
Mélenchon et le Parti socialiste : petits doutes entre amis
Où l'auteur se demande de façon fugace s'il ne devrait pas changer d'avis sur ceci ou cela…
J'ai beau m'être réjoui par réflexe du départ de Mélenchon, j'appréhende désormais une possible implosion du PS…
Que quelqu'un comme moi -avocat récurrent d'une rupture franche entre modernes et archéos- en soit là méritait d'être signalé. Car au final, faut-il « vraiment » espérer que l'hémorragie se poursuive pour que ne demeurent, rue de Solferino, que les gens qui me ressemblent ? Et un parti socialiste réduit à sa majorité social-démocrate a-t-il la moindre chance de revenir au pouvoir, avec ou sans alliance avec le MoDem ?
D'ici quelques mois, l'offre politique à gauche pourrait bien ressembler à une sorte de parlement israélien où se combinent (et combinent) un nombre toujours plus grand de factions sans objet ni projet.
Le pouvoir de nuisance de Mélenchon
Bon, c'est sûr, je ne crois pas beaucoup au succès de Mélenchon au sens de sa capacité à faire mieux qu'un Chevènement en son temps (une poignée d'élus locaux, des invitations à la télé en deuxième partie des soirées électorales…).
Mais je crois en son pouvoir de nuisance si, au côté du PC, des Verts, du NPA, des trotskistes restés officiellement fidèles à l'héritage léniniste et d'un PS-bis emmené par Benoît Hamon, il continue de marteler que la crise financière est l'horizon obligé de l'économie de marché comme d'autres assurent que tirer sur un pétard conduit fatalement à l'overdose d'héroïne dans un caniveau de la place Stalingrad…
Les gauchistes m'horripilent, mais moins que la fin du rêve d'une France enfin convertie au bipartisme et débarrassée des dernières scories de la IVe République. Allez Mélenchon, reviens ! De toute manière, tes éructations n'intéressent que lorsqu'elles passent pour transgressives. Mais s'il n'y a plus rien à transgresser, s'il n'y a plus de gauche dévoyée à dénoncer, si Copé succède à Sarkozy en 2022 faute d'une opposition crédible, elle aura l'air fin, la « Französische Linke »…
Surfer sur la fin en eau de boudin des expériences blairo-zapatistes
Les Espagnols se réveillent de quinze ans de Movida économique avec une sacrée gueule de bois. D'ici quelques semaines leur taux de chômage devrait refranchir la barre des 17% (contre un honnête 8% il y a encore trois mois). C'est que la crise des « supbrimes » éclate un poil trop tôt pour un pays carburant essentiellement au jus de BTP.
Manifestement, une économie un peu plus mature, un peu plus diversifiée, un peu moins dépendante d'une poignée de banquiers et de promoteurs immobiliers, aurait pu envisager de passer l'hiver financier plus facilement.
Mais nos voisins du dessous se consoleront peut-être en s'informant de ce qui se passe chez nos voisins du dessus : en Grande-Bretagne aussi le nombre de chômeurs est en train de redécoller, tout comme se répandent les rumeurs d'une attaque spéculative contre la livre et les comparaisons peu élogieuses avec l'Islande…
On imagine avec quelle grâce Mélenchon, s'il n'était pas occupé à expliquer que Sarkozy conduit la France à la famine avec ses plans de relance keynesio-mitterrandiens, pourrait surfer sur la fin en eau de boudin des expériences blairo-zapatistes.
La fourmi vertueuse face aux cigales imprévoyantes
Le fameux « modèle français », celui-là même qui faisait marrer tout le monde dans les congrès de l'Internationale Socialiste sur le passage de François Hollande, est peut-être en train de prouver que c'est l'absence de dynamisme, l'immobilisme, la neurasthénie et le refus de la prise de risque qui sont ultimement récompensés !
Qu'on en juge : pour 2008, la France peut encore se prévaloir d'un chouïa de croissance quand Ibères et Anglo-Saxons ont déjà plongé dans la récession. Et pour faire bonne mesure, l'Hexagone vient de repasser devant la Grande-Bretagne en termes de PIB (global et par habitant) après avoir été rattrapé en 93 et même carrément largué depuis !
Hum, la France dans le rôle de la fourmi vertueuse faisant la nique aux cigales imprévoyantes : on aura tout vu…
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De Tita
oiseau | 18H40 | 04/12/2008 |
Vous avez exprimez votre opinion et toute opinion a le droit d'être exprimée. Cependant, votre argumentaire repose sur deux idées qui ne me paraissent pas très fortes, ou alors, avec encore plus de probabilité, je n'ai pas compris votre raisonnement. Il y a
- le vote utile et donc la non-nécessité de faire pulluler les partis de gauche. Il me semble cependant que c'est un argument que les « grands » partis invoquent souvent pour chasser sur les terres des petits voisins ou inféoder ces mêmes voisins. Cela reviendrait de manière asymptotique aussi à un manichéisme que vous dénoncez.
- Vous dites du modèle français qu'il rayonne par « l'absence de dynamisme, l'immobilisme, la neurasthénie et le refus de la prise de risque » (ce qui pourrait être pris pour un aveu de la part de ceux qui prétendent que la gauche -le ps- est inexistante). Et vous faites le lien avec la crise actuelle. Là, j'ai du mal à voir et le lien, et la relation de cause à effet… Présenter quelques exemples ne fait pas une loi et encore moins une causalité.
Je me fourvoie probablement dans ma compréhension alors je serais donc très heureux d'avoir quelques éclairages.
à Tita
De Jonas2
Les mouches ne me trouveront pas as... | 19H43 | 04/12/2008 |
Mais il faut décoder Tita. C'est un pamphlet contre les addictions à la drogue et à l'archéogauche notamment, .
Pour mieux nous faire comprendre et partager ses convictions, l'auteur nous narre l'ignominieuse fin d'un balayeur qui s'effondre dans un caniveau de la rue, le nez bien poudré because qu'il a abusé du pétard quand il était petit.
Tonton, Serraf, mine de rien, nous explique avec sa faconde habituelle que c'est pas bien. Et qu'en plus ce genre de pratique conduit à des errements qui consistent le plus souvent à soutenir des gauchisses ; ce qui a le don de l'horripiler vu qu'il aime pas les gauchistes non plus.
