Le voleur de Velib et moi : leçon de cyclocivisme

Affiche de prévention contre le vandalisme des Vélib à Paris (Cabu)

Rien n'est plus ennuyeux qu'une file d'attente au cinéma. A part une file d'attente à la poste, évidemment.

Au cinéma, on peut toujours se consoler en se disant que c'est pour la bonne cause, que le but de l'opération est tout de même de se vautrer dans un gros fauteuil recouvert de feutrine pour deux heures d'évasion ; à la poste, en revanche, on se concentrerait plutôt sur ce facteur trop flemmard pour appuyer sur le bouton de l'interphone lorsqu'il est censé vous remettre un recommandé du Trésor Public en main propre…

Bon, on peut toujours tuer le temps en feuilletant le petit journal du réseau MK2 mais le hic, avec les magazines promotionnels, c'est qu'ils ont bien plus tendance à promouvoir qu'à magaziner. On peut aussi griller une cigarette, mais encore faut-il être fumeur.

On peut, enfin, observer les gens dans la queue, mais il y en a que ça indispose, des gens.

L'autre dimanche, dans la file réservée place Gambetta aux fans de Quentin Tarantino, c'est le p'tit jeune parquant son Vélib volé sous mon nez qui allait toutefois me fournir un moyen inédit de combler cette demi-heure de vide : l'expression publique de mon civisme aristotélicien au cœur du vingtième arrondissement !

Sur 20 000 Vélib, 15 000 ont été vandalisés ou volés

A ceux qui n'ont pas la chance d'habiter Paris, ou n'importe laquelle de ces villes ayant intelligemment investi dans un dispositif du même genre, rappelons que les Vélib sont de grosses bicyclettes rustiques en libre-service.

Pour un euro la demi-heure, ou pour un abonnement annuel au montant dérisoire, n'importe qui peut donc enfourcher l'une de ces bécanes communautaires et pédaler avec enthousiasme dans la direction qui lui chante.

Las -et ceux qui n'ont pas la chance de vivre à Paris pourraient ne pas le savoir non plus-, la ville-lumière se trouve être la championne toute catégorie du vandalisme anti-vélos. Sur les 20 000 biclounes caca d'oie entrés en service ces derniers dix-huit mois, 15 000 mille ont déjà été piqués ou sérieusement endommagés, l'équilibre économique du système tout entier étant désormais remis en question…

Pneus crevés, paniers arrachés, guidons déformés, cadres sciés, pédaliers tordus, selles lacérées -la liste est longue des sévices que l'on peut faire subir à un Vélib qui, comme le rappelle Cabu sur les affiches commandées par la mairie, « ne peut pas se défendre ».

Qui s'en prend donc avec un tel systématisme à ces petites merveilles de libéral-socialisme (les vélos sont fabriqués et gérés par l'afficheur publicitaire JCDecaux, mais font partie intégrante de la politique de transports publics de Bertrand Delanoë) ?

Pour tout un tas de gens, le destructeur-type est un ado à capuche, que l'on accusera d'être une crapule irrécupérable si l'on est lecteur du Figaro mais que l'on absoudra sans réserve si l'on préfère Libé -puisque que le Vélib n'est jamais qu'un jouet pour bobos, véritable gifle morale au visage de l'encapuchonné coincé dans un ascenseur social en panne !

« Vous êtes de la police ? », la répartie massue

Pour autant, dans le cas du p'tit jeune qui gare son Vélib volé devant moi alors que j'attends de savoir si, oui ou non, l'auteur de Pulp fiction est toujours en verve, j'ai plutôt l'impression d'un ado bien propre sur lui, dont l'attitude et les vêtements trahissent surtout le rejeton de cadre sup.

« Mais dis donc, il est volé, ton Velib, non ? », je lui demande pendant qu'il arrime soigneusement l'engin à un poteau avec son propre cadenas.

