Le papier va mal, le Net aussi… l'avenir est à la presse télépathique

Notre presse papier ne va pas très bien. Notre presse Internet n'est pas en superforme non plus. Faut-il attendre la presse télépathique pour reprendre espoir ?

J'ai peut-être un poil plombé la fête, l'autre soir à la rédaction de Vendredi, à l'occasion du pot de lancement de ce nouvel hebdomadaire fabriqué avec des morceaux de blogs. Ça n'était pas mon intention, loin de là : j'ai beaucoup d'admiration pour les gens qui prennent ce genre de risque et si j'ai moi-même participé à plusieurs lancements, c'était dans le confort de puissants groupes de presse. Forcément, c'est moins impliquant en cas d'échec…

Pour autant, j'ai passé mon temps à expliquer aux trois fondateurs, Philippe Cohen, Philippe Labarde et Jacques Rosselin, à quel point leur projet était mal-barré. Enfin, je ne l'ai pas dit « exactement » comme ça (je sais quand même un peu me tenir en société) mais, rétrospectivement, j'imagine que ça pouvait donner cette impression. Car pour tous mes efforts de pensée positive, je n'arrive pas à croire qu'il puisse se trouver 30 000 acheteurs réguliers (c'est le niveau de diffusion censé offrir à Vendredi son point d'équilibre économique) pour un titre proposant 90% de contenus issus de blogs ―soit des contenus disponibles gratuitement en ligne.

« Mais ça n'est absolument pas un problème, assure Rosselin. Il y a des tas de choses intéressantes sur Internet, mais les gens ne savent pas où les trouver sauf à passer des heures à surfer. Nous, nous allons faire ce travail de recherche et de tri pour les lecteurs. Nous allons dénicher ce qui vaut le coup et nous allons le mettre en scène dans un vrai journal qui ne sera pas un simple agrégateur à la NetVibes ».
― « Mais les lecteurs ne vont-ils pas, une fois ce travail de défrichage opéré, aller lire les blogs qui les intéressent directement ? »
― « Non non, puisque nous leur en ferons découvrir de nouveaux chaque semaine… »
― « Mais les lecteurs pourront-ils alors être fidélisés, si les auteurs sont chaque fois différents ? »
― « Oui, puisque les rubriques, elles, resteront les mêmes chaque semaine… »
― « Ah oui, dans ce cas… »

Philippe Cohen, de son côté, insiste sur le fait qu'une partie du contenu sera tout de même réalisé par des journalistes rémunérés (les blogueurs dont les papiers sont repris ne touchent qu'une somme symbolique et monnayent surtout leur visibilité).

« Nous aurons de vraies enquêtes dont la spécificité sera d'être entièrement réalisées sur le Web ! », lâche-t-il avec enthousiasme, comme s'il s'agissait plus d'une révolution copernicienne dans les méthodes d'investigation que d'une sordide contrainte économique.

Philippe Labarde, qui en a vu d'autres, préfère rappeler que tout le monde n'a pas envie d'aller lire de longs papiers sur un écran et que la possibilité de les retrouver dans un journal est en soi une bonne chose : « D'autant plus que nous privilégierons des points de vue réellement originaux, même si la ligne de Vendredi est clairement à gauche ».

Bah, je suppose qu'il en faudrait plus pour décourager de vieux briscards déterminés. Plus que mon détestable mauvais esprit, en tout cas. Et c'est tant mieux. Une que je n'ai pas raté, en revanche, c'est Elisabeth Levy, star-chroniqueuse sur Causeur.fr, un magazine en ligne aux velléités salonnardes. A elle aussi, il a fallu que j'assène avec la délicatesse d'un mammouth dans une boutique Villeroy & Boch qu'un objectif de « un million de pages vues par mois », ça ne fera jamais vivre toute une rédaction…

Mais je l'ai tout de suite regretté lorsque j'ai vu son petit visage se décomposer. « Oui, enfin euh, ça peut quand même marcher, non ? », a-t-elle bredouillé avant de repartir se servir une coupe de champagne rosé.

Ça m'a fait un peu de peine, mais pas longtemps : j'ai lu « Festivus festivus » et je sais qu'elle peut également être cynique quand c'est nécessaire. Elle s'en remettra.

Là où je me suis demandé si elle ne risquait pas de tomber de haut, toutefois, c'est lorsque l'un de ses associés dont je n'ai pas retenu le nom m'a affirmé que le projet serait viable si la version papier de Causeur atteint les, tenez-vous bien, « 1 500 abonnés » : « 1500 abonnés au magazine et un million de pages vues par mois sur le site, on peut y arriver ! »

Mais le gars m'ayant fait répéter quinze fois, éberlué, qu'un site d'info comme Rue89 enregistrait déjà plus de un million de visiteurs uniques sans être à l'abri du besoin (« Quoi ! Un million de visiteurs uniques ? Pas de simples pages vues, vous êtes certain ? ! Un million de VU ? »), je me demande s'il sera un jour en mesure de rembourser sa carte Vélib à Elisabeth Levy.