Et Mélenchon qui - tout le monde l'aura compris- n'est qu'un avatar pour faire plus vrai dans ce comte très didactique, fait quand même besoin rapport au vote utile. C'est pour ça qu'il lui dit revient en oubliant, malheureusement, de nous raconter la fin du mec dans le caniveau de la rue.
C'est pas clair ?
Ben je fais ce que je peux.
De Mathieu_7-7
Educateur spécialisé - Président du... | 18H59 | 04/12/2008 |
Moi non plus je n'ai pas compris grand chose à ce que ce riverain veut réellement dire… sinon qu'il ne sait plus que penser.
Perso je dis : « le PS est mort, vive le socialisme “ ! ; o)
De kawouede
19H07 | 04/12/2008 |
Pendant ce temps, le parti qui recueille le plus d'opinions favorables c'est… les Verts, qui tiennent congrès demain
http://www.lepost.fr/article/2008/12/04/1346641_les-verts-premier-parti-…
Une gauche écologiste forte serait-elle possible ?
De Hugues Serraf (auteur)
Chroniqueur | 19H19 | 04/12/2008 |
Tita,
Pour ce qui est du premier point, disons que je suis convaincu que le bipartisme est une organisation politique plus efficace que la coexistence d'une tripotée de petites structures concurrentes. C'est ce qui m'amène à me méfier des volontés de scission à l'intérieur du PS et, finalement, d'une certaine manière, à regretter le départ de Mélenchon.
Le problème est qu'en France, où la gauche de gouvernement n'assume pas clairement son positionnement social-démocrate, les « radicaux de l'intérieur » ne se contentent pas d'être des aiguillons et sont toujours à la limite de faire basculer (et régresser) le parti. C'est la raison pour laquelle j'avais commencé par fêter le départ de Mélenchon et même souhaité celui des Hamon & Co.
Je peux probablement encore changer de perspective, mais je dirais qu'à ce stade, vu l'état du parti et l'atomisation de la gauche française, je préfèrerais voir la loony left à l'intérieur pour un meilleur contrôle de son pouvoir de nuisance (mais également pour une meilleure diffusion des bonnes idées et de la fraîcheur qu'elle peut parfois apporter).
Sur le second point (précisons que ce texte était au départ une sorte de bloc-notes à deux entrées artificiellement réunies pour être publiées ici), je ne fais que constater que deux pays ayant connu une très forte croissance ces dernières années traversent désormais une crise aigüe quand la France voit sa croissance médiocre (relativement) peu affectée par ce qui se passe dans le monde. On peut d'ailleurs voir ça comme la preuve de la validité du modèle français si l'on pense que la médiocrité constante est plus désirable que les à-coups. Ce n'est pas mon cas : je me borne à constater que les Français étaient malheureux lorsque les Espagnols et les Anglais faisaient la fête et qu'ils restent malheureux (mais moins) pendant que les autres se tordent de douleur.
La question est surtout de savoir ce qui se passera pour nous lorsque le beau temps reviendra sur la planète économique. Je subodore que nous resterons malheureux.
à Hugues Serraf
De Tita
oiseau | 21H11 | 04/12/2008 |
Cher Hugues Serraf
Je vous remercie sincèrement pour ces précisions car elles m'ont été nécessaire pour comprendre pleinement votre pensée.
Du point de vu du lecteur, on voyait ce que voulait prouver le texte original (c'est même résumé dans le titre), mais comme les liens logiques entre les parties et la clarté des parties elles-mêmes paraissaient absconses, la mise en faillite du texte (et de ses arguments) était facile ; d'où peut-être un jugement plutôt sévère de la part des riverains. C'est pourquoi je vous sais grès de ces précisions. Cependant, malgré vos explications, je ne perçois toujours pas pourquoi il n'y a pas deux papiers (l'un sur le départ de Mélenchon et l'autre sur les relations que vous faites de la crise avec la croissance antérieure car ce sont des aspects plutôt distincts). Le lien entre les deux sujets reste pour le moins artificiel à mes yeux.
Tout cela est naturellement indépendant du fait que nous puissions être d'accord ou non sur le contenu.
D'ailleurs, je ne suis pas persuadé par l'idée qu'un bipartisme soit plus efficace. Ce l'est à court terme si on se contente de regarder les blocages du pluripartisme dans les processus de prise de décisions, mais c'est aussi le risque d'imposer la tyrannie de seulement deux grands partis (ce qui en pourcentage de voix peut être en deçà des 50% dans un système pluripartisme) et de faire taire les idées intéressantes voire utiles et salvatrices qui se trouvent chez les petits partis.
Quant au lien que vous proposez entre les pays médiocres tout le temps, même en temps de crise, et les pays fleurissants en temps de gloire et en grosse catastrophe en temps de crise, je ne dirais qu'une chose. Si vous avez la possibilité de quantifier les dégâts de la crise, il peut suffire de faire la liste des pays avec deux colonnes à côté. Le chiffre des dégâts de la crise se reporte dans une colonne et le chiffre de la croissance d'il y a quelques années (quelques mois, c'est mieux) dans l'autre colonne. Puis en calculant une simple corrélation (à l'aide d'excel par exemple), vous avez une réponse fiable du type « plus la croissance était forte, plus la crise est importante ». C'est une démonstration plus fiable que deux exemples…
à Tita
De Fifidou
Thésard en Physique | 12H15 | 05/12/2008 |
Je serais infiniment partisan d'un système où plus d'idée éclosent, et soient débattus sur la place publique, ce qui pourrait être assuré par un système politique multipolaire.
Toutefois, prenez l'Italie et son magnifique multi-partisme. Et deux fois la gauche élue n'a pas pu finir son mandat pour des sombres raisons d'implosion de la majorité. Pour avoir des doubles doses de Berlusconi, il fallait bien cela.
