27/11/2009 à 19h37

Des sans-papiers et de mon beau tee-shirt signé Tardi

Hugues Serraf | Chroniqueur


Dessin de Tardi sur les sans-papiers (DR).

Je n’ai pas beaucoup de sympathie pour RESF et les organisations qui, d’une manière générale, ramènent le débat sur l’immigration à un affrontement stérile de méchants et de gentils. La posture exigeant la régularisation immédiate et inconditionnelle de quiconque en fait la demande est de toute manière tellement stupide qu’elle mérite à peine d’être débattue.

Je n’ai, en revanche, aucun problème avec ceux qui préfèrent mettre le gouvernement face à ses responsabilités en lui rappelant ses propres engagements concernant « l’immigration de travail  ». Depuis des mois, la France découvre ― ou plutôt fait semblant de découvrir ― que ses chantiers et les cuisines de ses restaurants sont peuplés d’hommes et de femmes sans statut ni papiers. Venus d’Afrique, de Chine, d’Amérique latine, voire de régions d’Europe aux noms bourrés de consonnes imprononçables, ces gens-là ne vivent aux crochets de personne, acceptent les fameux « bad jobs » dont nos progressistes ne veulent plus, cotisent à fonds perdus à tout un tas de caisses et d’organismes sociaux et passent leur temps à éviter les uniformes sur le chemin du boulot…

Quelle est donc la logique d’un pays dont des pans entiers de l’économie reposent sur ces travailleurs, mais qui consacre l’essentiel de ses ressources policières à leur pourrir la vie ? Il est en effet impossible d’élaborer la moindre doctrine rationnelle légitimant l’attitude de Sarkozy dans cette affaire ― pour ne rien dire de sa dimension morale. Après tout, le point de croissance qu’il était question, souvenez-vous, d’aller chercher « avec les dents » est peut-être caché dans la mâchoire de ces milliers de fantômes n’ayant, manifestement, pas besoin d’être houspillés pour se lever tôt.

Il n’y a pas grand-chose que je puisse faire, moi-même, pour leur filer un coup de main. Je peux donner mon avis sur Rue89, bien entendu, et provoquer la réflexion d’un lecteur ou deux. Pourquoi pas. Ça ne mange pas de pain, comme disait Fernand Raynaud. Je peux aussi passer de temps en temps 146 boulevard de Ménilmontant histoire d’encourager ce petit groupe d’intérimaires Africains en lutte pour l’obtention d’une carte de séjour, puisque c’est à deux pas de chez moi. Mais je peux surtout me balader avec le tee-shirt de soutien illustré par Tardi que je me suis acheté pour aller faire mon jogging. Il n’est malheureusement pas disponible en ligne, mais on peut le trouver en différents endroits si l’on sait chercher…

Un petit conseil toutefois : si vous vous procurez le tee-shirt chez RESF, ne dites pas que vous venez de ma part. Ils risquent de vous refiler la mauvaise taille. C’est qu’ils sont parfois mesquins, les gentils.

Aller plus loin
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  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 20h26 le 27/11/2009
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    Monsieur Serraf, vous ne connaissez rien à RESF, vous auriez dû vous abstenir de trainer le réseau dans la boue !

    RESF s’occupe des familles avec enfants scolarisés, ce qui ne veut nullement dire que le père et/ou la mère ne travaillent pas « au noir »

    Le réseau essaye de défendre le droit des enfants, dont la scolarité, reconnue dans la convention du droit des enfants, le droit de vivre en famille ... et dont le 20e anniversaire a été célébré le 20 novembre dernier.

    Chez nous, un collectif réuni tous les soutiens aux sans papiers, associations, syndicats (dont le syndicat CGT multiprofessionnel des sans papiers), partis et nous oeuvrons ensemble. C’est ensemble qu’on pourra obtenir que le gouvernement recule et régularise.

    Vous n’avez pas à opposer les bonnes associations ou syndicats, aux mauvaises, d’après vos idées étroites. C’est lamentable.

