20/03/2010 à 11h11

Affaire Boulin : les errements de l'enquête dans un docu France 2



Robert Boulin et sa fille (DR)

Ce fut un des premiers dossiers ouverts par Rue89, le 12 mai 2007, sous le titre « Pourquoi il faut rouvrir le dossier Boulin ». Robert Boulin, ministre du Travail, retrouvé mort en 1979 « noyé » dans 60 centimètres d'eau au milieu d'un étang de la forêt de Rambouillet. Suicidé, dit la version officielle. Dimanche France 2 diffuse à 13h15 un documentaire clair et pédagogique qui devrait faire réfléchir les 8 000 magistrats de ce pays.

Parmi ceux qui croient à la thèse de l'assassinat, plus personne ne doute vraiment du mobile. Reste à confondre les auteurs, déterminer le modus operandi et identifier les commanditaires d'un assassinat : celui du ministre du Travail de Valéry Giscard-d'Estaing, Robert Boulin, mort le 29 octobre 1979.

Un suicide impossible, une enquête truffée d'erreurs de procédure

En 45 minutes, la journaliste Marie-Pierre Farkas revient sur les grandes étapes de l'affaire, et retrace le parcours de Boulin :

  • le gaulliste historique cumulant les maroquins ministériels pendant dix-sept ans
  • le successeur annoncé de Raymond Barre à Matignon, car VGE veut contrer les ambitions présidentielles de Jacques Chirac
  • le politique pris dans les rets de l'affaire de Ramatuelle, une boule puante orchestrée par un maître chanteur proche des réseaux Foccart
  • le résistant qui se rend à un rendez-vous en forêt de Rambouillet et n'en revient pas...

Suit un décorticage précis et minutieux des errements de l'enquête judiciaire :

Dans cet extrait, il est notamment question de l'état du corps lorsqu'il est retrouvé dans l'étang du Rompu. Les clichés de l'identité judiciaire ne laissent guère de doute : ils recoupent l'impression du journaliste de l'AFP, Jean Mauriac, ami personnel de la famille, qui voit le corps quelques heures plus tard. (Voir la vidéo)

Tout ces éléments sont connus. En 2002, Canal + avait diffusé une première contre-enquête montrant l'impossibilité du suicide. En 2007, Benoit Collombat exhumait tous les détails et contradictions de l'affaire dans le livre « Un homme à abattre » (Fayard). Bilan : une enquête truffée d'erreurs, refermée en 1991 par une ordonnance de non-lieu rédigée en une semaine par la juge Laurence Vichnievski.

L'heure officielle de la mort : 2 heures ou 8h40 ?

Depuis, la justice attend. Et n'a visiblement pas l'intention de se presser, puisqu'une première demande de réouverture de l'enquête a été repoussée. Pourtant, certains éléments devraient faire pencher la balance... en particulier la question de l'heure de la découverte du corps de Robert Boulin.

Officiellement, elle se fait à 8h40, le 30 octobre 1979 au matin, par deux gendarmes à moto. Or, le Premier ministre Raymond Barre, comme les membres de permanence du ministère de l'Intérieur, sont alertés entre 1h et 2h30 du matin. Pourquoi un tel laps de temps ?

De question en question, le documentaire signé Marie-Pierre Farkas, Jean-Marie Lequertier et Ghislain Delaval déroule la logique implacable d'une affaire d'Etat. Fabienne Boulin ne cache pas son agacement, mais aussi sa conviction qu'elle saura un jour pourquoi son père a été tué : « On joue avec le temps, moi c'est ma stratégie. »

A voir, surtout un jour d'élections.

Robert Boulin : au nom du père de Marie-Pierre Farkas, Jean-Marie Lequertier et Ghislain Delaval - dimanche 21 à 13h15 - France 2.



L'étang du Rompu, au bord duquel le corps de Boulin a été retrouvé, le 30 octobre 1979 (DR)

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  • Mandrin
    • Posté à 11h25 le 20/03/2010

    Puisque Laurence Wischniewski, comme bien d'autres magistrats, veut faire de la politique (cf sa candidature à ces régionales), on pourrait peut être lui demander ce qu'elle en pense de ce documentaire, elle qui a fait parti des grands fossoyeurs de ce dossier.

    On pourrait aussi demander à sa grande copine Eva Joly ce qu'elle en pense et s'il n'y a pas aussi des juges d'instruction qui enterrent les dossiers des des affaires sensibles ?

    Ce ouvrirait sacrément le débat sur la suppression du juge d'instruction.

    Bien que n'étant pas pour cette suppression, je me marre (jaune) quand on idéalise le juge d'instruction : il en existe qui sont de sacrés fossoyeurs tout autant que des magistrats du parquet.

    Allez qui s'y colle : qui va interviewer sur ce dossier et Laurence Wischniewski et Eva Joly ?

    Certaines icônes risquent, à mon humble avis, de sortir égratignées d'un tel interview !

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    Le marché autant que possible, (...)
    • Posté à 11h58 le 20/03/2010
    • Internaute
      Le marché autant que possible, (...)

    ► Moi je vais vous dire ce qui c'est passé pour Boulin :

    C'était un pur,

    comme François de Grossouvre

    un pur qui en avait marre des margoulins et magouilles qui tournaient autour du gaullisme

    comme François de Grossouvre disaient à qui voulait l'entendre qu'il en avait marre des margoulins et magouilles qui tournaient autour de Mitterrand

    L'un et l'autre auront été suicidés.

    L'un a eu droit à une enquête bâclée,

    l'autre à pas d'enquête du tout.

  • Mandrin
    • Posté à 12h01 le 20/03/2010

    Tiens c'est marrant, vous montez au créneau bien vite et bien fort...Mais qui a mis en cause le Chi ?

    Bizarre, bizarre....Vous ne seriez pas allé un peu trop vite ?

    Donc vous pensez que Boulin n'est pas mort assassiné et qu'on a inventé cela pour nuire 25 ans plus tard à un futur héros de l'occident ?

    Assez audacieux comme thèse, c'est le moins qu'on puisse dire !

    Mais que veut dire la fille du Sanguin Yéti comme l'appelait le Canard à l'époque :

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