Pour moi, aussi ridicule que cela puisse paraitre, un système bipartite, avec au sein de chaque parti à des courants (façon PS, mais en mieux fait) qui débattent me semble très bien. Le seul souci, est que au PS, pour parler d'eux, Martine, Ségo et Delanoé sont tous sociaux démocrates, à trois définitions près, et la lecture de leur contribution était d'une platitude aussi triste qu'une chanson de Brel. Et Hamon n'était pour moi qu'un saupoudrage d'idées démago gauchistes des textes des 3 autres. Mais les idées intéressantes et novatrices existaient, dans de toutes petites contributions portées par des signataires encore plus anonymes que M Lepetit (habitant de Fouyouse). C'est dommage que le verrouillage d'appareil est empécher de donner média à ces idées, mais elles existent…
De antonh
curieux | 19H36 | 04/12/2008 |
blaireau-zapatiste…
pour toi, on va laisser blaireau ! !
De Etoile polaire
Bipolaire | 10H25 | 05/12/2008 |
Alors là ! ! !
Ca va être la guerre des étoiles ! !
Attends, je branche mon glaive laser, c'est quoi ta couleur ?
De camarade vitamine
11H11 | 05/12/2008 |
Suivez la bonne étoile qui ne brille que toujours plus loin aux horizons des idéaux morbides…
De Waldeck
Naufragé en Sarkoland | 11H26 | 05/12/2008 |
Au pays des aveugles, les bornes n'ont pas de limites !
De ramassis
(ch'tite racaille) | 20H15 | 04/12/2008 |
« Allez Mélenchon, reviens ! »
Ben voyons !
Et pour faire quoi ?
Voter les orientations libérales d'une Ségolène Royal ?
Manquerait plus que ça.
En voilà un qui est fidèle à ses idées et c'est tant mieux.
Et sans doute Benoît Hamont, Emmanuelli et quelques autres feraient-ils bien de s'inspirer de l'intégrité exemplaire de Mélenchon.
à ramassis
De petrus89
plongeur | 23H51 | 04/12/2008 |
ramassis encore un bobo caviardisé qui a tout compris .
Melenchon l'integre senateur qui est incapable de se faire elire autrement que par des grands electeurs et qui profite des avantages et des privileges du senat sans les denoncer
si il est vraiment integre , cet ancien trotkiste de l'oci , qu'il demissionne du senat ! ! ! ! ! ! ! !
à petrus89
De ramassis
(ch'tite racaille) | 23H07 | 05/12/2008 |
Pourquoi devrait-il démissionner ?
Parce qu'il te dérange ? ? ?
Parce que tu ne conçois pas de s'opposer politiquement ?
Qu'est-ce qu'ils doivent faire alors, les opposants ?
Saboter des trains ?
T'as tout compris, toi ?
à ramassis
De petrus89
plongeur | 02H18 | 07/12/2008 |
un senateur ca ferme ca gueule ou ca demissionne ! ! ! !
De zénon denon 84
Bonne | 21H07 | 04/12/2008 |
C'est sur ,
Et en plus ,lui Melanchon,
pendant 20 ans il a tout fait pour que
ça change au P S .Rien ça n'a servi à rien !
Il a bien raison ,c'est le moment ,
Je suis sûr que bcp d'autres barons ,
baronnets ,et autres bestioles vont
se rendre compte qu'avec les deux femmes de
Solferino qui vont immenquablement
se créper le chignon un max …pendant
3 ans .NON rien que pour cela « la gauche “
devrait remplir tantot un …Zénith .
C'est tout le bien que je lui souhaite /
Que je nous souhaite .
Sympathisants et militants de Gauche .
‘Fini,le temps des compromis pourris .
ce n'est pas de moi,
ça a 4 jours
c'est d'Oscar Laffontaine .
Rompez ! ! !
à zénon denon 84
De Waldeck
Naufragé en Sarkoland | 11H29 | 05/12/2008 |
- « Rompez ! ! !
- c'est curieux, j'ai déjà lu ce mot sur ce forum ( et aussi dans les casernes…)
De Front Populaire
être humain | 23H19 | 04/12/2008 |
Le parti socialiste a toujours été parcouru de diverses tendances. et c'est toujours en recherchant l'union de ces tendances qu'il l'a emporté :
Source : Wikipedia.
Réorganisation et unité initiale (1876-1890)
Après les événements de la Commune de Paris, une terrible
répression s'abat sur les mouvements socialistes. Il y a
entre 20 000 et 30 000 morts et plus de 38 500 fugitifs
ou exilés et autant d'arrestations. Parmi les personnes
arrêtées, il y a 78% d'ouvriers dont 84% qui seront déportés
dans les plus lointaines colonies de l'empire français.
Dès 1872, les classes ouvrières se réorganisent en chambre
syndicale. En 1876, un ouvrier bijoutier, Barberet, organise
le premier congrès ouvrier. De Londres, les exilés s'organisent,
notamment les amis de Blanqui qui accusent ouvertement le
gouvernement de favoriser la classe bourgeoise. D'un autre côté
Jules Guesde, un journaliste condamné pour avoir défendu la
Commune, développe une position de différenciation par rapport
aux autres partis.
La division en 5 tendances (1882-1901)
Une structure socialiste unitaire est créée en 1878 : la Fédération
du Parti des travailleurs socialistes de France (FPTSF). Mais
les congrès de 1880 et 1881 voient s'affirmer la désunion des
socialistes. À partir de 1882, ils créent plusieurs partis
représentant cinq grandes tendances du socialisme :
Les Possibilistes : Lors de la séparation au congrès Saint-Étienne
en 1882, Jules Guesde propose le vote du programme « minimal »
(partiellement rédigé par Marx). La vision de Paul Brousse est
différente : il s'agit de fractionner le but final en plusieurs
étapes pour le rendre possible. Le municipalisme est la base du
mouvement possibiliste, c'est ce qui correspond à la vision communiste
de Marx. Jusqu'en 1890, la Fédération des travailleurs socialistes
étend son influence vers les pays de la Loire, mais elle subit une
scission avec les Allemanistes. Cette érosion est due à l'évolution
politique : les possibilistes sont désormais devenus républicains.
La FTS regroupe les artisans et les professions libérales.
