
Comment s'alimenter pour une randonnée à ski de fond
Le ski de fond draine de plus en plus d'adeptes : silence, parcours immaculés et paysages vierges sont garantis. De plus, c'est le sport complet par excellence, pouvant être pratiqué de 7 à 77 ans. Mais attention : il nécessite une préparation nutritionnelle parfaitement adaptée aux hautes exigences énergétiques d'une activité musculaire mobilisant bras et jambes.
Ses grands principes sont les suivants : ne pas démarrer l'estomac plombé, consommer régulièrement des boissons énergétiques pendant et après l'effort. D'autres apports sucrés sous forme de barres chocolatées ou de fruits secs s'ajouteront aux apports liquidiens pour les sorties de plus de deux heures. Voici les dix précautions à respecter.
Manger léger avant de se dépenser sur un parcours nordique (5 à 50 km) Dans le cas d'une mise en route matinale, l'ultime repas, même frugal, ne devra pas être totalement supprimé et comportera (sous faible volume) des hydrates de carbone complexes (sucres lents), par exemple une « tasse » de céréales afin de compléter les réserves du foie notablement entamées par le repos nocturne.
En effet, le cerveau est presque exclusivement approvisionné par la glande hépatique. Après une longue nuit de sommeil, un petit déjeuner de roitelet et une longue sortie menée tambour battant sans ravitaillement adapté, il est probable, pour ne pas dire certain, que la défaillance cueillera le skieur avant le terme du parcours.
Sortir de table suffisamment tôt. Afin que la digestion soit complètement terminée ou tout au moins que l'estomac soit vide au moment de prendre le départ. En effet, plus l'effort est intense, plus la dernière prise alimentaire doit être éloignée de la première foulée :
- minimum trois heures si l'on veut « faire un temps », ou pour un cinquante kilomètres
- moins de trois heures pour une activité plus paisible
- quatre à cinq heures pour un 5 et 10 kilomètres
Le carburant nécessaire pour « bourrer » les réserves musculaires est fourni par l'avant-dernier repas, qui comprendra des hydrates de carbone complexes (au choix : pâtes alimentaires, riz ou autres céréales).
Pour une épreuve le matin, prévoir par exemple un repas riche en supercarburant la veille au soir, et un petit déjeuner « continental ». « C'est l'avoine du soir qui fait le cheval du lendemain », aiment à rappeler les cavaliers. Cette règle se révèle également efficace chez les gentlemen en culotte courte.
Pour une épreuve l'après-midi, vous pouvez prévoir un petit déjeuner à l'anglaise.
Boire une boisson énergétique juste avant le signal du starter (échauffement), pendant et après le terme de l'effort Absorber une boisson énergétique juste avant le signal du starter (échauffement), pendant et après le terme de l'effort
Pour les stakhanovistes de la contraction musculaire qui envisagent un exercice prolongé sur plusieurs heures, il est recommandé d'absorber une boisson glucosée dès le début de la mise en action par petites quantités, 150 à 400 ml suivant l'intensité de l'exercice, et ce à intervalles réguliers, si possible toutes les 20 minutes.
Dans la préparation de la potion que l'on trouve généralement sur les tables de ravitaillement, il faut tenir compte de deux éléments de base :
- la quantité de liquide à absorber augmente avec la température de l'air
- la concentration en glucose change en fonction du volume de boisson consommée
Si les besoins d'eau varient par rapport à la température, la quantité de glucose reste, elle, fixe et dépend de la durée du parcours (5 à 50 km).
| Concentration de glucose dans la boisson selon la température ambiante | |
| Inférieure à 0° C | 100 à 120 g/l |
| De 0 à 5° C | 80 à 100 g/l |
| De 5 à 15° C | 65 g/l |
Boire au moment de l'échauffement et juste avant le départ quelques gorgées de boisson énergétique.
Après l'ingestion d'un liquide trop riche en sucres d'absorption rapide, le taux sanguin de glucose ou glycémie s'élève très vite et entraîne la sécrétion quasi-immédiate et intense d'insuline, l'hormone de mise en réserve du glucose, sous forme de glycogène et de graisse.
