04/12/2008 à 17h59

Mélenchon et le Parti socialiste : petits doutes entre amis


Où l'auteur se demande de façon fugace s'il ne devrait pas changer d'avis sur ceci ou cela…

J'ai beau m'être réjoui par réflexe du départ de Mélenchon, j'appréhende désormais une possible implosion du PS…

Que quelqu'un comme moi -avocat récurrent d'une rupture franche entre modernes et archéos- en soit là méritait d'être signalé. Car au final, faut-il « vraiment » espérer que l'hémorragie se poursuive pour que ne demeurent, rue de Solferino, que les gens qui me ressemblent ? Et un parti socialiste réduit à sa majorité social-démocrate a-t-il la moindre chance de revenir au pouvoir, avec ou sans alliance avec le MoDem ?

D'ici quelques mois, l'offre politique à gauche pourrait bien ressembler à une sorte de parlement israélien où se combinent (et combinent) un nombre toujours plus grand de factions sans objet ni projet.

Le pouvoir de nuisance de Mélenchon

Bon, c'est sûr, je ne crois pas beaucoup au succès de Mélenchon au sens de sa capacité à faire mieux qu'un Chevènement en son temps (une poignée d'élus locaux, des invitations à la télé en deuxième partie des soirées électorales…).

Mais je crois en son pouvoir de nuisance si, au côté du PC, des Verts, du NPA, des trotskistes restés officiellement fidèles à l'héritage léniniste et d'un PS-bis emmené par Benoît Hamon, il continue de marteler que la crise financière est l'horizon obligé de l'économie de marché comme d'autres assurent que tirer sur un pétard conduit fatalement à l'overdose d'héroïne dans un caniveau de la place Stalingrad…

Les gauchistes m'horripilent, mais moins que la fin du rêve d'une France enfin convertie au bipartisme et débarrassée des dernières scories de la IVe République. Allez Mélenchon, reviens ! De toute manière, tes éructations n'intéressent que lorsqu'elles passent pour transgressives. Mais s'il n'y a plus rien à transgresser, s'il n'y a plus de gauche dévoyée à dénoncer, si Copé succède à Sarkozy en 2022 faute d'une opposition crédible, elle aura l'air fin, la « Französische Linke »…

Surfer sur la fin en eau de boudin des expériences blairo-zapatistes

Les Espagnols se réveillent de quinze ans de Movida économique avec une sacrée gueule de bois. D'ici quelques semaines leur taux de chômage devrait refranchir la barre des 17% (contre un honnête 8% il y a encore trois mois). C'est que la crise des « supbrimes » éclate un poil trop tôt pour un pays carburant essentiellement au jus de BTP.

Manifestement, une économie un peu plus mature, un peu plus diversifiée, un peu moins dépendante d'une poignée de banquiers et de promoteurs immobiliers, aurait pu envisager de passer l'hiver financier plus facilement.

Mais nos voisins du dessous se consoleront peut-être en s'informant de ce qui se passe chez nos voisins du dessus : en Grande-Bretagne aussi le nombre de chômeurs est en train de redécoller, tout comme se répandent les rumeurs d'une attaque spéculative contre la livre et les comparaisons peu élogieuses avec l'Islande…

On imagine avec quelle grâce Mélenchon, s'il n'était pas occupé à expliquer que Sarkozy conduit la France à la famine avec ses plans de relance keynesio-mitterrandiens, pourrait surfer sur la fin en eau de boudin des expériences blairo-zapatistes.

La fourmi vertueuse face aux cigales imprévoyantes

Le fameux « modèle français », celui-là même qui faisait marrer tout le monde dans les congrès de l'Internationale Socialiste sur le passage de François Hollande, est peut-être en train de prouver que c'est l'absence de dynamisme, l'immobilisme, la neurasthénie et le refus de la prise de risque qui sont ultimement récompensés !

Qu'on en juge : pour 2008, la France peut encore se prévaloir d'un chouïa de croissance quand Ibères et Anglo-Saxons ont déjà plongé dans la récession. Et pour faire bonne mesure, l'Hexagone vient de repasser devant la Grande-Bretagne en termes de PIB (global et par habitant) après avoir été rattrapé en 93 et même carrément largué depuis !

Hum, la France dans le rôle de la fourmi vertueuse faisant la nique aux cigales imprévoyantes : on aura tout vu...

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  • Tita
    Tita
    oiseau
    • Posté à 18h40 le 04/12/2008
    • Internaute
      oiseau

    Vous avez exprimez votre opinion et toute opinion a le droit d'être exprimée. Cependant, votre argumentaire repose sur deux idées qui ne me paraissent pas très fortes, ou alors, avec encore plus de probabilité, je n'ai pas compris votre raisonnement. Il y a

    - le vote utile et donc la non-nécessité de faire pulluler les partis de gauche. Il me semble cependant que c'est un argument que les « grands » partis invoquent souvent pour chasser sur les terres des petits voisins ou inféoder ces mêmes voisins. Cela reviendrait de manière asymptotique aussi à un manichéisme que vous dénoncez.

    - Vous dites du modèle français qu'il rayonne par « l'absence de dynamisme, l'immobilisme, la neurasthénie et le refus de la prise de risque » (ce qui pourrait être pris pour un aveu de la part de ceux qui prétendent que la gauche -le ps- est inexistante). Et vous faites le lien avec la crise actuelle. Là, j'ai du mal à voir et le lien, et la relation de cause à effet... Présenter quelques exemples ne fait pas une loi et encore moins une causalité.

    Je me fourvoie probablement dans ma compréhension alors je serais donc très heureux d'avoir quelques éclairages.

    • Jonas2
      Jonas2 répond à Tita
      Les mouches ne me trouveront (...)
      • Posté à 19h43 le 04/12/2008
      • Internaute
        Les mouches ne me trouveront (...)

      Mais il faut décoder Tita. C'est un pamphlet contre les addictions à la drogue et à l'archéogauche notamment, .
      Pour mieux nous faire comprendre et partager ses convictions, l'auteur nous narre l'ignominieuse fin d'un balayeur qui s'effondre dans un caniveau de la rue, le nez bien poudré because qu'il a abusé du pétard quand il était petit.
      Tonton, Serraf, mine de rien, nous explique avec sa faconde habituelle que c'est pas bien. Et qu'en plus ce genre de pratique conduit à des errements qui consistent le plus souvent à soutenir des gauchisses ; ce qui a le don de l'horripiler vu qu'il aime pas les gauchistes non plus.
      Et Mélenchon qui - tout le monde l'aura compris- n'est qu'un avatar pour faire plus vrai dans ce comte très didactique, fait quand même besoin rapport au vote utile. C'est pour ça qu'il lui dit revient en oubliant, malheureusement, de nous raconter la fin du mec dans le caniveau de la rue.
      C'est pas clair ?
      Ben je fais ce que je peux.

  • Mathieu_7-7
    Mathieu_7-7
    Educateur spécialisé - (...)
    • Posté à 18h59 le 04/12/2008
    • Internaute
      Educateur spécialisé - (...)

    Moi non plus je n'ai pas compris grand chose à ce que ce riverain veut réellement dire... sinon qu'il ne sait plus que penser.

    Perso je dis : « le PS est mort, vive le socialisme “ ! ; o)

  • kawouede
    • Posté à 19h07 le 04/12/2008

    Pendant ce temps, le parti qui recueille le plus d'opinions favorables c'est... les Verts, qui tiennent congrès demain

    Lien

    Une gauche écologiste forte serait-elle possible ?

