30/12/2008 à 15h45

Sites d'infos : pour la mort du corbeau version 2.0


Au pire, les commentateurs anonymes sont une menace pour l'indépendance et le pluralisme de la presse en ligne. Au mieux, ils ne servent à rien.

Je vais vous faire une confession -une confession terrible pour un journaliste dont la carrière entrera bientôt dans son premier quart de siècle ! Mais bon, si l'on ne confessait que ce qui fait consensus (non, non, ce n'est pas une contrepèterie), les marchands de pénitences seraient tous au chômage.

Figurez-vous, donc, que je me fiche éperdument de ce que pense le lecteur de ce que je suis venu lui dire : qu'il aime, qu'il n'aime pas, qu'il soit d'accord avec moi, qu'il ait envie de m'étrangler, peu me chaut...

Bon, je préfère évidemment qu'il soit satisfait et qu'il ne regrette pas d'avoir dépensé un peu d'argent pour nous faire vivre, moi, le marchand de journaux, le cégétiste des NMPP, le maquettiste et le comptable, mais ça s'arrête là.

Des courriers des lecteurs souvent bidonnés

Je conçois mon travail -mon travail « rémunéré », pas les notes que je rédige sur ce blog- comme celui d'un technicien dont la mission est de rapporter des faits ou de les mettre en perspective avec la plus grande objectivité possible. Ni plus ni moins.

Mais le moins est déjà un plus, lorsque l'on sait à quel point les journaux français -presse généraliste comme presse spécialisée- vivent sous les pressions conjointes et contradictoires des annonceurs (qui veulent que l'on parle de leurs produits d'une manière ou d'une autre), des sources d'information (qui veulent que l'on parle « en bien » de leurs produits), des patrons de presse (qui se fichent bien de ce que l'on écrit pourvu que la copie soit rendue à temps et qu'elle ne ne coûte pas trop cher en frais de déplacements) et des lecteurs (qui ne veulent lire que des articles conformes à leur propres opinions).

En kiosque, et surtout pour ce qui est du dernier point, cette ligne de conduite est assez aisée à tenir. Les lecteurs ne se manifestent guère et les courriers que l'on reçoit portent plus souvent sur l'usage trop fréquent d'un anglicisme banal que sur quoi que ce soit de fondamental.

On sait peu, d'ailleurs, à quel point les courriers de lecteurs sont rares (ni à quel point ils peuvent être bidonnés). Mais quiconque s'est rendu compte du nombre de fois où les réactions de « J.F. Hagnéré, Creutzwald » ont été sélectionnées par la rédaction du Monde en était déjà convaincu...

L'angoisse du rédacteur face aux réactions des internautes

Sur le Web, c'est différent. Réagir est devenu si facile -depuis qu'il suffit de cliquer sur un bouton plutôt que d'aller jusqu'à la Poste du coin après avoir soigneusement rédigé son coup de gueule, signé de son nom et timbré son enveloppe- qu'il n'est plus possible de mettre un article en ligne sans penser au flot de commentaires anonymes qu'il suscitera fatalement.

On peut toujours feindre de s'en moquer, évidemment, mais ce n'est finalement qu'une pose. Et j'ai du mal à croire le rédacteur qui assure ne pas être affecté par les guirlandes d'insultes accrochées à son papier comme à un sapin pour Noël de Mister Jack.

Mais qu'il en soit affecté est une chose ; qu'il en soit inhibé en est une autre. Et là où il pouvait se dire, « si j'écris ceci ou cela, certains lecteurs risquent de ne pas apprécier mais je le fais quand même parce que c'est mon boulot un point c'est tout », il pense désormais : « Et si ces types qui vocifèrent et m'agressent sous mon papier étaient représentatifs ? Et si c'était effectivement à eux que je m'adressais, plutôt qu'à ce public large et composite que je préférais imaginer lorsque je n'écrivais que pour le papier ? Et s'il fallait que j'en tienne compte pour ne pas les provoquer ? Et s'il fallait que j'écrive en pensant à eux, pour eux ? »

Ça n'est pas rien, cette interrogation angoissée. Ça n'est pas rien lorsque vous faites dans le factuel, mais c'est encore pire lorsque vous passez à l'analyse ou au papier d'opinion.

Tiens, prenons l'actu du moment comme exemple, et les opérations militaires israéliennes à Gaza. Si vous écrivez pour Libé, pour Le Monde ou pour Le Figaro version « print », vous connaissez plus ou moins les présupposés idéologiques de vos lecteurs, les partagez peut-être, mais vous êtes généralement capables de rester professionnel et de vous en tenir aux faits : un conflit territorial complexe, un contexte historique qui ne l'est pas moins, des implications régionales et internationales précises... Bref, à peu près les même ingrédients qu'au Cachemire ou au Tibet avec un poil plus de soleil.

Des fils de discussions sous contrôle

Mais sur le Web, c'est une autre paire de manches : des commentateurs sous pseudo se sont organisés en chapelles, ont plus ou moins pris le contrôle des fils de discussions des sites qu'ils fréquentent assidûment, y distillent les bons points/mauvais points au nom d'une grille de lecture aussi transparente que fruste et découragent les dissidences.

Il y a le point de vue authentiquement « de droite » et il y a le point de vue authentiquement « de gauche », lesquels finissent d'ailleurs par se rejoindre en bout de chaîne Dieudonné-style.

De fait, le commentateur masqué standard n'a pas vraiment besoin de savoir ce qui s'est spécifiquement passé « cette fois-ci » pour émettre son avis : il suffit de l'informer d'un bombardement d'Israël sur Gaza pour que le figaronaute pointe la responsabilité première du Hamas et de ses pluies de roquettes, et pour que le libénaute affirme que, si Israël ne maintenait pas Gaza dans la pauvreté, personne ne bombarderait personne.