Les Allemanistes : Au sein de la FTS, une aile ouvrière s'élève,
emmenée par Jean Allemane qui crée une scission en 1890, formant
le Parti ouvrier socialiste révolutionnaire (POSR). Il prône les
réformes immédiates et le réformisme municipal. Ils sont proches de
certains aspects de l'anarchisme et veulent une décentralisation
du pays. Leurs moyens d'action sont plus concentrés sur l'action
syndicale que politique. Ils sont pour la gestion des industries
par les travailleurs.
Les socialistes indépendants : Au départ c'est un regroupement de
plusieurs personnalités radicales et républicaines. Ce sont des hommes
comme Jean Jaurès ou Millerand, qui deviennent très rapidement députés.
Ils dominent par leur qualité oratoire et leur nombre les divers groupes
ouvriers ou socialistes qui constituent le parlement. Ce groupe
hétérogène au départ, devient très vite homogène. Ils se regroupent
autour des idées de solidarité républicaine et ne s'occupent pas
de la rupture entre les socialistes et la république bourgeoise.
Ce courant parait très attaché à l'unité d'esprit du socialisme.
C'est sur cet esprit d'unité que ce groupe va se lier à plusieurs
militants socialistes comme Léon Blum. Ce groupe d'indépendant va
s'agrandir jusqu'à créer en 1898 la confédération des Socialistes
indépendants, puis en 1902 c'est la fusion avec la FTS de Brousse pour
créer le Parti socialiste français.
Les guesdistes : le Parti ouvrier français, créé en 1880 en tant que
Parti ouvrier, par Jules Guesde et Paul Lafargue. C'est une organisation
qui se bat non seulement pour des réformes mais aussi pour la conquête
du pouvoir politique par les prolétaires. C'est une organisation
marxiste, qui est en lien avec Karl Marx et Friedrich Engels. C'est
numériquement le parti socialiste le plus important en France.
Le Parti socialiste révolutionnaire (PSR) blanquiste, nouveau nom
donné en 1898 au Comité révolutionnaire central créé en 1881. Le PSR
a été renforcé en 1896 par la scission d'élus et responsables régionaux
exclus du POSR regroupés en 1897 sous le nom Alliance communiste
révolutionnaire (ACR). Le PSR est dirigé par Édouard Vaillant, qui
fait partie de l'union des indépendants et des marxistes.
La marche vers l'unité : les deux partis socialistes (1901-1905)
En 1901, deux mouvements socialistes s'opposent :
une « gauche », clairement révolutionnaire, avec Vaillant et Jules Guesde ;
une « droite », plutôt réformiste, avec Jaurès et Paul Brousse.
Ces courants s'opposent régulièrement, par exemple lorsque Millerand
accepte d'entrer au gouvernement bourgeois, Guesde et Vaillant dénoncent
cette prise de position en déclarant que cela discrédite le socialisme.
Malgré ces rivalités, Vaillant prône l'unification. Aux élections de
1893, une cinquantaine de députés sont élus. Parmi les raisons de leur
élection, on trouve la diminution par le pouvoir du droit de presse,
et surtout le mécontentement des ouvriers, qui se manifeste par
de nombreuses grèves.
Deux rassemblements se développent :
Parti socialiste français : il regroupe les Socialistes Indépendants,
ce qui reste de la FTS de Brousse et la plus grande partie des Fédérations
indépendantes. Ce parti est dirigé en 1902 par Jaurès.
Parti socialiste de France : il regroupe le POF, le PSF, l'ACR et
quelques fédérations autonomes. Les guesdistes fournissent les 5/6
des effectifs. Créé en 1901 sous le nom d'Unité socialiste
révolutionnaire.
La SFIO
L'unification du socialisme français a lieu en 1905, au congrès
du Globe à Paris, qui fait suite du congrès socialiste international
d'Amsterdam de 1904. Le parti socialiste, section de l'Internationale
ouvrière, plus connu sous le sigle SFIO, parti du mouvement ouvrier, est né.
Ce rassemblement est à la fois une victoire des révolutionnaires et
une victoire des jauressiens. En effet, ils représentent le tiers de
la direction, même si Jaurès lui-même n'y siège pas, car les élus ne
peuvent en être membre.
La SFIO prend position contre la politique coloniale et le nationalisme
belliciste. Cependant il y a encore des divergences sur les questions
d'actualités. La rupture entre Vaillant et Guesde intervient dès 1906,
quand la majorité accepte la résolution du congrès d'Amiens sur
l'indépendance syndicale. Mais c'est sur la question de la guerre
que la rupture intervient nettement. Jaurès, suivant la doctrine de
l'Internationale, en appelle à la grève générale, voire à l'insurrection,
afin de prévenir ou d'arrêter le conflit. Jules Guesde pense lui que
la guerre peut détruire le capitalisme, et redoute que la grève ne
devienne effective et affaiblisse les pays les plus industrialisés,
ceux où l'organisation ouvrière serait plus forte. C'est une des raisons
pour lesquels les idées de Jules Guesde sont de moins en moins approuvées
par les adhérents SFIO qui se rangent du coté de Jaurès.
Le 28 juillet 1914, la SFIO publie un manifeste disant « A bas la guerre,
vive la république sociale, vive le socialisme international ». Ce manifeste
montre que les socialistes à ce moment étaient fermement contre la guerre.
Trois jours plus tard, Jaurès est assassiné par un nationaliste.
Dès le 2 août, il y a un basculement total avec le discours de Vaillant
qui déclare « en présence de l'agression, les socialistes accompliront
tous leur devoir pour la patrie ». Le 4 août, les socialistes votent les
crédits de guerre, et le 26 août lors de la création du gouvernement les
blanquistes et les guesdistes sont représentés dans le gouvernement
de l'union sacrée.
Ainsi, en 1914 la grande majorité de la SFIO accepte de cautionner
la guerre, contrairement à tous ses engagements antérieurs. Peu de
socialistes maintiennent l'opposition à la guerre : le Comité pour
la reprise des relations internationales (CRRI) de Fernand Loriot ou,
de façon moins radicale, la minorité dirigée par Jean Longuet, qui
crée le journal Le Populaire.
Les années 1919 et 1920 marquent un développement important du mouvement
ouvrier, la CGT multiplie par 2 ses effectifs en 1919. La SFIO aborde
les élections législatives de 1919 assez sereinement, elle présente un
nouveau programme rédigé par Léon Blum qui renvoie la perspective
révolutionnaire en disant « elle viendra à son heure historique ».
