L'interruption médicale de grossesse : le poids du choix

Doit-on poursuivre sa grossesse lorsque l'on apprend que l'enfant à naître souffrira d'une affection grave et incurable ? Le choix terrible est entre les mains des parents, conseillés par les médecins. Un documentaire poignant nous éclaire sur ce sujet.

L'hôpital Robert-Debré à Paris traite en particulier les grossesses à risques. C'est dans la salle de l'échographiste que tombe la mauvaise nouvelle. Malformation, retard mental… tout devra ensuite être confirmé en réunion d'équipe. Avant que le choix soit laissé aux familles.


La loi française autorise l'interruption médicale de grossesse jusqu'au terme s'il existe « une forte probabilité que l'enfant à naître soit atteint d'une affection d'une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic ».

Mais entre la loi et son esprit, les marges d'interprétations sont nombreuses. C'est tout l'intérêt de ce documentaire : nous faire réfléchir sur l'éthique médicale.

On y voit des sage-femmes pas habilitées à proposer l'interruption de grossesse mais qui tentent d'y préparer psychologiquement les couples, des équipes pluri-disciplinaires prenant toutes les précautions nécessaires pour s'assurer que le diagnostic sera fiable. Des femmes qui ont senti depuis des mois la vie grandir en elle et se préparent à accoucher d'un enfant sans vie, des pères qui tentent de s'imaginer la vie de leur enfant handicapé ou de renoncer à la joie de la naissance.

A l'heure de la révision des lois de bioéthique et du grand débat sur la réforme de l'hôpital public, on se dit que la loi française est bien faite, mais que grande est la responsabilité de ceux qui ont à l'appliquer.

« Un choix pour la vie » - documentaire de Karim Miské, produit par Point du Jour. Diffusion sur France 2 jeudi 21 mai à 22h55.

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Portrait de Phil2922

De Phil2922

Retraite invalidité | 14H47 | 21/05/2009 | Permalien

Ce n'est pas évident de prendre une telle décision. Connaissant une famille ayant un enfant atteint de mongolisme, je sais les difficultés qu'ils peuvent avoir avec lui mais en retour tout l'amour dont l'enfant est capable de donner, c'est impressionnant… ! !

http://phil195829.overblog.com

Portrait de Svati

à Phil2922 Portrait de Phil2922 De Svati

Etudiante | 15H39 | 21/05/2009 | Permalien

Mongolisme… vous voulez parler de trisomie 21 je suppose ?

Portrait de lled

à Svati Portrait de Svati De lled

(galérienne) | 16H13 | 21/05/2009 | Permalien

Quoi d'autre ? Accoucher d'un bébé des steppes d'Asie Centrale quand on n'en est pas soi-même originaire est
1) Assez inhabituel
2) De toute façon pas une malformation congénitale

Portrait de Phil2922

à Svati Portrait de Svati De Phil2922

Retraite invalidité | 05H36 | 22/05/2009 | Permalien

Autant pour moi, je parlais bien sûr des trisomiques. Vous êtes tous « steppéfiants » à ne rien laisser passer à la moindre maladresse…

http://phil195829.overblog.com

Portrait de neomaniacs

à Phil2922 Portrait de Phil2922 De neomaniacs

(Informaticien) | 06H56 | 22/05/2009 | Permalien

Certains n'ont certainement pas vécu une telle situation pour être aussi idiots au point de plaisanter avec ça, et ne critiquer qu'une petite erreur lexicale.

Cette mise au point étant faite, je connais certaines personnes qui ont vécu cette situation, et je parle bien au passé car il s'agissait ici de mucovisidose en plus d'une maladie génétique… le diagnostic était trop lourd.

Alors, s'il vous plait, « mongolisme », « trisomisme »… la réalité est un drame vécu par des familles, qui se sentent souvent coupable d'avoir donné vie à ces enfants… malheureusement.

Visitez mon blog : monpanierdeletchis.fr

Portrait de Charles Mouloud

à Phil2922 Portrait de Phil2922 De Charles Mouloud

Bras gauche de la Vénus de Millau | 16H30 | 21/05/2009 | Permalien

Koi, il est né avec une yourte sur la tête ?

Et je proteste énergiquement !
Yen a marre que la science nous retire des parts de marché, à nous zautres les zéducateurs spécialisés, et autres professions du para médical et du social.

