Empreinte écologique: les SDF peuvent mieux faire

Alors que le développement durable a été le thème de la dernière campagne de bourrage du mou de veau qui nous sert d’encéphale prioné, j’ai soudain réalisé que je ne m’étais toujours pas acquitté de la tâche d’autoculpabilisation actuellement obligatoire : à savoir, calculer son empreinte écologique. Hé bien : respect aux SDF, mais ils pourraient faire davantage d’efforts, ces feignasses.

L’empreinte écologique se veut être l’évaluation de ce qu’on fait comme dégâts à la planète, en tant qu’entreprise ou mieux, à titre personnel, alors qu’on ne se doutait de rien, peinard à se bâfrer de chips devant le télé-achat pour se vider la tête, afin d’oublier qu’on va tous crever les aisselles auréolées de mercure et les yeux rougis par les CFC.

L’empreinte écologique, un véritable must

L’empreinte écologique est un outil sérieux. On a l’impression, tant c’est péremptoire, que ça permet d’évaluer les ravages commis par exemple lorsqu’on claque la porte : soit sa part prise dans le déclenchement d’un tsunami aux antipodes grâce à l’effet papillon, les fractales de Mandelbrot, la théorie du chaos… (enfin, je grossis un peu le principe.)

L’empreinte écologique, c’est depuis quelque temps un must. C’est le protocole de Kyoto portatif et personnel de salon. Ils en ont même parlé dans Psychologie magazine, c’est dire comme c’est intelligent, sinon narcissique. J’attends le designer qui va me proposer une sorte d’iPod en carton calculateur real time de mon empreinte à porter en sautoir pour clouer le bec à qui mange-fume-baise en quantité désormais vertueuse, mais n’est toujours pas à jour sur le plan développement durable.

L’empreinte écologique, comme disait un journaliste scientifique,  » c’est pas compliqué » . Vous devriez essayer. C’est pédagogique et ça permet d’exaspérer dans les dîners en ville ceux qui continuent de laisser la veilleuse de leur lecteur de DVD allumée sans chercher à savoir si oui ou non ils sont responsables au final des naissances de veaux bicéphales en Biélorussie.

Ce que vous coutez à la planète

Via des questionnaires très cadrés, vous avouez combien vous vous bâfrez ; vous confessez si vous prenez des bains coquins avec beaucoup de mousse ; vous n’hésitez pas à reconnaître que vous avez une bagnole qui marche au jus de dinosaure et autres carburants fossiles. Vous vous faites surtout peur.

A partir de ces confidences, on évalue ce que vous coûtez à la planète :

  • Soit en hectares de forêt pure et vierge, avec des sauvages à plumes qui restent heureux tant que la variole ne les démange pas ou qu’on ne cherche pas à les convertir à la retransmission du Mondial.
  • Soit on vous donne votre score en nombres de  » terrains de football » dévastés ; c’est-à-dire la superficie de terres rendues stériles par votre négligence (le terrain de football est un étalon très usité que chacun connaît puisque le foutebole est mondialement apprécié, hein, et parce que nous sommes tous crétins à force d’avoir le bulbe pollué, et ne savons plus ce qu’est un hectare) ;
  • Soit en vous assénant le nombre de planètes dont l’humanité doit disposer si vous continuez comme ça, Coco, à vous en ficher, à tout gâcher sans conscience globale Gaïa. (Discours à subir, genre :  » on n’a qu’une seule planète, alors, faut que t’arrêtes le papier blanchi à petit carreaux, que tu portes de la bure et boive ton pipi plein de minéraux qui pourraient passer dans les reins une deuxième fois… sinon on va tous tous y passer PAR TA FAUTE » .
    Ce type de message est toutefois contrebalancé par le fait que  » heureusement que vous n’êtes pas américain… car chez eux, c’est six fois pire » . Ce qui est vrai, même si cet antiaméricanisme déculpabilisateur n’est pas très politiquement tendance.)

Un total toxique

Bref, j’ai calculé mon empreinte sur Agir21, sur le site de la Cité des Sciences et sur le site d’Earthday. Ne consommant rien de particulier, voire moins parce que fauché, ne possédant pas de voiture et triant mes déchets dans la mesure du possible permis par mon arrondissement, j’avais la conscience tranquille.

En fait, j’ai appris que je suis un immonde pollueur. Un total toxique. Un fléau. J’avoue que je ne m’attendais pas à ce qu’on me dise que je laisse des traînées noires comme ça derrière moi. Une vraie diarrhée : si je me retourne il y a des vieux pneus et un lave-vaisselle désossé sur la moquette, sinon des sacs plastiques sales et déchirés qui se balancent au plafond de ma chambre dans des courants d’air empuantis.

Ça m’a collé une sacré honte. J’étais pourtant vraiment sûr de moi. Force est de reconnaître que je gêne, que comme tous mes semblables, je gêne. Mais on ne veut pas m’éliminer, tout de même ? Je me suis dit alors :  » que faut-il faire pour être clean et ne bouffer qu’une seule planète à la fois ? Faut être SDF ou quooâââ ?  »

L’empreinte écologique : un risque de  » perturbation de l’équilibre mental »

Aussi j’ai calculé l’empreinte écologique sur les trois sites en cochant ce que pourrait répondre un SDF en ville qui vit avec deux autres personnes sous la tente, qui prend une douche par mois (et encore quand il a des relations politiques haut placées), qui crève la faim, de froid, de désespoir… (et lorsque les items proposés ne lui correspondent pas, j’ai répondu au  » minimum polluant » , en gueux consciencieux que je jouais).

  • Sur Agir21, qui prévient que le résultat peut être risque de  » perturbation de l’équilibre mental »  : en tant que SDF, je bouffe 0,84 planète. Ça va, c’est acceptable. On tiendra. Mais restons serrés dans le sac de couchage et ne sniffons pas de colle à rustines, c’est trop chimique.
  • Sur Earthday, un SDF brûle 1,5 planètes. Ça ne rigole plus. Pourrait se remuer un peu le clodo. Trop  » fashion victim » .
  • Sur le site de la Cité des Sciences, un SDF consomme 2,4 planètes. Là, ça pique vraiment. Même le SDF est de trop. Quel nuisible celui-ci alors. Balancez-moi ça dans le canal, on le filtrera à l’écluse.

