Du traitement journalistique de l'insécurité sociale

En 2002, les « Papy Voise » avaient encore une maison à incendier. En 2008, ils sont déjà SDF. Dans les deux cas, la droite se frotte les mains.

S'il existait un prix du journalisme démago, il serait décerné sans long débat à la chronique « La vie ric-rac » de Libération, exercice hebdomadaire de description de la pauvreté ordinaire dans la France contemporaine. Notez bien que la récompense n'irait pas directement à l'auteur de ce quart-de-page désespérant -il ne fait jamais que son boulot- mais bien au quotidien lui-même.

De l'exploitation complaisante d'un sentiment d'angoisse

Pour Didier Pourquery, rédacteur en chef de Libé, il était en effet grand temps d'aller voir comment les Français, « qui ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts », s'organisent « pour vivre à la marge ». Allons bon !

Bourdieu, lorsqu'il explorait la Misère du monde, gardait au moins la distance du sociologue et ne confondait pas l'exploitation complaisante d'un sentiment d'angoisse avec les difficultés concrètes de nos concitoyens réellement mal lotis.

Franchement, quand ce sont « les » Français qui « vivent à la marge », on se demande à la marge de quoi. De fait, « La vie ric-rac » et autres papiers anxiogènes de la même eau rappellent surtout la diffusion en boucle du visage tuméfié et la bicoque incendiée de Papy Voise sur TF1, lorsque l'insécurité permettait, plus que le pouvoir d'achat, d'occuper le temps de cerveau disponible entre deux spots de pub. Bon, il y avait bien, à l'époque, d'authentiques agresseurs et d'authentiques agressés dans ce pays, mais la banalisation de l'idée que la France était à feu et à sang allait plus servir à propulser le Borgne au second tour de la présidentielle et Chirac à l'Elysée qu'à réduire la criminalité…

Inutile, incidemment, de venir m'expliquer à quel point je suis insensible. Insensible, clairement, je ne le suis pas. Mais allergique à la complaisance moutonnière des gazettes, ça, je le revendique. Je n'habite pas dans une bulle étanche aux soubresauts de la planète et je connais au moins aussi bien que les redresseurs de torts habituels des commentaires de mes articles ce qu'est la réalité française. Mieux que ces derniers, pour autant, j'accepte d'en observer toutes les facettes et de ne pas décréter que ce pays n'est plus qu'un gros morceau de quart-monde à l'agonie puisqu'il ne l'est pas.

Faire pleurer Margot profite toujours politiquement à la droite

Ainsi, je ne résiste pas au, hum, plaisir de citer l'un des grands moments de cette rubrique, lorsque nous sommes invités à souffrir avec cette famille de cinq personnes entrant dans un restaurant pour « regarder dans l'assiette des autres d'un air envieux » sans commander quoi que ce soit -amenant l'aubergiste à leur offrir une grosse portion de frites « au prix de la barquette ».

Combien y a-t-il, parmi les lecteurs de Libé qui n'auront pas manqué de verser une larme sur une famille vraisemblablement démolie par le paquet fiscal sarkozyste, de naïfs prêts à prendre ce conte édifiant pour argent (sic) comptant ? Combien d'entre eux ont l'habitude, en période de vaches maigres, d'aller s'asseoir avec les gosses dans une gargote pour lorgner l'assiette des voisins en grignotant une portion de frites à cinq ?

Chaque semaine, « La vie ric-rac » creuse le sillon d'une classe moyenne abonnée au Secours populaire et aux Restos du cœur, de « petits commerçants qui se croyaient à l'abri », de gens comme vous et moi qui, « aux abois », connaissent l'humiliation de l'aide alimentaire. Mais enfin, ces gens comme vous et moi, sont-ils les mêmes qui exigeaient l'arrivée d'un homme à poigne en l'Elysée en 2002 et faisaient plus confiance à Chirac ou à Le Pen qu'à Jospin pour remettre de l'ordre dans les « zones de non-droit » ?