Bon, qu'on ne se méprenne pas. Je souhaite évidemment à Vendredi, à Causeur.fr, à Rue89, à tous les gens de presse ambitieux et volontaires de mener leurs projets à bien. Je suis juste un peu déprimé par l'ambiance générale de notre information écrite, entre ces quotidiens de papier qui tirent la langue à la McCain, ces titres qui se lancent sans capitaux ni journalistes, ces sites Internet qui espèrent que les Google ads financeront enquêtes, analyses et, surtout, pluralisme…

Mais je me console en faisant le pari de la presse télépathique ―une presse dont les coûts de production seront moins élevés encore que ceux du Web, en dépit d'un modèle économique et d'une technologie encore balbutiants.

La presse papier est morte, la presse Internet est sans grand espoir, longue vie au brain to brain !

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De skalpa

actif et militant ? | 14H07 | 19/10/2008 | Permalien

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mère déchlorurée (papotable) | 17H31 | 19/10/2008 | Permalien

« ces sites Internet qui espèrent que les Google ads financeront enquêtes, analyses et, surtout, pluralisme.. »

C'est précisément le manque de pluralisme dans la presse écrite (et télévisuelle ! ) qui fait le succès de Rue89 ! Puisque tous les médias appartiennent aux « copains » de Droite, vive le journalisme enfin libété de l'UMP que l'on peut trouver gratuitement sur le net !

Portrait de compte supprimé 13

De compte supprimé 13

17H53 | 19/10/2008 | Permalien

Pas mal d'idées que je partage dans cette intervention.
Tout comme vous je ne comprends pas le pari de « Vendredi ».
Le lecteur de news sur Internet que je suis, n'ira sûrement pas acheter des infos déjà lues ailleurs ou dont le sujet a été choisi par une tierce personne.

Même les sites d'infos (comme Rue89) qui tentent de « vendre » une posture nouvelle ne peuvent devenir source unique ou fidéliser le lecteur (sans parler des orientations et des types de sujets proposés qui, à terme, « défidélisent » par leur manque d'ambition ; il suffit pour s'en convaincre de voir les titres de la une actuelle de Rue89).
Le terme « visiteur unique » traduit d'ailleurs parfaitement l'attitude du consommateur : il visite, picore ça et là et en cumulant de nombreux sites construit SA presse.

Plutôt que presse nationale, ne faudrait-il pas parler de journalisme en crise ?

Portrait de Arnaud Aubron

à compte supprimé 13 Portrait de compte supprimé 13 De Arnaud Aubron

Les Inrocks (et ex-Rue89) | 19H14 | 19/10/2008 | Permalien

Toujours là pour faire plaisir ; -) Vous lui reprochez quoi à notre Une ? Elle est sympa non ? Ne serait-ce que pour cet article du Vaticinateur que vous semblez apprécier comme nous…

Portrait de compte supprimé 13

à Arnaud Aubron Portrait de Arnaud Aubron De compte supprimé 13

20H17 | 19/10/2008 | Permalien

je ne suis pas là pour faire plaisir ; -)
(« je ne chante pas pour passer le temps »)

votre Une (dont cet article ne fait pas partie - Info à 3 voix) comme souvent, tend à flatter un type de lecteurs : sujets qui déclenchent la compassion, l'anti-sarko et gouvernement associé (facile), anti-police, pro-immigration, critique sytématique de la France et des Français, people, etc…
Bien sûr cela attire le chaland, mais l'info est confinée dans les marges, le secondaire, voire le sans importance.
Il semble que pour vous le monde tourne autour de la France et qui plus est ce qu'elle représente de « mauvais » à vos yeux et ceux de votre majorité de lecteurs, forcément bien-pensants puisqu'ils pensent comme vous - à moins que l'inverse soit vrai ; -)

Quand vous évoquez l'étranger (ça arrive) nous avons droit à la Chine, l'Iran, le Vénézuela, pays sur lesquels il est de bon ton de taper. c'est tellement facile et sans risque exactement dans l'axe du journalisme français.

Mais comme je l'ai écrit plus haut, je passe de temps en temps (de moins en moins) - je visite - puis je vais voir ailleurs. Et c'est vrai parfois il m'arrive de lire un article comme celui-là. Pour les autres je me contente des titres qui donnent l'angle d'attaque (« attaque » n'étant ici pas innocent).

Bref à mes yeux vous reproduisez la presse-papier (pardon pour ce jeu de mots involontaire).
Il est heureux que la presse étrangère existe, je le maintiens.