La différence entre les trois sites m’a troublé. Mais peut-être que le temps de passer d’un questionnaire à l’autre la planète avait-elle rétréci ? C’est que ça consomme un ordinateur connecté à l’Internet… (Passons sur les aberrations : par exemple Agir21 n’envisage pas qu’on ne puisse pas avoir de voiture, ne pas consommer d’électricité et vivre dans moins de 45 m2… qu’à la viande on préférera le pinard corrosif en pack, que le recyclage des déchets par un SDF motivé est plus important que le tri chez un  » inclus » , etc.)

La morale est évidente : en prenant l’hypothèse haute (celle d’Agir21), seul un SDF en ville peut sauver la planète… et encore : la tente Quechua en fibres synthétique offerte par des  » people » ça doit coûter 10 points de vie le lendemain à 6 milliards d’habitants au bas mot -va falloir me remplacer ça par des vieux cartons de chez Ed ou Leader Price, -mais qui ont déjà été recyclés deux fois, STP.

Des bidonvilles pour sauver la planète

Le site d’Agir21 prévient que ces résultats qui ne sont «  qu’une estimation de la réalité " peuvent "  déclencher une réflexion profonde » . C’est exact, car j’ai réfléchi et j’en ai conclu que la politique néolibérale actuelle n’était somme toute pas aussi nocive que je la croyais. On devrait l’en remercier. Certes, elle a instauré de pervers droits à polluer cotés en bourse, mais en créant toujours plus de pauvreté, de misère et de bidonvilles, alors oui, en créant toujours plus de SDF, c’est son écôt qu’elle verse à l’écologie. Voici son bienfait caché ! Et elle qui n’osait pas nous le dire ! (La timide ! ).

On va peut-être tous crever dans une «  économie de subsistance " (= bonne empreinte : les pays en voie de développement peuvent être fiers ! ), mais dans la joie et l’autosatisfaction de laisser suffisamment de terrains de football purs et bios "  survivables » aux générations de peigne-culs et de va-nu-pieds, nos enfants dénutris qui suivront.

Dès lors, je me prononce pour davantage de bidonvilles. Mexico, Bamako et autres mégapoles de tôles : érigeons-les en modèles, faisons d’elles des villes pilote ! (Faudra juste réfléchir au problème des tinettes et à celui de la nappe phréatique viciée, car sinon l’eau sera toujours moins potable et nous serons des millions à choper la ch… enfin bref. Cercle vicieux, mais bonne empreinte, faut avouer).

Chacun son empreinte, et les vaches…

J’ai aussi ruminé quelques secondes à propos de Total qui déverse sur les civelles, de Bhopal qui a intoxiqué, de Séveso qui a vaporisé, aux éleveurs de porcs sur leur lit de nitrates dans leur friselis d’algues vertes, et autres vendeurs de joujous, doudous et loisirs pollueurs et irradiants.

J’ai même eu une pensée émue pour les designers, les stylistes et les pubeux qui nous vendent en ce moment des lampadaires en forme d’arbre look «  développement durable " ou des vêtements "  so trendy » écolo-concernés tissés dans les  » sweat shops  » par des gosses qui ont les côtes saillantes (signe toutefois d’une bonne empreinte, car ils mangent peu de viande et absorbent peu de laitages issus de vaches péteuses-troueuses d’ozone).

Mais je dois avouer que réfléchir à l’empreinte des industriels m’a finalement gonflé. Or l’aérophagie est mauvaise : on sait les ravages du méthane. Et puis, pas que ça à faire : faut que je m’occupe tout seul/moi-même de mon empreinte perso, c’est ce qu’on me serine.

Car c’est mon affaire. La mienne.

Tout seul.

Euh… tout seul sous la tente, j’veux dire, car à trois, c’est apparemment encore de trop.

Post-scriptum. On va encore hurler que mon humour est mal écrit et à l’emporte-pièce. Peut-être, mais il ne se veut que modestement  » swiftien » . Lisez ce qui a été écrit en 1729 par Jonathan Swift :  » Modeste proposition pour les enfants pauvres d’Irlande » . Ce chef d’oeuvre d’humour noir intemporel à la subversion intacte véhicule un propos toujours intégralement opposable aujourd’hui à bien du monde.


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deecurl
16H03 08/04/2008

d’accord j’ai bien rigolé…
l’application au sdf montre clairement les limites de ce genre de calcul.

cependant, ce n’est pas tellement dans le résultat donné mais sur les questions qu’on est amené à se poser que réside, pour ma part, l’efficacité de ce genre de tests.

je pense que vous avez comme moi essayé de refaire le test pour obtenir de meilleurs résultats…
ça m’a ainsi servi à me demander ce que j’étais prête à changer dans mon mode de vie et quel impact ça pourrait avoir.

et je ne crois pas que ce soit une affaire individuelle. il faut que tout le monde fasse un effort et l’expérience de l’entourage (collègues, amis, parents) peut aider qqn à changer ses mauvaises habitudes.

 
resalama
16H04 08/04/2008

tout à fait d’accord, cette ambiance à l’autoculpabilité
est vraiment chiante, est ce moi qui decide des modes de productions, des modes de consommation et donc de mon mode de vie?
NON
Il faut rappeller ici que le pouvoir n’est pas au peuple mais bien toujours à la classe dominante.

 
deecurl
18H46 08/04/2008

qu’on soit bien d’accord!

le changement à grande échelle ne se fera que sous l’impulsion des différents gouvernements, avec l’attribution de crédits pour la recherche et une nouvelle politique énergétique. c’est pas gagné.

cependant nous pouvons rappeler à nos élus que justement ils sont élus, et que ces questions environnementales nous tiennent à coeur.
à nous donc de nous informer pour savoir ce qui permet d’avancer et ce qui est de la poudre aux yeux. et au passage à nous d’adopter quelques réflexes simples qui ne changeront pas la face du monde mais qui parient sur la diffusion de bonnes pratiques.

il est un peu absurde de continuer à rouler en 4*4 et chauffer à bloc sa maison sous prétexte qu’on ne peut pas faire autrement.