Ce qu'il y a d'ironique, mais aussi de dramatique, dans cette déréalisation grotesque d'un vrai problème, c'est qu'elle profite toujours aux mêmes en termes politiques. Convainquez les gens qu'ils risquent leur vie à chaque fois qu'ils croisent un ado à capuche et ils voteront à droite. Serinez-leur qu'ils souffriront bientôt de malnutrition, ils votent toujours à droite. Ah, il y a tout de même une petite différence entre les deux approches : la prochaine fois, c'est vraisemblablement à Besancenot qu'il reviendra d'écarter le candidat socialiste de la finale. C'est le progrès.

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Portrait de marie 75

De marie 75

19H56 | 03/11/2008 | Permalien

ne plus acheter libé !
Mais allez voir le film des Dom Quichottee !

Portrait de lesuperdidou

à marie 75 Portrait de marie 75 De lesuperdidou

Saltimbanque | 20H52 | 03/11/2008 | Permalien

…en le regardant à travers les lunettes de son voisin, vu le prix de celles-ci !

Portrait de FanFan2722

à marie 75 Portrait de marie 75 De FanFan2722

reactionashow.blogspot.com | 16H20 | 05/11/2008 | Permalien

J'aime Laurent Joffrin et sa barbiche pleine de brioche qui pleure sur les pauvres tandis qu'il tient des propos digne de Laurence Parisot.
La semaine dernière, le syndicat du livre à la NMPP est en grève. La presse quotidienne nationale ne parait pas et les citoyens vous remercient de ce répit dans le flot perpetuel du mensonge à la botte de l'élysée. La barbiche est pris d'un excès de bravoure et il appelle son copain bedonnant Demorrans à France Inter. Dans le journal de 8h, il pleure en direct pour dénoncer une « prise d'otage » insupportable, « des menaces physiques ». Le discours est réactionnaire et éprouvé des pontes UMPistes et frontistes. On se croirait à TF1 un jour de grêve des cheminots. Nonce Paolini a infecté Joffrin….
5 minutes de pollution sonore au réveil cela fait mal !
Laurent mon petit tu commence à nous les briser menu ! Tel ton mentor j'ai envie de te dire « casse toi […] » Tu auras le droit de pleurer sur les pauvres gens dans une sémantique pathétique le jour où tu auras ta carte de catho de droite. En attendant, tu insulte le grand Sartre.
Boycottons les médias élyséens !

Portrait de ToRDReLoRDRE

De ToRDReLoRDRE

chien de talus | 22H19 | 03/11/2008 | Permalien

« et je connais au moins aussi bien que les redresseurs de torts habituels des commentaires de mes articles ce qu'est la réalité française. » bah ouai, vu de la maison de la truffe tout va bien…
Viens-donc faire un petit tour à RMIland, j'crois que Picsou a un peu déconné !

Portrait de D.Pourquery

De D.Pourquery

journaliste | 23H05 | 03/11/2008 | Permalien

Franchement je ne comprends pas bien -sur le fond- ce que vous reprochez à cette chronique, c'est sans doute trop intelligent pour moi pauvre rédacteur en chef « démago » adepte de la « déréalisation grotesque ».
Je voudrais quand même vous répondre sur un point : il est malhonnête de prétendre que Libération (dont je sais qu'il est bien vu sur ce site de le vilipender en précisant bien qu'on ne le lit plus) se contente de traiter de la question de la pauvreté à travers cette seule chronique. Vous le savez bien, nous consacrons à ce sujet des enquêtes, reportages, témoignages et autres pages débats très régulièrement. Par ailleurs l'idée de cette chronique est venue des journalistes de Libé et non d'une volonté cynique d'un rédacteur en chef démago.
Pour le reste c'est vous qui avez la main, c'est votre blog, vous pouvez y écrire toutes les contre-vérités, propos confus et autres injures que vous souhaitez partager avec vos lecteurs, sans autre sanction que l'indifférence.
Essayez simplement d'imaginer quelques instants que nous essayons de faire notre boulot le mieux que nous le pouvons, sans volonté machiavélique, ni arrières-pensées tordues. Simplement le boulot de partage de ce que nous voyons, de ce que nous recueillons. Pas « redresseurs de torts » bien pensants, juste journalistes. Etonnant, non ?
Allez, ce n'est pas grave…