Dès mars 1919, des grèves démarrent dans les mines, le textile et dans
les banques. Ces grèves provoquent de fortes pressions sur la SFIO,
où deux franges s'affrontent : les « zimmerwaldiens » et la SFIO réformiste.
Cependant, la SFIO refuse de déclarer la grève générale. En février 1920,
au congrès de Strasbourg, les adhérents acceptent à 92% le retrait de
la SFIO de la Deuxième Internationale, discréditée par son attitude
favorable à la guerre.
Le Congrès de Tours
En décembre 1920, au Congrès de Tours, la question de l'adhésion à
l'Internationale communiste divise la SFIO :
À gauche, les partisans de l'adhésion sont d'une part les membres du
Comité de la troisième Internationale (« zimmerwaldiens »), dont
Fernand Loriot, Boris Souvarine et Charles Rappoport ; d'autre part
des anciens des courants socialistes de droite ou du centre (Marcel Cachin
et Ludovic-Oscar Frossard) sont ralliés à cette position.
Au centre, il reste l'ancienne tendance de gauche qui se réunit avec
Jean Longuet et Paul Faure, pour l'adhésion mais sous certaines réserves.
Ils contestes l'article 17 qui mentionne que le parti doit respecter les
directives centrales de la IIIe Internationale (c'est à dire qu'ils ne
sont plus libres de leur politique) et l'article 21 qui met en place la
révolution par une insurrection (révolution « blanquiste » des bolcheviks).
Enfin la droite des « guesdistes » et la droite des « reconstructeurs »
(partisans de Léon Blum), qui s'opposent catégoriquement à l'adhésion.
Malgré ces oppositions, l'adhésion à la IIIe Internationale ouvrière se fait
par 3028 voix contre 1022, et 327 absentions. La SFIO se divise en deux,
les majoritaires créent un nouveau parti : la SFIC (Section française de
l'Internationale communiste) que l'on appellera plus tard le
Parti communiste, puis PCF.
La SFIC regroupe en 1921 la majorité des adhérents de l'ex-SFIO unifiée,
et conserve aussi le principal organe de presse socialiste : L'Humanité.
Mais des luttes internes entraînent des départs, puis la stalinisation
du parti s'accompagne de vagues d'exclusions, et de la formation de
mouvements communistes dissidents[1]. Ceci entraîne une chute très importante
du nombre des adhérents (109 000 en 1921 ; 28 000 en 1933).
De son coté, la nouvelle SFIO n'est pas un parti important du point de
vue de ses adhérents (55 000 en 1923), mais ils ont un réel poids électoral
avec 101 députés aux élections de 1924. La SFIO adhère à la nouvelle
Internationale ouvrière socialiste.
Une scission syndicale, entre CGT et CGTU, suit la scission politique.
Le Cartel des Gauches
En 1924, une union se forme entre radicaux, SFIO et républicains-socialistes.
Ils passent un accord électoral, le Cartel des Gauches. Ils veulent le
retour de la défense de la laïcité, une défense des lois sociales, une
politique financière plus juste avec des aides où l'on privilégie le
prolétariat, et aussi une politique d'alliance avec la Société des
Nations (SDN).
La victoire électorale de mai 1924 du Cartel des gauches est de 328
sièges sur 582. Le premier gouvernement est celui de Édouard Herriot.
Il n'y a aucun ministre socialiste. La SFIO voulait diriger le gouvernement
car elle estime que les radicaux sont encore trop ancrés au sein de
la classe bourgeoise. Herriot met en place une politique de gauche pour
satisfaire son électorat. Il crée un conseil national économique et social.
Aristide Briand va se charger de la politique étrangère. Il y a malgré
tout un échec important sur sa politique laïque, à cause de l'opposition
de l'église ; Herriot voulait à nouveau supprimer l'ambassade du Vatican,
et le concordat de l'Alsace. Dès 1925, une division apparaît entre les
radicaux et les socialistes, qui porte sur le remboursement de la dette
nationale. C'est une crise d'endettement qui est due à la reconstruction
après la guerre, mais aussi aux bons du trésor. De plus la monnaie est instable.
Socialistes et radicaux sont en opposition sur la conception financière
du remboursement de la dette. Les radicaux veulent appliquer la méthode
libérale (laisser le commerce libre), tandis que les socialistes sont
pour l'instauration d'un impôt sur le capital. Une autre solution
donnée par la SFIO serait de transformer les bons du trésor en un emprunt
plus long. Le gouvernement n'arrive pas à trouver de solution, au moment
où le directeur général de la banque déclare qu'il n'y a plus de réserve d'or.
Herriot est accusé d'avoir fait exploser la dette nationale, il est donc
démis de ses fonctions. Six autres gouvernements du cartel des gauches
vont se succéder en 15 mois. Cette instabilité de la gauche est causée
par l'hostilité du milieu des affaires, qui renverse périodiquement
le gouvernement.
Du Front populaire à la Libération
En 1933, la SFIO est devenue plus importante que le Parti communiste.
Mais la SFIO est divisée entre plusieurs courants. Outre les conflits
entre Léon Blum et les néo-socialistes (qui sont exclus en novembre 1933),
d'autres courants co-existent :
*/ Une importante tendance issue de la tradition du « guesdisme », la Bataille
socialiste, située à la gauche du parti.
*/ Un courant d'extrême gauche « L'Action socialiste » qui défend un front unique,
une opposition à la défense nationale et une politique anti-impérialiste.
Ils seront exclus en 1933, mais ils continueront d'exister en tant
que « Comité d'action socialiste révolutionnaire ».
*/ Autre tendance, « la révolution constructive » est apparue dès 1930. On trouve
des intellectuels comme Robert Marjolin ou Georges Albertini, ils sont avec
les néo-socialistes. Ils partagent un bon nombre de préoccupations comme
l'impatience devant la « tergiversation » de Blum, l'attention aux classes
moyennes, la nécessité de l'intervention de l'Etat pour aider le secteur privé.
*/ Un petit courant créé par des communistes anti-staliniens : Le Combat Marxiste.
Ils se prononcent pour une « régénération marxiste-révolutionnaire » de la SFIO.