- « Comment ça ! Ben non, il est pas volé !
- Ah bon, et pourquoi le bidule qui sert à l'attacher en station est-il arraché ? Et le cadenas, c'est bien le tien non ? C'est pas celui du Velib ?
- Euh, ben en fait, je l'ai trouvé mais je ne savais pas qu'il était volé…
- Tu ne savais pas qu'il était volé ? T'es pas très observateur… Bon, mais maintenant que tu le sais, tu vas certainement enlever ton cadenas et le laisser là où il est, non ?
- Pourquoi je ferais ça ? Ça vous regarde ? Vous êtes de la police ? »

« Vous êtes de la police ? » C'est une question intéressante, fondamentale même, puisque notre ami « ladri di biciclette », un temps déstabilisé, va se sentir totalement réinvesti dans ses droits lorsque je lui aurai expliqué que… :

  • non, en effet, je ne suis pas de la police
  • je suis juste un type qui utilise le Velib à l'occasion
  • je trouve ça formidable
  • je n'aimerais pas que ça s'arrête parce qu'un petit con trouve normal d'en piquer un pour aller au cinoche
  • au final, j'ai juste une réaction de, comment dire, « citoyen »…

Bon, ne tournons pas autour du pot : dans un pays où les points Godwin se décrochent plus facilement qu'un pompon de manège pour kids de la maternelle, ce concept de « citoyen » se manipule comme de la dynamite.

Et l'idée saugrenue d'intervenir parce qu'un type vole un vélo ou, disons, fracasse un siège dans le métro, sera prestement comparée à l'envoi d'une lettre signée « Un Français patriote » à la Kommandantur. J'exagère ? Voire…

Il y a quelques semaines, un type dénonçait, ici même, sur Rue89, l'acharnement des flics l'ayant stoppé, justement, sur un Velib volé et les commentaires pleuvaient pour dénoncer l'Etat policier dans lequel nous sommes forcés de vivre si même « un jeune médecin » bien comme il faut est emmerdé parce qu'il circule sur une bécane préalablement piquée par un « vrai » malfaiteur -sans doute l'un de ces encapuchonnés basanés sur lesquels les pandores feraient mieux de se concentrer, merde alors !

Intérêts individuels ou catégoriels contre intérêt collectif

Et si même les flics sont soupçonnés de faire le lit du fascisme parce qu'ils osent s'en prendre au voleur (présumé, mais receleur conscient et avéré) d'un élément du patrimoine commun, que dire du gars lambda qui prétend jouer les citoyens ?

C'est clair, le civisme n'est pas une vertu française. Nous ne sommes pas élevés dans l'idée d'intérêts collectifs à défendre, mais bien dans le sentiment que notre salut dépend de la sauvegarde de nos intérêts individuels ou, à la limite, catégoriels.

Et d'ailleurs, totalement halluciné par mon attitude, mon p'tit bourge kleptomane en parle probablement encore, de ce barjot qui prétendait l'empêcher de pédaler en rond et qui n'était même pas de la police !

Il y a pourtant assez peu de chances pour que mon sermon sur les enjeux du système l'ait conduit à se plonger dans le Montesquieu de « L'Esprit des lois » une fois rentré à la maison (rentré à pieds, précisons-le, le Velib ayant été détaché par le fasciste donneur de leçons).

Il y a même encore moins de chances pour que mon point de vue recueille l'assentiment de qui que ce soit -au-delà de ceux dont je ne voudrais absolument pas recueillir l'assentiment.

Mais peu importe. J'ai gagné : cette demi-heure d'attente devant le cinéma, je ne l'ai pour ainsi dire pas vue passer.

Illustration : affiche de prévention contre le vandalisme des Vélib à Paris (Cabu)

12 commentaires sélectionnés

Portrait de bcgh75

De bcgh75

Jaurès is not dead | 11H34 | 03/09/2009 | Permalien

Comme je ne lis ni le Figaro ni Libération, ma réaction sera :

Vous avez réagis tout à fait normalement - même si ça ne veut pas dire que vous êtes dans l'air du temps.

Il est plaisant de constater au quotidien que des citoyens sont capables d'assumer en place publique ce que les pleutres pleurnichards - de droite sécuritaire comme de gauche bobo - n'arrivent même plus à conceptualiser : le bien commun est au-dessus du bien individuel.

Un retour de la « Chose publique » ?

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De vil2

Presse | 11H27 | 03/09/2009 | Permalien

Je ne comprendrai jamais pourquoi les gens trollent en masse et avec véhémence ce Mr Serraf à chacune de ses publications sur Rue89.

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De Elliott.Chat.

=^.^= | 11H33 | 03/09/2009 | Permalien

Très bon texte, Hugues ! (pour une fois que j'apprécie l'un de vos textes, il faut le dire)
Étonnant aussi, pour un libéral, ce « Nous ne sommes pas élevés dans l'idée d'intérêts collectifs à défendre, mais bien dans le sentiment que notre salut dépend de la sauvegarde de nos intérêts individuels » !

