14/01/2009 à 22h20

C'est la crise : les as du système D dévoilent leurs astuces

Augustin Scalbert | Journaliste Rue89

C'est en passe de devenir un sujet obligé des rédactions télés. Un « marronnier », comme on dit dans le jargon journalistique : en temps de crise, les Français multiplient les astuces pour dépenser moins.

Envoyé Spécial ouvre son édition de ce jeudi avec un reportage sur « la France de la débrouille ». Les journalistes Céline Destève et Cédric Fouré en ont rencontré une poignée un peu partout en France. Des rencontres instructives avec des Français qui consacrent plus de temps à dépenser moins.

Il y a Marine, étudiante, qui gagne 1 400 euros par mois en achetant des produits dans des ventes aux enchères de liquidation avant de les revendre sur Internet. « Ça me permet de gagner de l'argent sans travailler », dit-elle.

Ou Sabrina, assistante de direction (1 300 euros par mois, pas augmentée depuis quatre ans), qui fait trente kilomètres avec sa mère pour se rendre dans un magasin de déstockage de produits alimentaires. Un business florissant, mis au jour l'été dernier par Eco89. Un patron suivi par France 2 négocie chaque matin à Rungis ses produits moins chers (lait proche de la date de péremption, pommes pas belles). Bilan : un coût de 2 euros pas repas, « deux fois moins que la moyenne des Français », nous dit la voix off.

Pour s'habiller, Sabrina, « fashion victim », organise des « troc parties » entre copines, ce qui lui permet d'avoir de nouvelles fringues sans dépenser un sou. Mieux que les soldes.

La plus débrouillarde est probablement Moune, une Charentaise, mère de deux enfants, en congé parental alors que son mari est au chômage. Elle touche 600 euros par mois, et fait tout elle-même. Les yaourts, « cinq fois moins chers que dans le commerce ». Tous les produits d'entretien de la maison en mélangeant des cristaux de soude, du bicarbonate et du savon noir, assortis d'un autre ingrédient en fonction de l'usage : « Cinq matières premières pour toute la maison. » Economie : 50 euros. Au total, chaque mois, 400 euros épargnés pour un foyer de six personnes !

La palme du cocasse revient à Hassen. Comédien à Paris, il est au RMI car sa carrière n'a pas encore décollé. Plusieurs soirs par semaine, il joue les pique-assiette en s'incrustant dans les soirées huppées de la capitale, ce qui lui permet de dîner gratuitement. Avec parfois de bonnes surprises, comme un cocktail à 100 euros par tête où il a pu déguster des huîtres à la sauce champagne... (Voir la vidéo)



La France de la débrouille reportage de Céline Destève et Cédric Fouré - Envoyé Spécial - jeudi 15 janvier à 20h35 sur France 2. Autres reportages : « Barack Obama » ; « Gaza ».

Lire aussi : Déstockage, le bon business des denrées périmées

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  • tox
    tox
    http://www.dessins-tox.com
    • Posté à 08h37 le 15/01/2009
    • Internaute
      http://www.dessins-tox.com

    Ouais c'est pas si grave ! ... regardez les plus malins s'en sortent quand même ! , vous voyez bien ! si vous vous en sortez pas c'est que vous êtes pas malin ! et patati et patata ... et puis c'est la faute à la crise.
    Non ce n'est pas la crise mais le résultat d'une politique libérale dénuée de bon sens menée depuis des décennies, et cet article fait partie de cette politique libérale, et vous ne vous en rendez même plus compte.
    Le mérite toujours le mérite, « si on est malin on s'en sort toujours » mais NON !
    Ce ne sont pas des as ou des rois de la débrouille ce sont des gens qui survivent c'est tout. Et comment fait on lorsque on est une personne agée pour aller dans les cocktails, et lorsque on est malade ? Les gens qui sont pas malins, ils doivent crever c'est ça ?
    y » en a assez de ces sujets culpabilisateurs !
    Les gens ne s'en sortent pas, point. débrouille ou pas débrouille.... et ce n'est pas la faute à la crise... pas encore.

  • Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
    • Posté à 08h38 le 15/01/2009

    Un peu pareil que tous ces témoignages, j'ai été au plus bas et j'ai eu une première fois beaucoup de mal à m'en remettre, c'était autour de 1996, le net n'avait pas encore investi les foyers français donc la débrouille était limitée. J'ai eu faim.

    Avec Internet, tout a changé. Je suis à nouveau tombé dans un creux mais j'ai pu survivre, grâce à des piges payées sur des sites en ligne je payais ma connexion internet, grâce à des produits remboursés je lavais mes frusques et je dinais, grâce à des sites de revente je faisais l'appoint pour la note d'électricité et enfin je me suis débarrassé de ma vieille peau en acceptant toutes les invitations aux pots et cocktails d'entreprise pour caler le déjeuner ou le diner. Ca aide à passer un cap c'est sûr.

    Le danger c'est de laisser croire que c'est une solution en soi et que les Français ont trouvé le moyen de se débrouiller hardiment. Non. C'est une manière de ne pas faire la manche et de faire la nique à nos gouvernants incapables et corrompus, mais ça ne règle rien, surtout pas la manière dont je pourrai vivre lorsque mes très vieux jours seront là.

  • KIKI21000
    KIKI21000
    retraité
    • Posté à 09h18 le 15/01/2009
    • Internaute
      retraité

    Le système D est une réponse individuelle à un problème social. L'égoïsme encore diviniser. Ce n'est pas une solution, la solution : une meilleure répartition des richesses serait bien pour tous.

  • clive
    • Posté à 09h35 le 15/01/2009
    • Internaute

    Organisez-vous les pauvres, rusez, gérez la pénurie, soyez malins..
    Faites avec ce qui vous reste.
    Restez devant votre télé.
    Et surtout,
    Ne remettez pas en cause le système.