 
Les Ln au carré | démocrates sociales convaincues
19H31 08/04/2008

Les loies, le pouvoir, les riches, ceux qui produisent, ceux qui consomment…
A écouter les gens ce sont toujours les autres les plus fautifs, peut-être même ces SDF qui puent et se servent d’un système qui aide trop des gens qui s’écoutent trop…
Non. Plus sérieusement, c’est bien beau de dire que c’est les autres mais il y a un moment où chacun doit faire ce qu’il peut à son niveau…
Parce que sinon, on n’y arrivera jamais…
Sans être pour la culpabilisation à outrance, nous sommes tous responsables, et nous avons tous des solutions…
Mais il y a un moment où la seule chose à faire est de se regarder dans sune glace et de changer un petit peut, à son échelle…
Le reste finira par suivre…
Mais il faut bien commencer à un moment ou un autre, à un endroit ou un autre…
Et peut-être qu’un jour nous serons fiers de dire à nos petits enfants « et oui, c’était comme ça, ça allait mal, c’était e notre faute, mais tu vois: on s’en est sorti, on a fait ce qu’on a pu, et ça à marché »

 
Mademoiselle Green | journaliste et bloggeuse
16H13 08/04/2008

J’ai bien aimé l’image des vaches péteuses troueuses d’ozone. Et si tu chroniquais « Un régime pour la planète. Allégez l’impact de votre alimentation en 1 mois seulement! » d’Elisabeth Laville ? Quelque chose me dit qu’il y a encore du boulot avec ton frigo. Bon courage!

 
Sacha25
08H58 09/04/2008

Le méthane semble avoir plus d’effet de serre que le CO2, mais moins que la vapeur d’eau (ce gaz propre).
Croyez-vous réellement que seul l’intestin des vaches produise du méthane ?
Et le votre ou le mien ?

D’ailleurs, à partir de combien d’habitants, la production de méthane pourra-t-elle être considérée comme suicidaire ?

 
Servais-Jean
16H21 08/04/2008

« Humour mal écrit et à l’emporte-pièce ».

Mais non mais non tout est parfait et Swift est un trés bon point d’exclamation final.

Cet article me fait aussi penser (par son côté exagéré) à la fumée de cigarette qui est, au dire des anti-clops, la plus polluante du monde.
Elle est la source de tous les maux. Exit les incinérateurs, les cheminées d’usines qui crachent on ne sait quoi, les feux accidentels de produits chimiques (bien contrôlés selon les autorités), les centrales nucléaires qui explosent et dont les nuages radioactifs s’arrètent aux frontières, les gaz d’échappement des véhicules,…
Non, c’est les clops et c’est tout.

 
Olif _archipolak | varsolidaire a la bonne cause
16H31 08/04/2008

Pas de doute, dans un soucis d’atlantisme notre Sarkoboy de president tend a rattraper notre retard sur les etats unis (3 avions pour 1 voyage, c’est pas du talent ca ?).

 
dalun
16H43 08/04/2008

moi j’aime bien ce texte .emprunt de bons mots .!

 
ellejo
17H00 08/04/2008

pour ce couple qui n’était pas pollueur ça s’est très mal terminé……….et ça me dégoute..
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article64405

 
DidierB63 | Devant un écran
17H06 08/04/2008

Des bidonvilles pour sauver la planète? Voila qui va faire plaisir à Jean Ziegler, pour qui le Brésil n’est que le paradis sur terre pour les paysans qui y cultivent la canne à sucre…
Voila que les favelas se transforment en princesses de l’écologie. C’est une raison de plus se réjouir.

Et comme, grâce à notre bon président, nous allons tous finir à la rue, nous sommes finalement des gens heureux en puissance. :-)

http://polemiquons.over-blog.com/

 
Numerosix | Prisonnier dans le village global
17H26 08/04/2008

Sans compter tout ce que vous avez pollué en mettant cet article sur Rue89 , et moi en le commentant .
Et le logiciel d’ analyse de votre empreinte ecologique qui pue, il trace aussi ..

Corny gag , is’nt ?

Pour servir des millions de résultats de recherche chaque jour, Google doit mettre en place des « fermes informatiques » à la consommation galopante. Au Cebit de Hanovre, les géants du secteur cherchent des parades écologiques.
Quel point commun entre un personnage virtuel de Second Life et un habitant du Brésil ? Tous deux consomment en moyenne la même quantité d’électricité chaque année, une comparaison qui illustre la voracité énergétique d’internet. Pour « vivre », les « avatars » de Second Life ont en effet besoin de centres de données géants (les « data centers »), qui alignent sur des milliers de mètres carrés des câbles et des ordinateurs aux capacités de calcul phénoménales, stockent et transmettent sans discontinuer les données des internautes du monde entier

http://libertesinternets.wordpress.com/2008/03/08/un-personnage-virtuel-…

 
jyeden
18H05 08/04/2008

je compatis
moi non plus je n’ai pas d’automobile
ni de télé
je dois etre quelque part entre les inclassables et les marginaux
ça doit donc etre assez dur de calculer mon « empreinte »
d’ailleurs je suis issu d’un milieu modeste et je ne pense pas avoir les moyens d’avoir une empreinte

 
Alexad
18H09 08/04/2008

Excellent texte !!

Cette culpabilisation tous azimuts ne prépare que les factures à venir….

 
karlM
18H42 08/04/2008

ou un despotisme écologique pour que les riches continuent leurs guerres et leurs voyages.

