15/02/2009 à 18h05

« Un dîner presque parfait »... et très lucratif pour M6

Renée Greusard | Journaliste Rue89


Image d'extraite d'un épisode d''Un dîner presque parfait » (M6)

C'est le cauchemar de tout hôte ambitieux. Des convives qui cassent du sucre sur le dos ou qui crachent dans la soupe. Du lundi au vendredi à 17h50, M6 diffuse « Un dîner presque parfait ». Chaque semaine, cinq nouvelles personnes cuisinent tour à tour un dîner pour les quatre autres.

Les convives notent les dîners, les cuisiniers sont en compétition. A la clé, le gagnant empoche 1 000 euros. Et la chaîne ? Bien plus.

L'émission vient de souffler sa première bougie, mais aussi de fêter des chiffres record : avec 21,8% de part d'audience, soit 3,4 millions de spectateurs, le 11 février, l'émission a doublé son public (de 9,9% de part de marché lors de sa première semaine à 20,7% la deuxième semaine de février). Elle permet à M6 d'être en tête des chaînes sur cette tranche horaire.

Le dîner presque parfait de M6 s'inscrit dans une tendance plus générale : le regain d'intérêt pour la cuisine et l'art de recevoir, comme le montre aussi un rapport du Crédoc qui cite aussi le succès des cours de cuisine pour adultes.

Public doublé, publicitaires alléchés

Les annonceurs se pressent aussi pour avoir leur couvert à la table. Majoritairement spécialisés dans l'alimentaire, les cosmétiques ou les assurances : ils sont prêts, à 19 heures, à payer 45% plus cher que sur la moyenne de la concurrence. Trente petites secondes de publicité sont facturées 27 960 euros.

Des achats chers certes, mais qui restent « une bonne affaire » selon Isabelle Vignon-Rambaud, directrice d'études chez Carat expert. Car « si le tarif est beaucoup plus cher, ils est aussi “beaucoup plus puissant” :

“Sur l'écran de 19h d'‘Un dîner presque parfait’, ils touchent 8,8% de leur cible, c'est-à-dire les ménagères de moins de 50 ans, alors qu'en moyenne sur les autres chaînes ils n'en touchent que 5,5%.”

Par rapport à l'époque où elle diffusait la série Smallville à cette heure là et aujourd'hui, la chaîne a augmenté son tarif publicitaire pour cette tranche horaire de ... 200%.

Un tel succès n'allait pas passer inaperçu de la concurrence. Le 2 février dernier, TF1 a lancé son propre programme culinaire participatif. Dans “La prochaine fois c'est chez moi”, mini-émission d'une minute, un inconnu vient cuisiner chez un autre inconnu.

Pour Corinne Schwartz, productrice déléguée de l'émission, pas question pourtant pourtant de comparer son programme à celui de M6 :

“Dans un dîner presque parfait, y a un côté langues de pute. Nous, on est pas du tout sur les mêmes valeurs. On est plutôt sur des choses rigolotes, des rencontres, de l'échange.”

“On fait avec les moyens du bord. C'est pas ‘Ben-Hur.'’

Pour étayer son argumentation, elle ajoute que ‘les relations entre participants ne sont pas fondées sur la compétition’. Il est question de favoriser l'échange en ces temps difficiles. Pas de notes, pas de gagnant. De la ren-con-tre.

Avec une moyenne pour sa première semaine de diffusion de 27,5% de part d'audience, l'émission fonctionne déjà bien. Côté sous : à 19h50, les 30 secondes de publicité sont facturées 42 000 euros. Et ce pour un budget d'émission modeste.

‘On est dans une économie qui est plus dans l'ordre du reportage. On fait avec les moyens du bord. C'est pas Ben-Hur.'’

Un chef op, deux cadreurs, une maquilleuse : l'équipe de ‘La prochaine fois c'est chez moi’ ne dépasse pas les 7 personnes. Celle d'‘Un dîner presque parfait’ tourne à une vingtaine d'employés. Le bon plan.

Un dîner presque parfait du lundi au vendredi à 17h50 sur M6. Sources audiences : Médiamétrie. Sources chiffres annonceurs : Carat Expert.

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L'émission de TF1 ‘La prochaine fois, c'est chez moi’.

Photo : Image d'extraite d'un épisode d''Un dîner presque parfait'.

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  • ZonZon la MouChe
    • Posté à 18h34 le 15/02/2009

    J'avoue, je regarde !
    MAIS si on loupe la première du lundi on n'accroche pas vraiment aux quatre autres.
    Et puis il est vrai que parfois c'est un peu gnangnan.
    Le mieux c'est quand il y a une peste dans le groupe et alors là c'est le top drame, d'autant qu'on peut en parler au bureau le lendemain. On se marre.
    Et il y a des recettes sympas, faciles à faire parce que réalisées par des gens comme vous et moi et non pas des stars de l'assiette.

  • love bill
    love bill répond à jyeden
    citoyen
    • Posté à 19h08 le 15/02/2009
    • Internaute
      citoyen

    Dans le domaine de la cuisine, enfin un beau reportage de M6 sur les végétaliens :
    Lien

    La viande détruit notre environnement à toute allure. Il est temps de repenser ce que l'on mange..

  • LAffaire
    LAffaire
    mère de famille
    • Posté à 20h45 le 15/02/2009
    • Internaute
      mère de famille

    J'ai vu plusieurs fois cette nullité, une seule chose positive a attiré mon attention, les concurrents font leurs courses, pour la plupart, chez le petit commerçant de leur quartier ou même plus loin dans des petits commerces spécialisés ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

    Les habitudes alimentaires seraient elles en train de changer ? ou

    Les concurrents, fidèles à l'image qu'on a de l'accueil, voudraient offrir le meilleur à leurs invités ? ou

    Est ce que seule la compétition anime leur exigences ?

    De toutes les manières PETIT COMMERCE= qualité ?

    A suivre

  • nomadeglobal
    nomadeglobal
    Chercheur
    • Posté à 20h32 le 16/02/2009
    • Expert
      Chercheur

    Il ne faut quand même pas crier au génie. M6 n'a rien inventé et ne fait qu'adapter une émission qui existe depuis plus de quatre ans en Grande-Bretagne. L'original s'appelle « Come Dine With Me » et est diffusé par Channel4 (voir Lien ou Lien) depuis Janvier 2005. De nombreuses déclinaisons existent ailleurs en Europe depuis assez longtemps. M6 s'inscrit donc tardivement dans la tendance coaching et art de vivre qui a émergé en Europe, aux Etats-Unis et en Australie (voir notamment Lien). Cela n'enlève rien à leur succès d'audience, évidemment, mais il faut néanmoins le remettre en perspective.