Portrait de Hugues Serraf

à D.Pourquery Portrait de D.Pourquery De Hugues Serraf (auteur)

Chroniqueur | 10H12 | 04/11/2008 | Permalien

Ce n'est pas que vous n'ayez « pas bien compris » ce que disait cet article. C'est plutôt que vous ne l'avez pas compris du tout. C'est très différent.

Peut-être est-ce lié à son côté « confus  » (on n'est jamais à l'abri d'un manque de clarté), mais je subodore que c'est pour une autre raison : vous tombez sur un texte s'en prenant à Libé sur Rue89 et vous présumez, après l'avoir lu en diagonale, qu'il vous reproche de ne pas en faire assez sur la pauvreté et de n'assurer qu'un service minimum avec « La vie ric-rac » (c'est bien ça ? ). Et lorsque vous repérez quelques arguments ne cadrant pas avec votre présupposé, vous mettez ça sur le compte de la « confusion  »…

Vous ne sauriez être plus à côté de la plaque : je m'agace en réalité de la manière dont Libé se complait constamment à décrire cette misère ordinaire. « La vie ric-rac », avec ses histoires de frites pour cinq, n'est que le point culminant d'une attitude consistant à marteler que la vie dans la France contemporaine est à peu près aussi abominable qu'au Moyen-âge. Que la disette nous guette. Que tout va mal. Que nous sommes tous misérables. Et surtout que ça va péter.

C'est littéralement ce que vous faites au quotidien, avec vos dossiers immobiliers alarmistes aux faits fabriqués, vos descriptions apocalyptiques et démagogiques de la réalité… Cette attitude, à mon sens, c'est un peu le pendant de gauche du « déclinisme » traditionnel de la droite. La seule différence avec le « déclinisme », d'ailleurs, c'est que dans ce contexte, le déclin est déjà là.

Mais au-delà de ce reproche de complaisance et de démagogie « confusément  » formulé, je me permettrais de vous en adresser un second –- lié à votre réaction. Comme je le disais, c'est parce que ce texte est publié sur Rue89, et dans un « blog » (vous insistez apparemment sur ce point), que vous présumez qu'il sera aussi prévisible qu'un commentaire de lecteur sur Libe.fr. Qu'il sera une espèce de vocifération convenue sur le thème « vous n'êtes pas assez de gauche, je ne vous lis plus ».

Avec ce genre d »a priori, vous faites montre d'un esprit aussi binaire que les gens qui détestent tomber sur des points de vue discordants dans un média estampillé gauche ou droite. C'est d'ailleurs à eux que s'adressait mon incise sur les «  redresseurs de torts risquant de me trouver insensible ». Ceux qui me sont tombés dessus lorsque j'ai soutenu, ici même, Joffrin dans l'affaire des NMPP.

Ah, un dernier point : où sont les « contre-vérités » (ça veut dire « mensonges », hein ? ) et les « injures  » dans mon papier ?

Portrait de marie 75

à Hugues Serraf Portrait de Hugues Serraf De marie 75

11H42 | 04/11/2008 | Permalien

quand un jésuite répond à un jésuite…
Qu'est-ce qu'ils se racontent ?
Des histoires de jésuites.

