03/04/2009 à 18h48

Vasak : « Je n'avais jamais vu l'Algérie fermée à ce point »


De retour d'Algérie, où se déroulera le 9 avril l'élection présidentielle, le journaliste Vladimir Vasak explique les difficultés d'exercer son métier dans ce pays. (Voir la vidéo)

A la veille de l'élection présidentielle qui entérinera sans surprise un troisième mandat du président Bouteflika, vous avez passé six jours en Algérie. Votre reportage, qui sera diffusé le 4 avril à 19 heures sur Arte, pourrait s'appeler « chronique d'un tournage impossible ». C'est si difficile pour un journaliste de travailler dans l'Algérie de 2009 ?

Notre idée était de raconter l'Algérie d'aujourd'hui en parcourant l'un des projets-phares du président Bouteflika : l'autoroute Est-Ouest. Alors que nous avions demandé de filmer tout le tronçon Est, d'Alger à Annaba (ville d'où partent les harragas, ces jeunes qui quittent clandestinement le pays par la mer au péril de leur vie, ndlr), ainsi que l'université de Constantine, notre accréditation n'a finalement concerné que Alger-Constantine.

Nos ennuis ont commencé dès le lendemain de notre arrivée quand nous sommes allés sans notre escorte officielle dans les ruelles de Constantine. Sans escorte, les gens parlent très librement, de leur envie de partir, de leur indifférence à l'égard d'une présidentielle jouée d'avance et qui ne changera rien au chômage des jeunes, à la pauvreté, à la malvie, à l'absence totale de perspectives.

Ces premières 36 heures sont en fait le seul moment où nous avons pu travailler librement et recueillir la parole spontanée des Algériens. A partir de là, nous avons été escortés sans arrêt et nous avons même eu droit à un « message » par voie de presse. Le quotidien En Nahar a ainsi annoncé que les services de sécurité « enquêtaient » sur les « objectifs cachés d'une équipe d'Arte utilisant du matériel sophistiqué » qui « devait faire un reportage sur le projet du siècle, l'autoroute Est-ouest, et a changé de sujet en se rendant à l'université et en filmant à un kilomètre du chantier de l'autoroute »...

Vous êtes allé plusieurs fois en Algérie. Ce « verrouillage » est-il nouveau et que révèle-t-il ?

Je n'avais jamais vu l'Algérie fermée à ce point. Il y a dix ans, le pays vivait dans l'espoir de retrouver la paix. Il y a cinq ans, c'était le soulagement qu'elle soit revenue. Aujourd'hui, les jeunes savent que le pays est très riche, mais que leur vie ne change pas, qu'ils ne bénéficient en rien de cette richesse.

De leur côté, les autorités ont très peur d'un taux de participation ridicule à la présidentielle car il constituera aussi un déclic permettant de comprendre que la situation dans ce pays n'est pas aussi claire que le fait d'avoir « vaincu le terrorisme » peut le laisser penser...

Paradoxalement, il est plus facile de travailler en Biélorussie et même en Russie. On a donc choisi de montrer dans notre reportage les difficultés des journalistes, surtout quand on refuse de mettre en péril les Algériens avec lesquels on travaille, chauffeurs et interprètes notamment...

Votre film montre un fossé impressionnant entre des ministres débitant un discours creux sur les « générations futures » et des jeunes sans espoir...

Il y a effectivement un décalage incroyable entre la rhétorique d'énumération de ce pouvoir qui assène des réalisations, comme le font d'ailleurs tous les systèmes politiques fermés , et des jeunes que seule la peur de mourir en mer retient de fuir massivement. C'est pour cacher cette réalité là qu'on interdit aux journalistes d'aller à Annaba.

« Algérie : présidentielle sous contrôle » un film de Vladimir Vasak, samedi 4 avril à 19h00 sur Arte.

  • 16527 visites
  • 69 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • oracle 13
    oracle 13
    fonctionnaire
    • Posté à 20h43 le 03/04/2009
    • Internaute
      fonctionnaire

    Après avoir un pillage de ses ressources et une destructuration de son mode d'organisation et d'économie par la colonisation, le peuple algérien a du combattre durement pour retrouver son indépendance. On aurait pu croire qu'à l'aube de son indépendance retrouvée, les cadres politiques reconstruiraient une véritable démocratie et un partage de ses nombreuses richesses pour tout le peuple.