Cette élévation accélérée de la glycémie provoque une sécrétion trop brutale d'insuline, à tel point que la réaction hormonale dépasse son but et, alors même qu'il y a stockage énergétique, le glucose sanguin vient à manquer, entraînant une heure après cet apport glucidique excessif la sensation de faim, voire de faiblesse, ce risque est exclu avec une boisson au fructose.
Sur la neige, en pleine action, la sécrétion de l'hormone insuline hypoglycémiante étant ralentie, la réaction à l'ingestion de glucose disparaît. C'est pourquoi, pendant une activité soutenue, la consommation de produits énergétiques à base de glucose ne détermine aucun contrecoup fâcheux
Pour ceux qui envisagent une cure de mouvement de moins de deux heures, il suffit de consommer une boisson glucosée par petites doses et régulièrement.
Pour ceux qui envisagent une randonnée plus longue, il est conseillé, en plus de la boisson, de grignoter de temps en temps des fruits secs (abricots, figues, dattes etc.), pâtes de fruits, pâtes d'amandes ou barres chocolatées. C'est la seule occasion, que l'on soit diabétique ou non, où la faculté préconise l'absorption de sucres simples.
S'il fait plus de 10°C, si le degré hygrométrique est élevé (supérieur à 60 %) et si le vent souffle, augmentez votre hydratation par des boissons.
Boire dès la fin de l'entraînement ou de la course une boisson glucosée à volonté (accélère la reconstitution des réserves et donc la récupération).
Dans les heures qui suivent, bien s'hydrater pour compenser les pertes hydriques et éliminer les toxines. Au dîner, pour la ration de protéines, privilégier les viandes blanches, plus faciles à digérer.
Le petit déjeuner des champions est… petit
Menu-type à adopter trois heures avant de débuter une épreuve de fond ou un marathon des neiges, type Foulée blanche, Traversée du Vercors, Transjurassienne, Marcialonga (Italie), Finlandia Hiihto et Vasaloppet (Suède).
- Pain confiture (deux tartines)
- Une tranche de jambon
- Un verre de boisson faiblement sucrée
Ce « petit » déjeuner qui peut paraître léger est surtout destiné à compléter les réserves du foie en super et à « rassurer » l'estomac.
Au niveau musculaire et dans le cas d'un départ aux aurores, ce dernier apport alimentaire arrive trop tard pour faire le plein de supercarburant (glycogène) : il fallait y penser la veille au soir, en organisant comme les Canadiens, une spaghetti-party, comme les New-Yorkais une pasta-party, ou comme les Scandinaves, une crêpe-party
Si la course a lieu l'après-midi, la première prise alimentaire de la journée comportera des pâtes ou du riz.
Remarque : la pasta-party ne consiste pas à se goinfrer de pâtes mais à privilégier ce type d'aliment au détriment, par exemple, d'épinards, beaucoup moins énergétiques.
Le menu-type détaillé ci-dessus, adopté par de plus en plus de skieurs est couramment utilisé par les fondeurs scandinaves de l'équipe olympique trois heures avant un 50 kilomètres ! Pour ceux qui, en fin de parcours, ont peur de manquer d'énergie en adoptant ce repas frugal, il leur suffit de consulter les classements des Championnats du monde ou des Jeux olympiques d'hiver, pour constater que la Norvège, petit pays d'un peu plus de quatre millions d'habitants, fait partie du gratin du ski de fond international.
Pour éviter toute baisse de tonus pendant cette longue course, il faut, on l'a compris, que l'avant-dernier repas ait été solide.
Après l'effort, le réconfort
Pour faciliter la récupération, surtout si vous voulez sortir quotidiennement, buvez une boisson sucrée, fraîche (8 à 13° C), non glacée, à volonté.
