
Suicides à France Télécom : moins de compassion, plus de réflexion
Entendant Xavier Bertrand se faire étriller par Nicolas Demorand, ce mardi matin sur France Inter, je me disais que l'affaire des suicidés de France Télécom est un magnifique exemple de l'impossibilité de confronter le rationnel au pathos sur certains sujets. (Voir la vidéo)
Que plusieurs salariés d'une grande entreprise se donnent la mort en quelques mois, parfois sur leur lieu de travail, éventuellement en laissant une note connectant leur geste à leur stress professionnel, est évidemment interpellant. Mais en tirer une théorie générale sur la responsabilité du management dans ces disparitions est intellectuellement difficile à gober.
Sans s'étendre sur la flopée de statistiques publiées ces dernières semaines, statistiques selon lesquelles le nombre de suicidés d'employés de France Télécom est à peu près comparable à celui des morts volontaires dans la population générale, on pourra s'agacer de l'interdiction qui nous est faite de quitter le registre de la compassion pour celui de la réflexion.
Le suicide est une affaire intime et complexe
Ce qui ne veut pas dire qu'à l'instar de Didier Lombard, le boss de l'opérateur téléphonique, on aille jusqu'à traiter ces vingt-quatre personnes de victimes de la mode, mais l'on pourra au moins rappeler que le suicide est une affaire intime et complexe. Et que le type qui se défenestre en expliquant qu'il était écrasé de boulot avait peut-être aussi des soucis avec sa femme, son propriétaire, son orientation sexuelle ou sa petite cousine Alphonsine…
Dans « Le Mythe de Sisyphe », Camus estime d'ailleurs « qu'il n'y a qu'un problème philosophique vraiment sérieux, le suicide ». On imagine que son sentiment sur la chose vaut bien celui d'un délégué CGT.
Pour certains à gauche, tenter de raisonner, c'est manquer d'humanité
La question des suicidés de France Télécom rejoint d'ailleurs, d'une certaine manière, celle des licenciés de Continental ou des Afghans de Calais : vous ne pouvez qu'être à leur côté pour exiger que les méchants cessent de les assassiner à coups d'heures supplémentaires, de les licencier pour gonfler la valeur de leurs portefeuilles boursiers ou de les empêcher de passer en Angleterre planqués sous un semi-remorque…
Toute tentative de raisonner autrement, que dis-je, de raisonner tout court, est fatalement dénoncée comme la preuve d'une absence totale d'humanité et de conscience de ce que tous les problèmes de la planète (le stress au boulot, la crise de l'industrie automobile et l'immigration) conduisent à une sorte d'explication ultime et universelle : la cupidité de crapules identifiées une fois pour toutes et totalement interchangeables.
Dans un amalgame digne des meilleures réactions syndicales à l'annonce d'un nouveau décès chez FT, je me permettrais de relier la déroute des socialistes allemands -succédant à celle des socialistes français mais précédant celle des socialistes britanniques-, à ce refus de réfléchir sérieusement à un problème pour se cantonner à une sensiblerie bon marché.
Un courant politique qui arrête de penser, ben il se suicide
Pour autant, si des gens envisagent de mettre fin à leurs jours, peut-être peut-on les aider autrement qu'en ajoutant une annexe « mal de vivre » à la convention collective des télécoms. Et peut-être ne peut-on même pas les aider, en fait, si, comme le prétend Hégésias de Cyrène, le suicide est la seule issue.
Mais la gauche de gouvernement, sur cette question comme sur d'autres, a décidé d'arrêter de réfléchir en posant que la mièvrerie compassionnelle suffirait à redorer son blason.
Elle a décidé qu'il ne lui serait pas nécessaire de penser la fermeture de Continental à Compiègne dans le contexte de la fin de la voiture telle que nous la connaissons, ou encore l'afflux de réfugiés afghans amoureux de l'Angleterre comme la preuve de l'immense complexité d'une mondialisation qui n'est pas qu'économique.
Mais le problème, c'est qu'un courant politique qui s'arrête de penser, ben il se suicide. Et le suicide, on en meurt.
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De depassage102
mieux ! | 16H26 | 29/09/2009 |
Article courageux.
