« Le tube chaotique » : comment le Web chamboule la télé
Prenez deux tubes. L'un ancien, concentré et omniprésent : la télé. L'autre jeune, éclaté et encore négligé par la culture de masse : la vidéo partagée sur Internet. La suprématie du cathodique est contestée par le chaotique. Qui va l'emporter ? Pour les intervenants du film des réalisateurs Magne & Viard, diffusé jeudi soir sur France 5, la télé vacille et finira par céder.
On les connaît déjà bien dans la Rue, ces deux compères, prénommés Grégory et Stéphane : le premier a chroniqué ici en 2007 sa traversée de l'Atlantique en solitaire, et le duo s'intéresse de longue date à la manière dont Internet change nos existences.
Parmi les témoins, Beineix, Lepers ou Didier Super
Cette fois, c'est l'aspect du partage de vidéos en ligne qui les a intéressés. Un phénomène en progression phénoménale, comme le rappelle la voix off : un million de connexions par jour sur Dailymotion, 20 heures de films déposées chaque minute sur YouTube… « On en oublierait presque qu'il y a quatre ans, rien de tout ça n'existait. »
Une productrice, une sociologue, des réalisateurs (dont Jean-Jacques Beineix), des chanteurs devenus célèbres en ligne (Didier Super ou La chanson du dimanche), des artistes, le journaliste John-Paul Lepers (fondateur de LaTéléLibre.fr) montrent en quoi tout ceci est bouleversant pour la société du spectacle. Lepers :
« Les gens ont besoin de plus en plus d'exister publiquement. On est dans le quart d'heure de gloire de Warhol, grave. Je n'existe pas si je ne suis pas public. »
Des millions d'internautes face à une poignée de programmateurs télé
En France, il y a aujourd'hui 7 millions de créateurs de contenus sur le Web, selon le Credoc. Mais comme le note le réalisateur Jean-Michel Ben Soussan, « ce n'est pas parce que tout le monde a un stylo qu'on est tous Stendhal ».
Reste que face à une télévision tenue par une « petite armée de décideurs » qui définissent seuls la programmation, le tube Internet est totalement libre : « Il n'y a pas de filtre, personne ne décide qui ou pas sera sur Internet », remarque la réalisatrice Chloé Mazlo, qu'on voit tourner un clip pour et avec Monsieur Chat. (Voir la vidéo).
La productrice Claire Leproust, de Capa, s'interroge : est-ce que « dans dix ans, l'école Dailymotion proposera des concepts d'émission et les animera sur TF1 » ? Le constat est unanime : les décideurs de la télé sont en décalage croissant avec ce que le public veut regarder.
Peut-on pour autant penser, comme un des intervenants du film, que « la homepage de Dailymotion, c'est le nouveau TF1 » ? Ça se discute…
► Le tube chaotique jeudi 19 - 21h35 - France 5… et toujours sur France5.fr.
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De cassino
Auteur | 16H09 | 19/11/2009 |
Pathétique comme article ! Daily motion est souvent regardé comme une partie de rigolade, par exemple la vidéo de l'AG de Carrefour...
Dire qu'on va y chercher l'info ou des diversissements de qualité, faut pas charrier ! Des clips intéressants de chanteurs peu connus, ou des informations chocs comme cet assassinat d'un jeune par les flics dans le métro de New York, mais les infos chocs trouvent toujours diffuseurs, même quand il n'y avait que les journaux et pas encore la télé.
La véritable révolution et le véritable contre pouvoir à la télévision c'est le cinéma numérique. Actuellement le CNC, le gouvernement, les régions et les élus locaux, les grandes sociétés de diffusion, tous sont en train de cadenasser le développement du numérique au cinéma. Cela serait trop long à expliquer dans un simple post, mais jamais un organe de Presse m'a laissé m'expliquer à ce sujet. Oui, à l'heure d'Internet, la censure en France ça existe.
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 18H21 | 19/11/2009 |
Moi aussi je parie sur le Net.
Pas pour une histoire de qualité, de pub, de taille des structures. Si ça se trouve le net de demain sera TF1.com
Mais le net c'est la souplesse : on démarre quand on veut, où on veut, on peut mettre en pause et même le télécharger pour le mater hors-ligne.
Argument défendant ma position, la VOD de plus en plus disponible, non seulement sur les sites web des chaines mais aussi directement sur la télé (genre Canal+) qui tend à brouiller la frontière entre ces deux médias.
En plus, comme c'est dit dans l'article, sur le Net tout le monde a sa chance.
Un musicien peut jouer dans la rue et les cafés pour se faire connaitre, mais pour faire un truc télévisuelle, il faut soit passer par le ciné soit par la télé, donc sucer comme un dieu.
Au moins avec le web le gars peut faire son truc et le mettre à disposition du public.
Mais faut pas rêver, on va pas se retrouver avec des millions de nouveaux Jeunet. Ça sera juste le nouveau cursus, plus ouvert et plus accessible, mais la critique n'en sera que plus sévère.
Il ne faut pas oublier que la télé est un média très pauvre : unidirectionnelle, car difficile de donner son avis ; en flux continu ; en choix limité (même 500 chaines sur le câble c'est peu par rapport à tous les sites web) ; support limité (son et audio mais pas de texte) et non interactif ; et bien sur réservé à une élite, celle des gens qui font la télé.
La télé n'est pas morte, et tiendra jusqu'au bout, et bien qu'elle s'adaptera à ce nouveau support, elle continuera la même chose : diffuser des émissions audiovisuelle, avec ou sans pub.
La différence sera qu'au lieu d'imposer d'être devant son poste durant un certain temps et à partir d'une certaine heure, on pourra y accéder quand on veut durant un certain temps et à partir d'une certaine heure.