News of the World : ce que Fox News en dit (ou pas)
(De New York)
Dans ses malheurs, Rupert Murdoch peut compter sur Fox News. Filiale de News Corp., la société que Murdoch dirige, le « network » est la chaîne d’information américaine qui parle le moins du naufrage de News of the World. Selon le centre de recherche Pew, CNN et MSNBC ont consacré au scandale des écoutes seize minutes de « prime time » entre le 6 et le 8 juillet et le 11 et le 15. Fox n’en a consacré que trois.
Ces résultats rejoignent les conclusions plus récentes du groupe d’analyse médiatique Media Matters for America. Le groupe, proche des démocrates, s’est penché sur l’analyse des retranscriptions d’émissions diffusées entre le 4 et le 19 juillet et indique que CNN et MSNBC ont respectivement évoqué le scandale des écoutes à 199 et 138 reprises, contre 102 pour Fox News.
« Le sujet dont on ne parle pas aujourd’hui »
Quand elle en parle, la chaîne le fait avec un ton bien à elle. Un seul mot d’ordre : soutenir Rupert Murdoch. Une constante tout au long de la chronologie des faits.
6 juillet. La révélation d’une possible écoute illégale par des journalistes de News of the World du portable de Milly Dowler, cette fillette de 13 ans enlevée puis tuée en 2002, s’étale depuis la veille dans la presse américaine. Fox News évoque brièvement le scandale lors d’un bulletin d’information.
9 juillet. Andy Coulson, ancien rédacteur en chef du tabloïd et ex-conseiller en communication de David Cameron, est arrêté. Les médias américains suivent l’affaire, pas la Fox. Les internautes qui suivent l’émission de débat « Fox News Watch » en streaming assistent à un échange révélateur. Un des chroniqueurs, Cal Thomas, demande à ses confrères en plateau si l’un d’eux souhaite évoquer pour les « streamers » « le sujet dont on ne parle pas aujourd’hui ». Ils déclinent, en riant. (Voir la vidéo, en anglais)
15 juillet. Fox News ne recule décidemment devant rien. Lors de l’émission « Fox & Friends », un homme, présenté comme un expert des médias, est interviewé par le présentateur Steve Doocy. Dialogue à sens unique. Les médias en feraient trop sur cette petite histoire d’écoutes.
Le journaliste :
« La compagnie [News Corp., ndlr] s’est manifestée et a dit : “Cela s’est passé il y a longtemps, dans un tabloïd, à Londres.” Quelqu’un a fait quelque chose de vraiment mal. Et la compagnie a réagi : elle a fermé le journal. Toutes ces personnes ont été virées, même si 99% d’entre elles n’avaient absolument rien à voir avec ça. »
L’expert :
« Si je ne m’abuse, Murdoch, le propriétaire du journal, s’est excusé. Mais, pour une raison quelconque, le public et les médias n’arrêtent pas d’y revenir, encore et encore. C’est un petit peu trop. » (Voir la vidéo, en anglais)
« La gauche veut se payer News Corp. »
16 juillet. Retour sur « Fox News Watch ». Les chroniqueurs se sont finalement décidés à parler du sujet. Un d’eux entre dans la mêlée :
« C’est le plus grand cas d’acharnement depuis le dernier matche de rugby que j’ai vu. »
Comment l’explique-t-il ?
« La gauche veut se payer News Corp., et particulièrement la chaîne Fox News et la famille Murdoch depuis des années. »
19 juillet. Le présentateur vedette Bill O’Reilly entre en scène. Après un échange avec la correspondante de Fox News à Londres, il interviewe un chercheur de la fondation Heritage, un think tank conservateur.
Au cours de l’interview, il affirme que le scandale n’a pas éclaboussé les employés de News Corp. aux Etats-Unis. Faux : Les Hilton, éditeur du Wall Street Journal et ancien rédacteur en chef de News of the World, a démissionné le 15.
Face aux critiques, Fox News double sa couverture
Fox News n’a pas souhaité commenter le relativement faible temps d’antenne consacré à cette affaire. Mais la chaîne ne semble pas complètement sourde aux critiques. Le groupe Media Matters for America indique dans une analyse publiée le 20 juillet que Fox a doublé le nombre de reportages consacrés au scandale, de 30 à 72, au moment où grandissait la polémique autour de son (non) traitement de l’affaire. Media Matters note :
« Dans les six jours (14 au 19 juillet) pendant lesquels la chaîne était critiquée pour sa couverture des problèmes de sa maison-mère, le scandale a été couvert deux fois plus que dans les neuf premiers jours de l’affaire (4 au 13 juillet). »
En attendant, les comiques américains de gauche s’en donnent à cœur joie. En témoigne cet extrait du « Daily Show » de Jon Stewart. A noter en fin de vidéo, l’extrait d’une interview de Rupert Murdoch sur la Fox en juillet 2009. News of the World est déjà empêtrée dans des accusations d’écoutes illégales. Le journaliste tente une question, mais Murdoch le coupe, refusant d’y répondre. Réponse de l’intervieweur : « Okay, pas de problème, monsieur le Président. C’est bon pour moi. » (Voir la vidéo en anglais)
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Chroniqueur Grolandais
Chroniqueur Grolandais
« Serge Dassault a expliqué , que les journaux doivent diffuser des “ idées saines ”, car “ nous sommes en train de crever à cause des idées de gauche ”. “ J’espère que vous allez cesser de former des journalistes de gauche !” avait lancé Serge Dassault, nouveau patron de la Socpresse (70 titres), à des responsables du Centre de formation des journalistes. » en 1998 Wikipédia
La publication quasi quotidienne des divers rebondissements de l’affaire DSK sont plus que suspects. A contrario ceux qui concernent l’affaire Karachi sont pratiquement inexistants. Étonnant ? , pas vraiment
Dassault, Murdoch même combat.




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