  • Hugues Serraf
    Hugues Serraf répond à À déménagé le 20-8-2012
    Auteur(e) de l'article Chroniqueur
    • Posté à 20h58 le 27/11/2009
    • Internaute 26641
      Chroniqueur

    Le plus rigolo, c’est de demander la régularisation des travailleurs sans-papiers et d’obtenir ce type de réaction. On ne m’a pas encore traité de sarko-bessonnien sur ce coup, mais je le sens venir.

    Donc, nous sommes bien chez les méchants-gentils et le manichéisme le plus grossier : soit on régularise tout le monde (façon RESF) et on est un gentil, soit on veut transformer Roissy en plateforme pour charters quotidiens et l’on est chez les méchants. Faites-vous une raison : je n’entre pas dans vos cadres.

  • Laurent-Weppe
    • Posté à 22h16 le 27/11/2009
    • Internaute 32921

    Le débat vole haut :

    Hugues : « la régularisation immédiate et inconditionnelle de quiconque en fait la demande est de toute manière [...] stupide »

    Militants/sympathisants de RESF : « On a jamais revendiqué une chose pareille »

    Hugues : « Je vais courageusement ne pas tenir compte de cette réponse et affirmer être la victime d’une attaque ad hominem ».

    * * *

    Pour revenir au sujet en lui-même, à la question « Quelle est donc la logique d’un pays dont des pans entiers de l’économie reposent sur ces travailleurs, mais qui consacre l’essentiel de ses ressources policières à leur pourrir la vie ? » je répondrais : « Parce que le gouvernement en place est électoralement dépendant de ceux qui éprouvent de la satisfaction à l’idée que les ressources policières du pays sont utilisées pour pourrir la vie à ces travailleurs »

  • Charles Mouloud
    Charles Mouloud
    Bras gauche de la Vénus de (...)
    • Posté à 23h39 le 27/11/2009
    • Internaute 12542
      Bras gauche de la Vénus de (...)

    Cette posture de vouloir à tout pris prendre un angle de provocation et de dédain , en usant , soit disant d’un point de vue dégagé de manichéisme, peut parfois amuser, ou faire sourire .

    Là , je suis en colère devant ta légèreté et ton arrogance.

    Faire passer RESF pour des demeurés bisounours irresponsables, sans propositions concrètes au débat sur l’immigration, est une insulte faite à chacun de ses militants.

    Comme le souligne Caro, tu sembles avoir une ignorance totale de leur action.

    Besson , lui aussi , l’autre matin chez Nicolas Demorand, à aussi « glisser » en parlant d’associations « soit disant “ d’aide aux sans papiers...

    Non , ça ne mange pas de pain de poser des questions, ça grignote juste un peu la mie.Et ce ton de fin de banquet chiraquien envers ‘les noms bourrés de consonnes imprononçables’, des noms ..à coucher dehors ?

    Une antithése , (juste pour équilibrer le propos ? , comme un élève de seconde,) ne masque pas l’indigence , et la désinvolture , sur un sujet qui mériterait plus de sérieux et de respects envers les personnes qui se mouillent pour faire respecter l’état de droit bafoué jour après jour.

    Les rafles devant les écoles ; Les parents piègés et menottés devant leurs enfants. Les mineurs enfermés dans des camps.
    Des familles déchirées et séparées de force.

    Tous les jours je reçois des témoignages de cette horreur, qui mérité mieux qu’un billet cynique.

    Tardi a aussi illustré avec talent Céline.

    Pourquoi ne pas offrir un tee shirt aux expulsés, aux enfants traqués, avec un dessin ‘Voyage au bout de la nuit’ ....

  • Bobus Trucus Bidulus Maximus-
    Bobus Trucus Bidulus Maximus- répond à Homere elmero
    Gros con de droite
    • Posté à 04h14 le 28/11/2009
    • Internaute 96637
      Gros con de droite

    Putain, quand je lis tout ce que se prend un libéral de gauche, j’ose à peine imaginer la quantité de litres de crachats que je récolterais pour mon business de fromages français vendus en Argentine si je tenais une chronique du gros con de droite sur rue89 ! ! !

