L'interruption médicale de grossesse : le poids du choix

Doit-on poursuivre sa grossesse lorsque l'on apprend que l'enfant à naître souffrira d'une affection grave et incurable ? Le choix terrible est entre les mains des parents, conseillés par les médecins. Un documentaire poignant nous éclaire sur ce sujet.

L'hôpital Robert-Debré à Paris traite en particulier les grossesses à risques. C'est dans la salle de l'échographiste que tombe la mauvaise nouvelle. Malformation, retard mental… tout devra ensuite être confirmé en réunion d'équipe. Avant que le choix soit laissé aux familles.


La loi française autorise l'interruption médicale de grossesse jusqu'au terme s'il existe « une forte probabilité que l'enfant à naître soit atteint d'une affection d'une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic ».

Mais entre la loi et son esprit, les marges d'interprétations sont nombreuses. C'est tout l'intérêt de ce documentaire : nous faire réfléchir sur l'éthique médicale.

On y voit des sage-femmes pas habilitées à proposer l'interruption de grossesse mais qui tentent d'y préparer psychologiquement les couples, des équipes pluri-disciplinaires prenant toutes les précautions nécessaires pour s'assurer que le diagnostic sera fiable. Des femmes qui ont senti depuis des mois la vie grandir en elle et se préparent à accoucher d'un enfant sans vie, des pères qui tentent de s'imaginer la vie de leur enfant handicapé ou de renoncer à la joie de la naissance.

A l'heure de la révision des lois de bioéthique et du grand débat sur la réforme de l'hôpital public, on se dit que la loi française est bien faite, mais que grande est la responsabilité de ceux qui ont à l'appliquer.

« Un choix pour la vie » - documentaire de Karim Miské, produit par Point du Jour. Diffusion sur France 2 jeudi 21 mai à 22h55.

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Portrait de MOG

à bleuet1 Portrait de bleuet1 De MOG

écriveuse | 20H52 | 22/05/2009 | Permalien

Je ne peux oublier ce « détail » ayant moi-même un fils reconnu handicapé. Je connais le discours dissuasif des bien pensants qui m'expliquent que mes enfants ne doivent pas se reproduire. Ils ne se privent pas non plus de le leur exprimer… Certaines pathologies psychiatriques ne se déclarent que chez le jeune adulte, ou plus tard. La majorité à 21 ans permettait de passer ce cap plus facilement, même s'il n'y a pas d'âge fixe. Ceci étant, beaucoup de malades « mentaux » occupent des postes élevés, cela devrait donner à réfléchir. Le seul patrimoine homologué dans ce pays, est le patrimoine financier, génétiquement transmissible. L'obésité des comptes en banques n'inquiète que peu.

Portrait de Quirinus-K

De Quirinus-K

00H10 | 22/05/2009 | Permalien

Parfois on reste dans le doute. On fait la navette entre échographe, obstétricien et médecin de ville et ce n'est pas la multiplication des examens qui nous éclaire. La science ne sait pas tout, la science n'est pas neutre…

Portrait de bdm

De bdm

10H19 | 22/05/2009 | Permalien

J'ai regardé cette émission hier et j'avoue qu'encore une fois la question de la place de la personne handicapée dans notre société n'a pas été abordée. Papa d'un enfant handicapé moteur cérébral, nous n'avons pas eu voilà 17 ans la possibilité de faire ce choix de l'IMG. Je ne sais pas quel aurait été notre choix à l'époque mais je sais aujourd'hui que je ne regrette pas de ne pas avoir eu à le faire. Notre fils nous montre tous les jours l'incroyable richesse qu'apporte ces personnes qui dépendent des autres pour tout ou presque. Le « handicap » était jusqu'à maintenant le propre de l'homme qui acceptait ces êtres à la vie et les accompagnait jusqu'à la mort. Aujourd'hui la science lui donne la possibilité de retourner à l'état sauvage et fait le travail de la nature qui se débarrasse de ce qui ne peut pas « vivre » selon les standards bien établis de notre société. Que sera cette société quand elle aura éradiqué tous les trisomies 21 ? Mais attention, je ne porterai jamais de jugement sur les parents qui prennent cette décision, peut-être l'aurais-je fait à l'époque. Car ce père qui demande qu'elle sera la vie de cet enfant dans cette société qui ne crée pas les conditions nécessaires à ce qu'ils vivent et progressent dignement à leur rythme et qui prend peur du temps que cela leur prendra de s'en occuper alors qu'il en a 6 autres à éduquer révèle le fond du problème. Au final, NOUS condamnons un enfant à ne pas vivre uniquement parce qu'il aura un bras et une jambe trop courte et parce que l'on demande aux seules familles de porter tout le handicap sur leurs épaules. Comme nous le faisons nous depuis 17 ans. Je comprends donc que certains n'en aient pas la force. Je crois que je vais aller relire Jacques Ellul et ses critiques des dérives de la science. Pour finir, je me permet de vous citer les paroles d'une jeune femme en situation de handicap : « Nous sommes tous des handicapés. La handicap étant la déficience de quelque chose, les personnes dites valides sont aussi handicapées puisqu'il leur manque le handicap ». Je crains que faute de vouloir donner leur place à ces personnes différentes, à vouloir faire POUR elles au lieu de faire AVEC elles, nous allons bientôt perdre notre âme humaine. L'eugénisme est à nos portes. Pourrons nous alors encore critiquer la barbarie nazie ?

