
Zorita contre les fossoyeurs de l'Education nationale
On ne construit pas l'Ecole pour tous, on humilie, on travaille l'opinion, on parle de rentabilité, d'économie, on nie le professionnalisme des enseignants. Ainsi, Xavier Darcos, audité par la commission des Finances du Sénat, en juillet 2008 :
« Est-ce qu'il est vraiment logique, alors que nous sommes si soucieux de la bonne utilisation des crédits de l'Etat, que nous fassions passer des concours à bac+5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches ? Je me pose la question, ces personnes ayant la même compétence que si elles étaient par exemple institutrice en CM2. Donc la question du préélémentaire me paraît devoir être posée, mais elle est très difficile à soulever sans immédiatement amener avec elle une tempête de polémiques et de préoccupations municipales. »
La maternelle ne sert à rien. Que le meilleur gagne !
Inventaire de mesures pour une destruction annoncée :
- 30627 suppressions d'emploi dans la fonction publique en 2009 dont 13500 dans l'Education Nationale.
- Achat de la paix sociale avec une prime pour les nouveaux professeurs.
- Prime pour récompenser les bons soldats qui ont accepté les heures sup !
- Suppression des IUFM repères de pédago gogo gauchisants.
- Perte de 20% de pouvoir d'achat des enseignants entre 1981 et 2005, 7% depuis depuis 2000 !
- Chasse aux élèves sans papiers et de parents sans papiers.
- Suppression des BEP et généralisation des bacs pro en trois ans.
- Suppression de la carte scolaire.
- Suppression des cours le samedi pour les élèves du primaire.
- Nouveaux programmes du primaire quelque peu réactionnaires.
- Extension des établissements privés.
- Disparition programmée des RASED (réseaux d'aide aux élèves en difficulté). Luc Ferry a lâché le morceau dimanche sur France Inter, 8000 postes d'économisés.
- Intensification de la journée de travail pour les professeurs des écoles et les élèves en difficulté.
- Mise en place du service minimum au lieu d'un service maximum.
- Licenciement d'un enseignant qui pratique l'éducation civique avec ses élèves.
- Fichage de la population.
J'en ai oublié ? Sûrement.
On descend dans la rue ? Les plus réalistes me répondent :
« T'es fou c'est bientôt les élections professionnelles, le 2 décembre arrive vite et chaque syndicat va défendre son bout de gras, du moins ce qu'il en reste. On doit être le pays d'Europe où il y a le moins de syndiqués pour le plus de syndicats ! Pas même une seule journée de grève pour calmer les nerfs ! Puis il y a ceux qui résistent et ceux qui s'accommodent des contre-réformes alors on ira juste manifester le dimanche 19 octobre, dans l'unité s'il vous plait. C'est l'heure des économies. »
Mais heureusement Zorita est là ! Elle s'est confiée le jour des résultats du bac :
« A l'école primaire j'ai toujours été une élève en difficulté. »
En CP, elle n'arrivait pas à lire, en CE1 non plus. Redoublement. Elle ne posait pas de problème dans la classe mais elle sentait bien qu'elle énervait le maître, elle n'y arrivait pas. Alors changement de cap, elle est allée dans un CE2 « spécial », en perfectionnement. Rencontre avec une institutrice spécialisée : en à peine deux mois elle a su lire.
« Segpa lire, Segpa écrire ! »
En sixième, elle avait encore trop de retard, on lui a conseillé la Segpa (section d'enseignement général et professionnel adapté). Comme disaient des garçons de sa classe, « nous, on Segpa lire, on Segpa écrire ». Mais elle n'a jamais eu honte.
Au collège, on lui a souvent répété qu'elle n'était pas bête. Si elle travaillait bien, elle reviendrait dans une classe « normale » comme elle dit. Mais elle est y restée jusqu'en troisième, elle a obtenu un CAP ETC (employé technique de collectivité) :
« Le ménage, ça ne m'intéressait pas et j'avais passé beaucoup de temps à l'école alors j'ai arrêté. Je ne savais pas quoi faire alors j'ai travaillé au Mc DO. C'était très dur, je voulais pas faire ça toute ma vie. »
Sa grande sœur l'a prise par la main, elle a repris le chemin de l'Ecole.