Mais nous parlons là des commentaires initiaux, le fil se transformant invariablement en tribune exprimant,sur les deux sites, l'idée que c'est l'existence même d'Israël qui pose problème.

Le journaliste, lui, est pourtant censé entrer dans le détail. Censé rappeler que cette opération spécifique n'est pas le clone de celle d'avant, que le contexte est compliqué, qu'il faudrait faire l'effort d'en apprendre davantage sur les ressorts du conflit israélo-palestinien avant de se mettre à insulter quiconque ne dit pas la même chose que soi ou ne l'aborde pas comme le sempiternel affrontement méchants/gentils.

Dans Libération du 29 décembre 2008, Laurent Joffrin tente ainsi, dans un édito plutôt consensuel, de sortir de ce manichéisme et la plupart des articles du journal sur ce thème restent à peu près ancrés aux faits.

La rédaction a pourtant décidé, et l'on imagine qu'un débat a eu lieu, de fermer purement et simplement les commentaires sous ces textes. Hum, Vittorio de Filippi n'a sans doute pas très envie de passer son réveillon du jour de l'an en garde à vue et on le comprend.

Sur Rue89, les deux seuls papiers publiés (à l'heure où j'écris) sur cette nouvelle crise sont également des textes extrêmement neutres -dont on imagine que chaque mot a été pesé pour ne faire de peine à personne- et sont pourtant lestés des insultes habituelles et d'une série de bagarres rendues inintelligibles par le nombre de messages qui les composent. Non pas que rien ne soit jamais dit d'intéressant, mais la cacophonie est telle qu'elle dissuade d'y apporter son grain de sel.

L'anonymat n'est pas légitime

Le risque existe pourtant, si cette espèce de seconde vie des articles se met à servir de « guideline » aux journalistes, s'il n'est plus possible d'écrire en conscience sauf à supprimer purement et simplement la possibilité de s'exprimer qu'Internet offre aux lecteurs, de transformer les journaux en ligne en tracts militants ou en portail d'infos sans saveur.

Rouge ou Yahoo news, Minute ou Google infos... Peut-être l'heure est-elle venue, si les nouveaux médias en ligne et les éditions Web des grands journaux doivent vraiment prendre le relais d'une presse papier en déconfiture totale, de mettre un terme à l'idée que l'anonymat est légitime. Et de rappeler que le commentaire de dénonciation grossière proféré sous pseudonyme n'est jamais que l'équivalent 2.0 d'un courrier de corbeau.

Après tout, il n'a jamais été considéré comme choquant de demander à « J.F. Hagnéré, Creutzwald » d'être identifiable dans le monde réel avant de publier ses considérations sur ceci ou cela dans notre grand journal de référence...

Exiger des commentateurs qu'ils assument leurs points de vue serait donc le moyen de civiliser les discussions, mais ultimement de réduire le nombre des contributions et de rendre les échanges plus compréhensibles. C'est en tout cas le point de vue que je formule. Et vous savez quoi ? Ce point de vue, je le signe.

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  • skalpa
    skalpa
    actif et militant ?
    • Posté à 16h02 le 30/12/2008
    • Internaute
      actif et militant ?

    Ben, oui... Moi aussi et alors ?
    Parce que de toutes façons, il y a l'adresse IP

    Lien

  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 16h05 le 30/12/2008
    • Internaute
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    votre preambule est un peu long
    tout ça pour dire que le travail du journaliste c'est....d'informer
    quelle scoop
    et pour bien faire ce travail, il me semble (heum.... heum...) que la rigueur et la clarté apporte beaucoup à un article
    Boileau en son temps avait deja du dire quelque chose la dessus (sur l'expression pas sur le journalisme)

    quand aux posteurS
    - soit ils apportent quelquechoses aux textes comme par exemple sur ce site ; le yeti, numéro six et bien d'autres
    - soit le lecteur zappent leurs posts

    ils existent aussi (j'en suis sur sans en avoir la preuve) des stipendiés ou des militants de l'ump ou d'autres partis qui font de l'occupation des sites. Mais eux se remarquent tres bien
    c'est particulièrement visible sur le site du figaro

    et si vous me permettez cette apparté ; ma « cyber revue presse » passe obligatoirement par la case du nouvel obs, car le nouvel obs fait souvent une revue de presse en citant des editorialistes des journaux de province. et là on apprend beaucoup
    je me souviens bien que ces editoriaux ont commencé a éreinté sarko quelques temps avant sa baisse de popularité

    la presse parisienne ferait bien d'utiliser ce baromètre la (les éditoriaux provinciaux°

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 16h08 le 30/12/2008
    • Internaute
      Prisonnier dans le village (...)

    Oui , bon , quoi ? quoi ? vous voulez quoi ? vous voulez en venir ou ? Vous croyez qu » on a que ça a foutre , de decrypter votre article ?

    En fait il est pas si mal , mais comme vous servez de réac souffre douleur sur lequel on tape , ici , je voudrais pas changer les roles ..

  • FO le dire
    • Posté à 16h11 le 30/12/2008

    C'est un test pour une étude socio en fait ^^

    Noob devant l'éternel web 2.0, l'anonymat n'existe pas.

  • personne
    • Posté à 16h20 le 30/12/2008
    • Internaute

    Encore un journaliste imbu de sa supériorité, drapé dans sa toge d'objectivité et qui ne digère pas les critiques de son dernier billet, « non, non, ça ne me touche pas, mais fermez quand même vos gueules. »

    Avant de signer la prochaine fois, relisez vous, tentez au moins d'écrire un texte cohérent avec une articulation logique moins bancale.