A kauze keu de l » amniocentèse , on a de moins en moins de trisomiques, de « clients » malformés et déficients profonds.

Kesqu'il nous reste t'il ?
Heureusement que la misère s'accroît , sinon , plus de taf !

Il y a un créneau à envisager du côté des riches victimes de la crise boursière.
Ouvrons des centres d'accueil , des « cloaques 40 “ pour actionnaires déprimés.

Portrait de philippe.edmond

à Phil2922 Portrait de Phil2922 De philippe.edmond

unvoyageauliban.bafweb.com | 23H39 | 21/05/2009 | Permalien

Des familles ont du mal à envisager de porter la charge incontestable que représente un handicapé, …
… on leur « propose » de le supprimer au lieu de résoudre les inégalités économiques qu'elles subissent et de créer des solidarités directes et personnelles autour d'elles.
Des familles n'ont pas assez d'argent.
… on leur « propose » d'avorter au lieu de résoudre les inégalités économiques qu'elles subissent.

Quel renoncement.

On consacre des fortunes a éviter la naissance de 95% des trisomiques, au lieu de consacrer de l'argent à le recherche pour leur guérison et aux moyens de les aider à vivre.

Quel renoncement.
Nous sommes déjà dans une société eugéniste. http://www.lesbonsdocs.com/docs/neomalthusainsme.htm

Dites aussi à tous les myopes, les gauchers, les cardiaques et les prédisposés au mélanome ou les femmes d'Inde ou de Chine qu'heureusement aujourd'hui on a la possibilité d'éviter qu'ils naissent avec un tel handicap.

Portrait de minuit

à philippe.edmond Portrait de philippe.edmond De minuit

en transit | 07H56 | 22/05/2009 | Permalien

Savez vous qu'après aussi un enfant handicapé « coûte “ cher ( foyers d'acceuil pour les handicapés mentaux, moyens médicaux, greffes pour la mucoviscidose) et que le problème n'est certainement pas là. Les parents d'enfants handicapés sont souvent ensuite isolés lorsque les enfants deviennent grands, car on manque cruellement de structures d'acceuil en France pour les adultes. J'ai vu des trisomiques adultes passer leur vie dans des pavillons d'HP sans aucune visite. Est-ce une vie ? Je pense que chacun doit avoir le choix d'avoir un enfant malade, tout en sachant toutes les implications que cela peut avoir, ou non. N'oublions pas qu'il n'y a pas que la trisomie, qu'il existe des maladies malformatives où les enfants naissent out en sachant qu'ils ne seront pas viables plus de quelques semaines. Quelle souffrance pour tout le monde !

Portrait de bdm

à minuit Portrait de minuit De bdm

13H37 | 22/05/2009 | Permalien

Savez vous aussi qu'un enfant « normal » peut aussi couter très cher. Quand après avoir bu, fumé, il ira se planter et terminer sa course au mieux dans un fauteuil roulant ou au pire au cimetière. Ou quand il ira tuer quelqu'un d'autre sur la route. Quand il fera perdre 5 milliards à sa banque. Quand il mettra des centaines de personnes au chômage. Quand il ira violer, tuer. Quand il ira faire la guerre. Moi mon fils handicapé, il ne coutera jamais aussi cher. Car il ne pourra jamais faire rien de tout ça. Alors que l'on ne me dise pas que les structures coutent chers. Elles sont au contraire des investissements sur notre humanité de demain.

Portrait de VickyBHD

à philippe.edmond Portrait de philippe.edmond De VickyBHD

... | 09H51 | 22/05/2009 | Permalien

Je ne vois pas bien comment vous pouvez comparer la trisomie au fait d'être myope ou gaucher. Etant myope et gauchère, je peux vous assurer que je suis parfaitement indépendante et que ce n'est pas un handicap dans ma vie quotidienne. Peut-on en dire de même de la trisomie ?

La charge que représente un enfant handicapé n'est pas uniquement financière. C'est également dans certains cas des enfants, puis des adultes qui ne seront jamais autonomes, et qui passeront leur vie dans des milieux médicalisés. Certains en étant conscient du monde alentour, d'autres non. Voir un jeune homme de 20 ans nourri par sonde, portant des couches et incapable de marcher ou de s'exprimer, ça fait un choc.