« Je me suis inscrite en BEP MHL (maintenance et hygiène des locaux). J'aurai préféré cuisine à la place mais je n'avais pas le choix et j'avais déjà un CAP dans la même branche ».
En BEP, elle était la plus âgée de sa classe, 20 ans, mais aussi la meilleure. Durant les quatre années passées au lycée, elle a été de tous les combats : elle a manifesté pour empêcher les expulsions de ses camarades sans papiers, bataillé contre le CPE, contre les suppressions de poste, contre la suppression du BEP dont elle est si fière et qui lui a permis d'accéder au bac.
« Aujourd'hui, je suis heureuse, j'ai mon bac HE (hygiène environnement) avec mention et en septembre je suis prise en BTS. J'ai toujours voulu diriger une équipe. Je serai responsable d'une équipe de nettoyage. »
Merci, bravo Zorita et bon vent, on se retrouvera sûrement, dans la rue.
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à caro
De global
dirigeant | 12H11 | 14/09/2008 |
chere caro
« Pour diriger une équipe et surtout “ évaluer ” le travail à faire et le travail fait, il faut un BTS »
pour evaluer l'epaisseur de poussiere ou de crasse…j'imagine donc qu'il faut etre ingenieur en france ? ? Vraiment c'est une pathologie collective assez grave si le niveau de « reponsabilite » naturelle en france ne permet pas de faire du nettoyage et de « diriger » une equipe …. !
soyez un peu serieuse ma chere.
à global
De Gotch
15306
ancien ouvrier de la banque | 15H16 | 14/09/2008 |
Sur ce point, vous avez raison. La salle informatique où je travaillais était dirigée, et bien dirigée, par un homme qui avait un CAP de barman…. mais qui avait bien travaillé ensuite pour être au niveau de sa tâche.
à global
De caro
délinquante avérée | 22H22 | 14/09/2008 |
je suis très sérieuse, mon cher.
Le CAP forme de simples agents de nettoyage, exécutants.
Le programme du BTS est tout autre :
Au programme de ce BTS, vous trouverez des mathématiques, de la physique, de la chimie et des enseignements techniques : analyse et technologie des systèmes techniques de maintenance et d'hygiène, d'assainissement, de gestion des déchets, qualité, sécurité et ergonomie, sciences et technologie de l'habitat et environnement. Ce BTS forme des responsables de secteur, des chargés de développement, des inspecteurs d'encadrement exerçant dans le domaine de l'hygiène des locaux et des équipements, de la propreté urbaine, de l'assainissement et de la gestion des déchets.
et voilà pourquoi cette jeune veut passer un BTS et non pas rester des années comme simple agent et obtenir un BTS par la VAE.
à caro
De dy
c'est probable mais fort impossible... | 13H41 | 15/09/2008 |
Caro…même un bac plus 5 (voire 7) forme de simples agents de nettoyage exécutants.
L'embauche et la promotion dans ce secteur ne se fait pas sur diplômes : pour être « responsable » il suffit (quelque soit son diplôme) d'être dans un premier temps apprécié de ses collègues, puis des responsables de chantier qui sont aussi vos collègues, puis de son patron qui est aussi (parfois voire souvent) un collègue.
Il suffit d'avoir à quelques reprises répondu présent pour remplacer un employé défaillant.
Il suffit de plaire aux clients, aux employés des entreprises dans lesquelles on officie.
Je n'ai jamais rencontré d'homme ou de femme de ménage, de patron d'entreprise de nettoyage, titulaires d'un diplôme qui ferait d'eux des spécialistes en la matière.
Un technicien de surface ne se recrute pas sur diplôme…c'est comme ça.
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 10H39 | 14/09/2008 |
Il semble que la spécialité de ce gouvernement, c'est de « réformer » sans la moindre concertation préalable avec les principaux intéressés. Sommes nous toujours en Démocratie ?