Je cite :
« En nombre absolu, c'est entre 35 et 54 ans que les décès enregistrés pour cause de suicide sont les plus importants, avec plus de 2 000 décès pour chacune des deux tranches d'âge 35-44 et 45-54 ans. Les décès masculins sont environ trois fois plus nombreux que les décès féminins jusque vers 50 ans et deux fois plus nombreux aux âges plus élevés . Rapportée aux effectifs de la population, l'incidence augmente
avec l'âge jusque vers 40 ans (41 pour 100 000 hommes, 28 pour 100 000 femmes), »
SOURCE : http://www.sante.gouv.fr/drees/etude-resultat/er-pdf/er109.pdf
Avec un effectif de 100.000 et quelques employés, on notera que le taux de suicides à France télécom est bien inférieur à la moyenne nationale…
De plus, aucune comparaison n'est faite avec les chiffres des années précédentes. C'est la première année qu'il y a des suicides à France Télécom ? …
De Hugues Serraf (auteur)
Chroniqueur | 17H07 | 29/09/2009 |
Mais même la cause exprimée n'est pas nécessairement LA cause, vous le dites vous-même en substance. Il y a des gens fragiles, et des circonstances…
Mais au-delà, je voulais surtout dire que la réponse compassionnelle empêche la réflexion de fond. Le problème de Continental, ainsi, ne peut se comprendre que dans le cadre de ce qui se passe dans toute la filière auto, avec les questions climatiques et les problèmes pétroliers en toile de fond. Si la gauche se contente de dire « Licencier c'est dégueulasse ! », elle avoue confondre ce phénomène avec une grève des années 60.
Sur les Afghans de Calais, si elle ne se demande pas ce que signifient ces centaines de personnes, vivant dans des conditions terribles après avoir fait des milliers de kilomètres, mais qui n'ont aucune envie de rester en France. Si elle se contente de dire « Fermer la jungle, c'est dégueulasse ! », elle admet confondre cette situation avec la gestion de, disons, l'immigration algérienne dans les années 70. Et ça n'a rien à voir. Et les enjeux n'ont rien à voir.
Enfin, à FT, elle ne suggère rien au-delà d'une idée confuse selon laquelle cette ancienne administration (dont une bonne partie des collaborateurs est encore sous statut public) serait une espèce de goulag capitaliste dont on ne sort que les pieds devant.
Mais si la gauche n'a rien à dire de sérieux sur ces sujets, si elle se contente de la compassion tout en enviant le discours de colère de l'extrême-gauche (d'ailleurs tout aussi creux), elle s'enferme dans l'opposition pour des décennies.
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 17H18 | 29/09/2009 |
En effet, c'est une bonne question que je me pose depuis un moment.
Qu'est qui prouve que ces suicides sont dû au boulot ? Si on se contente de le dire, alors évidemment chacun arrange ça à son gout : le représentant de la CGT va bien évidemment accuser les conditions de travail, et le porte-parole de la direction va jeter la pierre au contexte familial.
De fait, c'est parole contre parole, mensonge contre mensonge, vu que l'un comme l'autre pense à ses intérêts et se contrefout des salariés.
Et comment cela se passe-t-il ailleurs ? J'ai du mal à croire que Orange soit devenu la pire boite du monde du jour au lendemain, que d'un coup des tas de gens se pendent, alors qu'ils existent quand même une tonne de boulots bien pires et de boites bien plus chiennes avec leurs salariés.
Si un taf pourri était une raison pour se foutre en l'air, alors il y aurait une pénurie de plongeurs, nettoyeurs de chiottes, vigiles, caissières, etc.
Et je ne parle que de la France, qui est quand même un des endroits les moins pourris de cette planète pour vivre.
De même qu'on parle de la crise et de ses licenciés en permanence, des usines entières fermées, des mecs qui bossent comme des malades sans trop savoir si ça va sauver leurs miches, tous ça nous donne le droit à de superbes images pleines d'émotions audiovisuelles avec des gens trop triste de se faire virer.