Portrait de dulconte

De dulconte

Mordu par un fachogarou | 16H48 | 21/05/2009 | Permalien

vous savez si il est possible de voir cette émission en streaming ?

Portrait de Sophie Verney-Caillat

à dulconte Portrait de dulconte De Sophie Verney-Caillat (auteur)

Rue89 | 09H01 | 22/05/2009 | Permalien

non je ne crois pas, mais un DVD devrait être prochainement disponible. vous pouvez demander à France 2 s'il y a des rediffusions.

Portrait de Karim Miské

à dulconte Portrait de dulconte De Karim Miské

Réalisateur | 09H23 | 22/05/2009 | Permalien

Le film est rediffusé demain matin très tôt sur France 2 (le 23 mai à 5h05). Il sera ensuite disponible sur la VOD payante d'Orange pendant 30 jours puis sur la plateforme VOD (également payante) de France Télévision.

Portrait de bleuet1

De bleuet1

espère malgré tout | 17H05 | 21/05/2009 | Permalien

C'est un choix difficile, et en tant que femme et future mère potentielle, je me suis déjà posée la question sérieusement ; avec une réserve : je pense que j'aurai un raisonnement différent et moins objectif si jamais un tel choix se pose concrètement à mon mari et moi. L'émotion joue beaucoup.

Dans l'absolu, je me dis que ça dépend surtout de l'enfant.
Je n'aurai pas recours à l'IMG si j'ai assurance que mon enfant ne souffre pas dans mon corps et qu'il ne souffrira pas dans sa vie.
Sinon, je pense que tout enfant a droit à la vie.
Après tout, il y a des enfants trisomiques (21, car il y a des trisomies plus lourdes et plus graves) qui vivent très heureux, et ils ont le droit à la vie eux aussi.

J'ai déjà assisté à une conférence d'une femme à qui le choix s'était posé. Elle avait déjà d'autres enfants.
L'échographie a montré que le bébé était atteint d'une maladie qui le rendait non viable. Les médecins ne savaient pas si l'enfant mourrait in utero ou peu de temps après la naissance.
Au début, les parents étaient perplexes, ils ne savaient pas trop qu'en penser. Et puis, en y réfléchissant, ils se sont rendus compte que la problématique de l'interruption médicale de grossesse était la même que celle de l'euthanasie active : a-t-on le droit de décider soi-même de mettre un terme à la vie d'un être humain ? (cela va bien au-delà de la problématique de l'avortement, puisqu'on peut avoir recours à l'IMG à tout moment de la grossesse)

Les parents ont décidé qu'ils allaient laisser l'enfant aller jusqu'au bout de sa vie, et qu'il partirait quand ce serait le moment.
Ils en ont fait part au médecin, et lorsqu'ils lui ont exposé leurs motifs, il a eu une révélation. Depuis, il fait des conférences sur le sujet avec la dame qui nous l'a faite.

En fait, pendant le reste de la grossesse, ils ont considéré que cet enfant faisait déjà partie de la famille. Les parents ont appris à leurs enfants à le considérer comme un petit frère, même s'ils ne pouvaient pas le voir. Ils lui parlaient, ils partageaient des choses avec lui.
Il est mort quelques minutes ou quelques heures après sa naissance, je ne sais plus très bien.
Ils ont fonctionné comme pour des soins paliatifs. Ils savaient que leur enfant allait mourir, mais ils avaient fait le choix de le laisser partir doucement, sans faire comme s'il n'existait pas.
C'est justement l'objet des conférences qu'ils animent sur le sujet : considérer ce type de grossesse comme un accompagnement en soins paliatifs.

Finalement, c'est comme l'IVG : c'est une question très difficile et l'aspect déontologique est compliqué à manipuler. Mais il s'agit surtout de respecter le choix des parents, de ne pas les juger, et il faut aussi se dire qu'il est heureux que les parents puissent réaliser ce choix.
L'IVG, comme l'IMG, sont des choix très difficiles et jamais anodins, mais il est bon que le choix soit possible dans nos sociétés.