Portrait de zorbek

à Hugues Serraf Portrait de Hugues Serraf De zorbek

21H06 | 04/11/2008 | Permalien

Il n'y a pas qu'à Libé qu'on trouve du misérabilisme. Dans un genre apparenté, le Monde Diplo c'est pas mal non plus. A le lire, on pourrait croire que la terre va de catastrophe en catastrophe, et pourtant elle tourne toujours. Sans vouloir étaler la confiture, Hegel avait écrit des choses fort pertinentes sur la belle âme…

Portrait de Pas lolo

à zorbek Portrait de zorbek De Pas lolo

fasciné | 14H21 | 05/11/2008 | Permalien

C'est sur qu'en repensant aux articles de Lordon sur la finance mondiale depuis deux ans… Alors qu'il n'y avait aucune raison d'angoisser.
Quant à la Terre, elle tournait avant nous, et nous disparue elle tournera toujours. Ne croyez pas ceux qui vous disent le contraire.

Portrait de FanFan2722

à zorbek Portrait de zorbek De FanFan2722

reactionashow.blogspot.com | 16H25 | 05/11/2008 | Permalien

Comparer Libé et le monde diplo c'est comparer Mc Do et la cuisine de ma grand mère. Le premier est fait en 5 minutes et est bourré d'anti vomitif, tandis que le deuxieme requiert 3 heures de préparation et on en redemande une fois l'assiette vide. Ou bien Hallimi et consorts écrivent avec une plume qui vous dépasse. Ou bien le joffrinisme vient de faire une nouvelle victime. Que fait la commission parlementaire sur les sectes pour agir ?

Portrait de Pas lolo

à Hugues Serraf Portrait de Hugues Serraf De Pas lolo

fasciné | 14H18 | 05/11/2008 | Permalien

Excellent votre papier sur le dossier Etaux-taux de Libé. Là vous les scotchait.
Sauf que, si je peux humblement ajouter mon grain de sel, vous n'avez strictement rien compris au problème.

Ceci dit, tout aussi humblement que dans ma dernière conversation avec un « économiste » qui me causait de hedge funds, sans avoir l'air au d'être au courant que le tiers des encours des fonds avaient été retiré desdits depuis trois mois. Forcément, quand on ne sait pas, on peut se permettre un optimisme suffisant, caractéristique principale de nos éminents économistes franchouillards mais modernes.

Pour en revenir aux fameux taux capés. La majorité des prêts effectuées depuis trois ans sont à taux variables. La quasi totalité des prêts accordés par des banques dont les initiales contiennent C et F, sont des prêts à taux « capés » pour la MENSUALITE. Ils ont généralement été accordés à un Taux d'appel (équivalent du teaser rate), qui était inférieur à ce que l'application de la formule de révision aurait donnée. Généralement, ils sont révisables une première fois au bout de deux ans. Et là apparaissent les surprises.
1) On se retrouve avec un crédit qui passe de 28 à 33 ans direct (ce qui est le max d'extension de durée)
2) Comme on est au max de durée les mensualités augmentent avec application du nouveau taux, ce qui fait que les mensualités grimpent parfois de 30% voir plus.
3) Dernier effet Kiss Cool, celui qui achève : le taux dit capé (genre taux initial +2% pour les bonnes oeuvres de la banque) n'est pas le taux du prêt. Il n'est qu'un taux servant à calculer les mensualités. Le taux réel étant en fait plus élevé (genre euribor 1an +1,5-2%), il peut apparaître un effet d'amortissement négatif. En clair, vous remboursez moins que les intérêts et votre restant du augmente. Suffira, de régler la totalité de celui-ci dans trente et un ans, au début du dernier semestre.

Dire que le problème est totalement marginal est également un rien exagéré.

Sur ce fil de discussion de cbanque :
http://www.cbanque.com/forum/thread1526.html

« Quelques » personnes discutent de leurs soucis, on en est à 903 pages (neuf cent trois).

Ce qui me gêne un brin avec les réacs, c'est pas tant qu'ils soient réacs, c'est qu'à force de vouloir faire dans le paradoxe élégant, ils tombent généralement dans la « contre-vérité » patente.
Dernier point, le problème n'est pas de savoir si des crétins qui ne savent pas lire un contrat se sont fait … Mais si ils pourront tenir le choc financiérement sans ajouter au boxon ambiant sur le marché de l'immobilier ou en plantant des banquiers voraces.
Sinon, pour rassurer Porquery, moi je lis encore libé. Mais faut excuser mon incompétence en informatique, j'arrive pas à neutraliser addblock. De toute façon, mes impots sont vos subventions.