Bref, eux ont non seulement une pression de fou, mais en plus aucun espoir d'avenir, donc toutes les bonnes raisons de se suicider. Et j'imagine que ça doit bien arriver. Pourtant, on en entend pas parler tous les quatre matins…
Est-ce qu'au moins les médias se sont interrogés sur leur propre culpabilité ?
Le patron de FT n'a pas tort en parlant de mode, même si ce n'est pas diplomatiquement coincé d'utiliser ce terme.
Je suis pas super calé en psychiatrie, mais j'imagine aisément qu'un mec qui hésite sur son rebord de fenêtre sera nettement plus tenté de sauter si son voisin le fait juste avant.
Vu que c'est une énorme boite, pour savoir ce qui arrive à ses collègues ont est mieux renseigné par TF1 que par les notes inter-services.
A force de parler de suicide de masse et de montrer cela comme une hécatombe ambiance fin du monde y'a plus d'espoir, je serais pas surpris que cela en incite un certain nombre à se suicider.
J'ai encore jamais entendu parler de vague de suicide dans les médias chez Nestlé, Danone, Kraft ou autre grands groupes qui emploient des armadas de vendeurs payés à coups de pied au cul, toujours sur les routes, devant assurer des quotas sous peine de punition, simplement pour que leurs chefs s'en mettent plein les poches.
Je me doute que ça doit arriver, car il y a un certain turn-over et ils ont largement leur part de dépression, toxicomanie et pétage de plomb.
Mais ça ne fait pas la une des journaux…
Je crois surtout que les médias ont fait de FT un symbole, car FT reste très vendeur, les vieux y voient encore les PTT.
Et avec un symbole aussi fort, quoi de plus tentant que de faire monter la mayonnaise en parlant, répétant, surmédiatisant des suicides qui se produisent au final ni plus ni moins qu'ailleurs, pour les mêmes raisons diverses et variées.
Comme disait Renaud, les charognards sont là : médias qui se font de l'audimat, syndicats qui se font de la pub, concurrent qui mine de rien profite de la mauvaise pub, politiciens qui font dans la grande compassion ou qui clame prendre de grande décision à ce sujet (mais ensuite rien, of course).
J'ai failli oublier, le must est le simple badaud, le commentateur du coin du comptoir ou du site qui pourra ressasser à l'envi « salauds de patron », sans trop réfléchir, sans trop se demander si cela dépasse le cadre d'une simple société, juste pour le plaisir de passer pour un grand rebelle qui fustige la société de consommation sans laquelle il serait au final perdu.
De Hugues Serraf (auteur)
Chroniqueur | 17H48 | 29/09/2009 |
Ah, ce n'est pas une thèse, juste quelques idées. Mais en voici une autre : personne ne semble autorisé à sortir du compassionnel concernant les suicides (ou les Conti, ou la jungle de Calais), mais il est tout aussi automatique de protester lorsqu'une réponse compassionnelle et épidermique est fournie politiquement à une agression.
Je veux dire, lorsque le gouvernement pond une énième loi censée lutter contre la violence histoire de brosser la fibre sécuritaire dans le sens du poil. A gauche, on s'indigne et l'on demande (légitimement) un peu de recul et de réflexion.
Mais l'on oublie cette exigence sur les enjeux qui semblent être de gauche, un suicide de salarié semblant plus progressiste qu'une agression de vieille dame.
Mon point de vue, c'est que ni les suicides ni l'agression ne doivent être traités politiquement sous l'angle compassionnel, même si nous nous devons évidemment d'avoir de la compassion pour les victimes (je dis victime, mais je ne sais pas si l'on est à proprement parler une victime de son propre suicide). En tout état de cause, ni les suicides chez FT ni l'agression ne devraient être pris en otage par un camp politique au risque d'empêcher de les comprendre pour ce qu'ils sont.
De affreuxjojo
19H41 | 29/09/2009 |
Pour Hugues Serraf un monde de compétition entre les entreprises, de compétition entre les salariés, de course à la performance est forcément un monde merveilleux. Un tel système pousse à la sélection des meilleurs et pousse également à écarter les plus faibles, les moins adaptés, les surnuméraires.