 
Naradamuni | sans
18H21 08/04/2008

$t Nabot chanoine dès latriné du va tiquant bientôt titubant, est heureux de constater que, enfin les pauv’cons comprennent le bon sens de ses actions et que, enfin comme il l’a déjà maintes fois clamé :

Avec $te Espérance l’avenir devient peaux-cibles

Vous avez 12 minutes devant vous ?

Pour votre bien-être, le club des ex-« Occident » du Ghetto92 en Capital sur scène vous invitent à regarder leur paradis futur bati sur la volonté et le mérite et les heures sup.
http://www.dailymotion.com/video/x13fp_ile-aux-fleurs_creation

Puis pour revenir dans nos terres du Capital sur scènes un souvenir des coeurs Hongrois du Ghetto92-zone Balcanik
http://www.dailymotion.com/video/x72ok_balkany-and-the-yes-men

 
nelmezzodelcamin | di nostra vita
18H42 08/04/2008

merci pour le billet !
j’avoue que je partais avec un a priori plutôt défavorable mais il m’a fait sourire.
c’est vrai que le calcul de l’empreinte écologique est complexe, pas forcément au point car mal adapté à une personne.
Et il n’est pas étonnant que les divers sites donnent des résultats différents, car il s’agit d’amalgamer des choses hétérogènes.
Quitte à choisir, je vous conseille plutôt celui-là :

http://www.bilancarbonepersonnel.org/

D’autre part je considère aussi que la culpabilisation n’est pas utile, voire contre productive. Les gens se donnent bonne conscience à bon compte avec les fameux « petits gestes » qui sont fort loin de suffire.
Et si les gestes individuels comptent, sans une volonté politique forte, rien ne sera fait, car on ne peut pas raisonnablement attendre des gens qu’ils se comportent d’une façon contraire à leur intérêt. Il faut faire en sorte que leur intérêt coïncide avec ce qui est bon pour nous tous sur un plus long terme.

On voit bien que les gens ont commencé à s’intéresser à l’énergie solaire avec la montée du prix de l’énergie, et les subventions. Avant il n’y avait que les militants, et les militants ça ne suffit pas.

Bien à vous

 
thierry reboud
22H48 08/04/2008

Mi ritrovai per una selva oscura…

Magnifique, et merci.

 
Sexus Empiricus
19H32 08/04/2008

Autant jouer carte sur table: j’ai longtemps tenu « l’empreinte écologique " pour une fadaise, et pis - une fadaise flagellante, sermoneuse et culpabilisatrice en effet, instrument de mesure servant davantage à en remontrer aux autres (les éternels " les z’autres ») qu’à changer sa vie devant soi, ici et maintenant - celle de tous les jours.

Le post-scriptum m’avertit que c’était de l’humour, présumé « swiftien ". Avec un impératif: " Lisez ce qui a été écrit en 1729 […] ce chef d’oeuvre d’humour noir intemporel à la subversion intacte » etc.
Le texte auquel renvoie Francis Mizio est vertueux au possible, car il s’agit de sauver d’une vie misérable ou délictueuse tous les enfants de pauvres irlandais (à l’exception d’un quart réservé pour la reproduction) en les livrant à l’âge le plus tendre (un an) au four, à la broche ou à la marmite, pour la délectation de gourmets plus fortunés.

À propos de ce texte, Gérard Genette - qu’on n’ira pas soupçonner d’écologisme -, a fait quelques remarques suggestives: « Une argumentation pointilleuse énumère les bienfaits attendus d’une telle mesure, non seulement pour les enfants ainsi protégés, mais pour leurs parents, justement rémunérés, et pour le bien de la société tout entière. La noirceur de cette «proposition» est évidemment dans la cruauté massive du procédé préconisé, mais on ne doit certainement pas la tenir pour une plaisanterie gratuite. Sa portée polémique («tendancieuse») tient à ce qu’elle pousse à l’extrême la cruauté plus sournoise du sort ordinaire de ces enfants de pauvres; leçon implicite: si vous vous indignez d’une telle proposition, demandez-vous si votre propre pratique est beaucoup plus humaine. Leçon d’époque, bien sûr. »

Hé bien, tant qu’à se réclamer de Swift, je me demande si la notion d’empreinte écologique est moins féroce que Swift soi-même.
Un homme de cheval (mais d’avant le « cheval vapeur ») sait que chez les Houyhnhnms (dans les voyages de Gulliver), les chevaux y sont maîtres et ont les hommes pour esclaves; mais esclaves de leur plein gré, esclaves par amour.
Nous avons remplacé les chevaux par des chevaux fiscaux, et je n’en vois pas beaucoup parmi nous manifester dans les rues pour demander le retour de la marine à voile: la révolution industrielle a bel et bien eu lieu, qu’on soit SDF ou pas, sur le carreau, sur la touche ou bien carré dans le confort des pays riches.

Alors tant qu’à rire des instruments de mesure, pourquoi ne pas se marrer avec le PIB? Se gondoler devant le taux de croissance? S’éclater devant les chiffres d’affaires ou se gausser de nos indicateurs de richesse?
Si on externalise les coûts, en effet, et qu’on est un adepte des « parts de marché » (la Terre = le marché), il n’y a plus qu’à couvrir de ridicule la notion très terre à terre d’empreinte écologique.

 
Charles Mouloud | Bras gauche de la Vénus de Millau
19H53 08/04/2008

Fumier de pauvre, même pas compostable !

Il ne suffit pas de soigner le proctologue de Tokyo, pour élimités les déchets des emballages des restos du coeur.

A quand les canettes de roteuse en carton recyclable ?

Bon , les phalanstères des clodos polluent moins que l’indivualisme ultralibéral du sdf solitaire !

Y a une morale dans la promise cuitée !

En même temps les pauvres encartonnés au bord des routes suppléent les mesures écologiques insuffisantes en acceptant d’ avaler les bouffées des pots d’échappement !

Du deux en un ! moins de clopes plus de gaz !
Faut quand même renouveller le stock , bicose après 40ans ils sont cuits.

