02/04/2009 à 19h42

Les confessions de Richard Nixon : tout ça pour ça ?


Rétrospectivement, Richard Nixon était plutôt petit joueur. Et notre François Mitterrand à nous aurait pu lui donner une ou deux leçons de crapulerie...

Il faut se méfier des comparaisons trop faciles : une situation n'est jamais totalement superposable à une autre et le contexte, le « background », démolit généralement la pertinence d'une analogie. Ça ne m'a pourtant pas empêché, pendant la projection de l'excellent « Frost/Nixon » de Ron Howard, d'être constamment ramené à nos propres turpitudes présidentielles et à la fin en eau de boudin du mitterrandisme.


L'affiche de « Frost Nixon » (DR).

Curieusement, et s'il est donc permis de faire un parallèle entre l'ancien chef d'Etat américain et l'homme du 10 mai, c'est à l'avantage du premier.

Bien sûr, Mitterrand n'a pas à proprement parler de sang sur les mains et sa sympathie pour la préservation à coups de canons de l'Algérie française ne vaut pas les centaines de milliers de morts vietnamiens et cambodgiens attribués, au moins indirectement, à Nixon. Mais pour le reste…

Le film retrace la genèse et le tournage des confessions télévisées de « Tricky Dickie » à David Frost, un animateur de variétés devenu interviewer politique sur le tard.

Mais derrière l'anecdote showbiz (imaginez, je ne sais pas moi, Jean-Pierre Foucault ou Valérie Damidot interviewant Giscard sur sa politique africaine) se cache une vraie réflexion sur l'idée que se font les puissants du pouvoir.

Pardonné par Gerald Ford et, du coup, échappant aux tribunaux, Richard Nixon n'avait aucune raison d'avouer son implication directe dans l'affaire du Watergate et ses prises de liberté avec la loi.

Il se déboutonnera pourtant totalement dans l'ultime entretien accordé à Frost, que ce soit sur sa participation aux écoutes illégales du siège du parti démocrate ou sur sa conception assez spéciale de ce que peut se permettre un président « pour le bien » de ses concitoyens.

Bon, on ne va naturellement pas se mettre à pleurer sur le sort d'un authentique réactionnaire, probablement paranoïaque et notoirement adepte des coups fourrés en politique. Mais sa capacité à admettre publiquement ses dérives et, surtout, son regret sincère de l'influence qu'elles auront eu sur le développement d'un cynisme presque gaulois à l'égard de la classe politique aux Etats-Unis, est étonnante.

Le film le montre bien : Richard Nixon se perçoit comme un prolo sorti du rang sur ses seuls mérites, convaincu que l'Amérique est menacée de l'intérieur par une cinquième colonne marxiste et de l'extérieur par une coalition cubano-vietnamienne assoiffée de sang.

Et parce qu'il « sait » que le système démocratique est faible et qu'on ne fait d'omelette sans casser quelques œufs ici et là, il n'hésitera pas à améliorer ses chances de réélection en payant quelques barbouzes pour jouer les plombiers chez les démocrates.

Pétri des valeurs de l'Amérique des « Founding fathers » [pères fondateurs, ndlr], il est prêt à toutes les crapuleries au nom même de cet idéal de pureté -crapuleries qu'il persiste à présenter comme autant de sacrifices douloureux.

Notre « Tricky Frankie » à nous, de son côté, ne boxe pas exactement dans la même catégorie d'idéalistes dévoyés. Placer ses adversaires sur écoute en envoyant deux clampins poser des micros dans leur faux-plafond n'est pas pour lui une crapulerie : juste une procédure, une routine.

Et l'on se marre en pensant au petit magnéto nixonien comparé au véritable QG d'espionnage installé par Tonton dans les sous-sols de l'Elysée. Car avouons-le, si l'on force un président américain à la démission pour un micro de trop, on trouve tout juste rigolo qu'un président français écoute aussi bien les actrices qu'il courtise que les journalistes qui l'emmerdent.