Moi aussi je me désole du manque de respect pour le « collectif » dans notre pays : que ce soient les Vélibs et autres transports en commun dégradés, mais aussi les services publics vilipendés et détestés plus que de raison alors qu'ils devraient être défendus comme justement des éléments indispensables au collectif d'un pays : justice, santé, éducation, etc.
Seulement on entend plus souvent mépriser les « fonctionnaires » (médecins hospitaliers, infirmières, juges, profs) et ce n'est plus l'apanage de la haute classe traditionnellement allergique au collectif, dorénavant jusqu'au plus démuni d'entre nous ce discours est majoritaire. Pour moi l'explication est simple, même si là vous n'allez peut-être pas être d'accord : quand jour après jour, depuis des années, les politiques, relayés par les journalistes, vomissent sur les fonctionnaires précités, pas étonnant que ce discours finisse par devenir naturel dans tout un pays.

A ce moment là le collectif se fragilise, pour le malheur des citoyens qui participent inconsciemment à son démantèlement, manipulés par le discours idéologique d'une majorité de politiques pour qui le « collectif » n'est plus du tout une priorité…

Car la santé, l'éducation, la justice, tout cela participe au bon fonctionnement du collectif d'un pays, non ?

Portrait de Emmanuel1

De Emmanuel1

12H24 | 03/09/2009 | Permalien

@Hugues Serraf : Est-ce que c'est la défense du bien public en général qui vous a motivé, est-ce que par exemple vous faites la morale au gens qui truandent le fisc, ou bien était-ce plus spécialement ciblé sur le vélib parce que vous aimez ça et ragez quand il n'y en a plus de disponibles a cause de ces voleurs/vandales ?

Portrait de Tyb

De Tyb

(par ici, par là) | 11H51 | 03/09/2009 | Permalien

Bon ben comme d'habitude vous déformez les faits allègrement allant cette fois quasiment jusqu'au mensonge.

Le précédent article ne concernait pas un vélib volé mais un vélib cassé, et la personne qui l'empruntait n'avait pas l'intention de le voler mais de l'utiliser tout a fait normalement jusqu'à sa borne d'arrivée.

Bref, c'est du Serraf typique, ça enchaine des banalités entrelacées de failles logiques, de demi mensonges et d'approximations grossières pour soutenir un point de vue personnel allègrement truffé de mauvaise foi.

Portrait de Mod_du_13

De Mod_du_13

Graphiste | 11H57 | 03/09/2009 | Permalien

Ya quelque chose que je ne comprends pas…
Pourquoi quelque soit l'article posté par qui que ce soit sur quelque thème que ce soit, il faut inévitablement que dans les 5 / 6 premiers commentaires il y en ai un(e) qui clame haut et fort que cet article est une grosse merde, pas intéressante et que celui qui a écrit ça devrait être enduit de goudron et de plumes (et si possible être lynché en place publique, parce que quand même c'est un vrai connard, ça se voit nettement à travers ses quelques dizaines de lignes ! ).
Si vous estimez avoir perdu votre temps à le lire, cet article de merde, ne gaspillez pas en plus de précieuses minutes à le commenter.
Non vraiment je comprends pas.
Sinon concernant les petits cons qui bousillent les vélibs, j'en pense autant de bien que ceux qui arrêtent le bus en route et montent sans payer avec une clope au bec. Du goudron, du goudron ! : p

Portrait de siko

De siko

cherche un moyen élégant pour gagne... | 12H14 | 03/09/2009 | Permalien

Ben, moi je l'ai bien aimé votre article, je vais de ce pas envoyer un petit texto pour me payer une plaque, ce sera mon action citoyenne du jour.

Je trouve qu'il a son utilité parce que je vous jure que je suis effrayé de voir à quel point les gens n'ont aucun sens de l'esprit citoyen. Je sais pas comment c'était avant, j'étais pas né. En tout cas, la vache, c'est dingue quoi. Des gens voient un vélo se faire détacher à la pince à deux mètres d'eux, et ils ne réagissent pas. Des gosses de 12 ans se vantent entre eux dans le métro d'en avoir agressé un autre et de lui avoir piqué 10 € et aucun adulte ne pense à les engueuler.