Portrait de parti

De parti

punishment park | 23H59 | 03/11/2008 | Permalien

quel beau texte…tout en nuance…c'est vrai quoi…et tellement politquement incorrect…loin de tout amalgame…merci papy serraf…

Portrait de Radadalamechantesorciere

à parti Portrait de parti De Radadalamechantesorciere

Ensemble tout devient beurk | 09H16 | 04/11/2008 | Permalien

J'adore cet article !
Et comme dit Lamorille, politiquement incorrect. Une petite merveille.

Portrait de asozial

De asozial

aus Berlin | 00H52 | 04/11/2008 | Permalien

euh, et ta solution, c'est donc de voter socialiste ? ah ben nous sommes sauvés !

Portrait de ToRDReLoRDRE

à asozial Portrait de asozial De ToRDReLoRDRE

chien de talus | 01H17 | 04/11/2008 | Permalien

bah oui tiens votons Straus-Khan !

Portrait de Alain Pacifique

De Alain Pacifique

02H27 | 04/11/2008 | Permalien

à monsieur l'amateur de noisettes au prix de la truffe,
vous écrivez ceci « 
Convainquez les gens qu'ils risquent leur vie à chaque fois qu'ils croisent un ado à capuche et ils voteront à droite. Serinez-leur qu'ils souffriront bientôt de malnutrition, ils votent toujours à droite ».
donc, si je comprend bien, il faudrait leur dire que tout va bien dans le meilleur des mondes ( de droite )pour qu'ils votent enfin à gauche ! ! ? ? ! !

c'est ca, être libéral de gauche ? ?
et le paquet fiscal de not'sarko 1er, vous approuvez ?
ils lisent quoi comme journal, les pauvres ?

Portrait de compte désactivé 2

De compte désactivé 2

07H28 | 04/11/2008 | Permalien

Quelle démagogie ! La gogoche a gouverné pendant plus de 20 ans et sous son règne, la pauvreté n'a cessé d'augmenter, pendant que la clientèle de la gauche, tout ce qui relève du public, prospérait égoïstement en revendiquant toujours plus au détriment des femmes seules avec enfants, des travailleurs pauvres auxquels s'est intéressé Sarko et les petits retraités… Alors ta démagogie bouffonne à deux balles, tu peux la remballer ! ! ! ! !

Portrait de déluge

à compte désactivé 2 Portrait de compte désactivé 2 De déluge

menuisier | 10H41 | 04/11/2008 | Permalien

« La gogoche a gouverné pendant plus de 20 ans “

-81/86 : 5 ans
-88/93 : 5 ans
-97/2002 5 ans

Sort ta calculette si tu es aussi truffe qu'en histoire.

Et ça donne des leçons.
Remballe toi, toi-même banane.

Portrait de parti

à compte désactivé 2 Portrait de compte désactivé 2 De parti

punishment park | 11H58 | 04/11/2008 | Permalien

'tain tu commences tôt…le (tout) petit gaétan…

Portrait de Waldeck

De Waldeck

Naufragé en Sarkoland | 09H16 | 04/11/2008 | Permalien

« C'est dur d'être aimé par des Cons » !
…Comme dit l'autre.

C'est dur aussi d'être chahuté par ceux qu'on aimerait séduire.

Nul n'est prophète en son pays, dans son camps, mais votre camps à vous, H.S., il est où ?

A gauche, où vous prétendez être, ou à droite où vous ne reconnaissez pas ?

Vous vous revendiquez de la gauche, bien, mais cela vous gène d » avoir à y cotoyer des chenapans comme Besancenot et autres Bové.