Et que penser des « affaires » en cascades, des étapes vichystes, des Carrefour du développement, des Triangle-Péchiney, des Grossouvre, des Bousquet, des Rainbow Warrior, des Urba, des Rwanda…

Enfoncé, l'Amerloque ! Et dire que tout est censé être plus grand de l'autre côté de l'eau… Nixon est un salaud, d'accord, mais un salaud par excès de conviction ; une sorte de malade assurant faire le mal au nom du bien dans un terrible délire mystico-religieux.

Mitterrand, lui, ne s'embarrasse pas de tout ce fatras : il fait ce qu'il fait parce qu'il le fait et n'a pas besoin de prétendre que c'est parce qu'elle met la France en danger qu'il écoute sur son Walkman les conversations privées de Carole Bouquet…

Mais à l'heure du bilan, Nixon parle. Oui, devant le petit animateur de variétoches spécialiste des Bee Gees, il décide de se livrer. Pas Mitterrand, dont on se souvient comment, dans les même circonstances que le débat Nixon-Frost, malade et revenu de tout, il fiche dehors les documentaristes belges qui le titillent sur Bousquet et Vichy. Ah, mais peut-être fallait-il lui envoyer Jean-Pierre Foucault ou Valérie Damidot.

C'est trop bête. On n'y a pas pensé.

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  • ysengrimus
    • Posté à 21h00 le 02/04/2009
    • Internaute

    Allende n'est pas revenu en vie après la démission de Nixon

    Lien

    Je suis fatigué des rédemptions US qui relèguent systématiquement leurs salauds dans le passé...
    Paul Laurendeau

  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 21h07 le 02/04/2009
    • Internaute
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    toujours aussi nul
    si il y a une crapule ici, ce n'est pas vraiment mitterand
    nixon a juste laissé se continuer inutilement la guerre au vietnam pendant trois ans pour abandonner le sud vietnam par la suite
    une paille

  • Lemmy Nothor
    Lemmy Nothor
    - Drinking muddy waters
    • Posté à 21h30 le 02/04/2009
    • Internaute
      - Drinking muddy waters

    Pour comprendre R.M.Nixon, il faut lire Hunter S Thompson.....

  • affreuxjojo
    • Posté à 21h36 le 02/04/2009
    • Internaute

    Les micros du Canard enchainé, c'était Mitterand peut-être ?
    Encore une fois vous procédez par rapprochement. Cette fois c'est Nixon/Mitterand. Vous semblez incapable de réfléchir autrement.
    Il semblerait plus fécond intellectuellement de nous expliquer pourquoi les crapuleries des présidents Français sont toujours impunies. Quelle est cette différence profonde entre la démocratie Américaine et la démocratie Française ? Ne sommes-nous pas resté finalement dans un système quasiment monarchique ? Par quelles dérives successives en sommes-nous arrivés en France à cette aberration de l'impunité du chef de l'état ?
    Sortir de vos obsessions et de vos provocations anti-socialistes libérales de gauche vous permettrait d'ouvrir des débats intéressants. Surtout à l'heure des atteintes Sarkosistes aux libertés et à la démocratie. Entre les derniers dérapages d'un ex-président sub-claquant et la situation actuelle, vous avez choisi.
    Mal, je pense.

    • Hugues Serraf
      Hugues Serraf répond à affreuxjojo
      Auteur(e) de l'article
      • Posté à 21h49 le 02/04/2009

      Mais rien ne vous empêche d'être « intellectuellement fécond » vous-même. Permettez-moi en tout cas de ne pas parler de Sarkozy dans tous mes papiers : à chacun ses obsessions.

      • leo s
        leo s répond à Hugues Serraf
        • Posté à 23h33 le 02/04/2009

        HS intellectuellement fait con.

        Quelle drôle d'idée.

      • dulconte
        dulconte répond à Hugues Serraf
        • Posté à 04h53 le 03/04/2009

        Y a t'il un problème entre Sarkozy et la liberté de la presse oui ou non ? OUI Voir par exemple les malheurs du journal qui, hélas, vous héberge.

        La remarque d'affreuxjojo était-elle absurde par rapport à votre papier ? Franchement le raisonnement de votre article est bien plus tiré par les cheveux.

