
Humanitaire : les fonds publics sont là, les privés manquent

Le Comité d'Aide Médicale (CAM) est une organisation humanitaire qui, depuis 1989, fournit assistance technique, équipements et médicaments à des populations en difficulté un peu partout sur la planète. « D'une certaine manière, nous sommes les relais des spécialistes de l'urgence comme Médecins sans frontières ou Médecins du monde », explique Isabelle Voiret, référent médical :
« Lorsque ces derniers quittent un endroit parce qu'une crise est passée, nous nous installons pour des périodes de trois à cinq ans afin de former les personnels locaux à la prise en charge de problèmes de santé primaire. »
La « santé primaire », soit les soins quotidiens que les généralistes prodiguent en France, c'est sans doute ce qu'il y a de moins spectaculaire dans le travail des humanitaires. Pas de chirurgie pour blessés par balles, mais plutôt l'enseignement de la santé maternelle et infantile. Pas de recherche de survivants dans les décombres d'un tremblement de terre, mais plutôt la mise en place de programmes de nutrition, de vaccination, voire d'assainissement d'eau ou de gestion des déchets biomédicaux…
Pour autant, la musique des Kalachnikovs et le barouf des tractopelles des secouristes, Isabelle connaît bien. De ses deux décennies passées à bourlinguer pour MSF, d'Iran en Ouganda, du Soudan au Burundi, de la Thaïlande à l'Afghanistan, elle a ramené pas mal de souvenirs terribles mais, surtout, une expérience irremplaçable des besoins dans les zones de « post-urgence » :
« L'idée générale est d'assurer la transition avec les structures locales en matière médicale et sanitaire, mais aussi dans le domaine psychosocial, les traumatismes nés d'une catastrophe naturelle ou d'un conflit armé étant aussi sérieux que les séquelles physiques… »
Et ça fonctionne : le CAM opère actuellement dans six pays (Angola, République centrafricaine, Soudan, Sri Lanka, Tchad… et France), via des équipes généralement composées de quatre expatriés et d'une cinquantaine de collaborateurs locaux. « C'est que nous nous plaçons dans l'optique d'une santé “durable”, précise Maggi Hughes, la directrice générale de l'ONG » :
« Plus nous formons de gens sur place, moins la présence de nos permanents reste nécessaire. »
Ça fonctionne, mais ça pourrait fonctionner mieux :
« Nous avons de nombreux programmes en attente qui, faute de financements privés, ne peuvent être lancés, déplore cette australienne énergique, venue à l'humanitaire par le travail social auprès des Aborigènes. Car si les fonds publics ne manquent pas, nous avons tout de même besoin de dons d'entreprises ou de particuliers qu'il est difficile d'obtenir si l'on n'a pas la notoriété des grandes organisations. »

Paradoxalement, en effet, le budget du CAM n'a jamais été aussi élevé. En 2010, il devrait même passer la barre des quatre millions d'euros, pour l'essentiel versés par le gouvernement français, l'Union européenne (EuropeAid, Echo), les Nations unies (Pnud, UNHCR, Unicef) et, dans le cas d'actions spécifiques pour les Roms en Seine-Saint-Denis, la Ddass et le Conseil Régional d'Ile-de-France :
« Mais cet argent ne peut être affecté qu'à des programmes prédéterminés, ce qui ne nous permet pas de financer les missions exploratoires indispensables à une nouvelle action, ni même d'assurer la soudure entre l'interruption d'un financement et le début d'un autre. »
Ainsi, l'utilisation d'une flotte de cliniques mobiles au Sri-Lanka pourrait être compromise pendant trois mois par une situation de ce type, et le lancement d'une mission exploratoire au Soudan, retardé. « Nous devons sortir de cette situation, confirme Rémi Renon, le directeur administratif et financier du CAM. Et il faut donc que nous nous organisions pour trouver ces fonds supplémentaires auprès du public ».