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De Alfary

Ronchon | 11H24 | 22/05/2009 | Permalien

Bon courage aux familles. J'ai vécu ça.

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De sanka

12H48 | 22/05/2009 | Permalien

Je suis le grand frère d'une fratrie de trois dont le dernier est atteint d'un très lourd handicap moteur, je suis également étudiant en 3ème année de médecine.

En effet les questions relatives à l'IMG concernent bien plus que les simples parents et professionnels de santé, elle nous concerne tous, car concerne l'humain et son patrimoine, de sa conception sa mort…
La science progresse bien plus vite que nous, et les avantages qu'elle confère, souvent en terme économiques et d'avancées scientifiques nous aveugle et nous aliène, reléguant les discutions sur l'intégrité et la dignité humaine à posteriori…

Aujourd'hui le sujet du handicap semble se trancher à la base (et c'est bien de se sujet dont il est question quand on parle de l'IMG). Plutôt que de réfléchir sur la prise en charge du handicap, son acceptation et son intégration dans la société, le législateur préfère l'éradiquer avant la naissance. Mais le handicap est partout et le sera toujours, nous n'empêcheront pas les accidents, les comportements à risque ni même le vieillissement, sources parmis tant d'autre de handicap…
Quel regard porterons-nous sur les parents qui auront fait le choix de garder un enfant déficient, seront-ils tenu pour responsable du handicap de leur enfant, devant alors assumer seul sa prise en charge…
Cette situation de laisser pour compte que vivent les familles sera alors en plus accablée d'une culpabilité supplémentaire, celle du choix… Et qu'en est-il des couples ayant fait le choix de l'avortement et qui comme le montre le témoignage d'une dame ci-dessus, porte chaque jour le fardeau de son choix…
Personnellement, je ne souhaite pas me retrouver dans la situation suivante : où le généticien ou l'échographe me dira, compte tenu de vos antécédent familiaux et la teneurs des examen réaliser, ils y a de très forte chance pour que votre enfant soit porteur du même handicap que votre frère, que choisissez vous ? ? D'un coté, ayant vecu au plus prés la situation indigne que vive aujourd'hui les familles et les personnes handicapés, l'abandon et la souffrance qu'elle vivent au quotidien, et de l'autre celle de regarder mon frère et de lui dire : ba tu vois j'attend un enfant, il va être comme toi, mais j'ai pas envi, alors il ne verra pas le monde… C'est simplement impossible…

Mon témoignage ne veut en aucun accabler les parents qui font le choix de l'IMG, ni même celui des professionnel de santé qui font comme ils peuvent avec une loi bien imparfaite…
Je souhaite juste mettre le point sur des incompréhensions et des paradoxes…
Comment peut-on autoriser des parents à prendre la décision de « tuer » leur enfant, veuillez m'excuser de la lourdeur de ce terme mais toute maman diras bien qu'elle sent vivre son enfant en elle, et de l'autre interdire l'euthanasie à des personnes qui ne supporte plus la teneur de leur existence… Je ne viens en aucun cas faire l'apologie de l'euthanasie, ni même insulter de telle parents d'assassin, je soulève juste le paradoxe…
A partir de quand est-on vivant, peut-on choisir pour autrui, pour soi-même ? ?

