L'huile de palme ou comment faire disparaître l'orang-outang
A l'ombre du cliché des palmiers synonymes de plages exotiques se cache un business dangereux pour la planète. L'huile de palme est un marché en forte croissance car elle entre dans la composition de nos meubles, de nos gâteaux, de nos cosmétiques et surtout de nos « biocarburants », qui n'ont en fait rien de bio.
Les caméras de Dominique Hennequin, Emmanuelle Grundmann et Thierry Somonete, auteur du documentaire « Indonésie, le coût des biocarburants », diffusé ce samedi soir sur Arte, se sont posées dans ce pays, devenu le deuxième exportateur mondial d'huile de palme, le nouvel « or vert » de l'Asie. (Voir la vidéo)
Tous les paysans indonésiens se tournent vers cette culture, d'autant plus persuadés qu'elle fera leur fortune que ces arbres ont un bon rendement (100 kilos de fruits donnent 22 litres d'huile).
En 2008, il s'est détruit dans le pays l'équivalent d'un terrain de football toutes les 15 secondes. Le taux de déforestation le plus fort du monde. Et les incendies géants allumés pour brûler forêts et tourbières génèrent une gigantesque combustion qui fait de l'Indonésie le troisième pays émetteur de gaz à effets de serre de la planète, après la Chine et les Etats-Unis.
L'orang-outang, première victime
Le sol est définitivement abîmé et les grands singes quittent la jungle qui était leur milieu naturel. Dans moins de dix ans, l'orang-outang aura totalement disparu des îles indonésiennes. Une catastrophe pour l'écosystème forestier, car ces singes « jardiniers de la forêt » jouaient un rôle de régulation que rien ne viendra remplacer.
Qui en a conscience en Europe ? Pas grand monde, à voir comment sont traités les membres du collectif Les agrocarburants ça nourrit pas son monde. Ses militants avaient été « encagés » au Salon de l'agriculture parce qu'ils tentaient de manifester en amont de la visite du président de la République. (Voir la vidéo de Rue89)
► « Indonésie, le coût des biocarburants » diffusé sur Arte ce samedi 28 février à 19h00. Un documentaire de Dominique Hennequin, Emmanuelle Grundmann, et Thierry Somonete.
► Corrigé le 28/02/2008 à 13h42, il faut 100 kilos de fruits pour 22 litres d'huile et non 10 kilos comme écrit par erreur. Toutes nos excuses aux orang-outangs.
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De Humain
13H44 | 28/02/2009 |
Ceci met en évidence les « Bio » carburants qui ne sont pas forcément bio…
Petit à petit on nous vend le « Bio » comme étant à l'agriculture ce que les éoliennes sont à l'électricité.
le modèle économique des « biocarburants », est globalement le même que celui qui a secoué récemment les banques : la crise des « subprimes »
En fait il s'agit de « Guadeloupiser » les campagnes francaises après avoir guadeloupisé la Guadeloupe.
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 13H50 | 28/02/2009 |
Ral bol des conneries des politiques. Les citoyens ont plus de bon sens.
Il faut savoir que l'huile de palme est aussi très mauvaise pour la consommation alimentaire, elle bouche les artères.
Comme le dit l'article, les industriels l'utilisent dans les cosmétiques, les biscuits, le chocolat, les plats cuisinés, les surgelés, à la place du beurre, de l'huile autre, ou du beurre de cacao pour le chocolat.
Pourquoi ? Pour le prix et pour sa résistance à la chaleur pour le chocolat par exemple, ça permet de les garder en rayon plus longtemps.
Sur les emballages des produits il y a un n° de téléphone (prix du'une communication locale) si le produit que vous venez d'acheter en contient, n'hésitez pas à râler et dire que vous n'en voulez pas et que désormais vous boycotterez ce produit.
Ils vous répondront qu'il y en a très peu, mais à la fin de la journée ça peut faire beaucoup et suffisamment pour vous mettre en danger. Tout le monde sait ce que peut donner une artère qui se bouche et pour cause, l'huile de palme se fige facilement, elle ressemble à la végétaline.