    Et bien, non les algériens n'ont eu qu'à subir des régimes autoritaires, où la liberté n'existe pas et où une poignée de militaires se partagent effrontément et sans honte, les inombrables richesses de ce pays et la grande majorité n'ont que les yeux pour regarder cette injustice. Et comme cela n'était pas suffisant, il y a eu cette deuxième sale guerre qui comme la colonisation, la guerre d'indépendance laissera de nombreuses traces indélibiles.
    Il faut espérer qu'un jour ce cycle infernal de violence et d'injustice cesse. Malheureusement, ce n'est pas avec Bouteflika, commandidé par des militaires autoritaires que cela risque de changer.

  • mioumiou
    • Posté à 01h41 le 04/04/2009
    • Internaute

    L'Algérie a investit plus de 40 milliards de dollars aux USA. Il y'a de cela deux ans le gouvernement Algérien s'en ventait comme si c'était une idée de génie (investir autant d'argent dans l'économie Américaine et non dans son propre pays est signe que le pouvoir en place ne fait même pas confiance en ses propres mesures économiques internes)

    Depuis la crise financière plus aucun mot sur le sujet ! Où sont passés tous ces milliards ? quelle part a été volatilisée ? Combien d'argent perdu avec le crash boursier et les faillites des banques américaines ?

    L'Algérie est un pays où il n'y a pas la moindre transparence. C'est un pays magique où l'incompétent peut se retrouver très vite en haut de l'échelle parcequ'il est fils de ...

  • Acura75
    Acura75 répond à bouba69
    Etudiant branleur en sciences (...)
    • Posté à 03h18 le 04/04/2009
    • Internaute
      Etudiant branleur en sciences (...)

    Effectivement il vaut mieux faire le chemin dans ce sens que dans l'autre, en même temps l'Algerie il y a 10 ans avait touchée le fond elle ne pouvait donc que remonter, pas de quoi s'enthousiasmer outre mesure comme tu le fais donc, la méthode coué ça a du bon mais on ne change pas la réalité vécue par la plupart des algeriens pour autant.

    Sais tu seulement que le salaire moyen tourne autour de 12000 DA (dinar algerien) soit environ 120 euros ?
    Que l'œuf se rapproche des 15DA/pièce et que le poulet enjambe les 300 DA le kilo ?
    Que le prix du kilo de viande bovine et caprine atteignent respectivement la barre des 700 et 500 DA le kg ?
    Que des familles de 8 personnes se tassent dans des 2 pièces à la limite de l'insalubrité ?
    Que des jeunes harragas se noient tous les jours ?

    Et je ne te parlerai pas de la mafia institutionnelle qui vit dans l'opulence, dispose de passeports diplomatiques, d'un pied à terre dans les beaux quartiers parisiens ou à Geneve, envoie ses lardons faire des études à l'étranger et revendique dans les médias l'honneur du peuple algerien.
    Et c'est ces mecs là traitres aux ideaux de l'indépendance que tu veux défendre ?

    Ce genre de propagande ne sert qu'à rassurer les pseudo patriotes Algeriens qui n'échangeraient pour rien au monde le confort satisfaisant d'une vie en occident contre celle de leur compatriotes d'infortune Algeriens se battant pour garder leur dignité.

    Alors effectivement quelques trucs positifs par çi par là se font aussi en Algérie mais contre le mensonge par omission il y a les faits mon ami et ceux ci sont têtus malheureusement.
    Le monde doit savoir que l'Algérie loin de s'en sortir est un pays qui s'enfonce mais qu'il appartient aux Algeriens de constuire par l'effort leur destin, en éradiquant les corrupteurs et les corrompus, en établissant un véritable état de droit, en bref en comptant d'abord sur eux mêmes et sans attendre cet homme providentiel qui ne viendra pas.

    Visiblement tu ne sais pas de quoi tu parles, à te lire on devine que tu ne vis pas en Algérie, dans le cas contraire pour justifier un descriptif aussi bidon c'est que tu croques et du « bon côté du manche »

  • algérienneetfièredelêtre
    • Posté à 17h44 le 04/04/2009
    • Internaute
      Etudiante