De global
dirigeant | 12H14 | 14/09/2008 |
oui je crois que la france est une democratie…d'ailleurs l'election presidentielle le prouve non votre president a ete elu avec 53% non ? ? ? ? un petit probleme de memoire chere DI ?
à global
De la champenoise
14H11 | 14/09/2008 |
Ben voyons, 53% oui, mais 53% des votants. Les votants représentants 85% des électeurs inscrits, cela ne fait pas 53% des français en âge de voter …
à la champenoise
De global
dirigeant | 19H57 | 14/09/2008 |
vous n'avez pas compte les chats et les chiens …ceux ci ne comptent ils pas dans votre « vision » de la democratie … ? oui il faut voter en democratie …incroyable non ? ?
De Ed Daln
12H41 | 14/09/2008 |
Un peu d'accord avec Global mais …
La responsabilité de ces échecs en France et du taux de chômage important chez les jeunes, revient à la fois au système éducatif qui « ne cherche pas les clés d'enfants motivés mais pas scolaires » et du monde du travail qui ne laisse ni la chance ni le temps à ces jeunes de faire leur preuve.
Ils doivent être opérationnel immédiatement, il fut un temps où l'entreprise était aussi un lieu de formation, on laissait au nouveau venu le temps de s'imprégner d'un métier, d'une atmosphère, d'apprendre les bases. C'est fini. C'est la raison - un peu absurde - pour laquelle cette jeune femme va jusqu'à bac + 2 pour être chef d'équipe entretien. Théoriquement un bac pro devrait suffire, il y a 20 ans, elle aurait appris sur le tas, en travaillant et en percevant un salaire, elle s'insérait professionnellement et était autonome financièrement. Dans le cas décrit, elle a plus de 20 ans, n'a pas de revenu, dépendante de sa famille donc, et il n'est pas absolument sûr qu'elle décroche un emploi à la sortie. pas forcément un temps plein en tout cas et certainement mal payé, au Smic sans doute. Tout ça avec bac + 2. Nous marchons sur la tête, alors que Zorita qui a souffert à l'école, comme des milliers d'autres a des capacités, un potentiel que plus personne ne sait ou ne veut valoriser.
à Ed Daln
De global
dirigeant | 14H06 | 14/09/2008 |
Bien sur … ! C'est un peu ce que je dit…mais il faut ajouter un autre probleme qui est l'extreme cout du travail et la difficulte de se separer d'un employe si celui ci ne convient pas. Donc evidemment au niveau national « l'education » devient un sas au chomage pour les petits jobs. Au lieu de faciliter la fluidite de l'emploi de petites competences en france il est sclerose. Et si « l'education » devient un sas au chomage son niveau descent a vitesse rapide…et les diplomes ont un sens relatif !
Il y a en france un manque de realisme economique assez couteux !
à global
De la champenoise
14H14 | 14/09/2008 |
L'extrême difficulté de se séparer d'un salarié qui ne convient pas ! Laissez-moi rire, quand on veut licencier un salarié, on trouve toujours un moyen, demandez-donc aux patrons qui le font. Dire comme le Medef que c'est difficile de le faire, c'est juste un moyen pour obtenir toujours plus de libéralisme afin de pouvoir jeter les salariés comme des « kleenex »
à la champenoise
De global
dirigeant | 20H01 | 14/09/2008 |
un scoop pour vous…les patrons…ils embauchent aussi …c'est fou quand meme le liberalisme !
à global
De Dan Lemille
(auteur)
Sous prof | 14H45 | 14/09/2008 |
L'extrême coût du travail ? Mais de quoi parlez-vous ? combien coûte votre santé, votre retraite, vos allocations…Ca vous dit quelque chose le salaire socialisé ?
Un problème : « la difficulté de se séparer d'un employé si celui-ci ne convient pas » et d'un employeur qui ne convient pas ?
Les diplômes un sens relatif ? Pas pour tout le monde.
http://www.inegalites.fr/spip.php ? article228&var_recherche=diplomes&id_m…
à Dan Lemille
De global
dirigeant | 20H10 | 14/09/2008 |
le taux de chomage des nons diplomes et + important que pour les autres…oui assez logique non ?