Par l'observation de la nature Darwin a élaboré sa théorie de la sélection naturelle et des phénomènes d'évolution par adaptation. Pressentant la récupération politique qui pouvait être faite de ces théories, Darwin affirmait que des société humaines ne sauraient fonctionner sur un tel modèle qui était seulement un système naturel et excluait donc toute considération morale. Cela n'a absolument pas évité cette récupération des idées de Darwin. Le libéralisme économique recycle au maximum (néo-darwinisme) les idées de compétition, de concurrence, de sélection et d'adaptation
Une fois la conviction définitivement acquise qu'un tel système appliqué a l'activité humaine est non seulement un bon système mais le meilleur système imaginable, ce n'est pas un peu de sensiblerie, de pathos ou de compassion qui pourrait le remettre en cause, n'est-ce-pas ?
C'est le problème de tout les aveuglements idéologiques. Quand la réalisation du modèle idéalisé commence à faire des dégâts humains deux attitudes sont possibles : remettre en cause le modèle. Ou nier les dégâts.
Si l'humain crie trop fort, il faut savoir se boucher les oreilles. C'est trop sensible les oreilles. Cela perturbe la réflexion.
De Weatherboy
Comédien dans un système oligarchiq... | 12H55 | 30/09/2009 |
Pathétique, je ne sais pas comment vous faites pour vous regarder le matin, en écrivant des énormités pareilles.
« Et que le type qui se défenestre en expliquant qu'il était écrasé de boulot avait peut-être aussi des soucis avec sa femme, son propriétaire, son orientation sexuelle ou sa petite cousine Alphonsine… “
Ce chapelet de bêtises, je l'ai vu égrainer sur tous les forums, à CHAQUE FOIS ET SYSTEMATIQUEMENT dès qu'un suicide risquait de remettre en cause de façon bien trop radicale toute une organisation sociale, que ce soit dans les défenestrations successives de sans-papiers ou les prisons.
Et A CHAQUE FOIS, cette bêtise lle a été l'oeuvre de PERSONNE DE DROITE VOIR TRES, TRES A DROITE.
Mais oui, bien évidemment M Serraf, tous les employés de France Télécom se découvrent, là, tout de suite, cette année, un problème avec leur famille, leur femme, leur chien ou leurs petit poissons rouges. D'ailleurs il n'y a que chez France Telecom que ces problèmes personnels s'accumulent à une telle vitesse.
On voit d'ailleurs très mal, ce que vient faire le mythe de Sisyphe de Camus dans cette histoire, et à défaut de Camus, les gens comme vous trouveraient pluto intérêt à lire Marcuse. Ils découvriraient notamment comment en singularisant tout évènement qui porterait en lui un poids apte à remettre en cause ce système, en isolant, en décomposant systématiquement en en renvoyant à des ‘cas particuliers’, ‘on’, c'est-à-dire la pensée dominante de notre société actuelle (et ses braves laquais), ne vise in fine rien d'autre qu'a désamorcer toute ébauche de pensée conceptuelle qui transcendrait justement ces cas particulier, qu'à annihiler toute capacité d'émergence d'une pensée radicale.
Que cette société in fine, conduit par ses habitudes, et ce genre de pratique, à batir tout un environnemment, tout un mode de pensée, qui conduit à l'homme unidimensionnel, l'homme expurgé de toute pensée négative (cad d'une remise en cause radicale) du système dans lequel il vit. Faisant en sorte qu'il ne reste plus partout in fine que des gens, qui à force de nier tout le sens général dont son porteur des évènements particuliers qui n'en sont que le reflet, finissent dans ‘la pensée positive’, la pensée moyenné, incapable de critique radicale, des gens fades et sur la défensive, des gens comme vous quoi.
*edit : je viens d'éditer ce message qui a été écrit hier soir sur le coup de la colère, et qui en y revenant me semblait un chouia violent. Le but n'est pas de vous insulter, mais plutôt d'essayer de vous faire réfléchir un peu à ce que vous écrivez.