La vision que je porte sur la conception d'un enfant repose sur deux principes.
Le premier est celui de l'amour, faire un enfant est un acte d'amour entre deux personnes, on le crée par amour et on l'accepte tel qu'il vient.
La seconde est celui de la solidarité, si la vie nous donne un enfant différent (qui ne l'est pas), c'est la solidarité de tous qui doit permettre à cet enfant de grandir du mieux possible, lui donner des chances suplementaires pour s'épanouir, celles qu'il n'a pas eu à la naissance… Cela passe, pour la société, par l'acceptation du handicap, et mettre ainsi en œuvre les moyens de leur intégration en fonction de leur capacité.
« Plus on fait appel aux responsabilités individuelles, plus les responsabilités collectives doivent être claires. »
Les pouvoirs publics doivent mettre en place les moyens humain et financiers qui nous permettrons demain d'éviter des larges dérives et préserver notre capital humain…

Veuillez m'excuser pour le manque de construction et d'ordre dans mon argumentation, mais les partiels approchent ! !

Portrait de einna

De einna

13H00 | 22/05/2009 | Permalien

question compliquée, à traiter au un par un.

Pour avoir accompagné des enfants lourdement handicapés, pour avoir entendu les parents s'angoisser de l'après : que deviendra-t-il (elle) quand nous ne serons plus là, pour avoir vu l'impact que celà pouvait avoir sur une famille, j'ai toujours pensé que si je devais vivre cette situation, je n'hésiterai pas longtemps. Le choix de l'IMG peut paraître à certains atroce, égoïste, amoral ….. mais ces enfants qui naissent handicapés, pour qui le handicap posera toujours la difficulté d'accès à l'autonomie au lien social, est-ce vraiment leur faire le « cadeau » de la vie ?

je ne fais pas de ma position une généralité ou un exemple. Je dis juste que dans ce genre de situation, on est seul et on ne peut être critique de ce que toute autre personne ferait dans le même cas.

Portrait de bdm

à einna Portrait de einna De bdm

13H24 | 22/05/2009 | Permalien

C'est quoi la définition du « cadeau » de la vie ?

Combien de milliards d'êtres humains de part notre planète ont-ils ou n'ont-ils pas reçu le « cadeau » » de la vie selon vous ?

Répondre à cette question c'est le début de la barbarie.

Portrait de einna

à bdm Portrait de bdm De einna

20H55 | 22/05/2009 | Permalien

la vie n'est sans doute pas un cadeau d'où mes guillemets mais plutôt un combat. On ne choisit pas de naître mais on choisit de vivre et dans notre vie, on se trouve confronté à des choix. Certains choix sont plus difficiles que d'autres et quand il faut choisir de poursuivre ou non une grossesse dont on sait que le bébé à venir aura toute sa vie des difficultés importantes, face à ce choix, on doit se sentir bien seul. Et chacun de nous y répondra en fonction de ce dont il se sent capable ou non d'assumer la tâche, nul ne peut me semble-t-il être juge d'une telle décision pour tout autre que soi-même.

Portrait de einna

à bdm Portrait de bdm De einna

20H58 | 22/05/2009 | Permalien

.
doublon désolé

Portrait de désactivé à la demande du riverain 18 juin

De désactivé à la demande du riverain 18 juin

Born again | 13H56 | 22/05/2009 | Permalien

« L'interruption médicale de grossesse »

Cette expression est fallacieuse et hypocrite. « Interrompre » s'emploie pour une activité qui est censée reprendre, qui est suspendue…

interrompre est synonyme de cesser , d'arrêter. encore une fois vous interpretez les mots à votre manière.
Retournez donc combattre vos démons fallacieux et hypocrites.

Portrait de Charles Mouloud

à désactivé à la demande du riverain 18 juin Portrait de désactivé à la demande du riverain 18 juin De Charles Mouloud

Bras gauche de la Vénus de Millau | 16H04 | 22/05/2009 | Permalien

Nom d'un p'tit bonhomme en mousse !

Tu confonds encore « coïtus interrompus “et ‘la chenille ki redémarre ?

Portrait de Banana ex de juanitoto

à désactivé à la demande du riverain 18 juin Portrait de désactivé à la demande du riverain 18 juin De Banana ex de juanitoto

Je déteste rue89, tous les riverain... | 18H33 | 22/05/2009 | Permalien

Qu'est-ce que tu viens nous gonfler
avec une expression de quatre mots
qui ne saurait décrire la réalité
des souffrances endurées, pauvre sot !