*/ En 1935, la tendance « Gauche révolutionnaire » se crée, dirigée par
Marceau Pivert. Elle regroupe les éléments d'extrême gauche non-trotskistes
qui sont au sein de la SFIO. La tendance est exclue en 1938, et fonde le
Parti socialiste ouvrier et paysan (PSOP).
Le paysage des années 1930 est marqué par la montée du fascisme.
Les intellectuels se réunissent en comités pour combattre le fascisme,
comme le Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, ou le
Mouvement Amsterdam-Pleyel dans lequel on retrouve les écrivains
Romain Rolland et Henri Barbusse qui sont proche des communistes.
Ce qui précipite le déclenchement en France d'une lutte intense contre
le fascisme, c'est l'évènement du 6 février 1934 où plusieurs ligues
d'extrême droite essaient de rentrer dans le palais bourbon. La gauche
voit en cette journée une tentative de renversement de la république.
C'est pour cela que dans un premier temps, la gauche organise une contre
manifestation le 8 février 1934. C'est à partir de ce moment-là que les
divers courants de gauche vont s'unir.
Après le rapprochement dans la rue, il y a une alliance entre les partis :
dès juillet 1934 la SFIO et le parti communiste mettent de coté leurs
querelles pour gagner les élections de 1936. Le 27 juillet 1934, les
socialistes et les communistes font un pacte d'unité et d'action.
Mais cependant, les radicaux n'acceptent de s'allier avec les communistes
qu'en mai 1935, la France signant un accord avec l'URSS. Le 14 juillet 1935,
les radicaux signent le ralliement populaire, celui-ci est célébré
comme un événement national.
En janvier 1936, les différents partis se mettent d'accord sur le
fameux programme « pain, paix, liberté ». Ce programme de Front Populaire
permet de gagner les élections de 1936. Cette victoire électorale est
accueillie durant les mois de mai et juin par de grandes grèves spontanées,
avec plus de 2 millions de grévistes. C'est une grève de pression politique,
avec des occupations d'usines.
Sous la pression des grèves, le Front Populaire procède à plusieurs
réformes en faveur des travailleurs comme la semaine des 40 heures,
l'instauration de deux semaines de congés payés, et une augmentation
des salaires de 7 à 15%. Cependant malgré ces réformes populaires,
la situation économique reste mauvaise, la production baisse. Dès
septembre, la hausse des prix est supérieur à la hausse des salaires,
Blum est obligé de dévaluer le Franc et en même temps, il décide de
faire une pause dans les réformes. En faisant cette pause, il perd la
confiance des socialistes et des ouvriers.
La deuxième cause de son renversement est que le Front Populaire refuse
d'intervenir pour aider militairement la République espagnole, qui est
confrontée au coup d'Etat franquiste. Blum décide de ne pas s'engager
dans cette guerre malgré lui. La troisième cause est les pression
antisémite de la part des journaux de l'extrême droite, car Léon
Blum est juif. Daladier va aussi critiquer le gouvernement alors qu'il
en fait lui-même partie. Le parti radical refuse les pleins pouvoirs à
Léon Blum en juin 1937. C'est la fin du Front Populaire.
De la Résistance à la Libération
La Seconde Guerre mondiale allait diviser en deux la SFIO :
ceux qui sont favorables au gouvernement de Vichy (Paul Faure, Charles Spinasse),
généralement par un « pacifisme » extrême, et les autres, majoritaires,
qui rejoignent les rangs de la Résistance (Pierre Brossolette,
Amédée Dunois, Félix Gouin, Jean-Baptiste Lebas, Daniel Mayer, Guy Mollet,
André Philip, Jean Pierre-Bloch, Christian Pineau, Pierre Viénot…).
Une partie des « paulfauristes » (partisans de Paul Faure) choisit
la retraite et le silence, Paul Faure se tient à la retraite. Mais
il y a une autre partie, une minorité qui participe à la presse
« collaborationniste » et s'engage dans des organisations d'extrême
droite dont le rassemblement populaire de Marcel Déat. Cependant,
il y a peu de militants qui adhèrent à ce mouvement. Pendant tout
le début de la période de l'occupation, les militants moyens ne font rien.
Le réseau est affaiblit depuis août 1940, les conseils généraux sont
suspendus et les conseils municipaux sont nommés par Vichy.
À partir d'août 1940, les premières tentatives de construire un parti
clandestin prêt à l'action contre l'occupant sont l'œuvre de deux blumistes,
Daniel Mayer et Henri Ribière. Une organisation est créée par Mayer
en mars 1941 : le Comité d'action socialiste (CAS), qui compte 2 000 adhérents.
Le CAS se renforce au cours de l'année 1942, et devient la SFIO reconstituée
en mars-juin 1943. Le Populaire reparaît clandestinement à partir de 1942.
Certains, comme André Philip, rejoignent la France libre à Londres.
Le parti socialiste appellent les socialistes à rejoindre les mouvements
de résistance existants, au nom de l'union nationale « tous les français
peuvent et devraient se rassembler sur un travail commun ». Les militants
SFIO sont majoritaires à Libération-Nord, et créent le Réseau Brutus.
Lorsque le Conseil national de la Résistance (CNR) est créé en 1943,
la SFIO y est représentée en tant que telle.
La SFIO se reconstitue à la Libération. La dérive de certains collaborateurs
a été pour certains jusqu'au fascisme. Ceux qui sont exclus de la SFIO
sans être allés jusque là créent un Parti socialiste démocratique
(autour de Paul Faure), qui a peu d'audience. Parmi ces 151 députés de l
a SFIO exclus, 96 furent frappés d'indignité nationale et donc,
de dégradation nationale.
En 1945 la SFIO compte 336 000 adhérents, ce qui est inférieur au PCF
qui compte dans ses rangs 791 373 adhérents.
Vers la transformation de la SFIO
La SFIO partage le gain des élections législatives de 1945 avec le PCF
et le MRP, chacun recueillant environ 25% des suffrages. Dans cette
situation particulière, aucun des 3 partis n'a la majorité à l'assemblé.
Ils doivent donc composer un gouvernement commun, pour avoir une forte
majorité au parlement. Cette période gouvernementale 1945-1947 est appelé
« le tripartisme ».