Vous pourrez toujours rétorquer que je me suis donc fourvoyé en pensant trouver ici ce que je cherchais : je ne vous contredirai pas.

Portrait de Di

à compte supprimé 13 Portrait de compte supprimé 13 De Di

mère déchlorurée (papotable) | 21H28 | 19/10/2008 | Permalien

« sujets qui déclenchent la compassion »
Vous êtes contre la compassion ?

« l'anti-sarko et gouvernement associé (facile), »
- En effet, il est hélas bien difficile de trouver une seule chose qui soit positive sortir de la boîte à idées de ce gouvernement. Si jamais cela arrive, je ne doute pas que Rue89 sera la première à nous en informer. En tout cas, pour ma part, j'attends avec impatience d'approuver une seule mesure prise par ce gouvernement.

« anti-police, »
- Selon vous, critiquer une bavure c'est être anti-police ?

pro-immigration,
- être contre le façon de traiter des êtres humains comme des animaux sauvages, pour vous, c'est être pro-immigration ? Vous approuvez donc cette politique de camps de rétention ? Cela ne vous choque pas ?

« critique sytématique de la France et des Français, people »

- ? ? ? Je me demande bien où vous avez bien pu voir cela ! Critiquer une politique, c'est critiquer la France, pour vous ?

Portrait de Jonas2

De Jonas2

Les mouches ne me trouveront pas as... | 17H53 | 19/10/2008 | Permalien

Non seulement monsieur Serraf est visionnaire, donneur de leçon mais en plus il fait dans le lamento provocateur.

J'en suis à me demander si cette posture n'est pas destinée à masquer son manque d'inspiration.

J'espère, en tout cas, n'être jamais connecté à son brain to brain. C'est un truc à choper son virus qui a l'air sévère.
Je n'ai jamais compris ces désabusés, revenus de tout, qui s'ingénient à doucher l'enthousiasme des autres.

Portrait de Hugues Serraf

à Jonas2 Portrait de Jonas2 De Hugues Serraf (auteur)

Chroniqueur | 21H12 | 19/10/2008 | Permalien

Je ne douche l'enthousiasme de personne et, encore une fois, je souhaite sincèrement la réussite de tous les gens qui font le choix de tenter quelque chose d'un peu fou -- qu'il s'agisse de Causeur ou de Vendredi. Faut-il pour autant s'interdire d'émettre un avis « prudent » sur le projet ? Mais si Vendredi décolle, formidable ! Après tout, Rosselin rappelle à bon droit que personne ne croyait à Courrier International qui est pourtant une très belle réussite…

Cela dit, ce papier me permettait surtout de constater que, en France, la presse Web est finalement aussi mal en point que la la presse papier traditionnelle. Je ne crois pas que la presse en ligne tuera la presse papier (qui est bien capable de se suicider toute seule avec tous ses problèmes structurels ), mais je regrette que l'info sur le Web ait tant de mal à prendre de l'envergure (à l'inverse de ce qui se passe aux Etats-Unis).

D'où mon impatience face à l'arrivée d'une éventuelle presse télépathique (sans parler de la passionnante bulle boursière qu'elle ne manquera pas de susciter…).

 

Portrait de Jaycib

De Jaycib

Désagrégé de l'Université | 18H54 | 19/10/2008 | Permalien

Tout ce que je sais, c'est que je n'irai pas sur Vendredi pour voir des enquêtes menées sur des sujets que je ne trouve pas essentiels (pas essentiels pour l'instant). Cela dit, je veux bien aller lui rendre visite pour me faire une idée d'autre chose une fois de temps en temps, histoire d'exprimer ma solidarité.

Tout ce que je sais également, c'est que, la page d'accueil de Rue89 parcourue (et « épluchée », le cas échéant, y compris via A chaud et la Vigie), j'utilise les liens vers la presse écrite francophone et anglophone pour trouver des informations COMPLETES. Si je veux approfondir un sujet, je me sers de Google, avec des résultats parfois mitigés, mais souvent productifs. Par conséquent, la presse papier (et ses relais 2.0) ne me paraît pas encore morte, loin de là ! Avant, je lisais mon quotidien national dès le matin. Rue89 fait que je le lis maintenant tard le soir. Sur le fond, rien n'a changé.

De toute manière, c'est une question de temps. Rien qu'explorer les diverses possibilités qu'offre Rue89 (soit directement, soit indirectement à travers les liens vers d'autres sources) prend des heures. Alors, lâcher la proie pour l'ombre (même pour un « blog des blogs »), non merci ! En ce sens, je partage un peu le scepticisme d'H Serraf.

Quant à la « presse télépathique », autant rejoindre une secte directement, ou consulter les horoscopes que la presse écrite nous offre si généreusement…

Portrait de Compte supprimé le 24 aout 2

De Compte supprimé le 24 aout 2

| 19H02 | 19/10/2008 | Permalien

« En ce sens, je partage un peu le scepticisme d'H Serraf. »

M'étonne pas.