Je sais que le gouvernement s’y attache sérieusement.

Merci de ne pas délocaliser nos pauvres !

Gardons nos cartons , c’est notre maison de demain !

 
exbaleine
10H00 09/04/2008

Intéressant article, mais peut-être que vous aviez envie de prouver quelque chose avant de faire la démarche pour ensuite, inconsciemment, chercher des éléments prouvant votre intuition. Quel est votre SDF ? Peut-être que votre SDF n’est pas réaliste. Si il l’est, les résultats ne veulent rien dire et les logiciels de projection sont à mettre à la poubelle. Chiffre ou pas chiffre, ne fuyons pas notre responsabilité : surconsommer signifie le suicide de l’humanité. A chacun de prendre ses responsabilités. Comme est écrit sur un commentaire « est ce moi qui décide (…) de mon mode de vie ? NON ». Ah bon ! Inquiétant.

 
dalun
10H28 09/04/2008

CONTRIBUTION  : racourcir sdf en sd ou s …tout court !

 
Francis Mizio | Ecrivain
11H38 09/04/2008

Merci à toutes et tous pour les réactions. Il est clair que je suis bien évidemment pour une prise de conscience personnelle et pour que chacun agisse sur l’idée de « c’est déjà ça de fait ».
Ce qui me gave, c’est le fait que la prise de conscience individuelle a été bien antérieure à celle des institutions et celle du marché. Or lorsque ceux-ci en prennent enfin conscience, c’est le retour de bâton (tandis qu’on va faire du blé au prétexte de développement durable, la récupération n’est pas seulement celle des déchets, hein)  : c’est l’individu qu’on culpabilise -au prétexte angélique de la pédagogie- ce qui permet par de vastes campagnes de pub (calculons l’empreinte écologique des campagnes d’affichages à Paris pour le tri lorsqu’on ne nous permet pas de trier partout par manque de containers, par exemple), de nous la faire fermer, de gesticuler pour donner l’impression qu’on fait bien plus qu’il n’y paraît, de noyer le poisson.
Par ailleurs le discours culpabilisateur à outrance de l’individu me gêne (qui publiera dans une campagne d’affichage le coût, comme un internaute dit plus haut fort justement, de trois voyages en avion de Sarko qui peut très bien vidéoconférencer par exemple ?) car à travers le calcul de l’empreinte écologique individuelle on fait de nous des fautifs à jamais incorrigibles… sauf si on disparaît car quoi que l’on fasse, dès lors qu’on existe on abime la planète. Et je peux trier tout ce que vous voulez, certains vont cramer mes efforts en quelques secondes en me reprochant quelque part d’exister à coup d’affichages pédagos. On est là devant un discours paralysateur et sans issue, bouclé sur l’individu qui permet de calmer le jeu en attendant de ne rien faire, qui nous renvoie individuellement la responsabilité. Or la responsabilité est collective… elle est donc politique car c’est le politique qui peut agit sur les pollueurs. La « décentralisation " de la responsabilité via la culpabilisation n’est à mon sens pas acceptable… sauf, si (formule usée mais bon) : l’exemple vient d’en haut. " Vous voulez qu’on se soucie de pollution ? OK ! Alors… cessez de polluer ! ». Je trouve cela plutôt cavalier (même si encore une fois, certes, chacun est concerné).
Enfin, le message qui parfois émane des adeptes de la deep ecology US est celui d’une Terre où finalement l’être humain devrait disparaître pour qu’elle retrouve un état de nature fantasmé. Un roman de Kim Stanley Robinson (qui était de la deep ecology), Antartica, par exemple, distille clairement ce propos. Il rêve d’une planète qui retrouverait un « état de nature » originel, celui d’avant l’apparition de l’homme. Bigre… Excuse-moi d’exister…
Bref, je ne sais pas vous, mais quand on me dit, même en filigrane, que je gêne, ou que mes semblables gênent, j’ai du mal.
Bonne journée sur Terre :-)
 FM

PS : pour les parisiens. Vous avez vu les affichages ? : les bouteilles et les cartons verts dans le container vert. Les emballages jaunes et les boîtes jaunes dans le jaune… Je ne sais plus quoi faire : je n’ai jamais de bouteilles toutes jaunes ou toutes bleues ou… C’est un nouveau casse-tête avec ces matières chamarrées. Finalement je dois être encore plus crétin que l’affiche le suppose.

 
Axior | Citoyen
00H29 10/04/2008

Pour moi c’est très simple : sur Nantes on m’a proposé des sacs jaunes et des sacs bleus. Je leur ai dit de garder les jaunes alors ils ne m’ont donné que les bleus, sachant très bien que les jaunes auraient fini leur vie dans le ventre des bleus.

Le tri sélectif, à mon avis, doit être effectué par des professionnels. Nous vivons en société, chacun sa tâche et il n’y a pas de sots métiers ; au contraire, il y en a des nobles, et le tri fait partie de ceux-là. Beaucoup de chômeurs aimeraient avoir une formation technique dans ce domaine pour pouvoir enfin gagner leur vie grâce à un travail intéressant et utile. On nous demande de le faire à leur place, gratuitement, et comme en général ça ne marche pas trop mal, on va un peu plus loin en facturant le ramassage de déchets au poids. Quelle sera l’étape suivante ?

Quant à la culpabilisation qu’on tente de nous faire ressentir, je n’en suis pas le moins du monde affecté. Quand je promène ma chienne dans le quartier, j’ai toujours du sopalin sur moi, et par propreté mais surtout par habitude, je ramasse les déchets qu’elle déverse sur les pelouses. Je les ramasse très discrètement, car j’ai honte de le faire, j’ai peur qu’on se fiche de moi, à me baisser pour ramasser une petite crotte alors qu’il u en a deux ou trois tonnes tout autour, dans un espace à peine grand comme un terrain de foutebole (que les plus courageux convertissent en hectares).