    • Hugues Serraf
      Hugues Serraf répond à personne
      Auteur(e) de l'article
      • Posté à 18h40 le 30/12/2008

      Non, je ne suis pas imbu de ma supériorité. Mais mon texte bancal semble être suffisamment cohérent pour que soyez capable d'en tirer une conclusion.

      • léo solo
        • Posté à 19h25 le 30/12/2008

        Plus que bancal votre texte est banal.

        D'Ajar à Eluard
        les pseudonimes ont si nombreux
        qu'on n'a pas besoin de voir leur trombine
        pour percevoir que ce qu'ils écrivent n'est pas creux.

  • Infovite
    Infovite
    info-espress.over-blog.com
    • Posté à 16h21 le 30/12/2008
    • Internaute
      info-espress.over-blog.com

    A chacun ses combats...
    Lien

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 16h24 le 30/12/2008
    • Internaute
      Now future & karpe diem

    C'est sur que lorsque je vois marqué « Israël/Palestine » dans le titre d'un article, j'ai tendance à ne pas vraiment lire les 3000 messages qui suivent, car de toutes façons j'en connais 90% par avance.
    C'est un peu comme un article qui parle du gouvernement, je connais déjà le contenu des messages : D

    Par contre j'aime bien lire tous les commentaires bien écrit qui changent un peu de la ligne de conduite officiel du parti (celui que vous voulez), même si je ne suis pas d'accord, ça fait toujours réfléchir.
    Mais je déteste totalement les commentaires où un espèce d'obsédé monomaniaque trouve moyen de parler de Sarko même lorsqu'il n'y a pas le moindre rapport avec l'histoire...

    Et personnellement, j'assume pleinement ce que j'écris, puisque je n'insulte personne directement et nommément, et encore moins l'auteur de l'article qui s'est fait chié à nous offrir quelques minutes de distraction (et puis si je l'aime pas, je le lis pas : D).
    Bon certes, je verse mon fiel sur des grandes parties de l'humanité et mon cynisme et mon ironie doivent en choquer plus d'un. Mais je m'en fous, je dis ce qui me passe par la tête et je n'ai pas honte de mon opinion.
    Et je ne suis pas anonyme. J'endosse une identité autre que mon état civil, sur le Net comme dans la rue, mais Keldan c'est moi et personne d'autre (enfin, je ne pense pas...) quelque soit l'endroit du Net où je suis.

    Alors oui, je suis solidaire avec l'auteur, car moi aussi je me fous de ce que pense les autres, surtout ceux qui sont pas d'accord avec moi : D

  • Lemmy Nothor
    Lemmy Nothor
    - Drinking muddy waters
    • Posté à 16h58 le 30/12/2008
    • Internaute
      - Drinking muddy waters

    A propos.....nous signons tous nos textes, même les riverains. Je mettrai volontiers mon nom, mais uniquement si remunéré.
    Parce que entre vous et moi, la Rue c'est bien, mais sans les riverains, elle perd beaucoup. En fait je passe plus de temps a lire les textes des riverains, que ceux des journalistes.....et rien avoir avec la qualité, mais plutot parce qu'il y a plus a lire du coté des riverains.

    De plus, moi aussi je mesure mes mots, et je fais attention de ne pas heurter certains riverains sensibles. Mieux, je ne m'approche même pas des débats aussitot qu'il s'agit d'Israel, ou de la Palestine......une fois que l'on y a été une fois, c'est toujours la même chose, les mêmes arguments, les mêmes faussetés de part et d'autres......et nous sommes a 5000 km du problème. Le noeud Gordien.....

    Par contre la Rue possède mon addresse email, et je correspond souvent directement avec eux, toujours sous ce pseudo.....mais si il y avait un chèque de paye au bout, je serai plus que ravi de vous dire qui je suis vraiment......et je quitterai immediatement la Rue.

    Je me planque ? Oui. Et je ne vous dirai pas de qui.

    (edit)

    Un truc que j'aii oublié de spécifier. Il y a très longtemps, quand internet et les ordis n'existaient pas, j'avais un copain qui travaillait dans un journal ( en papier) et qui faisait de la critique de spectacle. Il procedait ainsi : si c'était très bon, il demolissait le spectacle. Si c'était nul à chier, il écrivait que c'était génial. Résultat ? Personne ne recevait autant de courrier.....et pour son patron, c'était la seule chose qui comptait. Il a jamais été foutu dehors.

    • Hugues Serraf
      Hugues Serraf répond à Lemmy Nothor
      Auteur(e) de l'article
      • Posté à 18h37 le 30/12/2008

      D'abord, je ne suis pas moi-même rémunéré par Rue89 : cette tribune est un blog. Mais je comprends votre idée selon laquelle les commentateurs créent du contenu et pourraient, d'une certaine manière prétendre à une fraction des revenus publicitaires qu'ils aident à générer. Elle ne tient pourtant la route que sur des sites type Agoravox ou Ohmynews, qui ne publient que des contributions de lecteurs. On peut tout de même espérer que l'immense majorité des lecteurs vient ici pour s'informer et lire le travail des journalistes de la rédaction. Un journal peut-il n'être qu'un forum de lecteurs ? Et je ne dis pas ça pour dévaloriser la contribution des lecteurs mais je ne pense pas qu'une enquête ou un reportage effectués de manière professionnelle soient de la même nature qu'un commentaire – même intelligent. Si vous devez faire réparer votre chauffe-eau, vous préférez qu'un professionnel s'en occupe plutôt qu'un copain « qui s'y connait un peu » en plomberie, non ?