Portrait de Desiderio

De Desiderio

19H44 | 19/10/2008 | Permalien

Le pire, c'est qu'ils affirment pouvoir citer leurs sources et qu'ils en font leur principal argument alors qu'ils en sont totalement incapables et qu'ils donnent dans les grosses approximations ou l'incompréhension de lecture d'adresses internet :
http://champignac.hautetfort.com/archive/2008/10/17/vendredi-juste-un-no…

Portrait de nemo3637

De nemo3637

Déchoukeur | 21H58 | 19/10/2008 | Permalien

De toutes façons on n'a pas trop le choix : le vaticinateur a sa tribune et pond régulièrement ses articles. On n'est pas forcé d'aller les lire bien sûr. Mais étant un peu pervers, j'aime porter le regard vers la banalité récurrente, qui est aussi une marque de notre société. La presse télépathique, c'est vrai, finalement ça me fait hurler de rire tellement c'est c… !

Portrait de Hugues Serraf

à nemo3637 Portrait de nemo3637 De Hugues Serraf (auteur)

Chroniqueur | 09H30 | 20/10/2008 | Permalien

Ravi d'avoir pu faire se bidonner un pervers. J'imagine que ça ne doit pas vous arriver bien souvent, si vous en êtes réduit à me lire pour stimuler vos zygomatiques.

Ah, je trouve aussi vos points de vue sur Vendredi et sur la presse en ligne très pertinents.

Portrait de nemo3637

à Hugues Serraf Portrait de Hugues Serraf De nemo3637

Déchoukeur | 17H31 | 20/10/2008 | Permalien

Finalement, il y a sans doute des comiques qui s'ignorent. C''est vrai, Hugues Séraf,perversion oblige, on finit par s'y faire. Et si vous ne vous manifestiez plus vous finiriez par nous manquer. Aie aie.

Portrait de compte supprimé16

à nemo3637 Portrait de nemo3637 De compte supprimé16

révolté | 13H21 | 23/10/2008 | Permalien

La banalité récurrente, personne n'y échappe… même pas Rue 89. Vous me direz, je suis pas obligé d'y rester mais… Ouais, la fin de votre message me convient !

Portrait de Compte supprimé le 3 janvier 3

De Compte supprimé le 3 janvier 3

in angulo | 22H21 | 19/10/2008 | Permalien

Toutafé, Nemo, remercions toutefois SKALPA de venir mettre un peu de couleurs sur ce no man's land de l'ironie de commande.

Portrait de jjezfm

De jjezfm

Internaute | 09H11 | 20/10/2008 | Permalien

il y a plusieurs phénomènes qui se conjuguent

- des emplois du temps bien occupés, quand on a la chance de travailler. Je ne vais pas regretter l'éclatement des structures familiales, mais quand la génération des parents ne peut plus assurer la garde des bambins (un exemple parmi d'autres de « temps à trouver »), forcément, ça laisse moins de temps pour s'informer.

- moins de sous, donc toutes les dépenses superflues sautent. Pour ça, internet est une réponse : moins de coût pour la rédaction, et gratuité pour le lecteur !

- quand on reste éveillé à l'info, on s'expose à plusieurs phénomènes déprimants : l'envie de ce qu'on n'aura jamais, la culpabilité vis-à-vis de drames humains pour lesquels on se sent impuissants, le découragement de voir tout ce qui régresse en face de quelques progrès fragiles et arrachés de haute lutte.

en fait, je continue à lire Rue89 tous les jours et je reste abonné à mes magazines papiers préférés, mais je me demande bien pourquoi ; -)

Portrait de compte supprimé16

De compte supprimé16

révolté | 12H58 | 23/10/2008 | Permalien

Pour ma part, je juge le développement de la presse d'information générale sur le net assez décevant. Un brin d'analyse grossièrement bourdieusienne m'incite à penser qu'il marque seulement une tentative de récupération de pouvoir sur le contenu éditorial par des journalistes qui ont vu leurs prérogatives et leur influence rognées par les managers des entreprises de presse (parfois eux-mêmes journalistes) sous contrainte de rentabilité.

L'innovation technologique n'a pas révolutionné la façon de faire de l'information. Je dirais même que les gains économiques et méthodologiques constatés par un changement de support ne compensent pas dans les mêmes proportions les grandes faiblesses de la presse quotidienne. Finalement, le principal problème de la presse quotidienne, c'est peut-être les journalistes. Qu'en pensez-vous, M. Aubron, M Serraf ?

PS :
-Concernant Vendredi, ce serait une petite révolution si l'information de ce support de presse hebdomadaire était faite par des non-journalistes.
-Au fait c'est quoi un français libéral de gauche ? Un démocrate américain ?

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