Si après avoir tiré la langue pendant toute la randonnée ou à la suite d'une épreuve de fond très disputée, on ne veut pas être victime d'une hypothermie ou rester plusieurs heures dans un état « semi-comateux », il est souhaitable soit de continuer à pousser sur les bâtons quelques minutes après la ligne ou alors exécuter des exercices dits de « refroidissement » ou de « décélération » ,afin de maintenir la température corporelle à un niveau supportable.
Cette activité musculaire qui suit l'arrivée favorise également le règlement rapide de la « dette d'oxygène » souscrite au départ et la disparition de l'acide lactique, principale toxine de fatigue.
Le repas de récupération devra s'attacher à reconstituer les stocks entamés en respectant les quatre critères suivants :
- Hyperglucidique : beaucoup de sucres complexes (pâtes alimentaires, semoule, riz, pommes de terre).
- Normoprotidique : les viandes blanches (poulet, dinde), les protéines végétales, comme par exemple le soja, sont préférables à la viande rouge.
- Hyperhydrique : boire de l'eau à volonté
- Hypolipidique : allégé en graisses
Menu-type du premier repas post-effort :
- Potage de légumes aux petites pâtes, pâtes naturelles plus beurre cru
- Viande blanche (poulet, dinde sans la peau)
- Un yaourt fruité
- Compote de fruits
- Deux tranches de pain
- Eau à volonté
Au coucher, prendre un verre de jus de fruit sucré (facilite le remplissage en supercarburant des muscles concernés par l'effort de ski de fond).
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De déluge
menuisier | 21H52 | 17/02/2008 |
A quand un dossier « perdre cinq kilos avant la plage » sur rue 89 ?
De aissachris
techelec s/of | 10H41 | 18/02/2008 |
pas l habitude de me plaindre ni d interagir avec qui que ce soit, mais ce sujet est tres peu d actu et peu interessant.
Il se passe des choses que rue 89 ne traite qu apres avoir lu les eventuelles breches pour tirer sur le gvt., c est tres bien, mais il manque les reactions a chaud, et ce manque de suivi en temps reel de l actu est dommageable pour les lecteurs tel moi, curieux et pressés.
De toto_a_la_plage
22H19 | 18/02/2008 |
Aux deux internautes réfractaires, et bien si le sujet ne vous intéresse pas, pourquoi mettre un commentaire ?
Moi je le trouve intéressant. C'est l'heure des vacances au ski et donc des efforts physiques intensifs…Peu de gens sont correctement au courant des bonnes pratiques alimentaires.
Maintenant , passons a l'article !
Je suis vraiment étonné des propos tenus notement concernant les glucides rapides. En effet, ayant beaucoup de pratique de randonnées, de ski et de haute montagne, je ne peux pas être d'accord avec les préconisations données.
Les sucres rapides sont a bannir complètement de l'alimentation du sportif à l'exception du fructose présent naturellement dans les aliments eux mêmes (fruits). Le saccharose n'est que peu dégradable et risque de causer de sérieuses fringales et hypoglycémies.
Le petit déjeuner du champion ne me semble vraiment pas adapté.
Il faut supprimer la confiture (plus de 50% de sucres rapides non-fructose ou dans le cas de sucre roux remplis de caramel). En aucun cas ce petit dej ne pourra « rassurer » l'estomac » car l'hypoglycémie qui le suivra environ 2h plus tard créera un problème de performance et un sentiment de faim réelle.
On remarque d'ailleurs que l'auteur se contradit en ce qui concerne la confiture avec ce qui est dit au point N° 7 : « C'est la seule occasion, que l'on soit diabétique ou non, où la faculté préconise l'absorption de sucres simples “
Moi je ne suis pas d'accord avec le point N°7. Des fruits secs, oui, des fruits frais , mieux mais pas du chocolat ni des barres sucrées au saccharose car sinon c'est la crampe assurée qui surviendra par la suite sans parler de l'hypoglycémie… Ne pas ingérer de saccharose mais uniquement du fructose.
Pour ma part, je partirai plutot en cas de fringale pour un peu de pain et un bon bout de fromage sec (tome). Et en cas d'hypo, d'un fruit.