Vous êtes aussi embêté que Marchais dans un cortège, bras-dessus bras-dessous avec Cohn Bendit.

Votre position n'est pas aisée, on en convient.

Vous vous situez à gauche, parce que c'est une question « de coeur », mais rassurez-vous, comme l'a dit un candidat à la présidentielle à son adversaire : « la gauche n'a pas le monopole du coeur ».

Alors, pourquoi ne regagnez-vous pas la droite ?
Vous vous frotterez à B.K. qui a fait le saut (mais a-t-il été un jour « de gauche » ? ), et à Roger Hanin…

Vous y seriez plus en « famille », en « phase » avec les libéraux, sans buter chaque fois sur le misérabilisme !

Et le centre ? Vous avez essayé ?
Près de Bayrou, dans la mémoire de ce bon Lecanuet ?
Pas trop loin des Rad'Soc'.

Quoi qu'il en soit, où que vous vous situiez, laissez ouvert ce Carnet de Vaticination où l'on peut apprécier vos articles moulés à la louche et chantournés à la main.

Portrait de Hugues Serraf

à Waldeck Portrait de Waldeck De Hugues Serraf (auteur)

Chroniqueur | 10H53 | 04/11/2008 | Permalien

Oui, vous avez raison, il est toujours risqué de ne pas sélectionner un camp pour en adopter les tics et les dogmes pour l'éternité. Mais je préfère cette position inconfortable, puisqu'elle me permet de me forger une opinion sur différents sujets sans me demander si je suis dans la ligne. Dans mon cas, pour autant, je ne crois pas qu'il s'agisse de centrisme mou.

Allez-vous me le reprocher ?

Portrait de déluge

De déluge

menuisier | 10H46 | 04/11/2008 | Permalien

N'étant pas lecteur régulier de Libé (en plus à 1,30…), je n'ai pas en tête cette rubrique.

Toutefois, je ne vois pas en quoi, parmis les océans de presse people qui nous vendent à longueur de couverture, les « stars au soleil », ou les yacht de luxe, quelques lignes décrivant le quotidien de la misère au quotidien feraient problème.

Le parallèle avec papy Voise est par ailleurs parfaitement incongru : Libé n'est pas TF1, ni en terme d'éthique journalistique, ni en terme d'audience et de force de frappe médiatique.

Serait-ce à dire qu'encore une fois Hugues Serraf confond prendre position et prendre la pose ?

Portrait de Hugues Serraf

à déluge Portrait de déluge De Hugues Serraf (auteur)

Chroniqueur | 11H10 | 04/11/2008 | Permalien

Je ne pense pas qu'une rubrique de ce genre (vous pouvez suivre les liens pour lire les articles et vous faire une idée plus précise) soit une réponse à la presse people. Je ne crois pas qu'il faille respecter une sorte d'équilibre dans les kiosques : un papier sur la Rolex de Sarko dans Gala, et bing (bling ? ), un papier sur la misère ordinaire dans Libé  !

Mais le parallèle avec Papy Voise me semble en revanche tout à fait pertinent. L'insécurité existe, mais elle n'est pas l'alpha et l'oméga de l'expérience française. Elle était pourtant devenue un argument central dans la campagne de 2002, formatant les esprits autour d'un sentiment de risque permanent dans une espèce de jungle urbaine habitée par des monstres encapuchonnés…

Le discours sur la misère est de même nature. Cette manière de répéter constamment qu'un pays comme la France, qui redistribue plus de 50% de son PIB, qui est doté de structures sanitaires efficaces et universelles ou de filets sociaux multiples, est un enfer dickensien provoque le même type de représentation de leur environnement chez des gens qui ne vivent pas, dans leur immense majorité, cet enfer.