Le pire dans tout ça, ce n'est même pas qu'ils ne réagissent pas parce que c'est pas leur problème. Le pire, c'est que c'est leur problème. Si un jour, j'ai un problème dans la rue, que ce soit un mec qui veuille jouer des castagnes, mon vélo que quelqu'un essaye de chiper, ou mon futur gosse qui se fait taper dessus. Je compte bien sur quelqu'un pour me filer un coup de main. Et donc, si je veux qu'on m'aide, j'augmente les chances que l'on se bouge pour moi, si je le fais moi-même. Ah, je vous jure, ça fait plaisir de voir des gens que vous ne connaissez pas prêt à rendre service au quart de tour. Ce matin, après avoir dormi deux heures, j'arrivais pas à trouver le bouton pour sortir du tram (ouais, je sais ça fait un peu con, mais c'est la fatigue). Eh ben c'était pas grand chose, mais madame, elle s'est levée quand elle m'a vu tout affolé et elle a appuyé sur le bouton à ma place. On ferait bien tous d'un peu moins se la péter, d'être un peu plus naturel, et d'arrêter de stresser pour des choses qui sont normales. Interpelez quelqu'un parce qu'il fait un truc qui se fait pas, ça devrait être un réflexe.

Portrait de nabo

De nabo

quelconque | 12H27 | 03/09/2009 | Permalien

ben je me pose la même question depuis un moment. et je viens de découvrir la loi de godwin. un élément de réponse à méditer. y-aurait-il un corrolairedu genre « plus on a de liberté d'expression, plus on raconte de conneries » ? ces très chers commentateurs, du temps (presque oublié) de la presse écrite (papier), achetaient-ils chaque semaine des journaux avec lesquels ils n'avaient aucune affinité, envoyaient-ils chaque semaine des missives incendiaires aux chroniqueurs avec qui ils n'étaient pas d'accord ?
d'où peut-être un autre corrolaire : « plus c'est gratuit, moins on respecte ? » finalement, les commentaires reflètent exactement le contenu de l'article : l'idée de bien commun a tendance à disparaitre (ou au moins à ne pas progresser) car chacun a tendance à se l'approprier. autrement dit, si j'ai envie de dire caca prout sur un forum, ben je le fais. car mon opinion mérite forcément d'être exprimée.
ça me rapelle les AG à la fac (circa ~96). la démocratie se réduisait à : celui qui gueulera le plus fort aura raison.
CACA PROUUUUUUUUUUUUTTTTTTTTT ! ! ! ! !

Portrait de kevangel

De kevangel

Chercheur | 12H45 | 03/09/2009 | Permalien

Pour la première fois je suis entièrement d'accord avec un article de Hugues Serraf. Ce n'est pas parce qu'on est de gauche qu'on doit défendre les voyous, au contraire. C'est d'ailleurs les voyous qui sont les plus individualistes, égoistes, en un mot capitalistes dans les quartiers populaires. Y a qu'à voir le discours des petits jeunes trafiquants de drogue ou voleurs à la tire : ils ne parlent pas de lutte des classes ou de justice sociale, mais bien de faire fortune et partir vivre dans les quartiers riches en laissant tous ses copains sur le carreau si nécessaire.

Portrait de Hugues Serraf

De Hugues Serraf (auteur)

Chroniqueur | 14H17 | 03/09/2009 | Permalien

Je fais la morale à tout le monde : c'est même mon drame et mes filles ont honte de se promener dans la rue avec moi.

Mais ce n'est pas ma faute puisque c'est par atavisme. Enfant, j'ai vu mon père engueuler un gosse de 12 ans parce qu'il fumait. Manque de pot, ce n'était pas un gosse mais un nain adulte.

http://hugues.blogs.com/commvat/2006/01/it_takes_a_vill.html

Portrait de wawawa

De wawawa

a | 14H30 | 03/09/2009 | Permalien

Cher Hugues Serraf,

Votre conscience professionnelle aurait dû vous amener à approfondir le sujet au lieu de reprendre l'argumentaire classique développé par JC Decaux sur le Vélib !

JC Decaux prend comme prétexte les dégradations récurrentes pour obtenir un financement supplémentaire de la mairie de Paris et ainsi améliorer sa marge commerciale en rajoutant des clauses au contrat d'origine, par exemple un avenant de 400 e par vélo « volé ou détruit » (http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/03/11/01011-20090311FILWWW00504-v…), notions plus que floue.