Portrait de marie 75

à bleuet1 Portrait de bleuet1 De marie 75

17H39 | 21/05/2009 | Permalien

j'ai une cousine qui a été obligée d'avorter : enfant poly-handicapé, (cf échographie) à 6 mois de grossesse.
Ce fut très dure pour elle et son mari.
L'avortement n'est jamais - pour une femme - anodin.
C'est suffisamment difficile à vivre pour éviter toute culpabilisation.

Ma cousine a eu un bébé très vite après cet avortement. C'était la seule chose qu'elle voulait : oublier, ne pas rayer ce passage de sa vie mais vivre.

Portrait de bleuet1

à marie 75 Portrait de marie 75 De bleuet1

espère malgré tout | 18H08 | 21/05/2009 | Permalien

En effet.

Lorsque les parents ont recours à l'IMG, souvent ils considéreront toujours que l'enfant fait partie de leur famille. S'ils ont 3 enfants et qu'un de plus est décédé des suites d'une IMG, ils diront qu'ils ont eu 4 enfants, dont un décédé.
Il n'est pas effacé de leur vie, il en fait partie, comme quand on a perdu un parent très proche et qu'on évoque régulièrement son souvenir.

Portrait de Tokani

à marie 75 Portrait de marie 75 De Tokani

Oldmole | 06H32 | 22/05/2009 | Permalien

« L'avortement n'est jamais - pour une femme - anodin. »
Je ne veux pas polémiquer pour le plaisir mais ma pratique professionnelle m'amène à constater le contraire chaque jour…
Je constate que dans la majorité des cas l'IVG réclamée est le résultat d'une simple négligence et que la plupart la considère comme une forme parmi d'autres de contraception…
La version « pleurons dans la chaumière “ que tu évoques devient assez rare en fait tant l'acte s'est banalisé …
Ceci dit le cas de l'IMG est tout a fait différent pour des couples qui se considèrent souvent déja comme parents et responsables …
Enfin l'Eugénisme n'est pas un risque à mon sens puisqu'il est déja pratiqué dans la réalité depuis longtemps….

Portrait de Sustainable_Gupta

à Tokani Portrait de Tokani De Sustainable_Gupta

Reparti | 08H02 | 22/05/2009 | Permalien

Vous avez raison, mais cette banalisation est beaucoup le résultat de l'image que l'on se fait avant l'avortement, véhiculé par des idées reçues (moyen de contraception comme un autre, c'est une « droit » acquis difficilement et donc dont il est presque souhaitable de « profiter », l'acte médical est la plupart du temps bien maîtrisé et sans danger, …) et la réalité à laquelle les femmes se trouvent confrontées sur le moment (l'humiliation causée par la situation, l'aspirateur, les médicaments douloureux) et sur le long terme (« quelle serait ma vie en ce moment si je n'avais pas ce choix ? ») … et là, Marie75 a parfaitement raison.

Portrait de ripoline

à Sustainable_Gupta Portrait de Sustainable_Gupta De ripoline

maman | 08H42 | 22/05/2009 | Permalien

Je reviens vers vous pour une précision de la plus haute importance : I.V.G et I.M.G sont 2 choses radicalement différentes : l'I.V.G est une interruption VOLONTAIRE de grossesse et l'I.M.G est une interruption MEDICALE.On n'a pas le choix pour différentes raisons : handicap lourd de l'enfant mais aussi mise en danger de la mère….
L'I.M.G est un accouchement des plus traditionnels,il n'y a pas d'anesthésie,pas d'aspirateur(comme vous dites),pas de césarienne non plus.Que pensez-vous d'une maman qui accouche avant le terme dans des souffrances physiques atroces pendant 48H d'un bébé qu'elle sait perdu ? Que pensez-vous aussi des souffrances morales qu'elle endure ensuite toute sa vie ?

Portrait de MOG

De MOG

écriveuse | 22H27 | 21/05/2009 | Permalien

Lorsque la loi autorise l'interruption de grossesse jusqu'au terme (accouchement ? ), ne parle-t'elle pas d'euthanasie ?
Dans le documentaire présenté, un des deux enfants est parfaitement constitué, quant à l'autre il est privé de deux moitiés de membres. Ses facultés intellectuelles ne sont pas altérées, le système neurologique non plus. Il pourrait tout autant avoir un accident de bicyclette à 5 ans et se retrouver avec deux prothèses, gagner des médailles olympiques en handisport, remporter un Nobel et amener un plus à notre société.
Qui sont les décideurs supposés savoir dans une telle situation ? Où est le comité d'éthique ? Pourquoi condamner l'enfant valide ?
Intimement, pour ce qui me concerne, je n'avorterais pas. Par contre je vote pour que la loi qui offre cette possibilité reste car je ne me sens pas le droit de juger les raisons des autres femmes, du moment que l'on ne m'oblige pas, pour des raisons économiques, en cas de problème à avorter. Là encore, la vigilance est de mise.