Ca ne veut pas dire que les problèmes n'existent pas. Mais ça veut dire qu'en les déformant, on ne peut plus en parler de manière posée. On ne peut plus les traiter. D'autant plus que Libé a le cul entre deux chaises avec ce type de discours, un peu comme un Fabius faisant un tour à la fête de l'Huma et recevant des oeufs pourris. Parce que personne n'est dupe, il lui faut en rajouter ce qui n'empêche pas les lecteurs de ne jamais le trouver assez radical.

Portrait de ToRDReLoRDRE

à Hugues Serraf Portrait de Hugues Serraf De ToRDReLoRDRE

chien de talus | 12H33 | 04/11/2008 | Permalien

« un pays comme la France, qui redistribue plus de 50% de son PIB, qui est doté de structures sanitaires efficaces et universelles ou de filets sociaux multiples, est un enfer dickensien provoque le même type de représentation de leur environnement chez des gens qui ne vivent pas, dans leur immense majorité, cet enfer. »…tout est dit, H.S., vous avez un problème oculaire. Vous vivez dans une vision qui n'est plus, vous ne voyez pas au présent. L'accès aux soin est bien plus mal assuré qu'avant faute de moyens et de personnel alloués en proportion de la demande, l'aide sociale pour être accordé doit faire l'objet d'un combat à plein temps de la part de celui qui est dans la merde, ce que vous imaginez encore être des filets sociaux sont devenus des trappes à pauvres. Sortez-donc du disneyland dans lequel vous vivez, et allez-donc vous forger votre fameuse opinion personnelle au contact de la réalité (pas loin d'être « dickensienne » mais plutôt hugolienne) d'un bon tiers de la population. Passez un peu de temps avec les chômeurs, RMistes, les allocataires du minimum vieillesse, les jeunes des quartiers, les intérimaires, les taulards sortant de prison, les personnes en invalidité du travail, les mères isolées, les personnes avec des problèmes psychiatriques abandonnés à la rue, les intermittents, les sans papiers, les étudiants pauvres… et puis aussi écoutez ce que vous diront les soignants, les travailleurs sociaux, le personnel de la CAF, sécu, ANPE, etc sur les consignes et directives qu'on leurs impose. Vous voulez être journaliste, soit, mais allez enquêter et rendez-nous compte de ce que vous verrez ! On aura l'occasion de voir alors si c'était juste un problème de se rapprocher pour mieux voir ou d'honnêteté intellectuelle, l'article de monsieur Serraf sur l'article de untel qui a vu le loup pourrait être remplacé par l'article de monsieur Serraf qui a vu le loup, non ?

Portrait de déluge

à Hugues Serraf Portrait de Hugues Serraf De déluge

menuisier | 13H20 | 04/11/2008 | Permalien

Pour info, si il est vrai que « plus de 50% » du PIB est redistribué en salaire, ne perdez pas de vue qu'en 1978 il s'agissait de 77% (soit un manque de 12%).

Par ailleurs, un salarié sur huit a un salaire inférieur au smic.

Ajoutez à celà l'augmentation des prix et des charges incompressibles (logement transport, énergie) et vous obtenez une vraie paupérisation des classes moyennes/inférieures.

Rappellez vous également qu'un Français sur quatre a renoncé cette année à des soints médicaux faute de remboursement adéquat.

Vous parlez de « discours sur la misère », suggérez vous que ce ne soit pas un vrai sujet et qu'au delà des chiffres, l'incarner par des exemples participe d'un discours populiste ?

Enfin sur papy Voise, vous n'avez pas répondu au fait que l'on ne peut comparer Libé à TF1 qu'en s'armant au préalable d'une bonne dose de mauvaise foi (et c'est un lecteur souvent ennervé de Libé qui écrit).

Pour finir, sur les effets délétère supposés de ce type d'article sur l'électorat, le pensez-vous si stupide pour qu'il ne s'apperçoive pas par lui même de la dégradation de la situation ? Et en tire les conclusions en terme de choix de vote en fonction de ce qu'il pense pouvoir changer la situation ?

Et le « populo », ça fait un bon moment qu'il ne lit plus Libé (qui a un lectorat de type CSP++).