Evidemment, des initiatives en ce sens ont déjà été lancées comme la création, il y a trois ans, de CAM-USA :
« Ce n'est absolument pas un CAM-bis, mais une structure de collecte de fonds basée sur les pratiques philanthropiques américaines. Un certain nombre de personnalités, souvent issues de milieux médicaux, nous ont déjà permis, par exemple, de lancer deux missions exploratoires cette année, à Haïti et au Tchad. »
Et le jeu en vaut la chandelle : 10 à 15 000 euros réunis auprès de donateurs privés, soit le coût moyen de l'une de ces fameuses missions exploratoires, permettent de débloquer plusieurs centaines de milliers d'euros auprès des bailleurs de fonds institutionnels, garantissant ainsi un accès aux soins à des milliers de personnes ! Le responsable des cordons de la bourse a un regret :
« Le hic, c'est qu'une petite ONG comme la nôtre, qui ne consacre que 7% de son budget à son fonctionnement et dont les salariés sont tous des opérationnels, n'a pas les moyens de recruter un spécialiste de la communication ou des relations avec la presse pour accélérer les choses. »
La petite dizaine de permanents du siège, à Montreuil, épaulés par autant de stagiaires préparant pour la plupart un mastère en action humanitaire, a donc décidé de se répartir les missions indispensables à l'accroissement de la notoriété de l'organisation et de ses programmes. Des entreprises, des fondations ont déjà été contactées, mais seul un flux régulier de dons de particuliers, même modestes, pourra véritablement permettre de démarrer ces missions dans les meilleures conditions. Des dons de particuliers ? Hum, vous en connaissez, vous, des particuliers ? Moi-même, j'ai peut-être une idée…
Photos : le travail sur le terrain d'un médecin et d'une infirmière du CAM (DR).
A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89
Ailleurs sur le Web
- 6699 visites
- Version imprimable
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque
























36
(Pour réagir, connectez-vous)
De leo s
noyaudecondensationdanslanébuleused... | 11H41 | 07/10/2009 |
» seul un flux régulier de dons de particuliers, même modestes, pourra véritablement permettre de démarrer ces missions dans les meilleures conditions »
la formule, HS, est ambiguë
on ne sait pas si ce sont les « dons » ou les « particuliers » qui doivent être « modestes ».
« une » seul » solution
l'impôt, la re-distri-bution. »
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 12H29 | 07/10/2009 |
Bien sûr, les dons mêmes modestes sont toujours bon à prendre - les gens les plus modestes sont souvent généreux. Mais pourquoi ne pas faire appel aux grosses entreprises privées qui font des bénéfices considérables, souvent sur le dos de leurs employés - ça pourrait leur donner meilleure conscience par la même occasion. Qui (ou quoi) empêche une entreprise de faire des « dons réguliers », comme les particuliers ? Les particuliers « modestes » commencent à être pas mal exsangues, aussi.
PS : bon article, Hugues ! On ne vous reconnaît même pas… ; -D
De inuit
grand nord | 11H55 | 07/10/2009 |
approche intéressante de cette ONG.
Une autre qui opte pour un fonctionnement proche :
- pas de frais de com'/pub
- très peu de fonctionnement
- financement de chaque programme entre 75000 et 150000 euros
Inter Aide
44 rue de la Paroisse
78000 Versailles
01 39 02 38 59
www.interaide.org
à inuit
De jmax
3111
11H59 | 07/10/2009 |
ça n'empêche pas les abus !
tiens, par exemple, l'appartement en dessous du mien a été légué à une association humanitaire qui le laisse à l'abandon depuis 11 ans !
l'argent n'est pas détourné, personne n'est volé mais quand même…
Un autre appartement est vide depuis 4 ans car légué à une association humanitaire qui n'en fait rien.
Dire que la Loi oblige les associations à vendre dans un délai de trois ans !
à jmax
De Hemenate
12H52 | 07/10/2009 |
Le problème est peut être que ces legs sont soumis à conditions.
Par exemple, ces appartements ont pu être légué « pour créer un centre de distribution de nourriture » ou autres.
Dans un tel cas, l'association est obligée de mettre en œuvre cette volonté pour bénéficier du legs, ce qui peut lui coûter beaucoup en aménagement des locaux, etc… donc si l'association est en manque de fond et qu'il ne s'agit pas d'une de ses priorités…
(Simple hypothèse bien sûr)
De Un vieux
retraité | 12H15 | 07/10/2009 |
C'est vrai, ce sont toujours les plus démunis qui sont les plus généreux… Les riches le sont surtout (riches) parce qu'ils choisissent les niches philanthropiques qui peuvent leur rapporter…
Les entreprises pourraient peut-être sponsoriser les ONG qui porteraient leurs logos sur leurs vêtements ou leurs véhicules, comme les sportifs ? ? ? La question peut être posée aux conseils d'administration…
Mais l'important, c'est que les donateurs soient nombreux pour les grandes causes bien médiatisées, servant d'indicateurs au ministère des finances pour savoir combien ils peuvent encore soutirer au bon peuple…
Quelques millions d'euros pour les iguanes unijambistes = possibilité d'augmentation de x% de l'énergie ou d'une ponction quelconque…
A quand un radiothon pour les taxes orphelines ? ? ? …
De plataneforever
attentif | 13H11 | 07/10/2009 |
Toujours cette question sous-jacente qui me taraude : faut-il commenter le fait que les entreprises et les états aident les assos humanitaires alors que d'un autre coté les stratégies géopolitiques, ou économiques font parfois tout pour que les pays en question se développent lentement et sous notre contrôle …
Cela ne remets pas en question l'utilité de l'humanitaire mais plutôt le rôle expiatoire que prennent parfois les dons publics ou privés.