Sur Nantes, toujours, la municipalité a fait d’énormes efforts, aidée par la population, pour avoir une ville propre et surtout une Loire belle et limpide. Ce fut un travail de longue haleine , et on a réussi. Malheureusement on ne peut pas le prouver, Total est passé par là …

Alors qu’on me laisse tranquille avec ma petite pollution. Ce n’est pas parce que la led de mon téléviseur, quelques milliampères, restera allumée que le monde va exploser.

 
exbaleine
22H40 10/04/2008

à mon humble avis, il ne s’agit pas de culpabiliser mais de se responsabiliser. Le problème vient que l’on s’identifie à l’hyperconsommation et que c’est morbide, suicidaire. Ne nous compliquons pas en créant des catégories, en rejetant la responsabilité à droite à gauche. Les industriels sont des méchants, les politiques des mauvais, les consommateurs des soumis. Bon alors qu’est-ce qu’on fait ? Peu importe LES AUTRES. Chacun est RESPONSABLE à son petit niveau. La vie sera belle avec le respect écologique comme base de chacun de nos actes…

 
sigmundfrit
12H15 09/04/2008

Bravo à Francis MIZIO qui a mis le doigt où ça fait mal. Comme il le dit si bien, la culpabilisation individuelle empêche l’action collective. Ce système du « nous sommes tous coupables », que j’expérimente sur mon lieu de travail sur d’autres plans (nous sommes tous coupables que nos collègues soient alcooliques, parce que nous même nous sommes des alcolos en puissance, de même pour la discrimination, car nous sommes tous un peu racistes, nous sommes tous également des vilains harceleurs, et j’en passe…).
C’est une campagne fort bien orchestrée qui fonctionne essentiellement sur l’affect de culpabilité qui sommeille en nous du fait du péché originel judéo-chrétien (relire ce bon vieux Freud, ça fait réfléchir).
En fait nous polluons parce que nous vivons. Autant tous se suicider (péché capital) pour sauver la planète (entre nous les dinosaures n’ont pas eu besoin de nous pour disparaître).
Dans cette nouvelle religion écologiste, il est interdit de penser parce que nous sommes tous des pécheurs/pollueurs. En effet pourquoi réfléchir, ce qui nous amènerait à nous révolter contre le système et les vrais pollueurs, puisque nous sommes impurs et reprochons aux autres nos propres turpitudes.
Ca rappelle étrangement notre bonne vieille religion catho du XIXème siècle, gardienne de l’ordre. Chasser l’obscurantisme, il revient au gallop.

 
grasshopper | En transit à Paris
12H40 09/04/2008

« Certes, [la politique néolibérale actuelle] a instauré de pervers droits à polluer cotés en bourse »

Voilà une affirmation bien péremptoire. Pouvez-vous m’expliquer, Mr Mizio, en quoi le marché de permis d’émission auquel vous faites référence il mes semble, est un mécanisme « pervers »???

J’ai par ailleurs beaucoup aimé votre humour.

 
Francis Mizio | Ecrivain
14H18 09/04/2008

Bonjour, 

J’ai du mal aussi à croire qu’un droit à polluer devenant soi-même un nouvel instrument financier (on peut spéculer dessus, en mise en abime de création de richesse, etc) puisse en quoi que ce soit en empêcher de tousser dans la zone enfumée de votre choix, ou que cela nous restitue les mers taries. Déjà, il s’agit d’un droit à polluer permis par l’achat de droits à des gens qui aimeraient polluer plus s’ils avaient un développement plus important. Bref, le gros pollueur riche se dédouane en profitant du petit pollueur pauvre… Ca limite quoi ? 

De fait, l’argumentation ci-dessous, bien mieux étayée que je ne le fais ci-dessus à la louche, me semble toujours pertinente : 

http://ecorev.free.fr/rev03/dos-gleize-moulier.html

(Lire au moins l’avant dernière partie : incompatibilité économique/écologique, avec entre autres la différence entre temps financier et temps « biophysique »).

Bonne journée

FM

 
dalun
13H13 09/04/2008

culpabilisation et cout par individu . salaud d’humains ,droits de polluer si « on » peut payer ..il y a plein d’exemples expliquant ce système ..voyage borlotique au pole (contre…un rachat de je n’sais plus quoi avait il dit ) ..nous c’est des gestes quotidiens ,et la politique si elle retrouve son sens politique !

 
freestyler
14H21 09/04/2008

C’est pas le concept d’empreinte écologique qui est mauvais tout comme le développement durable c’est ceux qui s’en réclament afin de se donner l’image la plus verte possible (marketing vert).

Il ne s’agit pas de faire culpabiliser les gens mais de les respnsabiliser (grosse nuance) et de les amener à réfléchir sur leur mode de consomation qui n’est pas viable à long terme. J’ai juste l’impression qu’il s’agit là de taper bêtement par la caricature sur une idée fédératrice.

Une meilleur répartition des ressources sur notre planète peut passer par la mise en pratique d’idées comme celle-ci à savoir que c’est un travail sur soi que d’apprendre à préserver les ressouces naturelles, consommer des produits issues d’une agriculture respectueuse de l’environnement (la pollution des cours d’eaux nappes et sols est à 50% d’origine agricole, le reste étant d’origine industrielle et ménagère), ne plus utiliser des lessives avec phosphates (ca existe déjà en suisse), faire du tri sélectif…
Bref faire de l’écologie ça passe par la somme de comportement individuels réfléchis, et une volonté politique nationale et surtout locale.

La notion d’empreinte écologique ne se résume pas à un outil de marketing vert, et peut réellement responsabiliser les citoyens que nous sommes dans leurs comportement au quotidien à condition de vraiment le souhaiter.

Maintenant je suis d’accord avec vous pour dire que le pouvoir politique se fout de nous en édictant des principes qu’il ne fait pas respecter de par une législation molle accordant des passe droits mais est-ce une raison suffisante pour jeter à la poubelle une idée aussi pertinente qu’est l’empreinte écologique afin d’éviter la nécessaire réflexion sur notre mode de vie.