» : « la difficulté de se séparer d'un employé si celui-ci ne convient pas » et d'un employeur qui ne convient pas ? »
Rien ne vous oblige a rester dans l'entreprise que je sache !
Maintenant libre a vous grace a votre savoir, dynamisme, volonte, experience, efficacite…de faire une entreprise et donc de generer de la richesse individuelle et collective puisque vous donnerez du travail !
Quand au cout oui il est trop eleve en france , je parle evidemment des charges…c'est un blocage evident a l'emploi .
à global
De Dan Lemille
(auteur)
Sous prof | 20H27 | 14/09/2008 |
Rien n'oblige à rester dans l'entreprise ? Etes-vous sûr ?
Quand vous parlez de charge, vous parlez de salaire n'est-ce pas ?
à Dan Lemille
De global
dirigeant | 21H22 | 14/09/2008 |
oui j'en suis sur…a moins que vous travaillez en prison cher ami …non le salaire ce n'est pas les charges patronales….etonnant que vous ne saviez pas cela !
à global
De caro
délinquante avérée | 22H29 | 14/09/2008 |
le terme « charges » est impropre. On doit parler de cotisations Ce qui a une toute autre signification : les cotisations sous-entendent la répartition, la participation patronale et salariale à la Sécu, les retraites etc
à global
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 20H52 | 14/09/2008 |
« l'extrême coût de travail » ? ? ? Vous vivez bien ici en France, global ? Les salariés ont de la peine à vivre décemment avec leurs salaires ! Les entreprises délocalisent pour payer 100 ou 200 euros/mois des employés « esclaves ». C'est bien, ce libéralisme ? Et quand, en France, un PDG coule la boîte (exemple Tchuruk avec Alcatel) il se retrouve avec un parachute doré de plusieurs millions d'euros ! C'est ce système que vous défendez ? Profitez-en bien pendant qu'il est encore temps, il risque fort de vous sauter à la figure, ce système.
à Di
De global
dirigeant | 21H20 | 14/09/2008 |
non je ne vis pas en france…desole… ! mais pour info a vous meme et a sous prof quand ont parle de charges patronales…c'est pour definir les cotisations sociales innombrables qui sont imposes aux entreprises francaises et qui fait que votre salaire coute beaucoup plus a l'entreprise…et c'est ici que le cout du travail devient beaucoup trop cher ! Ces charges sont un frein evident a l'emploi.
à global
De Dan Lemille
(auteur)
Sous prof | 21H34 | 14/09/2008 |
wikipedia : Les cotisations sociales sont des prélèvements obligatoires, indexés sur les salaires, permettant de financer des prestations sociales ; leur véritable nom est salaire différé , appelées abusivement charges patronales elles sont aussi appelées charges sociales. On distingue les cotisations sociales salariales et les cotisations sociales patronales. Elles font partie des taxes sur les traitements et salaires.
Les cotisations sociales correspondent donc à une part socialisée du salaire, c'est-à-dire captée par des organismes appelés caisses afin d'être redistribuée. Les cotisants bénéficient en contrepartie d'une couverture partielle ou totale de frais divers, engendrés par l'un des grands « risques » que sont le chômage, la vieillesse, la famille et les accidents du travail et maladies professionnelles. Cette contrepartie peut être immédiate (risque immédiat), ou différée : le salarié est assuré de toucher une pension à l'âge de la retraite.
Ce système repose sur un principe de solidarité : une partie des salariés payent plus qu'ils ne reçoivent ou qu'ils ne recevront, par exemple s'ils ne connaissent aucun ennui de santé ou aucune période de chômage, si la durée de leur espérance de vie à la retraite est plus faible que la moyenne, si leurs cotisations servent à financer d'autres régimes de retraite.
à global
De la champenoise
21H59 | 14/09/2008 |
Les charges sont un frein évident à l'emploi …
En fait, elles sont un salaire différé. D'ailleurs les patrons eux-mêmes le reconnaissent en répétant « si les charges étaient moins élevées, nous pourrions augmenter les salaires »…
Par ailleurs, peut-être ne le savez-vous pas (ou ne voulez-vous pas le savoir), mais les salaires égaux au smic et jusqu'à 1,6 fois le smic sont exonérés de certaines charges ….