  • Hugues Serraf
    Hugues Serraf
    Auteur(e) de l'article
    • Posté à 19h19 le 04/12/2008

    Tita, Pour ce qui est du premier point, disons que je suis convaincu que le bipartisme est une organisation politique plus efficace que la coexistence d'une tripotée de petites structures concurrentes. C'est ce qui m'amène à me méfier des volontés de scission à l'intérieur du PS et, finalement, d'une certaine manière, à regretter le départ de Mélenchon. Le problème est qu'en France, où la gauche de gouvernement n'assume pas clairement son positionnement social-démocrate, les « radicaux de l'intérieur » ne se contentent pas d'être des aiguillons et sont toujours à la limite de faire basculer (et régresser) le parti. C'est la raison pour laquelle j'avais commencé par fêter le départ de Mélenchon et même souhaité celui des Hamon & Co. Je peux probablement encore changer de perspective, mais je dirais qu'à ce stade, vu l'état du parti et l'atomisation de la gauche française, je préfèrerais voir la loony left à l'intérieur pour un meilleur contrôle de son pouvoir de nuisance (mais également pour une meilleure diffusion des bonnes idées et de la fraîcheur qu'elle peut parfois apporter).Sur le second point (précisons que ce texte était au départ une sorte de bloc-notes à deux entrées artificiellement réunies pour être publiées ici), je ne fais que constater que deux pays ayant connu une très forte croissance ces dernières années traversent désormais une crise aigüe quand la France voit sa croissance médiocre (relativement) peu affectée par ce qui se passe dans le monde. On peut d'ailleurs voir ça comme la preuve de la validité du modèle français si l'on pense que la médiocrité constante est plus désirable que les à-coups. Ce n'est pas mon cas : je me borne à constater que les Français étaient malheureux lorsque les Espagnols et les Anglais faisaient la fête et qu'ils restent malheureux (mais moins) pendant que les autres se tordent de douleur. La question est surtout de savoir ce qui se passera pour nous lorsque le beau temps reviendra sur la planète économique. Je subodore que nous resterons malheureux.

    • Tita
      Tita répond à Hugues Serraf
      oiseau
      • Posté à 21h11 le 04/12/2008
      • Internaute
        oiseau

      Cher Hugues Serraf

      Je vous remercie sincèrement pour ces précisions car elles m'ont été nécessaire pour comprendre pleinement votre pensée.

      Du point de vu du lecteur, on voyait ce que voulait prouver le texte original (c'est même résumé dans le titre), mais comme les liens logiques entre les parties et la clarté des parties elles-mêmes paraissaient absconses, la mise en faillite du texte (et de ses arguments) était facile ; d'où peut-être un jugement plutôt sévère de la part des riverains. C'est pourquoi je vous sais grès de ces précisions. Cependant, malgré vos explications, je ne perçois toujours pas pourquoi il n'y a pas deux papiers (l'un sur le départ de Mélenchon et l'autre sur les relations que vous faites de la crise avec la croissance antérieure car ce sont des aspects plutôt distincts). Le lien entre les deux sujets reste pour le moins artificiel à mes yeux.

      Tout cela est naturellement indépendant du fait que nous puissions être d'accord ou non sur le contenu.

      D'ailleurs, je ne suis pas persuadé par l'idée qu'un bipartisme soit plus efficace. Ce l'est à court terme si on se contente de regarder les blocages du pluripartisme dans les processus de prise de décisions, mais c'est aussi le risque d'imposer la tyrannie de seulement deux grands partis (ce qui en pourcentage de voix peut être en deçà des 50% dans un système pluripartisme) et de faire taire les idées intéressantes voire utiles et salvatrices qui se trouvent chez les petits partis.

      Quant au lien que vous proposez entre les pays médiocres tout le temps, même en temps de crise, et les pays fleurissants en temps de gloire et en grosse catastrophe en temps de crise, je ne dirais qu'une chose. Si vous avez la possibilité de quantifier les dégâts de la crise, il peut suffire de faire la liste des pays avec deux colonnes à côté. Le chiffre des dégâts de la crise se reporte dans une colonne et le chiffre de la croissance d'il y a quelques années (quelques mois, c'est mieux) dans l'autre colonne. Puis en calculant une simple corrélation (à l'aide d'excel par exemple), vous avez une réponse fiable du type « plus la croissance était forte, plus la crise est importante ». C'est une démonstration plus fiable que deux exemples...

      • Fifidou
        Fifidou répond à Tita
        Post Doc
        • Posté à 12h15 le 05/12/2008
        • Internaute
          Post Doc

        Je serais infiniment partisan d'un système où plus d'idée éclosent, et soient débattus sur la place publique, ce qui pourrait être assuré par un système politique multipolaire.
        Toutefois, prenez l'Italie et son magnifique multi-partisme. Et deux fois la gauche élue n'a pas pu finir son mandat pour des sombres raisons d'implosion de la majorité. Pour avoir des doubles doses de Berlusconi, il fallait bien cela.
        Pour moi, aussi ridicule que cela puisse paraitre, un système bipartite, avec au sein de chaque parti à des courants (façon PS, mais en mieux fait) qui débattent me semble très bien. Le seul souci, est que au PS, pour parler d'eux, Martine, Ségo et Delanoé sont tous sociaux démocrates, à trois définitions près, et la lecture de leur contribution était d'une platitude aussi triste qu'une chanson de Brel. Et Hamon n'était pour moi qu'un saupoudrage d'idées démago gauchistes des textes des 3 autres. Mais les idées intéressantes et novatrices existaient, dans de toutes petites contributions portées par des signataires encore plus anonymes que M Lepetit (habitant de Fouyouse). C'est dommage que le verrouillage d'appareil est empécher de donner média à ces idées, mais elles existent...

  • antonh
    • Posté à 19h36 le 04/12/2008

    blaireau-zapatiste...
    pour toi, on va laisser blaireau ! !

  • ramassis
    • Posté à 20h15 le 04/12/2008

    « Allez Mélenchon, reviens ! »

    Ben voyons !
    Et pour faire quoi ?
    Voter les orientations libérales d'une Ségolène Royal ?
    Manquerait plus que ça.

    En voilà un qui est fidèle à ses idées et c'est tant mieux.

    Et sans doute Benoît Hamont, Emmanuelli et quelques autres feraient-ils bien de s'inspirer de l'intégrité exemplaire de Mélenchon.

    • petrus89
      petrus89 répond à ramassis
      plongeur
      • Posté à 23h51 le 04/12/2008
      • Internaute
        plongeur

      ramassis encore un bobo caviardisé qui a tout compris .
      Melenchon l'integre senateur qui est incapable de se faire elire autrement que par des grands electeurs et qui profite des avantages et des privileges du senat sans les denoncer

      si il est vraiment integre , cet ancien trotkiste de l'oci , qu'il demissionne du senat ! ! ! ! ! ! ! !

      • ramassis
        ramassis répond à petrus89
        • Posté à 23h07 le 05/12/2008

        Pourquoi devrait-il démissionner ?
        Parce qu'il te dérange ? ? ?
        Parce que tu ne conçois pas de s'opposer politiquement ?

        Qu'est-ce qu'ils doivent faire alors, les opposants ?
        Saboter des trains ?

        T'as tout compris, toi ?

         
        • petrus89
          petrus89 répond à ramassis
          plongeur
          • Posté à 02h18 le 07/12/2008
          • Internaute
            plongeur

          un senateur ca ferme ca gueule ou ca demissionne ! ! ! !

        1 autres commentaires
  • zénon denon 84
    • Posté à 21h07 le 04/12/2008
    • Internaute
      Bonne

    C'est sur ,
    Et en plus ,lui Melanchon,
    pendant 20 ans il a tout fait pour que
    ça change au P S .Rien ça n'a servi à rien !
    Il a bien raison ,c'est le moment ,
    Je suis sûr que bcp d'autres barons ,
    baronnets ,et autres bestioles vont
    se rendre compte qu'avec les deux femmes de
    Solferino qui vont immenquablement
    se créper le chignon un max ...pendant
    3 ans .NON rien que pour cela « la gauche “
    devrait remplir tantot un ...Zénith .
    C'est tout le bien que je lui souhaite /
    Que je nous souhaite .
    Sympathisants et militants de Gauche .