      • Lemmy Nothor
        Lemmy Nothor répond à Hugues Serraf
        - Drinking muddy waters
        • Posté à 18h49 le 30/12/2008
        • Internaute
          - Drinking muddy waters

        Je dois dire ceci.....ce n'est pas seulement le fait que l'on puisse laisser un commentaire qui fait de La Rue un site que j'aime bien.....mais le fait de pouvoir discuter directement avec le journaliste....et aussi les riverains.

        Mais si on instaure un système de rémunération.....( ha ha ha) ça pourrai aussi être payant pour La Rue.....je m'explique....
        un top, 1 euro pour le riverain.....un naze, c'est le riverain qui doit un euro a La Rue. je sais......y'en a à qui ça va couter cher ce petit jeu. Je pense à Pierrrre, et a Gaetan entre autre.

         
        • Les Chats
          Les Chats répond à Lemmy Nothor
          • Posté à 22h28 le 30/12/2008

          Visiblement, pour l'instant c'est toi qui doit 1€ à la Rue ; -)

          • Lemmy Nothor
            Lemmy Nothor répond à Les Chats
            - Drinking muddy waters
            • Posté à 10h49 le 31/12/2008
            • Internaute
              - Drinking muddy waters

            Coquine.....tu m'as nazé...... ! ! !

        2 autres commentaires
      • léo solo
        • Posté à 19h34 le 30/12/2008

        L'écriture appartient à tout le monde.
        C'est un bien commun.

        La plomberie non,
        bien qu'à l'origine les caractères étaient en plomb.

        Donc qualifier de lecteur quelqu'un qui écrit un commentaire semble une erreur
        mieux vaudrait le qualifier de commentauteur.

        S'autoproclamer professionnel de la langue dénote le prix que l'on accorde à la parole de l'autre.

  • Etoile polaire
    • Posté à 16h43 le 30/12/2008

    Signer c'est selon vous « assumer son point de vue » et cela serait le meilleur moyen de « civiliser les discussions »... tout en réduisant le nombre des contributions ( sous entendu : qui encombrent).
    L'ennui, c'est que vous retrouverez ceux que vous pensiez chasser de cette façon et ferez fuir les autres, car une signature n'a jamais empêché quiconque d'aligner des imbécillités, alors que l'anonymat a souvent permis de grands papiers en période de restriction des libertés...pensez-y.

    • Thorgal46
      Thorgal46 répond à Etoile polaire
      Informaticien dans le Lot
      • Posté à 16h53 le 30/12/2008
      • Internaute
        Informaticien dans le Lot

      Tout à fait d'accord avec cette brillante Etoile Polaire,

      le relatif anonymat de la Rue me permet de dire vraiment ce que je pense.
      Sans tomber dans la paranoïa de Big Brother, vous n'avez peut être pas forcément envie de croiser dans la Rue89

      a) votre femme
      b) vos collègues ou votre patron
      c) votre voisin de palier
      d) le policier de votre quartier

      Entourez les mentions de votre choix

      • Hugues Serraf
        Hugues Serraf répond à Thorgal46
        Auteur(e) de l'article
        • Posté à 18h13 le 30/12/2008

        Je comprends ces raisons, mais je ne les trouve pas bonnes : venez vous dire ici des choses que vous ne pouvez pas assumer devant votre femme ? La police vient-elle arrêter les gens qui disent « Sarko est ceci, Sarko est cela » ? Si c'était le cas, elle aurait bien des moyens de vous retrouver que vous soyez anonyme ou pas (la police, pas votre femme – à moins qu'elle ne soit elle même dans la police).

         
        • jyeden
          jyeden répond à Hugues Serraf
          khmer vert ( age des caverne, (...)
          • Posté à 20h10 le 30/12/2008
          • Internaute
            khmer vert ( age des caverne, (...)

          ce que vous dites va à l'encontre de votre article

        • Thorgal46
          Thorgal46 répond à Hugues Serraf
          Informaticien dans le Lot
          • Posté à 22h22 le 30/12/2008
          • Internaute
            Informaticien dans le Lot

          On a tous des choses que l'on peut difficilement dire « tout haut »

          a) ma femme est d'une jalousie maladive et les qqs blagues que je me permets avec certaines Riveraines suffiraient à provoquer des scènes inutiles de vaines explications

          b) mes collègues sont jaloux de moi et mon patron rêve de me virer. Il m'arrive qqs fois de surfer dans la Rue depuis mon bureau.

          c) mon voisin de palier que je cotoie fréquemment est un supporter convaincu de l'équipe de foot locale. Si il y a une chose que je déteste plus que le foot, c'est les supporters de foot !

          d) quant à la police, si je ne crains pas (encore) de les voir arriver pour une fouille au corps ; si je dis tout le mal que je pense des flics, je n'aimerais pas que les flics de mon quartier l'apprennent. Ils sont tellement cons qu'ils me chercheraient des noises.

          Voilà, tout ce que je viens de dire est évidemment totalement faux mais si c'était vrai, je n'aimerais pas que mon nom se balade au bas de mes posts.

          Do you see what I mean ?

        • Les Chats
          • Posté à 22h32 le 30/12/2008

          Mais vous avez oublié ça :
          « b) vos collègues ou votre patron
          c) votre voisin de palier »

          Et là vous dites quoi à Thorgal46 ?

        3 autres commentaires
      • Numerosix
        Numerosix répond à Thorgal46
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 00h46 le 31/12/2008
        • Internaute
          Prisonnier dans le village (...)

        Y a ça , Thorgal , et y a aussi que l » anonymat ( relatif puisqu » on est tracé a mort ) permet aussi que c'est un jeux de rôle masqué ...

        Attention , je n'ai pas dit pas que c'était un jeu innocent , bien sur ..