        Est-il indispensable de décrédibilisé celui qui n'est pas d'accord avec vos saintes paroles ? évidement que non, mais c'est globalement votre seule manière d'argumenter, il est douteux que vous en changiez !

        Un jour peut-être vous laisserez votre cynisme et votre arrogance au vestiaire et vous mettrez-vous à regardez plus loin que vos certitudes. Un jour peut-être. Franchement j'en doute mais qui sait !

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 22h02 le 02/04/2009
    • Internaute
      Chroniqueur Grolandais

    Décidemment, mon cher Hugues, tu fait ton coming out à droite a la vitesse gand V.

    Faire une comparaison entre Miterrand et Nixon, c'est comparer sur le plan humain un voyeur et un pervers politique et humanitaire

    Faire une comparaison entre Miterrand et Nixon sur le plan politique interne, c'est oublier que l'un a aboli la peine de mort et que l'autre l'a conforté.

    Faire une comparaison entre Mitrerrand et Nixon sur le plan de politique externe, c'est oublier que l'un était ministre de l'intérieur pour l'Algérie et qu'l a appliqué, peut être avec zèle, des ordres et que par contre Nixon était Président des USA et a fait des millions de morts par bombes, défolients, phosphore et autres « gadgets » de destruction massive

    Je te pardonne pour la dernière fois car ton age ne te permet pas d'apprécier la différence entre un génocidaire et un « gaulois presque cynique » pour reprendre une de tes expressions parfaitement abscons

    • Hugues Serraf
      Hugues Serraf répond à padiran
      Auteur(e) de l'article
      • Posté à 22h22 le 02/04/2009

      Je compare essentiellement le Watergate aux écoutes de l'Elysée. Que Mitterrand surclasse Nixon est ici une évidence.

      Sur le reste, vous me direz à quel moment je donne l'absolution à Nixon : il ne me semblait pas que traiter quelqu'un de réactionnaire, de paranoïaque et de crapule en rappelant sa responsabilité dans la guerre du Vietnam soit en faire l'éloge.

      Et je ne comprends pas l'usage du mot génocidaire dans votre contexte : pour le génocide, il faut se reporter au procès de Duch, incroyablement peu couvert par la presse française. Mais bon, c'est un autre débat (à moins que votre intention ne soit de faire dériver les commentaires vers, justement, ce genre de débat. Moi, ce n'est pas la mienne).

      • padiran
        padiran répond à Hugues Serraf
        Chroniqueur Grolandais
        • Posté à 23h04 le 02/04/2009
        • Internaute
          Chroniqueur Grolandais

        « Je compare essentiellement le Watergate aux écoutes de l'Elysée. Que Mitterrand surclasse Nixon est ici une évidence »

        Je ne pense pas que Mitterand avec sa cellule de l'Elysée, et ses phantasmes « privés » soit en mesure d'etre en comparaison avec l'affaire du Watergate, quoi que !
        En France, il est plus facile d'être absous pour ses frasques et autres histoires de « fesses » que dans les pays anglo saxons ou le moindre écart avec l'ethique est absolument réprouvé, dénoncé et condamné
        Il vaut mieux être « un gaulois cynique » qu'un Nixon défolient.
        Demande aux anciens G.I ce que c'est que l'agent Orange.

      • leo s
        leo s répond à Hugues Serraf
        • Posté à 23h38 le 02/04/2009

        Où est donc passé le beau texte de Neruda intitulé « Incitation au nixonicide ».

        Allez, un petit tour chez un bouquiniste et tu vas trouver, Hugues.

        Tu verras, par la même occasion le chemin qu'il te reste à faire pour obtenir le prix nobel de littérature.

         
        • dulconte
          dulconte répond à leo s
          • Posté à 05h04 le 03/04/2009

          Cet ignoble stalinien, voyons léo vous n'y penser même pas.