Le 20 janvier 1946, Charles de Gaulle démissionne de son poste de président
du conseil. C'est à partir du 23 janvier 1946 que le tripartisme prend
véritablement son ampleur. Dès le début de ce gouvernement, il y a déjà des
tensions, qui portent sur la nouvelle constitution. Au sein du tripartisme
deux tendances s'opposent :
PC et SFIO sont d'accord pour une seule assemblée forte et toute puissante.
le MRP veut une deuxième chambre et un président avec plus de pouvoir.
La majorité de gauche impose son projet mais il sera refusé par l'assemblée :
il y aura deux chambres avec un vrai pouvoir. Le nouveau projet étant adopté,
de nouvelles élections législative ont lieues : le PCF arrive en tête (28,2%),
la SFIO perd du terrain avec 17% des suffrages. Un événement va surgir qui
va mettre fin à la politique tripartite : c'est le discours de Bayeux du
16 juin 1946 où le MRP interprète le discours comme une mise en garde de de
Gaulle sur les partis de gauche. Le MRP fidèle à de Gaulle, décide de se
séparer du tripartisme. Ceci annonce la fin du tripartisme.
En 1947, c'est le socialiste Vincent Auriol qui est élu comme premier
président de la Quatrième République.
Guy Mollet devient secrétaire général de la SFIO en 1946, et ce jusqu'en 1969.
Entrés dans l'opposition en 1950, les socialistes reviennent au pouvoir en 1956
avec le gouvernement Guy Mollet. L'affaire du canal de Suez, la politique
algérienne de Guy Mollet (poursuite de la guerre), le soutien à Charles
de Gaulle en 1958, firent apparaître de nouvelles divisions et scissions :
le Parti socialiste autonome (PSA) en 1958, puis le Parti socialiste
unifié (PSU) en 1960.
En 1962, la SFIO a perdu 80 % de ses adhérents par rapport à la Libération,
et la moitié de son électorat. La SFIO n'arrive plus à recruter dans les
métiers techniques. Sa politique sur l'Algérie est largement désavouée par
le reste de la Gauche, et par de larges couches de la jeunesse. À tous points
de vue, la SFIO de Guy Mollet n'est plus qu'un squelette de la SFIO d'antan.
En 1964, il y a deux tendances, ceux qui veulent battre De Gaulle par le
cadre institutionnel, et ceux qui veulent transformer la gauche non communiste
en force d'appoint de « nouveaux managers ». C'est à nouveau un projet de
rassemblement dans la SFIO d'un courant novateur où Mollet ne peut prendre
le risque de désavouer frontalement Gaston Defferre. Le congrès de 1964 accorde
l'investiture de ce projet. Pourtant les syndicats refusent de participer
au soutien « horizon 80 », et le PSU fait de même. Le projet de Defferre
n'aboutit pas et il retire sa candidature.
François Mitterrand, homme politique de centre-gauche qui n'appartient
pas à la SFIO, a une conception différente. Il voit la nouvelle politique
française en un affrontement bipolaire : une union de toute la gauche contre
la droite gaulliste. C'est pour cela qu'il se présente pour les élections
de 1965 comme candidat unique de la Gauche. La campagne est un franc succès :
face à de Gaulle il obtient au premier tour 32,2 % des voix, et au second tour
45 %. Mitterrand fonde dans la foulée la Fédération de la gauche démocrate et
socialiste (FGDS) qui regroupe la SFIO, le parti radical, la Convention des
institutions républicaines et divers clubs.
En 1969, tous les alliés envisagés se dérobent et se présentent séparément.
La SFIO se présente seule aux élections et ne recueille que 5 % des voix
(candidature Defferre). Ces élections sont les dernières auxquelles se
présentent un parti sous l'appellation SFIO.
En 1969, sous l'impulsion d'Alain Savary, la SFIO fusionne avec
l'Union des clubs pour le renouveau de la gauche pour créer le Parti socialiste,
lors du congrès d'Issy-les-Moulineaux en 1969.
à Front Populaire
De Waldeck
Naufragé en Sarkoland | 11H30 | 05/12/2008 |
Un bon lien aurait suffit…
à Front Populaire
De Tanta Ju
Matheuse au pays des saucisses | 11H30 | 05/12/2008 |
Non mais ca va pas de mettre des postes aussi longs, et copies dans wiki en plus. T'es bien gentil, mais on peut y aller tout seuls si on veut. Et en plus, c'est pas parce que c'est dans wiki que c'est vrai. (Ne pas le prendre perso pour cet article, je ne l'ai pas lu. Je m'agace juste de ce truc sans fin qui n'a rien a faire dans les commentaires)
De affreuxjojo
00H58 | 05/12/2008 |
Petite leçon d'incohérence de la part de Mr Serraf spécialiste incontesté.
Dans ses tribunes, Mr Serraf donne Zapatero et Blair comme modèle aux socialistes Français. Les économies Espagnoles et Britanniques sont justement celles qui en Europe subissent le plus la crise. Ce sont celles dont le fonctionnement se rapproche le plus du modèle Américain. Ce que Hugues Serraf appelle modernité et dynamisme n'était qu'une bulle spéculative (finance et immobilier) appelée, comme toute bulle, à éclater. C'est fait.
Hugues Serraf croit pouvoir définir ce qui est moderne et ce qui est archaïque. Il ne perçoit pas que rien n'est permanent, que les idéologies fluctuent comme des modes et que vouloir être dans l'air du temps, c'est avoir l'ambition d'une feuille morte.