    ‘Fini,le temps des compromis pourris .
    ce n'est pas de moi,
    ça a 4 jours
    c'est d'Oscar Laffontaine .
    Rompez ! ! !

    • Waldeck
      Waldeck répond à zénon denon 84
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
      • Posté à 11h29 le 05/12/2008
      • Internaute
        Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

      - « Rompez ! ! !

      - c'est curieux, j'ai déjà lu ce mot sur ce forum ( et aussi dans les casernes...)

  • Anonyme

    Le parti socialiste a toujours été parcouru de diverses tendances. et c'est toujours en recherchant l'union de ces tendances qu'il l'a emporté :

    Source : Wikipedia.

    Réorganisation et unité initiale (1876-1890)

    Après les événements de la Commune de Paris, une terrible
    répression s'abat sur les mouvements socialistes. Il y a
    entre 20 000 et 30 000 morts et plus de 38 500 fugitifs
    ou exilés et autant d'arrestations. Parmi les personnes
    arrêtées, il y a 78% d'ouvriers dont 84% qui seront déportés
    dans les plus lointaines colonies de l'empire français.
    Dès 1872, les classes ouvrières se réorganisent en chambre
    syndicale. En 1876, un ouvrier bijoutier, Barberet, organise
    le premier congrès ouvrier. De Londres, les exilés s'organisent,
    notamment les amis de Blanqui qui accusent ouvertement le
    gouvernement de favoriser la classe bourgeoise. D'un autre côté
    Jules Guesde, un journaliste condamné pour avoir défendu la
    Commune, développe une position de différenciation par rapport
    aux autres partis.

    La division en 5 tendances (1882-1901)

    Une structure socialiste unitaire est créée en 1878 : la Fédération
    du Parti des travailleurs socialistes de France (FPTSF). Mais
    les congrès de 1880 et 1881 voient s'affirmer la désunion des
    socialistes. À partir de 1882, ils créent plusieurs partis
    représentant cinq grandes tendances du socialisme :

    Les Possibilistes : Lors de la séparation au congrès Saint-Étienne
    en 1882, Jules Guesde propose le vote du programme « minimal »
    (partiellement rédigé par Marx). La vision de Paul Brousse est
    différente : il s'agit de fractionner le but final en plusieurs
    étapes pour le rendre possible. Le municipalisme est la base du
    mouvement possibiliste, c'est ce qui correspond à la vision communiste
    de Marx. Jusqu'en 1890, la Fédération des travailleurs socialistes
    étend son influence vers les pays de la Loire, mais elle subit une
    scission avec les Allemanistes. Cette érosion est due à l'évolution
    politique : les possibilistes sont désormais devenus républicains.
    La FTS regroupe les artisans et les professions libérales.

    Les Allemanistes : Au sein de la FTS, une aile ouvrière s'élève,
    emmenée par Jean Allemane qui crée une scission en 1890, formant
    le Parti ouvrier socialiste révolutionnaire (POSR). Il prône les
    réformes immédiates et le réformisme municipal. Ils sont proches de
    certains aspects de l'anarchisme et veulent une décentralisation
    du pays. Leurs moyens d'action sont plus concentrés sur l'action
    syndicale que politique. Ils sont pour la gestion des industries
    par les travailleurs.

    Les socialistes indépendants : Au départ c'est un regroupement de
    plusieurs personnalités radicales et républicaines. Ce sont des hommes
    comme Jean Jaurès ou Millerand, qui deviennent très rapidement députés.
    Ils dominent par leur qualité oratoire et leur nombre les divers groupes
    ouvriers ou socialistes qui constituent le parlement. Ce groupe
    hétérogène au départ, devient très vite homogène. Ils se regroupent
    autour des idées de solidarité républicaine et ne s'occupent pas
    de la rupture entre les socialistes et la république bourgeoise.
    Ce courant parait très attaché à l'unité d'esprit du socialisme.
    C'est sur cet esprit d'unité que ce groupe va se lier à plusieurs
    militants socialistes comme Léon Blum. Ce groupe d'indépendant va
    s'agrandir jusqu'à créer en 1898 la confédération des Socialistes
    indépendants, puis en 1902 c'est la fusion avec la FTS de Brousse pour
    créer le Parti socialiste français.

    Les guesdistes : le Parti ouvrier français, créé en 1880 en tant que
    Parti ouvrier, par Jules Guesde et Paul Lafargue. C'est une organisation
    qui se bat non seulement pour des réformes mais aussi pour la conquête
    du pouvoir politique par les prolétaires. C'est une organisation
    marxiste, qui est en lien avec Karl Marx et Friedrich Engels. C'est
    numériquement le parti socialiste le plus important en France.

    Le Parti socialiste révolutionnaire (PSR) blanquiste, nouveau nom
    donné en 1898 au Comité révolutionnaire central créé en 1881. Le PSR
    a été renforcé en 1896 par la scission d'élus et responsables régionaux
    exclus du POSR regroupés en 1897 sous le nom Alliance communiste
    révolutionnaire (ACR). Le PSR est dirigé par Édouard Vaillant, qui
    fait partie de l'union des indépendants et des marxistes.

    La marche vers l'unité : les deux partis socialistes (1901-1905)

    En 1901, deux mouvements socialistes s'opposent :

    une « gauche », clairement révolutionnaire, avec Vaillant et Jules Guesde ;
    une « droite », plutôt réformiste, avec Jaurès et Paul Brousse.
    Ces courants s'opposent régulièrement, par exemple lorsque Millerand
    accepte d'entrer au gouvernement bourgeois, Guesde et Vaillant dénoncent
    cette prise de position en déclarant que cela discrédite le socialisme.
    Malgré ces rivalités, Vaillant prône l'unification. Aux élections de
    1893, une cinquantaine de députés sont élus. Parmi les raisons de leur
    élection, on trouve la diminution par le pouvoir du droit de presse,
    et surtout le mécontentement des ouvriers, qui se manifeste par
    de nombreuses grèves.

    Deux rassemblements se développent :

    Parti socialiste français : il regroupe les Socialistes Indépendants,
    ce qui reste de la FTS de Brousse et la plus grande partie des Fédérations
    indépendantes. Ce parti est dirigé en 1902 par Jaurès.

    Parti socialiste de France : il regroupe le POF, le PSF, l'ACR et
    quelques fédérations autonomes. Les guesdistes fournissent les 5/6
    des effectifs. Créé en 1901 sous le nom d'Unité socialiste
    révolutionnaire.

    La SFIO

    L'unification du socialisme français a lieu en 1905, au congrès
    du Globe à Paris, qui fait suite du congrès socialiste international
    d'Amsterdam de 1904. Le parti socialiste, section de l'Internationale
    ouvrière, plus connu sous le sigle SFIO, parti du mouvement ouvrier, est né.

    Ce rassemblement est à la fois une victoire des révolutionnaires et
    une victoire des jauressiens. En effet, ils représentent le tiers de
    la direction, même si Jaurès lui-même n'y siège pas, car les élus ne
    peuvent en être membre.

    La SFIO prend position contre la politique coloniale et le nationalisme
    belliciste. Cependant il y a encore des divergences sur les questions
    d'actualités. La rupture entre Vaillant et Guesde intervient dès 1906,
    quand la majorité accepte la résolution du congrès d'Amiens sur
    l'indépendance syndicale. Mais c'est sur la question de la guerre
    que la rupture intervient nettement. Jaurès, suivant la doctrine de
    l'Internationale, en appelle à la grève générale, voire à l'insurrection,
    afin de prévenir ou d'arrêter le conflit. Jules Guesde pense lui que
    la guerre peut détruire le capitalisme, et redoute que la grève ne
    devienne effective et affaiblisse les pays les plus industrialisés,
    ceux où l'organisation ouvrière serait plus forte. C'est une des raisons
    pour lesquels les idées de Jules Guesde sont de moins en moins approuvées
    par les adhérents SFIO qui se rangent du coté de Jaurès.