    • Hugues Serraf
      Hugues Serraf répond à Etoile polaire
      Auteur(e) de l'article
      • Posté à 18h26 le 30/12/2008

      Oui, j'ai beaucoup réfléchi à cette question de l'anonymat depuis plusieurs années, comme blogueur et comme journaliste. Ce n'est pas une idée que je tire de mon chapeau par hasard. Et sommes-nous en période de « restriction des libertés » ? Si vous répondez oui, nous ne sommes pas d'accord.

      • Etoile polaire
        • Posté à 21h50 le 30/12/2008

        Je réponds oui bientôt, pour la période.

        Mais pour ce qui est des voisins, des collègues ou de l'épouse du policier si vous préférez, il serait naïf de croire que quiconque ayant des responsabilités professionnelles, pour ne prendre qu'un seul exemple, puisse se permettre des commentaires à caractère politique sans craindre des représailles, qu'il s'agisse de dénoncer les magouilles des uns, les descentes des autres dans des lieux publics, le manque de personnel dans certains services ou l'inanité de mesures dans l'enseignement.
        Nous ne sommes pas là dans les aimables plaisanteries de comptoir. Tenez compte que les risques ne sont pas les mêmes pour tous.

    • zénon denon 84
      zénon denon 84 répond à Etoile polaire
      Bonne
      • Posté à 11h38 le 31/12/2008
      • Internaute
        Bonne

      Paulette à les pieds froids ,
      je répéte :
      Paulette à les pieds froids ...

      oui

  • Tinhinane
    Tinhinane
    Médiatrice scientifique
    • Posté à 16h46 le 30/12/2008
    • Internaute
      Médiatrice scientifique

    Les deux papiers de Pierre Haski sur la guerre à Gaza, ont été écrits par un professionnel qui assume parfaitement son discours et ses partis pris qu'il défend parfaitement arguments et raisonnements à l'appuie aussi bien dans son texte, que dans ses réponses aux lecteurs et sa sélection de commentaires complémentaires.

    Ces deux articles sont parmi les plus lus cette semaine et les plus commentés aussi avec le moins de « crottes » dans le fil d'échanges.

    C'est, à mon sens, la meilleure défense d'une profession qui est malmenée aujourd'hui pour des raisons objectives dont certaines viennent de la défiance des lecteurs qui sont de moins en moins inféodés.

    L'anonymat a bon dos. Si nous refusons de lire certains articles, c'est qu'ils manquent d'intérêts ou de qualité à nos yeux. Nous ne commentons pas tout et souvent nous exprimons notre approbation pour la qualité de ce qui nous est servi en notant avec un guirlande compète le papier et les commentaires et les deux articles dont je parle en sont un bel exemple.

    • Hugues Serraf
      Hugues Serraf répond à Tinhinane
      Auteur(e) de l'article
      • Posté à 18h23 le 30/12/2008

      Je faisais référence au fait que Libé ait décidé de supprimer les commentaires sous tous les articles liés à l'opération militaire israélienne. On peut imaginer que le journal n'avait pas envie de se retrouver avec une foire d'empoigne bourrée de hurlements antisémites et racistes sous ses papiers. Si ça signifie qu'il n'est pas possible de laisser les lecteurs commenter les sujets sensibles, à quoi bon disposer d'un droit de commentaire ? Sur Rue89 – mais je n'en ai pas parlé avec la rédaction et il s'agit de mes propres supputations quant aux pincettes avec lesquelles le premier papier aurait été écrit –, il m'a semblé que la couverture de ce qui se passe était assez timide compte tenu de l'ampleur de l'opération. Sur l'anonymat, votre emploi du « nous » me conforte dans mon idée que ne pas signer est un problème. Vous ne connaissez pas les autres lecteurs qui commentent et vous n'exprimez que votre point de vue : comment savez-vous que leur pratique est identique à la vôtre ?

      • Lemmy Nothor
        Lemmy Nothor répond à Hugues Serraf
        - Drinking muddy waters
        • Posté à 18h39 le 30/12/2008
        • Internaute
          - Drinking muddy waters

        Le Globe and Mail ( Canada ) ne laisse jamais les lecteurs commenter quoique ce soit qui touche soit aux Palestiniens, soit a Israel. Ils n'ouvrent même pas la messagerie parce qu'à chaque fois ça vire en foire d'empoigne....pas comme sur la Rue, pire..... !

        Par contre il y a une grosse difference entre ces differents journeaux et La Rue.....ici, on discute avec l'auteur qui nous répond et qui défend son point de vue, chose qui ne se fait pas ailleurs. Et qui rend, et l'article, et le débat beaucoup plus interessant.

        Et je rajouterai ceci....êtes vous vraiment Hugues Serraf ? Est-ce bien vous sur la photo ? ? ? ?

         
        • Anonyme répond à Lemmy Nothor

          Déconne pas, Lemmy, tu sais bien que son vrai nom, c'est Serrafin Lampion : -)...

        1 autres commentaires
      • léo solo
        • Posté à 19h42 le 30/12/2008

        « supputer »
        et
        « vaticiner »

        sont deux manières d'écrire
        qui ne figuraient pas encore dans la palette de l'Oulipo.

        Quand vous dites que ne pas signer est un problème

        je suis entièrement d'accord avec votre supputation.
        surtout lorsqu'il s'agit de chèque.

      • Les Chats
        • Posté à 22h17 le 30/12/2008

        « Je faisais référence au fait que Libé ait décidé de supprimer les commentaires sous tous les articles liés à l'opération militaire israélienne. On peut imaginer que le journal n'avait pas envie de se retrouver avec une foire d'empoigne bourrée de hurlements antisémites et racistes sous ses papiers. Si ça signifie qu'il n'est pas possible de laisser les lecteurs commenter les sujets sensibles, à quoi bon disposer d'un droit de commentaire ? »

        Le nouvel obs fait exactement la même chose.