Le Keynesanisme a relancé les économies après la crise de 29. Il était moderne, fut présenté comme ringard et redevient moderne. Ce qu'Hugues Serraf croit être moderne (libéralisme économique, retrait de l'état, déréglementation, privatisation) vient de se casser la figure et apparait, à qui ouvre les yeux, comme particulièrement rétrograde. Au USA, les néo-libéraux sont appelés fort justement néo-conservateurs. En effet, le néo-libéralisme est un conservatisme. Il permet à la classe possédante, par un discours d'apparence moderne, de retrouver ou d'augmenter ses vieux avantages. C'est une restauration. La démission de l'état, la liberté de faire circuler sans limites finances et marchandises, la course au moins-disant social dans une concurrence mondialisée permet de moins rémunérer le travail. C'est bien le but de tout conservateur et de tout néo-libéral. Faute de consommateurs solvables, ne reste alors que l'endettement pour stimuler la machine. D'où une nouvelle incohérence d'Hugues Serraf : En Espagne, « la crise des supbrimes éclate un poil trop tôt ». C'est au contraire parce qu'elle arrive très tard que l'explosion de la bulle spéculative est aussi violente. Cette bulle était annoncée depuis des années. Une fuite en avant irresponsable et voulue par les libéraux (qui préfèrent des salariés endettés que bien payés) l'a retardée et donc amplifiée.
Ce que ne perçoit pas Hugues Serraf, c'est que le libéralisme économique qu'il défend et qu'il croit moderne et en fait un phénomène historique majeur de régression sociale. Défendre ce phénomène qui se fait contre les travailleurs,les exclus, les salariés et les pauvres en se prétendant de gauche est une incohérence de fond qui ne peux le conduire qu'a des tribunes incohérentes.
à affreuxjojo
De Lugi
13H44 | 05/12/2008 |
Le fait est que la sociale démocratie, pardon, les tenants de la sociale démocratie ont reculés sur tout les points qui faisaient du courant idéologique un courant social.
De fait, le modèle qu'ils proposent et qui est aujourd'hui contesté n'est plus que l'ombre de ce qu'il fut.
Je suis d'accord avec vous. Au sujet de la bulle. En éclatant tard elle a éclaté plus fort. Ce que les gens ne comprenne pas, c'est que la bulle financière a pallié les symptômes d'une récession économique plus durable, qui est la crise du néolibéralisme.
La croissance dans le monde occidental a longtemps été maintenue par l'endettement de l'état et des ménages. Combien d'ânes on proféré que pour relancer la consommation il fallait favoriser le crédit ?
Il est idiot de faire un parallèle entre la politique de Tony Blair et celle des socialistes en France.
Différents pays différents problème. Lorsque Blair est arrivé au pouvoir il ne restait absolument rien. Pas même un embryon d'économies, pas de sous dans les caisses de l'état, pas de sous dans les poches du contribuable. Ce qui a permis de financer sa politique, de relancer l'économie anglaise fut l'autorisation aux banques anglaises d'accorder plus facilement des crédits, aux particuliers comme aux entreprises.
Ce qui me frappe le plus chez Hugues Serraf, c'est son insolente manie de reprocher au reste de la gauche tout ce qu'il n'aime pas dans l'idéologie qu'il défend. Comme s'il percevait la réalité par un prisme déformant. Ca la fout vraiment mal pour un visionnaire.
Impressionant.
Attali sort de ce journaliste !
à affreuxjojo
De Blabla et Bla
Cep Tik? | 15H28 | 05/12/2008 |
…et c'est peu de le dire !
De paradygm
09H10 | 05/12/2008 |
Ou quand la pensée unique, néolibérale, gangrène les discours de gauche. Le néolibéralisme tente de se faire passer pour un « Pragmatisme », mais est bien une idéologie ou réforme signifie généralement casse sociale, et où tou t discours réellement progressiste est disqualifié, ou plutôt qualifiée d'archaïque.
Bien triste.
Ces gens se feraient à coup sur plus discret si le PS avait assumé plus tôt ses pratiques sociales-démocrates, ou même démocrates, et s'essuyait les mêmes revers électoraux que les gauches européennes.
De les nouveaux sans culottes
sans illusions | 10H01 | 05/12/2008 |
quand on se déclare social democrate c est qu on n est pas socialiste et qu on n a jamais compris ou ressenti réellement ce qu etait etre socialiste.
va donc
au modem ou a l ump c est ta place.
oui à l implosion du ps dehors les imposteurs.
si etre plus à gauche que toi c est etre ringard ça veut dire quoi….
bientot seront ringards les athées
les syndicalistes
les syndiqués
les ecolos
les ouvriers seront invités à raser les murs et à avoir honte d exister.
moi je garde au coeur une plaie ouverte
et je t emm…..
à les nouveaux sans culottes
De Blabla et Bla
Cep Tik? | 15H31 | 05/12/2008 |
Je crois que ceci a pris corps avec le fameux conseil miterrandien consistant à dire : » si un interlocuteur vous met en position délicate, traitez-le de lepeniste ! »
Cette gauche ?
Mon cul !
De les nouveaux sans culottes
sans illusions | 10H40 | 05/12/2008 |
oui c est vrai nous sommes ringards de connaitre mieux que les non ringards la révolution française la commune de paris la révolution russe espagnole et toutes les autres nous sommes ringards de vouloir aujourd hui une révolution qui dénonce justement tout ce qui a fait echouer le mouvement ouvrier :
le nationalisme
le socialisme autoritaire c est à dire le stalinisme à l est
le PCF en france
et depuis des decennies en france un PS qui n a vraiment plus rien de proletarien
allez Melenchon en avant
De gogoliath
Ingénieur | 10H48 | 05/12/2008 |
La vrai rupture ce sera avec ce capitalisme cupide qui mène le monde à sa ruine
Mélenchon m'est sympathique même si je n'adhère pas à son nouveau parti car il sait dire,dans les médias, des vérités que ses médias n'aiment pas du tout relayer.
Ces médias pleins de journalistes « progressistes » préfèrent nos vendre leur soupe « modernes contre archéos »
La maison brûle et on nous fait regarder ailleurs
à gogoliath
De Sylap
Citoyen | 13H47 | 05/12/2008 |
exact
pour la droite et le « centre-gauche » (et les médias)
moderne = qui persiste dans le libéralisme économique dévastateur (humainement, socialement et écologiquement)
archaïque = qui veut radicalement changer tout ça
Logique non ?
De camarade vitamine
11H20 | 05/12/2008 |
Vain de chercher dans le mode d'emploi de l'appareil. Reste à trouver l'idée première des « concepteurs », d'en faire les corrections nécessaires, de réajuster sans idéologie aucune un projet matérialisé, tourné vers l'avenir d'une humanité encline à sa propre autonomie.