Bon c'est un peu primaire comme question je vous l'accorde, surtout par rapport à l'article ci-dessus, mais tout de même il me semble qu'on en revient souvent là …
à plataneforever
De le soudanais
ici et là | 13H46 | 08/10/2009 |
Encore pire…
Pourquoi une ONG travaillant en Afghanistan ou en Somalie trouvera toujours des financement publics, alors qu'elle n'aura quasiment aucune chance pour monter une mission en Mongolie… ?
La géopolitique pardi ! Pas un gouvernement occidental n'a intérêt à ce que les 2 premiers pays cités précédemment ne s'enfoncent un peu plus dans le chaos, alors que la Mongolie, très franchement tout le monde s'en fout totalement !
Pour financer ces programmes, les ONG vont alors puiser dans leurs fonds propres ainsi que les précieux overheads.
Là réside un des paradoxes de l'action humanitaire : les gens sont très souvent très bien intentionnées, en revanche ils travaillent dans l'intérêt des grands de ce monde, je ne me fais pas trop d'illusions, l'existence de fonds pour le développement obéissent à des considérations géopolitiques avant tout chose et les décisions prises à Bruxelles, DC, Londres ou Paris obéissent à de très étranges logiques !
à plataneforever
De le soudanais
ici et là | 13H49 | 08/10/2009 |
edit doublon
De zoptaes
Euroschtroumpf | 13H20 | 07/10/2009 |
Très bon article, merci à son auteur.
Et je me dis, naïvement bien sûr, « et si on concentrait le système des niches fiscales sur la défiscalisation des dons/contributions à caractère social, humanitaire ou de développement ? ».
Peut-être alors les particuliers et entreprises continueraient d'éviter de payer des impôts, mais on ferait au moins converger les intérêts individuels et celui de tous ?
De Iv
Roboticien utopiste | 13H22 | 07/10/2009 |
Pas normal qu'il faille passer par une assoce humanitaire pour soigner des gens en Seine Saint Denis.
à Iv
De Hugues Serraf
(auteur)
Chroniqueur | 17H22 | 07/10/2009 |
En l'occurrence, il s'agit essentiellement de dépister la tuberculose et d'aider des familles non-francophones à naviguer dans notre maquis administratif, plutôt dense en matière sanitaire et sociale.
Mais faut-il que l'État s'occupe de tout et les citoyens de rien ? Devons-nous nous dire : « J'ai déjà donné, puisque que je paye mes impôts. Je n'ai donc pas à m'investir » ?
à Hugues Serraf
De leo s
noyaudecondensationdanslanébuleused... | 07H30 | 08/10/2009 |
Hugues
et quelques taxations dans le maquis des transactions financières
c'est pas une bonne idée, ça, Hugues,
pour financer des actions sociales et humanitaires ?
hein
hugues
qu'es t'en penses ?
hugues ?
hugues
réponds
quand on te parle
à Hugues Serraf
De Iv
Roboticien utopiste | 08H00 | 08/10/2009 |
C'est malheureusement pourtant vrai : je n'ai pas à m'investir dans tous les problèmes humains de mon pays, je n'en ai pas le temps ni l'envie. S'assurer que personne ne meurt de choses évitables en France c'est en effet le rôle de l'Etat. Je pays des impôts pour que mon pays aille bien et j'en confie la mission au gouvernement. Je n'ai pas le temps de décortiquer les 500 associations sociales qui existent afin de déterminer lesquelles sont utiles et efficaces et lesquelles servent à détourner de l'argent au profit de politiques ou de magouilleurs. Je donne plein à l'Etat, je donne un peu aux restos du coeur, mais dois-je donner à l'ARC, au Téléthon, au Secours catholique ? A médecins sans frontières ? A la Croix rouge ? Aux amis de la sauvegarde du ton en méditerrannée ? A l'UNESCO ?