De Gibert Because-Youno
Kaléïdoscopique | 22H49 | 29/09/2009 |
Je ne sais pas, parmi les éléments très simples qui font que vos comparaisons ne tiennent pas debout, il y a un argument très simple. Les salariés de Bouygues, ou de SFR sont pour la plupart, soit des cadres, formés pour devenir des winners, et qui ont intégré les paramètres sauvages de l'économie de marché, soit des jeunes lancés sur le marché du travail, et qui n'ont jamais rien connu d'autre.
Les salariés de France telecom, pour beaucoup étaient des fonctionnaires, c'est à dire qu'ils ont été formé pour servir l'intérêt public, pas pour « faire du chiffre », et tourner, et tourner. C'est ce qui attend, entre autre, les salariés de la poste, qui le savent, et qui n'ont pas l'air d'aimer beaucoup ça. Ca va être marrant, le turn over tous les trois ans chez les facteurs (pour avoir été facteur, je sais que la qualité d'un facteur, sa qualité « humaine », c'est de connaître les gens, de faire du « lien social » (je sais à quel point une telle notion vous donne froid dans le dos), de discuter avec mémé qui vit seule, de faire des commissions, pas seulement de leur apporter du courrier, et plus vite que les autres, parce que la concurrence presse.
Vous utilisez les arguments libéraux classiques, qui consistent à dire que tout devrait s'aligner sur la logique d'entreprise, sur la loi de la jungle du marché, et que d'autres modèles sont nuls et non avenus, dépassés, has been. Avez-vous lu les courriers que les managers envoient à leurs employés ? Savez-vous ce que ça signifie, briser un homme en lui répétant à longueur de journée qu'il est nul, alors que jusqu'ici, il était peut-être considéré comme un très bon employé, pour des raisons qui sont justement celles qui font qu'il se fait injurier comme un chien ?
Bien entendu, quand on se suicide, c'est pour un faisceau de raison que personne ne peut juger. En général, c'est quand une place symbolique dans l'existence vient à manquer. Et le « travail » n'est pas qu'une activité. C'est aussi une des raisons qui fait qu'on se lève le matin. C'est une place symbolique.
Dire que le système de manager, de pression, et de ravalement de l'employé au rang de bête de somme n'y est pour rien, ou pour très peu, ce n'est pas vraiment faire usage de « raison » que de l'affirmer.
De Seroplex
09H07 | 30/09/2009 |
Je suis très étonnée par le ton agressif qui règne sur ce forum.Qu'est-ce qui le justifie ? Pourquoi ces effarouchements de jeunes vierges face aux propos de H Serraf ? Je suis très déçue de ne pas trouver ici d'arguments qui remettent en cause son point de vue, mais des jouxtes verbales, de l'ergotage sur des mots, le jeu de qui sera le plus malin. Il ne me semble pas qu'il nie que la pression sociale soit une cause de mal-être : dire que le suicide soit une histoire infiniment plus complexe que les seules conditions de travail est donc une position inadmissible ? Quasiment tous les commentaires justifient la position de H. S. en cherchant uniquement à désigner des coupables. Tout ça n'est pas très digne. Je ne suis pas politisée mais j'ai été suicidaire pendant 15 ans de ma vie. Pourtant j'étais belle, sans aucun problème d'argent, un travail qui me comblait. Je comprends bien que mon cas particulier ne peut en aucun cas permettre d'établir une règle générale, c'est juste un petit témoignage. Une dernière chose : la compassion, ça doit pas être pour tout le monde ?
De Hugues Serraf (auteur)
Chroniqueur | 09H20 | 30/09/2009 |
Je suis assez d'accord avec vous sur ce point : ce qui devrait frapper, ce n'est pas le taux de suicide chez FT, qui est donc inférieur à celui de la population générale et même en baisse d'une année sur l'autre d'après les stats, mais plutôt celui du pays tout entier par rapport au reste de l'Europe.
On se suicide davantage en France qu'ailleurs et l'on consomme beaucoup plus d'antidépresseurs que chez les voisins. Nous sommes pourtant un pays dont le modèle est défendu bec et ongles, même s'il génère plus de dépression et de mal-être. Et ce n'est pas un phénomène nouveau que l'on pourra mettre sur le compte de la crise ou de l'arrivée de Sarkozy à l'Elysée.