Portrait de charlotte cordier

De charlotte cordier

20H04 | 22/05/2009 | Permalien

pour ma part , j » ai été confrontée a ce genre de problème il y a environ 20 ans, j » avais déjà un fils de 17 ans
un remariage , une grossesse tardive , et bilan , anomalie chromosomique 13 ., ça arrive une fois sur mille , et c » était tombé sur nous
Enfant naissant avec des anomalies rénales et cardiaques
Une fois ,le coup encaissé , notre décision fut trés rapide , avec les conseils de la gynéco et ensuite du généticien , nous avons choisit l » interruption de grossesse, Ils ont été tres bien et trés disponibles , puisque le lendemain j » étais à la maternité pour l » IVG
Dire que ce fut facile , ce n » est pas le cas , mais perdre un enfant à la naissance ou bien devoir en avoir un handicapé , cela est certainement plus terrible
Nous n » en avons pas eu d » autre , mais voyant parfois des parents avec des enfants handicapés , je me dit que nous avons eu de la chance de pouvoir effectuer cette interuption de grossesse , à 12 semaines ,

Portrait de lally

De lally

professeur | 21H25 | 22/05/2009 | Permalien

Je n'ai pas vu l'émission mais je connais bien le problème pour avoir dans mon entourage proche des handicapés mentaux lourds adultes (schizophrènes, trisomiques) avec des parents âgés. Parents âgés complètement désarçonnés par le handicap de leurs enfants et trop vieux pour arriver à gérer des situations totalement déroutantes et graves.

Autour de ces parents, beaucoup d'associations locales avec des prises de parole certes appréciables mais aucune véritable aide publique pour placer et gérer au quotidien des situations de détresse tant du handicapé que de sa famille.
La mise sous tutelle ou curatelle ne résoud pas grand-chose.
L'hôpital psychiatrique ne gère plus que des situations de crise, pas du tout le quotidien.
Comment faire quand le parent a 75 ans, usé par les combats menés pour arriver à ce que son enfant handicapé arrive bon gré mal gré à une vie à peu près normale dans le cadre familial et que l'âge venant, le handicap n'est plus gérable ?

Il n'existe pas assez de structures d'accueil. Et quand elles existent, c'est celui des parents qui aura le plus de relations haut placé et qui mettra le plus d'argent dans la structure qui aura une place pour son enfant en centre spécialisé. C'est un système de corruption et un classement vertical par l'argent.

Les associations ou fondations privées qui ont ces centres en profitent largement. Idem pour ce qui est des legs de succession. Vous avez un handicapé à placer, alors vous devrez énormément payer et de préférence faire un legs conséquent à la fondation qui s'occupe du dit handicap. Si vous n'avez pas les moyens…c'est même pas la peine. Débrouillez-vous.

Enfin, derrière certaines associations et fondations, se trouvent parfois des groupes politiques d'extrême-droite. C'est le cas par exemple de la Fondation Lejeune qui est censée aider les familles de trisomiques.
La totalité des membres administratifs roulent pour l'extrême-droite et l'intégrisme catholique sous couvert d'humanisme. Derrière cette fondation, l'Opus Dei et le Club de l'Horloge, la Fondation Renaissance, la Fondation de Service Politique qui fait de la retape à l'Assemblée Nationale pour faire supprimer le droit à l'avortement mais aussi l'IMG. Pourquoi ? Parce qu'à l'origine le Pr Lejeune qui a découvert la trisomie 21 était un catho intégriste proche de l'Opus Dei et qui a aidé à fonder nombre d'associations anti IVG en France et dont la fondation finance toujours tout ce qui concerne la lutte anti-IVG aussi bien en France qu'en Europe.

Aujourd'hui que Christine Boutin et Bolufer, très proches de la Fondation Lejeune, sont au gouvernement, cette fondation tente par la Fondation de Service Politique, de faire pression sur l'opinion publique et aussi sur le gouvernement dans son ensemble pour faire supprimer et l'IMG et l'IVG.

L'idée est de culpabiliser les femmes qui ont recours soit à l'IVG soit à l'IMG. Par cette culpabilisation des femmes via la télévision mais aussi avec quelques bons reproches moralisateurs, ces politiques d'extrême-droite espèrent suffisamment préparer idéologiquement l'opinion publique à renoncer à l'IVG et à l'IMG. Comme si c'était une abomination. Or ça n'en est pas une.

Les deux méthodes déjà n'ont rien à voir l'une avec l'autre et si on peut les rapprocher on peut dire que se sont des moyens de décider ou pas d'assumer une vie.
Que cette nouvelle vie soit en bonne ou mauvaise santé.
Et c'est très important d'avoir ce choix. Ca fait partie de nos libertés. Ca fait partie des droits des femmes, des droits individuels et collectifs.