Toutes les missions de ces associations sont de combler des carences de l'Etat. Dans une démocratie, l'Etat est sensé être une émanation du peuple bien plus directe qu'une association loi 1901 dirigée par des gens non élus.
à Iv
De le soudanais
ici et là | 13H52 | 08/10/2009 |
l'existence même d'ONG signifie que l'état ne fait - ou ne peut, ou ne veux - pas son travail, surtout dans le domaine dans la santé, en France ou ailleurs.
à Iv
De le soudanais
ici et là | 20H02 | 07/10/2009 |
Pour faire simple, si un gouvernement quel qu'il soit faisait correctement son boulot, pas besoin d'ONG, qui sont là pour palier ses déficiences. Souvent les zones d'interventions sont des zones qui ont traversées une crise (naturelle ou non), là l'état reconnait ne pas avoir les moyens de venir en aide à sa population, les ONG sont là pour mettre le pied à l'étrier aux états qui coopèrent bien souvent avec les ONG, les plans d'actions et les stratégies pays sont décidées en partenariat avec ces états, pas d'ingérence, enfin sur le papier..
C'est là tout le problème auquel sont confrontées les ONG, venir en aide à des population en détresse sans non plus lancer à penser à l'état que parce que des ONG font ce taf, alors il n'est plus responsable. Il faut absolument éviter de se laisser instrumentaliser, ce qui est difficile à gérer quand les enjeux sont des vies humaines…
De Pouffpouff
En activité | 14H17 | 07/10/2009 |
De ce que j'ai compris j'ai déjà donné via l'Europe et le Conseil régional. Tout ça à l'insu de mon plein gré.
De Waldeck
Naufragé en Sarkoland | 15H35 | 07/10/2009 |
- « …les fonds publics sont là, les privés manquent »
Mais dites donc, Hugues, vous êtes en train de nous faire de l'anti-libéralisme primaire !
Merci de nous avoir fait connaitre cette ONG, ses objectifs, ses moyens (limités), ses besoins (nombreux) et ses valeureux animateurs.
à Waldeck
De Hugues Serraf
(auteur)
Chroniqueur | 17H14 | 07/10/2009 |
De l'anti-libéralisme ? Au contraire ! Il s'agit justement d'en appeler à l'engagement individuel au-delà de l'intervention de l'État.
à Hugues Serraf
De leo s
noyaudecondensationdanslanébuleused... | 18H46 | 07/10/2009 |
le mécénat
mais c'est naze
à Hugues Serraf
De leo s
noyaudecondensationdanslanébuleused... | 18H51 | 07/10/2009 |
Carla Bruni-Sarkozy a déclaré que la fondation qu'elle a créée pour la culture et l'éducation sous l'égide de la Fondation de France, allait notamment permettre de « soutenir des projets pour les sans-abri, le milieu carcéral, les handicapés » et « lutter contre l'illétrisme ».
Plutôt la fondation Carlita que les services publics.
ça résume ton topo , HS ?
De Delabas
bénévole | 16H58 | 07/10/2009 |
Bonjour,
c'est tout à fait le genre d'asso proche du terrain et qui correspond le mieux aux besoins des populations.
Je viens de voir le site du CAM qui est très professionnel.
BRAVO pour votre ténacité et votre savoir-faire au profit des plus démunis. Surtout au profit des RROMS en France trop souvent négligés.
De Jean-Luc LUMEN
en invalidité | 18H16 | 07/10/2009 |
Une chose que je ne comprendrais jamais :
L'Inde qui fait des milliards d'investissements dans la bombe nucléaires.
Qui a des milliardaires.
Qui a des millionnaires
Bref un pays très riche…comment ce fait il que des missions humanitaires se rendent dans ce pays ?
Ne peuvent ils pas faire eu même l'humanitaire ?
Je mets cela au même plan que la recherche :
Le peuple verse de quoi alimenter la recherche…beau geste…OK…sauf que quand il y a un médicament qui est découvert avec les fonds du peuple, les labos s'engraissent…le peuple doit payer pour l'avoir.
Je serais pour une sorte d'association à but non lucratif.
Les fonds récoltés serviraient pour la recherche, sauf qu'en cas de découverte d'un médicament/vaccin, etc., la fabrication et la vente serait sous tutelle de l'association.