    Je suis née et je vie dans la ville qui a vu partir des centaines de ces jeunes harragas venus de partout d'Algérie et même du Maghreb ! Croyez moi ces jeunes qui disent qu'ils quittent le pays parce qu'il n'y a plus d'espoir de vive, qu'ils le quittent pour fuire le chômage et la hogra, entre nous, d'où est-ce qu'ils ont ramené l'argent pour beneficier d'une place dans une de ces embarcations de fortune ? ? ? ..la plupart des bonois harragas sont des voyous,délinquants,drogués..l'autre tranche comporte certe des diplomés mais franchemnt pour moi ce sont des ecervelés car ils préférent confronter la mort pour un avenir incertain.ceux qui ont pu passer à l'autre rive sans incidents facheux, et d'après leurs déclarations à leurs familles et à leurs amis travaillent comme des eboueurs ou des cultivateurs dans des terres étrangères à eux, se sont retrouvés dans des réseaux de prostitutions de drogue et de trafic d'armes contre quelques malheureux euros par jours, ils ont préféré une autre vie, une autre mort, que travailler pour leur pays même si cela leur est offert contre des millons de dinars . Je suis algérienne, je conais la mentalité de mes frères et soeurs, je sais comment ils réflichissent et je peux même devenir leur réactionn devant telle ou telle situation..Quand on aime son pays, c'est pour le meilleur et pour le pire ! ! ces jeunes là sont des ingrats, des égoistes !
    Le taux de chômage bat les ailles, dans une société qui se respecte, on aurait pas eu besoin d'une poignée de manoeuvres pour pousser les brouettes pleines de sables et de graviers dans les différents chantiers qui poussent comme des champignons de l'est à l'ouest comme du nord au sud ! !

  • blablablaetblablabli
    • Posté à 19h41 le 04/04/2009
    • Internaute
      patati et patata

    C'est bien c'est bien vous aimez votrepays et bien restez y,si toute l'Algérie pouvait avoir un visa gigantesque les 40 millions d'habitants ils

    foutraient le camp.J'en connais des clandestin algériens pour rien au monde ils ne revivront la bas ils reviennent certe ,pour voir leurs
    mamans ,parlez de la médecine, de 90% de l'importation de batata ,et les femmes qu'on interdisent de porter un pantalon,parlez des salafistes qui se développent à vitesse grand v ,parlez des milliers de cadres qui fuient au Canada,vous ètes gouverner par une gigantesque mafia millitaires et qui vous disent depuis 48 ans d'ètre fier de votre pays,c'est bien vous avez appris la leçon comme les hmmires .

  • algérienneetfièredelêtre
    • Posté à 21h49 le 04/04/2009
    • Internaute
      Etudiante

    Oui j'aime mon pays ! ca vous cause un problème apparemment ! personne de ma famille n'a été traitre, harki ou bouchkara, pourquoi le serai-je, moi ?
    Un visa, oui,pourquoi pas ? faire du tourisme et rentrer au bercail. je ne suis pas lache pour foutre le camp sinon je l'aurai fait il y'a bien longtemps et croiyez moi, j'en ai eu des occasions !
    Parlon de la medecine pas uniquement en Algerie, disons, mettons le cap vers le pays le plus fort qui gache des milliers de milliards de dollars pour une cause qui n'existe pas et semer la terreur et la mort...Combien de familles n'ont pu voir leurs enfants suivre leurs scolarités faute d'un vaccin obligatoire pour l'inscription ?
    Nous on Algérie, la medecine va mal certe, on ne va pas cacher la vérité ca sera comme essayer de cacher le soleil avec un tamis, mais je ne crois pas qu'on est arrivé à ce stade ! Les pauvres peuvent se faire soigner et la sécurité sociale est malgrè tout meilleure que celle aux USA. Croyez-moi monsieur et estimons-nous heureux ! hada had el Djazair pour le moment !
    Et pour l'importation de la batata, si nos jeunes avaient choisi de cultiver leurs terres au lieu de chercher après un poste aménagé (bureau, laptop,costume, cravatte et chaussures bien scirées obligatoires) ou alors préférer cultiver les terres des autres, on ne serait arriver à cette situation.
    Pour le pantalon, pardonnez-moi, qui vous a dit qu'il est interdit en Algérie de porter le pantalon ? Il est certe interdit par la chari3a, mais ni par la société ni par la culture ne l'interdisse ! vous vous trompez monsieur...Peut-être que vous ne vivez pas en Algérie et que vous ne ecrivez que ce qu'on vous raconte(intox) !
    Les salafistes ont toujours existé ! malheuresement pendant un certain moment et profitant d'une certaine situation,quelques uns d'entre eux ont subi un lavage de cerveau pratiqué par une poignée de frustrés qui fesait le lèche-botte à cette même gigantesque mafia dont vous parliez ! Ne pouvant atteindre leurs objectifs sous le reigne de l'unique partie à l'époque, ils ont cherché et trouvé une stratégie meilleure mais qui n'etait pas vraiment efficace ! ! la suite vous la connaissez je suppose ! ! ! et là bas les masques !
    les hmmires sont ceux qui prèférent avoir les oreilles bien longues pour marquer leurs présences et faire croire qu'ils entendent tout et savent tout de là où ils sont et brairent avec ceux qui ne lassent de dire que tout va mal en Algérie..........que du blabla de là où vous êtes ! ! !