Personne d'autre que les parents n'assumera un enfant polyhandicapé.
C'est dur au quotidien, c'est une bataille incessante (médicalisation, socialisation, éducation, gestion des aides, de situations évolutives de crises du handicap) et il faut avoir les moyens non seulement psychiques mais aussi financiers pour arriver à maintenir la tête de l'enfant hors de l'eau et la sienne par dessus le marché. Et aussi prévoir d'avance qu'arrivé à un certain âge, l'enfant handicapé adulte, on ne pourra plus s'en occuper mais qu'on risque de n'avoir, hormis avec des moyens financiers importants, aucune structure qui le prendra en charge. Donc une fin de vie très solitaire et désespérée.
Il faut être prêt à cette situation et tout parent n'est pas prêt à ça.
Et c'est logique donc qu'il y ait des parents qui refusent de se retrouver dans ce genre de situation difficile pour ne pas dire infernale quand l'enfant handicapé arrive à l'âge adulte.

Et il est totalement aberrant par conséquent de leur en vouloir de faire une IMG. Donner la vie, ce n'est pas faire vivre un enfer à son enfant et vivre soi-même un enfer permanent. Il y a des couples qui se sentent de taille à affronter le polyhandicap parce qu'ils ont l'argent, un entourage suffisant pour se relayer auprès de l'enfant, une existence très stable et très sereine. Donc que leur futur enfant soit handicapé ou pas, ce ne sera jamais vraiment un problème.

Mais combien de gens n'ont pas toutes ces stabilités et ne se voient pas passer toute leur vie jusqu'à leur dernier souffle dans le désespoir face à la dégradation de l'état de leur enfant et face à leur impuissance grandissante (parce qu'âgés eux-même et n'ayant pas les moyens suffisants pour que leur enfant handicapé soit pris en charge).

Il n'y a pas que l'aspect affectif dans la décision de mettre un enfant polyhandicapé au monde, mais aussi tout ce qui est gestion quotidienne. Et ça peut devenir très très lourd voire parfois insurmontable en cas de multiples handicaps mentaux et physiques du dit enfant.

Aucune des fondations ou associations soit-disant pour les handicapés mais parfois (à l'exemple de la Fondation Lejeune) ne gèreront ce quotidien difficile.
Que proposent ces gens ? La fatalité et l'acceptation du handicap comme une sorte de rédemption personnelle. Pas autre chose.
Eventuellement si vous avez de l'argent à leur donner, ils vous aideront peut-être à trouver un centre. Encore mieux si vous vous adonnez à leur intégrisme religieux et que vous leur faites un legs conséquent.

La gestion du handicap est surtout une question d'argent pour ce genre de fondation et d'association. Une sorte finalement de mafia et de trafic. Favorisé par l'Etat qui souhaite se désengager totalement de tout ce qui est dépense de santé publique. Et favorisé par l'Etat actuel, qui voit plutôt d'un bon oeil, la récupération du marché du handicap par des associations et fondations privées religieuses.
Ca fait refonctionner une forme de féodalité qui rassure les gens de pouvoir. Les dames patronesses, la charité, le pouvoir religieux, c'est le complément de tout pouvoir temporel pour certains politiques.

Personnellement, ce genre de virage étatique et médiatique qui a démarré dans les années 90 m'inquiète. Car ces associations via les gouvernements en place utilisent des méthodes de culpabilisation et de pression publique que je trouve particulièrement détestables.

Qui aboutissent à une régression des droits des femmes et des droits humains.

Et quand je vois des sujets comme celui-ci, je me pose toujours la question de savoir dans quelle mesure, ces groupements n'y ont pas placé quelque intérêt…

Portrait de sanka

à lally Portrait de lally De sanka

07H45 | 23/05/2009 | Permalien

« La gestion du handicap est surtout une question d'argent pour ce genre de fondation et d'association. » Mais à te lire, elle est également pour toi…

Tu fais du niveau social, la principal raison en faveur de l'IMG, (et je ne parle pas de l'IVG, qui est une méthode contraceptive et non sélective, limité dans le temps). La liberté que tu défends est celle de choisir son enfant. L'aboutissement de tels dérives débouchera probablement à la conception génétique de l'enfant, ses gènes seront sélectionnés pour en faire le meilleur être possible… Tu trouveras surement mes propos abusivif, mais la limite à ne pas franchir est flou et rapidement franchissable, si ce n'est déjà fait…

Selon toi il est donc normal, pour des raisons économiques et sociales de choisir la nature de son enfants. Tu ne résous rien, ni le handicap, car une fois éradiquer le handicap ante natal, il restera le post natal, et d'autre forme de handicap veront le jour, et tu ne résous pas non plus les problèmes économiques et sociaux qui sont la base du problème, (je partage cet opinion avec toi). Selon moi tu diriges ton combat du mauvais coté, jamais on ne supprimera le handicap, mais on peut avec un effort collectif vivre AVEC, combattre les inégalités qui le gangrène, combattre les associations que tu dénonces.