De cette façon une parti des bénéfices serait réinjectés dans la recherche, une autre pour l'amélioration des soins des patients
à Jean-Luc LUMEN
De Hugues Serraf
(auteur)
Chroniqueur | 18H44 | 07/10/2009 |
Pour lever toute ambiguïté par rapport à votre commentaire, le CAM est évidemment une organisation à but non-lucratif. Il est précisé dans l'article que 7% de son budget seulement sert aux dépenses du siège (loyer, salaires, etc.). Par voie de conséquence, 93% du budget est utilisé sur le terrain.
à Hugues Serraf
De le soudanais
ici et là | 20H40 | 07/10/2009 |
Rien à voir… Même une ONG qui dépenserait 99% pour le siège serait considérée à but non lucratif, c'est juste qu'elle doit avoir dépensé tout son argent à la fin de l'année. Après, il serait légitime de se poser des questions quant à son efficacité.
Quand un contrat est signé avec un donneur/bailleur, en général - ça dépend du bailleur - environ 10% de la somme totale est les « overheads » ou frais indirects. Cette somme sert à financer la structure, vu que les bailleurs ne financent que des programmes. Alors la structure ça peut le siège en France et tous les coûts associés, mais aussi bien souvent le HQ en capitale où bien souvent aucun programme n'existe et ou travaille l'équipe de coordination et les équipes de passage.
Ainsi, quand une ONG perd un financement de 2,5m d'euros en Afgha, se sont 200,000 euros qui disparaissent du budget de l'année suivante, et là c'est la cata… Cette somme pouvait avoir provisionnée pour payer des salaires, des loyers ou que sais je encore… D'où une course aux financements pour les ONG qui ont voulu grossir plus vite que leurs moyens ne permettaient.
Une ONG comme celle décrite dans l'article a une très bonne gestion.
à Hugues Serraf
De Jean-Luc LUMEN
en invalidité | 00H44 | 08/10/2009 |
Il n'y a aucune ambiguïté à avoir car il n'y en a pas.
Le débat est bien : comment faire pour augmenter les dons privés.
Cette idée n'est pas de cibler un tel ou une association quelconque, mais comment inciter les donateurs du privé
Si les dons privé destiné à la recherche étaient gérés comme des actions à fonds perdus, que les brevets d'inventions soit partagés avec le ou l'équipe de chercheurs et une association qui regrouperait les fonds destinés à la recherche. De cette façon étant actionnaire le donateur pourrait vérifier si son argent n'est pas dilapider.
Car la crainte et l'hésitation de donner sont bien lié à… qu'est ce qu'ils font avec mon fric…ou non ?
De le soudanais
ici et là | 20H19 | 07/10/2009 |
C'est marrant de voir quelqu'un qui parle d'un sujet que manifestement il ne connaît pas, mais alors vraiment pas du tout… Le pire, c'est que nous n'avons pas affaire à un commentateur mais à un « spécialiste » qui prétend être capable de parler de tout avec suffisance et bêtise.
N'en déplaise à l'auteur, mais rarement les humanitaires travaillent sous le feu de la mitraille, ces zones sont tout simplement inaccessibles pour la plupart. un des principes de base quand une ONG bosse dans un pays, c'est d'être invité par le gouvernement. c'est pour ça qu'aucune ONG n'a accès aujourd'hui aux zones qui accueillent les réfugié« s tamouls, c'est pour ça que Khartoum a expulsé un grand nombres d'ONG du Darfour. La médecine de guerre représente une part négligeable de l'action des humanitaires “urgentistes” qui s'occupent principalement de… nutrition, de santé maternelle, d'assainissement d'eau et de vaccination… Hugues, t'as tout faux.
Ces urgentistes font ce qu'on appelle de plus en plus souvent du post-urgence (ou pré-développement ça dépend ! ). Ainsi une ONG comme ACF peut très bien construire des chévreries, aménager des marais et supporter tout un tas d'AGR (activités génératrices de revenus), avec l'aval bien entendu des doneurs. Ces AGR vont de la simple fourniture de semences et d'outils à la mise à disposition d'un générateur et d'une décortiqueuse à riz…
Ensuite, autre preuve latente de la non connaissance desréalités humanitaires de notre ami Oui-Oui, la définition de la mission “explo”… Loin de permettre à un donneur de débloquer des centaines de milliers d'euros, elle sert à une ONG à défendre son bout de gras face au même donneur. En gros, un donneur a généralement uns stratégie pays. Pour faire simple, au sud soudan je vais faire de l'eau dans Unity State. Là, franchement si une ONG a des projets en nutrition, je lui souhaite bonne chance si Bruxelles veut absolument de l'eau. Alors oui, il va falloir faire une mission explo pour reconnaître les besoins et présenter un concept paper (descriptif succin de projet), si le doneur est content ou s'il est le pote de votre chef de mission, il va dire, ça m'intéresse, mais je peux un propal (proposal), là c'est 2 mois de boulot, de recherches, de budgets… Pour finir on un beau proposal, qui va aller à Bruxelles (ou Washington pour USAID, Londres pour DFID…)… Mais sauf qu'une ONG est rarement seule sur le coup… Pour 2 millions, 15 ONG… 4 projets et paf finalement c'est l'autre qui rafle la mise… Malech, vite, une autre mission explo ou sinon on va fermer Juba : )
La intervient effectivement l'importance de ce qu'on appelle les fonds propres, les fonds privés. MSF fonctionne presque exclusivement sur fonds propres, en gros pas besoin de passer par toute les conneries précedemment citées, mais juste un coup de fil au siège, “eh on a besoin de 300,000 euros pour lancer un projet de nutrition, c'est urgent… Quoi, que la semaine prochaine… Mais vous vous foutez du monde… ! ”. Je caricature, mais c'est un peu ça.