    Mon dieu mon dieu mon dieu...

  • Hugues Serraf
    Hugues Serraf répond à Charles Mouloud
    Auteur(e) de l'article Chroniqueur
    • Posté à 10h04 le 28/11/2009
    • Internaute 26641
      Chroniqueur

    Cher Charles Mouloud,

    Franchement, je te pensais plus subtil mais je révise ma position à la lecture de cette espèce de cette plainte d’animal blessé par un billet lui suggérant les images les plus noires.

    Ces « enfants menottés et traqués », ces ’familles déchirées », on pourrait presque m’en croire le bourreau si l’on n’avait pas, heureusement, la possibilité d’aller lire plus haut que mon texte appelle à la régularisation des travailleurs sans-papiers...

    D’abord, le Voyage de Céline est un roman formidable et, si tu l’avais lu, tu saurais qu’en matière de compassion, il va bien plus loin que ton commentaire indigent (ne te vexe pas, c’est ton propre terme). Mais j’ai bien compris que tu n’y faisais référence que pour mieux nous replonger dans l’ambiance collaboration/déportation et, par association d’idées, transformer mon propre point de vue en quelque chose de dégueulasse et malsain. Je ne serais donc même plus sarko-bessonnien, mais carrément pro-nazi, quoi !

    Pour autant, si je m’amusais moi-même à faire des parallèles littéraires, je dirais que tu me fais davantage penser au Tartuffe de Molière, que ses indignations en carton ne grandissent pas beaucoup. On imagine ainsi que n’importe lequel des élèves de seconde que tu convoques à ton « banquet chiraquien » aurait saisi que ces « noms imprononçables » étaient ironiques. Pas toi, apparemment.

    Mais sur le fond, tu viens juste me conforter dans ma détestation de cette pensée en kit, qui n’autorise que deux points de vue sur n’importe quel sujet (le bon et le mauvais) et ne recule jamais devant le terrorisme intellectuel : « si tu ne penses pas comme moi, tu n’es qu’un facho ».

    Non, je ne pense pas comme toi et je ne suis pas un facho. Et je vais même jusqu’à dire que, toi même, tu ne penses pas comme toi. Je veux dire comme ton commentaire convenu et faussement outragé.

    Au final, j’aurais bien aimé qu’il soit possible de discuter, sous cette chronique, du sort des travailleurs sans-papiers et des raisons objectives qui doivent conduire à leur régularisation. Il aurait même été intéressant de discuter de l’approche de RESF, que je vois comme primaire parce qu’elle ignore toute dimension pratique pour se concentrer sur la dimension morale de la situation. Quelle erreur : c’est l’invective et les crachats qui auront tenu lieu de débat.

    Mais parce que je crois que ce qui compte vraiment, c’est qu’un papier soit lu et compris, cette bordée d’insultes en commentaires n’a finalement pas beaucoup d’importance.

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 14h16 le 28/11/2009
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    « Je n’ai pas beaucoup de sympathie pour RESF et les organisations qui, d’une manière générale, ramènent le débat sur l’immigration à un affrontement stérile de méchants et de gentils. La posture exigeant la régularisation immédiate et inconditionnelle de quiconque en fait la demande est de toute manière tellement stupide qu’elle mérite à peine d’être débattue »

    Une fois de plus l’épidermique « hugh j’ai dit » a commis un pensum en commençant l’article par des provocations inutiles et stériles.
    Le reste de l’article est cohérent, le texte fluide, les phrases rythmées, la syntaxe et l’orthographe sont de bon ton , il se laisserait presque lire.
    Malheureusement, il faut toujours que tu débutes tes contributions par un cri d’animal bléssé, pour un peu on appellerait le vétérinaire pour qu’il abrège tes souffrances.
    Le peu de cas que tu fais de RESF et autres bénévoles s’occupant des sans papiers me rappel Besson qui s’obstine à répéter qu’il n’existe pas de délit de solidarité en France.
    Besson Serraf même combat.

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