Merci Sophie !
De indirectaction
exploite | 15H46 | 28/02/2009 |
bonjour sophie ,
je vous suggere un prochain article ,l'huile de palme en afrique.
les principaux producteurs sont le nigeria ,cote d'ivoire,cameroun,et republique democratique du congo.
voici quelques liens pour vous aider :
http://www.radiocemac.com/index.php/Societe-/Societe/Vincent-bollore-aff…
http://www.ipsinternational.org/fr/_note.asp ? idnews=5092
http://batochou.afrikblog.com/archives/2008/03/11/8279108.html
http://www.marianne2.fr/VINCENT-BOLLORE-Un-play-boy-a-l-assaut-des-affai…
De jojomigrateur
Photojournaliste | 18H43 | 28/02/2009 |
Je suis allé à Bornéo pour la première fois en 1982. Nous avions atterri à Balikpapan qui était déjà le fief des pétroliers prospectant dans le delta de la Mahakam. En montant vers le Nord, la mauvaise route tout juste asphaltée se terminait au bord du fleuve qu'aucun pont ne traversait encore. Pour rejoindre Samarinda, il fallait emprunter un bac ou embarquer sur des pirogues à l'équilibre instable. Au-delà, c'était l'aventure et il était très rare que des étrangers se risquent dans l'immense jungle qui était très difficilement pénétrable autrement que par les rivières…
27 ans plus tard, tout ceci n'existe plus que dans des souvenirs. La construction d'un pont a permis à la « civilisation » de s'étendre vers le nord, dans une totale anarchie et sans le moindre souci d'ordre écologique. La culture intensive du palmier à huile à laquelle nous assistons en ce moment est le résultat d'un processus extrêmement rapide et assassin pour l'environnement.
Dans un premier temps, des exploitations forestières se sont livrées à un véritable pillage des bois précieux. Il suffit de voyager au cœur de ce qui fut une grande forêt pour se rendre compte que ces entreprises ont très souvent été incapables d'évacuer tous les troncs qu'elles ont coupé et qui pourrissent sur place.
De grands incendies naturels mais aussi de plus en plus souvent criminels ont provoqué le départ prématuré de nombreuses compagnies forestières qui sont la cause d'une véritable catastrophe écologique…
La suite est une hérésie totale. Le peu de végétation restante est brûlée volontairement en vue d'une plantation ultérieure de ces fameux palmiers à huile dont le rendement est excellent pour le porte-monnaie des investisseurs.
Et comme il n'y a pas de « petits profits », l'exploitation intensive de ce charbon de bois vient mettre un terme à tout espoir de réhabilitation de ce qui fut une des plus grandes forêts de la planète.
L » « homme de la forêt », l » « orang utan » (et non pas « orang-outang » comme l'écrit Sophie-Verney-Caillat) est sans doute le dommage collatéral le plus « visible » de la destruction d'un écosystème qui disparait avant même qu'il ait été vraiment étudié. D'autres espèces animales et végétales moins emblématiques ont d'ores et déjà disparu, parfois même avant même d'être découvertes. J'avais eu la chance de voir en 1982 des « bantengs », ces énormes buffles sauvages qui ont vraisemblablement disparu depuis… La faune qui a pu le faire a tenté de fuir les incendies et curieusement, il y a de plus en plus de crocodiles sur les rives de certaines rivières, ce qui a donné lieu à de nombreux accidents mortels parmi les populations qui s'installent sur les berges…
Les seules zones qui n'ont pas encore été dévastées par la folie de l'homme sont celles qui lui résistent parce qu'elles sont très difficiles d'accès. C'est le cas des massifs calcaires qui sont truffés de grottes dont l'exploration commence à peine et qui témoignent d'un très lointain passé.
Des hommes préhistoriques y ont vécu pendant des millénaires et c'est à se demander s'ils n'étaient pas plus heureux que leurs lointains descendants… !