Au fait, vous ne vivez pas en France, expatrié de votre plein gré ou obligé ?
De Tintinac
15H45 | 14/09/2008 |
On voudrait nous faire croire à une meilleure gestion de l'éducation nationale. Tout ceci n'est que poudre aux yeux. Quand nos politiques arriveront-ils à comprendre ce grand service de l'état.
Je suis effaré de voir des écoles chercher à remplir des classes pour les rentabiliser. Les responsables savent très bien qu'il n'y a pas forcément de débouché pour les élèves. A la sortie la direction logique devient l'anpe. Pourquoi devons-nous subir tant de gaspillages humains et financiers ?
Quand formerons-nous en fonction des emplois disponibles ?
à Tintinac
De caro
délinquante avérée | 22H39 | 14/09/2008 |
Quand formerons-nous en fonction des emplois disponibles ?
J'espère que ce sera … quand les poules auront des dents ! C'est hélas ce qui se passe de plus en plus, formations vers les métiers « en tension » : BTP, restauration surtout, métiers où les salariés sont exploités, font des heures sup non payées, salaires de misère. Donc tout d'abord revaloriser les métiers et les salaires.
Ensuite, pourquoi obliger des jeunes et moins jeunes à aller vers des métiers qu'ils n'aiment pas ? pour les rendre malades ? pour qu'ils aillent au boulot la boule au ventre ? qu'ils deviennent dépressifs ?
Vous ne seriez pas un « conseiller » ANPE ?
à caro
De Tintinac
13H26 | 15/09/2008 |
Caro, je ne suis ni sarkozyste, ni conseiller ANPE.
Ceci mis à part, je voudrais bien vous rejoindre dans l'idée de former les gens au métier de leur choix. Le projet est très intéressant mais un peu utopique.
Si demain :
# 5 millions de gens veulent apprendre à fabriquer des roues de charrettes
# 1 million de gens désirent acquérir la pose de pavés pour faire des routes à l'ancienne
# Etc.
Ce sont certainement des métiers hyper intéressants mais y a t-il un débouché pour tous. Alors que doit-il se passer. Devons nous créer des classes pour les former.
Je vous rejoins sur un point, il ne faut pas baisser les bras.
Le problème ne se situe pas au niveau de la macroéconomie, il est beaucoup plus global. Les principaux problèmes sont l'ultralibéralisme véhiculé par l'OMC et la construction d'une Europe bancale. Elle n'a jamais été construite pour les Européens mais juste pour un groupe d'individus.
Je ne suis ni anti-libérale ni anti-européen. Je mets l'argent au service de l'homme et non le contraire.
De Un compte supprime
nc | 00H32 | 15/09/2008 |
« Je me suis inscrite en BEP MHL (maintenance et hygiène des locaux). J'aurai préféré cuisine à la place mais je n'avais pas le choix et j'avais déjà un CAP dans la même branche ». « Aujourd'hui, je suis heureuse, j'ai mon bac HE (hygiène environnement) avec mention et en septembre je suis prise en BTS. J'ai toujours voulu diriger une équipe. Je serai responsable d'une équipe de nettoyage. »
Bon tant mieux pour elle. N'empeche que ca me fait flipper de lire des trucs pareils. Je ne savais pas qu'il y avait des bacs« hygiène environnement » et une filiere BTS pour faire du menage. Je ne sais pas ou on va, mais la liberte en prend un grand coup dans la tronche. Il aurait mieux valu pour elle qu'elle fasse des menages sans BTS une partie de sa vie et qu'un jour elle decide de passer un doctorat de philosophie, a la quarante ou cinquantaine, juste pour se faire plaisir.
Quoique qu'on fasse ou qu'on veuille faire, il faut le diplome qui va avec. Un jour on crevera de faim sur les trottoir parce qu'on aura rate son bac ou son BTS.
La faute a tous ces salauds qui ont entrenu un chomage bien commode pendant 30 ans en France.