    Le 28 juillet 1914, la SFIO publie un manifeste disant « A bas la guerre,
    vive la république sociale, vive le socialisme international ». Ce manifeste
    montre que les socialistes à ce moment étaient fermement contre la guerre.
    Trois jours plus tard, Jaurès est assassiné par un nationaliste.
    Dès le 2 août, il y a un basculement total avec le discours de Vaillant
    qui déclare « en présence de l'agression, les socialistes accompliront
    tous leur devoir pour la patrie ». Le 4 août, les socialistes votent les
    crédits de guerre, et le 26 août lors de la création du gouvernement les
    blanquistes et les guesdistes sont représentés dans le gouvernement
    de l'union sacrée.

    Ainsi, en 1914 la grande majorité de la SFIO accepte de cautionner
    la guerre, contrairement à tous ses engagements antérieurs. Peu de
    socialistes maintiennent l'opposition à la guerre : le Comité pour
    la reprise des relations internationales (CRRI) de Fernand Loriot ou,
    de façon moins radicale, la minorité dirigée par Jean Longuet, qui
    crée le journal Le Populaire.

    Les années 1919 et 1920 marquent un développement important du mouvement
    ouvrier, la CGT multiplie par 2 ses effectifs en 1919. La SFIO aborde
    les élections législatives de 1919 assez sereinement, elle présente un
    nouveau programme rédigé par Léon Blum qui renvoie la perspective
    révolutionnaire en disant « elle viendra à son heure historique ».
    Dès mars 1919, des grèves démarrent dans les mines, le textile et dans
    les banques. Ces grèves provoquent de fortes pressions sur la SFIO,
    où deux franges s'affrontent : les « zimmerwaldiens » et la SFIO réformiste.
    Cependant, la SFIO refuse de déclarer la grève générale. En février 1920,
    au congrès de Strasbourg, les adhérents acceptent à 92% le retrait de
    la SFIO de la Deuxième Internationale, discréditée par son attitude
    favorable à la guerre.

    Le Congrès de Tours

    En décembre 1920, au Congrès de Tours, la question de l'adhésion à
    l'Internationale communiste divise la SFIO :

    À gauche, les partisans de l'adhésion sont d'une part les membres du
    Comité de la troisième Internationale (« zimmerwaldiens »), dont
    Fernand Loriot, Boris Souvarine et Charles Rappoport ; d'autre part
    des anciens des courants socialistes de droite ou du centre (Marcel Cachin
    et Ludovic-Oscar Frossard) sont ralliés à cette position.

    Au centre, il reste l'ancienne tendance de gauche qui se réunit avec
    Jean Longuet et Paul Faure, pour l'adhésion mais sous certaines réserves.
    Ils contestes l'article 17 qui mentionne que le parti doit respecter les
    directives centrales de la IIIe Internationale (c'est à dire qu'ils ne
    sont plus libres de leur politique) et l'article 21 qui met en place la
    révolution par une insurrection (révolution « blanquiste » des bolcheviks).

    Enfin la droite des « guesdistes » et la droite des « reconstructeurs »
    (partisans de Léon Blum), qui s'opposent catégoriquement à l'adhésion.

    Malgré ces oppositions, l'adhésion à la IIIe Internationale ouvrière se fait
    par 3028 voix contre 1022, et 327 absentions. La SFIO se divise en deux,
    les majoritaires créent un nouveau parti : la SFIC (Section française de
    l'Internationale communiste) que l'on appellera plus tard le
    Parti communiste, puis PCF.

    La SFIC regroupe en 1921 la majorité des adhérents de l'ex-SFIO unifiée,
    et conserve aussi le principal organe de presse socialiste : L'Humanité.
    Mais des luttes internes entraînent des départs, puis la stalinisation
    du parti s'accompagne de vagues d'exclusions, et de la formation de
    mouvements communistes dissidents[1]. Ceci entraîne une chute très importante
    du nombre des adhérents (109 000 en 1921 ; 28 000 en 1933).

    De son coté, la nouvelle SFIO n'est pas un parti important du point de
    vue de ses adhérents (55 000 en 1923), mais ils ont un réel poids électoral
    avec 101 députés aux élections de 1924. La SFIO adhère à la nouvelle
    Internationale ouvrière socialiste.

    Une scission syndicale, entre CGT et CGTU, suit la scission politique.

    Le Cartel des Gauches

    En 1924, une union se forme entre radicaux, SFIO et républicains-socialistes.
    Ils passent un accord électoral, le Cartel des Gauches. Ils veulent le
    retour de la défense de la laïcité, une défense des lois sociales, une
    politique financière plus juste avec des aides où l'on privilégie le
    prolétariat, et aussi une politique d'alliance avec la Société des
    Nations (SDN).

    La victoire électorale de mai 1924 du Cartel des gauches est de 328
    sièges sur 582. Le premier gouvernement est celui de Édouard Herriot.
    Il n'y a aucun ministre socialiste. La SFIO voulait diriger le gouvernement
    car elle estime que les radicaux sont encore trop ancrés au sein de
    la classe bourgeoise. Herriot met en place une politique de gauche pour
    satisfaire son électorat. Il crée un conseil national économique et social.
    Aristide Briand va se charger de la politique étrangère. Il y a malgré
    tout un échec important sur sa politique laïque, à cause de l'opposition
    de l'église ; Herriot voulait à nouveau supprimer l'ambassade du Vatican,
    et le concordat de l'Alsace. Dès 1925, une division apparaît entre les
    radicaux et les socialistes, qui porte sur le remboursement de la dette
    nationale. C'est une crise d'endettement qui est due à la reconstruction
    après la guerre, mais aussi aux bons du trésor. De plus la monnaie est instable.
    Socialistes et radicaux sont en opposition sur la conception financière
    du remboursement de la dette. Les radicaux veulent appliquer la méthode
    libérale (laisser le commerce libre), tandis que les socialistes sont
    pour l'instauration d'un impôt sur le capital. Une autre solution
    donnée par la SFIO serait de transformer les bons du trésor en un emprunt
    plus long. Le gouvernement n'arrive pas à trouver de solution, au moment
    où le directeur général de la banque déclare qu'il n'y a plus de réserve d'or.
    Herriot est accusé d'avoir fait exploser la dette nationale, il est donc
    démis de ses fonctions. Six autres gouvernements du cartel des gauches
    vont se succéder en 15 mois. Cette instabilité de la gauche est causée
    par l'hostilité du milieu des affaires, qui renverse périodiquement
    le gouvernement.

    Du Front populaire à la Libération

    En 1933, la SFIO est devenue plus importante que le Parti communiste.
    Mais la SFIO est divisée entre plusieurs courants. Outre les conflits
    entre Léon Blum et les néo-socialistes (qui sont exclus en novembre 1933),
    d'autres courants co-existent :

    */ Une importante tendance issue de la tradition du « guesdisme », la Bataille
    socialiste, située à la gauche du parti.

    */ Un courant d'extrême gauche « L'Action socialiste » qui défend un front unique,
    une opposition à la défense nationale et une politique anti-impérialiste.
    Ils seront exclus en 1933, mais ils continueront d'exister en tant
    que « Comité d'action socialiste révolutionnaire ».

    */ Autre tendance, « la révolution constructive » est apparue dès 1930. On trouve
    des intellectuels comme Robert Marjolin ou Georges Albertini, ils sont avec
    les néo-socialistes. Ils partagent un bon nombre de préoccupations comme
    l'impatience devant la « tergiversation » de Blum, l'attention aux classes
    moyennes, la nécessité de l'intervention de l'Etat pour aider le secteur privé.

    */ Un petit courant créé par des communistes anti-staliniens : Le Combat Marxiste.
    Ils se prononcent pour une « régénération marxiste-révolutionnaire » de la SFIO.