          Les dernières pages de « j'avoue j'ai vécu » où, agonisant, il raconte le coup d'état de 73 sont sublimes et terribles. Il a finalement eu de la chance de mourir si vite après, il n'aura pas connu le sort de Jarra, guitariste dont les militaires chiliens ont coupé les mains avant de l'assassiner.
          Les militaires auraient-il pu assassiner un prix Nobel de Littérature ? Je le crois, tout leur était permis ! Et dire que certains voulaient des funérailles nationales pour Pinochet.
          Hier, ici, un grand homme est mort, Raul Alfonsin (Lien), le président du retour de la démocratie en Argentine en 83, pourtant les secteurs économiques qui firent et soutirent cette désastreuse dictature continuent à vouloir imposer leurs règles.

        1 autres commentaires
  • zorbek
    • Posté à 22h22 le 02/04/2009
    • Internaute

    Oui, mais je ne crois pas que le probleme soit limité à Miterrand, pour moi c'est d'avantage une question de culture politique et de morale publique, avec comme toile de fond l'electorat qui accepte n'importe quelle turpitude de celui qu'il met sur le trône du moment qu'il est du bon coté, et gauche-droite c'est pareil.
    Pour être plus factuel : que reproche-t-on au tandem Villepin/Chichi ? D'avoir utilisé des services secrets, non pas à s'informer des stratégies électorales de l'adversaire, mais carrément à concevoir des sombres machinations pour fabriquer et répandre des calomnies de toute pièce, en utilisant l'ignorance economique crasse du citoyen lambda comme point d'appuis. Ca s'apparente d'avantage à Fouché, le parrain à peine voilé des 2 précédents présidents de la Republique. Quant à l'actuel, il sait etre prudent, mais il n'est pas au bout de sa carrière...

  • Laurent-Weppe
    • Posté à 22h55 le 02/04/2009

    « Bien sûr, Mitterrand n'a pas à proprement parler de sang sur les mains et sa sympathie pour la préservation à coups de canons de l'Algérie française ne vaut pas les centaines de milliers de morts vietnamiens et cambodgiens attribués, au moins indirectement, à Nixon »

    Indirectement...
    Indirectement ?
    L'opération Menu, qui a probablement fait plus de dégât que la guerre d'Algérie dans son ensemble, et a créé le climat permettant la venue des Khmers rouges au pouvoir a bel et bien été imaginée et mise en place par l'administration Nixon, qui prit cette décision dans le plus grand secret.

    On peut aussi rajouter la « Southern Strategy » qui, au nom du bénéfice électoral à court terme, eu pour effet de pervertir le parti de Lincoln en laissant les nostalgiques de la ségrégation y faire de l'entrisme, à tel point que 40 ans plus tard ils en sont devenu l'une des factions dominante.

    On peut aussi se rappeler de Cheney, Rumsfeld ou encore Roger Ailes (le patron de Fox News) qui furent tous mis sur orbite par Nixon, preuve que son fantôme continue de hanter les USA et de participer à la corruption de l'aile droite de sa classe politique.

    L'affaire du Watergate ne fut qu'une goûte dans l'océan Nixonien. Comme elle fut la goûte qui fit déborder le vase et le contraignit à la démission, elle reste dans les mémoires, mais elle ne suffit pas à juger du personnage. Est-ce qu'on juge Bush junior UNIQUEMENT sur son refus de signer Kyoto ?

    Quant à dire que Nixon était simplement « un salaud par excès de conviction », je trouve cette excuse risible : combien de politiciens pris la main dans le sac disent, pour se défendre, qu'ils ont agit pour servir l'intérêt général ? Chirac et les emplois fictifs de Paris était « un salaud par excès de conviction » peut-être ? Balkany aussi ? Tapie idem ? Je veux bien qu'on ne dresse pas un piédestal à Mitterrand, mais de là à fournir à Nixon un kit d'excuses freudiennes simplement pour appuyer un argument...

    • dulconte
      dulconte répond à Laurent-Weppe
      • Posté à 04h46 le 03/04/2009

      je trouve qu'on a un peu trop tendance à lier Nixon avec le Vietnam ou le Cambodge.

      Nixon c'est surtout la mise à mort systématique de toutes le démocraties latino-américaines dés quelles avaient l'idée malencontreuse de vouloir gérées leurs propres ressources.

