16/03/2009 à 12h39

Faut-il des quotas d'ouvriers dans les fictions françaises ?

Evelyne Côté | Etudiante en journalisme



Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) estime que les ouvriers sont sous-représentés dans les téléfilms ce qui fait réagir les gens du milieu télévisuel. Dans un discours à l'occasion des 20 ans du CSA, son président, Michel Boyon, a déclaré que « les ouvriers représentent 23% de la population active et ils ne sont que 1% dans la fiction ».

« C'est une déclaration stupide. Après, ça va être les chats, les chiens... Ça n'a pas de sens ! », affirme Vincent Solignac, le président de l'Union guilde des scénaristes (UGS), le principal syndicat de la profession, visiblement choqué par les propos de Michel Boyon.

Le scénariste de P.J., Frédéric Krivine, ne partage pas tout à fait cet avis. « Il y a une sous-représentation des ouvriers et des petits métiers par rapport à la réalité, mais je ne ressens aucune pression pour créer un rôle pour un Black, un Beur ou un ouvrier », fait-il remarquer.

Les chaînes de télé n'imposent pas de quotas sociaux aux créateurs. Mais France 3 a déjà demandé à Frédéric Krivine de réserver un rôle à un Noir pour Un village français, une saga au temps de l'Occupation. « Une représentante de la chaîne avait demandé qu'un soldat du Royal Air Force qui saute en parachute soit un Black. C'était stupide ! », précise le scénariste qui a refusé de plier à la demande.

« Est-ce qu'on va dire à Matisse ou à Picasso comment peindre ? »

En fait, aucune réglementation en France n'oblige les scénaristes ou les chaînes de télévision à présenter des émissions montrant des personnes issues de minorité ou des ouvriers. Le président de l'UGS Vincent Solignac défend d'ailleurs la liberté de création des scénaristes. « Est-ce qu'on va dire à Matisse ou à Picasso comment peindre ? Ce qui prime avant tout, c'est la liberté de création. On écrit des rôles qui peuvent être joués autant par des gens issus de minorités visibles et de milieux différents comme les ouvriers » explique-t-il.

Pour sa part, Pierre Serisier, auteur d'un blog sur les séries télé soutient qu'« on ne peut pas imaginer de créer artificiellement des rôles pour les ouvriers ». Selon lui, la représentation sociale à la télévision française ne peut pas se faire comme aux Etats-Unis.

« 95% des Américains viennent d'ailleurs : d'Irlande, d'Angleterre, d'Afrique... On ne peut pas se poser la même question sur les minorités », poursuit-il. Dans les séries américaines comme Lost et Grey's Anatomy, on retrouve par exemple des Latinos, des Noirs et des Asiatiques, représentant la diversité culturelle du pays.

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  • caiuspupus
    • Posté à 15h45 le 16/03/2009

    Les ouvriers à la TV, c'est plutôt pour les documentaires sur la crise (quand ils sont au chomdu ou en passe de l'être)

    Sinon, c'est pas étonnant qu'on trouve jamais des ouvriers dans les fictions : les ouvriers, ils passent leur temps au boulot, à l'usine. Et ce n'est pas très fun, la vie d'un ouvrier qui va au boulot tôt le matin, qui serre des boulons toute la journée et rentre le soir, puis regarde la TV. Y a pas matière à faire un film.

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  • lemaildemat
    • Posté à 15h49 le 16/03/2009

    Il faudrait un quota de gens laids parce que je ne me sens pas représenté à l'écran.

  • Azrael
    • Posté à 15h54 le 16/03/2009

    En revanche les keufs , les juges et les avocats sont largerment sur-représentés. On a les modèles qu'on peut !