    */ En 1935, la tendance « Gauche révolutionnaire » se crée, dirigée par
    Marceau Pivert. Elle regroupe les éléments d'extrême gauche non-trotskistes
    qui sont au sein de la SFIO. La tendance est exclue en 1938, et fonde le
    Parti socialiste ouvrier et paysan (PSOP).

    Le paysage des années 1930 est marqué par la montée du fascisme.
    Les intellectuels se réunissent en comités pour combattre le fascisme,
    comme le Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, ou le
    Mouvement Amsterdam-Pleyel dans lequel on retrouve les écrivains
    Romain Rolland et Henri Barbusse qui sont proche des communistes.
    Ce qui précipite le déclenchement en France d'une lutte intense contre
    le fascisme, c'est l'évènement du 6 février 1934 où plusieurs ligues
    d'extrême droite essaient de rentrer dans le palais bourbon. La gauche
    voit en cette journée une tentative de renversement de la république.
    C'est pour cela que dans un premier temps, la gauche organise une contre
    manifestation le 8 février 1934. C'est à partir de ce moment-là que les
    divers courants de gauche vont s'unir.

    Après le rapprochement dans la rue, il y a une alliance entre les partis :
    dès juillet 1934 la SFIO et le parti communiste mettent de coté leurs
    querelles pour gagner les élections de 1936. Le 27 juillet 1934, les
    socialistes et les communistes font un pacte d'unité et d'action.
    Mais cependant, les radicaux n'acceptent de s'allier avec les communistes
    qu'en mai 1935, la France signant un accord avec l'URSS. Le 14 juillet 1935,
    les radicaux signent le ralliement populaire, celui-ci est célébré
    comme un événement national.

    En janvier 1936, les différents partis se mettent d'accord sur le
    fameux programme « pain, paix, liberté ». Ce programme de Front Populaire
    permet de gagner les élections de 1936. Cette victoire électorale est
    accueillie durant les mois de mai et juin par de grandes grèves spontanées,
    avec plus de 2 millions de grévistes. C'est une grève de pression politique,
    avec des occupations d'usines.

    Sous la pression des grèves, le Front Populaire procède à plusieurs
    réformes en faveur des travailleurs comme la semaine des 40 heures,
    l'instauration de deux semaines de congés payés, et une augmentation
    des salaires de 7 à 15%. Cependant malgré ces réformes populaires,
    la situation économique reste mauvaise, la production baisse. Dès
    septembre, la hausse des prix est supérieur à la hausse des salaires,
    Blum est obligé de dévaluer le Franc et en même temps, il décide de
    faire une pause dans les réformes. En faisant cette pause, il perd la
    confiance des socialistes et des ouvriers.

    La deuxième cause de son renversement est que le Front Populaire refuse
    d'intervenir pour aider militairement la République espagnole, qui est
    confrontée au coup d'Etat franquiste. Blum décide de ne pas s'engager
    dans cette guerre malgré lui. La troisième cause est les pression
    antisémite de la part des journaux de l'extrême droite, car Léon
    Blum est juif. Daladier va aussi critiquer le gouvernement alors qu'il
    en fait lui-même partie. Le parti radical refuse les pleins pouvoirs à
    Léon Blum en juin 1937. C'est la fin du Front Populaire.

    De la Résistance à la Libération

    La Seconde Guerre mondiale allait diviser en deux la SFIO :
    ceux qui sont favorables au gouvernement de Vichy (Paul Faure, Charles Spinasse),
    généralement par un « pacifisme » extrême, et les autres, majoritaires,
    qui rejoignent les rangs de la Résistance (Pierre Brossolette,
    Amédée Dunois, Félix Gouin, Jean-Baptiste Lebas, Daniel Mayer, Guy Mollet,
    André Philip, Jean Pierre-Bloch, Christian Pineau, Pierre Viénot...).

    Une partie des « paulfauristes » (partisans de Paul Faure) choisit
    la retraite et le silence, Paul Faure se tient à la retraite. Mais
    il y a une autre partie, une minorité qui participe à la presse
    « collaborationniste » et s'engage dans des organisations d'extrême
    droite dont le rassemblement populaire de Marcel Déat. Cependant,
    il y a peu de militants qui adhèrent à ce mouvement. Pendant tout
    le début de la période de l'occupation, les militants moyens ne font rien.
    Le réseau est affaiblit depuis août 1940, les conseils généraux sont
    suspendus et les conseils municipaux sont nommés par Vichy.

    À partir d'août 1940, les premières tentatives de construire un parti
    clandestin prêt à l'action contre l'occupant sont l'œuvre de deux blumistes,
    Daniel Mayer et Henri Ribière. Une organisation est créée par Mayer
    en mars 1941 : le Comité d'action socialiste (CAS), qui compte 2 000 adhérents.
    Le CAS se renforce au cours de l'année 1942, et devient la SFIO reconstituée
    en mars-juin 1943. Le Populaire reparaît clandestinement à partir de 1942.

    Certains, comme André Philip, rejoignent la France libre à Londres.

    Le parti socialiste appellent les socialistes à rejoindre les mouvements
    de résistance existants, au nom de l'union nationale « tous les français
    peuvent et devraient se rassembler sur un travail commun ». Les militants
    SFIO sont majoritaires à Libération-Nord, et créent le Réseau Brutus.
    Lorsque le Conseil national de la Résistance (CNR) est créé en 1943,
    la SFIO y est représentée en tant que telle.

    La SFIO se reconstitue à la Libération. La dérive de certains collaborateurs
    a été pour certains jusqu'au fascisme. Ceux qui sont exclus de la SFIO
    sans être allés jusque là créent un Parti socialiste démocratique
    (autour de Paul Faure), qui a peu d'audience. Parmi ces 151 députés de l
    a SFIO exclus, 96 furent frappés d'indignité nationale et donc,
    de dégradation nationale.

    En 1945 la SFIO compte 336 000 adhérents, ce qui est inférieur au PCF
    qui compte dans ses rangs 791 373 adhérents.

    Vers la transformation de la SFIO

    La SFIO partage le gain des élections législatives de 1945 avec le PCF
    et le MRP, chacun recueillant environ 25% des suffrages. Dans cette
    situation particulière, aucun des 3 partis n'a la majorité à l'assemblé.
    Ils doivent donc composer un gouvernement commun, pour avoir une forte
    majorité au parlement. Cette période gouvernementale 1945-1947 est appelé
    « le tripartisme ».

    Le 20 janvier 1946, Charles de Gaulle démissionne de son poste de président
    du conseil. C'est à partir du 23 janvier 1946 que le tripartisme prend
    véritablement son ampleur. Dès le début de ce gouvernement, il y a déjà des
    tensions, qui portent sur la nouvelle constitution. Au sein du tripartisme
    deux tendances s'opposent :

    PC et SFIO sont d'accord pour une seule assemblée forte et toute puissante.
    le MRP veut une deuxième chambre et un président avec plus de pouvoir.
    La majorité de gauche impose son projet mais il sera refusé par l'assemblée :
    il y aura deux chambres avec un vrai pouvoir. Le nouveau projet étant adopté,
    de nouvelles élections législative ont lieues : le PCF arrive en tête (28,2%),
    la SFIO perd du terrain avec 17% des suffrages. Un événement va surgir qui
    va mettre fin à la politique tripartite : c'est le discours de Bayeux du
    16 juin 1946 où le MRP interprète le discours comme une mise en garde de de
    Gaulle sur les partis de gauche. Le MRP fidèle à de Gaulle, décide de se
    séparer du tripartisme. Ceci annonce la fin du tripartisme.

    En 1947, c'est le socialiste Vincent Auriol qui est élu comme premier
    président de la Quatrième République.