      Certes il n'est pas coupable de toutes les dictatures, mais ses successeurs, hormis Carter, ont suivit avec acharnement son plans « anti-communiste », les équipes étaient globalement les même.

      Génocidaire je ne sais mais tout ça se joue, si j'ose dire, à plusieurs centaines de milliers de morts, en Colombie, en Bolivie, au Pérou, au Paraguay, au Brésil, en Uruguay, au Guatemala, au Venezuela, En Equateur, au San Salvador en Argentine et évidement au Chili, pays symptomatique de cette politique, mais qui n'a pas été et de loin la pire dictature. Pas un pays d'Amérique Latine n'a échappé au bulldozer, même pas le Mexique même s'il n'y a pas eu de dictature officielle (si j'ose dire une fois encore). Et ça continue encore dans certains pays Colombie bien sur, mais voir ce qui s'est passé au Vénézuela avec le coup raté contre Chavez.

      Ajoutons à cela la privatisation du système de santé US (il suffit de voir l'espérance de vie en France et aux US pour voir la catastrophe de la chose), la naissance du capitalisme financier qui se vautre lamentablement la gueule en ce moment, y a pas à dire Mitterrand est vraiment un enfant de cœur (qu'il avait sûrement été) à côté de Nixon.

      J'ai beau nullement apprécier Mitterrand, il faut bien dire qu'une fois encore Serraf fait des amalgames et des raccourcis plus que douteux. Quel malheur que son post d'hier n'ait été qu'un vulgaire poisson d'avril.

      • leo s
        leo s répond à dulconte
        • Posté à 09h37 le 03/04/2009

        Plus qu'un vulgaire poisson d'avril, le post d'hier
        est, était et restera un poisson d'avril vulgaire.

      • Laurent-Weppe
        Laurent-Weppe répond à dulconte
        • Posté à 14h43 le 03/04/2009

        « Nixon c'est surtout la mise à mort systématique de toutes le démocraties latino-américaines dés quelles avaient l'idée malencontreuse de vouloir gérées leurs propres ressources. »

        Certes certes : je n'ai jamais prétendu faire la liste exhaustive de tous les reproches que l'on peut faire à Nixon

         
        • dulconte
          dulconte répond à Laurent-Weppe
          • Posté à 15h33 le 03/04/2009

          ce n'était pas un reproche et comme votre message était le plus intéressant, c'est sur vous que c'est tombé.
          L'œuvre de Nixon est ne l'oubliant et la mère de l'intervention en Irak dernier soubresaut d'un pays en mal d'ennemi.

        1 autres commentaires
  • Jovan
    • Posté à 06h17 le 03/04/2009

    Frost etait bien plus qu'un JP Foucault quand il a interviewe Nixon. Il avait deja quelques homme d'etat a son actif, en particulier une brochette de premiers ministres britaniques. Une petite recherche rapide sur Internet vous l'aurait confirme.
    Ce n'est pas parceque Ron Howard le presente ainsi dans son film que c'est vrai.

    • dulconte
      dulconte répond à Jovan
      • Posté à 15h38 le 03/04/2009

      le fait que ce soit un film de Ron Howard, ça fait peur en fait.
      Il aurait mieux fait de rester dans happy days, parce que en tant que cinéaste il vaut pas bezef.

  • Clarence
    • Posté à 09h42 le 03/04/2009
    • Internaute

    Bonjour.

    Or donc, il sera beaucoup pardonné à Nixon, du fait qu'[il] « est un salaud, d'accord, mais un salaud par excès de conviction ; une sorte de malade assurant faire le mal au nom du bien dans un terrible délire mystico-religieux ».
    Sic.
    Si l'on suit ce raisonnement, il sera aussi beaucoup pardonné à Bush, Cheney et Rumsfeld, jusqu'à Guantanamo et Abou Ghraïb, qui ne seraient alors que des « accidents de parcours », pour reprendre la terminologie en vogue à l'époque du grand Joseph Staline, auquel il sera aussi, évidemment, beaucoup pardonné, ainsi qu'à Beria ou Jdanov, « probablement paranoïaque[s] et notoirement adepte[s] des coups fourrés en politique », mais pour la (selon eux) bonne cause...

