutable mais démocratiquement acceptable, est en réalité une nouvelle étape vers la dictature.
Dans ce contexte, l’affaire de l’histoire-géo en terminale S est une vraie pépite. Une réforme du lycée, qui n’est par ailleurs contestée par personne, suggère-t-elle de réaménager les horaires consacrés à l’étude des frontières et de ceux qui les tracent... Voici que c’est la fin du monde qui s’approche ! Oui, la fin du monde, puisque la France, qui est la conscience morale de la planète comme chacun sait, sera bientôt peuplée de crétins incultes n’ayant plus aucun sens de la chronologie des Capétiens ou du tracé de la Durance.
Car pour les promoteurs de « l’appel des vingt pour sauver l’histoire et la géographie », il s’agit bel et bien de « priver les élèves d’un enseignement indispensable » et d’une « volonté de rupture avec les humanités et avec des valeurs supposées être de gauche ».
Hum, « bullshit, bullshit, bullshit », comme on dit chez les élèves de terminale S qui apprennent l’anglais dans le cadre d’un enseignement essentiellement « utilitariste », maintenant que Sarkozy est au pouvoir et qu’il s’attaque à toute formation qui « ne débouche pas sur un métier ».
Qu’il soit plus judicieux de continuer à faire de l’histoire en terminale scientifique, plutôt que de regrouper les heures en seconde à l’exemple de ce qui se fait depuis (presque) toujours avec le français en terminale littéraire, c’est possible... Mais personne ne s’était pourtant intéressé au fait que les terminales L ne fassent pas de sciences, et encore moins à l’absence d’histoire-géo dans les filières technologiques.
Et tiens, que l’on s’amuse un peu, justement, à réintroduire les maths obligatoires chez les littéraires pour fabriquer les honnêtes hommes du 21e siècle et l’on verra de quel bois les syndicats lycéens se chauffent !
Mais qu’importe : passant la semaine dernière devant le collège Maurice-Ravel, dans le XXe arrondissement de Paris, et avisant un groupe de gamins en train d’en bloquer consciencieusement l’accès avec des poubelles et des barrières de chantier, je leur ai demandé ce qu’ils faisaient, m’attendant à ce qu’ils m’expliquent qu’ils luttaient pour la survie de l’humanisme à l’école. « Euh, oui ça aussi... Mais en fait, c’est surtout qu’on veut pas aller en cours ! », m’a répondu un porte-parole de treize ans n’ayant pas d’opinion tranchée sur la question des coefficients attribués aux sciences humaines au bac S.
Petit saligaud ! On te parle de la fin du monde et tu ne penses qu’à sécher les cours (si ça trouve, il cherchait justement à échapper à une interro de géo) ! Ah, c’est bien la preuve de ce que le processus systématique de destruction de notre civilisation par ce gouvernement inique et illégitime a déjà perverti des ados qui ne jurent plus que par les maths et la physique — convaincus qu’ils sont de la seule finalité professionnelle de l’Education nationale… C’est terrible !
Mais bon, je vous laisse, j’ai une manif à rejoindre contre la sous-traitance à des entreprises privées de la numérisation des documents d’état-civil, préalable à la « disparition d’une généalogie libre basée sur l’entraide ». Et ça, cette presse aux ordres ne vous en a certainement pas parlé ! Pas plus qu’elle n’ose évoquer ces 14 bourricots menacés d’expulsion, des bourricots pourtant reconnus comme espèce protégée et en défense desquels les signatures déferlent sur le Net…
Zola, reviens ! Si tu savais à quel point on se marre !
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Chercheur
Chercheur
Pour une fois, j’approuve en grande partie le propos d’Hugues Serraf. Et surtout c’est vrai que ca ne choque personne que les terminales L ne fassent pas de sciences mais c’est la fin du monde si les terminales S font (un peu) moins de matières littéraires.
Pour etre encore plus poltiquement incorrect, je dirai que le niveau scientifique des bacheliers S est proche de zéro (on s’en apercoit quand on entre en prépa) et que leur niveau de culture générale est bien suffisant (pour ne pas dire que je trouve absurde qu’il y ait plus d’heures de philo que physique ou bio dans une filiére qui se dit scientifique).
Pour conclure, je crois que ce sont les filières scientifiques qui sont en danger dans l’enseignement supérieur parce que la filière S du lycée n’est pas assez spécialisée. Meme si je ne suis pas d’accord en général avec ce gouvernement, je pense donc qu’il a raison sur ce point.
Ou alors, l’autre solution c’est de supprimer totalement les filières. Puisque apparemment les gens veulent que S soit une filières générale, autant mettre tout le monde obligatoirement en S.




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