Une fois encore je ne porte de jugement sur les parents ayant recours à de tel pratique, pour vivre la situation de handicap au quotidien, je connais fort bien la situation que tu dénonces, mais les dérives eugéniques que notre société met en place pour palier à l'abandon ne me semble pas résoudre le problème…

Jeunesse lève toi…

Portrait de lally

à sanka Portrait de sanka De lally

professeur | 21H44 | 23/05/2009 | Permalien

Ca ne l'est pas pour moi, puisque je ne vis pas la situation. Mais ça l'est pour les parents âgés d'enfants handicapés que je connais. Car plus leurs enfants sont âgés, plus les pathologies s'aggravent et les parents étant âgés, ils n'arrivent plus à gérer tout ce qui arrive. Sans compter que les soins spécifiques coûtent cher et se surajoutent à ceux des parents âgés. Et quand ces parents âgés ont de toutes petites retraites, ça devient un vrai enfer pour décider des priorités, situation tendue qu » évidemment, les enfants handicapés adultes ressentent encore plus mal. Résultat des courses tout le monde est malheureux et la situation empire année après année.

Tu crois franchement que c'est une fin de vie heureuse pour des couples qui ont près de 80 ans et qui sont perpétuellement angoissés à cause du handicap de leur enfant handicapé alors qu'eux-mêmes ont des problèmes de santé ? Moi je vois bien leur désespoir chaque semaine et ça c'est quelque chose que je trouve insupportable.
Personne ne mérite de vivre dans un tel stress à cet âge avancé.

Avec le recul, malgré tout l'amour qu'ils portent à leur enfant, plusieurs couples que je connais regrettent qu'à leur époque, il n'y ait pas eu d'IMG. Parce qu'au stade où ils en sont rendus aujourd'hui, c'est devenu tout simplement impossible.

Le handicap de toutes les façons existera toujours, nous sommes d'accord.

Mais faut-il que des parents fassent naître un enfant qui va vivre mal toute sa vie à cause de multiples handicaps physiques et mentaux, avec des pathologies incurables et qui risque de finir (s'il arrive quand même à l'âge adulte) quand les parents n'ont pas suffisamment de quoi vivre, dans la misère et l'abandon ?

Pour moi, c'est clair que c'est non. Un enfant ne nait pas pour souffrir dans son corps, dans sa tête, dans son coeur. Et pour un parent, c'est déjà un sacré challenge d'élever comme il faut un enfant qui a toutes ses facultés physiques et mentales, alors quand en plus se surajoute le problème de multiples handicaps graves incurables avant la naissance, ça devient de l'esclavage.

Certains parents ont peut-être besoin d'avoir un enfant handicapé pour se sentir exister, moi je trouve que c'est du masochisme et du sadisme.

Masochisme car c'est se faire une vie de souffrance perpétuelle sans pouvoir faire aucun projet autre à cause du handicap de l'enfant.
Sadisme car l'enfant sera en souffrance toute sa vie et physique et mentale et les parents seront le plus souvent impuissants devant sa souffrance. Donc à moins d'être fasciné par la souffrance, une fascination morbide, je vois pas du tout l'intérêt. Ni pour les parents, ni pour l'enfant.

Certaines associations et fondations considèrent que c'est une forme de rédemption spirituelle. Moi je trouve ce genre de considération particulièrement écoeurante. Et pourtant je suis croyante et pratiquante.

L'IMG n'est pas choisir son enfant, c'est pouvoir se dire qu'on ne va pas lui offrir une vie qui sera un enfer tant pour lui d'abord que pour nous ensuite.

L'IMG ne supprimera pas le handicap physique et mental qui peut survenir au cours de la vie. Mais ça évite de se surajouter des problèmes et d'en charger un petit bout de chou qui mérite d'être heureux et non dès le départ malade gravement et malheureux.

L'IVG n'est absolument pas un moyen de contraception.
Je le sais pour l'avoir vécu une fois comme la moitié des femmes françaises entre 15 et 50 ans. Quand on s'y résoud, ça n'est jamais de gaieté de coeur. On sait ce que l'on fait et pourquoi on le fait.