    D'habitude, en lisant Serraf, on s'agace, on se désole ou on rigole (de lui).
    Là, on frémit, en voyant Serraf réhabiliter un salaud taille XXL en faisant passer pour quantité négligeable tous ceux, victimes directes ou indirectes de sa politique, qu'évoquent les messages postés avant le mien : vietnamiens par millions, cambodgiens, sud-américains victimes de l'opération Condor soutenue par les Etats-Unis, etc...
    On frémit parce qu'on est là, pour peu qu'on admette que le terme n'a pas de raison de ne s'appliquer qu'à la seule Shoah, dans du pur et simple négationnisme.

    Quant à la comparaison (toujours à l'avantage de Nixon ! ) avec Mitterrand faisant écouter Carole Bouquet, elle est tellement grotesque qu'elle ne vaut même pas la peine qu'on y réponde.

    • Hugues Serraf
      Hugues Serraf répond à Clarence
      Auteur(e) de l'article
      • Posté à 10h12 le 03/04/2009

      Encore une fois (mais je me demande à quoi bon) : je ne « pardonne » rien à Nixon et je ne le « réhabilite » que dans l'esprit d'un commentateur à la recherche de quelque chose de désagréable à écrire même sans fondement particulier.

      Je constate simplement qu'une affaire d'écoutes illégales a conduit le bonhomme à la démission au terme d'un débat sur sa destitution pure et simple. Dans le cas de Mitterrand, les écoutes étaient un système à grande échelle et n'ont jamais remis sa présidence en question. Loin de se limiter à Carole Bouquet, que je ne mentionne évidemment que de manière ironique, les écoutes ont concerné des centaines de personnes (avocats, journalistes, politiques...), nécessitaient l'implantation d'une cellule spécifique à l'Elysée et impliquaient la coopération d'une tripotée de poids lourds du renseignement, de la gendarmerie et de la police. Excusez du peu.

      Je ne prends pas non plus la sincérité de Nixon comme une circonstance atténuante de ses turpitudes : on peut faire un tas de choses dégueulasses en toute sincérité. Mais là encore, je la compare au cynisme de Mitterrand, dont les convictions me semblent beaucoup moins solides (et je préempte tout de suite, bien inutilement je le sais, votre prochain commentaire : la solidité des convictions de Nixon ne les légitime pas).

      Maintenant, si vous voulez mélanger Guantanamo, Staline, l'opération Condor et Sarkozy (plus la Shoah dont je n'avais pas remarqué immédiatement la mention dans votre commentaire) à l'affaire du Watergate, je n'y peux rien.

      • Tyb
        Tyb répond à Hugues Serraf
        • Posté à 10h49 le 03/04/2009

        J'ai toujours eu du mal à comprendre comment on pouvait se dire de gauche et voire autre chose en Mitterand qu'un salopard fini à vrai dire.

      • Clarence
        Clarence répond à Hugues Serraf
        • Posté à 11h04 le 03/04/2009
        • Internaute

        « Je constate simplement qu'une affaire d'écoutes illégales a conduit le bonhomme à la démission au terme d'un débat sur sa destitution pure et simple. Dans le cas de Mitterrand, les écoutes étaient un système à grande échelle et n'ont jamais remis sa présidence en question ».

        Cette phrase-ci tendrait à faire croire que ce sont deux systèmes que vous comparez (alors que votre papier, dont le sous-titre accuse Mitterrand d'être une crapule pire que Richard Nixon, ne compare que les individus)

        Ecrivez alors, pour les dénoncer, sur les défauts de notre « démocratie » et sur l'absence à la fois des dispositifs législatifs et des contre-pouvoirs qui devraient utilement venir s'opposer aux dérives dont notre personnel politique peut se rendre coupable, ou si ces dérives malgré tout se produisent, faire qu'elles soient sanctionnées.
        Car ce n'est pas de son plein gré que Nixon, au final, donna sa démission en 1974 ! Mais après deux ans de révélations dans la presse, relayées par une action parlementaire déterminée et la mise en route d'une procèdure d'impeachment.