Portrait de Sophie Verney-Caillat

à MOG Portrait de MOG De Sophie Verney-Caillat (auteur)

Rue89 | 08H52 | 22/05/2009 | Permalien

Vous n'avez peut-être pas bien compris mais dans le documentaire, la maman qui attend des jumeaux va garder celui qui va bien et accoucher de l'autre mort. Il n'y a pas d'euthanasie non mais vous avez bien cerné les questions éthiques, qui sont entre les mains des médecins et des parents.

Portrait de MOG

à Sophie Verney-Caillat Portrait de Sophie Verney-Caillat De MOG

écriveuse | 09H09 | 22/05/2009 | Permalien

N'ayant pas la télé, je n'ai lu que l'article et visionné la petite vidéo. Merci à ceux qui rédigent, de ne pas considérer comme acquis que cet outil de lavage de cerveau ne trône pas dans tous les foyers. Il ne s'agit pas de compréhension, mais dans aucun des deux, ne sont mentionnés les éléments que vous amenez, particulièrement, le décès du jumeau handicapé. Là, je pense que cela devient une question de survie pour l'enfant viable. Son développement à côté d'un cadavre comportant des risques évidents de mort.

Portrait de Karim Miské

à MOG Portrait de MOG De Karim Miské

Réalisateur | 09H58 | 22/05/2009 | Permalien

Cela ne présente pas, du moins à ma connaissance, de risque de mort pour le jumeau survivant, d'autant moins que le temps écoulé entre ce que les médecins appellent « le geste » et l'accouchement est relativement limité. Par contre, il semble évident que cela entrainera des conséquences psychologiques pour l'enfant qui aura vécu en direct l'IMG puis achevé sa gestation en compagnie de son jumeau mort…

Portrait de bdm

à Sophie Verney-Caillat Portrait de Sophie Verney-Caillat De bdm

10H33 | 22/05/2009 | Permalien

NON les questions éthiques ne sont pas pas entre les mains des seuls médecins et parents. Elles sont entre les mains de tous. Accepter de se débarrasser de la questions sur les seuls parents et médecins, c'est refuser de se poser la question de la place du handicap dans la société. De se demander ce que les personnes handicapées apportent à la société. De se demander quel est notre rôle à tous pour obliger les décideurs à leur donner une place et une vie digne pour que le poids qui pèsent actuellement sur les seules familles une fois l'enfant né soit un peu mieux réparti. Vous n'avez, je suis désolé de le dire, rien compris si vous acceptez de laisser les questions éthiques uniquement à ceux qui doivent le vivre au quotidien. Ce n'est pas de l'euthanasie, c'est de l'eugénisme. Et ça nous regarde tous. Et pas uniquement parce que ça peut nous arriver à tous demain comme ça m'est arrivé hier.

Portrait de Karim Miské

à bdm Portrait de bdm De Karim Miské

Réalisateur | 11H12 | 22/05/2009 | Permalien

Vous avez raison quand vous dites que ces questions sont entre les mains de tous. C'est la raison même de ce film : permettre à l'ensemble de la société de connaitre cette loi et son fonctionnement. Une loi qui n'est au fond que le produit de nos désirs de « belles naissances » (étymologie du terme eugénisme). Des désirs très universels. Ainsi dans certains villages d'Afrique de l'Ouest, il était courant d'occire un nouveau-né dont l'« anormalité » était manifeste dès la naissance. La matrone se contentait de dire à la mère qu'il était mort-né.

Comment faut-il faire face à ces désirs ? Font-ils de nous des monstres, comme l'exemple nazi semble le prouver ? Sont-ils une « simple » expression de notre ambivalente humanité ? La question est là, en effet. À nous d'y répondre. À nous de faire face à nos désirs. Ils ne sont pas tous beaux à voir, mais ils sont bel et bien là.