Moi je l'ai fait suite à un accident de contraception (ça arrive au moins une fois dans sa vie à une femme parce que la contraception ne protège pas à 100%) et parce qu'au chômage, sans ressources, compagnon dans la même situation et je ne le regrette absolument pas.

Si l'enfant était né, cela aurait aggravé notre situation de détresse sociale et professionnelle. Et forcément l'enfant en aurait pâti dès ses premiers moments de vie. Lui faire endurer nos difficultés, je trouvais ça injuste. Mon compagnon idem. Donc nous avons en commun décidé de mettre fin à cette grossesse.

J'étais tellement désespérée par cette grossesse non-désirée, que je n'arrivais plus à m'alimenter. Je refusais totalement cet état. L'avortement a été pour moi une libération et une forme de renaissance.

Et je remercie infiniment toutes les féministes et Simone Veil en particulier, qui ont permis grâce à leur combat que nous les jeunes femmes puissions avorter dans des conditions sanitaires impeccables et sans douleur et qui nous ont permis d'avoir accès en premier lieu à une vraie contraception. Nous avons une chance énorme.

Je pense à toutes ces femmes qui autrefois avortaient dans des conditions lamentables avec des méthodes on ne peut plus barbares, qui n'avaient pas de contraception, qui souvent mourraient ou qui finalement tuaient leur bébé à la naissance ou l'abandonnaient ou le noyaient…c'était parfaitement abject.

Quand je vois des pays comme la Pologne renouer avec de telles barbaries, obliger des femmes à aller avorter à des prix défiant toute concurrence, ça m'horrifie. Et quand je vois les affreux de la Fondation Lejeune et autres fachos intégristes militer pour un retour à ces situations en France et tenter aussi de supprimer l'IMG, ça me donne envie de mordre. D'autant que ces mêmes fachos sont pour la peine de mort. Ironie de ces groupes soit-disant Pro-Vie.

Je ne vois pas du tout l'IMG comme de l'eugénisme, ça n'a rien à voir avec. Et je trouve même particulièrement scandaleux d'insinuer qu'il y aurait un rapport avec l'IMG.

Car c'est avec ce type de présentation culpabilisante qu'on tente d'interdire l'IMG actuellement et c'est exactement l'argument des associations et fondations fachos. Bon, par là-dessus, elles manient en plus l'argument que l'IMG comme l'IVG c'est pratiquer l'extermination à égalité avec les nazis…dans le genre comparaison abjecte, on ne fait pas mieux. Surtout venant de la part de personnes pour la plupart antisémites. Mais bon, côté paradoxe et antisémitisme, les fachos intégristes pro-vie sont champions hors concours.

L'action sociale vis à vis du handicap n'a pas besoin des handicapés antenataux pour se développer. Il y a suffisamment de handicaps post-nataux pour oeuvrer utilement et citoyennement. Et politiquement.
Que ce soit sur le plan de la gestion quotidienne, de la scolarisation, de la socialisation, de l'accès à l'emploi, des suivis médicaux et sociaux…Y a du pain sur la planche. Et il y en aura toujours.

Nous avons, grâce à de meilleures conditions de vie et une meilleure gestion sanitaire et médicale, supprimé beaucoup de causes de handicaps graves anténataux. Faut-il regretter ces handicaps ? En aucun cas.
Ces handicaps du passé n'étaient pas mieux gérés qu'aujourd'hui, ils étaient souvent encore moins acceptés.

Rappelle-toi les foires aux monstres qui existaient encore au 19ème siècle et au début du 20ème. C'était ça la vie des polyhandicapés le plus souvent abandonnés ou vendus par leurs parents.
Et je ne parle pas des cas de crétinisme et les vies terribles de ces enfants…

Donc gérons les cas de handicap post-natal. C'est déjà pas une sinécure. Je pense notamment à la schizophrénie qui touche nombre de jeunes, à l'alzheimer, à des formes de démences et de maladies graves qui se déclarent à l'adolescence ou dans l'enfance ou à la vieillesse, c'est déjà un sacré challenge à relever.

L'IMG permet, même si c'est toujours très douloureux au plan de la décision et du constat, de pouvoir éviter des situations infernales. Merci à cette loi de 94. Merci à celles et ceux qui se sont battus pour que cette loi existe et soit appliquée. Merci aux médecins et aux équipes médicales de toujours faire en sorte que ça se passe pas trop mal, même si ça ne gomme pas la souffrance et le deuil des parents. C'est un progrès énorme.