        Bravo, sur ce coup-là, à la « démocratie américaine ».
        Laquelle peut aussi, hélas, ne pas être toujours aussi vigilante (cf la presse américaine au grand complet, « embedded » pour soutenir à l'unanimité et pendant des années, en Irak, une guerre folle basée sur les mensonges éhontés de Bush & consorts), ou, à l'inverse, sortir l'artillerie lourde pour des vétilles (Clinton frôlant l'impeachment pour avoir batifolé avec Monica Lewinsky).
        Laquelle peut aussi laisser se dérouler tranquillement les plans machiavéliques de Nixon et Kissinger, dont je maintiens que votre papier minimise (euphémisme...) les conséquences.

      • leo s
        leo s répond à Hugues Serraf
        • Posté à 15h12 le 03/04/2009

        Mon voisin lance une collecte pour pouvoir t'offrir la location du DVD du « Promeneur du champ de Mars » de Guédiguian.

        bécile !

  • Lemmy Nothor
    Lemmy Nothor
    - Drinking muddy waters
    • Posté à 10h10 le 03/04/2009
    • Internaute
      - Drinking muddy waters

    Mitterand pour moi ça restera toujours le type derrière l'attentat contre le Rainbow Warrior...si c'est pas du terrorisme ça !

    • leo s
      leo s répond à Lemmy Nothor
      • Posté à 15h14 le 03/04/2009

      Nixon / Miterrand

      « comparaison n'est pas raison. »
      D'ailleurs mon voisin prétend que le problème n'est pas là . Le problème, ce sont , d'HS, les vaticinations chroniques.

  • désactivé à la demande du riverain
    • Posté à 10h17 le 03/04/2009

    Hélas ! On ne peut s'approcher du souvenir de Mitterrand, alias Fripouillette, qu'en se bouchant le nez. J'ai connu un ex-député UNR, ( très âgé ) qui se trouvait être aussi un ami de Mitterrand. Un jour que l'ex-député se trouvait à l'Elysée, le Général l'interrogea sur cette relation. Comme ledit député confirmait cette amitié, de Gaulle repartit : « Vous avez de bien mauvaises fréquentations ! »

  • ginkoland
    ginkoland
    Ginkonaute
    • Posté à 13h49 le 03/04/2009
    • Internaute
      Ginkonaute

    Petit résumé : Nixon était une crapule, Mitterrand aussi et, l'un plus que l'autre mais pas sur tout. Bon, oui, et alors ? Franchement on cherche l'intérêt du truc, mais y'en a pas. Juste un grand vide sidéral...

    • Hugues Serraf
      Hugues Serraf répond à ginkoland
      Auteur(e) de l'article
      • Posté à 14h29 le 03/04/2009

      Je sais, je sais, je ne devrais même pas répondre à ça mais c'est plus fort que moi.

      Lorsque j'écris ce papier, que je développe un point de vue sur un film qui vient de sortir et que vous trouvez ce point de vue sans intérêt ou d'un vide sidéral, qu'est-ce qui peut bien vous motiver à le lire jusqu'au bout (ce que vous avez dû faire pour vous assurer de sa vacuité à moins d'être un menteur) et à vous fendre d'un commentaire finalement inutile, puisque tant d'autres sont déjà venus dire la même chose un peu plus tôt ?

      Mieux : qu'est-ce qui peut bien vous motiver à venir faire un commentaire identique sous chacun de mes papiers quel qu'en soit le sujet ? A la longue, je crois avoir compris que vous pensiez que tous mes articles sans exception étaient sans intérêt, sidéralement vides et, pour résumer, sarkozystes. Du coup, pourquoi cet acharnement à les lire et à glisser ce type de commentaires ?

      Ma motivation à moi est assez simple. J'aime écrire, je m'intéresse à un tas de choses différentes et je trouve gratifiant de partager mes points de vue avec le plus grand nombre dans le cadre de conversations civilisées et courtoises, même si les arguments des uns et des autres peuvent (et doivent) être contradictoires. Mais vous, c'est quoi votre truc ? C'est tellement mystérieux...