Portrait de Pas lolo

à déluge Portrait de déluge De Pas lolo

fasciné | 14H27 | 05/11/2008 | Permalien

« Et le “ populo ”, ça fait un bon moment qu'il ne lit plus Libé (qui a un lectorat de type CSP++). »

Et il n'est pas forcément le bienvenu, ça fait désordre vis-à-vis des annonceurs.

Portrait de Alain Pacifique

à Hugues Serraf Portrait de Hugues Serraf De Alain Pacifique

20H48 | 04/11/2008 | Permalien

@ HS,
vous écrivez » la France…qui est doté de structures sanitaires efficaces et universelles ou de filets sociaux multiples ». quand je vous lis , j'ai l'impression qu'on ne vit pas dans le même pays.
c'est sur que si on compare la France avec les pays les plus pauvres du monde, tout va pour le mieux ici. mais enfin, ouvrez les yeux et les oreilles, depuis plusieurs années, tout les services publiques ont de moins en moins de moyens et de plus en plus de francais ( ou résidents en france) ont des difficultés de tous ordres ( sanitaire, emploi, logement, etc..).
et après ca, vous dites ne pas vivre dans une bulle ! !

Portrait de brogilo

à déluge Portrait de déluge De brogilo

in angulo | 12H06 | 04/11/2008 | Permalien

Te fatigue pas Dédé, c'est rien du tout Serraf.
Juste un frustré. D'ailleurs, dans son « machin », ne dit-il pas : « l'hyper spécialisation de mes obligations professionnelles me frustre » ?

Allez, il sera beaucoup pardonné à une truffe.

Portrait de Lairderien

De Lairderien

11H22 | 04/11/2008 | Permalien

Je n'arrive pas à me faire une idée sur les buts poursuivis par cette tribune vaticinatrice.

Je dois avoir quelques neurones déphasées, ce qui ne me permet pas de gouter cette prose à sa juste valeur.

En effet, il m'arrive de croire que j'ai compris un paragraphe et de l'approuver, pour ensuite désaprouver , voire rejeter le suivant qui, avec ma conpréhension limitée, semble contredire le premier ou le suivant.
Peut être que ce vaticinateur n'est qu'un adepte du juste milieu à la mode bayrouesque, ou un nouvel anarchiste, en tous cas j'ai beaucoup de mal à apprécier sa prose et à comprendre ou il veut vraiment en venir ! ! !

A moins qu'il ne s'agisse que d'une tribune permettant à l'auteur d'étaler son intelligence d'observateur détaché des turpitudes de l'humanité ;

Vous me direz, à juste titre, que nous autres commentateurs des articles de Rue 89, moi le premier, faisons exactement la même chose, avec plus ou moins de pertinence.

PS : Ceci dit, j'observe que notre Rue commence à être remarquée par « Lesmédias » et leurs employés journalistes, qui en viennent même de plus en plus souvent à se fendre de commentaires (et donc à s'inscrire comme Riverains ! ! ! ) en réaction aux articles ou tribunes publiées par notre rue.

Attention à Rue 89, s'il vous plait, ne prenez pas la grosse tête, gardez nous notre Rue telle que vous l'avez construite.

Portrait de Waldeck

à Lairderien Portrait de Lairderien De Waldeck

Naufragé en Sarkoland | 12H28 | 04/11/2008 | Permalien

Bonjour Lairderien,

C'est vrai Hugues Serraf déroute et énerve, mais il occupe ici un contre-emploi, il fait office pour nous de victime expiatoire, et sans lui, nous ne ferions que rabâcher nos arguments consanguins…

Je ne suis pas du tout d'accord avec lui, mais avouez que c'est quand même mieux torché que du Gaétan, ou du Pirrre non ?

Par pitié qu'il ne soit pas censuré sous prétexte que R89 est réputé être un sanctuaire « de gauche ».

Pour trouver un peu d'adversité - indispensable - doit-on aller sur le forum du Figaro ?

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