Et j'espère que l'IMG continuera d'être proposé et géré par des équipes médicales, de même que l'IVG -qui est de plus en plus menacé à cause des organisations fachos et de la pression de Boutin et consorts au plan gouvernemental-.
Et j'espère aussi que l'accès à la contraception sera préservé et étendu aux garçons et aux hommes. Car beaucoup d'IVG seraient évitées s'il y avait une double contraception (garçon et fille). Il y a donc un gros effort à faire sur la contraception masculine. Et l'éducation des garçons à une contraception spécifique tout au long de la vie.

C'est très important pour nos droits humains. Pour aussi préserver la dignité et l'intégrité tant physique que morale de toute personne.

Portrait de sanka

à lally Portrait de lally De sanka

12H21 | 24/05/2009 | Permalien

Je partage ton point de vue sur l'IVG, mon terme de « contraception » était mal employé, ce n'est pas une contraception mais le choix d'une grossesse au non, comme tu le dis…

Mais je ne partage pas du tout ton point de vue sur l'IMG, que tu le veuilles ou non, c'est belle est bien le début de l'eugénisme.
La sélection de son enfant, pour une vie meilleurs…

Tu ne résouds aucun problèmes…
C'est un peu comme si, pour ne plus avoir d'accidents de la route, on supprimait les voitures, raccourcis facile mais qui illustre très bien la situation…

Je ne te convoquerai pas et je n'en ai même pas l'envie, mais de ces pratiques, suivront de larges dérives, rendez vous dans 50 ans pour les constater…

Portrait de lally

à sanka Portrait de sanka De lally

professeur | 20H39 | 24/05/2009 | Permalien

Faire naître un enfant qui a une maladie incurable et des handicaps très graves ne résoud rien. Au contraire, ça aggrave le malheur pour plusieurs vies. Celle des parents et celle de l'enfant.

Ca donne du chagrin et de la souffrance à tous.
Socialement, c'est un poids. Economiquement, c'est un poids. Affectivement, c'est souvent un traumatisme dont les parents ne se remettront jamais. Et je ne parle pas de la souffrance physique et morale de l'enfant polyhandicapé.

Je ne ferai pas ta comparaison.
Si tu prends l'exemple des accidents de la route, ce serait ôter du marché des voitures vétustes qui ne permettent aucune sécurité de parcours.
As-tu envie d'avoir une caisse à savon qui prend feu ou qui t'envoie à coup sûr dans le fossé dès que tu dois te déplacer ? A moins d'être maso ou suicidaire, je pense que personne ne souhaite une telle chose.

C'est comme si tu disais, surtout laissons des personnes avec un cancer, une leucémie, la peste, le choléra même s'ils meurent sans être soignés, ça aide à vivre ensemble. Peu importe leur souffrance…

Perso, je trouve ce genre d'attitude absurde et particulièrement néfaste et sadique.

Quand je pense à des maladies incurables, des multiples handicaps mentaux et physiques, je vois un enfant passer son temps à hurler sans pouvoir faire autre chose.
J'ai vu ce genre de personne en hôpital psychiatrique quand j'allais visiter une amie dépressive.
Un homme dans le pavillon fermé voisin du sien qui passait son temps à gémir de douleur, qui ne parlait pas, ne marchait pas, ne pouvait s'alimenter que sous perfusion…n'avait pas d'anus, vivait avec des poches pour uriner et déféquer. C'est ça la vie qu'il méritait cet homme ? Non. Personne ne mérite de vivre comme ça.

Mais parce qu'il n'y avait pas d'IMG, cet homme a passé sa vie en grande partie en hôpital psy (pas possible pour lui de rester dans sa famille tellement son état était médicalement grave) dans cet état de douleur permanente, que rien ne calmait. Rien.
Le regard horrifié et terrifié de cet homme, je ne l'oublierai jamais.
Cet homme est mort dans des souffrances atroces il y a un an à l'HP, il avait passé 45 ans. 45 ans à souffrir jour et nuit sans même pouvoir exprimer autre chose qu'un gémissement continuel.

Je l'ai su par une amie qui est infirmière dans le service fermé où il était.
Quand il est mort, pour la première fois, il a souri. C'était une délivrance.

Voilà ce qu'évite l'IMG. Ce genre de situation terrible.
Rien à voir avec l'eugénisme.
Il ne s'agit pas de choisir la couleur de cheveu ou de peau ou d'yeux ou le sexe ou je ne sais quoi. Simplement éviter des vies totalement vouées à la douleur quotidienne.

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