         
        • Hugues Serraf
          Hugues Serraf répond à Les Chats
          Auteur(e) de l'article
          • Posté à 09h05 le 31/12/2008

          Ça amène plutôt de l'eau à mon moulin, non ? Si le Nouvel Obs supprime également les commentaires sous les articles « sensibles », c'est qu'il pense comme Libé qu'il ne sera pas possible d'éviter les dérives. Ce qui revient à supprimer carrément l'interactivité et la capacité du lecteur à réagir. Mais les dérives seraient-elles les mêmes si les gens n'étaient pas anonymes et assumaient leurs propos ?

          • dulconte
            dulconte répond à Hugues Serraf
            • Posté à 11h18 le 31/12/2008

            ça n'apporte pas obligatoirement de l'eau à votre moulin, c'est probablement même le contraire. Libé, le nouvel obs ne veulent pas prendre de risque ce qui est largement différent. Les journaux traditionnels ont encore beaucoup de mal à comprendre, à saisir le fonctionnement du web. Je fais parti de ceux qui utilise le web comme un moyen de rencontre (et là je ne parle pas de cul), d'échange, d'information depuis près de 15 ans. Rue89 à apporter quelque-chose d'innovant et d'intéressant, ces fameuse trois voix, même si vous faire partie de la première alors qu'il serait plus logique qu'un blog comme le votre fasse partie de la 3ème.
            De même que l'excuse de l'anonymat est vraie pour le lecteur lambda mais absolument pas pour le responsable du site du fait que lui a l'adresse IP du commentateur et qu'en cas de poursuites le fournisseur d'accès doit fournir les coordonnées de la personne qui a écrit ce commentaire.
            C'est en fait bien moins anonyme qu'une lettre envoyée par la poste. La principale différence étant que la personne envoyant une lettre papier est contrôlée bien plus en amont par la rédaction alors que le principe des commentaires sur le web est un contrôle (en général) à posteriori.
            Sur le Monde c'est encore plus radical puisque seul les abonnés peuvent laisser un commentaire et donc ne sont en aucun cas anonymes, est-ce meilleur j'en doute.
            De toute façon vos contradicteurs les plus régulier sont très facilement identifiables. Une simple lecture des profils est souvent suffisante et à partir des profils si vous n'avez pas assez d'infos une rapide recherche sur Google vous renseignera pleinement sur l'auteur du commentaire. Faite l'expérience si vous ne l'avez pas déjà faite.
            Je n'ai jamais cherché à me cacher sur le net, avec un petit effort vous trouverez même mon adresse à Buenos Aires si vous avez envie de venir me casser la tête ou boire une bière de préférence une Quilmes vous n'aurez aucun problème, il y a même un plan et les bus à prendre.

        2 autres commentaires
  • Irfan
    • Posté à 17h20 le 30/12/2008
    • Internaute

    Vous vous plaignez, comme pour vous rassurer sur votre talent journalistique et la justesse de votre pratique, après avoir été à plusieurs reprises corrigé par vos lecteurs. L'avantage du net, justement, c'est que le journaliste descend de son piédestal, et se rend compte que son lectorat n'est pas uniforme et à son écoute, mais qu'il attend de lui une information, qu'il va la chercher, et l'analyser, non pas tout prendre comme argent comptant. La relation journaliste-lecteur n'est pas la même que la relation instituteur-élève de primaire, que cela vous plaise ou non.

    La réaction plus intelligente, plutôt que de dire « le journaliste se demande s'il doit ou non céder à la pression, faire l'article attendu », etc., aurait été de remarquer que certains commentaire apportent une plus-value importante à l'article (d'où le système d'exergue mis en place par Rue89), et qu'ils permettent d'aller plus loin que le simple billet d'humeur que devient souvent hélas l'article en ligne (vous l'illustrez parfaitement).
    C'est le rêve du journaliste, justement : il traite de sujets dont il n'est pas toujours expert, et des lecteurs potentiellement experts peuvent le corriger, c'est une richesse extraordinaire ! Sans changer le corps de l'article, qui doit respecter une certaine concision pour être accessible, l'article est prolongé, peut parfois être retouché, des url pour indiquer des documents externes conseillés par les lecteurs peuvent être intégrées à l'article, etc.

    Le contre-exemple que vous donnez, pour dire que les lecteurs de journaux traditionnels participent peu, c'est un quotidien, et dans sa période récente... Soyez plus honnête : les hebdomadaires et mensuels ont-ils le même rapport avec leur lectorat ? Les quotidiens régionaux également ? Les quotidiens dans le passé, quand ils portaient régulièrement des grandes causes nationales (l'assassinat du directeur du Figaro au moment du débat sur l'ISR, etc.), n'avaient-ils pas des lecteurs prestigieux qui s'adressaient à eux ?

    C'est pareil maintenant : XXI, un magazine qui prend le temps d'écrire des articles intelligents, et en assume la subjectivité, obtient des interviews ou des conseils des experts dans les domaines qui sont traités (Michelle Perrot interrogée sur l'histoire des femmes, c'est le top en France ! ). Sur le net, des experts, ou des gens les ayant côtoyés ou lus, peuvent apporter des éléments importants aux journalistes. Pourquoi les dénigrer ?

    Mon (long) message évacue bien sûr les nombreux commentaires qui se contentent d'être des insultes, des messages creux, des chaines, de la publicité, des copiés-collés sans rapport avec l'article, etc. Mais entre nous : qui (d'intelligent) les lit ?