 
Nom pas déjà pris | Néant
15H06 09/04/2008

Tant qu’il n’y aura pas de volonté politique réelle de lutter contre les atteintes à l’environnement (donc dirigés vers les grandes entreprises), nos petits efforts seront presque inutiles. En outre, on fait encore une fois dans le moralisme: « triez vos déchets, sinon vous êtes coupables », sauf que d’une ville à l’autre on ne les trie pas de la même manière et que les indications manquent pour le moins de clarté. J’ai encore beaucoup de mal à comprendre où et comment je dois jeter une bouteille d’huile.

 
Axior | Citoyen
00H45 10/04/2008

Si cette « responsabilisation » était efficace, je m’y plierais volontiers, mais n’avez-vous pas l’impression que ce n’est qu’une petite goutte d’eau pure dans un océan de merdouille ? Pendant que vous alertez les gens sur les économies d’énergie qu’il pourront faire en débranchant leur téléviseur la nuit, sur ce même téléviseur des publicités à outrance les poussent à consommer McDos, lessives, lingettes, et autres multiples saloperies toutes plus polluantes les unes que les autres.

 
freestyler
20H29 10/04/2008

Cette inefficacité que vous pointez du doigt réside plus dans le scepticisme ambiant qui à mon avis n’est là que pour masquer le manque de volonté de gens comme vous.
Ce téléviseur, personne ne vous oblige à le regarder, ni d’absorber passivement les messages publicitaires qui vantent des produits dont personne n’a besoin. Votre liberté réside dans vos choix et nécessite donc une réflexion sur votre mode vie et vos pratiques de consomation.

 
Axior | Citoyen
04H17 11/04/2008

Je ne tiens pas à masquer mon manque de volonté. J’assume entièrement le fait de ne pas m’imposer des contraintes inutiles.
Même si tout le monde suivait vos précieux conseils, le gain écologique serait négligeable comparé aux véritables causes dévastatrices de la pollution mondiale.
Ceci dit, je ne vais pas non plus faire exprès de polluer. Ce n’est pas moi qui vais utiliser les lingettes et autres saloperies de ce genre. Quand je quitte une pièce, j’éteinds la lumière, c’est évident.

 
FdT | En pleine décroissance
03H56 10/04/2008

La protection de l’environnement est une affaire de tous. Se justifier d’un mode de vie inutilement pollueur et gaspilleur en prétextant que les industriels sont de toute façon pire que nous relève d’une étrange logique. D’une part on trouve un prétexte facile pour se déresponsabiliser et continuer à mener sa petite vie avec la conscience tranquille. D’autre part ce raisonnement équivaut à dire des choses telles que « Tiens si je tuais mon voisin cet emmerdeur! Après tout les gouvernements entre leurs guerres et négligences criminelles sont responsables de millions et de millions de morts alors hein on ne va quand même pas venir me faire chier pour avoir débarrasser la planète de ce voisin chômeur et alcoolique! Ce petit meurtre ne fait quand même pas de moi un Pol Pot! " ou encore " Oh et puis merde! Je vais balancer cette bouteille d’eau et ce paquet de chips vides dans la nature, j’ai vraiment pas envie de me ramener ça à la maison…et puis de toute façon ce n’est pas une ordure de plus ou de moins dans la nature qui va changer la face du monde! Et regardez un peu comment les gars de chez Monsanto et Total polluent eux! »

Effectivement pris individuellement notre impact sur l’environnement est dérisoire or le problème c’est que nous sommes pas seul. Bien sûr qu’utiliser une bombe aérosole d’insecticide anti-moustique un soir d’été orageux semble ridicule quand à quelques kilomètres de chez soi l’agriculteur du coin déverse des tonnes de ces saloperies dans l’environnement chaque année…mais n’oublions pas ce qui détruit notre monde ce ne ne sont pas nos actions prises individuellement mais leurs sommes collectives! Des millions de petits gestes quotidiens ajoutés ont une influence considérable. Allez voir seulement près de certains cours d’eau, de chemins pédestres fréquentés…le résultat de la somme de tous ces petits gestes pollueurs « anodins »; des tonnes et des tonnes d’ordures s’amoncellent dans notre environnement.

La protection de NOTRE environnement nous concernent tous alors cessons de prétexter qu’il y a pire que nous pour nous justifier de notre paresse. Et surtout ne perdons pas de vue un point fondamental: pour qui polluent les industriels? POUR NOUS! Sans nous consommateurs pour les soutenir ils ne pollueraient pas. Ces champions olympique de la pollution existent car nous sommes là! Il est totalement inutile et paradoxal de leur demander de ne plus polluer quand en parallèle ont continu à se rendre complice du mal en les finançant. Par contre en adoptant l’arme du boycott nous n’avons même plus besoins d’exiger quoique ce soit d’eux, ils se réformeront tout seul afin de survivre économiquement. Ne perdons jamais de vue que le boycott est probablement l’arme la plus redoutable que tout citoyen activement impliqué ait en sa psossession. Aucune bombe ne peut remplacer cela!

Néanmoins il ne s’agit pas de prôner un mode de vie archaïque où nous vivrions nus au milieux des bois. Entre cette extrêmités et l’insouciance n’y a t-il pas un compromis acceptable? Entre le tout et le rien ne pouvons nous pas chercher le juste milieu?
Il ne s’agit pas non plus d’exiger des plus misérables des efforts qui ne leur sont pas possibles…mais la plupart d’entre nous peut faire mieux car sans aller jusqu’à vivre telles des bêtes sauvages il y a encore une énorme marge de manoeuvre afin d’améliorer les choses.