à Un compte supprime
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 11H21 | 15/09/2008 |
Elle ne va pas faire le ménage mais diriger une équipe qui le fera, nuance. Elle peut aussi monter sa propre affaire dans cette filière. La demande pour du nettoyage ne manque pas. Toutes les entreprises, les hôpitaux, les lieux publics font appel à ces sociétés. Cela ne l'empêchera nullement de passer un doctorat de philo à la cinquantaine, s'il en en a envie. Au moins, jusque là, elle aura eu une vie meilleure.
Le diplôme aide en apportant des connaissances, et en évitant aux jeunes de trop ramer en début de carrière, c'est certain, mais il y a de belles réussites aussi chez les non-diplômés, et il y en aura toujours.
Avant de conseiller à quelqu'un de faire des ménages jusqu'à la cinquantaine, réfléchissez un peu et dites-moi si vous auriez aimé que l'on vous donne, à vous, un conseil pareil. J'attends avec impatience votre réponse, poète antique.
à Di
De Un compte supprime
nc | 01H05 | 16/09/2008 |
Chere Di,
Oui oui, je sais ; j'espere bien que ce bac pro et BTS servent a autre chose qu'a passer la serpillere. Ne m'accablez point et croyez-m'en que je suis adepte du celebre adage selon lequel il n'ya pas de sot metier mais de sottes gens (a l'exception du metier de policier, cela va de soit)
En revanche, je ne pense pas que pour diriger une equipe, il faille un MBA (qui ceci dit ne sert arien lui non plus). Je ne pense pas que l'on aide vraiment les jeunes a proposer des bacs pro a tire larigo. D'abord parce qu'a seize ans on ne sait pas a coup sur si l'on veut faire de la plomberie toute sa vie, ou de la menuiserie, ou du menage ; ensuite parce qu'en verite les jeunes s'en foutent et ne choisisent pas, ils se retrouvent la ou on veut bien les accepter.
Ensuite, je pense que meme un mome en difficulte merite d'apprendre la geographie, l'histoire, la litterature, un peu de maths, un peu de tout ce qui sert toute la vie ; une solide formation de base, pour la vie et construire a partir de cette base.
Enfin parce que d'experience je sais que si l'on a la chance un jour de se retrouver a pratiquer un metier qui plaise, on passe sa vie a s'y perfectionner. Mieux vaudrait valoriser cette experience dans les metiers manuels notemment, grace a des diplomes pour adultes, soutenus a 25 ans ou a 35 ans, des formations complementaires pour qui, un metier dans les mains, souhaiterait creer sa propre boite, des diplomes d'artisans, un peu a la facon des compagnonages d'autrefois. Beaucoup plus valorisant, beaucoup plus satisfaisant.
Mais je me trompe peut etre… Je n'aime simplement pas beaucoup ces filieres trop specialisees…
à Un compte supprime
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 08H44 | 16/09/2008 |
« Mais je me trompe peut etre… Je n'aime simplement pas beaucoup ces filieres trop specialisees… »
Je suis parfaitement d'accord avec ça, le choix d'une filière, c'est à l'élève de le faire et non pas de le subir. Plus longtemps l'élève restera dans une filière générale, moins il y aura de portes qui se fermeront pour lui et c'est ce but que l'EN devrait viser. Demander à un gamin de 12 ou 13 ans de savoir ce qu'il veut faire comme métier plus tard est une vaste arnaque.
De Dan Lemille (auteur)
Sous prof | 05H16 | 15/09/2008 |
Mais est-il écrit que le bac pro HE c'est faire le ménage ? Je ne crois pas.
à Dan Lemille
De dy
c'est probable mais fort impossible... | 13H58 | 15/09/2008 |
Vous « ne croyez pas » et c'est bien là le problème : diriger une équipe de nettoyage, signifie simplement qu'on fait le ménage en étant le chef (dans la mesure ou les non-chefs travaillent le plus souvent à temps partiel…avec votre contrat de chef à 35 heures payées au smic, vous êtes un privilégié).
PS : quand le chef est un peu malin,ou lorsqu'il sait faire peur, il peut se la couler douce et ne presque pas faire le ménage.