    Guy Mollet devient secrétaire général de la SFIO en 1946, et ce jusqu'en 1969.
    Entrés dans l'opposition en 1950, les socialistes reviennent au pouvoir en 1956
    avec le gouvernement Guy Mollet. L'affaire du canal de Suez, la politique
    algérienne de Guy Mollet (poursuite de la guerre), le soutien à Charles
    de Gaulle en 1958, firent apparaître de nouvelles divisions et scissions :
    le Parti socialiste autonome (PSA) en 1958, puis le Parti socialiste
    unifié (PSU) en 1960.

    En 1962, la SFIO a perdu 80 % de ses adhérents par rapport à la Libération,
    et la moitié de son électorat. La SFIO n'arrive plus à recruter dans les
    métiers techniques. Sa politique sur l'Algérie est largement désavouée par
    le reste de la Gauche, et par de larges couches de la jeunesse. À tous points
    de vue, la SFIO de Guy Mollet n'est plus qu'un squelette de la SFIO d'antan.

    En 1964, il y a deux tendances, ceux qui veulent battre De Gaulle par le
    cadre institutionnel, et ceux qui veulent transformer la gauche non communiste
    en force d'appoint de « nouveaux managers ». C'est à nouveau un projet de
    rassemblement dans la SFIO d'un courant novateur où Mollet ne peut prendre
    le risque de désavouer frontalement Gaston Defferre. Le congrès de 1964 accorde
    l'investiture de ce projet. Pourtant les syndicats refusent de participer
    au soutien « horizon 80 », et le PSU fait de même. Le projet de Defferre
    n'aboutit pas et il retire sa candidature.

    François Mitterrand, homme politique de centre-gauche qui n'appartient
    pas à la SFIO, a une conception différente. Il voit la nouvelle politique
    française en un affrontement bipolaire : une union de toute la gauche contre
    la droite gaulliste. C'est pour cela qu'il se présente pour les élections
    de 1965 comme candidat unique de la Gauche. La campagne est un franc succès :
    face à de Gaulle il obtient au premier tour 32,2 % des voix, et au second tour
    45 %. Mitterrand fonde dans la foulée la Fédération de la gauche démocrate et
    socialiste (FGDS) qui regroupe la SFIO, le parti radical, la Convention des
    institutions républicaines et divers clubs.

    En 1969, tous les alliés envisagés se dérobent et se présentent séparément.
    La SFIO se présente seule aux élections et ne recueille que 5 % des voix
    (candidature Defferre). Ces élections sont les dernières auxquelles se
    présentent un parti sous l'appellation SFIO.

    En 1969, sous l'impulsion d'Alain Savary, la SFIO fusionne avec
    l'Union des clubs pour le renouveau de la gauche pour créer le Parti socialiste,
    lors du congrès d'Issy-les-Moulineaux en 1969.

    • Waldeck
      Waldeck
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
      • Posté à 11h30 le 05/12/2008
      • Internaute
        Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

      Un bon lien aurait suffit...

    • Tanta Ju
      • Posté à 11h30 le 05/12/2008

      Non mais ca va pas de mettre des postes aussi longs, et copies dans wiki en plus. T'es bien gentil, mais on peut y aller tout seuls si on veut. Et en plus, c'est pas parce que c'est dans wiki que c'est vrai. (Ne pas le prendre perso pour cet article, je ne l'ai pas lu. Je m'agace juste de ce truc sans fin qui n'a rien a faire dans les commentaires)

  • affreuxjojo
    • Posté à 00h58 le 05/12/2008
    • Internaute

    Petite leçon d'incohérence de la part de Mr Serraf spécialiste incontesté.
    Dans ses tribunes, Mr Serraf donne Zapatero et Blair comme modèle aux socialistes Français. Les économies Espagnoles et Britanniques sont justement celles qui en Europe subissent le plus la crise. Ce sont celles dont le fonctionnement se rapproche le plus du modèle Américain. Ce que Hugues Serraf appelle modernité et dynamisme n'était qu'une bulle spéculative (finance et immobilier) appelée, comme toute bulle, à éclater. C'est fait.
    Hugues Serraf croit pouvoir définir ce qui est moderne et ce qui est archaïque. Il ne perçoit pas que rien n'est permanent, que les idéologies fluctuent comme des modes et que vouloir être dans l'air du temps, c'est avoir l'ambition d'une feuille morte.
    Le Keynesanisme a relancé les économies après la crise de 29. Il était moderne, fut présenté comme ringard et redevient moderne. Ce qu'Hugues Serraf croit être moderne (libéralisme économique, retrait de l'état, déréglementation, privatisation) vient de se casser la figure et apparait, à qui ouvre les yeux, comme particulièrement rétrograde. Au USA, les néo-libéraux sont appelés fort justement néo-conservateurs. En effet, le néo-libéralisme est un conservatisme. Il permet à la classe possédante, par un discours d'apparence moderne, de retrouver ou d'augmenter ses vieux avantages. C'est une restauration. La démission de l'état, la liberté de faire circuler sans limites finances et marchandises, la course au moins-disant social dans une concurrence mondialisée permet de moins rémunérer le travail. C'est bien le but de tout conservateur et de tout néo-libéral. Faute de consommateurs solvables, ne reste alors que l'endettement pour stimuler la machine. D'où une nouvelle incohérence d'Hugues Serraf : En Espagne, « la crise des supbrimes éclate un poil trop tôt ». C'est au contraire parce qu'elle arrive très tard que l'explosion de la bulle spéculative est aussi violente. Cette bulle était annoncée depuis des années. Une fuite en avant irresponsable et voulue par les libéraux (qui préfèrent des salariés endettés que bien payés) l'a retardée et donc amplifiée.
    Ce que ne perçoit pas Hugues Serraf, c'est que le libéralisme économique qu'il défend et qu'il croit moderne et en fait un phénomène historique majeur de régression sociale. Défendre ce phénomène qui se fait contre les travailleurs,les exclus, les salariés et les pauvres en se prétendant de gauche est une incohérence de fond qui ne peux le conduire qu'a des tribunes incohérentes.

    • Lugi
      Lugi répond à affreuxjojo
      • Posté à 13h44 le 05/12/2008

      Le fait est que la sociale démocratie, pardon, les tenants de la sociale démocratie ont reculés sur tout les points qui faisaient du courant idéologique un courant social.

      De fait, le modèle qu'ils proposent et qui est aujourd'hui contesté n'est plus que l'ombre de ce qu'il fut.

      Je suis d'accord avec vous. Au sujet de la bulle. En éclatant tard elle a éclaté plus fort. Ce que les gens ne comprenne pas, c'est que la bulle financière a pallié les symptômes d'une récession économique plus durable, qui est la crise du néolibéralisme.
      La croissance dans le monde occidental a longtemps été maintenue par l'endettement de l'état et des ménages. Combien d'ânes on proféré que pour relancer la consommation il fallait favoriser le crédit ?

      Il est idiot de faire un parallèle entre la politique de Tony Blair et celle des socialistes en France.
      Différents pays différents problème. Lorsque Blair est arrivé au pouvoir il ne restait absolument rien. Pas même un embryon d'économies, pas de sous dans les caisses de l'état, pas de sous dans les poches du contribuable. Ce qui a permis de financer sa politique, de relancer l'économie anglaise fut l'autorisation aux banques anglaises d'accorder plus facilement des crédits, aux particuliers comme aux entreprises.

      Ce qui me frappe le plus chez Hugues Serraf, c'est son insolente manie de reprocher au reste de la gauche tout ce qu'il n'aime pas dans l'idéologie qu'il défend. Comme s'il percevait la réalité par un prisme déformant. Ca la fout vraiment mal pour un visionnaire.
      Impressionant.

      Attali sort de ce journaliste !

    • Blabla et Bla
      Blabla et Bla répond à affreuxjojo
      Cep Tik ?
      • Posté à 15h28 le 05/12/2008
      • Internaute
        Cep Tik ?

      ...et c'est peu de le dire !