Portrait de ripoline

De ripoline

maman | 23H38 | 21/05/2009 | Permalien

Je viens de voir l'émission et viens de lire vos réactions.Je suis bouleversée.Vous tous qui intervenez ,avez tous une connaissance qui a vécu cela,ou alors vous émettez des avis sans avoir été confronté à cette décision tragique(tant mieux pour vous)mais vous ne savez pas de quoi vous parlez.
J'ai vécu 2 fois cette décision il y a 11 et 10 ans et croyez moi ce n'est pas par facilité ou pour convenance personnelle.Aujourd'hui encore ,pourtant,je me sens coupable alors que je n'avais pas d'autre issue.
Je viens de revivre cela ce soir avec cette émission et ma remarque se portera sur les équipes médicales : certe l'annonce le l'IMG ne leur est pas chose facile,mais je leur reproche leur manque d'humanisme(il faut signer des papiers),leur manque de psychologie(dossier suivant) ,leur manque de temps,leurs explications incompréhensibles pour la plupart d'entre nous….et j'en passe .
Aujourd'hui je suis maman d'un petit garçon de 9 ans(le 3ème essai fut le bon) mais mon couple a volé en éclat.On ne ressort jamais indemne de ces tragédies.Toute ma vie mes enfants seront dans mon coeur .

Portrait de ni soumise ni rebelle

De ni soumise ni rebelle

sans profession | 23H51 | 21/05/2009 | Permalien

la souffrance psychologique eventuelle d'un enfant du a sa difference ne sera insurmontable que si les parents ne reussissent pas a depasser leur idee de ce qu'ls voulaient pour leur enfant…la diversite n'est -elle pas notre bien le plus precieux ? ne devrions-nous pas la proteger ? je ne peux pas me mettre a la place de ceux qui doivent faire ce choix et je ne suis meme pas sure de quelle serait ma propre decision mais je remercie tous ceux qui acceptent la vie sous toutes ses formes car nous benificions tous de leur experience.
les nouvelle technologies nous mettent devant des choix,des responsabilites dont la plupart d'entre nous n'ont pas la maturite pour mesurer le veritable enjeu !

Portrait de bleuet1

à ni soumise ni rebelle Portrait de ni soumise ni rebelle De bleuet1

espère malgré tout | 08H28 | 22/05/2009 | Permalien

Je suis d'accord avec vous sur le plan de la diversité, mais il faut aussi prendre en compte des données périphériques qui sont fondamentales.

Si on prend le cas des parents dont l'un des jumeaux avait deux moitiés de membres manquants :
Ils ont déjà 6 enfants, et ils travaillent. Le père explique très simplement les conséquences de cette naissance. Il est conscient que cet enfant aurait une vie difficile, et il se dit aussi que l'un des deux parents serait obligé d'arrêter de travailler pour s'en occuper à temps plein.
Vous pouvez me croire, quand on a une famille nombreuse, l'argent ne coule pas à flots. Je suis l'aînée d'une famille de 5 enfants, jusqu'à ma 6e seul mon père avait une activité rémunérée, mais aujourd'hui mes parents ne pourraient plus se passer d'un deuxième salaire vue la conjoncture économique. J'ai un frère et une soeur étudiants, et ma plus jeune soeur est seulement en 3e.
Je peux donc comprendre la décision de ce couple, même si ce n'aurait peut-être pas été ma propre décision. Ils doivent s'occuper de 6 enfants, bientôt 7, ce qui implique du temps et de l'argent…

Portrait de MOG

à bleuet1 Portrait de bleuet1 De MOG

écriveuse | 08H57 | 22/05/2009 | Permalien

Si le problème est le nombre d'enfants dans le foyer, le sujet n'est pas le même. Il s'agit de contraception. L'avortement n'est pas un mode contraceptif… Cela se pense AVANT !

Portrait de bleuet1

à MOG Portrait de MOG De bleuet1

espère malgré tout | 11H18 | 22/05/2009 | Permalien

Oui, mais vous oubliez un détail : l'un des deux jumeaux aurait été lourdement handicapé, ce qui change totalement la donne.
Aujourd'hui, le handicap est encore malheureusement très mal pris en charge et considéré par la société française.

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