    Quant à l'anonymat : les lecteurs de journaux l'ont aussi, et le « courrier des lecteurs » publie souvent des lettres anonymes. Bon. Libre à chacun de signer. Je ne le ferai pas : être journaliste est votre métier, commenter des articles est un passe-temps.

    • Hugues Serraf
      Hugues Serraf répond à Irfan
      Auteur(e) de l'article
      • Posté à 18h09 le 30/12/2008

      Je ne cherche à me rassurer sur rien et je ne suis pas sur un piedestal dont il serait temps que je descende. Et je trouve le concept du commentaire de lecteur formidable.Ce qui me dérange, c'est le sentiment d'impunité que l'anonymat procure et qui peut souvent inciter à dire n'importe quoi, n'importe comment, n'importe où. Voire à diffamer, insulter, attaquer et dénoncer sans risque. L'image du corbeau, dans bien des cas, est totalement adaptée. Enfin, si certains courrier des lecteurs sont publiés sans nom dans la presse, la règle est qu'il ait été fourni mais que le signataire puisse faire valoir ses raisons de ne pas les diffuser. Un fonctionnaire soumis au devoir de réserve, par exemple, sera dans ce cas.

      • léo solo
        • Posté à 19h48 le 30/12/2008

        Le Canard est il un nid de corbeaux ?

        Mon voisin prétend que ce jeu de mots laid mérite une punition.

        Surtout si on ajoute qu'il est évident que vous n'êtes pas sur un piedestal, mais tout simplement au niveau de quiconque.

        Mais dorénavant n'employons plus le « on » qui est l'antre premier de l'anonymat.

         
        • Hugues Serraf
          Hugues Serraf répond à léo solo
          Auteur(e) de l'article
          • Posté à 20h05 le 30/12/2008

          D'aucuns le prétendent, en fait. Ce n'est pas mon cas car j'aime beaucoup le volatile. Mais je ne pense pas que le fait que certains articles ne soient pas signés puisse être comparé à l'anonymat des commentaires. The Economist, par exemple, ne laisse signer personne à la rédaction mais c'est pour exprimer que tout ce qui est écrit engage le journal. C'est un choix éditorial très réfléchi et qui n'a rien à voir avec l'irresponsabilité même si l'égo des journalistes en souffre un peu. Incidemment, les courriers de lecteurs sont signés dans cet hebdo.

        1 autres commentaires
  • Anaximandre
    Anaximandre
    Sous la voûte étoilée
    • Posté à 17h31 le 30/12/2008
    • Internaute
      Sous la voûte étoilée

    Le forum, dans l'antiquité, était la place du marché. Au XXI ème siècle, ne nous étonnons pas de rencontrer sur un forum internet des marchands de quatre saisons lettrés, des charmeurs de serpent, des cartomanciennes, mais aussi des coupe-jarrets, des sicophantes et des poissonnières.

    En abolissant l'anonymat des contributeurs internautes, je pense que les commentaires en seront que plus réfléchis, plus modérés. D'autre part, celui qui sous le couvert de l'anonymat nous gratifie d'une logorrhée dans un français plus qu'approximatif, se verrait soumis à la critique de ses proches, de ses voisins de palier, de ses collègues de bureau. Par conséquent, ce type de commentateur serait voué à une disparition naturelle alors qu'aujourd'hui il n'est que voué aux Gémonies.

    Cependant, je rejoins Lemmy_Nothor sur le point de la rémunération. Les lecteurs de la presse en ligne se penchant autant sur les commentaires que sur le corps de l'article lui-même, il serait de bon ton de rémunérer les contributeurs pour leur apport personnel au travail d'information.

    Je concluerais sur un clien d'oeil, Hugues. Pouvez-vous me rappeler ce qu'est un nom de plume ?

    • Hugues Serraf
      Hugues Serraf répond à Anaximandre
      Auteur(e) de l'article
      • Posté à 18h03 le 30/12/2008

      L'idée d'une rémunération juste parce que le commentaire ne serait plus anonyme me semble un peu étrange. Le courrier des lecteurs n'est pas rémunéré sur le papier (sauf dans Télé Z, je crois, qui offrait 50 francs pour une blague sélectionnée dans le temps...). Le courrier des lecteurs, c'est la possibilité pour le lecteur de donner son avis et c'est une très bonne chose. On peut même regretter que nos journaux ne lui accordent pas la place que les journaux anglo-saxons lui offrent (une page entière dans le Guardian de Londres, par exemple)...

    • Etoile polaire
      • Posté à 18h03 le 30/12/2008

      Ah bon ! Selon vous réfléchir c'est forcément modérer... ?
      Quel raccourci !

  • Lavrenti
    • Posté à 17h46 le 30/12/2008

    Bof.

    L'anonymat n'est que relatif sur le net et il n'y a pas de différence notable à mon sens entre J.F Hagnéré, Creutzwald et Totoderue89 : dans un cas comme dans l'autre il ne s'agit que d'une signature correspondant à un individu.

    Le fait que la signature sur un forum ne corresponde pas à l'état civil du signataire n'est pas synonyme d'anonymat puisque cela correspond à une etiquette à travers laquelle les participants pourront identifier un auteur.

    Alors qu'il est parfaitement possible que votre J.F Hagnéré, Creutzwald soit en fait N. Bonaparte, Sainte Hélène et que ce qui semble être un signe d'investissement personnel ou de revendication d'une opinion n'est en fait qu'un travestissement visant à masquer au lecteur l'implication de l'auteur réel dans le thème abordé.