  • paradygm
    • Posté à 09h10 le 05/12/2008
    • Internaute

    Ou quand la pensée unique, néolibérale, gangrène les discours de gauche. Le néolibéralisme tente de se faire passer pour un « Pragmatisme », mais est bien une idéologie ou réforme signifie généralement casse sociale, et où tou t discours réellement progressiste est disqualifié, ou plutôt qualifiée d'archaïque.

    Bien triste.

    Ces gens se feraient à coup sur plus discret si le PS avait assumé plus tôt ses pratiques sociales-démocrates, ou même démocrates, et s'essuyait les mêmes revers électoraux que les gauches européennes.

  • les nouveaux sans culottes
    • Posté à 10h01 le 05/12/2008

    quand on se déclare social democrate c est qu on n est pas socialiste et qu on n a jamais compris ou ressenti réellement ce qu etait etre socialiste.
    va donc
    au modem ou a l ump c est ta place.
    oui à l implosion du ps dehors les imposteurs.
    si etre plus à gauche que toi c est etre ringard ça veut dire quoi....
    bientot seront ringards les athées
    les syndicalistes
    les syndiqués
    les ecolos
    les ouvriers seront invités à raser les murs et à avoir honte d exister.
    moi je garde au coeur une plaie ouverte
    et je t emm.....

    • Blabla et Bla
      • Posté à 15h31 le 05/12/2008
      • Internaute
        Cep Tik ?

      Je crois que ceci a pris corps avec le fameux conseil miterrandien consistant à dire : » si un interlocuteur vous met en position délicate, traitez-le de lepeniste ! »
      Cette gauche ?
      Mon cul !

  • les nouveaux sans culottes
    • Posté à 10h40 le 05/12/2008

    oui c est vrai nous sommes ringards de connaitre mieux que les non ringards la révolution française la commune de paris la révolution russe espagnole et toutes les autres nous sommes ringards de vouloir aujourd hui une révolution qui dénonce justement tout ce qui a fait echouer le mouvement ouvrier :
    le nationalisme
    le socialisme autoritaire c est à dire le stalinisme à l est
    le PCF en france
    et depuis des decennies en france un PS qui n a vraiment plus rien de proletarien
    allez Melenchon en avant

  • gogoliath
    gogoliath
    Ingénieur
    • Posté à 10h48 le 05/12/2008
    • Internaute
      Ingénieur

    La vrai rupture ce sera avec ce capitalisme cupide qui mène le monde à sa ruine
    Mélenchon m'est sympathique même si je n'adhère pas à son nouveau parti car il sait dire,dans les médias, des vérités que ses médias n'aiment pas du tout relayer.
    Ces médias pleins de journalistes « progressistes » préfèrent nos vendre leur soupe « modernes contre archéos »
    La maison brûle et on nous fait regarder ailleurs

    • Sylap
      Sylap répond à gogoliath
      • Posté à 13h47 le 05/12/2008

      exact
      pour la droite et le « centre-gauche » (et les médias)

      moderne = qui persiste dans le libéralisme économique dévastateur (humainement, socialement et écologiquement)

      archaïque = qui veut radicalement changer tout ça

      Logique non ?

  • camarade vitamine
    • Posté à 11h20 le 05/12/2008

    Vain de chercher dans le mode d'emploi de l'appareil. Reste à trouver l'idée première des « concepteurs », d'en faire les corrections nécessaires, de réajuster sans idéologie aucune un projet matérialisé, tourné vers l'avenir d'une humanité encline à sa propre autonomie.

  • les nouveaux sans culottes
    • Posté à 13h39 le 05/12/2008

    de l air de l air
    apres le gros temps du congres de reims qui nous a montré que la foret socialiste etait embroussaillée et pleine de branches mortes que vienne la tempete regeneratrice qui puisse deraciner les vieux arbres pourris et laisser une nouvelle chance aux germes de l espoir....

  • Lugi
    • Posté à 13h50 le 05/12/2008

    Ce qui me trou le cul c'est de voir encore la gauche taxée de passéïsme alors que les approches néolibérale actuelles ne font qu'annoner Adam Smith, dans le meilleurs des cas.

    En politique on peut inventer l'eau tiède et la roue carrée et passer pour un moderniste révolutionnaire.

    • les nouveaux sans culottes
      • Posté à 13h55 le 05/12/2008

      oui en plus traites de retrogrades par des culs benis pour la plupart....
      cathos a droite et protestants chez des prétendus socialistes
      ON NE PEUX PAS ETRE SOCIALISTE SI ON N EST PAS ATHEE NOM DE DIEU

      • Sylap
        • Posté à 14h52 le 05/12/2008

        « ON NE PEUX PAS ÊTRE SOCIALISTE SI ON N EST PAS ATHÉE NOM DE DIEU »

        Je ne serai peut-être pas aussi radical que toi mais l'agnosticisme pour le moins me paraît indispensable ; )

  • les nouveaux sans culottes
    • Posté à 13h52 le 05/12/2008

    je viens de lire : La vrai rupture ce sera avec ce capitalisme cupide qui mène le monde à sa ruine.
    oui bien sur mais qui donne à ce capitalisme sa légitimité....
    toi,moi, nous,notre trop longue indifférence,notre dégout,notre fatigue,notre lacheté,notre tendance à nous réfugier dans nos tours d ivoire ,à renvoyer dos à dos exploités et exploiteurs,maitres et esclaves,tous coupables tous responsables...
    oui mais la maison brule et les pompiers n arrivent pas....
    au secours.

    • gérard lambert
      gérard lambert répond à les nouveaux sans culottes
      travailleur de - pour gagner+
      • Posté à 11h34 le 06/12/2008
      • Internaute
        travailleur de - pour gagner+

      la maison brule........., fais pas le c.., on arrive,bouge pas attends nous, surtout saute pas par la fenetre, la marche est haute,
      du coté pompiers,ca bouge à la caserne, en attendant, réquisissons tous les seaux (laissons les sots aux autres) pour aider les potes !
      faudra bien l'aider un jour le jean-luc
      bon maintenant tu peux sauter ! ,

  • suppriméàlademandeduriverain
    • Posté à 14h47 le 05/12/2008
    • Internaute

    Monsieur l'échotier presque chauve,

    Vous comprendrez, je l'espère, la pointe de moquerie qui me pousse à m'adresser à vous en forçant vos traits... un peu à la manière, le mépris en moins, dont vous le faites à l'encontre de celui que, d'une appellation faussement bon enfant, vous stigmatisez.
    Votre article, ne présente, à mon goût, guère d'intérêt.
    Ceci étant, j'ai envie de vous dire qu'il faudrait, peut-être, désormais entendre que les « gauchistes » comme vous dites et que vous portez si peu en estime en ont un peu plus que soupé de se voir conspuer par des personnes de votre acabit jusqu'au temps des seconds tours d'éléctions où, à des fins de votes utiles en votre faveur, vous les rappelez soudainement à votre forcé bon souvenir du mot commun opposé à la « droite ».

  • sup. à la demande du riverain 24.09.09
    • Posté à 16h04 le 05/12/2008

    Quelqu'un va enfin lui dire d'aller écrire ses notules à l'express ?

  • suppriméàlademandeduriverain
    • Posté à 16h13 le 05/12/2008
    • Internaute

    @ homemade

    On dirait bien que vous venez, à mots (dé)couverts, de le lui suggerer : ))

  • P a z
    • Posté à 23h08 le 05/12/2008

    « Je suis journaliste, mais l'hyper spécialisation de mes obligations professionnelles me frustre. D'où l'importance de m'exprimer sur tout ce qui me passe par la tête sans contrainte. »

    Et sans conviction ?

    Vous faites effectivement ce que vous dîtes. C'est cool chez Rue89 !