Le vol de vélib existe bel et bien mais reste très marginal : aujourd'hui les parisiens connaissant tous de près ou de loin les vélos, il est devenu presque impossible de se balader en vélib volé (le trou sur le cadre ou l'attache arrachée ne passent pas inaperçus) sans s'attirer les foudres des redresseurs de torts ou pire de la police dument briefée qui n'hésiteras pas à camper devant un vélib volé. Je parle en connaissance de cause.

Reste les dégradations volontaires. Parlons en justement de vos vélibs « vandalisés » ! Je vous cite : « Pneus crevés, paniers arrachés, guidons déformés, cadres sciés, pédaliers tordus, selles lacérées… »
1. Les pneus sont presque toujours dégonflés et les crevaisons sont fréquentes (pendant un trajet, j'entends), quoi de plus naturel devant l'utilisation intensive ?
2. Tous ceux qui ont déjà mis un sac de quelques kilos ou n« importe quoi d'autre dans le panier savent très bien qu'il se casse la gueule de lui même. JC Decaux a d'ailleurs renforcé cette pièce…sans succès.
3. “Guidons déformés” : quand on voit la force qu'il faut mettre pour retirer parfois un vélib de sa borne, c'est compréhensible.
4. “Cadres sciés” : jamais vu en 3 ans d'utilisation intensive. Peu être était-ce dans le film ?
5. “Pédaliers tordus” : pas fréquent mais pareil, vu la circulation intensive, absolument rien ne prouve que ces dégradations sont volontaires.
5. “selles lacérées” : vu une fois ou deux, c'est à dire presque jamais et pourtant je n'utilise jamais les bornes du 16eme.

On pourrait continuer comme ça très longtemps et faire la liste de toutes les actes de “vandalisme” qui n'en sont pas. Par contre, les vélibs qui pourrissent attachés aux bornes, la chambre à aire enroulée autour de la roue après une crevaison en route, il y en a des centaines.

Je ne vous ferais pas l'affront de vous rappeler la colère des employés de JC Decaux, sous payés, ayant affaire à un matériel inadapté (les fameuses voiturettes génératrices d'accidents…)

La complainte de JC Decaux sur les “vols et le vandalisme” sert juste à masquer le cynisme de cette boite qui, VOLONTAIREMENT, ne met pas les moyens pour entretenir le parc d'une manière correcte.

Les Vélibs sont pour la plupart en mauvais état dû au manque d'entretien : pneus jamais regonflés, roues mal remontées qui ne tournent plus, chaines pas graissées qui sautent, selles impossibles à bloquer…

Les bornes souffrent de sérieux problèmes : souvent, plus de papier, donc plus de ticket avec le code permettant de réutiliser le vélo. Vélos qui ne se détachent pas (5mn d'attente pour retenter sa chance)
Mais surtout, la disponibilité des vélibs est scandaleuse : toute station située sur les hauteurs (belleville, montmartre…) est quasi vide et cela en permanence, malgré le système de bonus mis en place par Decaux…

La liste est longue, trop longue….et la mairie de Paris, effrayée par les chiffres de JC Decaux lui refile une grosse rallonge alors qu'on ne parle pas de l'avantage en nature accordée à cette société : les espaces publicitaires qui polluent la ville. A quand une étude réellement indépendante ?

Un “citoyen” qui, lui, utilise réellement le Vélib et n'a aucun d'état d'âme à “voler” JC Decaux….

Portrait de MarcDS

De MarcDS

14H36 | 03/09/2009 | Permalien

Voilà un article qui divise ses lecteurs entre citoyens (traités de conformistes par les autres) et protestataires (traités de voyous par les uns).
Pour ce qui est de la chose publique j'aurais tendance à me ranger dans le camp des premiers, considérant que le partage de l'espace et des biens ne peut se concevoir si quelques uns s'approprient - ou détruisent - ce qui bénéficie à tous.
Je fais exception des cas de déprédation motivés par une réflexion politique et faisant partie d'une stratégie d'opposition au système, pouvant concevoir que l'exploitation des Vélib par une société comme JC Decaux soit considéré comme un nouvel exemple de la capacité dudit système à tout récupérer et tout faire passer sous les fourches caudines de la rentabilité.

Malheureusement la réflexion protestataire est généralement bien mince (quand elle existe) , ne servant que de paravent au réflexe consumériste « je veux, je prends ».

Toute société a ses rebelles ; la force de la nôtre se mesure à son habileté à les faire se cantonner dans des rôles de voyous. Inquiétant, si l'on considère que la capacité de changement d'une société dépend de la qualité de ses rebelles…

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