    Des qu'un site aborde des sujets un tant soit peu complexes et que le fait de participer necessite un minimum d'effort de reflexion et de redaction, le pseudonyme devient une signature réelle à travers laquelle le participant s'identifie aux yeux des lecteurs.

    Ainsi, à la difference de ce que vous appelez etrangement le monde réel, il est facile de saisir les habitudes, les opinions et la sensibilité d'une personne que vous rencontrez frequemment sur un forum.

    Les effets deleteres que vous decrivez sont marginaux et la facilité avec laquelle il est possible de participer permet surtout de faire ressortir des personnalités et des sensibilités qui sont tout à fait réelles et n'ont rien d'anonymes.

    • Hugues Serraf
      Hugues Serraf répond à Lavrenti
      Auteur(e) de l'article
      • Posté à 17h58 le 30/12/2008

      L'idée générale, pour le courrier d'un journal papier, est que l'identité de l'auteur d'un courrier soit vérifiable même si elle ne l'est pas toujours. Le NY Times vient d'ailleurs de publier un faux courrier de Bertrand Delanoë et se mord les doigts de ne pas avoir vérifié de qui il émanait vraiment : LienMais je ne pense pas que signer de son nom ou d'un pseudo fabriqué dans l'instant engage de la même manière. C'est une simple question de prise de responsabilité. Et si cette prise de responsabilité est exigée sur le papier, pourquoi accepter que les choses fonctionnent différemment sur le Web ? Le Web doit-il être moins exigeant et moins rigoureux que le papier simplement parce qu'il est plus facile de faire un clic de souris que d'envoyer une lettre ou même un mail dans lequel on indiquera son nom ? 

      • A déménagé le 13-01-2012
        • Posté à 18h50 le 30/12/2008
        • Internaute

        Vous vous (nous ? ) demandez :
        « Le Web doit-il être moins exigeant et moins rigoureux... »
        Je réponds oui sans hésiter !
        D'une part le web n'est pas (encore) un objet marchand comme peut l'être un journal ou un magazine : il fut créé non pour mettre les journalistes à la rue (no comment...) mais pour échanger simplement et librement.
        D'autre part, un pseudonyme informatique est tout sauf anonyme ! ! Cessez d'employer ce mot qui ne convient pas du tout à ce que par ailleurs vous décrivez fort bien : la distance qui s'est réduite entre le journaliste et ses lecteurs.
        Un peu comme si, lors d'un concert, chaque spectateur pouvait monter sur scène et ajouter avec plus ou moins d'harmonie ses notes à celles de l'artiste... et pourquoi pas, si l'artiste a choisi cette voie ?
        Alors oui, désormais, on ne lira plus la presse aussi passivement en réservant des commentaires qui ont toujours existé aux seuls amis du bar le plus proche.
        Je comprends que cela puisse poser question et faire débat...

        Je vous propose d'écrire un article à ce sujet que je me ferais un plaisir de commenter ! : )

         
        • Hugues Serraf
          Hugues Serraf répond à A déménagé le 13-01-2012
          Auteur(e) de l'article
          • Posté à 19h19 le 30/12/2008

          Si, dans les concerts, chaque spectateur pouvait monter sur scène, on appellerait ça la StarAc. Je crois que je préfère quand c'est le chanteur qui chante.

          • A déménagé le 13-01-2012
            • Posté à 19h31 le 30/12/2008
            • Internaute

            Vous êtes d'un triste élitisme et je suis assez ravi de voir votre triste monde s'effondrer...

            Vous ratez beaucoup plus que ce que vous craignez de perdre... tant pis pour vous !

            • Hugues Serraf
              Hugues Serraf répond à A déménagé le 13-01-2012
              Auteur(e) de l'article
              • Posté à 19h59 le 30/12/2008

              Je crois (croa ? ) que vous n'avez pas compris ce que je disais dans cet article. Et mon monde est loin de s'effondrer. Je suis blogueur depuis cinq ans et je m'occupe professionnellement de sites Web depuis huit ans (neuf ans dans quelques jours).Mais pour repréciser ce que j'ai déjà dit : je trouve l'interactivité que permet Internet formidable. Je pense que les commentaires de lecteurs sont une très bonne chose. Sur le papier, j'ai toujours trouvé que l'on ne publiait pas assez de courriers de lecteurs. Mon problème est l'irresponsabilité qui nait de l'anonymat, et la dérive en forums sectaires de certains fils de commentaires qui impactera forcément la manière d'écrire des journalistes et forcera les sites d'infos à séduire des micro-chapelles de moins en moins ouvertes aux idées divergentes.

              • A déménagé le 13-01-2012
                • Posté à 20h12 le 30/12/2008
                • Internaute

                Je pense avoir bien compris que sous l'anonymat que vous dénoncez (et qui n'existe pas, en tant que professionnel vous ne pouvez pas l'ignorer) vous voyez poindre une nouvelle façon de faire du journalisme qui (bien ou mal ? trop tôt pour le dire) rééquilibre le rapport auteur-lecteur.
                Vous ne savez pas vous y situer, cela vous inquiète, OK.
                Mais ne parlez pas d'irresponsabilité.
                Quid de l'irresponsabilité des journalistes en vue (télés, radios, magazines) pourtant manipulateurs d'informations ? Quid du rachat de la grande presse quotidienne par la grande industrie ?
                La presse écrite est morte que cela vous plaise ou non. Elle aura quelques derniers soubresauts et pffffuit ! ! au musée.
                Je ne lis pas plus l'avenir que les journaux mais le prix du papier et son coût de distribution participeront à ce changement de support.
                Sauf à brider Internet et à ne produire que des sites sur abonnements, l'expression sera libre et donc un peu bordélique.
                À chacun de trier le grain de l'ivraie...

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