  • Compté bloqué 16
    • Posté à 00h07 le 07/12/2008
    • Internaute
      employé

    Melenchon,fairait mieux d'aller rejoindre le partie du facteur utopique.Ces gens là sont bon pour geuler ,mais leurs programmes,si on peut appeler ça des programmes,sont utopiques.Ce que je ne comprends pas c'est que des gens puissent croire à cette utopie.Ce qui explique peut être le desespoire de certains.l'autre solution n'est pas le liberalisme qui nous a mené à nul part.Mais peut être,il y a un juste milieu qui est l'économie mixte qui a donné de bons resultats le siècle passé et que aujourd'hui plein de pays adoptent en esperant qu'ils ne tombe pas dans le piège du protectionisme.

  • andré Virasolvy
    andré Virasolvy
    Retraité
    • Posté à 12h54 le 07/12/2008
    • Internaute
      Retraité

    Bonjour la solution,
    Continuellement confronté aux effets de la loi des inégalités, les imaginations inégales s'évertuent à rechercher des solutions pour résoudre les innombrables problèmes qui découlent systématiquement des comportements inégaux. C'est la loi, et face à elle, chaque être humain devrait être en droit de proposer sa solution en invoquant l'égalité des droits. Malheureusement, à cause des inégalités naturelles, et d'un parcours intellectuel défavorable, peu d'individus arrivent à exprimer des solutions cohérentes. Le plus souvent, les gens réagissent en victimes révoltés ou en intégristes d'une idéologie, mais rarement en chercheurs de causes. Encore moins nombreux sont ceux qui parviennent à une fonction dominante, ou à la notoriété par la qualité et la pertinence de leurs propositions.

    Si la pyramide sociale est immensément vaste à la base, elle se rétrécie très vite dès les premiers échelons, en se réduisant de plus en plus rapidement pour arriver au sommet qui consacre le chef. La pyramide se transforme en tour d'ivoire, et tous les moyens sont permis pour ceux qui veulent occuper les bonnes places, afin de pouvoir exercer des droits inégaux institués qui légalisent les injustices. Face à cette réalité, c'est la lutte pour accéder au pouvoir politique, ce qui, logiquement aurait dû aboutir à une bonne gouvernance, mais il n'en est rien. À l'inverse, il y a une virulence permanente des petits chefs qui rivalisent pour supplanter les autres afin d'arriver au sommet.

    Pour tenter de remédier aux effets désastreux des droits inégaux, des penseurs ont inventé des principes, des règles, des dogmes, les lois et autres conventions, codes, constitutions, statuts ou contrats, mais aucune de ces inventions n'est parvenue à établir la justice sociale et à arrêter la progression désastreuse des déséquilibres socio-économiques. Ces déséquilibres peuvent également se nommer « inégalités » et ils s'expriment concrètement par la somme d'argent dont dispose chaque individu pour vivre.

    En économie, les droits inégaux se concrétisent par une mauvaise répartition de l'argent dans l'entreprise, là où se produisent les véritables richesses qui proviennent exclusivement du travail des salariés. En fonction de leur qualification, formation et compétences, les salariés reçoivent des salaires inégaux, mais chacun d'entre eux peut acquérir de nouvelles connaissances et évoluer pour postuler à un emploi qui lui apportera un meilleur salaire. La hiérarchie des salaires est suffisamment vaste pour que chacun y trouve sa juste place, mais en règle générale, conformément à la loi des inégalités, les patrons abusent de leurs droits, et ils ont tendance à sous-évaluer les fonctions et à minimiser les salaires. Ce comportement est conforme à l'état d'esprit du chef d'entreprise capitaliste qui a pour but d'accaparer les profits qui résultent du travail des salariés. Pour atteindre ce but, son seul moyen est de vendre les produits du travail au meilleur prix possible, et d'acheter le travail au moindre coût. Plus la différence entre les recettes permanentes des ventes, et les dépenses périodiques de salaires sera grande, plus il obtiendra de profits. Cette pratique continuelle des chefs d'entreprises capitalistes a entraîné la progression systématique des déséquilibres socio-économiques. D'un côté, les gros capitalistes amassent des sommes fabuleuses pour constituer des empires financiers démentiels qui se comptent en milliards. De l'autre, un nombre croissant de travailleurs reçoivent des salaires dérisoires qui ne leur permettent pas d'acquérir et de consommer normalement ce qu'ils produisent. Dans leur progression, ces déséquilibres aboutissent actuellement au commencement d'une grave crise économique. Elle va devenir ingérable et très dangereuse, si la solution ne parvient pas à se propager dans l'opinion publique.

    L'explication du processus économique capitaliste est élémentaire. Pour le comprendre, il est nécessaire de se libérer du raisonnement déformé par l'état d'esprit capitaliste qui repose essentiellement sur le culte de l'argent en pratiquant son accumulation.

    Tous les jours, dans leur entreprise, par leur travail, les salariés produisent d'innombrables richesses qui sont évaluées par une masse croissante d'argent, moyen de mesure inventé par l'homme pour faciliter les échanges.

    Tous les jours ces produits du travail sont proposés sur les marchés pour être vendu, mais à cause des droits inégaux institués, la mauvaise répartition de l'argent retarde leurs ventes en compliquant les échanges.

    Du fait que progressivement, la masse globale des salaires est insuffisante pour acheter la totalité des produits du travail sur une période de renouvellement, et qu'individuellement, de plus en plus de travailleurs reçoivent de moins en moins d'argent pour subsister, la quantité des produits du travail qui ne peuvent pas être achetés dans un délai normal s'accroît. Par manque d'argent dans les circuits économiques, d'où un ralentissement dans sa circulation, y a une sous-consommation, que l'état d'esprit capitaliste nomme surproduction pour occulter la mauvaise répartition de l'argent. En réalité, il y a sous-emploi, car l'état d'esprit capitaliste ne peut ni concevoir, ni admettre des activités qui ne rapportent pas des profits. Dans cette période, il y a progression du chômage, et ceux qui parviennent à garder un emploi sont alors sollicités pour pratiquer la consommation à crédit. Le langage des financiers se limite à dire : consommez aujourd'hui, vous paierez demain, car de cette façon, avec les taux d'intérêts, ils rémunèrent l'argent qu'ils prêtent. L'engrenage infernal de l'endettement se met en marche pour se diriger vers des montants de plus en plus importants qui ravagent déjà une partie de la société la plus fragile.

    L'endettement est un leurre qui donne l'illusion d'une croissance bénéfique, alors qu'en réalité, elle enchaîne les plus défavorisés à des conditions d'existence qui vont lentement les détruire. L'endettement permet de s'enrichir pour ceux qui détiennent déjà beaucoup trop d'argent, et qui s'évertuent à en vouloir toujours plus, en prêtant celui qu'ils ont en trop, pour gagner de l'argent avec de l'argent. À l'inverse, il tend à appauvrir les résignés qui succombent à la tentation, alors qu'ils devraient s'organiser pour cesser d'abandonner leurs droits légitimes sur les résultats de leur travail.

    Si l'endettement régresse par manque d'emprunteurs, ça sera le marasme, avec la réduction ou l'arrêt des productions dans certaines entreprises. Avec le retour de la progression du chômage, nous entrerons alors dans un imbroglio économique qui aboutira à des situations conflictuelles aux conséquences imprévisibles. Si l'endettement progresse, les emprunteurs auront de plus en plus de difficultés pour rembourser leurs dettes, et si aucune autorité politique n'est capable de rassembler les plus conscients en leur proposant d'agir pour instituer la solution, nous aboutirons aux mêmes situations conflictuelles.

    Pour sortir de l'endettement destructeur, résultat du capitalisme, et en même temps dépasser la crise, c'est le monde du travail qui détient la solution. C'est en revendiquant, en négociant et en obtenant l'égalité des droits économiques sur les résultats de leur travail, dans leur entreprise, que les salariés réussiront à se libérer de leurs chaînes en transformant les rapports socio-économiques. Il appartiendra alors aux responsables politiques les plus lucides, de proposer des projets pour construire une nouvelle société qui correspondra aux aspirations et aux nécessités de notre époque.
    Voir : Lien
    André Virasolvy