      • supprimé à la demande du riverain 12 mai
        • Posté à 14h47 le 03/04/2009

        Monsieur Serraf, si je peux me permettre de venir mettre mon grain de sel dans votre petit différend, je puis vous garantir que Ginkoland est un gars sympa, qui aime se frotter à ses adversaires, et qui est assez pince-sans-rire.

         4 autres commentaires
      • leo s
        leo s répond à Hugues Serraf
        • Posté à 15h18 le 03/04/2009

        « c'est plus fort que moi. »

        Le gaucher au gant rouge met un genou à terre.

        Mon voisin prétend que son fils de 2 ans « aime écrire » lui aussi, sur la tapisserie de sa chambre.

      • ginkoland
        ginkoland répond à Hugues Serraf
        Ginkonaute
        • Posté à 17h54 le 03/04/2009
        • Internaute
          Ginkonaute

        « Je sais, je sais, je ne devrais même pas répondre à ça mais c'est plus fort que moi ». ben c'est marrant parce que je me dis la même chose à chaque fois ! Et quand à nous gratifier de vos « points de vue », moi je n'y trouve que d'éternelles comparaisons : Mitterrand et Nixon, la france et les UK, etc... Vous jouez toujours les comparateurs mais c'est peut être une déformation professionnelle en fait : la derniere Citroèn contre la derniere renault. Et c'est vrai que vous n'avez pas eu l'occasion de connaître mes points de vue, mon truc quoi ! Donc je vous promet qu'à la prochaine « comparaison vaticinatrice », vous serez gratifié de l'un d'entre eux. Promis !

      • Keldan
        Keldan répond à Hugues Serraf
        Now future & karpe diem
        • Posté à 18h27 le 03/04/2009
        • Internaute
          Now future & karpe diem

        C'est pas grave, vu qu'il ne voit pas l'intérêt alors qu'il y en a un, ça lui permettra de se demander où il est et pourquoi il ne le voit pas...

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h25 le 03/04/2009
    • Internaute
      Now future & karpe diem

    Ca doit être génial comme article, enfin si on sait qui est Mitterand...
    Pour moi c'est le mec qui est mort avant que j'ai le droit de voter.
    Collabo, guerre d'Algérie, parano et bite sur patte, c'est pas vraiment exceptionnel comme palmarès.

    Nixon c'est encore pire, je sais juste que c'est un mec qui a squatté les waters à Bill Gates car il digérait pas la bouffe viet.

    Mais au moins sous le règne de Nixon, il y avait le programme Apollo. Sous celui de Mitterand, il y a eu... heu...

    • dulconte
      dulconte répond à Keldan
      • Posté à 20h35 le 03/04/2009

      sous mitteux y a eu Airbus c'est au moins aussi bien

    • Laurent-Weppe
      Laurent-Weppe répond à Keldan
      • Posté à 20h36 le 03/04/2009

      Apollo c'est Kennedy, Nixon a gagné les élections juste avant le lancement d'Apollo 11, mais la décision de financer le projet n'est pas de lui.

    • Un compte supprime
      • Posté à 05h16 le 05/04/2009

      J'ai personellement rate l'execution de Mitterand. J'etais alors hors ondes informatives. Un jour je suis rentre en France et tout le monde lui crachait a la gueule.

      Je ne sais donc pas vraiment ce qui s'est passe (en fait si, mais bon, hors contexte, et j'aime bien entendre ce que les accuses et les morts ont a dire, on ne tire pas sur un corbillard) et j'ai eu la desagreable impression que la France eternelle reglait ses comptes avec elle-meme davantage qu'avec Tonton, et avec ses reves socialistes ephemeres, histoire de ne plus avoir a en parler et de sauter pieds joints dans le liberalisme de gauche de mes fesses. J'ai trouve ca degueulasse... comme si souvent en cette basse France.

  • Un compte supprime
    • Posté à 05h09 le 05/04/2009

    M'en fous je lirais pas cet article. Je ne comprends deja plus apres les deux premieres lignes. Je redoute d'emblee la conclusion... L'abus de drogues est dangereux, de meme que celui de suppositoires a l'Eucalyptus.