Des sites comme Agir21 ne me culpabilisent absolument pas mais au contraire me servent de rappel à l’ordre, me confrontent à mes propres contradictions, m’aide à réfléchir sur ce que je pourrais faire pour diminuer encore un peu plus mon empreinte environnementale.
Mes seules possessions sont un vieil ordinateur poussif de qui va sur ses 7 ou 8 ans que je rentabilise au maximum (dernièrement j’ai galéré pour trouvé de vieilles barettes mémoires compatibles afin de passer de 191 Mo à 448 Mo de RAM), un VTT, un scooter utiliser avec parcimonie quand nécessaire, un appareil photo, une imprimante scanner qui prend la poussière et beaucoup de vieux livres, voilà. Je ne voyage pour ainsi dire jamais (pas un problème puisque je suis casanier). Cela fait plus de 10 ans que je n’ai pas mis les pieds dans un cinéma. Quinze ans sans avoir consommé un seul médicament « anti-rhumes ", anti-migraineux, antalgique…Je n’utilise ni chauffage ni climatisation (où je réside les étés sont torrides et humides et les hivers sans être froids peuvent être frisquets). Je me lave le soir dans le noir ne voyant pas l’utilité de me laver sous la lumière. Je fais 7 kilomètres à pieds pour me rendre sur le lieu où je fais mes courses (néanmoins quand chargé d’une trentaine de kilos de victuailles par 35° à l’ombre il m’arrive de prendre le bus pour rentrer à la maison…) J’achète 90% de mes légumes chez un petit producteur local bio. Je gère de manière " écologique » la maison et mon jardin, c’est à dire qu’aucun pesticide de synthèse n’est utilisé contre les cafards, les moustiques, les rats… mais j’encourage la présence de leur prédateurs naturels tels que les geckos, araignées…et bon nombre de serpents venimeux se baladant en tout quiétude dans le jardin…et bien malgré cette vie simple j’ai bien entendu encore un impact environnemental non négligeable et même si ce dernier est 10 fois moindre que celui de mon voisin roulant en 4X4 sur des routes parfaitement bitumées, utilisant sans restriction la clim’ l’été et le chauffage l’hiver, aimant chaque année prendre l’avion pour visiter un pays du monde, consommant allègrement n’importe quel produit sans tenir compte de sa provenance et des conditions de production…cela ne m’empêche pas de continuer à me remettre constamment en cause et d’essayer de faire encore mieux dans les limites de qui m’est humainement possible de réaliser sans avoir à m’isoler de la société à laquelle j’appartiens…

 
Nom pas déjà pris | Néant
07H10 10/04/2008

Slogan: « Diminuez votre empreinte environnementale, adoptez une vipère ».
Autre slogan: « Si vous êtes de santé fragile, faites un geste, suicidez-vous: votre chauffage et vos médicaments polluent ».
Il ne faudrait peut-être pas confondre l’essentiel (le besoin de se chauffer, par exemple) et l’accessoire (les 4x4 et les voyages au bout du monde).

 
grasshopper | En transit à Paris
09H40 10/04/2008

Cher Mr Mizio, il ne s’agit en aucun cas de considérer la pollution comme « libre et gratuite » mais bien plutôt de lui donner un prix car, comme chacun le constate aujourd’hui, l’argent est un outil puissant pour influer sur le comportement des acteurs économiques.
Plus grave, l’article auquel vous faites référence fait allègrement l’amalgame entre marché de permis d’émission et l’ETS mis en place en Europe: en aucun cas le « clean development mechanism " n’est une simple transaction de permis entre agents. Le cdm est soumis à une procédure extrêmement lourde qui permet à une entreprise du " Nord » de développer un projet au « Sud » dans le but de faire des transferts de technologies et de réduire les émissions du dit pays (ex:projets hydroélectriques, récupération des émissions en obut de chaîne, efficacité énergétique dans des cimenteries, etc.) en échange d’un crédit de permis d’émissions.
Le contrôle et la certification des projets n’est pas le fait de l’ONU (si lourdement ciritiquée dans l’article, mais comme chaucun sait, il est plus facile de détruire que de créer). Les entités accréditées par l’ONU pour certifier les projets sont une petite dizaine dans le monde, et sont complètement indépendantes de l’ONU (parmi elle, « Bureau Veritas », la seule boite hexagonale).
Ensuite, l’argument selon lequel les outils économiques reviennent à faire de l’atmosphère un bien comme un autre (renouvelable) et qu’une taxe serait bien plus efficace me paraît absurde: au contraire, en cas de taxe, ce sont bel et bien les plus « gros » (=riches) qui pourront se permettre de payer et de continuer allègrement à polluer (cf le cas récent de Total dans la Loire, qui préfère payer que prévenir les pollutions aux hudrocarbures). Dans le cas d’un marché de permis, la pollution totale est de fait plafonnée au nombre global de permis alloués. Pas une tonne de plus, pas une tonne de moins. Et c’est l’autorité publique (l’UE dans le cas de l’ETS) qui détermine ce plafond. Dans le cas d’une taxe, in fine, il n’y a aucun contrôle réel du niveau d’émissions, on ne peut QUE espérer que la taxe sera assez dissuasive mais c’est rarement le cas pour les grosses boites.
Dernier argument de votre article « le temps biophysique n’est pas le temps économique » je suis d’accord. So what? Vous savez aussi bien que moi que nous ne pouvons pas supprimer du jour au lendemain toutes nos émissions (même si ce serait l’idéal). Je pense que nous sommes d’accord sur le fond, la question est quel est l’outil le plus efficace. En l’occurence, rejeter en bloc un outil économique pour des raisons idéologiques est une erreur.
Bien à vous,

 
jmal
17H07 14/04/2008

« En l’occurence, rejeter en bloc un outil économique pour des raisons idéologiques est une erreur. »

C’est ce qu’on essaie de nous faire croire à longueur d’antenne, de télé et de journaux. Un outil économique est forcément idéologique, il s’appuie sur une idéologie, qui, quand elle ne veut pas dire son nom, est généralement de droite (ou capitaliste, ou libérale, ou néolibérale … chacun choisira le terme qu’il préfère).

Comme les artistes, les choix économiques soit-disant apolitiques soit des apolitiques de droite.

Je ne vois donc pas de meilleurs raisons que des raisons idéologiques pour rejeter un « outil économique ».