Pour le petit dej des champions,
il faut ajouter des fruits ou des légumes crus pour les sels minéraux et les vitamines (non synthétisable et non stockable dans l'organisme). Par exemple, une banane, une carotte ou un oignon cru (si si je ne rigole pas). Il faut également des laitages sous formes semi degradés type fromage sec pour les proteines, le calcium et le sel. La présence d'éléments salés est très importante pour permettre de déclencher plus rapidement la transpiration et l'utilisation des glucides lents stockés dans les muscles la veille.
Le jambon ne me semble pas idéal également car trop chargé en graisse animale dégradant la circulation sanguine.
S'il fait très froid, de la graisse, oui mais celle semi-dégradée du fromage suffira. En complément, des sucres lents en plus grosse quantités car elles seront utilisables quelques heures plus tard.
Voili , étonnant cet article, ca ressemble plus a du sponsoring pour les ‘boissons énergisante’ du marché qui sont a mon sens totalement inutiles si on a correctement déjeuné.
Est ce un recopiage d'une étiquette de boisson énergisante ? ? ? ?
De toto_a_la_plage
22H30 | 18/02/2008 |
et puis pour ce qui est de la la justification de la qualité de l'alimentation préconisée en rapport aux resultats sportifs des scandinaves…
…et bien, je pense que c'est uniquement culturel. Ils font tous du ski de fond, et la ferveur populaire est grande autour de ce sport. C'est donc bien normal qu'ils sortent de nombreux champions dans ce domaine meme s'ils mangent n'importe comment. Il ne faut pas oublier non plus qu'ils evoluent tres souvent par -20 et donc n'importe quel extra alimentaire mal choisi sera quasi instantanement brulé par le corps…
Alors M. le docteur, discuter avec des sportifs de l'extreme et des sports d'altitude de leur alimentation, vous verrez ce qu'ils en pensent (eux, bien souvent leur survie en depend).
De la_hulotte
14H03 | 19/02/2008 |
comme toujours je trouve ça très intéressant. Ma question c'est : est-ce que c'est valable pour la préparation d'un marathon ? Autre question : le soja, c'est bien c'est pas bien ? quand on en a marre de la tournée riz-pates-lentilles-semoule ? et la quinoa ?
De Sexus Empiricus
20H18 | 19/02/2008 |
Moi aussi, sans être pourtant un adepte des exploits à skis, je trouve cet article très intéressant, et en l'occurrence instructif - même si des expressions cocasses du style « apports liquidiens » (pour « boire ») mettent un sel inattendu dans la gourde du sportif.
La question qui me trotte souvent en tête, chaque fois que j'en ai bavé après un effort prolongé (rien ne sert de courir : je marche, je marche, je marche, pendant des heures et des heures, - ce qui me suffit), c'est celui de la récupération. Point 10.
S'hydrater. Je veux bien, et j'aime assez. J'appelle plutôt ce réconfort : « se rincer ». De préfèrence au thé, ou à la bière légère (eh oui ! ). Ce n'est peut-être pas recommandé par la faculté, mais qu'est-ce que ça fait du bien par où ça passe !
Ensuite sur le chapitre des protéines, je suis assez embarrassé. Je pense aux déchets du travail musculaire (acide lactique ? urée ? ), qu'il faut bien éliminer, n'est-ce pas ? Est-ce avec de la viande qu'on va arranger l'affaire ? Ou du fromage ? Pour les acides aminés essentiels, on me dit d'associer systématiquement une céréale (riz, ou pâte, ou pain, ou maïs) à une légumineuse (lentilles, ou pois, etc.), les unes et les autres étant, de plus, riches à la fois en minéraux (pour reminéraliser) et en fibres (pour évacuer).
Là-dedans, je ne sais toujours pas si le facteur limitant de la quinoa est celui d'une « légumineuse » (comme le sarrazin) ou d'une « céréale » (comme le sésame) : lysine ou souffrés ?