Toutes les ONG rêvent de disposer d'autant de fonds propres, ACF doit avoir 30%, HI aussi…. D'où les jeunes qui ne connaissent rien à l'ONG de leur t-shirt qui vous taxent dans la rue, c'est le nouvel eldorado… le street marketing… !
Je pourrais continuer mais je suis fatigué.
En revanche je souscris totalement avec son message, donner à une ONG c'est lui permettre de s'affranchir des pesantes contraintes de bosser avec des bailleurs de fonds, et ça c'est inestimable. Mais c'est pas avec 2 coups de fils qu'on maîtrise une problématique…
Un témoignage de la rue qui traite du sujet :
http://www.rue89.com/2008/11/08/pour-en-finir-avec-limage-depinal-de-lhu…
à le soudanais
De Hugues Serraf
(auteur)
Chroniqueur | 20H42 | 07/10/2009 |
Vous dites que vous êtes fatigué : ça se sent et il faut vous reposer. Cet article n'est évidemment pas une thèse sur l'action humanitaire légitimant ces remarques désagréables, prétentieuses et, incidemment, globalement fausses rédigées sous pseudonyme.
Chacun l'aura compris, cet article vise simplement à attirer l'attention sur une ONG efficace et reconnue, mais cherchant à développer sa collecte de dons de particuliers.
à Hugues Serraf
De le soudanais
ici et là | 06H54 | 08/10/2009 |
Si vous voulez faire de la pub pour une bonne organisation, c'est tout à votre honneur, mais de grâce épargnez nous les poncifs sur l'humanitaire qui prouvent que vous ne connaissez pas trop le sujet.
Ma réaction est sous doute épidermique, mais ça lasse de voir les mêmes approximations articles après articles.
CAM fait le même boulot que la majorité des ONG, il est courant d'avoir des programmes qui durent depuis 5 ans, voire même 10 ans, ça dénote tout simplement d'une évolution des modes d'interventions, ni MSF ou MDM ne sont épargnés.
La santé primaire est juste l'activité principale des ONG désormais, et bien rares sont les humanitaires qui entendent le bruit du canon. Les ONG bien souvent sont la dans la durée.
J'ai beau avoir relu mon intervention, rien de « globalement faux », juste des faits et une réalité qui vous sont étrangèrs.
Pas grave on ne peut être spécialiste en tout comme vous vous essayez. Il est normal de ne pas maîtriser des termes et problématiques d'un secteur qui vous est étranger, pas de honte à ça, mais évitez juste le lyrisme et les belles envolées, qui si ils donnent plus de couleur à votre article, en revanche le fond en pâtit grandement. Publier sous votre nom ne devrait pas empêcher une certaine rigueur ; tient votre pique de pseudo me fait penser à cet article des Échos.
Je vous conseille une petit mission terrain ou une recherche approfondie et après on en reparle.
à le soudanais
De Zibel
(inquiète depuis le 6 mai 2007) | 19H25 | 11/10/2009 |
Je remarque que votre réponse n'est pas incompatible avec le contenu de l'article : vous parlez de l'action des ONG « en général », alors qu'il est ici question de l'expérience d'une seule des anciennes volontaires de ces grosses ONG.
Pouvez-vous affirmer que Mme Voiret n'a pas été membre de ces équipes d'urgence (j'ai oublié le nom qu'on leur donnait à MSF… je vieillis ; -) prêtes à partir dès que possible sur chaque nouvelle catastrophe ?